Buck et le mystère du coupe-anneau

Le soleil se couchait doucement sur Los Angeles, teintant le ciel de couleurs pastel.

Buck dansait dans sa cuisine tentant de reproduire le fameux chili de Bobby à la perfection quand on frappa à la porte.

Il baissa le feu et alla ouvrir pour se retrouver devant sa sœur Maddie qui lui montra immédiatement sa main où brillait la bague de fiançailles perdu par Chimney. Il ne put empêcher un sourire heureux de fleurir sur ses lèvres.

Maddie méritait d'être heureuse et Chimney était parfait pour elle.

– Chim a retrouvé la bague alors, super !

– Non pas super, râla-t-elle en entrant.

– Attends… ce n'est pas une bonne nouvelle ?

– J'ai retrouvé cette bague dans la maison de poupée de Jee.

– Alors… S'il n'a pas fait sa demande, pourquoi tu la portes ?

– Ce n'est pas important, rougit-elle. Ce qui est important c'est que c'est coincé.

– Oh !

– J'ai tout essayé, j'ai même pris une douche avec mais rien à faire.

– D'accord, vient par ici j'ai exactement ce qu'il faut, affirma-t-il en fouillant dans son pot à ustensiles.

Il prit le temps de baisser le feu en passant.

Ce n'était pas vraiment le moment de mettre le feu chez lui. En plus, en tant que pompier ça la foutrait mal. Et puis, il avait une soirée prévue avec Eddie et Christopher et il savait à quel point les deux aimaient sa cuisine.

Ce qui n'était pas vraiment pour lui déplaire.

Il trouva enfin ce qu'il cherchait alors que Maddie se rapprochait. Il le sortit et le montra à sa sœur d'une façon triomphale.

– Qu'est-ce que c'est ?

– Un coupe anneau.

– Je ne vais pas la couper… Evan ! Et puis, comment ça se fait que tu es un truc pareil, toi ?

– Oh… euh…, sursauta-t-il en rougissant. Pour rien, de… Bon alors je la coupe cette bague oui ou non ?

– Non ! s'insurgea-t-elle.

Et puis Maddie était partie furibonde quand il avait encore trop parlé. Il savait que tout c'était arrangé avec Chimney et qu'ils étaient maintenant fiancés et finalement c'était tout ce qui comptait.

Il monta à la cuisine pour se servir un thé quand il capta la conversation.

– Et tu crois que c'est pour… ? demanda un de leur collègue.

– Bah pour quoi d'autre ? répondit un autre.

– Salut les gars, les salua-t-il en passant.

Ils répondirent à son geste mais se séparèrent et arrêtèrent leurs messes basses. C'était bizarre mais pas inhabituel dans une caserne où les potins allaient bon train.

Buck ne s'en préoccupait pas plus que ça.

– Eh, tu crois qu'il en porte un en ce moment ?

– Putain, non pas moyen que je pense à ça.

Buck redescendit et s'occupa à ses corvées en chantonnant.

Il vérifia le compartiment des haches avant de le refermer et de sursauter devant la présence inattendue d'Eddie, qui le regardait les bras croisés sur sa poitrine, en plissant les yeux.

Buck eut la désagréable sensation d'être redevenu le petit Evan, prit en flagrant délit de bêtise à l'école primaire.

– Hey, Eds, ça va ? demanda-t-il incertain.

– Je n'en sais rien Buck. Mais toi tu n'as rien à me dire ?

– Euh…, je t'aime ?

Eddie se figea et le regarda confus, avec un air de lui demander s'il était sérieux.

Mais Buck n'avait vraiment aucune idée de pourquoi son petit-ami semblait si en colère alors il avait fait ce que l'enfant qu'il avait été faisait pour éviter de se faire gronder. Il misait tout sur la mignonnerie inattendue.

Ça avait toujours fonctionné avec Maddie.

– Et en plus tu es sérieux, se mit-il à rire.

– Eddie, je suis désolé mais je n'ai aucune idée de ce que tu me reproches et quand on est en colère contre moi, je ne sais pas, ça me rend nerveux.

– Je ne suis pas en colère contre toi, lui promit-il.

– Alors quoi ?

– Tu n'as aucune idée des rumeurs qui circulent sur toi aujourd'hui, n'est-ce pas ?

– Des rumeurs, il y en a toujours ici mais je dois admettre que je suis curieux, lui sourit-il. Qu'est-ce que se dit sur moi qui te mette dans cet état ?

– Eh bien, commença-t-il. Apparemment, tu serais un adepte des anneaux péniens.

– De… quoi ?

Heureusement que Buck n'avait pas eu l'idée de boire ou de manger quelque chose à ce moment-là, il se serait tout simplement étouffé. Mais c'était quoi ce bordel ?

– C'est la rumeur.

– Mais ça sort d'où ?

– Apparemment tu aurais un coupe-anneau à la maison au cas où tu resterais coincé.

– Un ? Ok c'est officiel, je vais tuer cette commère de Chimney, tant pis pour ma sœur. Elle trouvera mieux que cet imbécile. Non mais sérieux il est débile ou quoi ?

– Donc tu en as ou pas ? Parce que je suis perdu.

– J'en ai un oui, soupira-t-il.

– Donc tu as déjà eu un problème au niveau de…

– Non, Eddie, non. Tu as déjà vu la tête de ce truc ? Jamais au grand jamais, je n'approcherai cet instrument de torture de mon… Tu sais.

– Oh, souffla-t-il. Mais alors pourquoi tu as un truc pareil ?

Buck regarda autour de lui, s'assurant qu'ils étaient vraiment seuls, avant de soupirer.

– C'est une longue histoire. Et Athena ne doit jamais entendre parler de ça, jamais.

Eddie acquiesça, légèrement inquiet.

– Je te le promets. Raconte-moi.

Buck prit une grande inspiration avant de commencer.

– C'était avant que tu arrives, quand j'étais encore avec Abby. Un homme s'est fait passer pour moi sur internet et a dragué différentes femmes. Puis, il est mort brusquement. Les femmes qu'il avait trompées ont commencé à venir me demander des comptes. Une en particulier s'est introduite chez moi après le départ d'Abby.

Eddie fronça les sourcils.

– Elle s'est introduite chez toi ?

– Oui, souffla-t-il en hochant la tête. Elle m'a passé une alliance alors que je dormais. J'avais eu un accident lors d'une intervention, je m'étais cogné la tête et j'avais minimisé les conséquences. J'étais épuisé, j'avais une commotion cérébrale, et je n'étais pas vraiment capable de me défendre.

– Et qu'est-ce qui s'est passé ?

– Elle croyait vraiment que c'était moi qui lui avais parlé en ligne. Finalement, j'ai réussi à la calmer en retirant enfin l'alliance coincée à mon doigt. Je l'ai faite interner en hôpital psychiatrique. Je me sentais responsable parce qu'elle pensait que c'était vraiment moi, que je l'aimais.

Eddie resta silencieux un moment, assimilant l'histoire.

– C'est… terrifiant.

Buck acquiesça lentement.

– Donc j'ai acheté ce truc dont je ne me servirais plus jamais juste au cas où. J'étais content de le ressortir pour aider Maddie à retirer la bague mais elle a dû raconter l'histoire et Chimney qui l'a évidemment ramené ici. Et maintenant tout le monde me prend pour un pervers.

– Pas moi, affirma Eddie.

– Merci Eds.

– Mais si à l'occasion tu avais envie d'en devenir un, je ne serai pas contre et…

Il se pencha sur ses lèvres et Buck retint son souffle.

– …ça restera entre nous et notre lit.

Eddie déposa un chaste baiser sur ses lèvres.

Buck le regarda retourner à son poste et retint à grand peine un gémissement d'impatience à cette idée. Eddie était tellement parfait et quand ils faisaient l'amour… Buck n'avait jamais ressenti ce sentiment d'être aussi chéri, autant aimé.

Il vit Chimney arriver en faisant claquer son chewing gum.

– Toi ! lâcha-t-il en le montrant du doigt. J'ai deux mots à te dire.