Petit mot de l'auteure : Ce texte a été écrit pour le thème du 31 mars de ce recueil, à savoir Dimanche. Il répond aussi à quelques défis de l'Enfer de Dante : avoir des enfants (Brienne et Jaime), drabble tag (219 : Braime, Jaime n'a pas rejoint Cersei à la fin), couple du jour (Braime), mille prompt (époque - post série)
Merci à Angelica, Marina, Plume et Mana (x2) pour leurs review sur les chapitres précédents !
Par bien des aspects, Tarth partage de nombreuses similitudes avec Lannisport : des sentiers abrupts donnant accès à des falaises escarpées s'ouvrant sur des criques abritant de petites plages, le bruits des vagues, le rire des mouettes et l'odeur du sel... Oui, rien de tout cela n'est inconnu à Jaime. Cela ne l'empêche pas d'être complètement dépaysé en découvrant l'île aux Saphirs.
Est-ce la perceptive insulaire qui fait que la mer se voit partout, contrairement au Roc sur le continent ? L'atmosphère de vivre qui donne l'impression d'une certaine tranquillité ? Les hortensias qui ornent les maisons blanches aux volets bleus ?
Ou bien cette impression de nouveauté tient-elle de quelque chose de plus personnel, de plus profond ?
Car là où Jaime foulait les plages des terres de l'ouest avec son frère et sa sœur, c'est désormais avec un enfant d'à peine un an dans les bras qu'il découvre celles de Torth, le dimanche après leur arrivée.
L'enfant commence d'ailleurs à s'agiter, conduisant Jaime à le déposer dans le sable. Il voit l'étonnement dans les yeux du bambin - forcément, après n'avoir connu que les nuances blanches de Winterfell, des grains jaunes comme ça, ça a de quoi éveiller la curiosité. Le petit garçon commence à attraper la drôle de substance, en jette la moitié au visage de son père avant d'en avaler l'autre, les parents s'inquiètent - n'est-ce pas dangereux ? Ne va-t-il pas s'étouffer avec?
Et puis non, c'est bon, finit par décréter Brienne, ca lui fera son système immunitaire. Jaime acquiesce - Brienne connaît cette île comme personne, elle aussi a mangé de son sable, alors cela doit être bon. Et puis Brienne a toujours raison alors...
Une nouvelle poignée de sable lui arrive dans les yeux, conduisant Jaime à reconduire son attention vers l'enfant, qui rigole - avant de s'arrêter de rire. Il pointe maintenant du doigt la mer, si bleue, si grande, si bruyante qu'il ne peut qu'en être magnétiquement attiré.
- Il reconnaît son héritage, c'est bien, déclare fièrement Brienne.
Jaime ne peut qu'acquiescer - cet enfant est né de deux êtres de la mer, celles de l'ouest et de l'est, la réunion parfaite entre vagues puissantes et eaux limpides. Alors toute la petite famille se dirige vers les vagues qui viennent mourir à leurs pieds, les parents rigolent de l'expression surprise de l'enfant.
Le soleil tape sur leur tête, le vent caresse leurs cheveux, ils sont bien. Jaime pense rapidement qu'il aimerait pousser Brienne dans l'eau, mais bon, ils ont Wellan entre eux, ce sont eux les adultes, ils doivent surveiller leur enfant. Mais arroser Brienne est vraiment tentant... Qu'à cela ne tienne, ils reviendront sans Wellan, et là, ils s'amuseront à se noyer, à se disputer et à rire. Peut-être même qu'ils s'enverront en l'air dans l'eau.
Oui, c'est un programme qui plaît beaucoup à Jaime.
Tant et si bien que des dimanches comme ça, il en veut bien connaître d'autres - une dizaine ou un centaine.
Peut-être une éternité.
Alors il se tourne vers Brienne et demande :
- Au lieu de n'être qu'une escale... nous pourrions peut-être rester ici plus longtemps ?
- Combien de temps ?
- Toute la vie ?
Brienne sourit devant la réponse. Toute la vie. C'est une phrase qu'elle a appris à aimer.
Elle caresse son ventre arrondit, sourit.
- Oui, toute la vie, ça me parait bien. Caa serait une bonne chose que ce deuxième loustic vienne au monde ici.
Note (de fin) : plus que deux textes et j'ai terminé ce recueil !
