Petit mot de l'auteure : Voici en retard (et non, pour la première fois depuis dix ans, je suis à jour!) le thème du 30 mars, qui était " Prison".

Merci à Angelica, Marina et Lassa pour leurs reviews sur les drabble précédents.

Rar (Lassa) : j'avais oublié de te répondre, mais ton délire sur winny l'ourson m'avait juste achevé. Merci pour ce fou rire !

Warning : mention de viol et abus de mineurs


Le bruit de la cellule s'ouvrant dans un grincement sinistre lui donne envie de vomir. Il aimerait demander un peu plus d'attention, s'il vous plaît merci bordel, mais les contre coups de sa nuit d'ivresse sont encore trop présent pour qu'il puisse articuler quoi que ce soit correctement. Il se contente donc de pousser un grognement informe, avant de se redresser péniblement.

- Aller, debout, ta petite-amie est venue te chercher.

Ce n'est pas ma petite-amie. Juste ma colocataire, voudrait expliquer Jaime au policier. Mais là encore, il ne s'échappe de sa gorge qu'un soubresaut indistinct.

Arrivé dehors, la lumière agresse ses yeux – conséquence de la gueule de bois monumentale qu'il est en train d'avoir. Alors que Brienne s'avance vers lui pour l'aider à se maintenir debout, il entend le policier dire à sa colocataire :

- Vous devriez faire attention. Ça fait déjà quatre fois en deux semaines qu'on le récupère la nuit pour ivresse sur la voie publique. S'il continue comme ça, on sera obligés de prendre des mesures plus strictes.

Tous les deux entendent le mot "prison" derrière.

Jaime à envie de rire devant les propos plein de dédain de l'autre. Il imagine sans peine ce qu'il – ce qu'ils pensent tous : qu'il est pitoyable. Avec son nom de famille, son argent et sa belle tête, il devrait avoir le monde à ses pieds, et ce n'est qu'une loque alcoolique. Ou alors peut-être pensent-ils qu'il n'est qu'une de ses autre enfants star, dévastées par l'alcool et la drogue car enivrées par la puissance de leur argent qu'elles n'ont pas su maîtriser.

Jaime a envie de leur dire d'aller ce faire foutre.

Ils ne savent pas – Ned Stark en premier – ce qu'il a traversé. Ils ne connaissent que le nom scintillant de Port-Réal et des séries qu'elle produit. Ils ne savent pas les abus, les pressions qu'elle renferme. Et surtout, ils ne savent pas ce qui se passait réellement avec Aerys Targaryen – ils n'ont aucune idée des viols auxquels Jaime a assisté, à un âge où il ne comprenait pas ce qu'il voyait.

Ils n'ont aucune idée des propres violences qu'il a subi, des menaces et des chantages, des caresses qui auraient pu aller plus loin s'il n'en avait pas parlé naïvement à son père. Son père qui s'est débrouillé pour détruire Aerys, tout en étouffant l'affaire pour ne pas tâcher la compagnie Lannister, associée à celle des Targaryen.

Ils n'ont aucune putain d'idée de ce qu'était Port-Réal, tout comme ils n'ont aucune idée de la culpabilité qu'il ressent de ne toujours pas réussir à parler.

Non, tout cela, ils n'en savent rien. Il aimerait leur crier en face leur ignorance et leur putain de jugement mal placé – mais il est trop épuisé.

Alors à la place, il se contente de pleurer dans les bras de Brienne sitôt que Ned Stark est retourné à son poste.

Parce que Brienne sait. Elle sait, et elle comprend. Et il sait que le jour où il aura la force de se lever et parler, elle sera là pour l'appuyer et le soutenir, tout comme elle est toujours là pour le récupérer lorsqu'il a trop bu.

Et c'est ce qui lui donne la force de vivre.


Note (de fin) : bon j'avoue j'ai aucune idée des peines pour ivresse sur la voie publique mais on va dire que c'était pour coller au thème.