Petit mot de l'auteure : texte écrit pour l'anniversaire de Gwendoline Christie.
c'est pas très joyeux. UA post saison 8
« Il va falloir faire un choix »
Toute sa vie, Jaime avait été hanté par cette phrase. Il ne l'avait jamais entendue clairement, mais il y avait eu ces allusions, ces reproches silencieux de Tywin envers Tyrion, la question coupable qu'il s'était lui-même posé : pourquoi son frère était-il encore en vie et pas sa mère ? Ensuite, Cersei était tombée enceinte et Robert avait été bien clair. Si les mestres avaient à choisir, il fallait sauver l'enfant. La priorité était à la dynastie. Jaime avait passé ainsi chaque accouchement de Cersei à lui serrer la main, priant pour que la question ne vienne jamais se poser pour elle.
C'était donc tout naturellement qu'il avait fait de même avec Brienne. Aucun des deux ne s'était attendu à ce que la blonde tombe enceinte après leur première nuit. Mais, passé le choc, Jaime avait souri : lui qui voulait prendre un nouveau départ à Winterfell avec elle, il était servi. Brienne s'était radoucie et, posant une main sur ce ventre qui ne pointait pas encore, avait souri à son tour.
Neuf mois après, aucun des deux ne souriait.
Brienne parce qu'elle était si blessée qu'elle s'était évanouie de douleur, Jaime parce que les mestres lui posaient cette question implicite qu'il avait espéré ne jamais entendre.
« Il va falloir faire un choix » répéta le mestre. « Sinon nous les perdrons tous les deux »
Jaime fut tenter de nier, de leur dire qu'ils se trompaient, mais il y avait tellement de sang... Même un néophyte comme lui pouvait comprendre que rien ne se passait correctement.
« Ser... » insista le mestre. « Vous comprenez ? »
Oui, Jaime comprenait. C'est pourquoi il répondit :
« Ma femme... »
« Vous voulez sauver votre femme ? »
« Non »
Jamais un mot ne lui avait autant pesé. Son être entier voulait sauver Brienne. La perte de l'enfant le déchirerait, mais il avait le sentiment qu'il pourrait s'en remettre. Tandis que Brienne... Mais la blonde avait été plus que claire. Dans l'éventualité où les choses iraient mal, il devrait privilégier la vie du bébé. Mon corps, ma vie, mon choix, avait-elle dit fermement en voyant sa désapprobation. Si je ne suis plus en état de le dire, promet moi de le faire pour moi.
Et Jaime avait promis.
Alors il alla prendre la main de Brienne, profitant des derniers instants de chaleur de celle-ci.
« Ma femme voulait sauver le bébé »
Le mestre acquiesça, s'attelant à sa tâche. Jaime serra un peu plus fort la main, ne la quittant que de longues minutes après, pour prendre sa fille dans les bras.
« Tu as eu la meilleure des mères » murmura-t-il.
Il se leva pour embrasser une dernière fois le front de Brienne, se jurant de ne pas reproduire les erreurs de Tywin : cette petite grandirait en connaissant le respect et la tendresse, mais aussi en sachant qu'elle était née de l'amour inconditionnel qu'avait eu sa mère pour elle.
