Petit mot de l'auteure : Voici en retard le thème du 23 mars, qui était " Larmes".
Merci à Angelica, Marina, Mana2702 et Lassa pour leurs reviews sur les drabble précédents.
C'est une jeune femme – la vingtaine, certainement.
Du mois, c'est ce qu'il croit avant de s'approcher d'elle, et qu'elle lève les yeux vers lui. Jaime s'aperçoit alors qu'il se trompe. Ce n'est pas une jeune femme. Ce n'est pas non plus une fillette. Elle doit être dans cet entre-deux délicat qu'il traverse lui-même et qu'on nomme l'adolescence.
Mais peut-être se trompe-t-il encore dans cette estimation – il ne l'a connaît pas, et ne peut donc se positionner avec certitude sur son âge.
Celui-ci n'a de toute manière aucune importance.
Ce qui compte en ce moment, c'est que ce visage féminin à l'âge indéterminé est en larmes.
Jaime trouve ça dommage. Pas seulement parce que pleurer accentue ses traits déjà peu gracieux et cache ses deux grands yeux bleus, mais surtout parce qu'il n'a jamais aimé voir les gens pleurer. Il revit trop ses propres crises de larmes dans celles des autres pour accepter de fermer les yeux et de continuer son chemin.
Alors il s'assoit à côté d'elle, et lui tend une barre chocolatée.
Il espère que cela suffira à calmer la fille – c'est sa dernière barre, sa préférée, et il ne veut pas la sacrifier pour rien.
Il est peut-être généreux, mais reste un Lannister. Faut pas pousser trop loin l'altruisme non plus.
La fille le regarde furieusement, et Jaime se dit que celui qui l'a fait pleurer devrait songer à partir loin pour ne jamais revenir – lui ne prendrait pas le risque que la fille se calme et décide de se venger de l'offense subite.
Ceci dit, il reste bien là, à lui tendre une barre de chocolat, alors qu'elle le regarde mal. Il n'a peut-être pas plus d'instinct de survie que le mec à l'origine des pleurs.
Enfin, le mec.
Pour ce qu'il en sait, ça pourrait être une fille. Ou un chat. Voir juste une poussière dans l'œil.
Non pas que ça l'intéresse réellement. Lui, il veut juste que la fille cesse de pleurer.
Alors il enlève l'emballage lui-même, et fourre la barre dans les mains calleuses de la blonde.
- Tu ferais mieux de la manger rapidement. Le chocolat ça fond vite. Ça serait dommage de tâcher ton kimono.
- Tu te prends pour qui ? demande méchamment la fille. Remus Lupin ?
Mais elle mange tout de même le chocolat.
- Pourquoi tu pleures ?
- Pourquoi tu crois que me donner une barre de chocolat que je ne t'ai pas demandé me fera te répondre à tes questions ?
- Parce qu'on se sent toujours mieux après avoir expliqué ses problèmes.
La fille soupire, et explique son mal-être : moqueries.
Un physique qui ne va pas, trop grande, trop de tâches de rousseurs, pas assez de sein, trop... Jaime perd vite le fil.
Enfin, c'est surtout qu'il trouve tout ça stupide.
- Les gens te trouvent moche, c'est ça le problème ?
Il est a peu près sûr que ce n'est pas comme ça qu'on réconforte quelqu'un, mais il s'en fiche.
- Le physique, on s'en fiche. L'important, c'est l'intérieur. Ma sœur est la plus belle personne du monde, et c'est une pourriture. Elle devrait pleurer pour les choses qu'elle a faite. Pas toi. Pas pour quelque chose d'aussi superficiel que l'apparence. Tu vaux plus que cela.
- Tu ne me connais même pas !
- Tu fais du judo. Donc tu es sportive. Tu es quelqu'un qui s'entraîne durement, qui a le code d'honneur du sport. Après comme tu le dis, je ne te connais pas. Je ne peux donc pas lister les autres pour toi. Maintenant désolé, mais je dois y aller. Bonne journée.
Et sur cela, il se lève, et disparaît aussi soudainement qu'il est arrivé. Ses propos en revanche restent en Brienne, et chaque jour depuis cette rencontre, elle se force à lister une nouvelle chose qu'elle aime chez elle.
Et avec le temps, elle n'a plus à se forcer.
