Officialiser la Relation

Harry se tenait dans l'ancienne chambre de Sirius, au Square Grimmaurd, à ajuster de quelques coups de baguettes la veste de sa robe de soirée. Dans quelques jours aurait lieu le mémorial et de ce qu'il savait des fêtes et gala organisés par le Ministère anglais, il y avait toujours discours à prononcer et quelques danses auprès de la noblesse à faire. Et quoi qu'il puisse faire ou dire, il restait lui-même un membre de la noblesse.

Un baiser sur la base de sa nuque le fit soupirer.

« Tu sembles bien tendu, » fit remarquer la voix d'Astrid dans son dos. « Qu'est-ce qui t'inquiète ? »

« Le mémorial. Je n'ai jamais été un homme de mots mais bien d'actions. Et encore, cela dépend quelles actions… »

« Si ce n'est qu'une question de mots, je peux t'aider, » fit-elle remarquer en venant se lover dans ses bras. « C'est mon dada. »

« Une expression midgardienne dans la bouche d'une déesse, » taquina Harry avec un léger sourire.

Il se prit une pichenette sur la joue, le faisant rire un peu plus.

« Et qu'est-ce qui t'embête d'autre ? » demanda la divinité nordique.

« Les danses. Je n'ai dansé que deux ou trois fois dans ma vie et cela remonte à très longtemps. Et on ne peut pas dire que l'on m'est vraiment montré comment faire. »

« Quel genre de danse ? »

« Probablement la valse tel que je connais les coutumes anglaises. »

« Cette danse se pratique encore ? » s'étonna-t-elle.

« Oh que oui ! » répondit le sorcier, partiellement traumatisé. « Et j'en ai horreur ! »

« Ca, c'est parce que tu n'as pas dansé avec la bonne partenaire, » réfuta Astrid, amusée. « Je vais t'apprendre ! »

« Oh Merlin … »

« Ce n'est pas si difficile, Harry. Le tout est de se laisser porter par la mélodie. »

« Si tu le dis… »

« Et je m'en vais te le prouver, là, maintenant, tout de suite, dans le salon ! »

« A une condition ! »

« Là, tu parles ma langue, » sourit la Déesse de la Malice.

« Que tu écrives mon discours et … que … si jamais des personnes viennent me chercher des noises, tu me soutiennes et m'aides à les remettre à leur place ! »

« Trop facile, mais j'accepte. Je pourrais m'amuser un peu pour pimenter les choses ? »

« Tu penses à une farce ? »

« Cela se pourrait bien… »

Harry réfléchit un instant à cela.

« Rien qui pourrait me porter préjudice, » accepta-t-il avec un sourire maraudeur.

« Quelque chose de suffisamment discret pour ne pas te mettre dans l'embarras mais suffisamment voyant ou remarqué pour poser problème à certaines personnes nuisibles …. Hmmm… J'y réfléchirai jusqu'au jour J, je pense…, » fit-elle alors qu'ils descendaient dans le salon pour la première leçon de danse. « Il faut que je rencontre les cibles pour trouver la farce adaptée… »

La déesse mit le vieux tourne-disque des Black en route et enseigna la valse à son amant durant toute l'heure suivante afin qu'il ne soit pas trop maladroit durant la célébration de la victoire du 02 mai 1998.

xXxXxXx

« Astrid ! » s'exclama Harry en serrant son nœud papillon et ajustant les manches de sa robe. « Il faudrait se dépêcher ! On va être en retard ! »

« Une déesse n'est jamais en retard, » répondit une voix féminine derrière lui, le faisant se retourner.

Il se figea, sans voix. Astrid se tenait dans l'embrasure de la porte de leur chambre, tenant en main une petite pochette vert sombre brodée d'or allant parfaitement avec sa robe. Cette dernière était évasée, faite en velours de la même teinte. Le bustier était souligné de motifs en dentelle faits au fil doré. Quant à sa cape, elle était de la couleur de l'émeraude, légèrement transparente, soulignée des mêmes entrelacs dorés sur les bordures et les épaules.

Ses cheveux sombres étaient retenus en arrière par des pinces tout aussi dorées aux motifs de feuilles de chêne et autres plantes où étaient attachées quelques chaînes de perles et de petites pierres précieuses, mettant en valeur ses yeux émeraudes pailletés d'or. Ses boucles noires tombaient pour le reste sur ses reins.

« Ni en avance d'ailleurs, » continua-t-elle avec un léger sourire, ravie de l'effet qu'elle faisait. « Elle arrive précisément à l'heure prévue. »

Elle s'approcha et vint rectifier l'emplacement du nœud papillon d'Harry de ses mains habiles. Elle chassa quelques poussières inexistantes de la robe de soirée également avant d'afficher un merveilleux sourire.

« Tu es … vraiment magnifique, » dit le quadragénaire, époustouflé.

« Merci. C'est ainsi que les dames de la cour de Vanaheim se vêtissent lors de réception. » Elle ouvrit sa pochette et en sortit un parchemin soigneusement plié. « Et voici ton discours, mon ange. »

« Merci. Qu'est-ce que je ferais sans toi ? »

« Hmmm… Tu t'ennuierais beaucoup. » Elle garda un instant de silence, son visage devenant un rien plus crispé. « Et moi, je serais soit morte, soit en prison... » Elle se secoua la tête. « J'ose espérer que nous n'avons pas trop loin à aller. La pluie est au rendez-vous ce soir. »

« Je nous transplanerai directement sur place. » Il déplia et parcourut rapidement son discours. « Helheim ? »

« En quelque sorte l'au-delà. Il y a Helheim et le Walhalla. Tout dépend si tu meurs honorablement au combat ou non. »

« C'est une sorte d'enfer ? »

« Pas exactement non. C'est juste un lieu où tous les morts se rassemblent en général. Mort de vieillesse, meurtre, assassinat, maladie, … Il n'y a aucune distinction entre les bons et les mauvais. Du moins pour la destination. Pour ce qu'il se passe là-bas, là c'est une autre histoire. La reine d'Helheim peut être à la fois douce et impitoyable. »

« Ta fille ? »

« Hela, oui, » soupira Astrid avec un sourire triste. « Mais je ne peux malheureusement rien n'y faire. Elle a été condamnée par Odin… » Elle glissa un doigt sous son œil pour en chasser une larme. « Et si on changeait de sujet avant que je ne fonde en larmes ? »

« Navré de t'avoir fait de la peine, Astrid, » fit Harry en l'embrassant sur la tempe.

« Ce n'est pas toi… »

Il la serra doucement, lui frottant un peu le dos.

« Prête ? »

« Je suis née pour être Prince et j'ai déjà du assister à tant de banquets et nobles assemblées. Je crois que c'est plutôt moi qui devrais te poser cette question… »

« J'ai déjà été sous les projecteurs. Je n'aime pas mais j'y ai été habitué quand j'étais plus jeune. »

« Alors allons-y et mettons-leur plein la vue. »

Harry sourit et lui tendit le bras. Astrid s'y accrocha avec un sourire et ensemble ils partirent pour le ministère. Rapidement, ils marchèrent dans les couloirs, suivant le doux et léger son de la musique et le bruit des commérages. Ils suivirent quelques couples et autres invités dans une grande salle de réception. Le jeune sorcier inspira profondément avant de foncer dans le Colisée.

A peine furent-ils entrés dans la salle de réception qu'ils furent pris dans des flashs. Les journalistes…

« Harry, très cher, » sourit Rita Skeeter en approchant avec sa plume à papote. « Cela fait bien longtemps que l'on n'a pas entendu parler de vous. Que devenez-vous ? Vous êtes en bien ravissante compagnie ! J'espère qu'il s'agit d'une femme de meilleures mœurs. »

« Merci, Mme Skeeter, » fit Harry, légèrement crispé. « Je vais très bien et j'apprécie beaucoup mon anonymat. Quant à ma compagne, elle est de bien meilleure compagnie qu'une certaine personne de notre connaissance. »

« Vous m'en voyez rassurée, mon cher, » répliqua la journaliste alors que sa plume volait sur un parchemin. « Passez une bonne soirée. »

« Mais vous aussi, Mme Skeeter. »

Harry s'éloigna, ayant remarqué un groupe de quatre personnes à la chevelure caractéristique.

« Tiens… Un revenant, » commenta Drago Malfoy en le voyant arriver. « Tu vis encore, Potter ? »

« Tu es hilarant, Malfoy, » rétorqua Harry avec la même ironie dans la voix. « Astoria, Mr et Mme Malfoy, » salua-t-il ensuite. « Et je suppose que ce jeune homme à tes côtés est Scorpius ? »

« En effet, » sourit fièrement Drago en posant une main sur l'épaule de son fils. « Un autre Serpentard jusqu'au bout des ongles. »

« N'est-ce pas là la marque de fabrique de la famille Malfoy ? » plaisanta le Sauveur, faisant rire les Sang-Purs. « Je vous présente ma compagne, Astrid Nygard. Astrid, je te présente, Lord Lucius Malfoy et son épouse, Narcissa. Leur fils et mon rival à Poudlard, Drago. Son épouse, Astoria, née Greengrass et le jeune Scorpius. »

« C'est un plaisir de faire votre connaissance, » sourit la déesse.

« Le plaisir est partagé, Mme Nygard, » dit Lucius Malfoy en lui faisant un baisemain, rapidement imité par son fils et son petit-fils. « Mr Potter, vous avez rencontré une bien divine créature. »

« Vous n'avez pas idée, Mr Malfoy, » rit le Gryffondor en échangeant un regard complice avec la dite créature.

Son rire s'étouffa légèrement dans sa gorge quand il vit deux visages familiers.

« Oh non, dites-moi que je rêve ! »

« Qu'y a-t-il, Harry ? » demanda Astrid en tournant son regard dans la direction de son amant.

« Est-ce qu'ils sont mieux ou pires qu'en 1995 ? » demanda plutôt le quadragénaire à son rival.

« Cela dépend des moments, » répondit Drago en fixant les deux personnes. « J'ai plutôt tendance à croire qu'elle est plus calme qu'à Poudlard et peut-être un rien moins extrémiste qu'à l'époque de la deuxième guerre. Père, qu'en dites-vous ? »

« Je n'en dis rien. Je préfère ne plus m'en préoccuper, » répondit Lucius Malfoy.

Cela étonna Harry.

« Et votre influence sur le Ministère. »

« Nulle depuis ma libération, Mr Potter, » répondit le Sang-Pur. « La guerre nous a tous affectés d'une quelconque manière, certains plus que d'autres. »

« Oui, je sais. »

« Et parfois même après la guerre, » ajouta Drago en fixant d'un peu plus près le Gryffondor. « Sinon, tu ne vas pas apprécier. Il est redevenu Ministre. »

« Oh non… C'était tellement mieux quand c'était Kingsley ou même Amélia et … Allez… Je ne me rappelle plus de son nom… Ce poufsouffle de quelques… »

« Zachariah Smith, » firent Lucius et Drago.

Un serveur arriva et tous prirent une coupe de champagne, sauf Scorpius qui se contenta d'une bière au beurre au vu de son jeune âge.

« Mais cela a été un désastre les dernières années, » continua le rival du Sauveur dans un soupir. « Suffisamment pour que Fudge convainque les gens de le réélire… »

« Les gens sont stupides, » fit Harry en secouant la tête avec dépit. « Réélire Fudge est la pire connerie du siècle. Au moins, ce n'est pas la guerre. Enfin, je ne pense pas. N'est-ce pas ? »

Drago eut un rictus mais secoua négativement la tête.

« Non. Plus depuis 98' heureusement. Mais qui sait ce que nous réserve l'avenir ? »

« De qui parlez-vous ? » redemanda Astrid, confuse.

« Tu te souviens du ministre peureux et de l'odieuse sorcière rose dont je t'ai parlés ? » demanda Harry en retour.

Elle hocha la tête.

« A cinq heures. »

Elle tourna le regard vers un homme et une femme qui commençaient à avoir un certain âge. Rien qu'à les observer, elle ne les apprécia pas du tout. Plus encore, elle n'appréciait pas l'aura qui se dégageait d'eux. Elle le signala à son amant.

« Tu lis les auras ? »

« Tu oublies parfois qui je suis mon ange, » fit remarquer la déesse avec un sourire amusé. « Je vois les auras de tout le monde ici. Et pour certains, elle est vraiment très sombre. Depuis combien de temps as-tu dit que … »

« Vingt-cinq ans, » soupira le Sauveur. « Et apparemment, cela n'a pas changé grand-chose. Au prochain Voldemort, je passe le flambeau. »

« Si nous sommes toujours là pour le voir arriver, » commenta Drago dans un soupir. « Tu fais quoi de ta vie maintenant, Potter ? »

« Je suis médicomage aux Etats-Unis. Et toi ? »

« Avocat. D'ailleurs, en parlant de ça. Si jamais les Weasley t'ennuient à nouveau, viens me voir… »

« Tu te feras un plaisir de les faire descendre de leur nuage, » répliqua Harry avec un sourire narquois. « D'accord mais pas les plus vieux à l'exception de la mère. Ils n'ont rien fait. Et James non plus. »

« J'ai suivi l'histoire de près. J'espère que la prochaine fois, tu écouteras les conseils que je te donne. »

« Et plutôt deux fois qu'une… Enfin, cela dépendra du domaine, je suppose. En médecine ou sur les Moldus, j'en connais certainement plus que toi. »

Une main sur l'épaule surprit Harry, tout comme la bise rapide et vive sur la joue.

« Harry ! Cela fait tellement longtemps ! Quel plaisir de te revoir enfin ! »

« Luna ?! » s'exclama l'homme avec étonnement.

Il l'observa de la tête au pied avant de sourire et de l'embrasser sur la joue en retour.

« Toujours aussi étrangement resplendissante ! » la complimenta-t-il. « Astrid, je te présente une de mes meilleures amies, Luna Lovegood. »

« C'est Londubat maintenant, enchantée, Prince … esse Astrid. »

Astrid se figea l'espace d'une seconde avant de faire un sourire en retour. Les autres Sang-Purs la fixèrent avec curiosité mais ne dirent rien.

« Vous avez le don de vue, » fit la déesse en direction de la blonde au regard rêveur.

« En effet, mais je vous rassure, si Harry a confiance en vous, j'ai confiance en vous. »

« J'apprécie ton amie, mon ange. »

« C'est Luna en même temps. Qui ne peut pas l'apprécier ? » rit l'homme avant de se tourner vers le mari de cette dernière. « Bonsoir Neville. »

« Harry, » sourit le blond avant de jeter un œil sur le côté. « Fais attention, Ron a peut-être un mauvais coup à l'esprit maintenant qu'il t'a vu. Il fanfaronnait un peu beaucoup aux précédentes célébrations contre Voldemort. »

« Il profitait de mon absence pour faire son intéressant devant les journalistes, » comprit le Sauveur avec un sourire. « Mais est-ce vraiment étonnant ? Qu'il le fasse si cela l'amuse. Je l'attends au tournant. Moi, je suis blanc comme neige. Lui et sa sœur, on ne peut pas en dire autant… »

« Et sinon tout le monde va s'attendre à ce que tu fasses un discours. »

« Je sais, c'est pour ça que je suis là. J'aimerais qu'on me fiche la paix avec toute cette histoire. C'est du passé pour moi. »

Ils discutèrent et prirent des nouvelles les uns des autres dans l'attente que le Ministre Cornélius Fudge fasse son discours et oblige Harry à en faire un. Heureusement que ce dernier avait prévu le coup avec Astrid.

« Et sinon, Harry ? » fit Luna avec un sourire tout en fixant Astrid. « Tu t'es remarié ? »

La déesse manqua de s'étouffer en entendant la question. Elle claqua des doigts pour faire disparaître le désastre tant autour d'elle que les quelques gouttes qui l'empêchaient de respirer. Elle n'avait jamais envisagé d'un jour se marier avec Harry. Elle songea un instant à l'idée et ne sut vraiment qu'en penser.

« Non, » répondit le Sauveur en passant une main dans le dos de son amante, le regard légèrement inquiet. « Nous n'en sommes pas là, Luna. Pourquoi cette question ? »

« Parce que vous faites un beau couple, bien sûr, » sourit Narcissa. « Cette jeune femme vous sied bien mieux que Mme Weasley. »

« Tiens…, » commenta Harry, les sourcils relevés. « Elle a divorcé avec Dean Thomas ? »

« Cela a fini exactement de la même manière qu'avec toi, » expliqua Neville. « A croire qu'elle le fait exprès. »

« Charmant. Je pourrais presque plaindre Dean… Presque. »

Ils en rirent doucement et continuèrent à discuter.

Quand vint l'heure redoutée, Harry se dirigea en compagnie d'Astrid vers le podium où l'attendait le Ministre Fudge. Il lui serra la main plus par politesse que par réelle envie et ne se donna même pas la peine de saluer la femme qui avait fait d'une année de sa scolarité un enfer.

Il déplia son discours soigneusement écrit par son amante et fixa l'assemblée silencieuse qui l'observait. Il en reconnut quelques-uns dans la foule, la plupart des visages pourtant lui était inconnus. Il ne manqua pourtant pas de remarquer un petit groupe de rouquins. Si George, Bill, Chalier et Mr Weasley lui faisaient un petit sourire encourageant, ce n'était pas du tout le cas de Ron, Ginevra et Molly. Mais de ces trois derniers, il n'en avait que faire.

« Merci Mr le Ministre, » fit-il avant de prendre une grande inspiration. « C'est un plaisir de revenir au pays de revoir tant de visages oh combien familiers et surtout en bonne santé, de voir que la vie continue et que certaines choses … ne changent pas. Aujourd'hui est un jour de fêtes. Il y a vingt-cinq ans, après des années de peur et de combats, nous avons enfin pu voir la fin du cauchemar quand Lord Voldemort, ou plutôt devrais-je dire Tom Jedusor, mourir et emporter ses funestes plans d'avenir avec lui. Nous avons pu reconstruire et reprendre une vie plus ou moins normale pour la plupart d'entre nous. »

Il avala sa salive et continua d'une voix un peu plus émotive.

« Mais aujourd'hui est également un jour de deuil. Nous tous, d'une manière ou d'une autre, pas nécessairement le 02 mai mais toujours à cause du même ennemi, nous avons perdu des proches. De la famille … des amis… Des parents ou des enfants… Pour ma part, j'ai pratiquement tout perdu de mon passé. Tout ce qu'il me reste ne sont que de maigres souvenirs, même pas les miens pour la plupart, et des photos. Je n'ai plus de famille, j'ai perdu de nombreux amis ainsi qu'un fils, un filleul ainsi qu'une jeune fille que j'ai aimée comme ma propre fille. »

Il vit la lueur de colère sur le visage de son ex-femme mais il ne s'arrêta pas pour s'expliquer davantage. Elle viendrait probablement d'elle-même faire un scandale plus tard.

« Pour toutes ces personnes que nous avons perdues, à un moment ou à un autre des deux guerres qui nous ont opposé à ce sinistre mage noir, je propose que nous accordions une minute de silence afin d'honorer leur mémoire. »

La minute fut ainsi accordée et il salua publiquement tout le monde avant de retourner auprès des Malfoy et des Londubat. Quelques personnes vinrent le saluer par courtoisie, parfois des connaissances, souvent de parfaits inconnus. Il resta aimable mais distant, préférant s'éloigner de la scène sur laquelle on l'avait poussée toute son adolescence.

Soudain, il se sentit tiré en arrière et vit Astrid réagir aussi vive que l'éclair. En l'espace d'une dizaine de secondes, elle avait empêché Ronald Weasley de lui donner un coup de poing, mis à genou et maintenait une dague contre sa gorge. Le visage de la déesse était dangereux, quant à son regard meurtrier.

« Osez encore une fois vous en prendre à cher et tendre, et je vous fais regretter le jour où vous êtes venu au monde, Misérable ! » somma-t-elle d'une voix polaire.

Elle le repoussa, lui laissant une légère entaille au passage par principe, et retourna auprès du Sauveur, faisant tournoyer sa dague entre ses doigts fins. Elle la fit finalement disparaître au bout d'une demi-minute alors que le rouquin se redressait avec colère.

« Je crois qu'Astrid a été claire, Weasley, » fit calmement Harry sans même bouger, se tenant de face.

« Parce que maintenant tu as besoin d'une femme pour te défendre. »

« Du tout, » ricana le Sang-Mêlé. « Mais moi au moins, je n'attaque pas les personnes dans le dos. »

« C'est plutôt ma spécialité, » convint Astrid avec un sourire narquois. « Et c'est pourquoi je suis toujours sur mes gardes… Je crains, monsieur, que vous n'ayez aucune subtilité pour réussir une attaque aussi sournoise que celle que vous avez tentée à l'instant. »

« Et dont j'aimerais connaître les motivations d'ailleurs, » ajouta Harry qui en avait pourtant une petite idée.

« Tu n'avais aucun droit de parler de Lily ou de Rose ! » s'exclama Ronald, rejoint par sa mère et sa sœur. « Pas après ce que tu lui as fait ! »

« Je ne me rappelle pas avoir évoqué Rose, » commenta le Sauveur. « Mais je rappelle toutefois avoir élevé Lily comme ma fille. Et j'ai fait tout ce que j'ai pu pour la sauver. Encore aujourd'hui avec toutes mes connaissances acquises depuis, je ne suis pas sûr de réussir à la sauver si on me la présentait maintenant devant moi. »

« Tu as tué Lily, Albus et Hermione ! » siffla le rouquin.

« Un Mangemort les a tués, » corrigea Harry avec colère alors qu'il faisait un pas en avant. « Ne me faites pas porter le blâme ! Vous saviez à quoi vous vous engagiez en vous liant à moi ! Vous le saviez depuis l'enfance ! Alors supportez avec moi cette douleur ! Et juste un petit détail que vous semblez avoir oublié : Albus était mon fils ! Mon vrai fils ! Lily et James sont des Thomas. Maintenant, j'ai accepté de m'occuper financièrement de James parce qu'il n'était en rien responsable de l'attitude odieuse de sa mère ! »

Astrid nota qu'Harry n'avait pas besoin de lui pour parler ! Il savait très bien s'y prendre quand il était en colère. Il n'avait pas sa verve mais savait parfaitement frapper là où cela faisait mal. Et il frappait juste surtout ! Toutefois, elle posa une main sur le bras de son amant car elle sentait une vague d'énergie destructrice provenir de lui, proportionnelle à sa colère grandissante. Là, elle reconnut le Harry impulsif des histoires qu'elle avait entendues.

Elle commença à voir les journalistes prendre des photos et retint une grimace. Harry lui avait parlé de ça. Ils étaient bien intrusifs. Les choses étaient à un point que la musique même s'était arrêtée, les musiciens eux-mêmes curieux de voir comment cela allait se passer. Elle soupira et termina sa coupe de champagne.

« Mon cher Harry, » fit-elle en s'agrippant un peu plus au bras de son amant. « Cette discussion stérile est des plus ennuyeuses… Et si nous allions … »

« Toi, la catin, tu la fermes ! » cracha Ginevra Weasley en lui jetant un regard noir. « Ne te mêles pas des histoires qui ne te regarde pas. »

« … nous divertir… » Astrid fixa la sorcière de la tête aux pieds. « Madame, je vous prierai de vous adresser à moi sur un autre ton. Vous et moi ne jouons pas du tout dans la même catégorie, vous êtes une misérable vermine qui aime batifoler avec tout ce qui a de la testostérone sans aucune considération pour votre partenaire de vie là où moi, je respecte et veille sur le mien sans chercher un seul instant à jeter son nom dans la boue ou lui reprocher des choses dont il n'était de toute évidence pas responsable. De la mort, on ne peut pas être responsable à moins d'avoir soi-même porté le coup mortel. »

« Comment osez-v… ? »

« J'ose parce que cela me plait. J'ose parce que j'en ai le droit. J'ose parce que j'aime jouer avec les petites choses insignifiantes comme vous. Et si vous ne déguerpissez pas rapidement de mon chemin, je vous jure que je vous écraserai et humilierai comme il se doit sans même avoir besoin de bouger le petit doigt. Vous n'êtes que du menu frottin. Même pas un challenge intéressant pour titiller mon esprit créatif. Amour ? »

« Oui, mon ange, allons danser, » fit Harry en prenant sa main.

« Harry ? Danser ? » rirent les deux jeunes Weasley.

« Il a deux pieds gauches, » ajouta narquoisement la plus jeune.

« Ca, ma chère, » rétorqua Astrid avec un sourire encore plus narquois. « C'est parce qu'il n'avait pas encore trouvé la bonne partenaire. Et moi … je suis une déesse … dans tous les sens du terme, » ajouta-t-elle avec assurance et fierté dans la voix.

Sur ces mots, le couple partit sur la piste de danse, rapidement suivi par Luna et Neville et les deux couples Malfoy. Tous arboraient un certain sourire au petit discours de la déesse et la réaction qui en avait résulté auprès des rouquins. Ils n'avaient pas su répondre à cela. Et quand bien même ils auraient tentés, leurs propos auraient été descendus par des actes.

Astrid était une déesse dans la vie mais aussi et surtout sur une piste de danse. Elle le prouva rapidement quand elle se déplaça avec aisance et grâce au bras de son amant qui souriait avec plaisir. Lui-même ne s'empêtrait pas les pieds comme il en avait eu tendance lors de son mariage et du bal de Noël en 1994. Ils virevoltèrent et enflammèrent la piste de danse comme jamais à mesure que la mélodie s'accélérait ou ralentissait au gré des musiciens.

« Je t'aime, » fit soudain Harry, surprenant la créature divine à son bras.

« Je t'aime aussi, Harry, » répondit-elle avec un sourire.

« Merci. »

Comprenant ce qu'il sous-entendait sous ce simple mot, elle secoua doucement la tête.

« C'est tout à fait normal. Tu n'as pas à me remercier pour cela. Ils ont cherché les ennuis en premier. Je me voyais mal ne pas les remettre à leur place alors qu'ils déversaient tous ces mensonges sur toi. Et tu t'es très bien défendu tout seul aussi… »

« Oui, mais j'ai failli exploser… »

« Tu es impulsif et tu te laisses guider par tes émotions, c'est tout. J'étais comme toi quand j'étais jeune. Avec le temps, tu apprendras sans doute… »

« Pas sûr qu'on m'en accorde autant qu'à toi, » plaisanta le sorcier.

Ils en rirent quelques instants et continuèrent de virevolter quelques instants avant qu'Harry ne doive accorder quelques tours de piste à quelques dames présentes.

Dans l'ensemble, s'il excluait ce petit interlude avec les Weasley, ils passèrent une excellente soirée.

xXxXxXx

Les semaines s'écoulèrent encore et les sentiments que partageaient les deux êtres l'un pour l'autre s'intensifièrent. A un point qu'Harry choisit d'officialiser un peu les choses. Il avait invité Astrid à dîner pour lui faire sa déclaration. Elle avait naturellement accepté.

Il était prêt à sortir quand il remarqua que son amante et future fiancée si elle acceptait était en retard. Astrid n'était jamais en retard. Il fronça les sourcils à ce fait et parcourut la maison à sa recherche.

Il la retrouva dans la salle de bain, penchée au-dessus des toilettes. Elle était encore plus pâle que d'habitude et une fine pellicule de sueur pouvait se voir sur son front. Harry attrapa ses longs cheveux sombres et les releva pour dégager son visage alors qu'elle déversait le peu qu'elle avait dans son estomac.

« Je ne t'avais encore jamais vue malade. »

« Parce que je ne le suis jamais, » répondit la déesse après s'être relevée. « J'ai suffisamment le contrôle sur ma magie pour empêcher les maladies de m'atteindre en temps normal. »

« Et maintenant ? »

Elle garda le silence alors qu'elle se lavait la bouche afin de chasser le gout ignoble qu'elle avait en bouche.

« Je … je ne pense pas être malade, Harry, » dit-elle lentement.

« Et donc … ? »

Ils croisèrent leur regard dans le reflet du miroir. Elle avait un petit sourire mais il y avait aussi une légère lueur de crainte dans ses yeux immenses.

« Tu es médecin et médicomage, » fit-elle. « A ton avis ? Qu'est-ce qui pourrait provoquer des nausées et des vomissements et qui n'est pas une maladie ? »

« … »

Il ne répondit pas tout de suite, réfléchissant à sa question. Pendant ce temps, Astrid se rafraîchit un peu le visage avant de s'asseoir sur le couvercle de la cuvette des toilettes.

« Ah ! » fit soudain le quadragénaire, comprenant ce qu'elle lui annonçait. « Oh … hmmm… C'est … » Il se laissa lentement aller contre le mur, puis glisser vers le sol pour s'installer en tailleur. « C'est un peu inattendu… »

« Je suis désolée si tu … »

« Astrid, ne dis rien s'il te plait. Il faut que je digère l'information, » soupira Harry en laissant aller sa tête contre le mur. « Cela me fait ça à chaque fois, t'inquiète… »

« Ca quoi ? »

« Ginevra m'a annoncé trois grossesses je te rappelle… Même s'il n'y en avait qu'un de moi, j'ai été un père pour les trois. Laisse-moi vingt-quatre heures pour digérer et après on parlera de tout ça. » Il inspira profondément et se redressa sur les genoux pour fixer son amour dans les yeux, face à face. « Mais n'aie pas peur d'être rejetée pour ça. Ce ne sera pas le cas. Non seulement j'assume toujours mes responsabilités mais en plus, je suis incapable de refuser un tel cadeau. C'est juste… »

« Tu dois te faire à l'idée, » comprit Astrid avec un léger sourire. « Je dois t'avouer que moi aussi. D'autant plus que j'ai peur qu'il ne soit découvert et souffre comme les autres. »

« Tant que je vivrais, il n'aura rien à craindre. Je vous protégerai tous les deux. »

« Même contre Odin ? »

« Contre tout ennemi que tu auras sur ton chemin. »

Il se leva et tendit la main à la déesse. Elle l'accepta et se leva pour le suivre dans le salon.

« Vu ton estomac fragile, on va peut-être rester à la maison ce soir, » fit-il lentement. « Mais j'ai bien l'intention de faire ce que je voulais faire. »

« Et tu voulais faire quoi ? » demanda Astrid avec un sourcil relevé par la curiosité.

Le quadragénaire sourit et posa un genou à terre devant elle, faisant apparaître un écrin dans sa main.

« Astrid Nygard, me feriez-vous l'honneur de devenir ma femme ? »


Défis Galactiques :

Mignonnerie du 14/09/2020 : A appren valser – Mignonnerie de la semaine

Combinaison 6 – Toujours plus de mots (Pluie / Veste / Baiser / Attente / Plante / Dîner)

Ecrire une scène de fête – Défis festifs

Horoscope du 07-01-2021 Capricorne : Narcissa Malfoy (HP) – Horoscope

Ecrire un Lady Loki - Cap ou pas cap

Fusion de 5 défis - Fusionnons