Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui en cette journée pluvieuse pour le deuxième chapitre de SAMLD !
Bon, je sais que j'ai l'habitude de publier entre midi et quatorze heures, et que là, il est dix-neuf heures, mais on est encore dimanche, donc je reste dans les temps XD Et en vrai, je pense qu'il va falloir vous habituer à ce que je publie tard dans la journée XD
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Sarah MAES : Les géniteurs d'administration … J'ai bien ri XD J'ai bien reconnu les propositions automatiques du téléphone XD Ça crée parfois des phrases très loufoques XD Mais j'ai bien aimé que tu emploies le mot «géniteurs» pour ceux d'Adrian, car on ne peut décemment pas les appeler des «parents»… «Le chat fou moins», mais t'as décidé de me faire rire XD Lui c'est un vrai danger public XD On le revoir, ce hibou récalcitrant ! L'omnibus… je crois que je n'ai jamais connu ça sous ce nom XD Merci pour ta review ! =D
tyffaine bally : Désolée pour le point de ton pseudo, mais je crois que FF est très tatillon avec les points entre deux mots… Et je n'ai pas envie que le site efface ton pseudo XD Oooh mais c'est trop gentil ! Merciiiii *-* Oui, Adrian n'est plus le même que lorsqu'on l'a vu à Sainte-Mangouste, bien qu'il a encore un long chemin devant lui pour aller véritablement mieux… Graham ne va pas lui sauter dessus tout de suite, mais ça reste dans un coin de sa tête XD Normalement, c'est au cours de l'été que l'on va apprendre pourquoi Adrian s'est réfugié dans les potions droguées =) Pardon pour l'attente, mais avec la fac, deux semaines entre chaque publication, ce n'était plus possible du tout XD J'espère que ça n'aura pas été trop long !
mimibou : Oui, le POV Adrian se faisait désirer, même s'il avait été évoqué dans d'autres POV… C'est exactement ça ! Ce n'est pas une mauvaise personne, mais il a beaucoup souffert, et il a fait de très mauvais choix…
Oui, Théo a des collègues en or ! Il a bien mérité que ça aille bien pour lui ! Oui, Théo s'adapte très vite, il n'aura aucun mal à s'habituer à la rudesse de son job !
Oui, c'était un petit chapitre, mais on retrouve la longueur habituelle avec celui-ci qui fait 20 000 mots ! On est loin des 27 000 mots qu'ont pu faire certains chapitres dans SAMLP, mais 20 000, ça va être la base XD
ccassandre24 : Oui, garder la même base pour le titre du tome, en changeant juste le dernier mot, j'y tenais beaucoup ! Et je ferai pareil pour le troisième tome qui, normalement, a déjà son titre :) Contente que ça te plaise =D J'aurais aimé faire un chapitre plus long, mais j'ai manqué de temps et je n'avais pas envie de retarder la publication, et je me suis dit que pour un premier chapitre, c'était bien de commencer en douceur =) Heureuse que tu l'aies aimé malgré tout !
Merci, bonnes vacances à toi aussi =D
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Merci à vous tous pour vos adorables reviews, ça me fait trop plaisir de vous retrouver ! J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira =D Je vous laisse et je vous souhaite une agréable lecture !
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Warning : présence d'une scène sexuellement explicite dans ce chapitre.
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2 – Rupture ratée et annonce choc
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(mar 02/07) POV Fred
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Cela faisait vingt minutes que Fred faisait le tour des rayons de la boutique. Deux jours plus tôt, George et lui s'étaient mis d'accord sur la disposition des produits, mais plus ça allait, plus Fred avait des doutes sur cet agencement.
- George ?
- Mmmh ?
- Je ne suis plus très sûr que ce soit une bonne idée de mettre en avant les produits qui, selon nous, auront le moins de succès…
- Ne me dis pas que tu veux faire l'inverse ?!
- Mais c'est ce que font toutes les enseignes…
- Mais ce n'est pas comme ça qu'on va vendre les produits qui seront les moins attractifs… À quoi ça sert d'attirer l'attention sur un produit qui n'aura pas besoin de pub pour être acheté en masse ?
- Mais toute boutique doit avoir son produit phare, protesta Fred.
Il put visualiser les rouages qui s'agitaient dans le cerveau de George tandis qu'il réfléchissait.
- Eh bien on n'a qu'à concilier les deux, finit-il par suggérer.
- Et comment va-t-on faire ça ?
- En retenant l'idée de l'étagère au centre de la boutique, mais avec notre produit phare à gauche, et l'un des produits les moins convoités à droite. Est-ce que ça te va ?
- C'est parfait, approuva de suite Fred.
George et lui avaient une totale confiance en toutes leurs inventions, mais ils étaient bien conscients qu'il y en avait qui allaient être plus prisées que d'autres, comme les baguettes farceuses, les plumes auto-encreurs, les marques des ténèbres comestibles… À titre de comparaison, les leurres explosifs, les rêves éveillés et les télescopes farceurs allaient être moins populaires, même s'ils allaient tout de même être rentables.
- Fred ?
- Oui ?
- Tant qu'on y est, traitons tout ce qui reste à régler… La boutique ouvre dans dix jours, et il y a des points qu'on a évoqués et sur lesquels on ne s'est pas attardés… Comme le buffet, par exemple.
Les jumeaux n'étant pas du genre à faire les choses à moitié, ils tenaient à être aux petits soins pour leurs clients afin que cette journée soit mémorable pour tout le monde. Ce n'était pas tous les jours que l'on inaugurait sa propre boutique ! Pour cela, ils allaient soigner l'accueil en offrant un buffet pour la restauration du midi.
- Qu'est-ce qu'on va proposer, comme nourriture ? s'enquit George. Des toasts ? Des sandwichs au bacon ?
- Oh oui, des sandwichs ! Mais de différentes sortes, nuança Fred.
- Comme ?
- Le bacon, c'est bien. Après, il y a le sandwich au concombre, au cheddar, au poulet, au jambon…
- Ok, on les fera nous-mêmes, c'est dans nos cordes. Et sur les toasts ? On met quoi ? Du saumon ? Du bacon ? Du cheddar ? De la crème de concombre ? Du fromage à la crème ? De la marmelade ? De la confiture de myrtilles ?
- Oh là là, stop, ça va me donner faim ! Mais ce menu est super. Avec en plus de ça, du crumble aux fruits, du pudding, de la tarte aux abricots, de la tarte à la mélasse, et de la tarte à la crème en guise de desserts, les clients vont se régaler ! Mais on commandera tout cela au Chaudron Baveur.
- Oui, ce sera mieux fait que si c'est nous qui les faisons, grimaça George.
- Mais où est-ce qu'on va caser tout ça ? On n'a même pas de tables ! Il va en falloir au moins trois, mais la boutique n'est pas bien grande… Ça va occuper tout l'espace ! On n'aura plus de place pour circuler… Et quand va-t-on préparer tout ça ? Le matin-même, ça va être chaud, on n'aura pas que ça à faire… Le mieux serait la veille au soir, mais il ne faut pas que ça durcisse… Et on avait prévu d'ouvrir à dix heures, mais si on fait une démonstration de quelques produits, il va vite être midi et les clients n'auront que l'après-midi pour visiter… Et…
- Oh, Fred, calme-toi, tu vas nous faire une crise d'angoisse, là ! Qu'est-ce que tu as à stresser d'un coup comme ça ?
Les mots de George firent réaliser à Fred qu'il s'était effectivement un peu trop emballé…
- Je suis comme ça depuis ce matin, avoua-t-il.
- Ah, c'est pour ça que tu t'es affairé en faisant mille et une choses ? Mais tu aurais dû te confier au lieu de garder tout ça pour toi… On a beau être dans la boutique, je ne suis pas que ton associé !
- Ah non mais tout ça m'est venu à l'instant… Je suis anxieux de manière générale, en fait.
- Mmmh… Ça n'aurait pas un rapport avec ton rendez-vous avec Angelina, par hasard ?
- Si. Ça me hante l'esprit…
Quelques jours plus tôt, Fred avait envoyé une lettre à Angelina pour lui dire qu'il souhaitait la voir. Il avait reçu une réponse le lendemain, et avait soumis une date, une heure et un lieu à Angelina qui avait accepté. Ils devaient ainsi se rejoindre à seize heures chez le glacier.
- Tu as peur de sa réaction ?
- Ben… oui. Je ne lui ai pas dit dans mes lettres que je voulais la quitter. Elle ne va pas s'attendre à ça…
- C'est difficile de faire autrement que de le lui dire quand tu seras face à elle… Tu n'allais pas lui annoncer ça sur un bout de parchemin !
- Non, bien sûr… Mais j'ai l'impression d'être un… d'être un gougnafier, pour être poli.
- Tu en serais un si tu poursuivais ta relation avec elle tout en entamant une histoire avec Agathe…
- Ouais bah je vais rompre avec Angelina pour être libre d'être avec une autre, ce n'est pas mieux…
- Oui, mais tu vas faire les choses dans le bon ordre. C'est ça qui fait de toi quelqu'un de bien.
- Une bonne personne ne tombe pas sous le charme d'une fille alors qu'il a déjà une petite-amie…
- Les sentiments, ça ne se contrôle pas. Ce serait trop simple, sinon. Ce n'est pas comme si tu avais fait en sorte de te retrouver dans cette situation…
- Oh non, il faudrait être fou !
- Tu n'as donc rien à te reprocher. Et puis bon, tu n'étais pas engagé avec Angelina. Entre elle et toi, c'était plus du sexe qu'autre chose…
- C'était plus que ça, avant qu'on ne s'en aille de Poudlard… Du moins, c'était ce que je pensais. Le fait qu'elle ait changé d'attitude au sein de l'équipe de Quidditch a eu un impact sur notre relation. Mais ce n'était que de la complicité. Une fois loin d'elle, je me suis aperçu qu'elle ne me manquait pas tant que ça…
- Et depuis notre départ de Poudlard, tu n'as pas profité une seule fois d'une journée à Pré-au-Lard pour avoir un moment avec elle…
- Il y avait trop à faire ici.
- Ouais, je parviens tout de même à consacrer du temps à Olivier quand il a des congés…
- C'est vrai, admit Fred. Je n'ai plus rien à faire avec Angelina, en fin de compte… La séparation est inéluctable. On va clore la parenthèse là-dessus. Revenons à nos hippogriffes ! As-tu des solutions pour les problèmes que j'ai soulevés, concernant l'organisation spatiale et temporelle du buffet ?
- Pour ce qui est de l'aspect spatial, le buffet tiendra sur une longue table qui longera le mur près de la réception. Et pour ce qui est de l'aspect temporel, on fera tout la veille au soir.
- Mais ça va être sec et dur…
- On n'aura qu'à lancer un sort de conservation.
- Pas bête. Et pour la démonstration, on la fera avec quels objets ?
- Le pendu réutilisable et les tours de magie moldu. On fera un atelier pour chaque objet, et on aura chacun son atelier. Les clients auront la possibilité de jouer eux-mêmes avec le pendu et les tours de magie. Tu voudras être sur quel atelier, toi ?
- Mmmh… Sur celui des tours de magie moldus. T'es plus doué en sortilèges que moi, tu seras plus à l'aise avec le pendu réutilisable. Si ça te va, évidemment, précisa Fred.
- Oui, c'est parfait.
- Et on fera ça toute la journée ?
- Non, on fera des ateliers sur ces deux produits de dix heures à quatorze heures, et on en fera avec deux autres produits de quatorze heures à dix-huit heures, ou dix-neuf heures, ça dépend de l'heure à laquelle on fermera.
- Et quels seront ces deux autres produits ?
- Ça, c'est une bonne question. J'hésite entre trois produits, et je comptais sur toi pour départager…
- Quels sont les trois candidats ?
- Les oreilles à rallonge, les plumes et les baguettes farceuses.
- J'opterais plutôt pour les plumes et les baguettes farceuses, trancha Fred.
- Bien, et tu serais attiré par quel atelier ?
- Ben, le truc, c'est que celui qui sera sur l'atelier des plumes aura plus de travail.
- Bon bah on alternera. On fera deux créneaux : un de quatorze heures à seize heures, et un de seize heures à dix-huit heures. On arrêtera les ateliers à cette heure-là, même si l'inauguration se prolonge au-delà de dix-huit heures. Tu commenceras avec quel atelier ?
- Celui des plumes, déclara Fred.
- D'accord. Bon, récapitulons. De dix heures à quatorze heures, je présenterai le pendu réutilisable, et toi les tours de magie moldus, de quatorze heures à seize heures, j'animerai l'atelier des baguettes farceuses, et toi celui des plumes, et à seize heures, on inversera.
- Et moi, je serai à la caisse du matin au soir, ajouta une voix féminine et enjouée.
George leva les yeux tandis que Fred se retourna. Agathe était dans l'encadrement de la porte, avec son sourire habituel aux lèvres. Le coeur de Fred se réchauffa sans qu'il ne sache pourquoi.
- Ça ne va pas trop t'ennuyer ? craignit George.
- Non, pas du tout ! Je papoterai avec les clients, je ne ferai pas que leur faire payer les articles… Ce serait triste, sinon.
- Toi, tu as le sens du contact… On a une embauchée d'exception !
- Embauchée qu'on ne paie pas, grimaça Fred.
- Je vous ai dit dix mille fois que ça ne me dérangeait pas…
- Et on paiera toutes les heures qu'elle aura effectuées quand on aura de quoi verser un salaire. Tout est en règle, Fred. Du moins, entre nous.
- Et je ne suis pas en manque d'argent, assura Agathe. Je ne suis pas prête de l'être, car ce n'est pas avec le loyer de la chambre au Chaudron Baveur que je vais me ruiner… Ce n'est pas cher pour la qualité qu'il y a, si l'on inclut les gérants qui sont top, tout comme les salariés, et les repas qui sont absolument exquis… Et c'est très bien situé. Et c'est malin de leur part d'avoir fait de l'auberge un des points d'accès au Chemin de Traverse… Par contre, les gens qui mangent au Chaudron Baveur ne sont pas tous fréquentables. Il y a de ces rustres…
- Tu as été embêtée ? s'alarma Fred.
Agathe haussa les épaules.
- Des remarques, des regards très équivoques, des invitations indécentes très peu subtiles… Mais ce ne sont que quelques individus parmi la centaine de clients qui déjeunent et dînent là-bas…
- Qu'ils soient cinq ou vingt, ce sont des clients de trop au comportement inapproprié ! Tu manges bien tous les midis et tous les soirs au Chaudron Baveur ?
- Oui…
- Eh bien je vais débarquer lors de chaque service, et le premier qui se conduira mal avec toi aura à faire à moi !
- Je suis capable de me défendre toute seule, Fred. C'est ce que je fais depuis que je suis ici… Et je le faisais même lorsque j'étais en France. Mais c'est adorable de ta part.
- Tu ne pourras pas m'empêcher de m'en mêler si je suis témoin d'une attitude inadmissible envers toi. Mais c'est affligeant que les gérants ne fassent rien contre ça…
- Parce que tu crois que les clients font ça devant eux ? Ils ne sont pas si idiots…
- Et devant les employés ?
- Pas plus. Du coup, ce serait parole contre parole si j'allais me plaindre à un des gérants, et comme ce sont des clients réguliers… Enfin bref, j'ai repéré ceux qui ont tendance à avoir des hormones à la place des neurones et je m'assois loin d'eux pour être tranquille. Je n'aurais pas à faire ça dans un monde plus respectueux, mais bon…
Agathe claqua dans ses mains.
- Trêve de bavardages, je suis là pour travailler !
Fred et George se jetèrent un coup d'oeil amusé.
- Bientôt, ça va être elle la patronne, plaisanta George.
- Ouais, mais en vrai, elle n'a pas tort… On ouvre vendredi prochain, il y a trente-six mille choses à faire et nous on est là, à papoter comme si de rien n'était…
- Ouh là, vous avez échangé vos corps durant la nuit ou quoi ? D'habitude, c'est Fred qui est le plus insouciant, et George qui est le plus sérieux… Là, c'est le contraire.
- C'est parce que Fred est stressé, révéla George.
- À cause de la boutique ?
- Non, c'est… euh… un…
Fred s'embourbait, mais George vola à sa rescousse :
- Fred a un entretien dans une heure et ça ne va pas être très agréable.
- Oh… Et ça ne va pas t'aider d'être sous pression comme ça… Tu ferais mieux d'aller te détendre en te baladant sur le Chemin de Traverse, conseilla Agathe.
- Mais la boutique…
- Peut très bien survivre sans toi deux ou trois heures, se moqua gentiment Agathe. George et moi, on va cravacher, et quand tu seras de retour, tu ne reconnaîtras même pas la boutique tant on se sera démenés pendant ton absence !
Fred et George pâlirent et se regardèrent cette fois avec inquiétude.
- Mais… on a déjà tout agencé, protesta Fred.
- Non mais les gars, vous rigolez ? C'est dans cet état que va être la boutique le jour de l'ouverture ? C'est à peine si on a de l'espace pour marcher avec tous les cartons qu'il y a, et vous qui aimez tant faire les choses en grand, vous n'allez pas décorer la boutique avec des banderoles et autres artifices et créer des animations enchantées ? Et il n'y a qu'un exemplaire de chaque produit dans les rayons, il va y avoir de la bagarre entre les clients et votre chiffre d'affaire va être catastrophique…
- Quand je disais qu'on avait tout agencé, je parlais de la place de chaque objet, rectifia Fred. Sinon, j'avoue qu'on n'avait pas songé à l'aspect physique de la boutique… Et pour ce qui est de son état actuel, on va avoir une tonne de livraisons d'ici l'ouverture, surtout s'il faut acheter des trucs pour décorer la boutique… À quoi bon faire du vide si d'autres cartons vont arriver ?
- Ce sera ça de moins à faire quand on aura tout reçu. Concernant les inventions, vous en avez bien d'autres exemplaires ?
- Oui, ils sont dans des boîtes dans la réserve.
- Bon, la première chose qu'on va faire, c'est remplir les rayons. Puis on fera du rangement. Est-ce que vous avez prévu de faire un buffet ?
- Oui, ainsi que des ateliers.
- Où seront-ils ?
- Le buffet sera sur une grande table, le long du mur, près de la caisse, et les ateliers… euh… on n'y a pas trop réfléchi…
- Bon, après le rangement, on établira un plan très précis de la boutique telle qu'elle sera le jour de l'inauguration. Et on fera un petit focus sur la déco. Ça vous va ?
- Euh… oui, mais je ne serai pas trop là, signala Fred.
- On n'aura pas tout terminé quand tu rentreras. On a un sacré programme, mine de rien, et je doute qu'on fasse tout aujourd'hui. Mais on va bien avancer et tu vas être fier de tout ce qu'on aura fait !
- Même sans ça, je le suis, affirma sincèrement Fred. Je suis fier de l'équipe que nous sommes. Bon, j'y vais. Je vais faire ce que tu m'as dit : me relaxer en flânant sur le Chemin de Traverse.
- Ne sois pas en retard à ton entretien, avertit Agathe.
- Non, je ferai attention. Allez, à tout à l'heure.
Fred s'en alla et une fois dehors, il inspira profondément, ce qui lui fit du bien, malgré la tiédeur de l'air. Il commença ensuite à déambuler dans l'allée commerciale, et il en profita pleinement, n'ayant pas beaucoup d'occasions de se promener. Mais lorsqu'il vit qu'il était presque seize heures, il dut écourter son petit tour pour aller chez le glacier où il rejoignit Angelina. Il s'assit en face d'elle.
- Salut, comment vas-tu ?
- Bien, et toi ?
- Ça va. Que veux-tu boire ou manger ?
- Un thé glacé. Mais je peux…
Angelina n'eut pas le temps de finir sa phrase : Fred appela un serveur et commanda un thé glacé et un milk-shake. Il retint un sourire en se souvenant de la réaction qu'il avait eue quelques jours plus tôt quand Agathe lui avait dit qu'il n'y avait guère de différences entre ce qui était proposé chez les glaciers moldus et les glaciers sorciers, elle qui était issue des deux mondes, à ceci près qu'il y avait des glaçons dans certaines boissons chez les moldus, et pas chez les sorciers. Fred avait été plus que perplexe : si on lui offrait un verre avec de gros cubes gelés à l'intérieur, pas sûr qu'ils y fassent un long séjour ! Que cela devait être irritant d'avoir ça dans un verre… Il n'en démordrait pas : il n'y avait rien de mieux qu'un bon sort de glaçage pour conserver la fraîcheur d'une boisson ! Mais il se fustigea d'avoir cette scène en tête alors qu'il était avec Angelina qu'il était sur le point de quitter… Il n'avait pas l'intention de s'éterniser avant de le lui avouer, mais il n'allait pas non plus le faire au bout de cinq minutes… En fait, il se jetterait à l'eau lorsqu'ils n'auraient plus rien à se dire.
Le serveur revint très vite vers eux avec les boissons désirées. Fred et Angelina le remercièrent, et ce fut avec délectation que Fred goûta à son milk-shake. Il faisait chaud, il faisait quasiment trente degrés, et comme tous les jours, Fred s'était pas mal activé dans la boutique. Ce fut lui qui entama le dialogue :
- Heureuse d'être en vacances ?
- Oh oui… La fin d'année a été éprouvante, avec les ASPIC.
- Tu avais tant d'examens que ça ?
- Non, même pas. Mais deux heures pour traiter un sujet sur lequel tu serais prêt à écrire deux cent centimètres de parchemin, c'est hyper dur à gérer. Et c'était comme ça dans toutes les matières, sauf en histoire de la magie et en soins aux créatures magiques où on avait quatre heures. Mais pour les créatures, c'était un bloc avec deux heures de théorie et deux heures de pratique. On n'avait pas les quatre heures pour disserter sur un sujet… Ça n'aurait pas été nécessaire pour cette matière. Mais ça l'aurait été pour la botanique, les sortilèges, la métamorphose, la Défense Contre les Forces du Mal et les potions… Ou au moins trois heures. Mais bon, ça nous force à synthétiser et c'est ce que l'on exige de nous.
- George avait horreur de ça. Moi, ça allait.
- Oui, c'était dans cet exercice où tu excellais le plus… Tu n'es pas fait pour les détails, toi.
- Oh non, ce n'est pas pour moi. Mais à part le temps qui te faisait défaut, ça a été ?
- Dans l'ensemble, oui. Je suis nulle pour estimer mes notes, mais sans grande conviction, je pense avoir un Optimal en botanique, en créatures, en potions et en sortilèges, un Effort Exceptionnel en Défense Contre les Forces du Mal, en métamorphose et en runes, et un Acceptable en histoire de la magie.
- Oh bah ça va, tu t'es bien débrouillée… Quand tu en auras marre du Quidditch, tu n'auras aucun mal à intégrer une formation de vétérimage… D'ailleurs, tu as postulé auprès d'une équipe ?
- Oui, j'ai envoyé une lettre au capitaine des Catapultes de Caerphilly, des Crécerelles de Kenmare, des Chauve-souris de Fichucastel, des Faucons de Falmouth, des Flèches d'Appleby, des Harpies de Holyhead et des Pies de Montrose.
- Ah ouais, si tu avais souhaité candidater auprès de toutes les équipes de la Ligue, tu l'aurais fait…
- N'abuse pas, rétorqua Angelina. Je n'irais pas jouer chez les Frelons de Wimbourne qui font limite de l'anti-jeu ou les Tornades de Churchill qui n'ont pas bonne réputation…
- Et les Faucons de Falmouth, t'en fais quoi ? Ils sont connus pour leur jeu brutal et ça n'a pas suffi à te dissuader de tenter ta chance là-bas…
- Leur style de jeu ne me fait pas peur, et c'est une façon de jouer comme une autre, tant que ça ne va pas trop loin.
- Mmmh… J'espère quand-même que tu iras dans une autre équipe que celle-là. Je ne serai pas très rassuré à l'idée de t'imaginer au milieu de toutes ces brutes…
- Oh, c'est mignon, ce petit côté protecteur, minauda Angelina, taquine. Mais ne t'en fais pas, si je suis acceptée à la fois chez les Faucons et dans une des six autres équipes, j'irai dans l'autre.
- Tu as une préférence pour l'une d'entre elles ?
- Ben… c'est compliqué, car je ne saurais choisir entre les Catapultes de Caerphilly, les Crécerelles de Kenmare, les Flèches d'Appleby et les Pies de Montrose…
- Bon bah, si tu es prise dans une de ces quatre-là, tu seras contente.
- Oui, mais ce n'est pas gagné… Avant tout, il faut que les équipes recrutent. Mais ça, ce n'est pas un problème, ils recherchent souvent des joueurs de réserve. Après, il faut être autorisé à participer aux sélections. Pour ça, il faut que ton profil les intéresse… C'est très rare qu'on te dise «Oui, vas-y, viens aux sélections» dès le premier contact… Et l'étape ultime, c'est d'être retenu au terme des sélections. Et le danger, c'est que deux ou trois équipes fassent leurs sélections en même temps…
- Ouille, faut miser sur la bonne…
- C'est ça. Mais en général, ils évitent. Non pas pour ne pas pénaliser qui que ce soit, mais pour ne pas risquer de perdre eux-mêmes une perle rare dont une seule équipe aura pu bénéficier… Dans le monde du Quidditch, et plus globalement du sport, c'est chacun pour sa pomme. Mais il y en a qui sont plus respectueuses que d'autres, et c'est vers celles-là que je me suis tournée.
- Et vers les Faucons de Falmouth ?
- Dans leurs rapports avec les autres équipes, ils sont très courtois.
- Mais pas quand ils jouent contre elles.
- Ils sont plus agressifs, mais ce n'est pas pour autant qu'ils engendrent plus de blessures ! Ce serait même l'inverse… Ils sont brusques dans leurs attaques, certes, mais ils les maîtrisent. Quand ils te poussent, c'est avec rudesse, mais ils ne vont pas non plus t'éjecter à dix mille mètres ou te fracturer le tibia… En réalité, il n'y a rien à leur reprocher. Ils font usage de leur force, et ce, à bon escient, et tout en se contrôlant. Ça les rend terriblement efficaces, et c'est ça qui énerve leurs concurrents.
- Tu as l'air bien renseignée…
- Je me suis documentée, oui. Je n'allais pas m'adresser à plusieurs capitaines pour que l'un d'eux me prenne dans son équipe sans avoir aucune information sur leur jeu et sur leurs joueurs !
- Ça, c'est un plus pour toi. N'hésite pas à montrer aux capitaines que tu es calée sur leurs équipes, ça va leur plaire.
- Oui, mais sans être trop pédante. Il n'y a rien de plus agaçant que quelqu'un qui étale sa culture à tout va…
- Ça, c'est clair. Et en attendant de savoir si une de ces équipes veut bien de toi aux sélections, que vas-tu faire ?
- Je vais travailler à la ménagerie. C'est pour ça que ça tombe bien que tu aies voulu qu'on se voit si tôt pendant les vacances. Tu me tends la perche pour que je te l'annonce. Avec ce job, je vais être en permanence sur le Chemin de Traverse, et en plus de ça, je vais loger au Chaudron Baveur. Cela va nous permettre de rattraper ces trois longs mois où on ne s'est pas vus…
Fred se liquéfia sur sa chaise. Ce n'était pas prévu du tout, ça… Comment était-il censé rebondir et lui dire que c'était fini entre eux ? Est-ce qu'il en avait seulement envie ? Il fallait qu'il soit honnête avec lui-même : évidemment que non. Il avait retrouvé dès les premières minutes sa complicité avec Angelina. Il était bien avec elle. Et ils avaient tant de choses à se raconter… Mais lorsque les yeux bleus d'Angelina s'ancrèrent dans les siens, et qu'il y vit clairement la manière dont elle envisageait de rattraper ces trois mois, l'idée de prolonger la conversation lui parut complètement absurde, tout comme le projet qu'il avait eu de la plaquer. Mais si c'était ce qu'il s'était résolu à faire, c'était qu'il y avait une raison… Le nom d'Agathe lui revint soudain en tête. C'était pour elle qu'il avait décidé de se séparer d'Angelina. Il ne pouvait pas s'engager avec Agathe tant qu'il serait avec Angelina… Il tromperait cette dernière, et ça, c'était inconcevable pour lui. Mais à l'heure qu'il était, il n'avait plus le moindre courage de quitter Angelina. Mais cela signifiait qu'il n'était pas près de sortir avec Agathe… Merlin, mais dans quel bousier s'était-il fourré ?!
- Fred, ça va ?
Fred redressa d'un coup la tête.
- Euh… oui, pardon, je… je me demandais juste comment j'allais faire pour te consacrer du temps sans négliger la boutique, et sans que tu ne négliges ton job à l'animalerie…
Fred se serait asséné la plus grosse gifle qu'il n'avait jamais reçue. Il avait saisi la première excuse qu'il avait eue, et force était de constater que ce n'était pas la meilleure… Il était coincé, à présent. Car il venait, dans le plus grand des calmes, de dire à Angelina qu'il était d'accord pour poursuivre leur relation en couchant ensemble quand cela leur chanterait…
- Oh, mais on se verra le soir, on ne va pas fuir nos responsabilités en pleine journée pour se payer du bon temps… Mais je suis soulagée que ton trouble ne soit dû qu'à un souci d'organisation. J'ai cru un instant que tu m'avais donné rendez-vous ici pour me larguer… Et que le fait que j'avais un job sur le Chemin de Traverse avait chamboulé tous tes plans…
Fred dut faire un effort incommensurable pour que son expression faciale ne trahisse pas le malaise qui s'était emparé de lui tout entier. Il se sentait affreusement lâche. Mais il n'allait pas confirmer à Angelina qu'elle avait tout deviné et qu'en effet, son but initial était de clôturer leur histoire… Un garçon franc et sincère l'aurait fait. Mais Fred n'était visiblement ni l'un ni l'autre… Et ces qualités étaient pourtant celles prônées par la maison de Gryffondor… Comment avait-il pu y aller ? Il était dépourvu de toute hardiesse…
- Fred ? Tu es sûr que tu vas bien ?
Mince ! À être distrait comme ça, il allait de nouveau instiller le doute dans l'esprit d'Angelina.
- Oui, je… je suis un peu déboussolé…
- C'est moi qui te mets dans tous tes états ?
Fred ouvrit la bouche, mais il la referma quand un pied rencontra son mollet. Il monta jusqu'à son genou, glissa le long de sa cuisse, et atteignit son entrejambe contre laquelle il appuya. Fred aurait juré que sa température corporelle avait grimpé de trois ou quatre degrés. Le pied s'éloigna, mais la tension qui était apparue à l'endroit de son anatomie qui avait été malaxé, elle, ne le déserta pas. Il s'efforça de l'ignorer et répondit à Angelina en contournant la vérité :
- À ton avis ? Je m'étais fait au fait qu'on aurait peu de rencards cet été, ce qui aurait possiblement abouti à une rupture, j'apprends que tout compte fait, ça va être tout le contraire, vu qu'on va bosser à quelques mètres l'un de l'autre, et là tu… tu… tu me…
- Je te chauffe, oui, acheva Angelina sans la moindre gêne. Si ça te dérange, dis-le-moi, ça ne va pas me vexer. Tu as peut-être plein de choses à faire à la boutique…
- J'ai dit à George que j'en aurais pour deux ou trois heures.
- Et ça ne fait qu'une demie-heure qu'on est là. On a encore deux heures et demie devant nous…
La résistance de Fred vacilla.
- Mais on n'a nulle part où aller… À moins que tu aies déjà une chambre au Chaudron Baveur, afin d'être sûre d'en avoir une quand tu commenceras ton job…
- Non, mais il y a les toilettes du glacier.
Fred fit les gros yeux.
- T'es sérieuse ?!
- Oui, pourquoi ? Bon, par contre, il ne faudra pas trop traîner… Et il faudra être discrets. Ce serait stupide de se faire virer et d'avoir interdiction de revenir ici… Avoir un job d'été sur le Chemin de Traverse sans avoir le droit de se rafraîchir chez Florian Fortarôme avec ses délicieuses glaces et ses délicieuses boissons, quel supplice… Alors, ça te dit ? Ou c'est trop risqué pour toi ?
Il y avait de la provocation dans le ton d'Angelina. Et ce fut cela qui finit par avoir raison de Fred. Angelina l'avait trop excité, et il était hors de question pour lui de reculer face à un défi. Il avait fait de son mieux pour ne pas céder, mais il avait été vaincu par les trois mois d'abstinence qu'il s'était imposés à lui-même, ainsi que par l'insistance d'Angelina. Il avait vainement essayé de recentrer la discussion sur la boutique, ou sur le job d'Angelina, mais celle-ci n'avait eu de cesse de le relancer avec ses invitations plus que directes… Et il n'avait plus envie de bavarder. Il y avait définitivement bien mieux à faire…
- Je ne crains pas le danger, sinon Rusard n'en aurait pas autant bavé avec George et moi… Et c'est un bon plan, les toilettes. C'est gratuit, pas comme les chambres au Chaudron Baveur, et ça va nous obliger à aller vite, ce qui est une bonne chose si je veux être à l'heure à la boutique…
- Eh bien si ça te va, allons-y ! Mais pas en même temps. Je vais y aller en premier, pour ne pas trop attirer l'attention.
- Oui, c'est plus prudent… Je te rejoins dans quelques minutes.
Angelina acquiesça et s'éloigna. Fred patienta deux ou trois minutes, puis il se rendit à son tour aux toilettes. Angelina ouvrit la porte de la cabine dans laquelle Fred se faufila.
- Tu as lancé le…
- Oui, coupa Angelina.
Elle ravit les lèvres de Fred et initia un baiser qu'il s'empressa d'approfondir. Ils se débarrassèrent de leurs robes de sorcier et Fred se délesta dans la foulée de son pantalon. Ils n'avaient pas le temps de tout enlever, mais ce n'était pas utile pour Angelina qui avait eu la merveilleuse idée de se vêtir d'une robe. Fred n'eut pas l'occasion de profiter de la vision d'Angelina dans cette tenue, mais il le ferait une autre fois. L'avantage, c'était que la robe n'était pas trop serrée, ce qui permit aux mains de Fred de s'infiltrer dessous. Il caressa le ventre et les hanches de son ancienne capitaine, qui fit de même avec son torse après avoir déboutonné et ôté sa chemise. Les doigts de Fred remontèrent et il grogna quand ils butèrent contre un rempart.
- Ce que vous êtes agaçantes avec ce truc…
- Mmmh, tu ne dirais plus ça si tu avais à faire à de la lingerie affriolante…
- Que ce soit en coton, en dentelle, en cuir ou que sais-je, ça m'énerverait tout autant car ça resterait une perte de temps cruciale dans un moment comme celui-là !
- Oui bah tu vas faire avec car je ne peux pas le dégrafer…
- Tant pis, il n'y a pas que ça, tout le corps d'une fille est intéressant à explorer…
- Ooooh, ça se fait rare, les garçons comme toi qui n'en ont pas que pour les seins et les fesses des filles…
- Mais je ne suis pas rare, je suis unique…
Ces mots emprunts de fausse arrogance firent rire Angelina, et cela fit réaliser à Fred que ce son lui avait manqué. Il reprit possession des lèvres d'Angelina et dévia ses mains vers son dos. Angelina, elle, en descendit une vers le caleçon de Fred. Elle effleura la bosse qui le déformait, et cela aurait pu faire jouir Fred s'il n'avait pas eu un minimum de contrôle sur lui-même. Par chance, les doigts ne s'y attardèrent pas et allèrent s'immiscer dans la prison de tissu. Fred faillit mordre la langue de son ex camarade de maison quand elle toucha du bout des doigts son érection. Sachant qu'il n'allait pas tenir très longtemps, il abaissa le sous-vêtement qui cachait la féminité d'Angelina et se vengea en jouant avec celle-ci. Il insinua un doigt entre les lèvres humides, sans aller très loin, et le fit aller d'avant en arrière, récoltant un adorable bruit de la part d'Angelina. Il rompit le baiser et murmura à l'oreille de l'ex Gryffondor :
- On dirait que tu es aussi sensible que moi…
- Ça fait trois mois que je n'ai rien fait, imbécile…
- Pas même toute seule ?
- Il ne faut pas exagérer… Je suis fidèle, pas maso. Mais les séances solitaires ne valent pas un bon rapport…
- Ça, c'est sûr… On va s'y recoller ensemble, dans ce cas… Est-ce que tu es prête ? Ou préfères-tu que je…
- Non, vas-y, on n'a pas tout l'après-midi…
Fred ne se fit pas prier et fit tomber à terre son caleçon, libérant enfin son membre douloureusement tendu. Il souleva Angelina qui entoura aussitôt sa taille de ses jambes et guida son sexe vers celui de la jeune femme. Il entra lentement, et ne s'immobilisa que quand il fut totalement en elle. Avant, il aurait de suite enchaîné, mais elle lui avait confessé qu'elle n'avait eu personne depuis leur dernier rapport… Mais ce fut elle qui l'incita à bouger, ce qu'il fit sans attendre. Il la maintint contre le mur en la soutenant sous les fesses et il se mit à lui prodiguer des coups de rein qui leur arrachèrent des gémissements de plaisir. Angelina enfouit ses doigts dans les cheveux de Fred, et lorsqu'elle exposa involontairement son cou, il ne put s'empêcher de s'y attaquer en embrassant et mordillant chaque millimètre de peau qu'il avait à sa portée.
- Oh bon sang… Fred, haleta-t-elle.
Elle tenta de participer à l'effort, mais la position n'était guère adaptée pour cela. Comprenant que ce n'était pas assez pour elle, il plongea en elle avec plus de vigueur et il sut qu'il avait frappé son point G quand elle cria en jurant. Dès lors, il visa sans répit ce point tout en s'insérant avec fougue dans son intimité. Il aurait aimé faire durer les choses, mais comme l'avait si bien dit Angelina, ils n'avaient pas tout leur temps, et ils avaient tous deux besoin d'atteindre la délivrance. Son bassin se propulsa avec de plus en plus de rudesse contre celui d'Angelina, et afin de l'emmener au plus vite vers l'orgasme, il décala une de ses mains et vint titiller son bouton de chair.
- Fred !
Ravi du résultat, il continua à frotter activement ce petit bourgeon et calqua le rythme de ses doigts sur celui de son sexe. Il augmenta la puissance de ses coups de rein et sentant l'extase approcher, il se laissa complètement aller. Ses hanches s'animèrent d'elles-mêmes, son bassin claqua avec force contre les fesses d'Angelina, et ce fut elle qui les précipita tous deux d'un coup vers le point de non-retour en se resserrant autour de Fred. Il poussa deux fois en elle, et ce fut la jouissance d'Angelina qui entraîna la sienne. Il s'enfonça aussi loin qu'il put et se déversa en étouffant son râle en plantant ses dents dans l'épaule d'Angelina. Il fit de lents mouvements, puis il se retira avec douceur. Il les nettoya d'un sort et ne lâcha Angelina que lorsqu'elle fut sur ses deux pieds.
- Ça va ? s'enquit-il.
- Oui, c'était intense, mais drôlement bon. Et toi ? Pas trop mal au dos ?
- Je te dirai ça quand on se reverra, s'amusa Fred. Mais même si je devrai marcher comme un papy, je ne regretterai pas. C'était super. Tu l'entames quand, ton job ?
- La semaine prochaine. Mais ce soir, je vais récupérer chez mes parents les affaires que je n'avais pas prises avec moi à Poudlard, et je m'installerai demain au Chaudron Baveur. Tu sais donc où je serai cette semaine si tu es chaud pour qu'on recommence…
- Je pense que tu auras de la visite tous les soirs, et ce, toute la semaine, dit Fred avec un air mutin.
- Eh bien je guetterai impatiemment ta venue, renchérit Angelina sur le même ton.
Ils partagèrent un sourire complice et s'embrassèrent. Puis ils ramassèrent leurs vêtements pour se rhabiller. Ils répétèrent ensuite la même stratégie qu'ils avaient suivie une demie-heure auparavant : Angelina s'en alla en premier, et Fred l'imita au bout de plusieurs minutes. Comme ils avaient mis fin à leur entrevue dans les toilettes, et comme les consommations avaient été payées, Angelina était directement partie, et Fred fit de même. Il était bien conscient d'avoir fait n'importe quoi, mais cela lui avait fait beaucoup trop de bien de s'offrir du bon temps avec Angelina pour s'en blâmer. Entre Angelina et lui, c'était… passionnel. Comment avait-il osé croire une seconde que cela ne lui ferait strictement rien de la revoir, et qu'il serait capable de la quitter sans que cela ne lui fasse ni chaud ni froid ? Bon, il exagérait, car il s'était préparé à ce que ce soit dur, mais il n'avait pas imaginé qu'il ne réussirait pas à mettre un terme à leur histoire… Il n'était donc pas très fier de lui tandis qu'il se dirigeait vers la boutique en shootant dans les cailloux et autres résidus qui jonchaient l'allée. Alors qu'il était à quelques mètres, George, qui l'avait apparemment aperçu, accourut vers lui.
- Ah bah sympa, tu as carrément abandonné Agathe !
- Tu voulais peut-être que je t'interroge devant elle sur la façon dont ça s'était passé avec Angelina ?
Fred se renfrogna.
- Non, pas trop…
- Et du coup ? Ça a été ?
Fred détourna le regard.
- Ouais, je n'ai pas à me plaindre.
Il y eut un bref silence, que George finit par briser :
- Fred, dis-moi la vérité.
Fred soupira. À quoi bon mentir à George ? S'il y avait quelqu'un à qui il pouvait absolument tout avouer, c'était bien lui…
- J'ai fait tout l'inverse de ce que j'avais à faire…
- Comment ça ?
Fred se mordit la lèvre.
- J'ai couché avec Angelina.
George écarquilla les yeux.
- Quoi ?! Mais tu étais censé…
- Je sais, coupa sèchement Fred. Mais je n'ai pas pu. L'ambiance ne s'y prêtait pas du tout. C'était bien trop agréable pour que je gâche tout.
- C'était un sacrifice à faire, Fred…
- Mais ce n'est pas aussi facile, figure-toi !
Fred devait paraître désespéré, car la compassion se lut sur les traits de George.
- Et que vas-tu faire, à présent ? Lui proposer un autre rendez-vous pour rompre pour de bon, cette fois-ci ?
- Pas pour le moment. Ce n'est pas par défaut de volonté que j'ai renoncé à mon plan, George, mais parce qu'il y a eu un imprévu qui a tout chamboulé… Angelina va travailler tout l'été sur le Chemin de Traverse, et plus précisément à l'animalerie.
- Oh non, manquait plus que ça…
- Ça aurait été compliqué de la plaquer et de supporter pendant deux mois d'être à une quarantaine de mètres d'elle…
- Oui, vu comme ça… Mais attends, ça signifie que vous êtes toujours en couple ? Et que vous allez profiter de cette proximité pour coucher ensemble dès que vous le pourrez ?
- On ne peut rien te cacher…
- Et Agathe, dans tout ça ?
Fred sentit son coeur se serrer.
- Ça ne se fera pas tout de suite, entre nous.
- Mais tu es au courant qu'elle en pince autant pour toi que toi, tu en pinces pour elle ?
- Évidemment, je ne suis pas idiot ! Ce n'est pas pour rien si on s'est embrassés…
George haussa un sourcil.
- Tu ne me l'avais pas dit, ça.
- Tu m'as demandé la semaine dernière si je flirtais de manière explicite avec elle, et je t'ai dit oui.
- Et tu comptes échanger d'autres baisers avec elle dans un coin de la boutique ou lors de vos virées nocturnes tout en couchant certains soirs avec Angelina ?
- Je n'en sais rien, George ! Je suis perdu, et je suis en train de faire tout ce que j'avais évité de faire jusque-là… Si je me suis autorisé à avoir quelques baisers avec Agathe, c'était parce que, pour moi, c'était terminé, avec Angelina. J'avais juste à le lui annoncer lorsqu'on se retrouverait, c'est-à-dire aujourd'hui, et voilà qu'au lieu de ça, j'ai remis le couvert avec elle… Je suis nul. Mais maintenant que j'ai franchi la limite que je m'étais posée, ça ne sert à rien que j'arrête de flirter avec Agathe…
- Bah disons qu'il faudrait que tu fasses copain-copain avec elle durant toutes les vacances, et que tu reviennes vers elle quand ce sera vraiment fini avec Angelina… Elle aura l'impression d'être menée en bateau, la pauvre… Et elle ne mérite pas ça.
- Oh non…
- Donc tu vas jouer sur les deux tableaux à la fois ?
- Tant qu'Angelina sera ici, oui.
- Et si elle prolonge son contrat à l'animalerie ?
- Je vais prier Merlin pour que ce ne soit pas le cas et pour qu'elle soit admise au plus vite dans un club… Elle a écrit aux capitaines de la moitié des équipes de Quidditch de la Ligue, il va bien y en avoir une qui va l'accepter…
- La moitié, rien que ça ? se moqua George.
- J'te jure ! C'est même plus de la moitié, car elle a envoyé sa lettre à sept capitaines…
- Ah ouais, je pensais que tu amplifiais un peu les choses, mais non, en fait… Eh bien au moins, elle est motivée.
- Oh que oui… C'est pour ça que j'ai un espoir qu'elle intègre rapidement une des équipes qu'elle a sollicitées.
- Ce serait une aubaine pour toi. Tu auras un motif pour cesser ta relation avec elle, en disant que tu n'es pas prêt à assumer une liaison à distance…
- C'est exactement ce que je compte faire.
- Je croise les doigts pour qu'elle séduise un club, alors.
Fred sourit.
- Merci. Bon, qu'est-ce que vous avez fait pendant mon absence ?
- Oh, un tas de trucs ! On a tout rangé et on a rempli les étagères. On était sur le plan d'organisation de la boutique, telle qu'elle sera le jour de l'inauguration, quand je t'ai vu arriver. Et on galère, pour être honnête.
- Ne vous en faites pas, je suis là, et je vole à votre secours !
- Chouette ! Du sang neuf ne nous fera pas de mal… Car tu as bien dû te régénérer avec Angelina…
- Je ne te le fais pas dire. Bon, allons-y !
Ce fut sur ces mots plein d'enthousiasme que Fred et George se rendirent à la boutique. Fred avait l'esprit très clair, bien plus qu'Agathe et George qui étaient épuisés par tout ce qu'ils avaient fait en deux heures, et la lucidité intacte de Fred allait être très bénéfique pour faire le plan de la boutique, ce qui, ils le savaient, allait être un vrai casse-tête chinois !
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(mer 03/07) POV Harry
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D'habitude bavard lors des repas, Harry était ce midi-là particulièrement silencieux. Plongé dans ses pensées, il sursauta quand Remus s'adressa à lui :
- Ta nourriture va être désorientée à force d'être remuée comme ça… C'est si mauvais que ça pour que tu n'y aies pas touché ?
- Non, j'ai mangé quelques fourchettes, et c'est très bon. Mais je n'ai pas très faim.
- Tu stresses pour cet après-midi ? s'enquit doucement Sirius.
Harry hocha la tête. Le lendemain de leur retour au Square, ils avaient reçu une lettre de la part de M. Anderson, le généticomage qu'ils avaient consulté trois mois plus tôt. Celui-ci les informait qu'il avait eu le nom et les coordonnées du gynécomage qui avait suivi la mère de Harry lorsqu'elle était enceinte. Et, surprise, cet homme n'était pas seulement gynécomage, mais aussi généticomage… Et il avait indiqué dans sa lettre à M. Anderson que si c'était lui qui avait été le gynécomage de Lily au cours de sa grossesse, c'était bien parce qu'il était généticomage. Cela confirmait de plus en plus ce qu'avait supposé M. Anderson : il y avait fort à parier qu'il y avait bel et bien eu un don d'ADN, et que cela avait été de l'initiative de Lily. Mais pourquoi ? C'était ce que le généticomage Dervinger proposait de leur expliquer lors d'un entretien. Comme il était extrêmement occupé, il n'y avait que ce jour-là où il était libre. Cela avait convenu à Sirius, Remus et Harry. Sirius s'était empressé de le dire à M. Anderson dans une lettre qu'il lui avait envoyée via Hedwige.
- Tu as peur de ce que tu vas découvrir ? Même si ce ne serait pas très cool envers M. Dervinger qui a la gentillesse de nous consacrer quelques heures alors qu'il a un planning très chargé, il est encore temps d'annuler…
Harry secoua cette fois la tête.
- Non, je veux être fixé, peu importe ce qu'il va nous dire. Mais est-ce que les examens que j'ai faits avec le généticomage Anderson ont servi à quelque chose ? Car si c'est M. Dervinger qui a toute la lumière sur cette histoire…
- À mon avis, ces tests, c'était pour anticiper deux cas de figure : celui où M. Anderson n'aurait pas pu contacter le généticomage qui serait intervenu durant la grossesse de Lily, et celui où tes parents n'auraient pas fait appel à un généticomage. Cette hypothèse est très peu probable, car ton troisième allèle ne sort pas de nulle part, mais il faut envisager toutes les pistes, souligna Remus. Mais vu que c'est bien un généticomage qui va tout nous révéler, je crains que ces examens n'aient servi à rien, en effet.
- Tant pis, si c'était par précaution, il fallait bien les faire. On m'a juste volé quelques centilitres de sang pour rien…
- Et un extrait d'ADN, renchérit Sirius.
- Bah vas-y, remue bien le couteau dans la plaie, ironisa Remus.
- Je m'en fiche, c'est plus pour mon sang que je suis embêté, car c'était le plus douloureux, répliqua Harry, amusé.
- Mais je t'avais raconté une anecdote pour te concentrer sur autre chose que sur la prise de sang !
- Oui, mais je l'ai quand-même sentie, rétorqua Harry. Mais ça va, ça n'a pas fait si mal que ça. Pas au point de tomber dans les pommes…
- Oui, eh bien c'est ce qui risque de se produire si tu ne manges pas un peu, prévint Remus. Tu vas peut-être avoir de fortes émotions, et ceci couplé à un ventre vide, ça ne va pas faire bon ménage…
Harry grimaça. Il n'était vraiment pas emballé par l'idée d'avaler quoi que ce soit. Il leva les yeux vers Sirius, comme s'il espérait qu'il contredise Remus. Mais il fut vite éconduit :
- Remus a raison, Harry. Ce ne serait pas bon d'y aller sans avoir déjeuné. Après, si c'est pour que ça reparte…
- Non, je n'en suis pas là non plus…
- Alors fais un effort.
Résigné, Harry se réattaqua au plat de Remus.
- Au fait, reprit Sirius, pour ton anniversaire, j'avais songé à inviter Ron, Hermione, Ginny, Draco et Théo. Je sais que tu as d'autres amis, mais ils seront là pour l'anniversaire de Ginny, s'ils ont tous le feu vert de leurs parents, et comme l'année dernière, tu n'avais pas trop l'esprit à ce qu'on fête le tien, et que ce sera donc la première fois que tu le fêteras réellement ici, je me suis dit que ce serait mieux qu'on y aille en douceur et qu'il n'y ait que ceux dont tu es le plus proche autour de toi…
Harry fut saisi par l'émotion. C'était une si délicate attention de la part de Sirius…
- Merci, c'est… je… ça me ferait hyper plaisir… Mais tu n'es pas obligé…
- Depuis quand se sent-on obligé de faire plaisir à son filleul ?
- Mais il y aura déjà tout le monde pour l'anniversaire de Ginny…
- Et alors ? Rien n'empêche certains d'entre eux d'assister à la fois à l'anniversaire de Ginny et au tien…
Harry n'insista pas. Il n'allait tout de même pas se plaindre de ce cadeau que lui faisait Sirius !
- Mais est-ce que tu es sûr qu'ils pourront tous être là ?
- Pour Draco, il n'y aura aucun problème. Pour Ron et Ginny, j'irai moi-même en parler à Molly. Et je ferai de même pour les parents de Hermione. Il faut juste que je sache où elle habite.
- Je te fournirai une de ses lettres où il y a son adresse.
- Ah, super, je l'aurai sous le nez, comme ça !
- Et pour Théo ?
- C'est pour lui qu'il y a le plus de réserve. Prions Merlin pour qu'il soit de repos… Quels sont ses horaires ?
- Ça dépend des jours, s'il est du matin ou de l'après-midi, s'il fait une demi-journée ou une journée entière, s'il commence à sept heures ou à neuf heures… Mais si ma mémoire est bonne, il travaille soit de sept heures à treize heures, soit de sept heures à quinze heures, soit de neuf heures à dix-sept heures, soit de quatorze heures à vingt-deux heures, soit de seize heures à vingt-deux heures.
- Ouais, il y a quatre chances sur six pour qu'il puisse être là, en incluant l'éventualité qu'il soit de repos. Et s'il termine à vingt-deux heures, ce n'est pas grave, il sera convié au repas de midi !
- Oh, pas bête… Si on lui dit de débarquer à onze heures, il sera avec nous au moins jusqu'à treize heures trente, s'il est de service à quatorze heures… Je verrai ça avec lui dans ma prochaine lettre. Ça va lui faire un bien fou de s'évader du Chaudron Baveur après un mois de dur labeur… Merci du fond du coeur pour cette idée…
- Raaah mais c'est normal, voyons ! Et puis, c'est un moyen de te récompenser pour les excellentes notes que tu as eues à tes BUSE…
Harry avait effectivement reçu ses résultats deux jours plus tôt. C'était très mitigé, mais il en avait été plus que satisfait : il avait décroché un Optimal en Défense Contre les Forces du Mal, potions et sortilèges, un Effort Exceptionnel en botanique, soins aux créatures magiques et métamorphose, un Acceptable en astronomie et en divination, et un Piètre en histoire de la magie. Même s'il était bien conscient qu'il n'aurait pas un Optimal à ces deux matières, il avait été un peu déçu par sa note en botanique et en métamorphose. Durant ses quatre premières années, il n'avait eu que des Optimal à ses examens de botanique, et là, il récoltait un Effort Exceptionnel au seul examen qui impactait la suite de ses études… Mais ce que lui avaient dit Sirius et Remus l'avaient fait relativiser…
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Deux jours plus tôt
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Harry lisait tranquillement dans le salon quand un bruit l'arracha à sa lecture. Il tourna la tête vers la fenêtre et vit un hibou qui tenait une enveloppe dans son bec. Il alla ouvrir, s'empara de la missive, et donna du Miamhibou au rapace qui grignota les petites friandises avant de s'envoler. Harry détacha l'enveloppe frappée du sceau de Poudlard et en extirpa deux feuilles de parchemin. Il déplia la première et ne fut pas étonné de constater que c'étaient les résultats de ses BUSE. Il n'y avait pas trente-six mille motifs pour lesquels la sous-directrice de Poudlard lui écrirait… Mais il devait avouer qu'il s'attendait à avoir ses notes un peu plus tard. Cela faisait à peine vingt-quatre heures qu'il était au Square ! Mais il n'allait pas râler pour cela. Au contraire ! Il s'empressa de prendre connaissance de ses résultats :
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Astronomie : A
Botanique : EE
Défense Contre les Forces du Mal : O
Histoire de la magie : P
Métamorphose : EE
Potions : O
Sortilèges : O
...
Divination : A
Soins aux créatures magiques : EE
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À l'arrière, il avait le détail de ses notes :
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Astronomie : 11
Botanique : 16,5 (théorie : 17,5 pratique : 15,5)
Défense Contre les Forces du Mal : 17,5 (théorie : 15 pratique : 20)
Histoire de la magie : 8
Métamorphose : 16 (théorie : 17, pratique : 15)
Potions : 17,5 (théorie : 17, pratique : 18)
Sortilèges : 18,5 (théorie : 17, pratique : 20)
...
Créatures : 14,5 (théorie : 16,5, pratique : 12,5)
Divination : 13
...
Moyenne : 14,7
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Harry en était à la dernière ligne lorsque la voix de Sirius retentit derrière lui :
- Oh, qu'est-ce que c'est ? Draco ? Un de tes amis ? Un admirateur secret ?
- Rien de tout ça. C'est le relevé de mes BUSE…
- Ah oui, suis-je bête…
Harry arqua un sourcil.
- Tu étais au courant que j'allais l'avoir aujourd'hui ?
- Oui, ou demain, mais pas après. Remus, moi, et tous nos collègues avons eu l'ordre de corriger au plus vite les copies des cinquième et des septième année, car ce sont ceux qui ont le plus de choix à faire. Outre les rattrapages, il y a des cinquième année qui peuvent changer d'avis sur les matières qu'ils souhaitent continuer, en réalisant qu'ils sont admissibles dans des cours auxquels ils avaient renoncés parce que leur niveau était trop faible… Et pour les septième année, ce sont les directeurs des écoles supérieures qui nous ont sommés de nous dépêcher afin de ne pas trop tarder à boucler les dossiers d'inscription. On a, en revanche, plus de temps pour les copies des première, deuxième, troisième, quatrième et sixième année.
- Heureusement… Vous n'auriez pas pu tout faire entre la fin des examens et le début des vacances, à moins de sacrifier vos nuits… Et vous avez jusqu'à quand pour corriger les autres copies ?
- On a jusqu'au cinq, ce qui laisse au moins trois jours aux élèves pour réviser la première matière qu'ils vont repasser. Mais bon, en général, avant même d'avoir leurs résultats, ils ont une idée des matières qu'ils vont avoir à retaper. Et s'ils ont un doute, il vaut mieux réviser, au cas où.
- Oui, c'est ce que tous les professeurs disent… Et c'est logique. Mais en première année, il ne doit pas y avoir beaucoup d'élèves qui vont aux rattrapages pour les sortilèges…
- Oh, détrompe-toi ! C'est l'année où ils sont les plus nombreux. Il y en a pour qui c'est difficile de maîtriser les gestes, prononcer en plus la formule en même temps, accentuer les bonnes syllabes… J'ai corrigé les première et les deuxième année, et il y a quatorze élèves de première année qui ont en-dessous de la moyenne, contre huit chez les deuxième année.
- Ah oui, c'est presque du simple au double… Tu en es où, du coup, dans tes corrections ?
- J'en suis aux trois quarts des troisième année. Mais là n'est pas le sujet.
Sirius alla se poster dans l'entrebâillement de la porte du salon :
- REMUS ! HARRY A REÇU SES RÉSULTATS !
- Sirius, il est en train de se reposer ! protesta Harry.
- Il s'est couché il y a cinq minutes, il ne dort pas encore. Et on s'était promis que si l'un était avec toi quand tu aurais ta lettre, il appellerait l'autre.
- Absolument, attesta Remus au loin.
Il apparut quelques secondes plus tard dans le salon.
- Minerva a été rapide, commenta-t-il.
- Oui, la date butoir pour lui fournir les notes des cinquième et septième année était le vingt-sept, et en trois jours, elle a rédigé les relevés des quatre-vingt élèves…
- Elle a dû tout faire au fur et à mesure. Avec une bonne organisation, c'est faisable. Bon, combien de Troll as-tu eu ? enchaîna Remus avec humour.
Harry sourit et lui tendit le parchemin. Sirius vint lire au-dessus de l'épaule de Remus.
- Hé, mais tu as géré ! se réjouit Sirius. Évidemment, je ne compte pas l'astronomie et les options, car tu ne vas pas les continuer. Et l'histoire de la magie… C'est obligatoire jusqu'aux ASPIC, mais à moins que tu ne veuilles être historien ou professeur d'histoire de la magie, avoir ta BUSE ou ton ASPIC dans cette matière ne te sera pas d'une très grande utilité… Ce sont les autres matières qui sont importantes. Et ce sont celles où tu as cartonné !
- N'exagère pas… Sur les cinq matières qui restent, j'ai eu deux Effort Exceptionnel…
- Ça tombe bien, c'est la mention requise pour aller aux cours en sixième année.
- Mais j'aurais pu avoir un Optimal…
- On en a déjà discuté, Harry, tempéra Remus. En botanique, vous avez été la moitié à vous être fait avoir par votre géranium dentu, qui est l'une des plantes les moins faciles à dompter. Et pour ce qui est de la métamorphose, avoir un seize aux BUSE, cela équivaut à avoir un dix-huit en sortilèges… La métamorphose est considérée comme étant la matière la plus ardue, devant les potions qui ont également cette réputation. Rares sont les formations qui exigent un Optimal aux ASPIC… Donc si tu maintiens ton niveau et que tu as un seize aux ASPIC, tu auras fait le job. Et cela correspond au niveau que tu as eu toute l'année. Tu n'as pas à rougir de ta note.
Harry acquiesça.
- Je sais tout ça, mais je me dis malgré tout que j'aurais pu faire mieux…
- Oui, et c'est humain, et c'est mieux de se faire cette réflexion que de se dire «Oh bah j'ai eu seize, c'est bon, je peux me la couler douce»… Ça va te motiver à travailler dur l'année prochaine pour conserver un Effort Exceptionnel aux examens de la sixième année et des ASPIC.
- Ça, c'est sûr ! Et puis, ce qui allège ma frustration, c'est que je n'étais pas à deux doigts d'avoir un Optimal en métamorphose… Un point, c'est énorme, mine de rien. Je n'avais clairement pas le niveau cette année pour prétendre à l'Optimal, c'était un défi un peu trop osé, mais ça ne fait rien. Le principal, c'est que je puisse poursuivre la métamorphose. Et là, mon défi de la sixième année, ça va être de garder mon niveau.
- Voilà qui est bien dit ! s'exclama Sirius. Fais-en autant pour la botanique, la Défense Contre les Forces du Mal, les potions et les sortilèges, et ce sera parfait.
- Non, pour la botanique, je vise toujours l'Optimal, décréta Harry. C'est mon niveau de base. Sans ce maudit géranium dentu, c'est la mention que j'aurais eue à l'examen des BUSE ! Mais pour les autres matières, je vais faire comme pour la métamorphose, oui.
- C'est une bonne résolution, approuva Remus. Et si on parlait des potions ? Car, pour moi, s'il y a une chose à retenir de ce relevé, c'est ton Optimal en potions… Ce n'était pas un de tes défis ?
- Si, avoua Harry.
- Et tu l'as réussi haut la main, celui-là. Tu n'as même pas eu dix-sept, mais dix-sept et demi… Tu ne l'as pas sauvé de justesse, ton Optimal. Est-ce que tu réalises qu'à la fin de ta quatrième année, tu étais encore abonné aux Piètre et aux Désolant en potions, et même aux Troll, et qu'aujourd'hui, tu as ta BUSE avec, en prime, un Optimal ? Est-ce que tu réalises le chemin que tu as accompli ? Est-ce que tu réalises les immenses progrès que tu as faits ? Est-ce que tu réalises d'où tu partais, et où tu en es ? S'il y a une note dont tu peux être fier, c'est bien celle-là. Et si toi, tu ne l'es pas, ce qui serait triste, Sirius, Severus et moi, nous le sommes.
Harry fut extrêmement touché par les mots de Remus.
- Je te rassure, je suis fier de ma note, affirma-t-il. J'alternais entre Effort Exceptionnel et Optimal en cours, et je savais que j'étais capable d'avoir un Optimal aux BUSE, alors c'était le but que je m'étais fixé. Et je suis super content de l'avoir atteint. Un ASPIC en potions ne sera probablement pas nécessaire pour ma future formation, quelle qu'elle soit, mais j'ai appris à aimer ce domaine et j'ai envie de m'attaquer à plein de nouvelles potions…
- Ce ne sera pas perdu, il y a des potions que tu seras en mesure de te préparer toi-même, comme la potion anti-hoquet, la potion fortifiante, la potion anti-aphtes, la potion anti-cernes, la potion anti-toux, la potion Wiggenweld… Certes, tu ne seras pas autorisé à les commercialiser, car il faut avoir le diplôme de potionniste pour cela, mais tu seras habilité à les fabriquer pour ton usage personnel. Il y a aussi l'essence de dictame et l'essence de Murlap que tu sauras faire en septième année. Les ingrédients pouvant être utilisés pour d'autres potions, tu gagneras plus à concocter toi-même ces essences qu'à les payer en pharmacie ou dans des boutiques de potions… Elles y sont affreusement chères. Mais pour certaines potions, tu devras assister aux cours approfondis.
- C'était ce que j'avais l'intention de faire.
- On t'y encourage fortement ! Et avec les notes que tu as eues, tu peux aller aux cours approfondis de botanique, de Défense Contre les Forces du Mal, de métamorphose, de potions et de sortilèges.
- J'irai à tous ces cours. Avec l'histoire de la magie, ça va me faire vingt-huit heures de cours par semaine, si mes calculs sont bons.
- Vu que tu auras cinq heures de botanique, de métamorphose, de potions et de sortilèges, et quatre heures de Défense Contre les Forces du Mal et d'histoire de la magie, ça fait bien vingt-huit, oui.
- Trente, s'il suit les cours de duel, rectifia Remus.
- J'hésite, confia Harry. Mais je n'imaginais pas que j'aurais autant d'heures de cours… On nous a bien dit qu'en sixième année, il y en a moins, mais j'avais exactement vingt-huit heures de cours en cinquième année…
- C'est parce que tu vas avoir les cours approfondis. Sans ça, ton emploi du temps serait bien plus léger. Et tout le monde ne garde pas les cinq grosses matières…
- Oui, il y en a pas mal qui doivent se délester de la métamorphose et des potions…
- Oui, ce sont les matières qui rencontrent le moins de succès en sixième année, car ce sont les plus dures. La Défense Contre les Forces du Mal est un peu mieux lotie, et la botanique et les sortilèges sont largement en haut du classement. Mais c'est bien qu'on traite de tout ça, car sur le deuxième feuillet que Minerva t'a envoyé, ce sont les choix à échéance imminente et les choix définitifs que tu as à faire pour la sixième année. Pour les choix à échéance imminente, ce sont les matières que tu désirerais rattraper pour avoir de meilleures notes, ce qui n'aurait pas de sens pour toi, et pour les choix définitifs, ce sont les cours normaux et les cours approfondis auxquels tu participeras. Mais tu as le temps pour régler cela. Les élèves qui iront à la seconde session ne pourront remplir cette fiche que lorsqu'ils y seront allés et qu'ils auront les résultats, donc bon…
- Oui, ne t'embête pas avec ça pour l'instant, renchérit Sirius. Profite de tes vacances, tu les as bien méritées ! Et pendant que tu te relaxes, moi, je vais aller acheter de quoi fêter tes excellentes notes demain soir, puisque ce soir, Remus ne va pas être très dispo…
Harry sourit. Ça, c'était tout Sirius… Mais Remus ne s'y opposa pas. Il avait même l'air tout à fait conquis par ce programme ! Et Harry l'était tout autant. Nul doute que la soirée qui se profilait à l'horizon allait être mémorable !
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Ah ça oui, Harry n'oublierait pas cette soirée… Elle s'était terminée à deux heures du matin, et ils avaient beaucoup bu et mangé… Bon, c'était surtout Sirius qui avait bu. Harry, lui, avait eu le droit à de la bièreaubeurre et à de l'hydromel, cette boisson étant beaucoup moins alcoolisée que du rhum ou du Whisky pur Feu, et cela avait été bien suffisant pour lui. Mais bien que l'hydromel fût modérément fermenté, Harry en avait surestimé les effets. Il s'était rabattu sur la bièreaubeurre et le jus de citrouille quand il avait un peu trop eu la sensation de planer. Même Remus, qui avait subi la pleine lune la veille, s'était lâché. Il s'était reposé toute la journée afin d'être en forme, et cela avait marché. La soirée avait été géniale, ils avaient énormément ri, Sirius et Remus avaient raconté bon nombre d'anecdotes… Tout cela avait fait le plus grand bien à Harry.
Il fut étonné d'avoir faim, tout à coup. L'annonce de Sirius à propos de son anniversaire ainsi que le souvenir de cette folle soirée lui avaient ouvert l'appétit. Après avoir boudé le plat de Remus, il lui fit finalement honneur, et il se resservit même tant c'était bon.
- Eh bé, pour quelqu'un qui avait le ventre noué, tu la dévores bien, la tourte, s'amusa Remus.
- Vous avez su réveiller l'ogre qui sommeille en moi… Et c'est juste exquis, ça aurait été dommage de rater un si bon mets…
- Ouh là, tu me flattes trop, jeune homme !
- Non mais, sérieusement, tu n'as jamais songé à lancer ton propre restaurant ? Tu as un don pour la cuisine…
- C'est trop compliqué, j'ignore si j'aurais l'énergie pour cela…
- Tu ne serais pas tout seul, il y aurait Sirius, avec toi…
- Je veux bien m'être amélioré dans le domaine culinaire, mais pas au point de faire à manger pour des dizaines de personnes, contesta Sirius.
- Ce n'est pas un projet dans l'immédiat, vous êtes bien à Poudlard, mais d'ici dix ou vingt-ans, ce serait peut-être le bon moment pour vous d'entamer une autre carrière…
- C'est loin, je préfère me concentrer sur le présent, et puis je suis nul pour trouver des noms…
- Un jeu de mots avec quelque chose en lien avec toi, ce serait marrant, suggéra Harry.
- Le loup-garou dans la marmite ? ironisa Remus.
Harry leva les yeux au ciel.
- Tu n'es pas qu'un loup-garou, s'indigna-t-il. Ce n'est pas forcément à ça que je faisais allusion.
- C'est vrai, je suis aussi professeur de métamorphose… Mais ça ferait long, si on inclut ça dans le nom… Mais si je crée ce restaurant avec Sirius, le nom peut très bien avoir un rapport avec lui…
- Hé, je n'ai pas dit que je serais de l'aventure, protesta Sirius.
- Moi non plus, c'est ton filleul qui veut à tout prix que je me reconvertisse en chef cuisinier !
- Ah bah tiens, quand il y a un semblant de conflit, Harry devient subitement mon filleul… Tu ne te dédouanerais pas un peu, par hasard ?
Harry retint un «Pfff» qui lui brûlait les lèvres. Comment était-il censé voir Sirius et Remus comme des tuteurs lorsqu'ils se comportaient comme des parents lambda ? Il entendrait presque M. et Mrs Weasley lorsqu'ils se disputaient au sujet de leurs enfants…
- Pas du tout, rétorqua Remus. Ça m'a échappé, mais si Harry avait été notre filleul à tous les deux, j'aurais formulé ma phrase autrement.
- Eh bah voilà, tout ça est de la faute à James et à Lily ! Ils auraient dû nous nommer parrains tous les deux, ça aurait été plus sûr pour Harry…
- Je n'aurais pas pu le récupérer. Harry devait être placé quelque part où coulait le sang de Lily par lequel il était protégé. Et il n'y avait qu'un endroit pour cela : chez les Dursley.
- Ouais, il aurait fallu que tu partages le sang de Lily… Mais ça aurait été faisable. Une petite goutte dans les cheveux, tu ne les laves plus, et c'était réglé…
- Tu n'as pas plus sale, comme plan ? Et mes cheveux sont quasiment la seule chose que j'apprécie chez moi…
- En même temps, qui n'aimerait pas leur magnifique couleur auburn ?
Cette remarque attira l'attention de Harry. Le mot «auburn» lui faisait penser à la bièreaubeurre… Il y avait les mêmes sonorités. Et cela fit naître une idée dans son esprit.
- Pourquoi le restaurant ne s'appellerait pas La Bière Auburn ? Ça ferait référence à tes cheveux, et il y aurait bien un lien avec toi…
Remus parut troublé.
- J'adore ce nom. Ce serait parfait pour un restaurant. La bièreaubeurre est la boisson la plus célèbre du monde sorcier, et sa couleur est similaire à celle de l'auburn. Mais dans des tons plus fauves. Il faudrait ajouter une bonne dose de caramel à la bièreaubeurre pour qu'elle ait vraiment une couleur auburn. Ou un aliment à la couleur orange tirant vers le rouge.
- Du pamplemousse ?
- Oooh, très intéressant…
- Ça existe, de la bièreaubeurre saveur pamplemousse ?
- Non, mais on peut l'inventer.
- Et ce serait la spécialité de La Bière Auburn !
- Remus, tu t'es fait avoir… Il t'a entraîné dans son délire.
- Un délire trop cohérent pour être qualifié comme tel, répliqua Remus. Admets que ça tient la route et qu'on peut faire quelque chose de tout ça…
- Mmmh… J'avoue que la bièreaubeurre au pamplemousse me tente bien… C'est très original, et je suis sûr que ce serait très bon. À condition de bien doser chaque ingrédient…
- Tu voudras bien être notre cobaye ? s'enquit Remus.
- Oh bah s'il n'y a que ça, je veux bien me dévouer…
- Et un de plus entraîné dans mon «délire», se moqua gentiment Harry.
- Je suis solidaire, ce n'est pas pareil, nuança Sirius. Allez, mangez, sinon ça va être froid.
- Et maintenant il nous met tous les deux au même rang en me traitant moi aussi comme un enfant, se désola Remus.
- Plus rien ne va dans cette famille, renchérit Harry.
Le rire qui les gagna tous prouva qu'au contraire, tout allait très bien au Square où ne régnaient que l'amour et la bonne humeur…
.
À quinze heures quarante-cinq, Sirius, Remus et Harry étaient à Sainte-Mangouste, dans la salle d'attente du généticomage Anderson. Harry faisait les cent pas, Sirius se rongeait les ongles, et parmi cette agitation, Remus était le seul à être relativement calme. Mais Harry, tout en arpentant la pièce, aperçut des signes de nervosité chez Remus. Un de ses pieds tapait légèrement contre le sol, il avait les sourcils infimement froncés, et ses doigts chiffonnaient les pages de la Gazette du sorcier qu'il avait emporté en quittant le Square et qu'il lisait pour patienter. On ne la faisait pas, à lui ! Et c'était peut-être parce que Remus était lui-même stressé qu'il ne leur disait rien, à Sirius et à lui. En tout cas, il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre ! Mais leur anxiété était naturelle : Harry allait connaître l'origine de son troisième allèle, il allait peut-être même avoir des indices sur l'identité de la personne dont il était issu, et Sirius et Remus, de leur côté, allaient apprendre ce que leur avaient caché James et Lily, leurs plus proches amis, dont ils avaient recueilli le fils qu'ils aimaient et dont ils s'occupaient comme si c'était le leur…
À quinze heures cinquante-huit, M. Anderson vint à eux et les pria de les suivre, ce qu'ils firent. Le généticomage les conduisit à son cabinet où Sirius, Remus et Harry virent un homme qui était sans nul doute le généticomage Dervinger. Ceci fut très vite confirmé par M. Anderson :
- Je vous présente M. Dervinger. C'est le gynécomage et généticomage qui a eu Mrs Potter comme patiente tout au long de sa grossesse. Il va vous renseigner sur cette histoire de troisième allèle.
- Vous êtes le parrain de M. Potter, c'est bien cela ? demanda M. Dervinger à Sirius.
- Oui, et Remus, à ma droite, est mon compagnon. Nous sommes tous deux responsables de Harry. Vous pouvez tout dire devant lui.
- Bien. S'ils ne survivaient pas à la guerre, M. et Mrs Potter avaient consenti à ce que je dise tout à leur fils ainsi qu'à vous, M. Black, si vous me contactiez pour avoir des précisions à ce qui était dit dans la lettre de Mrs Potter. J'ai encore la permission datée et signée…
- Nous vous croyons sur parole, déclara Remus, approuvé par Harry et Sirius. Mais quelle est cette lettre que vous avez mentionnée ?
- Mrs Potter avait rédigé une lettre à l'intention de M. Black dans laquelle elle expliquait tout sur sa grossesse. Dans l'éventualité où elle mourrait, elle avait confié le soin au gobelin en charge de son coffre de transférer cette lettre dans le vôtre, M. Black.
Harry vit Sirius se troubler à l'entente de ces mots.
- S'il y avait une lettre dans son coffre, Sirius l'aurait su, s'étonna Remus.
- Je le savais, intervint Sirius. Quand j'ai été innocenté, je suis allé à Gringotts, et il y avait bien une lettre dans mon coffre. Elle a dû y être mise le jour de la mort de James et de Lily, mais je n'ai pas eu le temps d'en être informé puisque le lendemain, j'ai été envoyé à Azkaban. Quand j'ai vu cette lettre il y a un an et demi, je n'ai pas eu le courage de la lire. C'était trop dur pour moi. Mais j'irai la récupérer, du coup, maintenant que je sais ce qu'il y a dedans…
- Ce serait bien, en effet, car il y a des choses dans cette lettre qui sont personnelles et que je ne suis pas légitime à vous révéler. J'espère que vous avez du temps devant vous, car ce que j'ai à vous dire est assez long…
- Nous n'avons rien de spécial à faire, assura Remus.
- Tant mieux, cela aurait été bête d'être pressés par le temps… Je vais donc tout vous raconter. M. et Mrs Potter ont d'abord fait appel à moi en février 1 979 afin d'effectuer une fécondation in vitro, ou une insémination artificielle. Après avoir examiné la situation du couple, c'est la seconde option qui a été privilégiée. Je ne vous divulgue pas pourquoi ils ont fait cette démarche, car Mrs Potter m'a dit qu'elle le dévoilerait dans sa lettre. Quand la première insémination de Mrs Potter a eu lieu, cela ne faisait que cinq ou six ans que cette pratique était exercée, et elle était très peu efficace. Mais nous avions commencé à comprendre dans quels cas c'était plus fructueux, et celui de Mrs Potter nous a confortés dans nos doutes. Il s'avère que quand le donneur et la personne qui reçoit sont deux Sang-Pur, cela ne fonctionne presque jamais. Quand c'est un Sang-Mêlé et une Sang-Pur, ou l'inverse, ça marche un peu mieux. Quand ce sont deux Sang-Mêlés, c'est déjà bien meilleur. Quand ce sont un Sang-Mêlé et une née-moldue, ou l'inverse, les résultats deviennent très satisfaisants. Quand ce sont un Sang-Pur et une née-moldue, ça marche autant que si c'était deux Sang-Mêlés. Et quand ce sont deux nés-moldus, c'est encore mieux, mais il n'y a eu que très peu de sujets de ce genre jusque-là, car les nés-moldus ne sont pas très au fait des méthodes médicales qui sont utilisées dans le monde sorcier. Pour ce qui est de Mrs Potter, il a fallu quatre essais pour que cela soit concluant, et tous les échantillons dont elle a bénéficié appartenaient à des Sang-Pur. Et celui qui a abouti à une grossesse était issu du Sang-Pur chez qui il y avait le moins de consanguinité. C'est ce facteur qui justifierait les échecs des inséminations entre deux Sang-Pur, et le très faible taux de réussite des inséminations entre un Sang-Pur et un Sang-Mêlé, ce dernier ayant obligatoirement dans ses ancêtres un Sang-Pur.
- Mais les dons de sperme ne sont-ils pas censés être anonymes ? s'intrigua Remus.
- Dans le monde sorcier, les donneurs ont le choix de faire le don de façon anonyme ou non, et ils doivent inscrire ce choix sur la fiche qui est à remplir pour chaque don. Mais même s'ils font le don de façon anonyme, nous les prions d'indiquer leur statut de sang. C'est très important pour nous, car cela contribue à faire avancer les recherches. Ces statistiques sont fondamentales pour faire toute la lumière sur la corrélation entre la génétique et l'efficacité des inséminations et des fécondations in vitro.
- Donc James et Lily avaient le nom du donneur ?
- Non, ils n'ont pas souhaité en avoir connaissance sur le moment. C'était prévu que je le leur dise un peu plus tard, mais ils n'en ont pas eu l'occasion… Quoi qu'il en soit, quand ils ont su que Mrs Potter était enceinte, ils ont désiré avoir recours à un don d'ADN pour que le futur enfant ressemble à M. Potter, même s'il n'était pas le père biologique. Ils voulaient sauver les apparences. Le fait que M. Potter n'était pas le vrai père n'avait pas vocation à être ébruité. C'est pour ça qu'ils ont préféré avoir un gynécomage qui était également généticomage pour le suivi de la grossesse de Mrs Potter. Et c'est ainsi que vous avez hérité d'un troisième allèle, exposa M. Dervinger à Harry. Le transfert d'ADN à un embryon était une technique autant récente que l'insémination artificielle, et le taux de réussite variait selon les mêmes conditions, c'est-à-dire le statut de sang du donneur et du receveur, ainsi que d'autres paramètres.
- James et Lily ne s'imaginaient sûrement pas que ce serait un tel succès pour eux, supposa Sirius. Harry est le portrait craché de James ! Je n'aurais jamais cru qu'il n'était pas le père biologique de Harry…
- Je peux vous certifier que ce jeune homme tient aussi de son géniteur, mais il est vrai que dans le cas de M. et Mrs Potter, le don d'ADN a particulièrement bien porté ses fruits.
- En parlant du géniteur… est-ce que l'on pourrait avoir son nom ? Enfin, si cela te va, Harry, bien sûr, ajouta Sirius.
- Oui, garantit Harry sans hésiter. Je veux être fixé, même si cet homme est un pur inconnu… Mais uniquement si c'est faisable, répéta-t-il.
- Ça l'est. Si M. et Mrs Potter avaient décidé d'attendre, ils ne vous interdisaient pas, en revanche, d'en faire la requête quand vous seriez plus grand. Et si vous la faisiez auprès de moi, ils m'avaient autorisé à vous dire le nom de votre géniteur. Mais au vu des circonstances, il vaut mieux que vous l'appreniez par vous-mêmes, suggéra M. Dervinger en s'adressant à Sirius, Remus et Harry.
À l'aide d'un Accio informulé, il attira à lui un dossier qu'il feuilleta avant de le tendre à Harry qui s'en empara. Derrière lui, Sirius et Remus posèrent chacun une main sur son épaule, et il sut qu'ils lisaient en même temps que lui ce qu'il avait dans les mains. C'étaient toutes les références et toutes les observations qui avaient été faites sur le don de son géniteur. Ce fut ce qu'il constata au premier coup d'oeil. Puis, se faisant la réflexion que le nom dudit géniteur devait être sur la première ligne, il leva les yeux vers le haut de la page. Ce fut là qu'il vit effectivement le nom, et la stupeur fut telle qu'elle le cloua sur place. Il resta bloqué sur les deux prénoms et le nom de famille qui étaient ceux de son père biologique. Ces trois noms qui lui étaient beaucoup trop familiers… Sirius Orion Black. Cela lui paraissait tellement improbable… L'incompréhension se mêla à sa stupéfaction. Comment cela était-ce possible ? Déboussolé, il se tourna lentement et timidement vers Sirius. Il avait besoin de voir sa réaction, mais tout en étant mal à l'aise. Et il regretta sa témérité en découvrant la pâleur du visage de Sirius. Remus, lui, était visiblement sonné, tout comme eux, mais ce fut lui qui brisa le silence en manifestant son incrédulité à M. Dervinger :
- Vous êtes sûr qu'il n'y a pas eu de confusion entre les échantillons ?
- Absolument sûr.
- Mais… c'est forcément une erreur… Comment Sirius peut-il être…
- Ce n'est pas une erreur, coupa Sirius, qui avait retrouvé un peu de couleurs, ainsi que l'usage de la parole. J'ai fait plusieurs dons de sperme à une certaine période de ma vie, lorsque j'étais avec cette femme que j'ai quelques fois évoquée devant vous… C'est elle qui m'a insufflé l'envie de faire ces dons. Et si je ne l'ai dit à personne, c'est parce que c'était un geste personnel, qui n'était pas voué à être su de qui que ce soit. C'était entre moi et moi. C'était pour aider des couples qui n'arrivaient pas à procréer. C'était injuste pour eux, et je déteste l'injustice. Et cette femme avec qui j'ai eu une relation était dans ce cas. Du moins, il y avait quelqu'un, dans son couple, qui avait des problèmes de fertilité. C'est elle qui m'a fait part du don de sperme. Et ça a été comme une évidence pour moi qu'il fallait que je fournisse le mien. Et, oui, c'est vrai, je ne l'ai pas fait de manière anonyme. Car si les enfants à naître s'interrogeaient plus tard sur l'identité de leur père biologique, il était hors de question qu'ils soient bloqués par ma faute. J'ai donc gardé le secret sur les dons que j'ai faits, de la même façon que James et Lily ont gardé secret le fait que James n'était pas le père de Harry… Et ça me rend amer de me dire qu'on s'est cachés des choses aussi importantes…
- Tu n'as aucun reproche à te faire, tu as parfaitement bien justifié ton choix de taire les dons que tu as faits, répliqua Remus.
- Si j'avais su que l'un d'entre eux allait servir à James et Lily…
Sirius offrit un sourire forcé aux deux généticomages, qui contrasta avec la sincérité de ses mots :
- Merci à vous, M. Anderson, de nous avoir reçu deux fois et d'avoir fait en sorte de faire venir M. Dervinger, et merci à vous, M. Dervinger, de nous avoir éclairés sur cette histoire de troisième allèle de Harry.
- Je n'ai fait que mon travail, affirma M. Dervinger. Je vous ai dit tout ce que j'estimais être en droit de vous dire, en suivant les instructions de Mrs Potter. Tout le reste doit être dans sa lettre. Mais s'il y a des choses qui n'ont été dites ni par mon biais, ni par le sien, je suis à votre entière disposition. Si vous avez des questions, envoyez-les-moi par lettre, et j'y répondrai dès que j'aurai le temps.
Sirius le remercia une fois de plus, chaleureusement imité par Remus et Harry, et ils serrèrent tous trois la main des deux spécialistes avant de quitter le cabinet. Harry avait l'impression d'agir tel un robot, tant il était chamboulé et désorienté par tout ce qu'il avait appris au cours de cet entretien. Il n'avait pas encore pleinement intégré le fait que Sirius était son père. C'était trop frais, et il n'était pas prêt à faire face à tout ce que cela impliquait. C'était comme s'il était dans le déni, mais un déni assumé. Il était tellement déconnecté de la réalité qu'il fut surpris lorsqu'il se heurta à la cheminée de Sainte-Mangouste. Il n'avait pas eu conscience de faire tout le chemin depuis le cabinet jusqu'au hall. Il fut le premier à aller dans la cheminée. Il se saisit d'une petite pincée de poudre, articula les trois mots de sa destination et jeta la poudre dans l'âtre. Il fut emporté par un tourbillon de flammes vertes et vit défiler une multitude de cheminées. Il atterrit dans celle du Square au bout de quelques secondes et en sortit pour ne pas se faire éjecter par l'un de ses deux tuteurs. Ce fut d'abord Sirius, puis Remus qui le rejoignirent. Ils s'époussetèrent, et cela dura trop longtemps chez Sirius pour que ce fût naturel. Comment étaient-ils censés faire comme avant avec cette bombe qui leur était tombée dessus ? C'était trop brutal. Ni lui, ni Sirius ne savaient quoi dire. Il y avait une gêne, entre eux, et elle n'allait pas disparaître comme ça. Harry sut alors ce qu'il avait à faire.
- Sirius ? Remus ?
- Oui ? fit Remus.
- Je… je crois que le mieux serait que j'aille chez Draco. Ce n'est pas contre toi, Sirius, mais il faut qu'on réfléchisse à tout cela, et ce sera plus simple si nous le faisons chacun de notre côté… À mon retour, tout sera plus clair dans nos esprits à propos de ce lien, et on saura quoi en faire. Il nous faut une transition, qu'on fera séparément, sans quoi cette tension palpable entre nous persistera.
Harry craignait de blesser Sirius, mais celui-ci hocha la tête sans avoir l'air froissé du tout.
- Je ne t'aurais pas soumis l'idée moi-même, car j'aurais eu l'impression de te virer du Square alors que tu es ici chez toi, mais je suis d'accord avec toi. C'est la meilleure solution, et je suis persuadé que ça ne dérangera pas Severus de t'accueillir quelques jours, ou même une semaine chez lui.
- Tu me laisserais rester une semaine là-bas ?
- Oui, et même plus, si c'est le temps qui te sera nécessaire. Mais ne t'éternise pas trop non plus, car Severus sera occupé début août, et je doute qu'il te faille un mois pour remettre de l'ordre dans tout ça, s'amusa Sirius en tapotant le front de Harry du bout du doigt.
Cette touche d'humour détendit l'atmosphère, et fit même rire Harry.
- À ce stade, ce n'est plus s'inviter, mais parasiter ! Je n'ai même pas assez d'affaires pour un aussi long séjour…
- Ah oui, égoïste comme il est, Severus refusera d'inclure tes vêtements dans sa lessive…
Harry lança un regard noir à Sirius. Mais ce n'était que pour la forme, car, en vrai, il était heureux et soulagé qu'en dépit de la situation, rien n'ait changé au niveau de leur complicité. Mais il était tout de même essentiel que Harry s'en aille pour qu'ils digèrent la nouvelle dans de bonnes conditions. S'ils le faisaient sous le même toit, le malaise n'allait pas se dissiper, et ils n'avanceraient pas.
- Plus sérieusement, n'aie pas peur d'embêter Severus, il va tout faire pour que tu te sentes chez toi, et ça va le frustrer si tu cherches à te faire tout petit…
Harry grimaça.
- Oui, ce ne serait pas très cool pour lui… Je vais faire des efforts, c'est promis.
- Bien. Tu peux aller faire ta valise, pendant ce temps, je vais contacter Severus.
Harry ne se fit pas prier et se dirigea vers les escaliers. Il monta à sa chambre et prépara aussitôt sa valise qu'il tira de sous son lit. Il songea avec humour qu'elle n'avait pas eu le temps de prendre la poussière, puisque cela ne faisait que trois jours qu'elle y était… Il y mit quatre tee-shirts, quatre jeans, trois pulls – au cas où il ferait froid – trois shorts – au cas où il ferait chaud – quatre pyjamas – deux fins et deux épais – ainsi que dix chaussettes et dix caleçons, ne pensant pas demeurer plus de dix jours chez Draco et son parrain. Il y mit également le matériel et les produits d'hygiène, des livres, et tout ce qui était susceptible de lui être utile. En attrapant la cage de Hedwige, il remarqua que celle-ci le fixait avec indignation.
- Rah mais t'en fais pas, je t'emmène avec moi…
Hedwige battit furieusement des ailes. Bon, apparemment, ce n'était pas le fait d'avoir cru que son maître s'en allait sans elle qui l'avait courroucée…
- Quoi, c'est l'inverse ? Tu ne veux pas que je t'embarque avec moi ?
Hedwige s'agita de nouveau. Elle claqua du bec, et Harry comprit d'un coup ce qui l'avait offensée.
- Le Miamhibou ! Oh, pardon, ma belle…
Harry s'empressa de jeter les paquets de friandises dans sa valise.
- Voilà, tu es contente ? dit-il en glissant un doigt à travers les barreaux de la cage.
Hedwige le lui mordilla sans lui faire mal, ce qui signifiait qu'elle ne boudait plus. Attendri, Harry sourit et lui gratta le menton. Puis il accrocha la cage à sa valise, sortit de sa chambre et redescendit au salon. Il fut étonné de constater l'absence de Sirius.
- Remus ?
- Oui ?
- Sirius n'est pas là ?
- Non, il est chez Severus.
- Mais il avait dit qu'il allait le contacter, pas qu'il irait chez lui…
- Oui, mais il était bien obligé de lui avouer ce qui te poussait à déserter le Square, et il n'allait pas le faire la tête dans sa cheminée…
- Vu comme ça…
Harry s'assit sur une chaise et se résigna à patienter. Il observa Remus qui était plongé dans un livre et tenta de deviner si l'aura sereine qui émanait de lui était réelle ou si elle n'était qu'une façade.
- Remus ?
- Mmmh ?
Harry hésita. Il eut peur d'être trop indiscret. «C'est de la bienveillance, vas-y» lui souffla sa petite voix. Il se fia à elle :
- Comment te sens-tu, toi ?
Remus leva les yeux de son ouvrage. Il le ferma et l'écarta de lui, comme s'il s'apprêtait à avoir une grande discussion avec Harry.
- Eh bien, je suis comme Sirius et toi, mais je ne suis pas directement concerné, donc je fais de mon mieux pour me détacher de tout ça afin d'être là pour vous. Mais que vous adoptiez ou non ce lien qui vous unit, je m'adapterai. Mais je ne nie pas que cela me fait bizarre que sur les centaines et les centaines de millions d'hommes qui auraient pu être ton père, ce soit nul autre que Sirius… Mais il n'y a qu'avec le temps et le recul qu'on va s'y faire. Et le fait que tu prennes de la distance est une bonne chose. Mais ça va faire un vide, sans toi…
Ces mots spontanés émurent Harry.
- Vous allez me manquer aussi… Ce n'est pas ainsi que j'avais envisagé le début de mes vacances… Mais on a tenu à avoir la vérité sur mon troisième allèle, on l'a eue, et il faut faire avec, à présent.
- Je n'aurais pas mieux dit !
- Mais ce séjour chez Draco, est-ce que ça va supprimer celui que je de…
Harry fut interrompu par l'irruption de Sirius dans le salon. Pourquoi se salir avec la cheminée alors qu'il y avait un moyen de transport bien plus rapide et pratique ?
- Tout est réglé, Severus t'attend, indiqua-t-il.
Une boule se forma soudain dans la gorge de Harry. Pris par une pulsion, il alla se réfugier dans les bras de Sirius. Une douce chaleur l'envahit quand Sirius les resserra autour de lui.
- On a tous les deux la crainte que notre relation pâtisse de cette révélation, mais on a actuellement la preuve que non…
- Oui, et tu n'imagines pas combien ça me rassure… J'espère que ces quelques jours chez Severus et Draco te seront bénéfiques. Je t'aime, Harry. Ne l'oublie surtout pas.
- Il n'y a pas de danger… C'est auprès de toi que je me sens le mieux. C'est juste que…
- Ne te justifie pas, Harry. On a la même vision des choses. Ça ne nous fait plaisir ni à toi, ni à moi, mais c'est pour le mieux.
Harry acquiesça et se blottit davantage contre Sirius.
- Allez, plus on va tarder, plus ça va être dur…
Sirius n'avait pas tort. Harry se défit à contrecoeur de l'étreinte. Il attrapa sa valise, la traîna jusqu'à la cheminée, piocha une poignée de poudre et prononça l'adresse de son professeur de potions :
- Numéro deux, Impasse du Tisseur.
Pour la deuxième fois en deux heures, il disparut dans une gerbe d'étincelles vertes. Mais cette fois-ci, ce ne fut pas au Square qu'elle le conduisit, mais à une toute autre maison dans laquelle il n'avait jamais mis les pieds…
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POV Severus
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- De la menthe poivrée dans un antidote au piment… Mais bien sûr… On n'apaise pas le feu causé par un piment avec un ingrédient qui arrache !
Severus corrigeait les dernières copies des élèves de troisième année et priait Merlin pour que celles des quatrième année soient moins désastreuses. Sur trente-neuf élèves, il n'y en avait que vingt-trois qui avaient la moyenne. Il avait plus précisément attribué sept Optimal, cinq Effort Exceptionnel, et onze Acceptable. Pour les autres, il y avait huit Piètre, cinq Désolant et trois Troll. Tout cela n'était pas très fameux… Mais les sept Optimal étaient là pour hausser un peu le niveau. S'il y avait eu une quarantième élève, peut-être y aurait-il eu une autre note égale ou supérieure à Acceptable… Mais cette promotion avait perdu une élève avant même la répartition. Les parents de celle-ci avaient opté pour une instruction à domicile, la santé de leur fille étant incompatible avec des études à Poudlard.
Cela faisait une heure qu'il était sur ses copies. Il s'y était attaqué car les conditions étaient idéales pour travailler : il était seul, Draco étant dans sa chambre, tout était calme, il n'avait pas de potions à brasser… Remplir son rôle de professeur n'était pas une corvée pour lui lorsqu'il le faisait dans un cadre aussi confortable.
Il rayait une énième ânerie quand un chien argenté surgit devant lui.
- Bonjour, Severus, c'est Sirius, puis-je te parler face à face ? C'est urgent. Rapport au rendez-vous chez le généticomage… Merci.
Le canidé se volatilisa, tout comme la plaisante atmosphère dans laquelle se trouvait Severus deux minutes plus tôt, pour faire place à une ambiance bien plus pesante. Il n'y avait plus rien d'agréable. Tout le corps de Severus s'était tendu comme un arc. Il était au courant que Sirius, Remus et Harry avaient un entretien avec le généticomage ce jour-là, et le ton de Sirius était trop grave pour que ça se soit bien déroulé… Severus s'empressa d'invoquer son Patronus à qui il fit délivrer un message dans lequel il permit à Sirius de débarquer chez lui, ce qu'il fit quelques minutes plus tard. Severus avait entre-temps fait du thé.
- Ton Patronus m'a inquiété, signala-t-il d'emblée à son ami et collègue qu'il invita d'un geste de la main à s'asseoir.
Sirius s'installa et accepta la tasse que lui offrit Severus. Il avait les traits tirés et le teint pâle, ce qui ne fit qu'augmenter l'anxiété de Severus.
- Dis-moi tout, incita-t-il Sirius.
Celui-ci se mordit la lèvre, les mains crispées autour de sa tasse.
- Merlin, comment te dévoiler ça… Je ne l'ai même pas encore assimilé moi-même…
- Le mieux est de te lancer sans réfléchir, conseilla Severus.
Sirius l'écouta, ouvrit la bouche… et la referma, visiblement incapable de se jeter à l'eau.
- Sirius, tu m'angoisses, là… Tu ne t'es quand-même pas battu avec le généticomage ?!
Sirius écarquilla les yeux.
- Bien sûr que non ! Pourquoi aurais-je fait cela ?!
- Je n'en sais rien, mais ça expliquerait ton attitude…
- Non, ce n'est pas du tout ça.
- C'est quoi, alors ?
Sirius garda le silence.
- Bon, est-ce qu'il y a bien eu un don d'ADN ?
- Oui.
- Qu'est-ce qui a amené les parents de Harry à avoir recours à ce don ? Est-ce que Lily a trompé son mari ?
- Non mais ça va pas ?! Tu connaissais très bien Lily, il n'y avait pas plus fidèle qu'elle !
- Excuse-moi, j'essaie juste de faire avancer le schmilblick ! Est-ce que… est-ce que la grossesse de Lily a été issue d'un viol ?
- Non. Mais tu as au moins fait une bonne déduction… James n'est pas le père de Harry.
- C'était ce qu'il y avait de plus logique pour moi s'il y a eu un don d'ADN… Mais c'est ça que tu n'osais pas me dire ?
- Non, ça, à la rigueur, c'est rien… Même si c'était dur, je m'étais fait à cette idée depuis le premier entretien avec le généticomage. Là, c'est le gynécomage et généticomage qui a suivi Lily durant sa grossesse qui nous a tout expliqué. De toute évidence, James était stérile, et cela faisait un moment que Lily et lui le savaient. Dès qu'ils ont souhaité avoir un enfant, ils ont fait appel à un spécialiste qui était à la fois gynécomage et généticomage. Ils avaient déjà prévu que James allait faire don de son ADN à l'embryon. Je t'épargne les détails, mais Lily a subi quatre inséminations artificielles, et comme tu t'en doutes, c'est grâce à la quatrième que Harry a été conçu. Jusque-là, Remus, Harry et moi avons tout encaissé sans trop de difficultés. Mais il subsistait un grand mystère qui n'avait pas été résolu : qui était le père biologique de Harry ? Comme le généticomage nous avait dit que tous les échantillons dont avait bénéficié Lily provenaient de divers Sang-Pur, cela signifiait que le père de Harry en était un, et que son nom nous serait forcément familier… Les Sang-Pur sont tous reliés les uns aux autres, et tous les noms figurent sur la tapisserie du Square… C'est Remus qui a posé la question, et comme la réponse allait être un choc pour nous, le généticomage a préféré mettre entre les mains de Harry le dossier gynécologique de Lily, à la page où il y avait tous les renseignements sur le don du géniteur de Harry. Et c'est là que tout a effectivement basculé pour nous trois, et plus particulièrement pour Harry et moi. Car l'échantillon qui a fécondé Lily… c'est le mien.
Les yeux de Severus s'agrandirent sous le coup de la stupeur.
- Qu… quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Sirius relata alors à Severus ce qui l'avait poussé à faire plusieurs dons de son sperme, et pourquoi il n'en avait rien dit à personne.
- Je saisis mieux… Mais ça n'a pas été trop violent, pour Harry et pour toi ?
- Si, mais Remus a fini par exprimer son incrédulité, en accusant limite le généticomage de mentir, et ça m'a forcé à reprendre contenance pour leur dire tout ce que je t'ai raconté à l'instant. Mais dès lors qu'on a su que j'étais le père de Harry, un malaise s'est créé, et il s'est bien fait ressentir quand nous sommes retournés au Square. Harry en était bien conscient, et pour y remédier, il s'est proposé d'aller passer quelques jours chez toi afin que l'on médite tranquillement et chacun de notre côté sur tout ça, et notamment sur l'impact que va avoir ce lien sur notre relation. C'est pour cela que je suis là. Pour te demander si tu veux bien accueillir Harry jusqu'à ce qu'il soit au clair sur tout ça.
- Évidemment, et il pourra rester autant de temps qu'il le voudra.
- Merci. Mais pour toi, est-ce que c'est une bonne idée, cette séparation ? Tu es psychomage, tu sais mieux que nous ce qui est le plus adapté dans ce genre de cas… Et c'est pour ça que je suis content que Harry veuille aller chez toi, et non chez les Weasley. Il sera chez la meilleure personne qui soit pour s'occuper de lui après un tel choc…
- Ce n'est pas faux, approuva Severus en souriant. Et sinon, oui, pour moi, cet éloignement, c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Mais il ne faut pas non plus que vous coupiez complètement les ponts… Il faut un juste milieu pour que ce soit vraiment efficace. Et pour cela, il faut que vous vous écriviez au moins une fois au cours du séjour de Harry ici, ou deux s'il se prolonge au-delà de dix jours, afin d'avoir des nouvelles l'un de l'autre, de partager l'évolution de votre réflexion personnelle au sujet de votre lien, sans pour autant dire comment vous vous positionnez par rapport à votre relation, ce qui, je présume, est l'enjeu de cette réflexion…
- En effet. On ne se l'est pas dit explicitement, mais la question, c'est de décider comment on va se considérer… Est-ce qu'on va tenir compte de ce lien de parenté ? Est-ce qu'on va faire comme s'il n'existait pas ? Comment Harry va-t-il m'appeler ? Va-t-il abandonner son nom de naissance pour adopter le mien ? Tout ça ne sera pas pour tout de suite, bien sûr, mais ce serait bien que l'on sache si on a une idée sur tout ça quand Harry rentrera…
- Ce n'est pas bien grave s'il subsiste des zones d'ombre quand il reviendra. Le principal, c'est que vous soyez au point sur ce que vous voulez concernant votre relation dans l'immédiat. Et c'est sur ça que l'on va travailler, lui et moi.
- Tu vas inclure ça dans les séances de thérapie ?
- Non, ce sera à part. Mais on ne fera pas un bilan tous les jours, ni tous les deux jours, ce sera une ou deux fois par semaine, pas plus. Déjà qu'il y a les séances de thérapie habituelles, comme tu l'as mentionné…
- Oui, ne va pas le surcharger, le pauvre… Il est en vacances, après tout !
- Exactement, renchérit Severus. Bon, mettons-nous d'accord sur certaines choses. On avait dit que Harry irait une semaine chez moi fin juillet, et que Draco irait une semaine au Square fin août, mais est-ce que l'on maintient ce programme ?
- Oui, on ne va pas leur enlever l'une de ces deux occasions d'avoir du temps rien que pour eux… Surtout que là, c'est un séjour improvisé qui n'a rien à voir avec ceux qu'on avait planifiés… Harry va avoir la tête ailleurs, et même quand il sera avec Draco, il ne va pas profiter pleinement du temps qu'il aura avec lui…
- C'est ce que je me disais, ça m'aurait crispé si tu avais suggéré de remplacer un des deux séjours par celui-là… Et pour ce qui est de Harry et Draco, justement ? Combien de nuits ensemble va-t-on leur octroyer ?
- Trois par semaine maximum, comme à Poudlard ?
- Ça me va, j'aurais dit trois ou quatre, mais trois, c'est parfait. Il y a une dernière chose sur laquelle j'aimerais avoir ton avis. Que ce soit durant ces quelques jours ou à la fin de ce mois, quand Harry fera son vrai séjour ici, je sais pertinemment qu'il va m'appeler «professeur», alors qu'on sera dans la sphère privée et non scolaire… Je ne serai pas son professeur, mais le parrain de son petit-ami… Mais dans le même temps, je serai toujours son médicomage et psychomage… En fait, parmi toutes mes casquettes, c'est la seule que je n'aurai pas qui sera associée à la façon dont Harry s'adressera à moi…
- C'est assez paradoxal… et comique, s'amusa Sirius. Et c'est un brin compliqué… Je t'avoue que je n'ai pas de solutions pour pallier ce problème… Soit il t'appelle «professeur», soit il t'appelle par ton prénom… À toi de choisir quelle formulation est la plus appropriée au contexte. Après, il y a le classique «monsieur», qui, pour le coup, est tout à fait neutre.
- Oh, pas bête du tout… Ça aurait été trop abrupt si je l'avais exhorté à m'appeler «Severus», il n'y aurait pas eu de phase de transition, et ça n'aurait pas été l'option la plus adéquate, car comme il y aura les séances de thérapie, je serai autant son psychomage que le tuteur de son petit-ami… Mais le «monsieur» est une très bonne alternative. Merci, tu as sauvé ma santé mentale, là. Car pour Harry, ça aurait été naturel pour lui de m'appeler «professeur» pendant une semaine, mais pour moi qui ne veux plus rien avoir à faire avec Poudlard, ça aurait été un supplice !
Sirius éclata de rire.
- J'imagine très bien ! Ravi de t'avoir aidé. Mais au fait, où est Draco ?
- Dans sa chambre. Il doit être en train de lire un de ses livres sur les potions… Il a peur que je le lui arrache des mains s'il le lit devant moi. Mais je me suis pourtant fait une raison. Et je ne peux pas le blâmer d'être en permanence dans les potions, que ce soit dans mon laboratoire ou dans ses lectures, puisque j'étais pareil à son âge, je ne vivais que pour les potions, même pendant les vacances… Je lui dirai qu'on va héberger Harry pour une durée indéterminée entre ton départ et l'arrivée de Harry.
- Ça va peut-être l'inciter à lâcher ses bouquins, supposa Sirius.
- Oh oui, sûrement. Il va largement préférer être avec son chéri qu'avec ses encyclopédies !
- Il y a intérêt ! Même si Harry ne sera pas très loquace, il ne sera pas contre le réconfort du garçon qui fait battre son coeur qui a été un peu malmené… Bon, je vais y aller, il se fait tard, je ne vais pas t'envoyer Harry à onze heures du soir…
Severus acquiesça et se leva, très vite imité par Sirius.
- Je te confie Harry, dit-il d'un ton très sérieux. Prends bien soin de lui…
- Je te le promets. Tu n'as pas eu à te plaindre de la façon dont il a été traité durant sa convalescence chez moi, eh bien ce sera pareil cette fois-ci. Il sera même beaucoup plus choyé. Mais sans non plus aller dans l'excès…
- J'ai entièrement confiance en toi, assura Sirius. Je sais qu'il sera entre de bonnes mains, ici. Merci pour tout.
Sirius serra brièvement le bras de Severus, puis il transplana. Severus ne perdit pas une seconde et monta à la chambre de Draco. Il frappa à la porte et l'ouvrit quand il entendit un «Oui ?».
- C'est l'heure de dîner ? Pardon, je ne m'en étais pas aperçu, s'excusa Draco.
Ne sachant pas du tout quelle heure il était, Severus lança un Tempus qui l'informa qu'il était un peu plus de dix-neuf heures.
- Pour être honnête, je suis comme toi, je n'avais pas fait attention à l'heure… Mais du coup, on va bientôt dîner, oui. Mais d'ici une bonne demie-heure, pas avant. Et ce n'est pas pour ça que je viens te voir, à la base. J'ai reçu la visite de Sirius…
- Ah oui, ils avaient rendez-vous avec le généticomage !
À peine Draco se fut-il exclamé qu'il fronça les sourcils.
- Vu ton air, il y a eu un souci…
- Ce n'est pas vraiment un souci, mais il y a eu un gros bouleversement qui implique des décisions de la part de Sirius et de Harry, et ils ne peuvent pas y réfléchir de manière productive en étant sous le même toit. Il y a un malaise entre eux, lié à ce qu'ils ont appris, et il ne se dissipera qu'en prenant leurs distances, sans pour autant rompre le contact. Mais Harry te dira tout quand il sera là. Car il va être quelques jours ici avec nous.
- Oh… Mais… il va bien ?
- Physiquement, oui. Moralement… disons qu'il est dans le flou total. Ses repères sont chamboulés. Mais il vaut mieux que ce soit lui qui te dise tout. Par contre, il se peut qu'il ne le fasse pas tout de suite…
- Oui, je ne le presserai pas, je lui laisserai tout le temps qu'il lui faudra.
- Bien. Harry sera là d'une minute à l'autre, tu m'accompagnes en bas ?
- Quelle question !
Severus sourit et sortit de la chambre de Draco avec celui-ci. Ils redescendirent, et comme l'avait dit Severus, Harry apparut dans la cheminée cinq minutes plus tard. Il stabilisa sa valise et la cage de sa chouette, et regarda autour de lui. Ses lèvres s'étirèrent timidement lorsqu'il vit Severus et Draco.
- Bonsoir, merci de m'accueillir chez vous… Ce n'était absolument pas prévu, mais…
- Ne vous en faites pas pour ça, l'interrompit Severus d'une voix douce. C'est une joie pour nous de vous avoir ici. Vous êtes ici chez vous. Draco, emmène-le à la chambre d'ami du premier étage, afin qu'il puisse s'installer. De mon côté, je vais préparer le repas. Je me doute que vous n'avez pas très faim, Harry, mais il est primordial que vous vous nourrissiez.
- Je me suis gavé ce midi, Remus ayant une énième fois fait preuve de ses talents culinaires, mais il y a eu les émotions, depuis, et j'ai actuellement un petit creux, affirma Harry.
- Tant mieux. Du poulet, des tomates et des concombres, cela vous va-t-il ?
- Oh, je ne suis pas difficile… Et c'est un menu idéal pour un soir d'été quand il fait chaud !
- C'est sûr que je n'allais pas vous faire de la soupe ou du ragoût ! Allez, Draco va vous conduire à votre chambre.
Harry hocha la tête et suivit Draco vers les escaliers. Severus, lui, alla à la cuisine où il s'attaqua au repas. Il vida les trois quarts d'un paquet d'émincés de poulet rôti dans un plat, coupa les tomates et les concombres en de fines lamelles, puis il les assaisonna et les mit dans un autre récipient. Il fut de retour dans le salon en même temps que Harry et Draco. Il s'avéra que Harry avait de l'appétit, tout compte fait, car il fit honneur à son assiette. Ils discutèrent de choses très légères, et ce fut dans une ambiance très agréable qu'ils se restaurèrent. La salade de fruits que Severus avait faite la veille et qu'il servit en dessert rencontra un franc succès, ce qui ne l'étonna guère concernant Harry. Quand il l'avait eu chez lui suite à son viol et à son intoxication aux potions de sommeil sans rêves, il avait réussi à lui faire retrouver le goût et le plaisir de manger. En plus des potions nutritives, c'était grâce à cela qu'il avait regagné plusieurs kilos. Cela avait été long, Harry partant de très loin, mais c'était l'un des objectifs que Severus s'était fixés, et il était heureux de l'avoir atteint. Non pas pour lui et pour toute l'énergie qu'il avait consacrée à cet objectif, mais pour Harry. Et il avait bien l'intention de lui faire de nouveau apprécier chacun de ses mets !
Après le dîner, Draco s'éclipsa, ayant deviné que Severus voulait parler avec Harry. Celui-ci n'était pas dupe, et il prit Severus de court en lui offrant de lui-même l'occasion d'avoir une conversation :
- Puis-je vous aider à débarrasser et à faire la vaisselle ? Si je ne m'occupe pas, je vais gamberger, et ça m'effraie d'être seul avec mes réflexions…
- C'est normal, mais ne vous inquiétez pas, vous boirez ce soir une potion relaxante pour que votre nuit ne soit pas trop agitée à cause de mauvais cauchemars qui seraient susceptibles de la perturber. Bon, allons faire la corvée.
Severus se leva sur ces mots. Harry fit de même, et ils rejoignirent la cuisine en emportant avec eux verres, assiettes et couverts. Tout en commençant à les laver, Severus engagea le dialogue :
- Comment gérez-vous les choses ? Je ne vais pas trop vous embêter avec ça, c'est juste histoire de déblayer un peu le sujet…
- J'avais bien senti que vous alliez l'aborder… Et ça ne me dérange pas. Et pour vous répondre, je suis dans le brouillard, j'ai du mal à distinguer ce que je ressens précisément, tout est contradictoire dans mon esprit, c'est horrible… C'est typiquement le genre de situation où vous rêviez de quelque chose sans oser en fait part, et quand vous l'avez, vous êtes anéanti car ce n'est pas du tout comme ça que vous espériez avoir cette chose… Eh bien c'est exactement ça. Pour être plus clair, ça fait un moment que je songeais à ce que Sirius m'adopte, à ce que je sois officiellement son fils aux yeux de la loi, afin qu'il ait tous les droits sur moi, et Remus aussi par extension, si Sirius et lui venaient à se marier et si Remus m'adoptait à son tour… J'avais cette profonde envie d'être le fils de Sirius pour que tout soit plus simple et pour que Remus, lui et moi fondions une vraie famille… Mais être le fils biologique de Sirius, c'est tout autre chose… Et paradoxalement à cette envie que j'avais, je n'étais pas prêt à considérer Sirius comme mon père, et je ne le suis pas plus aujourd'hui ! Je ne sais plus quoi penser… Après, c'est cool, car Sirius va pouvoir me reconnaître sans être obligé de passer par l'adoption, mais j'ai peur que notre relation ne soit plus la même après ça…
- Si c'est la crainte que vous avez, rien n'interdit Sirius de vous reconnaître, mais uniquement pour avoir tous les droits, sans que cela ne doive forcément modifier la nature de votre relation. Si vous préférez continuer à vous voir comme parrain et filleul, rien ne vous en empêche. C'est votre droit. Et personne n'a son mot à dire là-dessus. Cela ne regarde que Sirius et vous. Et c'est peut-être avec le temps que vous verrez votre relation évoluer petit à petit… En fait, il ne faut pas essayer de tout contrôler. Est-ce que vous comprenez ce que je veux vous dire ?
Harry acquiesça lentement.
- Oui, et c'est très logique. Et les derniers mots que vous avez prononcés ont tout débloqué. C'était ça, mon problème. J'étais dans l'optique de tout contrôler. Mais c'était sûrement une erreur…
- Oui, et en plus, c'est impossible. Mais s'il y a un conseil que je peux vous donner, c'est d'écouter ce que vous dit votre coeur, car tout ça relève de l'affect, et c'est son domaine. Si je vous demandais à chaud, là, tout de suite, maintenant, ce que vous désirez vis-à-vis de votre relation avec Sirius, que me diriez-vous ?
- Que je veux garder celle que j'avais avant l'entretien avec le généticomage, dit Harry sans hésiter.
- Voilà, ça, c'est spontané. Là, ça vient du coeur, approuva Severus. Cela a dû vous alléger un peu, non ?
- Oui, et ça fait du bien… Merci, professeur.
Comme Harry n'était là que depuis à peine deux heures, Severus ne l'ennuya pas avec ce qu'il avait conclu avec Sirius quelques heures plus tôt. Il réglerait cela le lendemain avec Harry.
- Avant que je n'oublie, je vais aller vous chercher votre potion.
Severus quitta la cuisine, alla à son laboratoire où il s'empara d'une fiole dans l'un de ses placards, puis il revint vers Harry. Il lui tendit la fiole que Harry rangea dans sa poche en le remerciant.
- Professeur ?
- Oui ?
- Il y a quelque chose qui m'intrigue… Ce n'est pas trop… déprimant d'avoir une si grande maison lorsqu'on est seul ? Là, il y a Draco, mais les années d'avant…
- Cela a toujours été comme sa deuxième maison, tant il était souvent là quand il était petit. Depuis qu'il est à Poudlard, et jusqu'à la fin de sa quatrième année, ses parents me le confiaient durant une bonne moitié des vacances. Mais en-dehors de cela, c'est vrai que j'étais seul. Mais la maison n'est pas si grande que ça…
- Oh, quand-même… Il y a deux étages, ce n'est pas rien.
- Bon, je vais être honnête avec vous, et vous n'êtes plus un enfant, il y a des choses que vous êtes en âge d'entendre… Lorsqu'on est au service de Vous-Savez-Qui et qu'on se réunit, l'endroit varie à chaque fois, pour limiter les risques de se faire repérer, même si nos maisons sont très sécurisées. De plus, il était courant de devoir héberger des collègues, car ils avaient les Aurors à leurs trousses, et s'ils se faisaient arrêter chez eux, leurs femmes se feraient aussi embarquer. Leur but était de les protéger, et c'est pourquoi ils allaient se réfugier chez un autre Mangemort. Par conséquent, il valait mieux qu'on ait tous assez d'espace dans nos maisons pour éviter de dormir les uns sur les autres… Et c'était plus pratique pour les réunions. Car bon, il était rare qu'on ne boive que de l'eau, on était même la plupart du temps dans un piteux état lorsqu'elles se finissaient, et transplaner après s'être lâché sur la boisson, c'était très dangereux… Ce n'était pas un mode de vie qui me plaisait, surtout que je craignais de trahir ma couverture si je buvais trop, mais cela aurait été trop suspect aux yeux du Maître de ne pas se faire entraîner par les autres… Enfin bref, ce n'était pas ma période la plus glorieuse, et ce, à tous les niveaux.
- Mais vous vous êtes bien rattrapé cette année, nuança Harry. Moi, c'est ça que je retiens de vous.
Severus sourit.
- Votre âme est aussi pure que ne l'était celle de votre mère… Elle transparaît dans chacune de vos paroles. Conservez cette pureté le plus longtemps possible. C'est très précieux. Allez, je vous libère.
Harry accrocha au clou le torchon avec lequel il avait essuyé la vaisselle, souhaita une bonne soirée à Severus et s'en alla. Severus termina de mettre les couverts à leur place, et une fois ceci fait, il se rendit au salon où il se remit à la correction de ses copies. Il allait s'attaquer à celles des quatrième année et il espérait toutes les faire avant d'aller se coucher. Mais il allait peut-être brasser quelques potions. Il avait besoin de se vider la tête, et il n'y avait rien de tel pour ça que son bon vieux métier de potionniste… Fabriquer une potion exigeait d'être à cent pour cent concentré dessus. Si cela ne tenait qu'à lui, il irait immédiatement à son laboratoire. Mais ce n'était pas la bonne chose à faire, et il était quelqu'un de raisonnable. Il avait une priorité, et c'étaient ses copies d'examens. Il s'y attela donc, et étant quasiment dans les mêmes conditions qu'avant la visite de Sirius, avec le silence et le calme, ce ne fut bientôt plus une besogne pour lui. Il était presque minuit lorsqu'il nota la dernière copie, à laquelle il attribua un Acceptable. N'étant pas fatigué, il s'autorisa à aller concocter une ou deux potions. Il allait se replonger dans son univers qu'il chérissait tant, et il estima que c'était plus que mérité après la journée forte en émotions qu'il avait eue…
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Ravis d'avoir enfin l'origine du troisième allèle de Harry ? Est-ce qu'il y en a parmi vous qui aviez deviné ou qui n'étaient pas très loin de la réponse ? Car bon, c'était compliqué de tout deviner XD
Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 14 mai (on va dire entre midi et 20h, pour être large XD)pour le prochain chapitre (normalement) intitulé «Arrivée, grosse frayeur et méfiances». D'ici là, je vous souhaite de passer trois bonnes semaines, portez-vous bien, je vous embrasse très fort, et plein de bisous tout le monde !
