Un Homme Abattu

Severus était allongé dans un lit de métal au matelas fin et inconfortable. Il sentait la répression sur ses pouvoirs, absorbé par le collier de métal étrange qui lui enserrait désagréablement le cou sans pour autant l'empêcher de respirer normalement. Il avait essayé d'utiliser la magie, qu'elle soit midgardienne ou jotunnienne. Rien. Pas même les deux trois sortilèges vanes que sa mère lui avait appris. Il en était tout simplement incapable. Il n'avait pas un noyau suffisamment gros pour pouvoir pallier à cette perte de magie constante. Il était comme qui dirait à sec.

Alors il était simplement là, allongé, à observer le plafond blanc, attendant simplement que quelque chose arrive. N'importe quoi. Il savait que quelque chose arriverait. Il connaissait trop bien ses parents. Cela ne faisait que deux jours qu'il était là, emprisonné, à ne pouvoir voir sa sœur Frieda dans les mêmes conditions que lui à travers une vitre épaisse d'une base de toute évidence moldue.

Les hommes qui les avaient capturés les surveillaient constamment au travers de caméras. Il y en avait partout. Même se soulager au toilette, il devait le faire devant ces dernières. Sans parler que sa sœur pouvait le voir et inversement. C'était d'ailleurs assez déplaisant en somme. Heureusement qu'ils étaient de la même famille.

En ce moment, Frieda chantonnait pour faire passer le temps. Elle n'avait, tout comme lui, pas peur car elle avait confiance. Personne ne les lâcherait. Ils étaient les enfants d'Harry Potter. Et leur père, même s'il détestait au plus haut point sa célébrité, il allait faire un sacré scandale pour les retrouver. Il remuerait ciel et terre pour cela. Ils n'en doutaient pas un seul instant.

« Severus, » fit soudain la voix de son père.

L'adolescent se redressa sur son lit et vit le patronus de son père. Tout comme il vit les Moldus dégainer leurs armes à feu. Il se mit en position assise, dos contre le mur.

« Je ne sais pas où vous êtes, Frieda et toi, » continua le patronus en forme de cerf. « Mais je vous promets que je fais tout pour vous retrouver. J'ai pris contact avec les aurors et le MACUSA. Je ne vous oublie. Personne ne vous oublie. Et les premiers responsables vont être jugés pour vous avoir donnés au SHIELD. Tenez bon les enfants. Et quand l'opportunité se présentera, il faudra que vous soyez prêts. »

La chance fit que son père s'était exprimé en latin. Une langue morte ignorée par la plupart des hommes. Seuls les sorciers l'utilisaient encore de manière réellement active, nécessaire pour pratiquer la magie. Ce fut pourquoi il ne fit qu'un sourire narquois quand un soldat s'approcha de la baie vitrée de sa cellule.

« Qu'est-ce que cette chose a dit ? »

« Cette chose était le patronus de mon père, son messager, » répondit Severus, jugeant ne pas avoir besoin de mentir. « Et il a dit qu'il nous retrouverait, ma sœur et moi. »

« Aucune chance. »

« Sache ceci, espèce de connard, impossible n'est pas sorcier. »

« Et pourtant tu es là, sorcier, emprisonné et sans défense. »

« Qui a dit que j'étais un sorcier accompli ? » rétorqua Severus avec un air suffisant. « Je ne peux peut-être rien mais mon père, lui, il pourra et vous le regretterez tous amèrement. Et ça, c'est uniquement si vous avez la chance de tomber sur mon père. Ma mère, Loki, avec lui, vous n'aurez même pas le temps de regretter. Vous serez tout simplement tous morts ! La question maintenant est : qui de mes parents nous retrouvera en premier ? »

Sur ces mots, Severus se rallongea sur son lit pour observer le plafond de sa cellule. Rapidement, la voix de Frieda emplit à nouveau l'espace. Elle s'était tue quand le patronus s'était présenté à eux pour en entendre le message. Et comme ils le pensaient, leur père était à leur recherche. Ce n'était plus qu'une question de temps.

xXxXxXx

Harry mangeait un simple sandwich à l'extérieur, sur une terrasse d'une brasserie moldue non loin du Chaudron Baveur. Il avait un rendez-vous avec Drago au Ministère pour les derniers détails juste avant l'audience concernant les Weasley.

Cela avait été vite. Plus vite qu'il ne le pensait d'ailleurs. Mais Drago avait le bras relativement long vu sa notoriété et sa justesse. Quant aux Weasley, ils étaient légèrement en disgrâce avec leur comportement, et leurs mœurs pour certains. Cela arrangeait les affaires du médicomage. Plus vite Ginevra et Ronald Weasley étaient jugés coupables et envoyés à Azkaban pour avoir été complice d'enlèvement d'enfants magiques, des enfants de Lord qui plus est, plus vite, il dormirait … mieux.

Du côté moldu par contre, Harry n'avait toujours aucune nouvelle. Le SHIELD n'avait pas encore réagi d'une quelconque manière. Pourtant, il en donnait l'occasion en sortant régulièrement pour que même des Moldus le retrouvent. Avec leur technologie, ils le pouvaient aisément. Et comme ils connaissaient en plus son cousin, c'était d'autant plus facile de prendre contact avec lui.

Aucun contact. Mais le sorcier attendait encore avant d'agir. Il leur restait encore deux jours pour se décider entre rendre ses enfants chéris ou déclencher une guerre contre lui.

Deux jours.

Une fois son sandwich fini, il commanda un café.

Soudain, il sentit une horrible douleur dans son dos. Une douleur qui envahit progressivement sa poitrine. Il se leva et fit quelques pas. Quand il remarqua avoir des difficultés à respirer, il porta sa main à son torse. Il vit le sang.

Il se retourna alors et observa autour de lui pour comprendre ce qu'il venait de lui arriver. Son regard se posa étrangement sur le toit d'un des bâtiments de la ville. Il y avait un homme là-haut, armé comme un Moldu. Un tireur… ou un sniper… Il ne savait pas trop. Il en savait peu sur les soldats moldus.

« Grossière erreur, » grogna-t-il avant de s'effondrer à terre.

Il entendit vaguement le hurlement d'une femme avant de perdre connaissance.

xXxXxXx

Astrid était assise au rebord d'une fenêtre et appréciait la brise. Odin avait donné l'ordre qu'elle soit présente pour la célébration d'une énième victoire de Thor. Elle ne savait pas quoi, ni à quel sujet et elle ne voulait pas le savoir. En général, c'était toujours la même chose. Un conflit dans un autre royaume que Thor était parti régler et dont il était naturellement revenu victorieux.

Soudain, une main vint se glisser dans la sienne et elle tourna la tête.

« Qu'y a-t-il, Vali ? » demanda-t-elle doucement.

« Viens. »

« Pourquoi ? »

« Viens ! S'il te plait, Papa. »

Astrid soupira mais accepta finalement de se lever. Son fils la tira vers une série d'instruments venant de nombreux royaumes. La reine en faisait la collection. Elle adorait la musique.

« C'est quoi ça ? » demanda-t-il en en pointant un.

« Un piano, Vali. C'est un instrument midgardien. »

« Ca fait quoi comme son ? »

« Tu n'as qu'à essayer, » lui proposa alors le sorcier.

« Mais je ne sais pas faire de musique ! Ca va pas être joli ! Maman dit toujours que la musique, c'est joli ! »

« Là, je reconnais bien ta mère, » sourit Astrid.

Elle agita la main et un banc apparut devant le piano.

« Installe-toi à côté de moi. Je vais te faire découvrir cet instrument. »

« Tu sais faire de la musique ? »

« Bien sûr. J'ai toujours préféré les arts à la guerre. La musique en fait partie. »

Avant de s'installer, elle s'assura que chaque note était parfaitement accordée. Elle sut tout de suite que le piano n'avait jamais été usité auparavant car il y en avait quelques-unes qui nécessitèrent un sérieux raccord.

Elle s'installa ensuite à côté de son fils et commença à faire courir ses doigts sur les blanches et les noirs avec douceur. Elle joua Loin du froid de décembre.

« C'est beau, » sourit Vali.

Cela apporta un léger sourire sur le visage d'Astrid.

« Oui, c'est beau. C'est ça que j'aime avec la musique. Cela te permet d'exprimer des émotions. »

Tout en disant cela, elle avait enchainé avec un autre morceau, Gangsta's paradise. Il lui venait naturellement. Pourtant, elle ne jouait pas souvent. Elle avait juste toujours eu cette mémoire des sons et de la musique. En ce moment, les musiques de Midgard lui manquaient. Tout ce qui avait attrait au royaume de son mari et de ses enfants lui manquait à vrai dire. C'était sa façon de s'en approcher.

« Est-ce que tu sais chanter ? »

« Oui, Vali. Je sais chanter. »

« Alors pourquoi tu ne chantes pas ? »

« Parce que sinon, on va m'accuser d'attirer l'attention sur moi alors que l'on célèbre la … victoire du Prince Thor. »

« Mais tout le monde te regarde déjà, Papa. »

Un simple regard autour d'elle lui confirma les dires de son fils. Elle croisa le regard de la reine même et détournait rapidement les yeux pour ne pas voir sa joie. Non, elle ne voulait pas la rendre heureuse. Pas elle.

« C'est pour toi que je joue, Vali. Uniquement pour toi. Parce que tu me l'as demandé. Mais chanter… Non. Pas avec ma voix actuelle. Elle est trop … masculine à mon goût. Je suis désolée, Vali. »

« Tu pourrais faire au moins un effort, Loki, » commenta Thor avec un sourire alors qu'il s'était approché.

« Même pas dans tes rêves les plus fous, Tonnerre, » soupira la sorcière.

« Même pas une chanson ? C'est ton fils qui le demande. »

« Non. Mais peut-être que si tu convaincs ton père de libérer une partie de ma magie concernant mon don de métamorphose, peut-être que j'accèderais à cette requête. »

Soudain, l'expression narquoise qu'affichait alors Astrid se figea.

« Loki ? »

« Non, » murmura-t-elle en fermant les yeux.

Elle inspira profondément et referma totalement son visage. Mais à l'intérieur, en son cœur, une boule d'inquiétude s'était formée. Elle avait senti son lien avec Harry se briser. Son lien de mariage. Cela ne signifiait qu'une chose. Qu'il était décédé.

Qu'avait-il fait ? Avait-il osé se suicider pour tenter de la sauver ? Ou bien lui était-il réellement arrivé quelque chose ? Dans les deux cas, Severus et Frieda se retrouvaient seuls.

Hélas, elle ne pouvait rien faire à ce sujet sans trahir leur existence.

Elle déglutit difficilement et continua à jouer, mais cette fois-ci, seuls des morceaux sombres lui vinrent à l'esprit.

« C'est plus triste, maintenant, » commenta Vali qui commençait à avoir des larmes aux yeux.

Elle ne fit qu'hocher la tête sans ouvrir la bouche.

« Loki ? Qu'y a-t-il ? » redemanda Thor.

« Si on te le demande, tu diras que tu ne sais pas, » répondit-elle simplement. « Mais tu peux féliciter Odin peut-être en lui disant qu'il a gagné. Peut-être que cela l'amusera de me savoir détruit. »

« De quoi tu parles ? »

« Rien d'important. Rien qui me concerne n'est important. »

Thor s'approcha encore et vint poser une main sur son épaule.

« Loki. Pour moi, tu es important. Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Rien. Un lien magique a été détruit. C'est tout. »

« Un lien magique ? »

« Je suis… j'étais liée à une personne, Thor. Ce lien s'est brisé. »

« Comment ? »

« A ton avis ? Qu'est-ce qui peut arriver pour qu'un lien fort avec moi soit brisé ? »

« Hmmm… la trahison, la colère, la haine… Il y a vraiment l'embarras du choix. »

« Preuve que tu ne me connais pas aussi bien que tu voudrais le croire. Tu me connais même bien mal… »

« Je n'aime pas te voir souffrir. »

« Cela fait deux ans que je souffre Thor. Il est temps que tu le remarques. »

« Pourtant, je croyais que tu te sentais mieux ces derniers temps ? »

« Pourquoi ? Parce que je m'occupe de Vali et Narfi comme ton père me l'a ordonné ? Non. Je ne vais pas mieux. Et je m'occupe de Vali et Narfi uniquement parce que je le veux bien ! Ils sont mes enfants après tout. Maintenant va voir ailleurs si j'y suis et laisse-moi avec mon fils ! »

« Ou quoi ? »

« Ou je te casse la tête devant ces gens qui sont venus célébrer ta victoire. »

« Tu n'arriveras pas à me battre. »

« Laisse-moi te donner une perle de sagesse, mon frère. Ne jamais sous-estimer un sorcier au cœur brisé. »

A son grand soulagement, Thor s'éloigna. Mais Vali resta. Il se rapprocha même d'elle au point de la coller.

« Est-ce que tu veux pl… »

« Pas ici, Vali, » répondit-elle doucement. « Je ne le fais pas en public. »

« Pourquoi ? »

« Parce que je viens de perdre quelqu'un sans doute. Et je ne pourrais pas en aider d'autres qui doivent être en ce moment encore plus malheureux et perdus que moi. »

« Les deux Midgardiens qui sont sur la peinture à côté de toi ? »

« Ceux-là-même, Vali, » confirma-t-elle d'une voix triste. « Ils vont se sentir seuls au monde maintenant. »

« Ils ne sont pas seuls, ils sont deux. Et il y a plein d'autres Midgardiens ! Ils doivent bien avoir des amis ! »

« J'espère pour eux. Ils en avaient quand je suis partie… Et aussi encore un peu de famille, » ajouta-t-elle en pensant à Dudley, Prim et Gaby. « Mais rien ne peut remplacer l'amour d'un parent. Rien. »

xXxXxXx

Severus faisait quelques flexions pour s'occuper. A défaut de pouvoir lire quelque chose ou faire de la magie, c'était la seule activité qui lui permettait d'évacuer son stress et son impatience. Mais à aucun moment il n'éprouvait de colère envers son père qui tardait à arriver. S'il n'était pas encore arrivé, c'était qu'ils étaient vraiment bien cachés et que, probablement, le MACUSA et les aurors ne pouvaient être d'aucune aide. Les autorités moldues fonctionnaient différemment. Et le SHIELD aussi s'il se souvenait bien de ce que sa mère leur avait raconté sur cette organisation et sur les Avengers.

Soudain, il entendit le hurlement de Frieda et il se retourna pour la regarder. Il vit un homme, une sorte d'officier ou au moins quelqu'un de plus important que ces gardiens de prison qu'il voyait tout le temps. Il tenait en main une sorte de tablette comme il en avait parfois vue chez Dudley. L'homme se dirigea vers lui tout en pianotant sur l'écran.

Quand il le tourna vers lui, Severus regarda la vidéo qui lui était présentée. Il voyait son père manger à une terrasse. Il était contrarié. En colère même. De loin et sur ce petit écran, il pouvait le lire dans son regard. Il resta attentif aux moindres détails qu'il voyait, cherchant à déterminer ce que l'homme voulait lui montrer et qui avait pu faire hurler sa sœur de la sorte.

Et c'est là qu'il comprit. Il vit l'expression de son père changer. Il avait mal. Severus vit une tache de sang apparaître sur sa chemise et s'agrandir à vue d'œil. Il le vit se lever et faire quelques pas avant de se retourner et de s'effondrer.

« Je ne crois pas que votre père viendra vous chercher, » ricana le Moldu.

Severus serra les mâchoires et s'approcha de la vitre. Si cette dernière n'était pas là, il se serait probablement déjà jeté sur cet homme, probablement pour mourir alors c'était une bonne chose qu'elle les sépare. Il se contenta alors de le fusiller, réfléchissant à tout ce que la mort de son père impliquait comme conséquence.

Ce fut là qu'il commença à ricaner et puis à rire tout simplement, moqueur.

« Parce que tu crois vraiment que la mort de mon père changera vraiment quelque chose ? »

« Nous savons de source sûre que Loki est à … »

« Asgard, oui. Tu ne m'apprends rien, espèce d'enfoiré ! Cela fait déjà plus de deux ans maintenant. »

« Alors qu'est-ce qui te rend si confiant quant à ta prochaine libération ? »

« Hmmm… Peut-être parce que je suis le petit frère d'une déesse particulièrement singulière chez qui vous avez envoyé mon père. Ce n'était pas très sage de votre part. Ma mère, Loki, me disait toujours de réfléchir avant d'agir. En cela, vous autres, Moldus, vous êtes bien souvent stupides quand vous vous en prenez à plus fort que vous. Cela prendra peut-être un peu plus de temps que prévu mais je te garantis, misérable, ma sœur et moi, nous sortirons de cette prison de malheur. Et quand ça arrivera, ta dernière sera arrivée ! »

Il se détourna de l'homme et jeta un regard à sa sœur. Elle pleurait sur son lit.

« Frieda, » appela-t-il.

Elle posa des yeux larmoyants sur lui.

« Est-ce que tu te souviens de ce que Papa a dit concernant les reliques et ce qu'elles signifiaient ? »

« Hmmm… je crois. Mais il n'y a pas un conflit avec Hela ? »

« Non, pas d'après Papa. Maman en avait déjà discuté avec elle apparemment. Tu sais aussi ce que tout cela veut dire s'il est mort. »

« Que le plan de dernier recours s'est enclenché ? »

« Exactement. Et cela finira dans le sang. D'une manière ou d'une autre, » termina-t-il en fixant une dernière fois le Moldu avec dédain avant de s'asseoir sur son lit. « Sèche tes larmes, Frieda. Papa a peut-être perdu une bataille aujourd'hui… »

« Mais la guerre ne fait que commencer, » termina alors sa sœur avec une voix plus assurée. « Merci, Severus. »

« De rien, soeurette. »

xXxXxXx

Harry ouvrit les yeux sur un monde de brumes. Il sentit de la roche sous ses doigts et il se redressa. Il réfléchit un instant pour déterminer comment il était arrivé et il porta immédiatement une main à sa poitrine. Il n'y vit rien. Pas même quand il souleva sa chemise.

« L'âme ne marque pas de la même manière que le corps, » fit soudain une voix féminine derrière lui.

Il se retourna et se mit en garde, nullement rassuré. Puis, il détourna rapidement le regard, à la fois surpris et mais plus vraiment apeuré.

« Par la barbe de Merlin ! » Il souffla, rassuré. « Heureusement qu'Astrid m'a parlé de vous ! »

L'être qui se tenait devant lui gloussa. Il s'agissait d'Hela, la fille d'Astrid, la reine d'Helheim. Harry était mort. Maintenant qu'il était rassuré, il reporta son regard sur la déesse pour l'observer un peu mieux, voir qui était sa belle-fille.

Hela avait un corps fin et élancé. Les parcelles de peau qu'il pouvait voir étaient de couleur ivoire, du moins là où elle n'était pas marquée de brûlures, quand il restait encore de la peau… Par endroit, il voyait les muscles et même directement l'os. La moitié de son visage était brûlé, et malgré les cheveux qui le dissimulaient en partie, Harry pouvait voir le crâne et les dents. Mais dans l'œil valide, il ne voyait que bienveillance et curiosité. Aucune douleur en apparence. Elle ne semblait pas souffrir, signe qu'elle s'était remise de l'épreuve qui l'avait mise dans cet état.

Quel sort horrible cela avait dû être de subir pareil dégradation physique. Et Odin l'avait bannie pour cela, pour sa différence ? Certes elle était choquante et pourrait en effrayer plus d'un mais il suffirait d'expliquer la situation. Elle était une grande brûlée, rien de plus. Du moins, à part cela, elle ne semblait pas dangereuse à son sens. Pas plus que n'importe quel autre être.

Il la plaignait vraiment. Vivre isolée des siens, de sa mère, sans possibilité de la voir réellement. Et Astrid qui était obligée de s'empoisonner à l'occasion pour pouvoir discuter avec elle. Il était triste pour elles.

Il ne bougea pas quand il vit Hela s'approcher de lui.

« Généralement, les gens qui me rencontrent, même décédés, sont effrayés. A part ta surprise, je ne lis que de la pitié dans ton regard. »

« Je suis médicomage, » répondit Harry. « En vous regardant, j'ai juste l'impression de voir une jeune femme qui a subi une épreuve difficile mais qui semble s'en être parfaitement remise malgré les quelques dégâts encore visibles en surface. »

« Accident de potions. »

« Les pires, » admit-il avec un sourire en coin. « Et si facilement occasionnés. »

« Bien. Maintenant que tu es ici, il est temps que nous réglons un petit problème. »

« Le fait que je sois en possession des trois reliques de la Mort, je suppose. »

« Précisément. Elles étaient sur Midgard dans un but précis. Mais Mère a tenu à passer un marché avec moi pour que tu les gardes au lieu de les confier à quelqu'un d'autres. »

« Je sais, » soupira Harry. « Par contre, avant que nous allions plus avant dans cette discussion, j'aurais une question. »

« Je t'écoute. »

« Vous avez… »

« Tu peux me tutoyer, Harry. Tu es marié avec ma mère. Inutile d'être aussi formel avec moi. »

« Très bien, Hela. Tu es certainement au courant de l'existence de Severus et Frieda. »

« En effet. »

« Ils ont été enlevés par une organisation de ma planète nommée le SHIELD. Je ne sais ni où ils sont ni même s'ils vont bien. Et je pense avoir été abattu par un membre de cette organisation. »

« Le SHIELD… Tu es sûr ? »

« Certain. Mon cousin me l'a certifié. Et malgré mes relations, je n'ai rien pu faire ne serait-ce que pour les retrouver. »

« Je peux t'assurer qu'ils ne sont pas morts sinon, je les aurais déjà accueillis dans mon palais mais … » Hela resta un instant pensive. « Voilà qui est bien ennuyeux… »

« Y a-t-il un moyen de les aider ? »

« Possible. Du moins, c'est certain dans la théorie. Dans la pratique, par contre. »

« Qu'est-ce qui pourrait poser problème ? » demanda Harry qui commençait à avoir de l'espoir.

« Le temps. Ils vieillissent comme des Midgardiens. Je ne peux pas les aider car je ne connais ni leur apparence ni leur énergie. Toi seul pourrais les retrouver. Toi ou notre mère. »

« Astrid est enfermée à Asgard. »

« Enfermée n'est pas le terme que j'aurais employé, » fit Hela avec une grimace.

« C'est-à-dire ? » demanda Harry les sourcils froncés.

« Disons qu'Odin essaie de la manipuler. » Elle soupira. « Il a bloqué ses pouvoirs de métamorphose et elle demeure en tant que Loki. Elle peut circuler librement à Asgard mais doit obéir au roi en tout. Elle ne le fait pas vraiment et se refuse même à participer à la vie active mais certains pièges du roi ont fonctionné. »

« Lesquels ? »

« Mes frères, Narfi et Vali, Odin les a fait revenir au palais. Ainsi que Syginn. Le roi espère sans doute qu'ils se remettent ensemble pour former le couple parfait et la famille parfaite. »

« Ce n'est pas prêt d'arriver, je me trompe ? »

« Non. Mais maintenant que tu es décédé, les choses pourraient changer. »

« Non. Non, je ne pense pas. Astrid n'a jamais aimé Syginn. C'était un mariage arrangé. »

« C'est un fait, » admit Hela.

« Que dois-je faire ? » demanda Harry qui était plutôt un homme d'action que de parole.

« Découvrir le pouvoir d'Helheim qui est dorénavant en toi. Tu es mon roi dorénavant. Mais je t'y aiderai. » Elle eut un sourire sadique. « D'autant plus qu'à partir de maintenant, je ne dépends plus de la souveraineté d'Odin. »

« Mais tu es reine. »

« C'est vrai. Mais je n'ai les pleins pouvoirs qu'ici, dans cette réalité. Mais pour le reste, j'obéis toujours aux ordres d'Odin. Je ne peux quitter cet endroit sur son ordre. Le défaut du pouvoir que peuvent avoir les hommes sur les femmes… »

Elle secoua la tête en soupirant. Elle s'approcha ensuite d'Harry et posa une main sur son bras.

« Mais avec toi en tant que roi, mon roi, je n'ai plus à répondre à ses ordres. Helheim est peut-être mon royaume sous l'injonction d'Odin mais pour me garder ici indéfiniment, il aurait du me fournir un époux et un roi. Il n'a fait ni l'un, ni l'autre. Alors je me suis arrogée le droit de les avoir via ces reliques. Tu ne seras peut-être pas mon époux, Harry. Mais tu es mon roi car tu es Maître des trois reliques que Mort a dispersé sur Midgard pour moi. Dorénavant, je suis à tes ordres. Demande-moi n'importe quoi, si je peux le faire, j'obéirai. »

« N'as-tu pas peur ? »

« Je préfère dépendre de toi que d'Odin. Par ailleurs, j'ai suffisamment entendu parler de toi pour savoir que tu n'es pas homme à diriger les autres d'une manière tyrannique comme Odin. »

« Et si je te donnais maintenant l'ordre de m'emmener sur Midgard, ou même à Asgard, tu pourrais le faire ? »

Hela resta pensive un instant et pencha la tête sur le côté.

« Oui. Je pourrais. Mais ce ne serait pas une sage décision. Du moins pas pour Asgard. Pas tout de suite. Il faut que tu maîtrises un minimum le pouvoir d'Helheim sinon tu pourrais causer des ravages autour de toi. La mort t'a touché, tu es susceptible de la générer comme ceci si tu ne prends pas garde. »

Elle avait claqué des doigts pour illustrer son propos.

« Par ailleurs. Il va falloir récupérer ton corps et le mettre en sécurité quelque part sur Midgard. »

« Chez Drago Malfoy, » dit directement Harry. « Il est sorcier et il est un très bon ami et avocat. »

« Nous demanderons à Mort de laisser un message pour qu'il aille récupérer ta dépouille dans ce cas, » fit Hela en prenant le bras de son beau-père. « Viens, si mon petit frère et ma petite sœur sont séquestrés, il est naturellement hors de question que nous trainions pour ton entrainement. Tu vas souffrir. »

« Je n'ai pas peur de la douleur, Hela. Elle a longtemps fait partie de ma vie. »

« C'est ce que j'ai cru comprendre, en effet. »

xXxXxXx

Clint arriva précipitamment dans le salon du penthouse.

« Jarvis, mets les infos britanniques. »

« Quelle chaîne, Mr Barton ? » demanda l'IA.

« BBC2. »

L'ordinateur s'exécuta devant les yeux surpris des quelques Avengers présents. Il y avait Bruce, Steve, Vision et Wanda. Natasha était en mission et Tony dans son atelier.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Steve.

« L'homme qui est venu nous voir, Harry Potter, il a été abattu en plein cœur de Londres ce matin, » répondit l'archer avec sérieux.

« Quoi ?! » s'exclamèrent-ils.

Des recherches sur l'homme avaient été faites. Un homme respectable, un médecin de renom, qui avait été décoré de la Croix de Victoria à à peine dix-huit ans pour service rendu à la reine. Selon les informations que Jarvis avait pu récupérer, l'homme avait défendu son pays contre un terroriste notoire qui avait presque déclenché une guerre interne.

A part le sang qu'il avait sur les mains pendant ce conflit, l'homme était blanc comme neige. Il ne générait absolument aucun problème. Pas plus que son épouse et ses deux enfants. C'était d'autant plus étonnant pour eux de l'admettre quand il avait reconnu Loki en cette Astrid Nygard. Pourtant en quinze ans, ils n'avaient jamais entendu parler de lui nulle part. Il avait tout simplement disparu. Maintenant, ils savaient tous pourquoi. Un homme avait réussi à apaiser le loup et le rendre mouton. Du moins c'était ce qu'ils en avaient déduit de l'inactivité de Loki.

« Dans quelles circonstances ? » demanda immédiatement le soldat.

« Cela n'est pas précisé, » fit Jarvis. « Mais si j'en crois les vidéos surveillance, il semble que la balle qui a tué Harry Potter ait été tirée depuis un toit. »

« Probablement un sniper. »

« C'est ce que je pense, Mr Barton. Et personne ne semble en revendiquer la personnalité. »

« Ce n'est pas ça qui me dérange le plus, » commenta Clint. « C'est tragique pour cet homme mais on ne peut plus rien pour lui à part lui apporter justice. »

« Ce sont les enfants de cet homme qui t'inquiètent, » comprit Wanda en hochant la tête.

« Oui. Il a dit s'en occuper seul depuis que Loki est enfermé à Asgard. Maintenant ces deux adolescents sont livrés à eux-mêmes et attendent plus que probablement que leur père les sauve. Un père qui ne viendra jamais. Je ne le supporterais pas pour mes propres enfants. Il faut les retrouver et les aider. »

« Mais comment ? » demanda Bruce. « Jarvis n'a rien trouvé. Et Fury n'en a jamais entendu parler. Il n'y a rien dans les fichiers du SHIELD. »

Clint soupira et se passa une main sur le visage.

« Je sais. Quelqu'un veut faire porter le chapeau à l'organisation probablement… » Il soupira encore, pensif. « Cela me tue de le dire mais il faut demander de l'aide à la seule personne qui pourrait probablement les retrouver. »

« C'est-à-dire ? »

« Loki, » répondit-il. « Oui, je sais, c'est un criminel ! Mais ce sont ses enfants ! Harry Potter était de toute évidence un sorcier et Loki en est un aussi. Il est presque certain que leurs enfants en sont également ! »

« Mais Harry Potter n'a pas pu retrouver ses enfants, » fit Wanda. « Qu'est-ce qui te fait croire que Loki y arrivera ? »

« Parce qu'il est certainement bien plus puissant et qu'il ne se laissera pas abattre dès qu'il apprendra comment son mari est mort. Mais je pense qu'à ce stade, pour retrouver ces deux ados, nous manquons d'options et vous n'ignorez pas que plus on tarde, pire ce sera pour eux. »

« Les chances de les retrouver vivants s'amenuisent d'heure en heure, » révéla Vision sur base de statistiques. « Il faut agir au plus vite. »

« Très bien. Et comment on fait pour prendre contact avec Thor ou même Loki ? » demanda Bruce.

« On demande à Stark. »


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