Rappel de la note publiée avant ce chapitre :

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Bonjour à toutes et à tous ! Je publie cette note pour vous prévenir que le chapitre ne sera pas publié demain, mais mardi ou mercredi, car il me reste 2 POV à écrire. Sur les trois semaines depuis la publication du dernier chapitre, je n'ai eu que deux semaines pour écrire, car la semaine de la rentrée a été une semaine d'examens, j'en avais tous les jours, et en plus de cela j'avais un devoir à faire qui m'a pris plus de temps que toutes mes révisions réunies. Sur sept jours, j'avais une moyenne de quatre heures de sommeil par nuit, donc écrire était juste impossible XD Je ne sais pas si, parmi vous, il y en a qui comptent faire des études de lettres, mais si c'est le cas et si c'est du contrôle continu, armez-vous de courage XD J'ai l'impression que les études de lettres sont largement sous-estimées en termes d'investissement, qu'elles sont réputées pour être "cool", alors que ce n'est pas du tout le cas XD Après, ça dépend sûrement des facs, mais si je peux vous donner un conseil, n'écoutez pas tout ce qui se dit sur les études que vous souhaitez faire, ça peut induire en erreur et vous donner une fausse idée du cursus qui vous intéresse ^^

Bref, je suis donc désolée pour ce retard, mais si les journées duraient 36 heures et non 24 heures, j'aurais pu vous offrir le chapitre en temps et en heure XD Là, je vais enfin avoir plus de temps pour écrire, et je vais tout faire pour prendre de l'avance pendant les vacances. Encore pardon pour l'attente mais dites-vous qu'au moins, vous aurez un chapitre propre et bien relu !

Je vous embrasse très fort, plein de bisous à vous toutes et à tous, et prenez bien soin de vous !

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Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le troisième chapitre de SAMLD ! Désolée pour le retard, mais comme expliqué plus haut dans la note (que je supprimerai demain car sinon, il va y avoir du cafouillage), j'ai manqué de temps à cause de les examens. C'est comme ça depuis le début de ce second tome car j'ai eu la bonne idée de le commencer alors que je n'avais aucune avance sur les chapitres et que j'étais en pleine période de rush avec les devoirs, les devoirs sur table et l'approche des partiels qui ont eu lieu la semaine après la rentrée qui a été très chargée… Tout compte fait, je crois que j'aurais dû faire une pause de deux mois entre le premier et le deuxième tome, le temps d'avoir deux ou trois chapitres sous le coude… Mais normalement, ça devrait aller mieux, je suis en vacances et je devrais avoir tout le temps d'écrire !

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tyffaine bally : Aïe, Fred se fait pincer les oreilles XD Je suis bien d'accord, il joue avec le feu et ce n'est pas cool du tout pour les deux filles… Tu as parfaitement bien identifié la vraie nature de sa relation avec Angelina ! Avec elle, c'est surtout du sexe, alors qu'avec Agathe, c'est plus profond… C'est sur elle qu'il devrait se concentrer. Là, il la relègue un peu au second plan pour continuer à coucher avec Angelina… Tout ce que je peux dire, c'est qu'il n'est pas au bout de ses peines, que ce soit avec Angelina ou avec Agathe XD

Le père de Harry aurait pu être n'importe qui, en vrai XD Tu as bien fait de ne pas chercher, tu te serais arraché les cheveux XD Oui, pour l'instant, je pense que personne ne les voit comme père et fils, on est trop habitués à leur relation de parrain/filleul… Mais ça se fera avec le temps !

Merci pour ta review, et contente que tu aies aimé revoir tout ce monde !

mimibou : J'ai passé de bonnes semaines, oui, même si elles ont été intenses XD Et toi, ça a été ?

Oui, je sais que tu suis DRAP et je crois que tu suivais aussi les fics de luxcie, et c'est normal que tu te mélanges un peu entre les fics XD Oh mais c'est beaucoup trop gentil… Ça me touche trop car tout ce que tu soulignes me tient vraiment à coeur, à tel point que je serais prête de retarder d'une journée la publication d'un chapitre juste parce qu'il ne me manque que la relecture… Pour moi, c'est normal de vous offrir des chapitres relus et corrigés avec soin, et je sais qu'il y a des auteurs qui galèrent beaucoup plus avec la grammaire, la conjugaison et l'orthographe, et qui relisent cinq fois leurs chapitres avant de les publier, et pour moi, ce sont eux qui ont le plus de mérite… Perso, ça me prend trois heures pour un chapitre de 20 000 mots, parce que je pinaille beaucoup XD Je n'ai jamais eu l'impression d'être perfectionniste dans quoi que ce soit, mais je crois que pour ma fic, en réalité, je le suis XD Et si je l'étais moins, j'irais plus vite et je n'aurais pas de retards dans la publication XD En tout cas, merci, tout ce que tu me dis me touche beaucoup !

Effectivement, il vaut mieux éviter de remettre le couvert avec quelqu'un si, à la base, on voulait rompre XD Fred a clairement fait n'importe quoi, et il va vite regretter d'avoir continué à coucher avec Angelina…

Je ne sais pas si tu l'as déjà mentionné, mais je ne me souviens plus si tu es en terminale ou si tu es à la fac… Ça se trouve, ce n'est ni l'un, ni l'autre XD Mais si tu es à la fac, ce serait une fac de biologie, non ? Je ne sais plus si j'ai étudié les allèles au lycée… Après, comme tu es au Québec, les programmes scolaires doivent être différents, que ce soit au collège, au lycée ou à la fac… Mais c'est drôle, comme coïncidence ! Bon, après, il ne faut pas trop se fier à ce qui est dit dans cette fic, je suis loin d'être experte XD Mais c'est un sujet qui m'intéresse et j'ai consulté plein de sources pour être sûre de ne pas dire d'âneries XD Après, si ça s'est vérifié lors de tes cours, ça me rassure XD Tu as eu un avant-goût avant d'étudier ça plus en détail, du coup XD

Rah là là, en voyant ce que tu dis sur Harry et Théo, j'ai tellement envie de vendre la mèche XD Il va falloir attendre, oui, surtout si je continue comme ça, car à la base, on devait davantage avancer dans le temps dans ce chapitre (enfin, une journée de plus, quoi XD) et tout compte fait, dans le prochain chapitre, on sera toujours sur la même journée avec les deux premiers POV… Ça ne va pas être pour tout de suite, la révélation du lien entre Harry et Théo XD Mais vous aurez de quoi patienter avec les autres intrigues qu'il va y avoir !

Merci pour ta review, à dans deux semaines et demi, et prends bien soin de toi aussi !

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Merci à vous deux pour vos reviews, vous êtes adorables ! Et merci à tous ceux qui sont toujours au rendez-vous ! Je vous laisse avec ce chapitre, qui a changé de titre car le dernier POV qui était initialement prévu a été repoussé au chapitre suivant, et je vous souhaite une agréable lecture !

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3 – Pansy au Terrier, résultats et frayeur

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(jeudi 04/07) POV Pansy

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Si Pansy avait à résumer ses premiers jours de vacances, elle les qualifierait… d'«animés». Ron et elle avaient convenu de demander à leurs parents si Pansy pouvait aller au Terrier quand ses parents seraient à Sainte-Mangouste, et Pansy s'y était attelée dès le surlendemain de son retour à la maison. Mais une lettre qu'elle n'espérait pas avoir avant le milieu de la semaine ne lui avait pas du tout simplifié la tâche…

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Trois jours plus tôt

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Assise à table, avec ses parents, chacun plongé dans une activité différente, Pansy cherchait un moyen d'engager la conversation sur son séjour chez Ron, séjour qui n'en était qu'au stade de projet. Cela devenait très urgent, car son parrain était censé arriver le jeudi midi, et ce n'était pas à la dernière minute que Pansy allaitfaire part à ses parents de l'idée qu'elle avait eue avec Ron… En songeant à son parrain,une question lui traversa soudain l'esprit, et ce fut ce qui lui permit de se lancer :

- Au fait, ça va être qui, le parrain et la marraine du bébé ?

- Pour la marraine, ce sera Chelsea, mon amie d'enfance. Et pour le parrain, on sèche.

- Ce ne serait pas possible qu'Andrew soit à la fois mon parrain et celui du petit ?

- C'est mieux que vous ayez chacun le vôtre… Mais ce sera la meilleure option si on n'a personne d'autre que lui. Mais ne tâte pas le terrain quand il sera là, nous verrons cela nous-mêmes avec lui.

- Ça risque d'être compliqué, car il se peut qu'il ne vienne pas… Mais tout dépend de vous.

Owain et Ariana échangèrent un regard étonné.

- Comment ça ? s'intrigua Ariana.

Pansy s'apprêta à développer ce qu'elle insinuait, mais elle en fut empêchée par un tout petit hibou qui entra par la fenêtre ouverte. Il avait une enveloppe dans le bec, dont Pansy s'empara lorsqu'il atterrit devant elle.

- C'est de Poudlard ! s'écria-t-elle en remarquant le sceau sur l'enveloppe. Ce sont forcément les résultats des BUSE… Mais ils seraient hyper en avance par rapport aux autres années…

- Parce que ce sont les BUSE, nuança Owain. Les élèves de cinquième et septième année reçoivent leurs notes un peu avant les autres. Mais c'est vrai que cette année, vous les avez tôt…

- Tant mieux, estima Pansy. Je n'ai pas eu le temps de stresser, comme ça.

Elle descella l'enveloppe et en extirpa deux parchemins.

- Ah, lequel ça va être…

- Normalement, c'est celui qui est devant, indiqua Ariana.

Pansy déplia le premier parchemin et un simple coup d'oeil lui signala que c'était bien son relevé de notes. Elle les lut avec appréhension, cachant les lignes du dessous et descendant sa main petit à petit. C'était la troisième qui lui faisait peur. Celle de la Défense Contre les Forces du Mal. Elle eut d'abord sa note en astronomie (Effort Exceptionnel) et en botanique (Optimal). Un petit cri de joie lui échappa en découvrant cette deuxième note. Comme un bon quart (si ce n'était un tiers) de ses camarades, elle avait eu un Optimal à tous ses examens de botanique. Elle avait même eu un vingt en première et en deuxième année. C'était sa matière de prédilection, avec les potions, mais elle ne se destinait pas pour autant à en faire son métier. Sachant ce qu'il y avait après la botanique, elle souffla pour s'encourager et fit glisser très lentement sa main vers le bas. Un immense soulagement l'envahit lorsqu'elle vit un «EE» à côté de «Défense Contre les Forces du Mal». Elle avait la note requise ! Elle n'avait pas besoin d'aller aux rattrapages ! Elle se retint pour ne pas sauter partout dans la maison tant elle était heureuse. Elle poursuivit sa lecture et fut très satisfaite de ses autres notes : un Effort Exceptionnel en métamorphose et en soins aux créatures magiques, un Optimal en potions et en sortilèges, et un Acceptable en histoire de la magie et en divination. Elle se fichait pas mal de ces deux dernières matières. Elle arrêtait la divination, et bien que l'histoire de la magie fût obligatoire jusqu'aux ASPIC, cela ne lui serait d'aucune utilité à l'avenir. Au verso du parchemin, il y avait le détail de ses notes :

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Astronomie : 14

Botanique : 17,5 (théorie : 18, pratique : 17)

Défense Contre les Forces du Mal : 15,5 (théorie : 17, pratique : 14)

Histoire de la magie : 11

Métamorphose : 16,5 (théorie : 17, pratique : 16)

Potions : 17 (théorie : 17,5 pratique : 16,5)

Sortilèges : 18 (théorie : 19, pratique : 17)

Créatures : 16,5 (théorie : 18 pratique : 15)

Divination : 10

Moyenne : 15,1

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Bon, c'était la théorie qui l'avait sauvée pour la Défense Contre les Forces du Mal. Sans la pratique, elle aurait même eu un Optimal ! Mais son Effort Exceptionnel lui suffisait largement. Et elle l'aurait eu même sans la théorie. Elle n'avait pourtant pas misé là-dessus pour avoir un Effort Exceptionnel, même si elle avait révisé trois fois plus cette matière que toutes les autres. Son point faible n'était ni la théorie, ni la pratique, mais la matière en elle-même. Ce qui lui faisait défaut en théorie, c'était son manque de précision. Elle était trop vague et n'allait pas au fond des choses. Et c'était un problème qu'elle n'avait que dans cette matière, car même si elle était souvent associée à la métamorphose et aux sortilèges, elle s'en détachait par le fait qu'il y avait beaucoup de mises en situation, et qu'il n'y avait pas que des sorts, mais aussi des créatures. Et c'était cela qui lui nuisait en pratique. Mais après le conseil d'orientation, durant lequel elle avait eu ses moyennes, elle avait fait le nécessaire pour remonter ses notes, et elle s'était grandement améliorée. Deux jours avant le début des BUSE, elle avait eu une discussion avec le professeur Snape qui lui avait signalé qu'elle avait gagné trois points sur tous ses types de devoirs, que ce fût individuels, sur table ou en binôme. En faisant la moyenne des trois derniers d'entre eux, elle n'était plus qu'à un demi-point de l'Effort Exceptionnel. Mais elle était bien loin du dix-sept qu'elle avait eu aux BUSE ! Mais elle ne l'avait pas volé, ayant maintes fois relu tous ses cours.

- Rien de bien catastrophique, si l'on en juge tes réactions…

La voix d'Owain tira Pansy de ses réflexions. Elle leva la tête et sourit.

- À vous de me donner votre avis…

Elle tendit le parchemin à ses parents qui le lurent à leur tour.

- Oh mais c'est merveilleux, ma chérie ! s'exclama Ariana au bout d'une minute. Toi qui redoutais tant d'avoir à renoncer à la Défense Contre les Forces du Mal… Tu l'as eu haut la main, cet Effort Exceptionnel ! C'est fou de se dire qu'il y a deux mois et demi, tu avais onze de moyenne…

- L'examen ne ressemblait pas aux devoirs qu'on a eus tout au long de l'année, souligna Pansy. Et j'ai bien plus potassé mes cours que je ne l'ai jamais fait pour un devoir sur table…

- Ça n'enlève rien à ton mérite. Cette note est le fruit de ta rigueur et du temps que tu as consacré à tes révisions. Oh, je suis si fière de toi… Et tes autres notes ! Tu as brillé en sortilèges, et tu as bien maintenu ton niveau en botanique et en potions… Avoir un dix-sept en potions aux BUSE, ce n'est pas chose aisée… Et au vu de ce que tu nous as raconté sur ton examen de botanique, le dix-sept et demi que tu as eu n'en est que plus appréciable…

- Oh oui… Je n'ai déraciné qu'un croc, ce qui m'a ôté deux points, mais la pratique était notée sur quarante, car il y avait l'exercice avec la plante et le compte rendu. Le tout était ramené à une note sur vingt, et comme j'ai eu dix-sept à la pratique, j'ai dû avoir dix-huit avec la plante, et seize avec le compte rendu. C'est plus que ce que j'imaginais !

- Tu as été plus forte que le géranium dentu, s'amusa Owain.

- Oui, mais si j'avais pu garder tous ses crocs intacts, ça aurait été encore mieux ! Sinon, à part ça, je suis très ravie de ma note en métamorphose.

- Tu as de quoi l'être ! C'est la matière la plus difficile de toutes… Mais c'est très bien que tu aies désiré la conserver, même si elle ne te servira pas pour ta future formation… Et pour les soins aux créatures magiques ? Que t'inspire ta note ?

- Je suis surprise, je ne pensais pas avoir autant réussi la théorie ! Du coup, c'est dommage pour la pratique, car si j'avais eu un demi-point de plus, j'aurais eu un Optimal… Mais j'ai complètement raté l'exercice avec le crabe de feu. Je n'ai eu aucun point sur celui-là, mais j'ai dû tous les avoir sur les trois autres puisque j'ai eu quinze et que tous les exercices étaient sur cinq points. Mais j'ai beau avoir frôlé l'Optimal, je ne suis pas déçue. Mon seize et demi me va très bien. Après, pour les autres matières, c'est cool si j'ai eu la moyenne, je suis contente, mais sans plus, quoi… Je ne vais pas fêter mon quatorze en astronomie… Je n'irai plus à ce cours l'année prochaine, et pareil pour la divination.

- C'est sûr que ça ne te sera d'aucun secours quand tu seras auprès des enfants…

- Oui, ce n'est pas moi qui irai faire des ateliers divination ! Qu'est-ce que j'ai regretté d'avoir pris cette option… J'aurais dû faire runes. Ça aurait été plus passionnant… Quand ce sera à mon petit frère de choisir les siennes, j'insisterai lourdement pour qu'il réfléchisse bien…

- Ah, tu fais bien d'en reparler ! Avant que le hibou ne fasse irruption, tu nous disais qu'Andrew ne serait peut-être pas là pour prendre soin de toi quand ta mère et moi serions à Sainte-Mangouste… Tu allais nous expliquer pourquoi. Nous t'écoutons.

Pansy tritura le bas de son chemisier, nerveuse.

- Avant toute chose, je… je suis en couple avec un garçon, avoua-t-elle. Lors des vacances de Noël, je vous avais présenté le concept de travail en binôme, et j'avais évoqué le mien… Eh bien c'est lui. C'est Ron, mon collègue préfet et binôme de travail. Ça fait six mois que je suis avec lui. On s'aime énormément, et la perspective de ne pas se voir pendant tout l'été ne nous plaisait clairement pas, on s'est donc dit que ce serait bien que j'aille chez lui pendant que vous serez à la maternité… Ça libérerait Andrew qui a ses conférences à préparer pour le mois d'août, ce qui est très long et très fastidieux, ça me permettrait d'être deux semaines avec Ron, et je serais autant en sécurité chez lui qu'avec Andrew… Et je rencontrerais ainsi les parents de Ron. Alors, qu'est-ce que vous en dites ?

Les parents de Pansy parurent mitigés.

- J'entre à la maternité jeudi, ça ne laisse que trois jours pour s'organiser…

- Je sais, et c'est pour ça que Ron et moi avons convenu d'aborder très vite le sujet… Aujourd'hui, c'était le dernier délai car on n'avait que deux jours pour le faire. Dès que c'était fait pour Ron, il devait m'écrire pour me dire si ses parents étaient d'accord, et moi, je devais faire de même dans la foulée. Dans sa lettre, il va me proposer une heure pour un entretien demain, et dans la mienne, je vais lui dire si ça vous va. Comme nous n'habitons qu'à cent cinquante kilomètres l'un de l'autre, nos lettres s'enverront en à peine six heures.

- Oh, vous avez bien peaufiné votre projet…

- Oui, on a tout planifié pour s'assurer que tout était faisable. Oh, et j'oubliais, mais en allant chez Ron, je pourrai l'aider à réviser. Car c'est déjà acté qu'il ira aux rattrapages pour les potions, et il en est quasiment certain pour la Défense Contre les Forces du Mal. Et pour ce qui est des potions, il va avoir du mal à s'améliorer s'il s'entraîne tout seul… Il ne saura pas où seront ses erreurs, et il ne sera pas en mesure de les corriger… Et je serais dégoûtée s'il loupait la seconde session, après tout ce qu'il a fait pour remonter la pente…

Pansy relata brièvement à ses parents l'état d'esprit dans lequel avait été Ron jusqu'à l'approche imminente des BUSE, et son brusque changement de comportement vis-à-vis des cours.

- En effet, ce serait injuste qu'il échoue à son épreuve de rattrapage de potions parce qu'il n'aurait pas été dans les bonnes conditions pour s'exercer… Nous ne pouvons que soutenir quelqu'un de si déterminé à avoir ses BUSE pour accéder à un max de formations… Et je dois avouer que ce serait une bonne chose pour tout le monde que tu ailles chez ton petit-ami. Cela ne gêne absolument pas Andrew de veiller sur toi lorsque nous serons à l'hôpital, il t'aime trop pour ça, mais c'est vrai que ça ne tombe pas très bien pour lui… De ton côté, tu profiterais de deux semaines avec ton chéri, et les Weasley sont connus pour être de très bonnes personnes… Nous n'avons pas de raisons valables de s'opposer à cette idée, déclara Ariana. Je vais avertir Andrew que nous avons une autre solution qui va tous nous arranger, tout en lui disant que rien n'est fixé tant qu'il n'y aura pas eu le rendez-vous avec les Weasley, et que nous resterons peut-être finalement sur le plan de base.

Comprenant que sa mère voulait bien qu'elle aille chez Ron, Pansy exulta sa joie :

- Oh, merci maman ! Est-ce que ça te va aussi, papa ?

- Oui, je n'ai rien à ajouter à ce qu'a dit ta mère. Attendons désormais de savoir si c'est également bon pour les parents de ton petit-ami. En tout cas, nul ne peut nier que tu l'aimes, ce garçon ! C'est très généreux à toi de sacrifier une semaine de vacances pour l'accompagner dans ses révisions…

- Ce sont des potions, papa, c'est une de mes matières favorites, ce n'est pas un sacrifice pour moi d'y dédier un peu de mon temps, même en vacances, bien au contraire… Et même si cela avait été une matière que j'affectionne moins, mais où je me débrouille bien, j'aurais épaulé Ron. Je fais ça pour lui, pas pour moi.

- Voilà de très belles paroles… À mon avis, le fait que tu aies prévu de faire travailler ton petit-ami va fortement peser dans la balance pour que son père et sa mère acceptent que tu ailles chez eux !

Pansy sourit. Elle partageait à cent pour cent le sentiment de son père. Il n'y avait plus qu'à prier Merlin pour que, comme elle, Ron ait convaincu ses parents…

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Que Merlin fût mêlé à cela ou non, le vœu de Pansy avait été exaucé. Le soir-même, en plein dîner, elle avait reçu une lettre de Ron qui l'informait que ses parents étaient prêts à l'accueillir. Ils suggéraient de se déplacer chez les Parkinson le lendemain à quatorze heures, afin qu'Ariana n'ait pas à bouger. Cela avait été parfait pour les parents de Pansy. L'entrevue avait ainsi eu lieu, et tout s'était bien passé. Molly avait promis qu'ils s'occuperaient bien de Pansy au Terrier, qu'elle y serait comme chez elle, qu'elle y demeurerait autant de temps qu'il le faudrait… Puis ils avaient instauré des règles qui avaient été ni trop souples, ni trop strictes selon Pansy, et ils avaient conclu le tout en décidant qu'elle débarquerait le jeudi matin au Terrier. Lorsque les Weasley étaient partis, Owain et Ariana étaient définitivement tranquillisés, et totalement disposés à leur confier Pansy. Tout s'était un peu fait en catastrophe, mais cela n'avait été un souci pour personne, les Weasley ayant très bien saisi la situation.

Mr Weasley vint chercher Pansy à treize heures. Ce fut avec émotion qu'elle quitta ses parents. Elle serra d'abord son père, puis sa mère dans ses bras.

- Nous n'allons pas t'assommer d'ordres et de recommandations, tu ne vas pas être ingérable là-bas alors qu'ici, tu es irréprochable… En revanche, même si nous avons bien insisté là-dessus lundi, si tu viens à franchir le cap avec Ron, surtout, protège-toi…

Pansy acquiesça et jura à sa mère qu'elle ferait bien attention. Durant tout l'après-midi, ses parents s'étaient montrés très curieux en enchaînant les questions sur sa relation avec Ron, et Pansy y avait répondu avec entrain. Évidemment, il y en avait une à laquelle elle n'avait pas échappé : avaient-ils fait leur première fois ? Pansy avait la chance que la sexualité ne soit pas un tabou avec ses parents. C'était donc tout naturellement qu'elle avait avoué avoir fait des choses avec Ron, mais sans qu'ils n'aient sauté le pas. Et même si elle en était bien consciente, sa mère n'avait pas tort de lui rappeler l'importance du sort de protection, car son séjour chez Ron allait être propice à ce qu'ils aient leur tout premier rapport.

Tout en se détachant de sa mère, Pansy réalisa qu'ils avaient omis de se concerter sur un petit détail concernant son petit frère :

- Au fait, pour le bébé… Bien que je vais trépigner d'impatience, j'irai vous voir le lendemain de la naissance, histoire que tu puisses te reposer…

- Oh, c'est adorable, s'émut Ariana. Je serai plus en forme, effectivement. Bon, tu ferais mieux d'y aller, sinon c'est nous qui nous en irons avant toi ! Vu que mon admission à Sainte-Mangouste a été programmée à quatorze heures… Mr Wea… euh, pardon, Arthur, cela ne vous dérange vraiment pas que Pansy emmène avec elle notre chat ?

- Oh non, loin de là ! Nous avons l'habitude des animaux, à la maison… Nous avons eu un rat, nous avons actuellement plusieurs hiboux, des poules, des coq, des grenouilles, et lorsque nous recevons les deux meilleurs amis de Ron, nous avons en plus une chouette et un chat. Votre chat aura de quoi jouer chez nous ! En espérant qu'il n'ait pas peur des gnomes de jardin…

- Oh, il sera sûrement craintif au début, mais il va vite se plaire à leur courir après…

- Est-ce qu'il s'entend bien avec les hiboux ?

- L'été dernier, il s'attaquait au mien, mais il a grandi, depuis, et il s'est assagi, déclara Pansy. Oui, parce que j'ai un hibou, aussi…

- Mmmh, ça fait deux cages à acheminer, songea Mr Weasley. Je vais porter celle du hibou, c'est la plus lourde. Est-ce que ça va aller, avec celle du chat ?

- Oui, je vais l'accrocher à ma valise.

- Tu ne préfères pas que je t'en débarrasse ?

- Non, c'est gentil, mais c'est plus simple pour moi de l'avoir avec moi, je me déleste du poids de la cage de Magni en la mettant sur ma valise.

- La bonne vieille technique, commenta Mr Weasley, amusé. Bien, est-ce que tout est bon ?

Pansy hocha la tête.

- Dans ce cas, allons-y !

Mr Weasley salua les parents de Pansy, qui leur fit un petit signe de la main, puis elle se dirigea vers la cheminée. Grâce à ses contacts au Ministère, Mr Weasley avait pu faire relier les deux cheminées en vingt-quatre heures, sans avoir à effectuer toutes les démarches inhérentes à ce processus. Il avait juste eu à fournir à l'expert son autorisation ainsi que celle d'Owain et Ariana qui l'avaient jointe à leur lettre. Pansy piocha une poignée de poudre, prononça l'adresse du Terrier et jeta la poudre dans l'âtre. Elle vit défiler tout un tas de cheminées avant d'atterrir dans celle des Weasley. Elle en sortit et rassura Magni qui s'agitait dans sa cage, effrayé par le voyage. Elle était en train de lui chuchoter des mots apaisants quand elle fut rejointe par Mrs Weasley.

- Oh, mais tu es là ! Bienvenue au Terrier ! Tu vas bien ? Tu n'as pas été trop secouée ?

- Non, moi, ça va, c'est pour mon chat que ça a été plus pénible… Est-ce que je peux le libérer ?

- Bien sûr, tu n'as pas besoin de demander, il sera bien mieux à l'extérieur que dans sa cage !

Ayant l'aval de Mrs Weasley, Pansy ouvrit la cage de Magni. Tandis que celui-ci avançait pas à pas, méfiant et prudent, Pansy se tourna de nouveau vers la mère de Ron :

- Merci de m'offrir votre hospitalité, malgré le fait que tout se soit fait dans la précipitation…

- Tu n'as pas non plus besoin de me remercier, protesta gentiment la matriarche. C'est normal, tu es la petite-amie d'un de mes fils, et au moins, les présentations seront faites ! Et pour une fois, il va y avoir plus de filles que de garçons dans cette maison. Mais si j'en crois ce que nous a dit Ron, cela ne va pas être un grand bouleversement pour toi…

- Non, les filles sont en permanence majoritaires chez moi, confirma Pansy. Quoique, si mon chat et mon hibou étaient des humains, ça ferait trois hommes contre deux femmes… Bon, je vais soudoyer mes parents pour qu'on adopte une lapine, comme ça, ça rétablira l'équité !

- Tu as l'air d'être une amoureuse des animaux, constata Mrs Weasley.

- Je les aime presque tous, oui. Tout comme les créatures.

- Tu comptes en faire ton métier ?

- Non, mon rêve, c'est de travailler avec les enfants.

- Ah oui, Ron nous l'a dit, quand il nous a demandé s'il serait possible que nous t'hébergions quand tes parents seront à Sainte-Mangouste… Nous avons voulu en savoir plus sur toi et il a mentionné le stage que tu feras à la fin des vacances, dans une structure dédiée aux enfants. C'est d'ailleurs, entre autres, ce qui nous a convaincus, Arthur et moi, à dire oui. Car s'il n'y avait pas eu cette naissance imminente et si, par conséquent, Ron ne nous avait pas fait cette requête, c'est nous qui lui aurions proposé que tu passes quelques jours ici, afin que vous ne vous soyez pas séparés jusqu'à la rentrée et pour que nous puissions faire ta connaissance. Et nous aurions suggéré que cela se fasse très vite. Car j'imagine que tu voudras profiter un maximum de ton petit frère quand il sera à la maison… Tu n'as qu'un mois pour cela, puisque tu as ensuite ton stage. Nous n'allions pas t'inviter pendant cette période… Ni pendant ton stage.

Pansy fut touchée par la délicatesse de son hôte. À Poudlard, Harry avait souvent loué la gentillesse et la générosité de Mr et Mrs Weasley, qui l'avaient reçu lors de deux étés, et il n'avait absolument pas exagéré.

- Ron nous a aussi dit que tu allais l'aider à préparer ses rattrapages de potions. Tu me remerciais à l'instant, mais c'est plutôt Arthur et moi qui te remercions ! Cela a été une telle surprise quand nous avons su qu'il désirait continuer les potions… Nous étions sceptiques, car il part de si loin… Mais avec la note qu'il a eue, et avec ton aide dont il va bénéficier, on se fait de plus en plus la réflexion qu'un quatorze en seconde session n'est peut-être pas si inatteignable qu'il n'en a l'air…

- Il en est capable, affirma Pansy avec force. Son seul problème, c'est qu'il n'a pas assez confiance en lui. Il n'y a que ça qui le bloque… Mais quand il remarquera qu'il ne galérera pas tant que ça sur les potions que j'ai sélectionnées, il va gagner en assurance.

- Tu as déjà listé les potions sur lesquelles il va s'entraîner ?

- Oui. On sait qu'il ne tombera pas sur une potion de première ou de deuxième année, car ce serait trop facile pour une épreuve de BUSE. Cela éliminait vingt-deux potions, vu qu'on en étudie onze par année. Il en restait trente-trois, et comme on n'aura pas le temps de toutes les faire, on n'en fera que cinq par année, à raison de deux potions par jour, ce qui nous en fait quinze en tout. Ça ne sert à rien d'être la tête dans le chaudron du matin au soir uniquement pour faire les trente-trois potions… Tous les ans, on progresse par niveau, et il y a plusieurs potions par niveau. Cinq potions par année, ce sera largement suffisant pour valider les divers niveaux. Et en s'exerçant sur quinze potions, Ron se familiarisera avec tous les ingrédients. Si on fait la dernière trois ou quatre jours avant l'examen, on fera des potions en plus, mais pas plus de vingt, sinon ce serait du bourrage de crâne et ce serait contre-productif…

- Je t'approuve sur tous les points… En tout cas, je n'ai pas à m'en faire pour les révisions que Ron fera avec toi. Ta stratégie est excellente, il sera le mieux paré de tous ceux qui iront à cet examen ! Et ce sera grâce à toi, à ton dévouement et à tes fructueuses méthodes.

Pansy rougit sous le compliment.

- Ce sera essentiellement grâce à lui… Mais je serais ravie d'avoir contribué à sa victoire. Car pour moi, il va l'avoir, son Effort Exceptionnel, ça ne fait aucun doute.

- Tu es adorable, s'attendrit Mrs Weasley. Oh, je te retiens, mais tu as plein de choses à faire ! Aller t'installer, saluer Ron et Ginny, visiter la maison et les alentours… Mais que fait donc Arthur ? Ah non, c'est bon, tu as ta valise sur toi…

- Oui, c'est mon hibou qui est avec lui…

- Il discute certainement avec tes parents. Arthur est un grand bavard, mais je ne vais pas le critiquer pour ça, je suis comme lui… Et ça ne le rend que plus attachant.

Pansy ne put s'empêcher de sourire. À Poudlard, quand Ron parlait de ses parents, c'était quasiment systématiquement lié à leurs disputes. Mais l'amour qui les unissait était plus que flagrant. Pansy en avait été témoin l'avant-veille, et c'était perceptible dans la voix de Mrs Weasley. Pansy se faisait la comparaison entre ses parents et ceux de Ron lorsque Mr Weasley surgit dans la cheminée.

- Pardon pour le retard, nous échangions sur tout un tas de sujets, s'excusa-t-il en s'époussetant. Je vais monter la cage dans ta chambre, Pansy.

- Non, je vais le faire, je vais la lui montrer, annonça Mrs Weasley.

- Tu ne l'as pas encore fait ?

- Eh bien non, pendant que tu blablatais avec les parents de Pansy, nous blablations aussi, figure-toi, rétorqua Mrs Weasley. Tu serais donc bien mal placé pour faire la moindre remarque là-dessus…

Mr Weasley leva les mains en signe d'apaisement.

- Je n'ai rien dit ! Quoi qu'il en soit, bienvenue au Terrier, Pansy.

- Merci, Mr Weasley.

- Mmmh, ça va pour cette fois, mais durant ton séjour, ce sera Arthur et Molly, si tu ne veux pas que l'on t'appelle Miss Parkinson !

Pansy grimaça.

- Je crois que c'est la plus efficace des menaces…

- Et elle n'est pas à prendre à la légère, Molly l'aurait vraiment fait, confia Arthur.

- Vous non ?

- Je suis moins perfide qu'elle. Que nous soyons ou que nous ayons été à Gryffondor, à Poufsouffle, à Serdaigle ou à Serpentard, il paraît que nous avons tous une part de Serpentard en nous. Cette part serait plus prononcée chez Molly que chez moi…

- Ben voyons… Suis-moi, Pansy, avant qu'Arthur ne finisse par prétendre que je suis la descendante de Salazar Serpentard…

Ce fut en riant que Pansy emboîta le pas à Molly. Celle-ci la conduisit au cinquième étage où il n'y avait qu'un couloir. Parmi les quatre pièces, la chambre qui fut attribuée à Pansy était celle qui était la plus éloignée des escaliers. Elle lui plut au premier coup d'oeil. Elle était simple, avec un lit, un bureau, une armoire et une table de chevet, mais c'était tout ce qu'il fallait pour Pansy. De plus, elle était très chaleureuse, avec les murs peints en orange et les rideaux rouges accrochés à la fenêtre qui protégeaient la chambre du soleil. Cela contrastait avec l'odeur marine qui participait à rafraîchir la pièce et qui émanait de diffuseurs magiques.

- Est-ce que ça te va ? s'enquit Molly.

- Oh oui, c'est parfait…

- Ce n'est pas très grand, mais…

- Ce n'est pas grave, c'est très bien comme ça, c'est cosy et on s'y sent bien.

- Bien, si tout est bon pour toi, je vais te laisser t'approprier les lieux. Je signalerai à Ron et à Ginny que tu es là d'ici une demie-heure, ou plus s'il te faut plus de temps…

- Non, je n'en aurai que pour vingt minutes environ.

- Tu as tout ton temps. As-tu des questions ?

- Oui, une. Si j'ouvre la fenêtre, est-ce que les trente degrés de dehors vont s'infiltrer dans la pièce, ou est-ce qu'il y a un sort qui empêche cela ?

- La chambre est équipée d'un sort qui régule la température et qui est actif en permanence, précisa Molly. Que la fenêtre soit ouverte ou fermée, cela n'aura aucun impact. Il ne fera ni plus chaud, ni plus froid. Ce sera autant agréable pour toi que pratique pour ton hibou.

- Ça, c'est sûr, et c'est bien pour lui que je demandais cela. Je vais le faire sortir, du coup.

Pansy joignit le geste à la parole. Archibald vint aussitôt se poser sur son épaule. Pansy l'emmena à la fenêtre qu'elle ouvrit.

- Allez, va te dégourdir les ailes…

Archibald ne se fit pas prier, déploya ses ailes et s'envola après avoir mordillé le doigt de Pansy.

- Bon, j'y vais, à tout à l'heure, et prends ton temps, il n'y a rien qui presse.

Molly s'en alla sur ces mots. Pansy entreprit de défaire sa valise. Elle rangea d'abord ses vêtements dans l'armoire, puis ses livres sur les étagères dédiées à cet effet sous le bureau, et enfin sa trousse de toilette dans la table de chevet, ainsi que tout ce qui était susceptible de lui être nécessaire quand elle serait couchée. Elle vérifia ensuite si tout y était, et il s'avéra qu'il n'y avait pas sa brosse. Elle la cherchait dans sa valise quand quelqu'un toqua à la porte.

- Entrez ! cria-t-elle tout en fouillant les poches.

La porte grinça.

- Oh, tu n'as pas terminé ?

Pansy se retourna et ses lèvres s'étirèrent toutes seules quand elle vit Ron dans l'entrebâillement.

- Si, c'est juste ma brosse qui joue à cache-cache…

- Fais-toi la boule à zéro, comme ça, tu n'en auras plus besoin, plaisanta Ron.

Pansy éclata de rire et s'avança vers son petit-ami qu'elle embrassa tendrement. Ron la serra contre lui et approfondit le baiser avec la même douceur dont avait fait preuve Pansy en l'initiant. Ils ne le rompirent que lorsque l'oxygène commença à leur manquer.

- Je suis content que tu sois là, murmura Ron. Je stressais trop à l'idée que tes parents ou les miens n'adhèrent pas à notre plan et qu'on soit obligés de patienter jusqu'à septembre pour se retrouver… Mais au final, c'était mieux pour tout le monde. On a eu peu de temps pour s'organiser, mais ça l'a fait.

- Oui, et tes parents ont été géniaux. Mais dis-moi, tu n'as pas croisé Ginny, sur le chemin ?

- Non, mais elle a dû être informée que tu étais là. Elle nous octroie probablement un moment entre amoureux avant de débarquer…

- Oh… Vous êtes tous si attentionnés, dans cette famille…

- C'est normal, estima Ron. Bon, qu'as-tu fait de tes premiers jours de vacances ?

- Pas grand-chose. Presque tout se résume à la préparation de mon départ et de celui de mes parents. Oh, petite anecdote : comme si ce n'était pas assez difficile comme ça de faire part à mes parents de notre plan, j'ai été interrompue par un hibou de Poudlard…

- Ah oui, les résultats ! On les a carrément zappés dans nos lettres…

- Il y avait plus urgent que ça ! Mais je les ai emmenés avec moi.

Pansy récupéra son relevé dans sa valise et le donna à Ron. Il lut ce qui y était écrit et son visage ne cessa de s'éclairer au fil de sa lecture.

- Mais c'est super, tout ça ! Toutes mes félicitations ! Tu as dû être soulagée quand tu as vu ta note en Défense Contre les Forces du Mal…

- J'étais folle de joie, oui ! J'avais tellement peur d'aller aux rattrapages pour cette matière…

- Tu en es loin ! Tu es pile entre l'Effort Exceptionnel et l'Optimal… Et à part ça, tu as hyper bien géré en botanique, métamorphose, potions, sortilèges et soins aux créatures magiques…

- Oui, je ne suis franchement pas déçue… Et toi ?

Ron extirpa un parchemin de la poche arrière de son pantalon et le tendit à Pansy.

- C'est moins catastrophique que ce je craignais…

Pansy prit connaissance des notes de Ron :

.

Astronomie : A

Botanique : EE

Défense Contre les Forces du Mal : EE

Histoire de la magie : P

Métamorphose : EE

Potions : A

Sortilèges : EE

Divination : P

Soins aux créatures magiques : A

.

Même si Ron n'avait eu aucun Optimal et n'avait pas la note requise en potions, Pansy éprouva une immense fierté envers lui. Il y avait de quoi ! Il avait eu sept BUSE, lui qui n'avait fait que le strict minimum tout au long de l'année, que ce fût en cours ou dans ses devoirs, et qui ne s'était vraiment mis au travail que quelques semaines avant le début des examens… Et il avait réalisé un pur exploit en ayant un Acceptable en potions et un Effort Exceptionnel en Défense Contre les Forces du Mal, lui qui était abonné aux Piètre, aux Désolant et aux Troll durant toute sa scolarité en potions, et qui était persuadé d'aller aux rattrapages pour la Défense Contre les Forces du Mal… Et il avait osé lui dire que ce n'était pas si catastrophique que cela ?! Comme si cela l'était tout de même un peu ?!

- «Moins catastrophique que ce je craignais»… Non mais t'es sérieux ?! Pour moi, ça aurait été un peu catastrophique si tu n'avais été admis que dans trois matières et si tu avais eu en-dessous de la moyenne en Défense Contre les Forces du Mal et en potions ! Au lieu de ça, tu es admis en Défense et tu as la moyenne en potions ! Et tu n'as que les potions à repasser ! Est-ce que tu aurais espéré ça il y a deux mois, quand tu n'étais pas encore dans l'optique de sauver les meubles aux BUSE ?

- Non, avoua Ron. J'ai peut-être abusé avec le mot «catastrophique»…

- Non, ce n'est pas «peut-être», tu as abusé, rectifia Pansy. À ta place, j'aurais dit «C'est bien mieux que ce que je craignais». Bon, les lettres, c'est bien, mais moi, je veux des chiffres !

Pansy regarda le verso du parchemin afin d'avoir les détails des notes de Ron :

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Astronomie : 10

Botanique : 15,5 (théorie : 16, pratique : 15)

Défense Contre les Forces du Mal : 14 (théorie : 12, pratique : 16)

Histoire de la magie : 8 (P)

Métamorphose : 14,5 (théorie : 14, pratique : 15)

Potions : 12,5 (théorie : 12, pratique : 13)

Sortilèges : 15,5 (théorie : 16, pratique : 15)

Divination : 9

Soins aux créatures magiques : 12 (théorie : 13, pratique : 11)

Moyenne : 12,3

.

- Mais tu as eu d'excellentes notes en pratique ! Du moins, en botanique, Défense Contre les Forces du Mal, métamorphose et sortilèges… Quatre matières où tu as eu au moins quinze en pratique, ce n'est pas rien ! C'est même grâce à ça que tu vas être autorisé à continuer les cours de Défense… Et un treize en potions, c'est énorme !

- Oui, mais je vais devoir faire plus lors de la seconde session…

- Ce qui t'a fait défaut, c'est que tu n'as pas pu consacrer assez de temps aux révisions des cours de potions, et que tu n'avais pas le niveau pour la potion qu'on a eu à faire. Mais on va remédier à tout cela. J'ai prévu un programme avec quinze potions, dont cinq de troisième, quatrième et cinquième année. On en fera deux ou trois par jour, et on réservera trois heures par jour aux révisions. Cela te va-t-il ?

- Ça me semble correct, oui. De toute façon, je suis prêt à sacrifier la totalité de mes journées pour être au point le jour de l'examen.

- C'est tentant de procéder ainsi, mais ce ne serait pas bon. Au-delà de trois heures de révisions, ton cerveau va saturer, il va en avoir marre, il ne va plus rien emmagasiner, tu vas tout mélanger, et au-delà de cinq ou six heures de pratique, c'est pareil, tu vas saturer, tu vas fatiguer et tu vas enchaîner les erreurs. C'est quand, au fait, ton examen ?

- Le quinze juillet, de neuf heures à midi pour la théorie et de quatorze heures à dix-sept heures pour la pratique.

- Oh, si on s'y met demain, on a neuf jours devant nous, c'est top ! Ce soir, je vais faire un planning complet, et je vais essayer de caser un ou deux après-midis de repos. Sinon, tu t'es bien débrouillé en botanique et en sortilèges, mais pour le coup, c'est la théorie que tu as le mieux réussie… Bon, il n'y a qu'un point d'écart avec la pratique, mais ça prouve que tu es loin d'être idiot et que tu as les moyens d'y arriver. Mais ce qui me scie le plus, c'est ton quatorze en Défense Contre les Forces du Mal… Tu croyais dur comme fer que tu n'allais pas échapper aux rattrapages. À t'écouter, tu allais avoir douze ou treize, pas plus…

- Je me basais sur un quatorze ou un quinze en pratique, et sur un dix en théorie…

- Mais en général, c'est facile de deviner avec exactitude la note qu'on a eue aux examens pratiques de Défense Contre les Forces du Mal, de métamorphose et de sortilèges…

- Pas quand tu rates à moitié un sortilège. Tu ne sais pas si tu vas avoir deux ou trois points sur les cinq obtenables… Et il y a une question où je n'étais pas sûr d'avoir bien répondu.

- Ok, je saisis mieux. Et pour la théorie, c'est la même chose que pour la question ? En fait, tu étais fragile sur certains aspects de l'examen théorique, ce qui fait que ce n'était pas évident pour toi de savoir si tu les avais bien traités…

- C'est ça.

- Il va falloir que tu relises bien tes cours de potions, et que tu maîtrises les trois quarts des notions. Mais on verra ça plus tard.

Ron acquiesça. Il attira Pansy à lui et l'entraîna dans un long et doux baiser. Celui-ci aurait pu durer des heures, mais ils se séparèrent quand ils perçurent un bruit de pas qui se stoppa brusquement. Ils se retournèrent d'un même mouvement et firent face à une Ginny gênée.

- Oups, je ne voulais pas vous déranger…

- Mais tu ne nous déranges pas du tout ! s'exclama Pansy. Pour être honnête, c'est nous qui n'avions plus trop conscience de ce qu'il y avait autour de nous…

- Ah, l'amour… Bon, comment vas-tu ? s'enquit Ginny.

- Très bien, et toi ? Tes vacances commencent bien ? Tu ne t'ennuies pas trop ? Ron ne t'embête pas trop ?

- Hé ! Pourquoi ce serait moi qui l'embêterait et pas l'inverse ? protesta Ron.

- C'était pour rigoler, rétorqua Pansy en levant les yeux au ciel. Je me doute bien que tu es plus du genre à te cloîtrer dans ta chambre et à paresser qu'à aller asticoter ta sœur…

- Tout à fait, attesta Ginny. On se fiche mutuellement la paix. Et sinon, je vais bien, je n'ai pas à me plaindre de mes premiers jours de vacances, et j'ai de quoi m'occuper.

- Tant mieux. Est-ce que tu as eu tes résultats ? Ou est-ce que c'est trop tôt ?

- Non, je les ai eus ce midi. Ce qui est logique, à quatre jours des rattrapages…

- Mmmh, je présume que tu n'auras pas à y aller ?

- Non, confirma Ginny. J'ai eu seize en astronomie, Défense Contre les Forces du Mal et divination, dix-sept en histoire de la magie et en métamorphose, dix-huit en potions et en créatures, et dix-neuf en sortilèges.

- Ah oui, tu es à mille lieues des rattrapages… Un grand bravo à toi, en tout cas ! Avec ces notes, tu dois figurer parmi les élites de ta classe…

- Ça se peut, mais ce n'est pas mon objectif. Je ne suis pas dans cet esprit de compétition. Mon but, c'est d'avoir accès à un maximum de formations après ma carrière de Quidditch. Et je me dis que ça aurait été mieux que je fasse runes plutôt que divination… Car mine de rien, il y a plein d'ouvrages écrits en runes qui sont méga intéressants dans tout un tas de domaines… Avant, les runes étaient à l'abandon, elles étaient considérées comme très peu utiles, mais depuis qu'il y a de plus en plus de livres découverts dans cette langue qui contiennent des secrets qui feraient avancer les recherches, on attache davantage d'importance aux runes.

- Tu voudrais remplacer la divination par les runes ? Mais tu as raté deux ans de cours…

- Ça fait plusieurs mois que je lis tous les cours de Luna le soir, et j'étais enfin à jour peu avant les examens. Les runes, c'est une matière qu'il est possible d'apprendre en autodidacte, à condition de ne pas aller trop vite, de se tester régulièrement et de faire soi-même les exercices qui sont faits en cours, et de ne pas se contenter de la correction…

- Donc tu penses être apte à assister aux cours de runes de cinquième année sans trop galérer ? Et tu es bien décidée à en faire la requête auprès de ton directeur de maison ?

- Oui. Tant que c'est avant l'année des BUSE, on peut renoncer à une option au profit d'une autre. Mais ça ne se fait pas comme ça. Je vais avoir un test à faire qui déterminera si j'ai les compétences nécessaires pour intégrer le cours de runes de ma classe. Les directeurs de maison sont souples avec les options, car il y a des élèves qui ont une révélation sur le métier qu'ils veulent faire plus tard en troisième, en quatrième ou en cinquième année, et qui se rendent compte qu'ils n'ont pas une option qui leur sera indispensable pour leur formation… En même temps, quand on est en fin de deuxième année et qu'on a nos deux options – ou plus – à choisir, on n'est pas tous au clair sur ce qu'on fera après Poudlard… Et c'est normal. C'est pour ça que les directeurs de maison n'ont pas trop de mal à accepter qu'on change d'option. Par contre, si c'est en pleine année des BUSE, c'est plus délicat. Ils sont plus réticents. Deux ans et demi de cours à récupérer en cinq ou six mois, c'est chaud…

- C'est même infaisable, renchérit Ron.

- Et comment font les personnes qui trouvent leur voie après la cinquième année et qui auraient dû suivre une option qu'ils n'ont pas suivie ?

- Eh bien, en ce qui concerne le cursus à Poudlard, c'est trop tard pour eux. La seule solution pour bénéficier de l'enseignement dans cette option, ce sont les cours privés. Mais comme on ne peut y avoir recours qu'en-dehors de Poudlard, les élèves sont forcés de le faire après leurs ASPIC, et par conséquent, ça retarde d'un an leur formation… Mais c'est mieux que rien.

- Oui, c'est ce qu'il faut se dire… Mais comment tu sais tout ça, toi ? s'étonna Pansy.

- Je me suis pas mal renseignée à Poudlard. J'en ai discuté avec un élève de sixième année qui avait été dans mon cas, et avec une élève de septième année qui n'avait su que l'année d'avant ce qu'elle désirait faire comme métier. C'est elle qui m'a tout expliqué. Bon, et toi, alors ? As-tu eu les notes requises à toutes les matières que tu as conservées ?

- Oui, même en Défense Contre les Forces du Mal, qui était ma plus grosse incertitude…

- Comme Ron ! C'est bizarre, car c'est la métamorphose qui est réputée pour être la matière la plus ardue…

- Oui, mais c'est celle où il y a le moins de formations qui exigent une note minimale… Du coup, il y a moins de pression, et c'est peut-être pour ça qu'on a de meilleurs résultats qu'en Défense Contre es Forces du Mal…

- Pas bête. Bon, le principal, c'est que vous soyez admis à la fois en Défense et en métamorphose !

- Oui, et c'est un grand soulagement… Mais dis-moi, tu n'as rien eu d'autre, dans la lettre où tu as eu ton relevé ?

- Hein ? Ah euh si, il y avait mon badge de préfète.

- Aaaah, ça y est, c'est officiel ! Ça t'a fait quoi ?

- Ça m'a émue, avoua Ginny. Ce n'étaient plus des tests validés, c'était concret…

- J'ai eu la même sensation l'été dernier, confia Pansy. Et tu vas l'avoir une seconde fois lorsque tu auras ton badge de co-capitaine ! Ça te fera deux insignes… Et deux fois plus de responsabilités. Ce serait trop pour moi. Je t'admire, sincèrement.

- Pfff, je me fais voler la vedette par ma propre sœur… Avant que tu ne sois là, c'était de moi dont Pansy était fière !

- Oh, pauvre bichon, se moqua gentiment Pansy.

Ginny et elle rirent et furent très vite imitées par Ron. Pansy fut vite distraite par Magni qui vint se joindre à eux et se frotter contre les jambes de sa maîtresse.

- Est-ce qu'il a le droit d'être ici ? s'inquiéta-t-elle.

- Oui, quand Hermione est là, Pattenrond dort avec elle. Mais ton chat est trop chou ! Il a une petite bouille trop mignonne…

- Ne le complimente pas trop devant lui, ça va gonfler son égo, rigola Pansy.

- Mais ce n'est que la vérité ! Mais pourquoi on n'a pas de chat, nous ?

- Parce que Percy est allergique aux poils de chat, rappela Ron.

- Oui mais il n'est plus là…

- Touche-en deux mots à papa et maman, ils ne devraient pas être contre l'idée d'avoir un chat… En plus, c'est bientôt ton anniversaire, profite-en !

- Oui, mais un chat à l'animalerie, c'est cher… Plus qu'un hibou ou un boursouflet. Non mais j'en aurai un quand j'aurai mon propre chez moi. Mais si je m'écoute, j'aurais des chats, des lapins, des poules, des croups, des hiboux, des chouettes, des hiboux, des furets, et même des chevaux…

- Ouh là, c'est une maison avec des terrains qu'il va te falloir, avec tout ce beau monde ! Tu vivras à la campagne, quoi.

- J'en parlerai avec Blaise, car c'est avec lui que j'aimerais l'avoir, cette maison…

- Le connaissant, il y a des chances pour qu'il adhère à ce projet !

- On a le temps d'y penser. Bon, et si on te faisait visiter la maison ? suggéra Ginny en tapant dans ses mains. Il y a cinq étages, et ils ont tous leur histoire, tout comme la salle à manger et la cuisine du rez-de-chaussée !

- Ooooh, hâte d'entendre tout cela !

Ce fut sur ces mots pleins d'enthousiasme que les trois adolescents quittèrent la chambre de Pansy. Ron et Ginny lui montrèrent toutes les pièces, salles de bain, toilettes, débarras et grenier inclus, et lui racontèrent de nombreuses anecdotes. Ce faisant, ils s'arrêtèrent si souvent et si longtemps qu'ils mirent plus de deux heures à faire le tour du Terrier qui, en dépit de ses cinq étages, n'était pourtant pas bien grand. Mais ce fut un moment très plaisant pour Pansy qui avait rarement autant ri. Elle se sentait bien, dans cette maison, elle était avec des gens qu'elle aimait, et elle avait été plus que bien accueillie, aussi bien par Arthur et Molly que par Ron et Ginny. S'il y avait bien une chose dont elle était sûre, c'était qu'elle allait adorer son séjour au Terrier !

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(vendredi 05/07) POV Blaise

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- Raaah mais où sont mes horaires ?!

Cela faisait dix minutes que Blaise fouillait sa chambre de fond en comble. Il perdait du temps, et ce fut ce que sa mère lui dit en passant devant sa chambre :

- Blaise, dépêche-toi, tu vas être en retard…

- Je sais, mais je n'arrive pas à mettre la main sur mes horaires… Ah, les voilà ! C'est bon, j'ai tout. J'y vais, à ce soir !

Blaise quitta sa chambre d'un pas pressé, descendit au salon et se rendit à Sainte-Mangouste par le biais de la cheminée.

Telle était sa routine depuis le début des vacances. Il en était à son cinquième jour de stage, et à son deuxième jour dans le service de chirurgimagie. Il avait effectué ses trois premiers jours dans celui de gynécomagie, avec Mr Finnan, et bien que ce fût un univers qui ne lui était pas très familier, cela lui avait beaucoup plu. Actuellement, il était aux anges, car la chirurgimagie était ce qui l'attirait le plus. C'était très varié, si bien que le service était très compartimenté. Difficile de faire autrement, car si tous les patients qui allaient se faire opérer étaient parqués au même endroit, cela engendrerait très vite une grande confusion… De plus, un chirurgimage spécialisé dans les pathologies causées par des créatures n'était pas forcément habilité à traiter les pathologies causées par des sortilèges… Cela signifiait que Blaise n'allait pas être introduit à tous les types de chirurgimagie, mais ce n'était pas grave pour lui. Ce stage, comme celui qu'il avait fait deux ans plus tôt, était déjà une aubaine en soi.

Une fois à Sainte-Mangouste, il monta au quatrième étage, où était situé le service des pathologies de sortilèges. Ce jour-là, Mr Arden, le chef du service de chirurgimagie, avait prévu de lui présenter des patients victimes de sortilèges, d'attaques de créatures, ainsi que de fractures ou d'os cassés non réparables par des sorts et des potions. Ce vendredi-là, Blaise n'avait son stage que l'après-midi, Mr Arden ayant été toute la matinée au bloc opératoire. Il commençait à treize heures et terminait à dix-neuf heures. S'étant hâté dans les escaliers et dans les couloirs pour être à l'heure, ce fut légèrement hors d'haleine que Blaise toqua et pénétra dans le bureau de Mr Arden.

- Bonjour, Blaise ! Tu as l'air à bout de souffle. Il n'est pas si tard, il n'est que midi cinquante-cinq, tu avais cinq minutes devant toi… Mais je ne vais pas te reprocher d'être si ponctuel ! Mieux vaut cela que le contraire… Bon, notre première patiente est Mrs Gardner. Elle est âgée de quatre-vingt-deux ans, mais elle a conservé toute sa vitalité et tout son caractère ! Râler est son activité favorite, mais elle est loin d'être méchante. C'est un peu le cliché des personnes âgées, mais…

- Il n'y a pas de mal à ça, commenta Blaise. Et que fait cette patiente ici ?

- Elle a été piégée par une de ses expériences. C'est sa grande passion, elle a dédié sa vie à ça. Cela fait trois ans qu'elle tente d'inventer un moyen d'être en permanence invulnérable face au feu, et à force de se jeter des sortilèges de Gèle-Flamme, elle a perdu toute sensibilité au niveau des pieds.

- Oh… Est-ce que l'opération va la lui restituer entièrement ?

- Oui, mais il en faudra cinq ou six pour cela.

- Et en quoi consiste cette opération ?

- À injecter un produit dans la peau, les os et les muscles qui ont tous été affectés. Comme à chaque fois qu'il y a une potion, un baume, un onguent, un philtre, un élixir ou un antidote à utiliser, le tout sera supervisé par un professionnel des potions médicales.

- C'est logique… Mais il doit aussi y avoir des pathologies liées à l'ingestion de potions ?

- Oui, et c'est l'un des cas les plus fréquents en chirurgimagie, avec les fractures et les os cassés. Ce genre de pathologies t'intéresse, j'ai l'impression ?

- On ne peut rien vous cacher…

- Ne t'en fais pas, tu y seras confronté demain, avec deux ou trois patients. À la base, tu devais être là de huit heures à treize heures, mais comme j'ai deux opérations qui ont été annulées, je suis libre tout l'après-midi. Rien ne t'oblige à faire ces quatre heures supplémentaires, mais si tu prolonges ta journée, tu auras le temps de découvrir au moins trois autres domaines de la chirurgimagie…

- Vous pouvez compter sur moi ! affirma Blaise.

- Je n'en attendais pas moins de toi ! Bien, allons-y.

Ce fut avec entrain que Blaise suivit son mentor jusqu'à la chambre de Mrs Gardner. Ils y entrèrent après que Mr Arden eut frappé à la porte.

- Bonjour, Mrs Gardner ! Comment allez-vous ?

- Ma foi, pas trop mal… Le point positif dans tout ça, c'est qu'il n'y a pas de douleurs !

- Ah ça c'est sûr… Vous êtes bien l'une des rares chanceuses à ne pas avoir de potions anti-douleurs dans votre perfusion… Mais lorsque vous sentirez de nouveau vos pieds, ce sera une autre histoire ! Entre les démangeaisons et les douleurs associées aux exercices que vous ferez pour refaire circuler le sang, vous allez regretter votre insensibilité ! Mais vous aurez des potions pour apaiser tout ça.

- J'espère bien ! Mais qui est ce jeune homme ?

- Il s'appelle Blaise Zabini, il est un futur élève de sixième année à Poudlard. Il a fait un stage ici il y a deux ans et il en fait un second car il désire être médicomage plus tard.

- Oh non, pas un de vos stagiaires ! Ce n'est pas contre vous, Mr Zabini, mais le dernier stagiaire de votre mentor m'avait épuisée avec toutes ses questions…

- Il était simplement curieux et admiratif de tout ce que vous aviez fait… Et vous n'étiez pas fâchée de lui faire le récit de toutes vos aventures ! Vous étiez flattée et cela vous distrayait même des soins qui n'étaient pas très agréables… Mais ce n'est pas pour cela que nous sommes là. Il s'agit là d'une petite visite de contrôle. Une infirmière a mesuré vos constantes ce matin, elle me les a transmises et elles sont bonnes. Comme avant-hier, je vais vous interroger et procéder à des tests pour préparer au mieux l'intervention. Depuis la précédente visite, y a-t-il eu une perte d'appétit ?

- Non, pas du tout.

- Il n'y a pas d'effets secondaires liés aux potions qu'il y a dans la perfusion ? Pas de douleurs, pas de nausées, pas de vertiges ?

- Non plus.

- Pas de troubles particuliers ?

- Pas à ce que je sache.

- Bon, tout est en ordre de ce côté-là. Je vais désormais tester votre magie afin de vérifier que votre fluide magique ne soit pas impacté, puis je testerai votre sensibilité pour voir si le problème ne s'est pas étendu au-delà des pieds.

Pour le test du fluide magique, Mrs Gardner dut lancer des sorts assez complexes, mais qu'elle était censée maîtriser. Ce ne fut qu'une formalité pour elle. Son fluide magique allait très bien. Et pour ce qui était du test de sensibilité, il se divisa en quatre étapes : dans un premier temps, Mr Arden massa et piqua avec des aiguilles les chevilles et les mollets de la patiente intrépide, et dans un deuxième temps, il y appliqua un sort de chaleur et un sort de fraîcheur. Les réactions de Mrs Gardner à toutes ces stimulations furent très rassurantes.

- Tout est parfait. L'opération est maintenue pour après-demain, si tout va bien d'ici là. Si vous avez le moindre souci, n'hésitez pas à activer l'alarme.

- Bon courage, madame, dit Blaise à la patiente.

Celle-ci sourit et fit un petit signe de tête. Blaise et son mentor prirent congé d'elle et allèrent visiter un patient qui avait une jambe cassée. Comme les os étaient en piteux état, un traitement n'était pas suffisant. La date de l'opération n'était cependant pas encore fixée, car la jambe était très amochée, et il était préférable de soigner la plaie avant d'opérer.

- Bonjour, Mr Barlow. Comment allez-vous ?

- Ça irait mieux si on me coupait la jambe…

- Oh, allons, ne dites pas des choses pareilles ! Nous vous opérerons dès que la plaie sera cicatrisée. Pour l'instant, c'est trop tôt, la plaie est trop à vif. Mais si vous avez trop mal, je peux augmenter la concentration des anti-douleurs… Vous êtes loin de la limite autorisée.

- Je veux bien, oui.

Mr Arden invoqua son Patronus et lui fit délivrer un message probablement destiné aux infirmières.

- Oh, j'oubliais, le jeune homme qui m'accompagne est un élève de Poudlard qui refait un stage ici dans le but de toucher à des domaines qu'il n'avait pas expérimentés lors de son premier stage. Ce jeune homme s'appelle Blaise Zabini.

Mr Barlow fixa Blaise à l'entente de son nom. Blaise devina sans peine qu'il faisait le lien avec sa mère. Le dégoût était nettement visible dans ses yeux. Même si cela atteignait Blaise, il n'en faisait rien paraître. Au cours de son premier stage, comme Mr Barlow, un bon quart des patients l'avaient jugé du regard. Il avait reçu des commentaires provenant de trois d'entre eux, mais ils s'étaient vite fait sermonner par les mentors de Blaise, et ils s'étaient tous excusés. Au fond, ils n'étaient pas du tout méchants, et ils avaient tous admis que ce n'était pas parce qu'il était Blaise Zabini qu'il fallait l'assimiler à l'affaire des sept époux mystérieusement disparus de sa mère… En débattant là-dessus, il y avait même une de ces trois personnes qui avait fini par concéder qu'il n'y avait pas de preuves concrètes de la culpabilité de la mère de Blaise dans le meurtre de ses sept maris, et qu'elle méritait donc la présomption d'innocence.

- Tu veux devenir médicomage, c'est ça ? demanda Mr Barlow.

- C'est mon rêve, oui.

- Et il n'y a pas d'autres motivations qui t'ont conduit à faire ce stage à Sainte-Mangouste ?

- À part pour avoir quelque chose à faire pendant les vacances, non.

L'alité sembla franchement dubitatif. Blaise fit de son mieux pour se relaxer, mais plus Mr Barlow le dévisageait, plus il se crispait.

- Tu es enfant unique ?

- Oui.

- Mmmh. C'est vrai que le temps doit être long, lorsqu'on est deux dans une grande maison, et que l'on n'a ni frère, ni sœur, ni beau-père…

- J'ai tout de même de quoi m'occuper cet été, rétorqua Blaise. J'ai un anniversaire, j'irai peut-être chez ma petite-amie, et de manière générale, je ne suis pas prisonnier chez moi, j'ai le droit d'aller me promener…

- Oui, si j'étais toi, je fuirais de la maison dès que j'en ai l'occasion.

Blaise serra les poings. Il n'avait que trop bien saisi le sens implicite de cette phrase. Ce n'était pas la maison que cet homme fuirait, mais la femme qui y habitait… Comme si, à la place de Blaise, il serait terrorisé par sa mère…

- Bon, je vais examiner votre plaie, intervint Mr Arden.

- Pas tant que votre stagiaire sera là.

«Ah, ça y est, ça vise directement» songea Blaise.

- Ah oui ? Et pourquoi cela ? Il ne va pas s'évanouir, si c'est ce que vous craignez…

- Oh, je m'en moque pas mal, ce n'est pas moi qui irai le secourir ! C'est juste que j'ai des valeurs et des principes, et que, de par son ascendance, cet énergumène va à l'encontre de tout cela.

Blaise vit la bienveillance s'effacer des traits de Mr Arden. Ce fut froidement mais calmement qu'il répliqua :

- Ici, ce jeune homme n'est pas le fils de Mrs Zabini, mais un stagiaire qui explore divers domaines de la médicomagie, et vous êtes prié de le respecter, tout comme lui vous respecte.

- Je n'ai aucune confiance en lui, s'entêta Mr Barlow. Je refuse qu'il assiste à l'examen. Car d'ici à ce qu'il vous seconde et qu'il fasse malencontreusement un mauvais geste pour empirer l'état de ma jambe… Quoique, il serait bête de faire ça maintenant. Mais je te préviens, mon petit, je ne suis ni riche, ni de Sang-Pur. Cela ne servirait à rien de me faire boire un philtre d'amour pour me marier à ta mère dès que je quitterai Sainte-Mangouste, et de provoquer ensuite une septicémie en rouvrant la plaie de ma jambe et en l'infectant…

- Vous allez trop loin, Mr Barlow, déclara Mr Arden. Mon stagiaire ne vous a rien fait, vous n'avez pas à l'accuser d'avoir un tel plan en tête…

- Je ne l'accuse pas, je le mets en garde…

Ignorant le patient, Blaise se tourna vers le chirurgimage :

- Monsieur, le bien-être des patients prime avant tout… Cet examen est indispensable, et ça ne fait rien s'il se fait sans moi, il y a bien d'autres patients qui ont des fractures ou des os cassés et que ma présence ne gênera pas…

- Oui, et qui seront de potentiels candidats pour succéder au dernier mari de ta mère… Ce stage est pratique pour toi, hein ? Entre les vieux, ceux qui sont gravement malades, et ceux au sort incertain, tu vas en avoir, des noms à suggérer à ta chère mère… Au moins, elle n'aura pas à tuer son huitième époux, la nature s'en chargera elle-même…

Blaise dut user de tout son self-contrôle pour ne pas ordonner au patient de se taire.

- Tu fais le sourd, mais s'il n'y avait pas le chef de service avec toi, ça ferait dix bonnes minutes que tu te serais jeté sur moi pour me menacer de me frapper si je ne me la ferme pas… Mais ce ne serait guère malin de faire ça devant lui. Tu te ferais virer et tu faillirais à ta mission de dénicher un mari pour ta mère…

C'en fut trop pour Blaise :

- Je vais y aller, décréta-t-il d'un coup. Mais avant, Mr Barlow, même si vous avez de faux à priori à mon sujet, cela ne m'empêcherait pas de vous sauver et de vous opérer si la situation l'exigeait. Car ici, je suis dans la sphère professionnelle. Je n'ai pas à prendre en considération vos réflexions qui relèvent de la sphère privée. Sur ce, je vous souhaite un bon rétablissement. Je serai en bas, ajouta-t-il à l'adresse de Mr Arden.

Blaise s'en alla sur ces mots. Il descendit au rez-de-chaussée et s'assit sur un banc, dans le hall, près de la réception. Il plongea la tête dans ses mains. C'était la première fois qu'il faisait face à une telle haine à cause de la réputation de sa mère. C'était violent. Si Mr Barlow n'avait pas été un patient, il lui aurait dit ses quatre vérités, mais il n'était pas là pour s'embrouiller avec les patients. Et bien que Mr Barlow fût détestable, il demeurait un homme qui nécessitait des soins urgents, et c'était cela le plus important. Blaise, lui, n'avait qu'à encaisser. Cette mésaventure était un mal pour un bien : elle l'avait blessé, mais elle lui avait également permis de se tester en conditions réelles et de s'endurcir. C'était quelque chose qui allait lui être utile quand il serait médicomage. Mais avant cette échéance, cela allait l'aider à Poudlard. Car parmi les matières où il y avait une note requise aux ASPIC pour sa future formation, celle où il était le plus faible était la Défense Contre les Forces du Mal, même s'il oscillait entre Effort Exceptionnel et Optimal depuis le début de sa scolarité. Et ce qui lui faisait défaut, c'était sa tendance à perdre légèrement ses moyens face au danger. Mais cela ne l'avait pas empêché d'avoir une bonne note aux BUSE. En fait, il n'avait eu que des bonnes notes, excepté en divination, où il avait quand-même eu douze, ce qui était bien payé pour une matière dont il n'avait strictement rien à faire. Mais comparée à ses autres notes, celle-ci était assez médiocre. Car, sinon, il avait eu quatorze en astronomie et en histoire de la magie, quinze et demi en Défense Contre les Forces du Mal, seize en métamorphose, dix-sept en soins aux créatures magiques, dix-sept et demi en botanique, dix-huit et demi en potions, et dix-neuf en sortilèges. Il avait été plus que satisfait de ses notes. Mais il s'était promis de travailler d'arrache-pied l'année suivante afin de s'améliorer en Défense Contre les Forces du Mal et en métamorphose, et ainsi avoir un maximum d'Optimal aux ASPIC pour avoir un excellent dossier lorsqu'il postulerait pour la formation de médicomage.

Il se remémorait l'examen théorique de métamorphose où il avait bloqué sur une question, ce qui lui avait valu deux points, quand il fut rejoint par son mentor qui s'installa à côté de lui.

- Qui est notre prochain patient ? s'enquit Blaise.

- Mrs Sanders, mais nous irons la voir d'ici un quart d'heure. Comme mes deux opérations ont été annulées, nous avons tout l'après-midi pour faire le tour des chambres, ce qui fait que nous avons le temps de souffler un peu entre deux patients. Et ça tombe bien, car j'aimerais que l'on parle de cet accrochage avec Mr Barlow.

- Tout a été dit, non ? Et puis c'est déjà de l'histoire ancienne. À quoi bon se torturer avec ça ? Cet homme n'en vaut pas la peine…

- Tu fais comme si cela ne t'avait pas atteint, mais je ne suis pas dupe. Et ce n'est pas bon d'adopter ce genre de réflexe. Vider ce que tu as sur le coeur te ferait plus de bien que tout refouler…

- Vous me poussez à me confier car vous avez peur que je sois moins efficace si je ne le fais pas ? Si oui, vous n'avez pas à vous en faire, comme je l'ai certifié à Mr Barlow, je ne mélange pas la sphère professionnelle et la sphère privée. Quand je suis ici, je laisse au placard tout ce qui appartient à la sphère privée.

- Oui, sauf que là, ce qui te fait du mal, c'est ce qui s'est produit dans la sphère professionnelle…

- Je vous assure que ça va. J'ai l'habitude, garantit Blaise.

- Avec tes camarades, oui, mais peut-être pas avec des adultes qui sont censés avoir plus de recul et plus de réserve que des adolescents… À moins qu'à Poudlard, tu aies subi des remarques de la part de tes professeurs, et là, ce serait inquiétant…

- Non, juste de mes camarades.

- Jamais de tes professeurs ?

Blaise secoua la tête.

- Et ça te fait quoi, quand un de tes camarades t'embête avec ça ?

- Ça ne me fait plus grand-chose, ce sont à chaque fois les mêmes, ce sont des imbéciles et je ne fais pas attention aux imbéciles.

- Et si cela venait d'un professeur, est-ce que cela ferait une différence, pour toi ?

Blaise mit du temps avant de répondre :

- Oui, avoua-t-il au bout de plusieurs dizaines de secondes.

- Donc les insinuations de Mr Barlow t'ont touché ?

Un autre laps de temps s'écoula :

- Oui.

- Il ne faut pas que tu en aies honte. Ceux qui doivent avoir honte, ce sont les personnes comme Mr Barlow et celles que tu qualifies d'«imbéciles». Tu as eu la bonne attitude, tout à l'heure, face à cet homme, et je tiens à te féliciter pour ça. Tu as pensé au patient avant de penser à ton stage, et c'est digne d'un bon médicomage. Tu ne t'es pas énervé, et tu n'as pas montré ce que tu ressentais. Tu as été très professionnel. Mais en-dehors de la chambre de ce patient, tu as le droit de reconnaître que ce qu'il t'a dit t'a fait du mal. Et ne fais pas comme si de rien n'était, et comme si c'était tout à fait ordinaire. Car ça ne l'est pas. Ne banalise pas ce type de comportement, car c'est tout sauf banal.

Blaise acquiesça. Il avait la sensation d'être plus léger et qu'un poids s'était enlevé de ses épaules. Il était bien plus détendu que dix minutes auparavant. Tout compte fait, son mentor avait eu raison. Cette conversation lui avait fait du bien. Il était prêt à affronter le reste de la journée. Il n'y eut pas d'autre incident, pour le plus grand soulagement de Blaise. Le soir, chez lui, il avait digéré sa petite discussion houleuse avec Mr Barlow, mais il se garda bien de la raconter à sa mère lors du dîner…

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(sam 06/07) POV Remus

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C'étaient enfin les vacances pour Remus et Sirius. Ils avaient fini les corrections deux jours plus tôt, et les relevés étaient actuellement en cours d'acheminement. Après le rendez-vous chez le généticomage, Sirius et Remus s'étaient réfugiés dans leurs copies pour chasser de leurs esprits tout ce qui les tourmentait : la confirmation que James était bel et bien stérile, ce qu'il leur avait toujours caché, la révélation du lien entre Sirius et Harry, le départ de celui-ci, les interrogations qui avaient résulté de cet entretien, et dont les réponses étaient offertes dans une lettre écrite par Lily qui prenait la poussière dans le coffre de Sirius à Gringotts… Ils s'étaient débarrassés de tout cela et ils avaient été si productifs qu'à minuit, ils n'avaient plus que le paquet des deuxième année à noter. Ils avaient tout fait dans le désordre, mais dans un ordre somme toute logique. Cela s'était fait en trois temps : d'abord, les copies des cinquième et des septième année, les cinquième année ayant besoin de leurs notes afin de valider le choix des matières qu'ils conservaient pour la sixième année, et les septième année ayant leurs dossiers à finaliser pour leurs formations. C'étaient les deux cas les plus urgents. Ensuite, il y avait eu les copies des troisième, quatrième et sixième année, les élèves de troisième et de quatrième année ayant potentiellement plus de matières à repasser que les élèves de première et de deuxième année qui n'avaient pas les options, et les élèves de sixième année ayant plus de cours à réviser que leurs cadets. Puis, en dernier lieu, il y avait eu les copies des première et des deuxième année, qui étaient les moins pressantes. Pour ne pas que Minerva ait à tout envoyer en même temps, elle avait prié Sirius, Remus et leurs collègues de lui adresser leurs copies dès qu'ils avaient terminé le paquet d'une promotion. Ainsi, les quatrième et les sixième année avaient pu avoir leurs notes dès le jeudi précédent.

N'ayant plus rien à faire, Sirius et Remus s'étaient attaqués à nettoyer le Square de fond en comble. Kreattur, l'elfe de maison dont avait hérité Sirius en plus du Square, aurait dû le faire, mais comme à l'accoutumée, il faisait peu d'efforts pour faciliter le quotidien de Sirius qu'il détestait, car il était selon lui un traître qui avait déshonoré sa famille et son sang. Kreattur n'obéissait que lorsque Sirius le menaçait de lui offrir un vêtement. Si, pour les elfes attachés à leurs maîtres, cela sonnait comme la pire des punitions, pour Kreattur, cela aurait été le plus beau des cadeaux s'il avait pu emmener le tableau de Walburga Black avec lui. S'il haïssait Sirius de tout son être, il idolâtrait en revanche la mère de celui-ci. Quand Sirius, Remus et Harry étaient revenus au Square, le tableau de l'ancienne maîtresse de Kreattur était le seul élément de la maison qui était parfaitement propre. Mais comme le tableau était fixé au mur avec de la glu perpétuelle, il était inconcevable pour le vieil elfe de s'en aller du Square.

Sirius et Remus avaient donc fait le ménage pendant toute la matinée. Ils auraient pu continuer des heures et des heures, tant ils étaient motivés, mais il avait bien fallu manger, et de plus, Sirius avait été gêné par des maux de ventre qui l'avaient forcé à s'allonger. Il ne s'était assis à table qu'une fois le repas prêt. Mais n'ayant pas beaucoup d'appétit, il ne s'était contenté que de quelques bouchées. Remus avait tenté de le faire manger un peu plus, mais Sirius avait souligné qu'il valait mieux qu'il n'ait pas le ventre trop plein pour la séance de duel avec Théo qui avait lieu à treize heures, ce jour-là étant celui où Théo était libre. Remus avait conseillé à Sirius d'annuler, jugeant qu'il n'était pas assez en forme pour une telle dépense physique, mais cela avait été inenvisageable pour Sirius, qui s'était engagé auprès de Théo, et qui n'était pas du genre à se désister parce que son estomac faisait des siennes… Remus n'avait pas insisté, sachant très bien que cela aurait été inutile, mais il n'avait pas été tranquillisé pour autant. Et il avait regretté de n'avoir pas, malgré tout, tenu tête à Sirius…

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Deux heures plus tôt

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Remus était en train de lire la Gazette du Sorcier quand Théo apparut dans le salon.

- Mr Lupin ?

Remus leva les yeux.

- Oui ?

- Mr Black m'a dit de ne pas aller vous alerter, mais il a l'air d'être malade, comme s'il faisait une indigestion…

- Comment ça ? Qu'est-ce qu'il a ? Où est-il ?

- Dans la salle de bain du premier étage. La séance a été très laborieuse pour lui, j'ai plusieurs fois voulu venir vers vous, car c'était évident qu'il n'était pas bien, mais il répétait que ce n'était pas la peine. Sauf qu'il y a cinq minutes, un de mes sorts qu'il aurait dû parer l'a mis à terre, il était pâle comme un Inferi en se redressant, il a eu un rejet, il s'est rué hors de la pièce, et j'en ai profité pour faire ce qu'il refusait que je fasse…

- Tu as bien fait. Bon, tu peux rentrer, Sirius va sûrement vouloir finir la séance, mais il en est hors de question, et cette fois, qu'il veuille ou non, il va m'écouter. Je suis désolé, je suis bien conscient que la séance n'a duré que quarante minutes, mais…

- Non, ne vous excusez pas, c'est normal… Mr Black ne va pas poursuivre la séance alors qu'il est mal en point… Bon courage à vous deux, j'espère qu'il ira vite mieux, et s'il n'est pas rétabli d'ici vendredi, qu'il n'hésite pas à reporter, j'ai trois demi-journées de repos par semaine, il y a de quoi caler une séance sur un de ces trois créneaux… Et on fera une heure et demie si ça lui va, puisqu'il nous manque vingt minutes sur celle-là. Que ce soit vendredi ou plus tard.

- Je verrai ça avec lui. J'ai bien essayé de le convaincre de repousser celle de cet après-midi, mais si j'avais été face à un mur, ça aurait été exactement la même chose… Et à part ça, je sais que ces séances sont des occasions pour Harry et toi de vous voir, mais comme Harry est chez Draco, tu ne rates absolument rien.

- Oui, tout m'incite à regagner le Chaudron Baveur… Et c'est ce que je vais faire.

Théo récupéra ses affaires, salua Remus et s'en alla. Remus se hâta de monter au premier étage et vit Sirius sortir de la salle de bain. Il était blême et la fatigue était clairement visible sur ses traits.

- Tu as régurgité le peu que tu as avalé ? devina Remus.

- Oui…

- Est-ce que ça t'a soulagé ?

- Même pas. Mais c'était une erreur de m'être obligé à faire un tant soit peu honneur à ton plat…

- Non, ce qui était une erreur, c'était de t'être obstiné à maintenir cette séance !

- Même sans ça, je n'aurais pas gardé ce que j'avais dans le ventre, répliqua Sirius. Mais vu que je n'ai plus rien à évacuer, je vais pouvoir finir d'une traite la séance…

- Théo n'est plus là. Je l'ai libéré.

- Mais pourquoi tu as fait ça ?!

- Parce que tu n'es pas en état de te battre en duel ! Mais Théo a suggéré de rattraper cette séance lors de celle de vendredi, ou si tu n'es pas remis d'ici là, de rattraper les deux séances plus tard en faisant une heure et demie lors d'une de ses demi-journées de repos.

- Mmmh… Pourquoi pas, abdiqua Sirius. Mais je suis sûr que j'aurais pu assumer les vingt minutes qu'il nous restait à faire.

- Tu n'aurais pas été au top de tes capacités, et ça n'aurait servi à rien pour Théo, car tu n'aurais pas mis assez d'énergie dans tes sorts. Mais là, tu vas boire une potion et tu vas te coucher, cela te fera du bien. Et ce n'est pas négociable.

Sirius ne broncha pas et alla vers sa chambre située sur le même étage tandis que Remus descendit lui chercher une potion. Il la lui amena, et Sirius la but sans rechigner. Remus baissa les volets afin que Sirius soit dans le noir, et s'éclipsa après l'avoir embrassé et lui avoir dit de l'appeler via son Patronus si ça n'allait pas. Remus n'était pas certain que la sieste et la potion suffiraient à apaiser le mal dont souffrait Sirius, et si ça ne s'arrangeait pas avant le dîner, il était bien résolu à ce qu'ils aillent à Sainte-Mangouste…

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Cela faisait une demie-heure que Sirius était au lit quand il débarqua dans le salon.

- Déjà debout ? s'étonna Remus.

- Oui, je ne faisais que me tourner et me retourner… Mais je me doutais que je n'allais pas réussir à fermer l'oeil. J'ai mal depuis cette nuit et je n'ai pas pu trouver le sommeil à cause de ça.

- Ah, c'est pour ça que tu bougeais autant ?

- Je t'ai empêché de dormir ? fit Sirius, penaud.

- Non, mais je me réveillais souvent. Mais c'est peut-être parce que je sentais ton agitation dans le lien… Mais du coup, la potion n'a pas fait effet ?

- Non. Pas plus que celle que j'ai prise à une heure du matin…

- C'est bizarre… Bon, j'avais en tête d'attendre ce soir pour aller à Sainte-Mangouste, mais je crois qu'on ferait bien d'y aller tout de suite…

- Non mais ça va, c'est largement supportable, protesta Sirius.

- Pour l'instant ! Mais admettons que ce soit un truc comme l'appendicite, ça empire avec le temps et il n'y a pas une seconde à perdre, répliqua Remus.

- Tu dramatises trop les choses… Pour moi, c'est simplement dû au stress. Ça ne t'est jamais arrivé d'avoir hyper mal en bas du ventre, quand tu es dans une situation qui te stresse ?

- Si…

- Eh bah c'est ce que j'ai actuellement, et il n'y a rien à faire d'autre à part attendre et faire en sorte de se détendre.

- C'est vrai que le corps humain est beaucoup plus sensible au stress qu'on ne l'imagine… Mais ce serait plus le contre-coup de tout ce qu'on a appris chez le généticomage. Tu fais tout pour ne pas y penser, mais c'est tout de même dans un coin de ta tête, et ça s'extériorise par divers moyens, dont les douleurs que tu as… Et si je te faisais du thé ?

- Bonne idée, oui. Avec les vertus que ça a, c'est typiquement ce qu'il me faut.

Remus acquiesça et se rendit à la cuisine, où il prépara le thé le plus relaxant qu'il avait. Lorsqu'il revint dans le salon cinq minutes plus tard, il entendit Sirius jurer.

- Est-ce que ça va ? demanda Remus.

- Oui, c'est juste une crampe…

Remus fut très sceptique. Il commençait vraiment à s'inquiéter.

- On ferait mieux de contacter Severus…

- Ah non, laisse-le en-dehors de tout ça, il est en vacances, lui aussi, il a le droit d'être peinard chez lui !

- Allons à Sainte-Mangouste, dans ce cas !

- Non, non et non ! On ne va pas à Sainte-Mangouste parce qu'on a du mal à gérer son stress !

- Et si ce n'était pas que le stress ? Et si c'était plus grave que ça ?

- Et si ça irait mieux si tu te calmais toi-même ?

Les mots de Sirius vexèrent Remus. Mais au fond de lui, il se dit que son compagnon n'avait peut-être pas tort. Le stress avait parfois des conséquences impressionnantes, sans que la personne ne soit en danger… Et l'hypothèse que ce ne soit que du stress était très pertinente au vu du contexte… Il avait lui-même été sujet au stress quand il était plus jeune, notamment la veille de son tout premier entretien d'embauche, et il avait eu les mêmes désagréments que Sirius… Être en quête d'un job en étant un loup-garou, c'était très compliqué. Remus avait craint de faire une bourde et que sa nature ne soit révélée au monde entier, ce qui aurait été un désastre pour lui… Il avait même fait une crise d'angoisse, et cela avait été l'un des moments les plus terrifiants qu'il avait vécus, même si c'était loin derrière sa première transformation.

- Bon, on patiente, céda-t-il. Mais si ce soir, la douleur s'est trop intensifiée, tu n'auras pas le choix, on ira à Sainte-Mangouste.

- Ça me va. Je n'exclue pas le fait que tu puisses avoir raison, mais pour moi, là, il est trop tôt pour aller à Sainte-Mangouste…

Ces paroles rassérénèrent Remus. Finalement, Sirius n'était pas si têtu que cela…

- Ah, zut, j'ai oublié mon livre sur la table de chevet…

- Il y a la Gazette, si tu veux, proposa Remus.

- Ah oui, merci. En vrai, il n'y a que la section sur le Quidditch qui m'intéresse…

Sirius s'empara du journal, l'ouvrit à la page des sports, et le lut tout en buvant son thé. Remus, lui, entama la traduction d'un petit ouvrage écrit en runes. Les études de traduction n'étant pas les plus onéreuses, il avait pu les effectuer après deux ans de petits boulots, tout en ayant de quoi payer son loyer et se nourrir en continuant à travailler à côté de ses études. Il avait eu son diplôme en trois ans, et s'était ensuite lancé dans d'autres études, dont celles de Défense Contre les Forces du Mal, ayant assez d'argent pour cela, grâce aux textes qu'il traduisait et à son job de baby-sitter. Coordonner les deux avait été faisable avec une bonne organisation, ce qui n'était pas un obstacle pour lui. Cet été-là, ce n'était pas pour être à l'aise financièrement qu'il décryptait des manuscrits, percevant toujours son salaire de professeur, mais pour s'occuper. Mais le fait d'avoir une seconde rémunération n'était pas négligeable.

Cela faisait cinq minutes qu'il n'y avait aucun bruit quand Sirius s'exclama :

- Mais ils sont tous en rade de joueurs ou quoi ?! Toutes les équipes ou presque font de la pub pour leurs sélections…

- C'est tous les étés comme ça, souligna Remus.

- Ouais mais d'habitude, il n'y a que sept ou huit équipes sur les treize de la Ligue qui l'annoncent officiellement dans la Gazette… Là, il y en a onze, dont les Tornades de Tutshill et les Catapultes de Caerphilly qui sont pourtant connues pour démarcher les joueurs en douce…

- À mon avis, cela fait deux ou trois ans qu'ils galèrent car leur mode de recrutement ne fonctionne plus trop… Du coup, ils se rabattent sur la Gazette.

- Mmmh… J'ai quand-même l'impression qu'il y a plus de recrutements qu'avant.

- C'est possible. On est au crépuscule de la génération de Morane, Vosper, Withey, Frisby et de tous ceux qui ont été recrutés à la toute fin des années soixante-dix, à leur sortie de Poudlard… Ils sont proches de la retraite sportive, à l'heure qu'il est, et il faut bien les relayer…

- C'est triste, commenta Sirius avec nostalgie. C'était une génération dorée… Grâce à la victoire de l'Angleterre lors de la coupe du monde de 1978, il y a eu un énorme engouement pour le Quidditch et il n'y a jamais eu autant d'inscriptions dans les clubs amateurs que durant les cinq années qui ont suivi… C'était du pain béni pour les équipes de la Ligue. Quand il y avait des postes vacants, elles n'avaient qu'à avoir l'autorisation d'assister à des entraînements de clubs amateurs pour scruter et dénicher des joueurs… Elles le faisaient déjà avant, mais il y avait moins de candidats. Et il y avait moins de clubs. C'est comme ça que les équipes locales ont recruté les grands joueurs et les grandes joueuses qui les composent aujourd'hui et que les équipes nationales ont recruté ces mêmes grands joueurs dans les équipes locales… Et ces joueurs sont désormais sur le point de s'en aller…

- Oui, mais il y a d'autres talents qui sont là pour prendre la relève, relativisa Remus. Il ne faut pas se dire que ces équipes sont fichues car les joueurs avec qui on a grandi ne sont plus là… Avec les nouveaux joueurs, ce ne seront plus les mêmes styles de jeu, mais les styles évoluent avec le temps, et on s'y fera.

- C'est vrai. Mais si les équipes qui étaient jusque-là discrètes dans leur recrutement ne parviennent plus à remplir leurs effectifs en allant zieuter les clubs amateurs, c'est qu'il n'y a plus de talents…

- Ou que leurs exigences sont trop élevées. Les plus anciens s'en vont, mais il subsiste des joueurs qui sont là depuis dix ans, et si les sélectionneurs se basent sur leur niveau, ce n'est guère étonnant qu'ils aient du mal à débusquer des joueurs qui soient à la hauteur… Mais l'article qui est paru dans la Gazette va attirer du monde, et d'ici la fin de l'été, toutes les équipes seront au complet. Car il y a des clubs amateurs qui n'acceptent pas la présence de sélectionneurs dans les tribunes, ne serait-ce que pour un seul entraînement… Et ce sont notamment les joueurs de ces clubs-là qui vont se jeter sur l'occasion de postuler dans des équipes locales… Et c'est potentiellement parmi ces joueurs que les sélectionneurs vont rencontrer les perles rares qu'ils cherchent… Ils ont donc tout à gagner à se manifester dans la Gazette.

- Tu es très calé sur le sujet, remarqua Sirius.

- Je ne fais qu'utiliser ma logique, dit modestement Remus.

- Mmmh. Bon, il y a un truc sur les Faucons de Falmouth, comme à peu près toutes les semaines… Qu'est-ce qu'ils ont fait, cette fois ?

Curieux d'avoir les derniers potins sur l'équipe réputée pour son jeu brutal, Sirius reprit sa lecture. Remus, lui, se recentra sur son texte et sur sa traduction. Comme Sirius n'avait montré aucun signe de souffrance pendant la discussion, Remus crut qu'il allait mieux. Mais il fut vite détrompé par un juron que poussa Sirius.

- Ah la vache, geignit-il, une main plaquée sur le ventre.

- Tu avais l'air bien détendu pour que ce soit le stress, lâcha Remus.

- Il peut être sous-jacent…

- Non, tu te voiles la face, c'est autre chose et ça ne va pas en s'améliorant !

Sirius recula sa chaise, prêt à se lever.

- Où vas-tu ?

- Au petit coin !

Sirius se redressa, mais à peine fut-il debout qu'il se plia en deux en gémissant. Le sang de Remus ne fit qu'un tour. Il se précipita vers Sirius et tenta de le rassurer :

- Sirius, respire, ça va aller…

Remus ignorait s'il disait cela pour Sirius ou pour lui… Certainement les deux, car il était lui-même affolé. Il soutint Sirius jusqu'au canapé et l'aida à s'allonger.

- Remus… Fais venir Severus… s'il te plaît, articula Sirius avec difficulté.

Cette requête fit augmenter d'un cran l'inquiétude de Remus. Si Sirius en était à le supplier de faire rappliquer Severus, c'était que ça n'allait vraiment plus.

- Il va nous dire d'aller à Sainte-Mangouste…

- Pas forcément… Il est médicomage, il saura quoi faire… Mais s'il nous dit d'aller là-bas, on ira…

Remus n'insista pas et invoqua son Patronus à qui il fit délivrer un message pour Severus. Tout en tenant la main de Sirius, il espéra que Harry ne serait pas avec Severus lorsque celui-ci recevrait le Patronus…

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POV Severus

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Le salon était baigné dans un agréable silence. Severus et Harry lisaient un livre tandis que Draco dessinait dans son carnet à croquis, offert à Noël par Théo. Ce fut Draco qui brisa la torpeur qui s'était installée :

- Severus ?

- Oui ?

- On va étudier quoi, comme potions, en sixième année ?

- En cours généraux ou en cours approfondis ?

- Les deux, tant qu'à faire. Est-ce que ce sera divisé par catégories, comme en première, deuxième, quatrième et cinquième année ? Et si oui, ce sera divisé par sortes de potions ou par thèmes ? Car en première année, on avait eu cinq potions d'entretien, puis six potions qui n'avaient rien en commun les unes avec les autres, en deuxième année, on a eu cinq autres potions d'entretien, puis six potions diverses et variées, en troisième année, elles étaient toutes différentes, en quatrième année, on a eu quatre antidotes, puis trois potions en lien avec le physique, puis quatre potions qui n'avait rien de semblable, et en cinquième année, on a eu quatre baumes, deux potions pour l'entretien des plantes, trois philtres et deux potions de revigoration…

- Tu as plus le programme en tête que moi, s'amusa Severus. Mais pour te répondre, ce seront plus des potions par thèmes que des sortes de potions. Pour les cours généraux, il y aura l'Amortentia, le philtre d'amour et l'antidote au philtre d'amour qui appartiennent au domaine de l'amour, puis il y aura la décoction hoqueteuse et la potion anti-hoquet, puis l'élixir d'euphorie et le Felix Felicis qui ont des effets similaires, et pour finir, il y aura la potion fortifiante, la potion de puissance, la potion de mémoire et la potion Volubilis qui renforcent les capacités physiques, orales et intellectuelles et qui sont donc mises dans le même panier. Pour ce qui est des cours approfondis, il y aura la potion anti-feu, la potion pare-feu et la potion de glace qui servent toutes à lutter contre le feu, et il y aura trois potions qui n'ont rien d'identique : la potion Everklena, la potion Tolipan Blemish Blitzer, et la potion Wiggenweld.

- On n'aura que six potions pour les cours approfondis ? intervint Harry.

- Oui, car vous n'aurez que deux heures par semaine de ce cours, et comme les potions seront plus dures, il vous faudra un peu plus de temps pour les maîtriser. Comme les autres années, vous aurez trois semaines pour les potions des cours normaux, et cinq semaines pour les autres potions.

- Et on n'aura pas d'examens pour les cours approfondis ?

- Non, mais vous serez notés en cours, et si à la fin de l'année, vous avez plus de la moyenne, cela appuiera vos dossiers si vous vous destinez à une formation qui dispensera des cours de potions.

- Et pour la théorie des cours avancés ? Est-ce qu'on en aura ?

- Oui, il y aura cinq cours théoriques et trois devoirs sur table.

- Cinq cours théoriques ? Alors qu'on a six potions ?

Severus sourit. Rien n'échappait à Harry !

- Oui, car comme les trois potions permettant de se protéger contre le feu sont dérivées les unes des autres, deux cours seront largement suffisants pour les traiter. Mais même en sauvant un créneau, il nous en manquera trois pour avoir le quota de cours théoriques, de cours pratiques et de devoirs sur table. Et ce seront précisément deux cours théoriques et un devoir sur table qui nous feront défaut. Mais c'est tous les ans la même chose, donc je sais comment m'arranger. Si le cours d'arithmancie ou d'étude des moldus est en fin de journée, je réquisitionnerai la deuxième heure d'un de ces cours et je vous garderai jusqu'à dix-huit heures pour faire les deux cours théoriques et le devoir sur table. Ce sera exceptionnel, mais ce ne sera que trois fois dans l'année.

- Oui, ça ne va pas nous tuer, renchérit Draco. Mais pourquoi l'arithmancie et l'étude des moldus ?

- Parce que le professeur Vector et le professeur Burbage bouclent toujours leur programme deux ou trois semaines avant la fin des cours. Elles sont habituées à ce que je leur vole la seconde heure de plusieurs de leurs cours, et comme elles font des révisions, ça ne les gêne pas.

- Et moi qui croyais que vous n'aviez pas de très bonnes relations avec vos collègues…

- C'est le raccourci que font tous les élèves, car avant cette année, j'étais imbuvable avec eux. Mais je ne l'étais qu'avec eux. Avec mes collègues, les communications étaient cordiales et se résumaient au strict minimum. Évidemment, il y en a avec qui c'est plus tendu, comme ça l'a été avec Remus il y a trois ans, et dans ce cas, avant, je faisais peu d'efforts pour le cacher… J'affichais même parfois ouvertement mon aversion.

- Pour Remus, vous avez même largement contribué à ce qu'il démissionne en révélant sa nature de loup-garou à vos élèves… Remus n'était pas obligé de s'en aller, mais il avait peur que les parents d'élèves ne veuillent pas qu'une personne comme lui enseigne à leurs enfants… J'étais pourtant sûr que ces parents ne seraient qu'une infime minorité. Et ça s'est vérifié cette année, car ça se serait su si Remus avait eu plein de lettres de parents en colère…

- Tout à fait : il n'y a pas eu de scandale. On en a parlé lorsque nous n'étions plus en guerre, et il a avoué qu'il avait craint que son retour en tant que professeur ne fasse des remous, et qu'il avait été satisfait qu'il n'y ait aucun article dans la Gazette sur d'éventuelles réactions hostiles des parents… En vrai, nous n'avons pas une société si anti-loup-garou que ça… Même s'il y aura toujours trop de personnes qui désirent leur extermination.

- Oui et puis bon, avant ce jour où Remus n'a pas pris sa potion, il avait quand-même enseigné toute une année sans qu'il y ait le moindre souci… Et ce n'était pas un jour comme les autres. Il avait la preuve qu'un de ses amis qui était supposé être mort était vivant, et qu'un autre de ses amis qui était supposé être coupable du meurtre du premier et responsable du meurtre de deux autres de ses amis était innocent… C'est normal qu'il ait eu la tête ailleurs…

- Oui, on peut difficilement le lui reprocher, approuva Severus.

- Après, les parents n'avaient pas forcément toute l'histoire, nuança Draco.

- Pas faux. Bon, le principal, c'est que Remus ait pu reprendre son poste de professeur sans que ça ne provoque l'indignation des parents. Et de même pour Sirius qui aurait pu être discriminé à cause de son sé…

Harry fut interrompu par un loup argenté qui fit irruption dans le salon. Il s'arrêta devant Severus :

- Besoin de toi urgemment, dit la voix de Remus. Sirius a de très grosses douleurs abdominales qui ne se calment pas avec les potions. Si tu n'es pas dispo, je l'emmènerai à Sainte-Mangouste, mais il voulait que je te contacte d'abord. Merci.

Le Patronus se volatilisa. Les rouages s'agitèrent dans le cerveau de Severus. Il n'avait pas le temps de paniquer. En une fraction de secondes, il avait pensé à tout ce qu'il avait à gérer. En tout premier lieu, il y avait Harry. Un simple coup d'oeil vers lui corrobora cela. L'effroi se lisait sur son visage. Severus s'empressa de le rassurer :

- Je vais y aller dès que quelqu'un sera là pour être avec vous, et je ferai tout ce que…

- Mais ce n'est pas nous le plus important, c'est Sirius ! s'écria Harry.

- Il est tout bonnement inconcevable que vous soyez seul ici avec Draco quand je serai chez Sirius et Remus. Si vous faites une crise d'angoisse, Draco ne sera pas apte à faire ce qu'il faut pour vous aider. Et songez un peu à Sirius. Il sera bien plus tranquillisé en vous sachant avec un adulte. Inutile de le stresser plus qu'il ne l'est déjà… Cela ne ferait qu'empirer les choses, et cela risquerait d'être très néfaste pour lui. Bon, allez dans votre chambre avec Draco, le temps que je joigne Tonks.

Sans un mot, Harry se leva, rapidement imité par Draco, et tous deux se rendirent à l'étage. Severus envoya un Patronus à Remus pour lui dire qu'il serait au Square dès que possible, puis il se rua vers sa cheminée. Il s'empara d'une poignée de poudre qu'il jeta dans l'âtre, faisant jaillir des flammes d'émeraude. Il y plongea la tête et prononça l'adresse de Tonks en priant pour qu'elle soit chez elle. Il fut entraîné dans un tourbillon de cendres pendant une quarantaine de secondes avant que le salon de sa dulcinée ne se matérialise devant lui. Un soulagement sans nom l'envahit lorsqu'il vit Tonks s'affairer dans la pièce.

- Tonks !

La jeune Auror sursauta, dégaina sa baguette et fit volte-face en visant ce qui s'apparentait pour elle à un intrus. Elle se relaxa en s'apercevant que ce n'était nul autre que son compagnon.

- Severus, tu m'as fait peur, soupira-t-elle. Que fais-tu ici ?

- Désolé, mais je suis allé au plus vite… Est-ce que tu es libre ?

- Oui, pourquoi ?

- Remus m'a averti il y a cinq minutes que Sirius était très souffrant, et ça m'a l'air assez sérieux. Je t'expliquerai tout cela un autre jour, à moins que Harry ne le fasse, mais il est chez moi et il était là quand j'ai reçu le Patronus de Remus. Ce ne serait pas très prudent que je le laisse seul avec Draco pendant que je serai avec Sirius et Remus…

- Ok, tu voudrais que je sois leur nounou ?

- En gros, oui. Même s'ils n'ont plus trop l'âge pour avoir une nounou… Ça ne t'embête pas ?

- Tu n'as pas plus stupide comme question ? Draco est ton filleul ainsi que mon cousin et Harry est le filleul de mon grand cousin… Je ne ferais que mon devoir. Et je n'avais rien à faire ce soir. Il n'y a pas d'invités, et je n'ai même pas mon chat qui est chez le vétérimage. Mais trêve de bavardages. Plus tôt tu seras auprès de Sirius, mieux ce sera. Je suis chez toi dans trois minutes.

Severus acquiesça et délogea sa tête de la gerbe de flammes vertes. Il monta à la chambre de Harry et toqua. Ce fut Draco qui lança un «oui». Severus ouvrit doucement la porte, et son coeur se serra en voyant Harry dans les bras de Draco qui caressait ses cheveux. Severus sut que Harry pleurait de par ses épaules qui tressautaient. Comment allait-il avoir le courage de l'abandonner ? Il était bien conscient que ce n'était pas le mot, mais c'était tout comme pour lui. Il avait envie de rester près de lui et de le consoler. Mais il ne pouvait pas faire autrement. Et il serait entre de bonnes mains avec Tonks qui saurait sécher ses larmes et l'apaiser.

- Harry ?

Le Gryffondor marmonna un «oui ?» étouffé, son nez étant enfoui dans le cou de Draco.

- Tonks sera bientôt là. Je vais aller au Square et je vais m'occuper de Sirius. Selon moi, il est plus que probable qu'il aille à Sainte-Mangouste, et s'il y va, je l'accompagnerai partout où il ira. Je ne le lâcherai pas d'une semelle, sauf si on me l'ordonne. Je vous dirai tout lorsque je reviendrai.

Harry sortit sa tête de sa cachette.

- Merci, professeur. Et pardon pour tout à l'heure. J'ai été trop impulsif… Je suis bien conscient que vous faites ce qui est pour le mieux… Mais si c'est grave, pourquoi Sirius et Remus ne sont-ils pas allés directement à Sainte-Mangouste ?

- Parce qu'ils ignorent justement si c'est grave. Si ça l'est, il faut sécuriser le transport du patient. Il y a une procédure rigoureuse à faire pour cela, et il n'y a que les médicomages qui sont habilités à l'appliquer. En général, on fait appel à un médicomage de Sainte-Mangouste via notre Patronus, et le médicomage se déplace à domicile. Mais comme ils sont constamment débordés, il faut attendre qu'un médicomage se libère, ce qui demande souvent entre quinze et trente minutes. Là, il était plus judicieux de faire appel à moi. Il n'y aura que dix minutes entre le Patronus de Remus et le moment où je serai au Square. Ah, Tonks est en bas…

Une voix féminine avait effectivement hélé Severus. Harry essuya ses joues et suivit Severus avec Draco. Ils descendirent au salon et tombèrent sur Tonks qui les salua un à un en embrassant Severus et en offrant une accolade à Harry et Draco.

- Hé, Harry, ça va aller, ton parrain va avoir la crème des médicomages à ses côtés ! Et si c'était une urgence absolue, Remus n'aurait pas gaspillé du temps en alertant Severus et aurait immédiatement embarqué Sirius à Sainte-Mangouste, même si ce n'est pas du tout recommandé… Là, à mon avis, dans l'affolement, ils n'ont pas réfléchi, ils ont opté pour la première solution qu'ils ont eue à l'idée, et cette solution, c'est un pote médicomage du nom de Severus Snape.

Harry rit tout en secouant la tête, comme s'il se disait «Mais qu'est-ce qu'elle est bête…» En deux minutes chrono, Tonks avait fait exactement ce que Severus espérait d'elle : réussir à dérider Harry. Elle était définitivement la meilleure. Elle avait un don avec les enfants et les adolescents qui n'était plus à contester.

- Bon, j'y vais, annonça-t-il. Je vous tiens au courant. Draco, Harry, soyez sages avec Tonks.

- Severus ! protesta Draco. Nous ne sommes plus des enfants !

- Navré, ça m'a échappé, prétendit Severus, amusé. Allez, je te les confie, Tonks.

Ce fut sur ces mots que Severus transplana. C'était bien plus court que d'utiliser la cheminée, et en l'occurrence, chaque seconde était précieuse. Il atterrit dans le salon du Square et alla aussitôt vers le canapé où était alité Sirius. Il peinait à respirer, son visage était déformé par la douleur et il était blanc comme un linge. Remus s'écarta pour que Severus puisse s'asseoir, ce qu'il fit en remerciant Remus d'un signe de tête.

- Je suis là, Sirius. Je ne te promets pas d'être en mesure de faire quoi que ce soit, mais en fonction de ce que Remus va me raconter, je verrai ce que je peux faire.

Severus se tourna vers Remus :

- Dis-moi tout, lui intima-t-il.

- Il a mal depuis cette nuit, ce que je n'ai su qu'en début d'après-midi. Il a bu des potions, mais cela n'a rien fait. On a fait du ménage ce matin et on a dû s'arrêter car il était l'heure de manger, et aussi parce que le ventre de Sirius l'asticotait trop. Il s'est allongé tandis que je préparais le repas, puis on a déjeuné, mais Sirius n'a presque rien mangé. Je lui ai conseillé d'annuler sa séance avec Théo, ce qu'il a refusé. La séance a eu lieu, mais elle n'a duré que quarante minutes car il est allé vomir après avoir été éjecté par un sort de riposte de Théo qui est venu m'informer de l'état de Sirius. J'ai jugé préférable d'écourter la séance, Théo est parti, j'ai fait boire une autre potion à Sirius et il est allé se reposer. Mais il n'y est pas arrivé. Il m'a rejoint et a émis l'hypothèse que c'était le stress qui était à l'origine de ses maux, j'ai été un peu sceptique mais il m'a convaincu. Je lui ai fait un thé pour qu'il se détende mais ça n'a pas marché. La douleur s'est intensifiée, à un tel point que je me suis dit que ce n'était pas le stress et que c'était bien plus grave que ça. Sirius a voulu aller aux toilettes, il a eu une crampe très violente en se levant, je l'ai allongé et c'est là qu'il a souhaité que je te fasse venir. Mais on aurait peut-être dû aller à Sainte-Mangouste…

- Non, ça aurait pu être dangereux.

Severus répéta à Remus ce qu'il avait dit à Harry un quart d'heure plus tôt.

- Ok, donc j'ai bien fait d'avoir recours à toi… Mais es-tu en capacité de faire quelque chose ou de deviner ce qu'il a ?

- Comme ça, là, non. Il y a un large panel d'éventualités. Une infection localisée dans le bas-ventre, comme une infection urinaire, ou bien une appendicite, une péritonite, une occlusion intestinale ou des calculs rénaux seraient mes premières suppositions. Mais ce ne sont que des suppositions. Il se peut que ce soit tout autre chose. Et on ne fait pas de diagnostic sur la base de simples symptômes, sinon ce serait trop facile. Là, il est indispensable d'aller à Sainte-Mangouste pour en avoir le coeur net et savoir comment soigner Sirius. Et c'est là que j'entre en jeu. Je vais faire en sorte que Sirius soit totalement immobilisé et qu'il conserve une position horizontale, de la tête au bassin, durant le voyage par cheminée.

- Bien, je te fais confiance, c'est ton métier…

- Oui, et ce n'est pas la première fois que je le fais, attesta Severus.

Il se redressa et bloqua le corps de Sirius avec un maléfice du saucisson. Il ajouta une précaution en collant les bras contre le torse avec un sort de ligotage dont il se servit également pour les pieds. Il fit ensuite fléchir les genoux de Sirius et allégea son poids avec un autre sort. Il glissa un bras sous son dos, une autre sous le pli de ses genoux, et il le souleva. Il eut alors une surprise en découvrant du sang au milieu du canapé, et il sentit le sien se liquéfier. Ce n'était pas bon. Ce n'était pas bon du tout. Un horrible doute s'insinua soudain dans son esprit.

- Remus, murmura-t-il lentement, tu m'as bien dit qu'il s'apprêtait à aller aux toilettes quand il a eu une forte crampe ?

- Oui…

- Est-ce qu'il t'a dit pourquoi il y allait ?

- Non, ce n'est pas une info qu'on clame sur tous les toits…

- Mais elle nous serait bien utile, là…

- Non mais je ne dors pas, et je ne suis pas évanoui, je vous entends, ironisa faiblement Sirius.

- Éclaire-nous, dans ce cas.

- J'avais une pesanteur dans le ventre.

Severus ferma brièvement les yeux. Il aurait aimé s'éloigner de la piste qu'il avait…

- Severus, il y a une chose que je n'ai pas précisée… Quand tu as mentionné ce que Sirius pourrait avoir, tu n'as évoqué que des causes qui impliqueraient de la fièvre. Or, Sirius n'en a pas…

Ce renseignement acheva de démoraliser Severus. Ses doutes se confirmaient de plus en plus. Cela lui paraissait improbable, mais tout concordait… D'autant plus qu'il s'était remémoré un détail qui ne faisait que renforcer cette piste. Il ignorait comment cela avait pu se produire, il avait un mal fou à le concevoir, mais cela semblait bien être la réalité…

- Severus, tu me fais peur… Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi cette histoire de toilettes est si cruciale pour toi ?

- Parce que j'ai eu une révélation… Si c'est ça, Sirius n'est pas en danger, mais s'il y a une chance de sauver ce qu'i sauver, ne perdons pas une seconde de plus.

Severus vit bien que Remus n'avait strictement rien saisi, mais il se contenta de lui emboîter le pas, ayant visiblement compris qu'il n'en dirait pas davantage. Ayant Sirius dans les bras, Severus fit le trajet en premier. Ce fut Remus qui fit tout pour lui. Severus n'eut qu'à énoncer sa destination. Au bout d'une minute à voir défiler plein de cheminées, il fut dans celle de Sainte-Mangouste. Lorsque Remus y atterrit à son tour, ils se dirigèrent vers l'accueil. Severus exposa la situation à la sorcière qui leur indiqua où était la salle d'attente des urgences. Ils traversèrent plusieurs couloirs, allèrent à gauche et débouchèrent sur la salle où ils avaient été aiguillés. Sirius fut pris en charge dix minutes plus tard. Il fut installé sur un brancard que l'urgentiste poussa jusqu'à son cabinet, toujours dans un souci de le maintenir allongé. Une fois dans le cabinet, le médicomage se présenta :

- Je suis le médicomage Robins. À qui ai-je l'honneur ?

- Severus Snape, et à ma droite, c'est Remus Lupin, le compagnon du patient Sirius Black.

- Enchanté. C'est étrange, je n'ai pas de dossier transmis par mon collègue qui est allé chercher Mr Black… Car j'ai bien vu qu'il avait été immobilisé…

- C'est parce que c'est moi qui l'ai fait, déclara Severus. Je suis médicomage, mais ça fait huit ans que je n'exerce plus ici.

- Oh… Tout est plus clair, du coup. Bien, qu'est-ce qui vous amène ?

Remus fit le même récit qu'il avait fait à Severus une demie-heure auparavant. Severus le compléta avec les dernières données qu'il avait eues au Square :

- Quand j'ai soulevé Sirius, j'ai constaté qu'il y avait du sang sur le canapé. J'ai fait le lien avec le fait qu'il aurait dû aller aux toilettes, ce qu'il n'a pas pu faire car il a eu une crampe très violente.

Severus hésita et s'excusa auprès de ses amis :

- Désolé, mais il faut que j'en parle…

Il s'adressa ensuite au médicomage :

- Fin mai, Sirius et Remus ont eu un rapport non protégé. Ils m'en ont instruit dès le lendemain, je leur ai fait faire des tests dans la foulée, mais uniquement pour s'assurer qu'ils soient sains…

- Mais pourquoi tu lui dis ça ? s'exclama Sirius, outré. C'est quoi, le rapport ? Sans mauvais jeu de mots…

Le fait que Severus dévoile sans vergogne sa vie sexuelle avait revigoré Sirius.

- Severus, ce n'est pas ce que je crois ? marmonna Remus d'une voix sourde. Tu n'imagines quand-même pas que Sirius est… enfin qu'il était… enceint ? Et qu'il…

- Quoi ?! Mais qu'est-ce que c'est que ces âneries ? Ouch…

- Calmez-vous, monsieur, intima le médicomage. Nous allons vérifier tout cela.

Il prit d'abord les constantes de Sirius, puis il l'ausculta.

- Il y a en effet une perte de sang, et la douleur est bien située en bas du ventre… Je vais vous faire passer une échographie, il n'y a que cela qui déterminera si c'est bien une fausse couche. Si ça n'en est pas une, il faudra faire des examens supplémentaires, sauf si l'échographie suffit à déceler où est le problème. Car il y a divers organes dans le bas-ventre qui sont observables grâce à l'échographie.

- Non mais on est en plein délire… Tout à l'heure, Severus nous disait que c'était soit une infection urinaire, soit une appendicite, soit une péritonite, soit une occlusion intestinale, ou soit des calculs rénaux, et là, on me dit que ce n'est rien de tout ça et que j'ai peut-être fait une fausse couche…

- Sirius, on est tous dans l'incompréhension, mais il faut à tout prix que tu évites de t'énerver et de t'agiter… Severus, est-ce que c'est bien l'hypothèse que tu avais ?

- Oui, avoua Severus. Mais je ne voulais pas vous la partager justement pour empêcher ce genre de réaction de la part de Sirius…

- Ne t'en fais pas, je ne t'en veux pas, et Sirius non plus.

- Je suis encore apte à m'exprimer seul, Remus. De toute façon, ce ne sont que des bêtises, tout ça. Il n'y avait pas de grossesse, car je n'avais aucun symptôme, et je ne me suis pas procuré la potion qui permet aux hommes de tomber enceint !

Remus jeta un coup d'oeil désespéré à Severus qui lui fit signe que cela ne servait à rien d'insister. Le médicomage, lui, finissait de tout préparer pour l'échographie.

- Bien, on y va.

Il posa la sonde sur le ventre de Sirius sur lequel il avait étalé du gel. Severus fixa l'échographe et il ne lui fallut qu'une dizaine de secondes pour repérer la poche, tout comme Mr Robins :

- Il y a bien une poche, dit-il. Mais elle est vide et fissurée.

Il exerça une pression sur l'abdomen de Sirius.

- Et il n'y a plus de tissus embryonnaires. Tout cela prouve qu'il y a bien eu une fausse couche. Elle est entièrement effectuée, vous n'aurez bientôt plus de saignements et de douleurs. Je sais que c'est une maigre consolation comparée à la nouvelle que je viens de vous annoncer, et j'en suis navré…

Un silence suivit les paroles du médicomage. Ce fut Sirius qui le brisa après une bonne minute afin de manifester son incrédulité :

- Mais c'est impossible… Je n'étais pas sous potion de procréation…

- Vous n'en avez pas eu besoin, décréta Mr Robins.

- Comment ça ? s'étonnèrent Sirius et Remus d'une même voix.

Mr Robins ne répondit pas tout de suite. Il échangea un regard avec Severus qui, lui, avait compris. Puis il lâcha la bombe :

- Vous faites partie des très rares hommes à être concerné par les grossesses masculines naturelles. En d'autres termes, vous êtes un porteur né, Mr Black.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Désolée de couper ici, mais je trouvais que c'était une très belle fin de chapitre XD Il va falloir attendre deux semaines et demi pour avoir les explications XD Enfin, des explications partielles, mais ce seront tout de même des explications !

On reprend les bonnes vieilles habitudes avec une question que je vous pose une fois tous les deux chapitres ! Voici la toute première de ce tome : quel est le lieu magique de la saga qui vous attire le plus ? Ça peut être Poudlard, le ministère, Sainte-Mangouste, le Terrier, Pré-au-Lard, le Chemin de Traverse, la Chaumière aux coquillages… Vous avez l'embarras du choix XD Et vous avez bien sûr le droit de donner plusieurs réponses XD

Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 4 juin pour le prochain chapitre qui, normalement, s'intitulera «Réactions, conférence et révisions». Je vous souhaite de passer d'ici là deux bonnes semaines et demie, je vous embrasse fort, portez-vous bien, et plein de bisous tout le monde !