Etranges Retrouvailles
Astrid était assise sur le bord du balcon de ses appartements privés. Elle tenait un flacon en main mais hésitait à le prendre. Du poison… Encore. Cela ne faisait pas très longtemps depuis sa dernière visite à Helheim. Certes elle était en bonne santé mais cela avait malgré tout un prix physique non négligeable.
Mais elle voulait savoir… Et surtout elle voulait le revoir, lui, Harry, son doux mari. Pour le coup, même Hela passait en second plan. Car même Harry le lui avait dit l'une ou l'autre fois, parfois, elle avait le droit d'être égoïste et de penser à elle. En cet instant, elle voulait être auprès de lui.
Ce fut d'ailleurs ces dernières pensées qui la convainquirent de boire le flacon. Elle se leva donc et partit s'allonger dans son lit.
« Encore ? » demanda Syginn qui avait pris l'habitude de passer un peu de temps en sa compagnie.
Elle le faisait uniquement pour ne plus avoir Odin sur le dos mais à vrai dire lire dans les appartements de Loki ou lire à la bibliothèque ou même n'importe où ailleurs, cela restait lire. Et Astrid n'était pas très regardante à cela puisqu'il s'agissait de Syginn et que leurs relations étaient progressivement devenues amicales, si elle pouvait s'exprimer ainsi. Une relation entre deux mères, même si là elle était aussi père… Syginn comprenait dorénavant bien plus de choses la concernant.
« Oui. »
« Mais tu y es allé il n'y a pas longtemps… »
« Sauf qu'à ce moment-là, Harry était encore en vie… »
« Je te demande pardon ? »
« Mon lien avec mon époux s'est brisé, Syginn. Il est mort. »
« Je suis navrée de l'apprendre. » Elle se leva et vint s'asseoir à côté d'Astrid. « Sincèrement. »
« Ce n'est pas important. »
« Qu'est-ce qui l'est alors ? »
« Le revoir et comprendre entre autres les circonstances de sa mort. Je doute qu'elles soient naturelles le connaissant. »
« Et s'ils s'avèrent qu'elles ne le sont pas ? »
« Je ne paie pas cher la peau de la ou les personnes responsables de sa mort car il est dorénavant tout puissant dans leur sort une fois leur âme fauchée. » Astrid eut un sourire triste et observa encore un instant le flacon. « Pourras-tu te charger de rapporter à Odin et à la reine que je serais souffrante ce soir ? »
« Bien sûr, Loki. Tout ce que tu voudras. »
« Merci, Syginn. »
« Mais en échange, tu passeras un peu de temps avec Vali dehors. » Elle soupira. « Il voudrait lui aussi apprendre à se battre comme Narfi mais bon… »
« Le trio palatin le considère comme trop faible et fragile ? »
« Quelque chose dans ce goût-là, oui. »
Astrid secoua la tête en soupirant.
« Ils n'apprendront jamais sans doute… » Elle hocha la tête. « Très bien. Je l'accompagnerai au terrain d'entraînement dès mon rétablissement. Je lui enseignerai le maniement de la dague pour commencer. Il apprendra que la force n'est pas toujours nécessaire pour vaincre son ennemi, » ajouta-t-elle avec un sourire en coin.
Elle but le flacon et s'allongea sur son lit. Syginn vint lui prendre la main et glissa l'autre dans ses cheveux sombres, les sourcils froncés par l'inquiétude car il s'agissait du poison. Elle ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter malgré le puissant pouvoir de guérison qu'avait la déesse.
« Tu en as pour longtemps ? »
« Autant de temps qu'il me sera accordé, » répondit Astrid dont la voix faiblissait déjà. « Mais ne compte pas plus de trois jours avant mon réveil. »
« Bonne chance, Loki, » dit alors Syginn en lui baisant le front.
La déesse du chaos fit alors un faible sourire avant de fermer les yeux et se plonger profondément dans le coma qui la mènerait aux portes d'Helheim auprès de son mari et sa fille car elle ne doutait pas un seul instant qu'elle les retrouverait ensemble.
xXxXxXx
Drago était dans son bureau au Manoir Malfoy quand une entité faite de volutes noires encapuchonnée apparut juste devant lui. Malgré lui, il sursauta et sortit sa baguette. Il était à part cela tétanisé, la peur lui rongeant les entrailles.
« Qui … Qui êtes-vous et que voulez-vous ? » réussit-il à dire.
« Je suis la servante de ma reine, la déesse Hela. J'ai un message d'une personne que vous devez connaître. »
« Hela… La reine d'Helheim ? »
« Précisément. Elle est la fille de Loki, que vous connaissez sous le nom… »
« D'Astrid Potter, » termina Drago. « Le message vient-il d'Harry ? »
« Oui. Il vous demande de récupérer sa dépouille et de la garder en sécurité. Il en aura besoin quand il reviendra. »
« Mais il est mort…, » fit le Sang-Pur, perdu.
« La mort n'est qu'un état. Quand l'âme peut voyager entre les réalités, rentrer et sortir du corps est un jeu d'enfant. Le corps est une nécessité sur ce plan. C'est pourquoi il vous demande de le conserver en sécurité en attendant qu'il vienne le récupérer. »
« Très bien. Je l'entreposerais dans le caveau Malfoy, à l'abri des regards. »
« Mon roi vous en remercie déjà, » fit l'entité avant de disparaitre.
Drago relâcha un soupir de soulagement. Il avait tellement eu peur qu'il n'avait pas réalisé avoir retenu sa respiration pendant un moment. Puis, il se rejoua la scène qui venait de se produire dans sa tête et intégra les différentes informations qu'il venait d'apprendre.
« Une petite minute… mon roi ?! » Il grogna. « Potter tu auras une sérieuse explication à me donner ! »
Malgré sa surprise, le blond sortit de son bureau en transformant sa cape en un manteau moldu – il remerciait d'ailleurs Harry de lui avoir appris à se vêtir comme un Moldu pour rendre visite à l'occasion à son cousin Dursley – il devait se rendre chez lui pour pouvoir retrouver la dépouille d'Harry Potter Merlin seul savait où.
xXxXxXx
Harry faisait la course contre Hela. Attention, ce n'était pas une course ordinaire. Courir sur une surface plane était bien trop facile et la déesse avait naturellement mis des conditions à l'exercice pour le familiariser à ses nouveaux pouvoirs, notamment le déplacement dans les ombres et la brume. Pour se faire, elle avait inscrit un parcours à obstacles qu'il ne pouvait franchir qu'avec cette faculté pour la plupart. Franchir un précipice ou grimper une falaise n'était pas de tout repos en temps normal, sauf en usant de cette faculté. Quelques pas en quelques secondes et c'était fait sans le moindre dommage ou essoufflement ! Il fallait juste pouvoir le faire… Maintenant, Harry ne craignait toutefois plus de se tuer d'une terrible chute. Il était dorénavant au-delà de cela. Mais Hela l'avait averti qu'une fois de retour dans son corps, même si la mort de l'atteindrait plus et qu'il garderait la jeunesse éternelle, la douleur, propre au corps, elle serait toujours là. Et disons-le clairement, une chute de trente mètres, ce n'était pas très agréable. Il s'en souvenait très bien de sa fameuse chute du haut de la tour d'astronomie… Cela remontait à sa jeunesse et pourtant c'était comme si c'était la veille !
Hela apparut au-dessus de lui, perchée sur un arbre mort.
« Tu es trop lent, » gloussa-t-elle en agitant ses jambes comme une enfant. « Je pourrais aisément faire le parcours une trentaine de fois avant que tu arrives enfin à la ligne d'arrivée. »
« Tu as mis combien de temps à maîtriser ce pouvoir ? » demanda Harry sans trop se vexer.
Hela était restée seule pendant très longtemps et n'avait eu aucune relation avec qui que ce soit à part Mort. Elle ne savait pas où était réellement la limite entre la taquinerie et la moquerie. Il laissait alors simplement couler. Il savait qu'elle n'était pas méchante, son visage ne montrait qu'amusement. Elle ressemblait en ce moment à une enfant. Etonnant pour une déesse aussi âgée et sérieuse qu'elle. En cela, elle lui rappelait bien Astrid. Capable de jouer et s'amuser d'un côté et être extrêmement sérieuse de l'autre. Cela le faisait même un peu sourire, cette ressemblance.
« Je ne sais pas trop, » avoua-t-elle au bout d'un instant. « Le temps n'est pas le même ici. Rien ne change. »
« J'ai pu le remarquer. J'ai l'impression que le temps ne s'écoule pas et pourtant, je le vois s'écouler en lançant un tempus de temps à autre. »
« Deux semaines se sont écoulées depuis ton décès. »
« Assassinat, » corrigea Harry.
« Est-ce si important de préciser ? »
« Pour bien nuancer les choses, oui. Ma mort n'a rien de naturelle. Elle a été provoquée. Et sûrement parce que j'ai été proférer des menaces à l'encontre de ceux qui m'ont pris mes enfants. »
Hela pencha la tête sur le côté et eut pendant un instant le regard absent. Puis, elle sauta à terre et saisit immédiatement le bras d'Harry.
« Suis-moi ! » s'exclama-t-elle en courant directement dans les ombres.
« Doucement ! Il n'y a pas le feu ! »
« Sauf qu'elle a toujours un temps limité ici ! » rétorqua Hela sans ralentir. « Chaque seconde est précieuse ! »
« Hein ? »
Il suivit la déesse à travers les ombres, se laissant presque transporter à défaut de pouvoir utiliser réellement son pouvoir par lui-même. Hela était bien trop rapide pour lui. Ils arrivèrent à hauteur du palais d'onyx qu'Hela s'était bâti avec le temps. Il ressemblait plus à une tour qu'à un véritable palais mais il était massif. Et c'était là qu'elle vivait et jugeait les âmes pour les envoyer dans un espace ou l'autre de son royaume. Royaume qu'il n'avait pas encore pris le temps de réellement visiter parce qu'il avait dans l'immédiat d'autres priorités.
Quand ils arrivèrent à l'intérieur de la petite salle du trône, Harry se figea en apercevant une ombre différente de toutes celles qu'il avait déjà vu jusqu'alors. Il la reconnaissait. Il s'agissait d'Astrid, son âme. Elle était à la fois là et pas là. Il fit un sourire et s'approcha d'elle.
« Astrid ! » s'exclama-t-il en tentant de la prendre dans ses bras. « Tu m'as manqué ! »
Il passa au travers de son corps qui n'était fait que de brumes. Cela ne fit que générer un éclat de rire d'Hela.
« Harry, voyons. Elle n'est pas vraiment là. C'est un peu comme une projection de sa conscience qu'elle éloigne de son corps sans réellement s'en détacher. Tu ne peux pas la toucher. »
« Hela…, » fit Astrid, légèrement amusée mais aussi peinée de voir son mari sans pouvoir le toucher. « Il ne pouvait pas savoir… » Elle se tourna vers les deux. « Je suis heureuse de vous revoir tous les deux. Même si je suis là surtout pour toi, Harry. Ne m'en veux pas, Hela, mais je dois savoir… »
« Je m'en serais doutée, » sourit la déesse. « Les circonstances étant ce qu'elles sont, il ne pouvait en être autrement. »
Astrid et Harry échangèrent un regard plein d'amour, sans prononcer le moindre mot. Tout leur être ne demandait qu'à prendre l'autre dans leurs bras, hélas ce n'était pas possible. Ils se contentaient donc de ce qu'ils avaient. C'était dans l'immédiat suffisant après autant de temps séparés.
« Alors ? » demanda Astrid au bout d'un moment. « Que s'est-il passé ? »
« J'ai été assassiné. »
« QUOI ?! »
« Recommence depuis le début, Harry, » intervint alors Hela. « Son temps ici n'est jamais deux fois le même. Explique au mieux mais de la plus brève des manières. »
Le roi hocha la tête et se tourna vers son épouse.
« Quand tu es restée à Asgard contre ton gré, j'ai commencé à faire des recherches pour trouver une solution non létale pour te rejoindre. Et dernièrement, je suis parti en Norvège dans ce but. J'avais laissé Severus et Frieda chez Dudley à leur demande. Sauf qu'ils ont été agressés et les enfants enlevés. »
« Par qui ? »
« Selon Dudley, le SHIELD. »
Astrid fronça les sourcils.
« Le SHIELD ? Tu es sûr ? »
« Certain. J'ai pu voir son souvenir. J'ai fait tout ce que j'ai pu auprès du ministère et du MACUSA, sans succès. Ils ne peuvent rien. Il n'y a aucune trace. »
« Normal. C'est une agence gouvernementale qui n'existe pas officiellement. »
« C'est pour ça que je suis allé menacer les Avengers. D'autant plus que leur lien avec toi avait été dénoncé. »
« Quand tu dis leur lien avec moi… »
« Ta parenté, » confirma Harry avec un hochement de tête et le regard plein de colère.
« Qui nous a dénoncé ? »
« J'ignore comment ils l'ont su mais Ginevra et Ron nous ont vendus à des hommes du SHIELD. C'est James qui me l'a confirmé. »
Astrid soupira, soudain plus fatiguée moralement. Elle s'attendait à beaucoup de choses, mais pas à cela. Toutefois, elle réfléchissait à la situation. Pendant ce temps, Harry continuait de parler.
« Je suis allé donc menacer les Avengers que je voulais avoir un contact avec le SHIELD et retrouver mes deux enfants en bonne santé et qu'ils reviennent chez moi ou alors ils devaient risquer de voir arriver une nouvelle guerre, même si cela me faisait pencher de l'autre côté de la ligne… Et j'ai été abattu quelques jours plus tard par un tireur moldu. »
Un silence se fit entre les trois dieux, car Harry s'était élevé à ce rang dorénavant puisqu'il était devenu le roi d'Helheim.
« Je doute fort que ce soit le SHIELD originel qui est à l'origine, » fit soudain Astrid au bout d'un moment.
« Que veux-tu dire ? » demanda Harry, les sourcils froncés. « Dudley les a vus. »
« Oui, il a vu des membres du SHIELD, » confirma Astrid. « Je veux bien le croire sur parole. Sauf qu'il y a une organisation secrète au sein même du SHIELD. Elle se nomme Hydra. Je l'ai découvert quand j'ai pris le contrôle de plusieurs membres de l'organisation. L'un d'eux en était un. J'ai naturellement appris tout ce que je pouvais en tirer mais cela ne m'était d'aucune utilité à l'époque. »
« Et les Avengers ? » demanda Harry, craignant d'être allé directement dans les bras de cet Hydra.
« Ils n'en font pas partie. Ils ont été engagés par le SHIELD originel et sont devenus indépendants avec le temps. Harry, il faut que tu saches ceci. Tous les membres d'Hydra sont des agents du SHIELD mais tous les agents du SHIELD ne sont pas d'Hydra. C'est un parasite qui cherche à prendre le contrôle par tous les moyens et supprime tout ce qui le menace. »
« Et ils m'ont abattu parce que j'étais devenu une menace, » comprit alors son mari. « J'ai donc fait une erreur quelque part. »
« Pas nécessairement. Tu as averti les Avengers, non ? »
« Oui, mais je leur ai demandé de contacter le SHIELD pour moi puisque je ne pouvais pas le faire de mon côté. »
« Ce n'est pas important. Ce qui l'est par contre, c'est ce que tu as dit exactement aux Avengers. »
« Je leur ai dit que j'étais un père capable de tout pour retrouver ses enfants et que ma colère et les dégats que je pourrais causer serait rien comparé à ce que tu ferais si tu venais à prendre connaissance de l'enlèvement de Severus et Frieda. »
Astrid eut un sourire en coin.
« C'est vrai que cela peut marcher, » admit-elle. « Et tu as très bien fait. Même si tu n'es officiellement plus dans la partie d'un point de vue midgardien, les Avengers le sont dorénavant et ils vont chercher à comprendre ce qu'il se passe. J'ai été une menace sérieuse pour eux. Ils ne prendront certainement pas tes mots à la légère et feront des recherches. Ils pourraient même tenter de prendre contact avec Thor, » ajouta-t-elle au bout d'un moment avec une grimace.
« Et attirer le regard d'Odin sur nos enfants, » soupira alors Harry qui comprenait où le raisonnement de sa femme les menait.
« Oui, en effet. Cela se pourrait. Mais nous avons maintenant un atout que nous n'avions pas avant. »
« Lequel ? » demanda Harry.
« Toi, » sourit Astrid.
« Il n'est pas prêt, Mère, » intervint Hela. « Il est bien loin de maîtriser le pouvoir d'Helheim. »
« Apprends-lui ce que tu peux, ma puce, » dit la déesse du chaos avec confiance. « Ce qu'il ne saura pas, on le compensera. Je le compenserai. Mais, Harry, il faudra que tu me libères de mes chaînes au plus vite si tu viens à Asgard. Je porte constamment des bracelets qui scellent une grande partie de ma magie. »
« Hela m'a dit. »
« Je me doute. Et je pense que cette fois-ci, même si cela ne me plait pas, Odin pourrait être la solution. »
« Pourquoi ? » demanda Harry.
« Il ne pourra pas supporter l'idée que deux de mes enfants, des sorciers de surcroit soient prisonniers d'une organisation qui n'hésitent pas à tuer pour prendre le contrôle et assurer son pouvoir. Hydra est ce genre d'organisation. Et Captain America la connait bien. Il a déjà combattu contre elle durant la guerre. Il pourra confirmer mes dires. La puissance de Severus et de Frieda est encore relativement cachée, je pense. Ils ne sont qu'une garantie dans l'immédiat. Mais imagine le jour où ils découvriront leur véritable pouvoir… Odin ne permettra pas cela, pas dans l'un des neufs royaumes. Ce sera une guerre. »
« Et il pourrait tuer Severus et Frieda lui-même. »
« A toi d'être là pour l'en empêcher, Harry, » fit alors Astrid. « Odin ne pourra rien contre le Maître du Funeste Passeur. Un mot de ta part et Odin pourrait presque mourir. Tu as un pouvoir immense entre les mains dorénavant. Hela ne te l'a pas expliqué ? »
« Je n'ai pas eu le temps de tout faire non plus ! Cela ne fait que quinze jours qu'il est ici et il voyage à peine dans les ombres ! »
« Du calme, Hela, » tempéra la mère avec un doux sourire. « Ce n'était pas un reproche. Mais il va falloir qui tu lui parles de tous ses pouvoirs même s'il ne les contrôle pas encore. Il est né sorcier. Même sans contrôle parfait, si son esprit sait ce qu'il peut faire en théorie, il a une chance de pouvoir l'accomplir dans le feu de l'action. Même si cette chance est infime. Le pouvoir de l'esprit est immense à partir du moment où l'on a la connaissance. Il ne faut jamais sous-estimer la connaissance, Hela. Jamais. »
Une aura verte entoura l'âme d'Astrid et ses contours se firent progressivement de moins en moins nets.
« Que se passe-t-il ? » demanda Harry même s'il pensait déjà en connaître la réponse.
« Mon corps lutte contre le poison, » répondit simplement son épouse. « Ou alors, Sigynn m'a donné un antidote. Cela dépend des circonstances, si c'est important… Je lui ai donné des consignes strictes à ce sujet. »
Mari et femme échangèrent un regard plein d'émotions et de passions. Harry ne put s'empêcher de tendre le bras même s'il savait qu'il ne rencontrerait que du vide. Astrid sourit et en fit tout autant. Leurs mains passèrent au travers l'une de l'autre. C'était triste mais l'intention y était.
« Nous allons nous retrouver, mon amour, » fit Astrid d'une voix pleine de confiance. « Bientôt. Et nous sauverons Severus et Frieda. »
« Je n'abandonnerai pas avant que l'on soit tous réunis, » promit-il. « Nous tous. Toute notre famille. »
« Autant que cela est possible, » ajouta Hela avec sérieux. « Les morts doivent restés où ils sont malheureusement. »
« Malheureusement, » soupirèrent Astrid et Harry en même temps.
« Je vous aime, » termina ensuite la Déesse du Chaos avant de disparaitre totalement.
Harry observa l'endroit où elle s'était effacée pendant encore quelques secondes, la gorge serrée par l'émotion. Ensuite, il inspira profondément pour se concentrer et se tourna ensuite vers Hela.
« Et si nous reprenions ? » lui demanda-t-il. « Et maintenant que j'y pense, je voudrais parler avec un mort en particulier, Severus Snape. »
« Pourquoi ? »
« Parce qu'il est l'un des rares hommes à avoir trempé dans les deux camps tout en restant lumineux à sa manière. Si je ne peux pas maîtriser rapidement tous les pouvoirs d'Helheim, il y en aura certainement d'autres, propres à mon monde que je pourrais maîtriser plus rapidement si je me décide enfin à m'y pencher. »
« Quel genre de pouvoirs ? »
« La magie noire. »
« Harry… »
« Toute magie noire n'est pas forcément mauvaise si elle est utilisée correctement et pour de bons objectifs. Et j'ai été suffisamment longtemps du bon côté de la ligne. Il est de faire comprendre à certaines personnes qu'on ne s'en prend pas à ma famille. Par ailleurs, j'ai dit magie noire, je n'ai pas précisé laquelle. Je n'ai pas vraiment envie de me tourner vers des branches comme la nécromancie. Celle-là, je te la laisse volontiers. »
Hela resta un instant pensive devant son beau-père, le regard extrêmement sérieux.
« Très bien, » fit-elle au bout d'un moment. « Suis-moi. Allons trouver ce Severus Snape. Mais il faudra que tu m'en dises plus sur lui pour que je le retrouve. »
« Je vais te dire tout ce que je sais sur lui. »
xXxXxXx
Astrid se tenait assise sur un banc au bord du terrain d'entrainement. Les adultes étaient occupés chacun de leur cotés ou en binôme. Le trio palatin était parti à la chasse et Sif avait laissé Narfi sans surveillance pour discuter avec le forgeron d'Asgard. Mais heureusement, Astrid avait les yeux sur ses enfants.
Narfi montrait à Vali ce qu'il avait appris, notamment à sa demande, et sur le moment, il faisait mal à son petit frère. Vali pleurait et suppliait son frère de le lâcher. Astrid ne put le supporter, surtout quand son aîné commença à critiquer son petit frère de lâche et de bébé pleurnichard.
Elle se leva donc et attrapa le bras de Narfi pour le faire lâcher.
« Tu ne vois pas que tu fais mal à ton frère ? Ce n'est encore qu'un enfant ! »
« Et toi, tu n'es pas mieux ! » s'écria ensuite Narfi.
Astrid inspira profondément par le nez pour ne pas s'énerver. Elle jeta un regard dédaigneux à Sif. Elle devait être une des responsables évidemment.
« Je vois que tu as passé énormément de temps auprès de Sif et du trio palatin, » dit-elle d'une voix un peu plus dure. « Au point d'oublier ce qu'il se passe au sein de mes appartements… » Elle souleva Vali et fixa son aîné, le regard perçant. « Puisque tu es incapable d'être un bon pédagogue avec ton petit frère, je vais lui montrer moi-même comment se battre. Il ne deviendra meilleur que toi ! »
« Personne n'est meilleur qu'un véritable guerrier d'Asgard ! »
« Hmmppfff ! » fit-elle simplement en s'éloignant vers le palais.
Quand ils pénétrèrent à l'intérieur, Astrid déposa Vali sur le sol et lui prit la main.
« Tu as encore mal à ton bras, Vali ? » demanda-t-elle doucement.
« Non, ça va. Merci, Papa. Dis, pourquoi il devient méchant, mon frère ? »
« Parce qu'il traine avec les amis de Thor. Il veut devenir un guerrier d'Asgard et je dois dire qu'ils sont les meilleurs. Mais ils sont aussi les plus cruels envers ceux qu'ils appellent faibles et lâches. Comme moi. »
« Pourquoi ? »
Narfi et Astrid continuèrent leur chemin jusque dans les jardins royaux, là où Astrid comptait avoir la paix et enseigner un certain nombre de choses à son cadet.
« Tu me vois homme et pendant longtemps, je me suis considéré comme tel parce que je ne connaissais rien d'autres. On m'a toujours appelé fils et on m'a marié avec ta mère. Pour moi, être homme était normal. Et pourtant, toute ma vie j'ai été différent. »
« Mais c'est parce que tu es un jötunn ! »
« Tu as compris cela, finalement. »
« Oui ! Mais ils sont pas tous méchants ! Toi, tu es gentil ! »
« Merci, Vali, » sourit Astrid. « Cela me touche beaucoup. Quoi qu'il en soit, parce que je ne me bats pas comme un vrai guerrier d'Asgard, que je préfère user de ruses et de magie, on me considère comme un lâche et un faible. La magie est le propre des femmes ici. »
« C'est pour ça que tu étais femme à Midgard ? »
« Non. A Midgard, j'ai choisi de devenir une femme pour ne plus être Loki. Je souhaitais juste me cacher. Mais je redevenais Loki une fois à l'abri. Jusqu'au jour où je n'ai plus changé d'apparence parce que j'étais devenue pleinement Astrid. Je m'étais construit une vie que j'aimais. Et je me suis sentie pour la première fois entière, fidèle à moi-même. Et surtout respectée pour qui j'étais réellement. En tant que sorcière, en tant que personne mais aussi en tant que Jotunn. Mais j'aurais très bien pu l'être en tant qu'homme. A Midgard, il n'y a pas de différence. Les hommes ne sont pas dénigrés pour leur magie là-bas. Pas dans le monde sorcier. Mon mari est un sorcier. Et un puissant pour un Midgardien, » ajouta-t-elle avec fierté.
« Tu crois que je le rencontrerai ? »
« Vali … Il est décédé. Il est mort. »
« Mais… »
« Les choses sont compliquées, mon petit ange. Mais un jour, certainement, tu le rencontreras. Comme tu rencontreras ta sœur, Hela. Je te le promets. »
« Super ! »
Astrid sourit, soulagée de ne pas à avoir à trop développer tout cela dans le jardin royal, à la vue d'Heimdall. Ce genre de conversations devait avoir lieu dans ses appartements à l'abri des regards.
« Veux-tu que je te montre l'une ou l'autre petite chose pour apprendre à te défendre de Narfi si jamais il te refait mal ? »
« Je pourrais le battre ? Vraiment ? »
« Pas aujourd'hui. Peut-être pas demain. Mais un jour sûrement. Tu sais, si je le souhaite vraiment, et si je m'y mets à fond, sans mes entraves magiques, je peux vaincre le prince Thor. »
« C'est vrai ? »
« Bien sûr. Parce que je suis rusée et que je suis une sorcière. Lui il n'est qu'un guerrier manipulateur de foudre. C'est beau de faire rouler ses muscles et donner quelques coups de poings, de marteau ou d'épée. Mais tous les combats ne se gagnent pas ainsi. Certains oui. Mais d'autres se gagnent avec des mots, d'autres encore se gagnent dans l'ombre. »
« Comment ? »
« Tu connais l'histoire de l'attaque de Midgard non ? »
« Oui. Le Prince Thor a gagné contre toi. »
« Non. Il a perdu. »
« Pourquoi ? Tu as été vaincu, non ? »
« Oui. Mais c'est justement en cela que j'ai gagné, parce que je voulais être vaincue. Cela, personne ne l'a compris. Je ne gagne pas tous mes combats mais celui contre Thor, j'ai fait exprès de le perdre. Je me suis laissée faire, notamment parce que quelqu'un contrôlait mes pensées, me manipulait de loin. »
« Pourquoi ? »
« Eh bien… J'avais perdu le combat contre cette personne et elle me faisait mal. Très mal. Elle me laissait le choix entre mourir fidèle à Asgard et envahir Midgard pour obtenir un objet de grand pouvoir. J'ai choisi la troisième option : en envahissant Midgard avec violence, je donnais l'alerte à Asgard pour que l'on vienne m'arrêter. Et ça a marché. Mais je suis tellement bonne menteuse que tout le monde m'a crue quand j'ai dit vouloir envahir Midgard pour en devenir le dieu suprême. Même Thor et Odin… »
Vali vint se serrer contre elle, entourant sa taille de ses petits bras.
« Je suis désolé pour toi, Papa. »
« Oui, moi aussi. Mais j'ai survécu et j'ai bien vécu sur Midgard, tu sais. Tout s'est plus ou moins arrangé jusqu'à l'attaque des elf… AAAaahh ! »
« Je t'ai eu ! » s'exclama l'enfant en riant. « Tu es à terre ! »
Astrid éclata de rire. Son fils avait profité de l'occasion pour la mettre à terre et il la surplombait de son petit 1m20. C'était mignon.
« Petit chenapan ! » rit-elle, fière. « Tu es aussi roublard que moi à ton âge ! Nous allons faire de toi quelqu'un de rusé et intelligent, je t'en fais la promesse. Et aussi fort. Essayons malgré tout de te donner la force d'un véritable guerrier d'Asgard. Leur force et mon intelligence et rien ni personne ne pourra te faire du mal, mon petit cœur. Ainsi tu pourras toujours protéger ceux que tu aimes, quelles que soient les circonstances. »
« D'accord ! Apprends-moi, Papa ! »
Astrid roula sur elle-même, faisant crier son fils de surprise, et le surplomba, un immense sourire sur son visage.
« Alors… Leçon numéro un, ne jamais baisser sa garde. »
« D'accord ! Compris ! »
Elle sourit et se redressa. Elle tendit la main à son fils et l'aida à se relever à son tour. Et elle commença ensuite à lui parler de l'anatomie humaine, ou asgardienne, dont les points faibles étaient les mêmes. Les endroits douloureux restaient douloureux.
« Tu n'as pas besoin d'être fort pour vaincre ton ennemi. Tu dois toujours d'adapter et dominer par tous les moyens possibles. Car si tu ne peux pas, tu meurs. La voie du guerrier d'Asgard te dit de te battre avec honneur. Moi, je ne te le demanderai jamais. Il n'y a pas d'honneur à se battre et à mourir en fonçant tête baissée dans le combat. On laisse derrière soi des personnes qu'on aime, des personnes qui vont souffrir de notre absence et, dans la pire des situations, notre ennemi pourrait s'en prendre à eux si on échoue. Alors il faut toujours réfléchir non pas à l'honneur mais à la survie, même si cela te fait passer pour un lâche. Mieux vaut être lâche que mort. »
« Mais … pourquoi ? Je croyais qu'il fallait dominer… »
« Que peut faire un guerrier face à une vingtaine ? Ou une centaine ? » demanda patiemment Astrid. « Rien à part mourir. Ou alors s'enfuir. Mais il peut s'enfuir et disparaître, comme il peut aller chercher du renfort et revenir au combat à vingt, à cent ou à mille même. Chaque action à ses conséquences. Imagine que le guerrier ne fuie pas le combat contre une vingtaine et ne va prévenir personne. Il ne rassemble aucun guerrier pour le grand combat. Personne ne sait alors que l'ennemi arrive. Alors le royaume peut être dévasté et toute une civilisation éradiquée sans pouvoir se défendre. Tu comprends ? »
« Oui, je crois. »
« Un guerrier d'Asgard ne fuirait, » continua alors Astrid. Il resterait pour se battre et mourir. Il ne préviendrait personne. Ou enverrait peut-être un paysan ou un enfant qui pourrait simplement fuir ou se faire attraper sans pouvoir se défendre d'une quelconque manière. »
« Et toi, tu ferais quoi ? »
« Moi ? J'userai de ma magie pour duper l'ennemi et lui faire croire que je reste devant lui. S'il s'avère que je suis assez puissant pour le supprimer avec, alors je le fais. Sinon, je m'enfuis sans qu'il ne le remarque et je donne l'alerte pour mieux revenir. »
« Comme tu as fait sur Midgard ? »
« Plus ou moins, oui. Même si personne ne l'a perçu ainsi. Personne ne comprend tout à fait que je ne suis pas la voie du guerrier, mais celle du mage. »
« Et moi, je dois suivre quelle voie ? »
« Tu choisiras celle qui te conviendra le mieux en temps et en heure. Mais il est important de ne dénigrer aucune voie. Des personnes sont faites pour être des guerriers purs et durs, d'autres pour être des mages, d'autres encore des échansons, des messagers ou des paysans. Chacun a sa place qui lui convient le mieux. Chacun trouve sa voie. Mais les enfants, eux, doivent découvrir les choses pour savoir quoi choisir pour leur avenir. Narfi a décidé de prendre la voie du guerrier. S'il a les meilleurs précepteurs pour enseigner à son corps comment se battre, il en a de très mauvais pour ce qui est de son esprit. »
Tout en disant cela, elle avait posé une main sur le torse de son fils, puis un doigt sur son front.
« Sur Midgard, il existe un vieil adage venant de la civilisation romaine. Mens sana in corpore sano. »
« Ca veut dire quoi ? » demanda l'enfant.
« Un esprit sain dans un corps sain. La façon dont ton frère va apprendre à devenir un guerrier n'est pas saine car ses précepteurs sont abjects envers les personnes comme moi. En réalité, beaucoup de guerriers à Asgard le sont. »
« Qui ne le sont pas alors ? »
« A mon sens, les meilleurs guerriers, dans tous les sens du termes, sont les soldats des tribus de Vanaheim. Mais aucun n'apprendrait à un Asgardien la voie du fer. »
« La voie du fer ? »
« C'est leur façon pour eux de dire la voie du guerrier, » expliqua alors Astrid. « Allez. Remontre-moi les mouvements que je t'ai montré et essaie de me frapper. N'aie pas peur de me faire mal. Je pourrais me défendre, » assura-t-elle avec un sourire tendre.
« D'accord ! »
Et ils reprirent leur entraînement au calme sans remarquer le regard du roi et de la reine d'Asgard.
« Ne sont-ils pas mignons ? » demanda Frigg à son époux.
« Mais il va monter son fils contre Asgard, » contra Odin dans un soupir.
« Pas nécessairement. Il lui apprend à se défendre lui et ceux qu'il aime. Il ne lui impose pas de refuser la voie du guerrier. Il lui demande d'être ouvert. N'est-ce pas une preuve de sagesse de la part de Loki ? Il admet lui-même que cette voie est nécessaire sans pour autant la prendre lui-même. Vous savez qu'il n'a jamais été taillé pour en devenir un… »
« Tant que cela peut lui faire oublier Midgard et son obsession pour ce Mortel ou son désir de conquérir et de régner, » capitula le roi avant de s'éloigner vers la salle du trône.
Frigg resta là un moment à observer son fils avec son petit-fils, ravie de voir que Loki agissait de plus en plus normalement et semblait moins renfermé sur lui-même. Il lui tardait de pouvoir de nouveau avoir de réelles conversations avec lui. Hélas, il était la plupart du temps dans ses appartements, inaccessible, et n'ouvrait que rarement sa porte. Sauf à Sigynn et ses fils.
Mais la reine ne se faisait pas d'illusion. Même si le temps s'était écoulé depuis son retour de Midgard, elle le voyait toujours dans son regard. Il souhaitait y retourner plus que tout. Son obsession, non, son mariage, avec ce Mortel ne disparaitrait jamais. Et Frigg devait avouer avoir une certaine dette pour ce Mortel. Sans lui, elle ne serait peut-être plus en vie. Il avait pris le coup d'épée de l'elfe à sa place. Cela avait au moins eu le mérite de gagner son respect et une chance pour lui, du moins aussi longtemps qu'il vivrait. La question était de comment faire accepter certaines choses à son mari. Uniquement le temps le permettait. Peut-être dans une cinquantaine d'années… A voir si le Mortel serait encore en vie et, si oui, s'il accepterait encore son fils ou serait passé à autre chose…
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Harry suivait Hela au trot. Elle avançait dans les ombres et ils traversaient bon nombre de plaines brumeuses et de terrains boisés. Mais les arbres étaient tous morts pour la plupart. Quant à ceux qui semblaient vivants, c'était juste une impression car ils n'étaient pas de vrais arbres. Le nouveau roi avait l'impression qu'ils avaient été sculptés à même l'obsidienne.
Ils sortirent soudain des ombres au sommet d'une colline surplombant une vallée de chardons brûlés. La brume était partout encore mais Harry pouvait discerner les âmes qui erraient çà et là sans réel but.
« Ici est la vallée des âmes repentantes. Si tout ce que tu m'as dit sur cet homme est vrai et qu'il n'a rien fait de plus grave que ce que tu m'as dit, alors il est ici. Tu pourras le retrouver ? »
« Il n'y a qu'une seule manière de le savoir, » fit Harry. « En cherchant. Sinon, je peux utiliser la magie ici ou c'est risqué pour les âmes. »
« Non, tu peux sans problèmes, » sourit Hela en l'invitant d'un geste de la main. « Techniquement, les âmes sorcières peuvent encore faire de la magie. Mais dans quel but ? Ici, il n'y a point d'avenir pour eux. Avec le temps, elles deviennent presque toutes apathiques. »
Harry hocha la tête et sortit sa baguette de sureau. Mort lui avait rapporté les trois reliques qui étaient désormais siennes. Les Gobelins ne pourraient pas respecter leur accord. Mais cela, il ne le savait pas encore à l'époque. Il ignorait encore tellement de choses…
« Spero Patronum, » dit-il en agitant sa baguette.
Un cerf argenté apparut et s'élança au loin.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Hela, curieuse et fascinée.
« Techniquement, c'est un bouclier contre les détraqueurs, » répondit-il en s'avançant dans la direction qu'avait prise le cerf. « Mais c'est aussi un messager. Et je l'ai envoyé vers Snape. »
« Donc, il serait dans cette direction ? »
« Normalement. Ton monde m'est encore fort étranger. Mais si tu dis que les âmes des sorciers peuvent encore faire de la magie, alors il y a une chance qu'il me réponde. »
« Tu n'en es pas certain, » nota Hela. « Pourquoi ? »
« Disons que lui et moi, nous avons eu une relation prof-élève assez … particulière. Il me détestait parce que j'étais le fils de son amour et de son pire ennemi. Et j'ai la tête de mon père alors cela n'aidait pas, » termina-t-il en riant doucement. « Mais malgré ça, il m'a toujours protégé et aidé sans que je le sache. »
« C'est pour ça que tu espères qu'il le fera encore aujourd'hui ? »
« Je reste le fils de sa meilleure amie. Et ce n'est pas comme si j'étais devenu foncièrement mauvais. »
« Non. Tu ne veux juste que protéger les tiens. Il n'y a rien de plus louable, » assura Hela.
Ils continuèrent d'avancer dans la direction que le cerf avait prise quand soudain, ils virent une biche argentée s'approcher.
« Est-ce que c'est ton … »
« Patronus ? » termina Harry en souriant. « Non, ce n'est pas le mien. Moi, c'est un cerf. Là, c'est une biche. »
« Ce n'est pas la même espèce ? »
« Si mais cela n'a aucune incidence sur la forme du patronus. Et là, j'ai une bonne nouvelle. Il s'agit justement du patronus de mon détestable mais malgré tout regretté professeur de potions. »
« Détestable … et regretté, » murmura une voix qu'Harry reconnut malgré toutes ces années. « Tu m'étonneras toujours, Harry Potter. »
« On est passé au tutoiement, professeur ? » rétorqua le concerné, surpris mais avec un sourire.
« Je ne suis plus ton professeur depuis longtemps, il semblerait, » commenta l'ombre qui venait d'apparaître depuis l'ombre d'un arbre d'obsidienne isolé dans la plaine de chardons.
« Cela va faire bientôt quarante ans, Monsieur. »
« Et si tu es ici, c'est que tu es décédé. »
« On va … dire ça, » répondit Harry en échangeant un regard avec Hela qui se tenait en retrait.
« Il est mon roi, » avertit cette dernière en approchant de l'âme en question.
Severus Snape s'agenouilla immédiatement devant elle avec respect et une certaine crainte. Toutefois, il jetait des regards surpris sur son ancien élève, regards qu'Harry remarqua.
« Que voulez-vous ? Je ne fais jamais rien comme tout le monde…, » plaisanta-t-il doucement en lui tendant la main.
L'ombre se redressa lentement et observa Harry un instant.
« Est-ce déplacé de ma part de demander comment c'est arrivé ? » osa-t-il demandé, un brin hésitant.
« Non. Pour faire simple, je suis devenu Maître des trois Reliques de la Mort. »
« Je vois… Et on vous a tué pour les récupérer, je suppose … L'histoire a la fâcheuse manie de se répéter. »
Harry nota qu'il était retourné au vouvoiement. L'annonce de son statut de roi sans doute. Dommage. Et en même temps, c'était aussi plus facile.
« Pas exactement, non. » Harry soupira. « Mais l'on m'a bien assassiné. Un Moldu avec une arme à feu. »
« Et vous ne vous êtes pas défendu ? »
« Difficilement de se défendre d'un tireur posté sur un toit dans notre dos si on ignore même sa présence jusqu'au moment où l'on se prend une balle… »
Harry n'était pas du tout vexé. Il savait qu'il ne recevrait aucun jugement de la part de cet homme qui connaissait un minimum les Moldus.
« Un sniper… Voilà qui est étonnant. »
« Là encore, pas exactement. Et c'est d'ailleurs pour cela que je suis venu ici. J'aurais besoin que vous m'aidiez. »
« Je suis mort. En quoi pourrais-je vous aider ? »
Harry fut partiellement surpris de ne pas entendre de remarque désobligeante de la part de l'homme concernant sa demande. Toutefois, l'ombre semblait dorénavant au-delà de cette querelle et de son ressentiment pour lui. Le temps et la mort pouvait sans doute changer une âme… A condition qu'elle le veuille bien sûr.
« M'apprendre certains rudiments en magie noire pour m'aider à protéger les miens. »
« Mais vous … vous êtes mort ! »
« Là est l'avantage du souverain d'Helheim, » sourit Hela qui intervenait une fois encore pour développer un peu la pensée d'Harry. « S'il a toujours un corps, ce qui est le cas, il peut choisir de voyager entre les différents plans. »
« Mais son corps a été endommagé par une balle… »
« Rien qu'un sort ne peut réparer, » sourit Harry. « Et comme je suis médicomage, je pourrais le faire sans aucune difficulté. Et Drago gardera certainement ma dépouille le temps que je la récupère. »
« Drago… Malfoy ? »
« Oui. »
« Les temps ont changés depuis votre rivalité à Poudlard, semble-t-il… »
« Bien plus de choses ont changé que vous ne pourrez jamais l'imaginer, Snape. Et d'autres ont changés à jamais. Mais Drago est certainement devenu un très bon ami. Et un excellent avocat. Mais pour en revenir à ma demande, je voudrais maîtriser les rudiments de la magie noire pour retrouver ma famille et la défendre contre ceux qui pourraient lui faire du mal en attendant d'avoir le temps de maîtriser mes nouveaux pouvoirs. »
« Pourquoi ne pas vous concentrer sur ces nouveaux pouvoirs ? »
« Il est plus aisé d'apprendre une forme de magie dont on connait déjà certains penchants. Il y a une grande différence entre la magie d'Helheim et la magie de Midgard. »
« Midgard ? »
« La Terre. »
« Mais pourquoi voulez-vous réellement apprendre cette magie ? Pourquoi vous tourner vers les ténèbres ? »
« Il n'y a que ténèbres que si nous sommes malfaisants. Et ma motivation est simple : retrouver mon épouse et aussi, surtout, mes deux enfants. Ils ont été enlevés et sont maintenant séquestrés quelque part par des Moldus sans pouvoir utiliser leur magie pour se libérer. Je ne souhaite juste que les retrouver et les protéger. Et si on leur a fait du mal, sévir comme il se doit. »
« Vous vous êtes assombri, Mr Potter. »
« Voir mourir ses propres enfants de la main de Mangemorts, en avoir un qui meurt entre ses bras, n'aide pas. Et pourtant, je suis resté blanc jusqu'à présent. Mais en sachant que les responsables sont Ronald et Ginevra Weasley pour les sorciers coupables, j'ai bien l'intention de leur faire comprendre que là une ligne a été franchie et qu'ils ne seront jamais pardonnés. »
« Pourquoi vos amis se retourneraient-ils contre vous ? »
« Nous ne sommes plus amis depuis plus de vingt ans. Depuis la mort d'Hermione et de plusieurs de nos enfants. Ginevra, Ronald et Molly ne me l'ont jamais pardonné. Pourtant je n'étais en rien responsable. Mais vous savez jusqu'où la haine peut nous pousser à aller… Je n'ai jamais été aussi haineux qu'aujourd'hui. »
« Vous allez tuer ? »
« Non. Ou alors pas volontairement ou en cas de légitime défense, » ajouta-t-il en grimaçant. « Je n'aime pas tuer. Cela n'a pas changé. Mais il n'est pas nécessaire de tuer pour faire voir son point de vue. Et Drago s'occupe déjà des Weasley. Je me chargerai juste des Moldus qui s'en ont pris à mes enfants… et par la suite à Odin pour séquestrer mon épouse dans son palais. »
« Odin… Vous voulez dire … le Seigneur Odin ?! Le Roi d'Asgard ?! »
« Précisément. Mon épouse n'est nul autre qu'Astrid, plus connue sous le nom de Loki. Et Odin est un obstacle entre nous. »
« Votre vie est devenue un véritable bordel, Mr Potter. »
« Je ne peux pas vous contredire sur ce point. Mais je n'en changerai probablement rien. Sauf peut-être la mort de Lily, Albus, Teddy, Rose et Hermione. »
Snape resta un instant silencieux avant de finalement hocher la tête.
« Très bien. Je vous enseignerai ce que je sais. Au moins, dans cette matière, j'aurais la certitude que vous serez meilleur qu'en potions. »
« Eh ! Pas juste ! J'ai maîtrise 1 et 2 en potions ! Avec Distinction ! » Harry croisa les bras, vexé. « C'est obligatoire pour avoir son diplôme en médicomagie ! »
« Bien ! » rit doucement Hela. « Maintenant que ceci est réglé, je pense qu'il est bon de trouver un endroit adapté pour cet enseignement. La cour devant la tour conviendrait ? » demanda-t-elle ensuite à Harry.
« Je … suppose. En tout cas, elle convient pour les duels. Et Merlin que j'ai besoin de m'y remettre ! Cela fait longtemps que je n'ai pas vraiment pratiqué contre un bon adversaire ! »
« Je ne mords pas aux flatteries, Mr Potter. »
« Ce n'est pas de la flatterie, c'est la réalité. Même Minerva et Filius le disent ! »
Défi galactiques
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H : Hel (Mythologie nordique - Fille de Loki et Angrboda, déesse des morts. Elle régne sur le Helheim) – Alphabets
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