Etre Parents

« Harry. »

« Oui, Astrid ? » fit-il après avoir lâché la souris dans le terrarium de Saaraah.

« Il faut qu'on parle de l'accouchement, » dit-elle hésitante.

Le médicomage se tourna vers son épouse. Elle arrivait au terme de sa grossesse. Ce n'était plus qu'une question de jours.

« Oui ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Je ne peux pas accoucher à l'hôpital. »

« Pourquoi ? »

« Parce que je reprendrais ma forme d'origine. Et là … il me verra. »

« Très bien mais je ne vois toujours pas où est le problème, mon ange, » fit-il en s'approchant.

« Je suis plus froide que la glace … »

« Ah ! Oui … hmmm… Ben écoute, on se débrouillera. Si je dois un peu me brûler par le froid pour que ma femme et mon fils soient en bonne santé, alors soit ! Ce n'est pas comme si je n'avais de potions contre les engelures… »

« Tu es sûr que … »

« Astrid, » soupira Harry en approchant pour prendre ses mains dans les siennes. « Pour le meilleur et pour le pire. Tout se passera parfaitement bien. Je prendrais une potion pour me garder au chaud, j'enfilerai mes gants en peau de dragon et … je vais préparer maintenant une série de potions qui m'aideront à guérir après, un point c'est tout. Je t'ai choisie, toi sous toutes tes formes. Alors glace ou pas, je n'en ai rien à faire, c'est toi que j'aime. »

La déesse lui fit un immense sourire et elle vint se réfugier dans ses bras. Harry lui octroya une douce étreinte avant de l'embrasser elle, puis son petit amour qui allait bientôt sortir du ventre de sa mère.

« A bientôt mon petit Severus, » murmura-t-il avant de revenir embrasser son épouse. « Je reviens. Je vais déjà aller préparer tout ça. Sauf si tu as besoin de quelque chose en particulier ? »

« Non, ça ira. Tout est déjà prêt pour le moment où je devrais le mettre au monde. »

« Magnifique ! »

xXxXxXx

Lorsqu'elle sentit les premières douleurs, Astrid réprima un cri. Elle se leva simplement de son canapé et partit dans la pièce du Square Grimmaurd qu'elle avait préparée spécialement pour la naissance de son fils. Il y avait des essuies et des oreillers partout sur le sol pour lui permettre d'être le plus à l'aise possible.

Elle envoya un hibou à son mari avant de finalement s'allonger en attendant simplement la suite. Elle ne pouvait pas faire grand-chose à part attendre que la nature fasse son office. Progressivement, elle reprit son apparence d'origine, bleue et froide.

Les contractions se firent plus régulières au fil du temps et elle perdit les eaux. Harry finit par arriver juste au moment où elle commençait à pousser. C'était bien. Cela ne prenait pas tant de temps que cela. C'était quand même son cinquième accouchement.

« J'apporte de l'eau tiède. »

« Plus froide que tiède, » fit Astrid avant de retenir un cri sous l'effort. « Et dépêche-toi s'il te plait. Il va sortir. »

Harry revint très vite et vint l'aider du mieux qu'il put. Elle aurait préféré qu'il puisse ôter ses gants mais même avec, il avait admis avoir très froid. C'était déjà pas mal qu'il soit là au vu des circonstances. Quand elle poussa une dernière fois, elle se sentit comme libérée et finit par s'allonger dans les coussins et couvertures. Elle était épuisée.

Son époux s'affairait autour d'elle et de leur petit garçon. Il leur avait fait un brin de toilettes et les avait enveloppés chacun dans une couverture avec autant d'amour que de douceur. Astrid en était reconnaissante. Elle adorait son époux tendre et attentionné. Elle se pencha ensuite pour regarder leur garçon. Il avait la peau pâle, presque humaine mais il supportait sa température glaciale. Il ne semblait pas très chaud de son point de vue alors qu'elle était son apparence Jotunne. Mais Harry pouvait-il le toucher et s'en occuper ? Elle l'espérait. Elle lui demanda.

Harry retira ses gants en peau de dragon et souffla dans ses mains pour les réchauffer un peu avant de glisser un doigt doux le long de la tempe de son fils. Le petit lui attrapa le doigt et le mit en bouche pour le sucer doucement. Ni l'un ni l'autre ne semblèrent être affecté par leur toucher respectif, ce qui rassura la mère. C'était une de ses premières craintes. Elles n'étaient plus que souvenir.

Astrid s'endormit, le cœur heureux, son fils collé contre son sein, sous le regard bienveillant de son époux qui les veillait.

xXxXxXx

Quand Astrid se réveilla, elle sourit en remarquant son époux auprès de la fenêtre, le regard perdu dans le vide, alors qu'il marchait lentement pour bercer leur petit garçon. Elle pouvait l'entendre chantonner une berceuse. C'était un spectacle attendrissant.

« Bonjour, » fit-elle, pas sûre d'avoir la force de se relever.

Harry se tourna vers elle et un sourire doux apparut sur son visage.

« Bonjour, » lui fit-il en retour. « Comment vas-tu ? »

« Encore un peu fatiguée. »

« As-tu suffisamment de force pour reprendre une forme que je peux toucher ou c'est encore trop tôt ? »

Astrid sourit simplement, comprenant qu'elle avait toujours sa forme de jötunn, et ferma les yeux. Reprendre sa forme ase fut simple. C'était une seconde nature pour elle. Quant à garder un corps de femme également. C'était comme cela qu'elle se voyait dorénavant et elle n'était pas sûre de vouloir ne serait-ce qu'un jour reprendre la forme de Loki maintenant qu'elle avait fondé sa famille. Elle n'était plus ce dieu fourbe, rusé, froid et brisé de l'intérieur. Elle était une femme mariée et comblée de bonheur.

Quand elle rouvrit les yeux, elle vit qu'Harry s'était approché et était assis dans les couvertures juste à côté d'elle. Il tenait leur petit Severus dans le creux de ses bras. Le petit garçon dormait paisiblement.

« Tu veux le prendre ? » demanda son époux.

« Oui, » sourit-elle.

Elle prit son garçon et le cala ton contre sa poitrine, heureuse d'avoir pour la première fois depuis très longtemps le plaisir d'avoir un enfant, son enfant, dans ses bras.

Il était si petit mais si mignon. Elle l'observa réellement pour la première fois. Son petit Severus avait des cheveux sombres comme son mari et elle. Elle savait qu'il avait aussi les yeux verts comme eux mais elle ne savait pas exactement quelle nuance. Elle espérait les yeux d'Harry.

Harry vint s'allonger dans les oreillers et couvertures et vint se serrer contre son épouse et son fils. Astrid apprécia cela et accueillit l'étreinte avec plaisir. Elle l'embrassa et se rendormit contre sa poitrine sentant son fils tout contre son sein.

xXxXxXx

Astrid se réveilla, haletante et en panique, et elle se redressa prestement.

« Astrid ? » fit Harry, la voix ensommeillée. « Qu'y a-t-il ? »

« Où est-il ? »

« Qui ? »

« Severus. »

« Dans son berceau, » répondit son mari, les sourcils froncés.

Astrid se leva directement et fonça vers le berceau de son fils. Son cœur battant la chamade se mit à ralentir pour un rythme plus calme et normal dès l'instant où elle le vit endormi. Le voir allongé là lui fit lâcher un soupir de soulagement et elle se pencha pour lui baiser le front, rassurée.

Deux bras vinrent l'enlacer et elle se redressa.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » lui redemanda son mari.

« J'ai rêvé qu'il me l'enlevait. »

« Qui ? »

« Odin… J'ai cru qu'il m'enlevait mon fils à nouveau pour l'éloigner de moi et … »

Harry resserra doucement sa prise autour de la taille de sa femme et lui baisa le cou.

« Shhh… Cela n'arrivera pas. Tu n'es vue de personne, tu es ici incognito et je ne laisserai jamais rien vous arriver ni à toi, ni à Severus. Nous ne serons jamais séparés, je t'en fais la promesse. » Il la ramena vers le lit. « Viens. Retournons nous coucher. »

Elle se laissa faire et retourna sous les couvertures encore chaude. Harry continua à la rassurer jusqu'à ce qu'elle se rendorme un peu plus sereine. Son fils était là, son mari était là. Il n'y avait pas de raison de paniquer. Tout allait pour le mieux.

xXxXxXx

Astrid lisait paisiblement dans leur salon, assise dans le fauteuil près de la fenêtre. Elle avait à côté d'elle quelques livres, qu'elle avait sélectionnés pour sa semaine dans l'immense choix que lui fournissait la bibliothèque Black, ainsi qu'une tasse de thé et quelques douceurs.

Elle leva à un moment la tête de son livre et observa par la fenêtre Harry jouer au ballon avec leur fils de deux ans dans l'herbe. Elle sourit en voyant son petit garçon s'amuser et courir après la balle pour la renvoyer à son père.

Elle croisa à un moment le regard de son mari et il lui fit un signe de la main. Elle le lui rendit avec un immense sourire. Severus qui capta leur échange fit lui aussi un grand geste de la main. Astrid agita la sienne avec plus d'ardeur et leur envoya à tous les deux un baiser volant.

Elle les observa ensuite retourner jouer pendant quelques instants avant de retourner à sa lecture avec une main sur son ventre. Elle le caressait doucement.

Elle ne l'avait pas encore dit à Harry mais leur famille allait encore bientôt s'agrandir. Cette fois-ci, elle en était presque certaine, elle attendait une fille. Elle devait encore attendre environ une semaine ou deux pour en avoir le cœur net. Elle avait hâte de lui annoncer la nouvelle et de voir un énième sourire sur son visage et aussi de voir rayonner celui de son fils à l'annonce de l'arrivée d'une petite sœur.

xXxXxXx

Harry tenait son fils dans ses bras et approchait de son épouse épuisée mais heureuse. Elle tenait dans ses bras leur petite Frieda qui était née à peine quelques heures plus tôt.

« Tu veux voir ta sœur ? » demanda le père.

« Vi ! » s'exclama l'enfant de trois ans.

« Shhh… Ne la fais pas pleurer en criant comme ça, d'accord. »

« D'accord, papa, » fit Severus, le visage penaud, alors qu'Harry le déposait sur le lit à côté de sa mère. « Pardon. »

« Il n'y a pas de soucis, mon bonhomme. Tu ne pouvais pas savoir. »

Severus s'approcha de sa mère et Astrid lui fit un sourire alors qu'elle écartait doucement un morceau de tissu pour permettre à son fils de voir le visage de sa sœur.

« Elle est blanche. »

« Tout comme toi quand tu es née, » sourit la déesse.

« Et elle est petite. »

« C'est normal. » Astrid rit doucement. « Nous ne naissons pas grands, tu sais. Nous naissons tout petit comme elle et nous grandissons grâce à nos parents. »

« Est-ce que je pourrais jouer avec elle ? »

« Quand elle sera assez grande pour ça, oui tu pourras. »

« Quand ? »

« Dans deux ou trois ans, » répondit le père.

« Et ça fait combien de temps ? »

« Pas beaucoup de temps, je te le promets, » fit Harry avec un sourire.

Les deux parents laissèrent leur fils admirer sa sœur et poser ses questions encore et encore. Il était arrivé à un âge où il en posait partout tout le temps et sur tout. Apparemment, il avait hérité de la soif de connaissance de sa mère ce qui n'était pas pour déplaire à Astrid.

xXxXxXx

Harry et Astrid étaient assis dans le canapé, enlacés amoureusement, devant le feu de la cheminée à déguster un verre de vin dans le silence paisible de la nuit. Leurs deux marmots étaient depuis longtemps couchés et ils profitaient d'un peu de temps ensemble. Cela devenait rare avec les deux petits qui accaparaient toute leur attention.

« Dis, on n'a jamais reparlé de cette affaire de Maître d'Helheim, » fit soudain Harry, pensif.

« Tu veux que je prenne contact avec Hela ? »

« Si ce n'est pas dangereux. »

« Pas … trop. »

Harry grimaça à l'idée de voir son épouse en danger. Il se souvenait qu'elle avait parlé de poison pour la contacter.

« Il n'y a pas un autre moyen de la contacter ? »

« Je n'ai jamais eu que celui-là. »

« Et la pierre de résurrection, elle ne pourrait pas être utilisée pour ça ? »

« Je ne sais pas du tout, Harry. Il faudrait que j'essaie pour ça. »

« Je vais chercher les reliques. »

Il se leva et partit dans son bureau pour revenir deux minutes plus tard avec la baguette de sureau, la pierre de résurrection et la cape d'invisibilité. Il les tendit directement à son épouse qui les examina une nouvelle fois avec attention.

Elle pouvait sentir un certain pouvoir ancien s'échapper de chacun d'eux. Elle se concentra essentiellement sur la bague contenant la pierre de résurrection.

« Il y a une puissante magie mais je ne sais pas comment m'en servir, » révéla-t-elle au bout d'un moment.

« Quand je l'ai utilisée, j'ai vu mes parents, mon parrain et un ami de la famille auquel je tenais beaucoup. Ils étaient des sortes de fantôme. Et moi je me sentais comme si j'allais mourir au petit matin et je voulais une sorte de guide pour me conseiller dans ces derniers instants. J'avais la pierre en main et le cœur ouvert à la mort… »

« Tu pourrais le refaire ? »

« Je n'en sais rien, » avoua Harry en récupérant la bague.

Il la tourna trois fois dans sa main mais rien ne se passa. Il secoua la tête.

« Je suis désolé. Je n'en sais pas plus que toi à ce sujet à part ce qu'en raconte la légende. »

« Cela a peut-être un lien avec les émotions ? » réfléchit Astrid en la récupérant.

Elle tenta d'utiliser l'objet en fonction de ses sentiments mais fit également chou blanc.

« Et peut-être que seul toi peut réellement t'en servir. » Elle resta un moment silencieuse. « Tu sais, le poison que je prends pour lui parler n'est en rien mortel. Il va juste me plonger provisoirement dans le coma. »

« Combien de temps ? »

« Quelques heures. Maximum une journée. Mère savait ce que je faisais et me donnait un antidote parfois pour accélérer le processus de guérison. »

« Il y aura malgré tout guérison ? »

« Je ne pourrais pas mourir avec un aussi faible poison, » rassura Astrid avec un sourire. « Mon pouvoir de guérison se déclenche de lui-même quand je suis en danger de mort. Je ne risque rien. C'est un peu comme tomber malade. »

« Ce qui ne t'arrive jamais, » fit remarquer son mari.

« Ce serait une première en effet. »

« Si on exclut des nausées de grossesse, oui, tout à fait. » Il reprit son épouse dans ses bras et la serra doucement. « Quel antidote ? »

« Je le préparerai. »

« Pas tout de suite, mon ange. Attendons encore un peu que Frieda grandisse et puisse être un peu plus autonome. Elle est encore accrochée à toi comme un koala. »

« Elle n'a que six mois en même temps, » rit-elle doucement. « Mais d'accord. Nous ne sommes plus à quelques mois près. »

xXxXxXx

Harry rentra à la maison soulagé.

« Tout c'est bien passé ? » demanda Astrid après qu'elle l'eut salué d'un baiser.

« Oui. Juste Gaby qui a fait exploser un chaudron à Poudlard et il s'est retrouvé à l'infirmerie. Sauf qu'il a refusé que l'infirmière de l'école s'occupe de lui. Il voulait absolument que ce soit moi. » Il rit doucement en se souvenant de son après-midi et secoua la tête. « Il s'en remettra après qu'il aura soigné ses mains brûlées pendant une semaine. »

« Tu m'en vois ravie. Tu as prévenu ton cousin ? »

« Oui, je suis passé chez lui lui en toucher deux mots avant de rentrer. »

Des bruits de pas rapides dans les escaliers le fit tourner la tête et il vit son fils de presque cinq ans dévaler les marches et courir vers lui, le visage déformé par la peur.

« Papa ! » s'exclama-t-il en fonçant dans ses jambes.

« Eh …, » fit le père en s'agenouillant pour être à sa hauteur. « Qu'est-ce qu'il y a, bonhomme ? »

« Il y a une grosse araignée dans ma chambre. »

« Grosse comment ? »

« Au moins dix fois la taille de ma main ! »

Harry releva un sourcil dubitatif mais hocha la tête alors qu'il prenait son fils dans ses bras.

« C'est vrai ça ? Je vais aller voir. Pendant ce temps, toi tu restes avec Maman. »

Le sorcier monta à l'étage s'occuper de l'araignée, à savoir simplement la mettre en dehors dans le jardin, pendant qu'Astrid s'occupait de ses deux enfants tout en préparant le dessert.

« Viens aider Maman et ta sœur à faire le gâteau, Severus, » fit-elle avec un sourire.

« Oui, Maman ! » fit l'enfant en approchant d'elle.

« Va te laver les mains, mon lapin. Et après tu vas m'aider à mélanger ça. »

L'enfant lui obéit rapidement, le visage rayonnant pendant que Frieda ne faisait que malaxer un peu de la pâte qu'elle avait déjà préparée, plus pour jouer et la tenir occupée que pour cuisiner.

Elle était encore bien trop jeune. Mais le temps passait vite et elle serait très bientôt une adolescente et puis une adulte. Les choses changeaient si vite sur Midgard… Mais pas son amour pour son mari ou l'amour de ce dernier pour elle. Elle se secoua mentalement pour ne pas se ternir l'esprit avec des pensées négatives. Elle avait largement du temps à passer avec ses enfants et son mari pour oublier tout cela dans l'immédiat.

Carpe diem.

Harry redescendit très vite, au moment même où Astrid mettait le moule rempli de pâte de gâteau aux amandes.

« Bon ! » fit-il en retenant un fou rire de sortir. « Je me charge de donner un bain à la petite qui semble s'être totalement enfarinée, »

« Pendant ce temps, je vais préparer le repas avec Severus, » répliqua son épouse en nettoyant la table d'un claquement de doigts.

« Viiii ! » s'extasia le petit garçon, content de faire une activité de grands avec sa maman.

Cela amusa les deux parents.

xXxXxXx

Astrid entendait de la musique venant de la chambre de son fils pendant qu'elle s'occupait du linge. Elle le repassait et le pliait soigneusement à la moldue pour changer. Elle avait envie de s'aérer l'esprit en faisant quelque chose de simple par elle-même sans recourir à elle.

Cela faisait du bien parfois.

Quand elle eut fini de trier les vêtements en plusieurs paniers, elle monta à l'étage avec ceux de ses enfants. Elle rentra dans la chambre de son fils et ouvrit son armoire pour tout ranger correctement quand elle l'entendit chanter sur le rythme de la musique.

« C'est la danse des canards. Ferme ta gueule et va t'asseoir. C'est ta mère qui me l'a dit. Poil au zizi. »

Astrid se figea en entendant cela. Quand elle entendit son petit garçon de six ans chanter à nouveau cette phrase en rythme. Elle se secoua un peu pour se remettre de sa surprise et vint s'installer en tailleur à côté de son fils.

« Quand as-tu appris à faire ça? » lui demanda-t-elle doucement.

« Faire quoi maman ? »

« Dire des grossièretés ? »

« Des quoi ? »

« Des vilains mots. »

« Hmmmm… Quand ça ? »

« A l'instant en chantant. »

« Mais ce sont les paroles de la musique. »

« Je suis presque sûre que non, » rétorqua sa mère en secouant la tête.

« Gaby m'a appris les paroles, Maman. Je te jure que c'est ça. »

« Je vois, » soupira la mère. « Ne la chante plus s'il te plait. C'est une chanson grossière et indigne d'une personne comme toi. »

« Pourquoi ? »

« Parce que tu es un fils de Lord, Severus. Tu ne dois pas dire de grossièretés ou agir de telle façon que cela pourrait apporter des problèmes à Papa. Après, on va dire à Papa et Maman qu'on t'éduque très mal et un jour on pourrait t'enlever à nous. C'est ce que tu veux ? »

« Non ! Je veux rester avec vous ! » fit son petit garçon en venant se réfugier dans ses bras.

Elle sentait presque les pleurs dans sa voix et le serra pour le consoler. Elle avait peut-être un peu exagéré la vérité mais au moins cela aura peut-être l'effet escompté. Elle ne pouvait pas supporter que son fils devienne un délinquant ou un gamin qui ne parler que par le biais de vulgarités et grossièretés en tous genres. C'était indigne d'un Lord … et indigne d'un dieu. Quoi qu'elle puisse faire, par sa nature et ses origines, ses enfants tenaient d'elle et vivraient certainement longtemps même si peut-être pas autant qu'elle. Elle serra doucement son enfant contre elle et lui baisa le front.

« Promets-moi de ne plus chanter cette chanson, mon petit cœur. »

« Promis, Maman. Je ne le ferais plus. »

« Merci. Continue de jouer. Maman doit encore faire le ménage. »

Severus hocha la tête et retourna à ses jouets. Astrid se releva et sortit de la chambre de son garçon. Elle devrait parler avec Harry et prévoir prochainement une discussion avec Dudley et Gaby. Il y avait des choses qui n'étaient pas acceptables. Apprendre à ses enfants à être grossiers en faisait partie.

xXxXxXx

Harry et Astrid marchaient le long de la mer, les pieds nus dans le sable chaud alors qu'ils observaient leurs deux enfants jouer dans l'eau. Le père tenait même un panier spécial pour sa fille. Elle cueillait tous les beaux coquillages qu'elle trouvait et voulait les mettre en décoration dans la maison. N'ayant pas eu le plaisir de pouvoir faire cela lui-même quand il était petit et se souvenant que les trois autres enfants qu'il avait élevés avaient fait la même chose, il n'avait pu qu'accepter.

Et puis c'était tellement mignon…

Il se pencha quand il vit sa petite Frieda arriver en courant, ses petites mains pleines de coquillages ensablés. Il les récupéra avec un sourire doux et retira le plus de sable possible avec ses doigts avant de les déposer dans le panier.

« On peut faire un château de sable ? » proposa soudain Severus en revenant.

« Bien sûr, » sourit Harry. « Où est-ce que tu veux le faire ? »

Severus pointa du doigt un endroit à quelques mètres et la petite famille s'y dirigea. Astrid s'assit dans le sable, nullement dérangée et fit apparaître deux petits seaux et deux mini-pelles pour les enfants. Harry et elle observèrent plus leurs enfants que participer à la construction du château. Bien qu'ils leur obéirent volontiers à leurs ordres gentiment donnés comme remplir un seau pour faire une tour ou creuser un beau sillon pour les douves pour quand l'eau de mer viendrait s'y infiltrer à la montée de la marée. Frieda décida même de sacrifier quelques beaux coquillages de sa collection pour décorer la construction de sable.

Ils ne purent toutefois pas rester très longtemps à construire le château de sable car la mer vint se rappeler à leur bon souvenir en montant et ils durent s'éloigner pour ne pas être emportés par les vagues.

Ils marchèrent alors sur la digue, chacun tenant la main d'un enfant pour ne pas le perdre dans la foule qui circulait en ce merveilleux jour de soleil. Ils allèrent finalement manger une glace et rire entre eux, passant une agréable journée tous ensemble avant de finalement rentrer.

Quelques jours plus tard, Astrid passa du temps dans la chambre de sa fille à créer une magnifique mosaïque de coquillages (ceux que Frieda avait ramassé à la mer) sur l'un des murs et le plafond en écoutant sa fille babiller en jouant avec ses poupées. Harry jouait avec Severus dehors pendant ce temps-là, tous les deux assis sur un balai à se passer un souafle en riant.

« Pourquoi je peux pas jouer avec Severus sur un balai ? » bouda Frieda.

« Parce que tu es encore trop petite ma chérie. Papa ne veut pas que tu te fasses mal en tombant, » répondit simplement Astrid en collant un énième coquillage.

« Mais je voulais jouer avec Sev' moi … »

« Quand tu seras plus grande, mon poussin. Ton frère a deux ans de plus que toi et aime bien le Quidditch. Tu sais qu'il aime y jouer avec Gaby et Prim. Malheureusement, il ne peut pas y jouer souvent puisqu'ils sont à Poudlard. »

« C'est pas juste. »

« Eh… » Astrid rejoignit sa fille en se frottant les mains avec un essuie et passa ensuite un bras autour de ses petites épaules. « Je suis là moi. Je ne suis pas dehors avec ton frère. Un parent de chaque côté pour ne pas qu'il y ait de jaloux. Tu m'as moi pendant que Sev' est avec Papa. On vous aime tous les deux et nous voulons que vous soyez heureux. Mais je te promets que tu pourras bientôt jouer avec ton frère sur un balai. »

« Quand ? »

« Quand tu auras sept ans. »

« C'est dans un an ! »

« Je sais. Mais Papa pense que c'est plus sûr. »

« Et toi, tu en penses quoi Maman ? »

« Je ne sais pas, ma chérie. C'est de la magie simple pour moi mais des activités que je ne connais pas vraiment. Je ne suis pas née ici. »

« Tu es née où ? »

« Dans un autre royaume très loin d'ici. »

« Tu me racontes ? »

« Pas aujourd'hui, ma chérie. Mais un jour, je vous le raconterai à ton frère et toi. Je te le promets. »

« Tu me racontes une histoire alors ? »

« Tu voudrais quel genre d'histoire ? » demanda Astrid, ravie que sa fille ne se froisse pas parce qu'elle ne lui racontait pas directement ses origines.

« Une histoire … de magie et… de chevalerie ! »

« Ouh… Très bien. Une histoire de princesse ? »

« Oui ! »

« Alors laisse-moi te raconter une histoire d'une jeune femme qui s'appelait Belle… »

xXxXxXx

Harry était assis à la table du salon avec Astrid. Ils attendaient leurs deux enfants. Severus avait maintenant neuf ans et Frieda en avait sept. La déesse pensait qu'il était temps pour eux qu'ils sachent au moins la vérité à son sujet. Ils devaient savoir pour son passé et ses origines. Peut-être pas les choses les plus sombres mais ils devaient comprendre certaines choses, surtout depuis que Severus avait montré des signes de pouvoir propres aux jotunns. Le pouvoir de manipuler la glace.

Le père servit du thé. Leurs enfants ne supportaient pas le chocolat comme leur mère. Une véritable allergie… ou plutôt quelque chose de similaire à une drogue. C'était d'ailleurs pour cela qu'il n'y en avait même plus dans la maison. Harry ne voulait pas prendre de risque avec ses deux petits bouts de chou. Même si cela signifiait ne plus pouvoir en manger lui-même.

Severus et Frieda descendirent et vinrent se mettre à table quand ils les appelèrent.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda leur aîné en les voyant l'un et l'autre le visage sérieux.

« Il faut que l'on vous parle, les enfants, » commença Harry. « C'est important. Cela concerne votre mère. »

Les regards se portèrent sur Astrid. Le père prit la main de son épouse pour l'encourager.

« Je n'ai jamais été totalement sincère avec vous les enfants. Du moins, par rapport à mon passé. »

« C'est-à-dire ? » demanda Severus, les sourcils froncés.

« Je viens d'un autre royaume. »

« Et alors ? Il y a plus de trois cents pays dans le monde, ca change quoi que tu viennes d'un … »

« Tu ne m'as pas comprise, mon chéri. »

« Votre mère vient d'une autre planète, » expliqua alors Harry pour faciliter la compréhension.

« Je viens d'Asgard. Même si … ce n'est pas mon … ma planète natale. »

« Asgard ? » répéta Severus, les sourcils froncés se redressant pour disparaitre dans ses cheveux.

« Comme dans la mythologie ? » demanda Frieda.

« Exactement comme dans la mythologie, » hocha Astrid. « Je … »

« Tu veux dire que tu es une déesse ? » demanda sa fille, les yeux pétillants d'excitation.

« Oui. Ou plutôt un dieu. J'ai le don de métamorphose. »

« Okay…, » fit lentement Severus. « Alors… tu peux changer de sexe, Maman ? »

« C'est vrai ? » demanda Frieda n'ayant pas entendu le ton interrogateur de son frère.

Astrid hocha lentement la tête. Elle ferma les yeux et reprit pour la première fois depuis toutes ces années son apparence masculine.

« Ceci est mon apparence ase la plus connue. Et aussi la plus recherchée. Je m'appelle… »

« Loki, » termina Severus en soupirant alors qu'il s'enfonçait dans sa chaise. « Ta photo passe de temps en temps à la télévision. Quand il y a une annonce des Avengers. »

Il resta un instant silencieux. Astrid – ou plutôt Loki en cet instant puisqu'il avait repris sa forme ase d'origine – échangea un regard avec son époux. Leur fils était très intelligent et avait une excellente mémoire. Il n'était pas étonnant qu'il réagisse ainsi mais cela restait malgré tout difficile pour le dieu.

« Severus…, » fit-il.

« Est-ce que ce qu'ils disent est vrai ? »

Loki ferma les yeux, douloureusement. Harry choisit alors de prendre le relai.

« Peux-tu me citer les trois sortilèges impardonnables, Severus ? » demanda-t-il.

« Hmmm… il y a le sortilège de la mort… le doloris… et l'imperium. Mais quel est le rapport ? »

« Ta mère a subi quelque chose d'équivalent à l'imperium. Ce qu'ils disent à la télévision est vrai mais elle n'en est pas totalement responsable. »

« L'attaque que j'ai orchestrée n'était qu'une mise en scène pour obéir d'un côté à l'homme qui m'a torturée et de l'autre avertir Asgard du danger pour qu'on vienne m'arrêter. Hélas… Asgard me croit coupable et ne veut que m'arrêter sans chercher à savoir la vérité parce que je suis le menteur par excellence. On ne me croira jamais si je viens à dire ce que j'ai subi entre les mains des Chitauris… Alors j'ai simplement disparu. »

« Mais si tu parles sous veritasérum tu pourrais te … »

« Cela marche ici, Severus, » coupa doucement Astrid. « Pas à Asgard. Les choses se font différemment. Je serais condamnée pour mes crimes sans qu'aucun ne croie en la véracité de mes paroles. Je n'ai aucune chance. »

« Pourquoi nous en parler ? »

« Parce que tu es en partie jotunn, Severus. Vous l'êtes tous les deux. »

Là encore, Loki lâcha la main de son mari et retira le glamour qui cachait sa véritable apparence. Sa peau devint bleu roi et des cornes apparurent sur le haut de son front. Ses enfants sursautèrent et reculèrent, tombant de leur chaise. Mais aucun des deux n'émit le moindre cri. Ils ne faisaient que la regarder. Puis, lentement, Frieda s'approcha de lui et lui prit la main.

« Tu es froide. »

« Parce que les Jotunns ont la peau glaciale, » hocha-t-il en serrant doucement ses doigts. « Et ils manipulent la glace à leur guise, jusqu'à même la créer à partir de rien. »

Frieda vint finalement se coller contre sa mère pour la serrer très fort.

« Peu importe que tu sois un homme ou une femme ou même un jotunn, Maman. Tu es Maman. C'est le plus important. »

« Elle a raison, » fit Severus en s'approchant à son tour pour prendre la main de sa mère. « Je suppose que si tu es là même après toutes ces années, et mariée avec Papa qui est la justice même, c'est que tout est en ordre ici avec la justice et que tu t'es défendue. Et tu es notre mère. S'ils sont incapables de voir la vérité là d'où tu viens, c'est qu'ils sont des idiots aveugles et ignorants. »

Il serra lui aussi sa mère dans ses bras. Harry se fit entendre.

« Tant que tu restes sous cette forme, il est hors de question que je vienne vous rejoindre, » dit-il.

Cela amena un sourire sur le visage du jotunn qui reprit peu à peu une forme humaine et féminine.

« Et comme ça ? » demanda Astrid amusée.

« Mieux, » fit Harry avant de les rejoindre et de serrer sa petite famille dans ses bras. « Beaucoup mieux. C'est plus chaud. »

xXxXxXx

Astrid était assise en tailleur dans la cave avec ses deux enfants. Elle les conseillait et leur enseignait la magie de glace qui commençait à émaner d'eux en fonction de leurs émotions. Il était impératif qu'ils apprennent à se contrôler avant d'aller à Poudlard. Heureusement, elle avait encore un peu de temps puisque Severus n'avait pas encore dix ans.

Elle versa de l'eau dans un seau de métal devant chacun d'eux et leur montra comment la transformer en glace avant de les observer faire. Ils avaient tous deux des difficultés. Ils ne comprenaient pas leur pouvoir qui se manifestait quand ils étaient en colère ou étaient effrayés. Astrid les rassura simplement et les guida.

« Vous savez, on n'apprend pas la magie en un jour. Cela prend du temps. On essaie et on échoue. Puis on échoue encore. Et encore. Le plus important ce n'est pas l'échec mais ce qu'on en apprend. On se relève et on réessaie. On persévère. Un jour, on finit toujours par réussir. »

Elle leur serra doucement la main à chacun avant de les apposer chacune au-dessus de leur seau.

« Réessayez, les enfants. Même si ce n'est que pour former un petit glaçon minuscule qui flotte à la surface. On commence par de petites choses avant d'en faire de plus grandes. »

Severus et Frieda hochèrent la tête et reprirent leur exercice avec plus d'entrain.


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