Je ne possède rien de la série TV
Elle n'avait pas le droit d'entrer dans son existence ainsi, de tout mettre sens dessus-dessous et de s'en aller comme si de rien n'était. [Challenge de septembre 2018 – Collectif NONAME. Thème Citation]
Dans ce thème il fallait écrire une texte autour de la citation suivante : "Il n'avait pas le droit. Il n'avait pas le droit d'entrer dans son existence ainsi, de tout mettre sans dessus-dessous et de s'en aller comme si de rien n'était." tirée du tome 2 de "La passe-miroir", "Les disparus du Clairedelune", par Christelle Dabos.
Merci à UnePasseMiroir d'avoir proposé ce thème qui cadre tellement bien avec ce moment.
En espérant que cela vous plaise.
Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un message si cela vous a plu ou non d'ailleurs car toute critique est constructive !
Défi de l'auteur ! : Dans vos lectures, qu'il s"agisse d'œuvres originales ou de fanfictions, vous est-il déjà arrivé de vous reconnaître dans un personnage et de vous identifier, presque comme s'il était vous et que vous étiez lui ? Réponse : Non. Ni quand je lis, ni quand j'écris. J'aime découvrir ou créer des personnages très loin de ce que je peux être ou vivre.
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
Elle n'avait pas le droit
Elle n'avait pas le droit. Elle n'avait pas le droit d'entrer dans son existence ainsi, de tout mettre sens dessus-dessous et de s'en aller comme si de rien n'était.
Cette pensée obsédante tournait en rond dans la tête de Jonathan depuis que les portes de sa cellule s'étaient refermées sur lui, le privant de tout ce qu'il avait été en le privant de liberté.
Comment avait-il pu se retrouver dans cette situation ? Comment pouvait-il être celui qui avait tout brisé ? Tout ça à cause d'elle ! De cette femme qui lui avait fait perde la tête et pour qui, il avait fini par trahir tout ce qu'il était… Toutes les personnes qu'il aimait.
Certes, il n'était pas bien en ce moment. Il se sentait épuisé par tout ça, par toutes ces illusions et par le fait d'être obligé de continuer à vivre dans l'ombre. C'était usant… Ne pas être lui. Être Cameron… Tenter de penser en permanence à la manière dont se comporterait Cameron : son sourire, sa démarche. Bien sûr, ils étaient jumeaux, alors ça ne devait pas lui paraître difficile, enfin normalement.
Au départ ça avait été un jeu. Il était tellement amusant de jouer sur l'incrédulité des gens qui ne savaient pas qu'ils étaient deux. Cameron était plus charmeur, plus souriant, plus expressif, alors c'était lui qui avait absorbé la lumière. Lui… Lui il était plus secret, plus renfermé, plus fort aussi… parce que c'était un problème ça aussi. Cameron était fragile, plus fragile que lui, plus malade, plus sensible aussi. Alors, il était devenu le frère protecteur, celui dont les bras seraient toujours là pour le retenir, pour l'empêcher de tomber et pourtant…
Pourtant aujourd'hui, à cause d'elle. Il avait l'impression d'avoir tout brisé. Un frémissement le parcourut et il pria… Il pria pour que ce ne soit pas le cas, étrange pour lui qui était un parfait non croyant. Pourtant, il pria quand même. Il pria pour que son frère puisse encaisser le choc sans se rompre, lui dont la vie venait d'être détruite en même temps que son jumeau venait d'être projeté dans la lumière.
Tous leurs tours, tous leurs numéros, toutes leurs grandes illusions. Il n'en restait plus rien. Cameron Black n'était plus un grand illusionniste, il était un tricheur qui avait caché son frère jumeau pendant des décennies… Tout avait été brisé et elle en était la cause !
Cette femme, cette apparition diabolique qui l'avait charmé, qui l'avait pris dans ses filets et qui lui avait fait non seulement trahir son frère, mais aussi tromper celle qu'il aimait. Pourtant, il aimait Dina, tendrement, viscéralement. Ces derniers temps, c'était son amour qui lui avait permis de continuer à avancer, de continuer à jouer cette mascarade et pourtant, ça aussi elle lui avait pris.
En une soirée, en une seule erreur, elle lui avait tout pris… et il était seul maintenant… à jamais seul. Enfermé dans cette prison pour un crime qu'il n'avait pas commis, mais au final, ce n'était pas grave parce qu'il en avait commis d'autres des crimes… envers sa famille, envers ses amis, envers la femme qu'il aimait, il en avait commis et il méritait d'être puni pour ça, pour toutes ses promesses, tous ses serments qu'il avait piétiné en un seul regard. Un regard qui avait croisé le sien et qui lui avait fait perdre la tête.
Est-ce qu'elle l'avait drogué ?
Non, il s'était laissé faire et c'était pire. C'était de la trahison. Pour ça, oui, il méritait la prison.
Les larmes lui vinrent sans qu'il ne s'en rende compte. C'était étrange, ce n'était pas lui qui pleurait normalement, c'était Cam… Quand il n'allait pas bien, quand il était fatigué, c'était Cam qui pleurait, pas lui. C'était Cam et, dans ces moments, il était là pour le prendre dans ses bras, pour le rassurer, l'encourager et lui certifier que tout irait bien… que tout irait bien parce qu'ils étaient ensembles, toujours ensemble. Il devait toujours rester fort pour deux, ne pas céder, ne pas rompre, sinon les jumeaux n'auraient plus de filets pour les retenir, de parachutes pour les sauver de l'abîme.
Le seul problème, c'était qu'aujourd'hui c'était lui qui tombait. Alors, il était où son filet ?
Presque sans en avoir conscience, ses doigts passèrent sur sa joue et il frémit. Pas d'illusions cette fois. C'était bien des larmes, ses larmes, pas celles de Cameron, les siennes.
Voilà qu'il pleurait maintenant…
Elle ne lui avait pas que pris sa liberté, son amour et sa famille… Elle lui avait pris sa force aussi. Elle l'avait brisé. En une soirée, en une seule nuit, elle l'avait brisé, totalement brisé.
De légers tremblements s'emparèrent de ses jambes, le forçant à se laisser tomber assis sur sa couchette pendant qu'une question, une simple question ne cessait de tourner dans sa tête.
Pourquoi ?
Pourquoi elle avait fait ça ? Pourquoi elle avait détruit sa vie d'un battement de cils ? Détruit leurs vies ?
De quel droit ?
De quel droit avait-elle été aussi cruelle ? Il était sûr de ne pas la connaître, de ne jamais l'avoir vu, alors pourquoi ?
Il voulait savoir ! il voulait comprendre ! Comprendre le truc ! Comprendre comme son public avait envie de comprendre leurs astuces !
Pourquoi ?
Qu'est-ce que ça lui apportait toute cette douleur et cette dévastation ?
Pourquoi eux ?
Pourquoi lui ?
