Petit mot de l'auteure : Voici en retard le thème du 27 mars, qui était " Automne".


C'est en venant sur Westeros qu'elle voit l'automne pour la première fois. Sur son île natale, les saisons ne sont pas les mêmes que sur le continent – les températures oscillent entre un doux printemps et un été étouffant. Elle n'a ainsi jamais vu la neige, pas plus qu'elle n'a vu les feuilles se parer de leur couleur automnales.

Et elle doit dire qu'elle déteste cette saison.

Jaime Lannister est estomaqué lorsqu'il le découvre. Elle ne devrait pas perdre de temps à expliquer ses raisons, mais son prisonnier est si agaçant, à lui demander sans cesse pourquoi par les Sept elle déteste l'automne, qu'elle finit par exploser :

- D'accord, les arbres sont jolis. Et encore ! Au bout de quelques semaines leurs feuilles tombent, et ça devient de grosses branches froides et sinistres. Ensuite, il fait froid. Il y a du vent. Les jours raccourcissent. Il y a moins de nourriture. Voilà. Cette saison est vraiment nulle.

Lui a l'air tout à fait indigné lorsqu'il entend ces propos. Puis, quelque chose semble traverser son regard – un éclair de compréhension, ou quelque chose du genre.

- Vous, pour dire ça, c'est que vous n'avez jamais joué dans les feuilles.

- Jouer dans les feuilles ?

Elle se déteste de demander, de rentrer dans son jeu, de lui donner de l'attention. Mais il faut dire que ses propos l'ont étonné – qu'est ce qu'il entent par « jouer dans les feuilles ? »

Elle a sa réponse lorsqu'il commence à donner de grands coups de pieds dans des tas de feuilles, avant de s'enfoncer dans l'un d'entre, jusqu'à en avoir jusqu'à la taille. Elle le regarde faire, totalement médusée – mais c'est un enfant de cinq ans ou quoi ? - et inquiète – faites moins de bruits, on va nous entendre ! Mais au bout de quelques minutes, elle le rejoint, et commence à taper dans les tas de feuilles elle aussi.

Et elle est bien obligée de reconnaître que le Régicide a raison. C'est drôlement amusant. Peut-être que tout n'est pas à jeter dans l'automne.

Et lorsqu'elle voit l'air sincèrement joyeux de son prisonnier, loin de ses provocations hautaines habituelles, elle se dit que tout n'est peut-être pas à jeter chez lui non plus.