Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le quatrième chapitre de S'aimer Malgré les Difficultés ! J'ai réussi à faire en sorte qu'il soit publié en temps et en heure, et ça n'a pas été évident XD Naïve que je suis, je pensais qu'ayant fini les partiels, ça allait être plus cool et que je pourrais enfin me consacrer pleinement à la fic, mais il faut toujours qu'il y ait des problèmes, sinon ce ne serait pas drôle XD Bon, il n'y a pas eu que des problèmes, il y a aussi eu mon père qui est venu passer un week-end avec ma sœur et moi, cela faisait longtemps que nous ne l'avions pas vu, on en a donc bien profité ! Et vous le savez peut-être si vous suivez De Retour à Poudlard, d'AliceCullen0027, ma sœur, mais hier, nous sommes allées rencontrer Devon Murray, l'interprète de Seamus Finnigan, qui était en séance dédicaces et photos dans la boutique Harry Potter de notre ville. Et si ça avait été très furtif quand on était allées voir Mark Williams, qui joue Arthur Weasley et qui est juste adorable, là, ça a duré cinq bonnes minutes, car Devon Murray est très bavard XD Mais il est aussi hyper gentil, c'était un bonheur de discuter avec lui… Si un jour, vous avez l'opportunité d'aller le voir, foncez, et ne soyez pas timides, il est très cool ! Voilà, c'était l'instant potins, place aux reviews !
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tyffaine bally : Oooh, ravie que tu aies retrouvé ton couple favori ! Ce n'est pourtant pas celui qui est le plus exploité, mais parfois, on s'attache plus aux personnages ou aux couples qui sont moins présents que d'autres XD Ne t'en fais pas, ils vont en avoir, des mini Sirius et des mini Remus ! Ce sera juste pour plus tard XD Merci d'avoir relevé cette incohérence ! C'était o-bli-gé que je fasse la bourde à un moment ou à un autre XD Je corrigerai quand j'en aurai le courage XD Merci pour ta review, c'est toujours un plaisir de te lire !
mimibou : Il n'y a aucun mal à ce que tu lises et reviewes le chapitre plus tard que d'habitude ! Les examens sont très chronophages, et ce sont eux les plus importants ! J'espère que ça se passe bien pour toi =) Et ne t'en fais pas si tu n'as pas le temps de lire ou de reviewer, les études avant tout XD
Ah bah tu as été connectée avec l'esprit de Severus XD Les éclaircissements sur cette histoire de porteur né vont êtres apportés dans ce chapitre !
Oh oui, Blaise a tout ce qu'il faut pour devenir un excellent médicomage ! Et c'est dans sa nature de ne pas se laisser atteindre par les attaques et les critiques, même s'il a ses limites XD
Oui, ça aurait été très long pour Pansy et Ron s'ils n'avaient pas pu se voir de tout l'été… Ginny va avoir du pain sur la planche, c'est sûr ! Il va falloir qu'elle ait une sacrée bonne organisation… Mais les défis, elle en raffole !
Oh ne t'inquiète pas, tu peux reviewer dans l'ordre que tu veux, ça n'a aucune importance XD
Oui, et Gringotts doit être juste immense ! Et c'est vrai que l'architecture est magnifique… Je ne saurais définir le côté que ça a, mais on doit s'y sentir tout petit…
Oui, je garde le dimanche comme jour de publication, je m'y tiens, même si je termine d'écrire le chapitre avant de le relire et de le publier XD À dans trois semaines, et merci pour ta review, c'est toujours un bonheur de lire tes retours !
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Merci à vous deux pour vos reviews, ça fait hyper plaisir et c'est un vrai moteur pour l'écriture ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture !
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4 – Réactions, présentations et acceptations
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(samedi 06/07) POV Sirius
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Sirius était sous le choc. Il avait débarqué à Sainte-Mangouste en étant quasiment persuadé que sa vie ne tenait plus qu'à un fil, qu'il filerait directement au bloc ou bien qu'il allait être gavé de toutes sortes de potions, et il s'avérait qu'en réalité, il avait fait une fausse couche, et qu'en plus de cela, il était un porteur né… C'était comme s'il avait reçu un gros coup de massue sur le crâne. Ce n'était pas tant la fausse couche en elle-même qui le stupéfiait, mais le simple fait qu'il était enceint avant de la faire… Car les grossesses masculines naturelles ne concernaient que deux pour cent des grossesses masculines. C'était extrêmement rare. C'était la seule information qu'il avait sur ce type de grossesse, comme la plupart des gens. Et outre cela, rien n'avait présagé qu'il était enceint…
- Est-ce que ça va, Mr Black ?
La voix du médicomage sortit Sirius de ses réflexions. Il ne sut quoi répondre.
- Euh… je suis un peu déboussolé, avoua-t-il.
- Ça se comprend. Qui ne le serait pas ?
Le médicomage tendit une fiole à Sirius :
- Buvez, cela va vous faire du bien, lui intima-t-il.
Sirius la prit et la vida d'un trait. Il ignorait ce que c'était, mais cela n'avait pas mauvais goût.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Une potion anti-spasmes. Même si la fausse couche est terminée, les spasmes ne s'arrêtent parfois pas aussitôt, et à force de se contracter, la poche peut être endommagée et se dissoudre si la potion n'est pas ingérée à temps.
- Oh…
Sirius fit vite le lien avec une phrase que Severus avait prononcée au Square. Il s'adressa à lui :
- C'est pour ça que tu as dit un truc du genre qu'il n'y avait pas une seconde à perdre s'il y avait une chance de sauver ce qui pouvait être sauvé ? Ce n'était pas le bébé, mais la poche ?
- C'est ça. Tu as beau être un porteur né, ta poche n'est pas indestructible…
Sirius hocha distraitement la tête. Un tas d'interrogations l'assaillaient de toute part.
- Mais pourquoi j'ai eu zéro symptôme ? À cinq semaines de grossesse, j'aurais dû en avoir…
- Ce n'est pas parce qu'ils apparaissent d'ordinaire dès la troisième semaine que c'est valable pour tout le monde, souligna le médicomage. Certaines personnes les présentent plus tard que d'autres, et c'est assez problématique lorsqu'ils se manifestent au-delà de la septième semaine qui est le dernier délai pour avorter, il y a des personnes qui font un déni lorsqu'elles ne s'aperçoivent de rien avant le quatrième mois, et il y en a même qui font un déni total et qui découvrent leur grossesse le jour de l'accouchement… Ne pas avoir de symptômes durant les cinq premières semaines, c'est loin d'être étrange. Dans votre cas, il y a des facteurs qui justifient cela. Déjà, vous n'étiez pas au courant que vous étiez un porteur né, ce qui fait que même en ayant eu un rapport non protégé, vous n'étiez pas du tout conscient que vous puissiez être enceint, et ensuite, vous n'étiez pas dans l'optique d'avoir un enfant dans l'immédiat. Vous étiez bien lancé pour faire un déni.
- Ça aurait été galère si on avait eu cet enfant, ça aurait été trop tôt pour Remus et moi…
- Oui, on aurait toutefois fait avec, mais c'est vrai qu'on aurait été pris de court, renchérit Remus.
- Vous auriez eu du monde autour de vous, intervint Severus. Cela se serait déroulé comme lorsque c'est une élève qui a un enfant au cours de ses études à Poudlard. Le bébé aurait été confié à Poppy et à une infirmière du lundi au vendredi, et vous auriez eu le week-end et les vacances pour l'avoir avec vous. Et pour l'été, vous n'auriez pas eu à embaucher un ou une baby-sitter quand vous auriez dû vous absenter du Square une matinée, un après-midi ou une journée, j'aurais été là et cela aurait été gratuit.
- Oui, et cela t'aurait entraîné pour le jour où c'est toi qui auras ton propre enfant avec Tonks, railla Sirius. Enfin, ça vous aurait entraîné…
Severus leva les yeux au ciel.
- On est loin d'y être… Mais tu fais bien de mentionner Tonks. Je lui ai promis que je la tiendrais au courant. Je vais le faire, je reviens.
Severus s'éclipsa. Sirius se tourna vers le médicomage :
- Outre le fait que je n'ai pas eu de symptômes, il y a autre chose qui me chiffonne… Remus et moi n'avons eu qu'un seul rapport non protégé, et ça a suffi pour que je sois enceint…
- Pour le coup, c'est absolument normal. Quand un homme est capable de tomber enceint sans avoir recours à une potion de procréation, le tout premier rapport non protégé aboutit systématiquement à une grossesse, car c'est ce rapport qui active la fécondité de la poche. Mais quand le corps, qui est en permanence connecté avec l'esprit, n'est pas prêt à accueillir un bébé, il est très fréquent qu'il y ait une fausse couche dès les premières semaines de grossesse.
- Donc la fausse couche n'est pas forcément due à une poche défectueuse ?
- Non, il y a plein d'éléments susceptibles d'être à l'origine d'une fausse couche… La poche n'est pas tout le temps responsable, tout comme l'utérus chez la femme. La cause la plus commune, c'est une anomalie génétique du fœtus. Et même si c'est génétique, ce n'est pas de la faute des parents. Je le précise car il y a de nombreux parents qui culpabilisent. Mais ils n'y sont pour rien.
- C'est un réflexe qui est dur à réprimer… Vous avez dit que la poche était fissurée. Est-ce que ça va avoir un impact sur d'autres éventuelles grossesses ?
- Non, la poche va se refermer toute seule, et dans la très grande majorité des cas, une fausse couche n'altère pas la fécondité par la suite. Mais des examens seront néanmoins nécessaires pour s'assurer que tout aille bien.
- Et est-ce que le fait d'avoir fait une fausse couche signifie qu'il y en aura d'autres ?
- Non, mais c'est un peu plus complexe que ça. Une fausse couche n'augmente pas les probabilités d'en faire d'autres. Mais les porteurs nés sont souvent atteints d'hyperfertilité, le moindre oubli de sort ou de potion de contraception engendre donc très facilement une grossesse, et sur sept ou huit d'entre elles, il y a en moyenne deux ou trois fausses couches.
- C'est beaucoup, commenta Sirius, inquiet.
- Oui, mais ce taux est compensé par l'aisance qu'ont ces hommes à procréer. Et il se peut qu'il y ait trois ou quatre grossesses et qu'il n'y ait aucune fausse couche. En fait, c'est surtout l'enchaînement trop rapproché des grossesses qui accentuent le risque de faire des fausses couches, car la poche n'a pas le temps de retrouver toute sa solidité s'il y a une nouvelle grossesse moins de six mois après un accouchement, ou moins d'un mois après une fausse couche.
- Nous ferons très attention, alors. De toute façon, Remus et moi n'avons pas l'intention d'avoir un enfant avant deux ou trois ans, nous avons un ado à la maison et c'est lui notre priorité.
- C'est une bonne chose, car la poche doit se ressouder avant d'envisager une autre grossesse. Cela peut se faire via une opération, mais il vaut mieux laisser la nature faire son travail. Y a-t-il d'autres points à éclaircir ?
Sirius et Remus secouèrent la tête.
- Bien. Vu que la fausse couche a été entièrement effectuée, vous n'avez pas de traitement à suivre. Comme je vous l'ai dit, vous n'aurez bientôt plus de saignements, ni de douleurs.
- Oui, j'ai moins mal qu'avant, attesta Sirius. J'ai quelques douleurs, mais elles sont très espacées et bien plus faibles que celles que j'avais chez moi…
- C'est parce qu'il n'y a plus rien à expulser. Mais les spasmes ne s'arrêtent pas dans la foulée, c'est progressif et c'est cela qui provoque les douleurs qui subsistent. Mais ça va vite se calmer grâce à la potion que vous avez bue. Puisque tout est bon, nous allons fixer une date pour la visite de contrôle. Elle consistera à voir si la poche s'est bien refermée. Comme cela se fait en deux ou trois semaines, est-ce que le vingt-neuf juillet vous irait ?
Sirius et Remus se concertèrent en un coup d'oeil.
- Oui, c'est parfait, affirma Remus.
- C'est noté. Une fois la poche ressoudée, il y a un mois de consolidation. Nous nous reverrons fin août afin de tester sa solidité. Il arrive qu'elle demeure fragile. Si c'est le cas, il faudra opérer pour la renforcer, car si les parois sont trop fines, cela favorisera une fausse couche lors de la prochaine grossesse. Avant de vous libérer, je vais vous faire une ordonnance pour une potion contraceptive, à renouveler tous les mois. Nous aurons un rendez-vous dans trois mois pour juger si la potion vous convient et si elle n'a pas d'effets secondaires sur vous. Si je vous fais une ordonnance, c'est parce que les potions contraceptives ne sont accessibles qu'en pharmacie, car cela ne s'achète pas comme des potions anti-acné ou des potions anti-douleurs.
- Ils n'auront pas à aller en pharmacie, je la ferai et la leur fournirai moi-même, déclara Severus. Je suis potionniste et professeur de potions.
- En plus d'être médicomage ?
- Oui, mais j'ai renoncé à mon poste à Sainte-Mangouste pour me consacrer aux potions, que ce soit en tant que professeur ou en tant que potionniste. Mais j'exerce désormais également mon métier de médicomage et de psychomage à Poudlard.
Le médicomage Robins eut l'air dérouté, ce qui amusa Sirius. Si Severus était habitué à ses mille et une fonctions, il n'en était pas de même pour les autres !
- Eh bien heureusement qu'il y a trois mois de vacances en tout dans l'année lorsque l'on enseigne à Poudlard, sinon vous feriez un burn-out… Voilà votre ordonnance, Mr Black. Si le bébé a été conçu fin mai, c'est que votre période de fertilité a lieu à la fin du mois. Comme elle s'étend sur sept à dix jours, je vous conseille de commencer la potion contraceptive le dix de ce mois, pour qu'elle ait le temps de protéger la poche avant la période de fertilité et qu'elle soit active durant toute la période. L'efficacité de la potion diminue au bout de trois semaines, mais ça n'a pas d'importance car vous n'êtes plus dans la phase propice à la conception. Mais même si vous prenez la potion dès ce mois-là, il est préférable de patienter deux semaines avant de reprendre les rapports sexuels. Pour ce qui est de la nutrition, privilégiez les aliments riches en fer, en fibres et en vitamines, tels que les fruits, les légumes et les œufs. Buvez beaucoup d'eau, et si vous buvez du thé, misez sur celui à l'ortie, il aide à la fixation du fer. De manière globale, évitez les autres types de thés, car ils ont l'effet inverse et limitent l'absorption du fer, plus particulièrement s'ils sont bus en grande quantité. Je crois vous avoir tout dit. Avez-vous des questions ?
- Oui. C'est avec vous que j'aurai les visites de contrôle, apparemment, mais ce ne serait pas mieux de les avoir avec un gynécomage ?
- C'est ma spécialité. Quand vous vous êtes enregistré à l'accueil, au vu de ce que vous lui avez dit, la réceptionniste s'est doutée que vous faisiez une fausse couche, et elle vous a envoyé dans la salle d'attente des urgences liées au domaine de la gynécologie. Si ça n'avait pas été une fausse couche, je vous aurais redirigé vers un autre confrère. C'est donc bien à moi que vous aurez à faire, conclut le médicomage avec humour. D'autres questions ?
- Non, c'est bon.
- Vous êtes libres, dans ce cas.
Sirius, Remus et Severus remercièrent Mr Robins et quittèrent le cabinet. Ils descendirent au rez-de-chaussée et utilisèrent la cheminée pour rentrer au Square. Sirius monta à la salle de bain où il fit un brin de toilette. Il se changea, puis il rejoignit Severus au salon. Celui-ci l'informa que Remus était allé faire du thé. Par chance, parmi toutes les boîtes de thé qui remplissaient le placard du haut, il y avait du thé à l'ortie. Et Sirius n'avait rien contre une bonne tasse de thé. Il y avait quelque chose de réconfortant dans ce breuvage, et il se fichait qu'il fasse chaud dehors et qu'il serait plus logique de boire de l'eau froide ou un jus de fruits bien frais. Il s'en ferait sûrement un verre après le thé. Ou, plutôt, Remus lui ferait un verre. Ce dernier allait probablement l'exhorter à ne rien faire, et de plus, il adorait faire lui-même les jus de fruits.
Remus revint dans le salon cinq minutes plus tard avec un plateau contenant une théière, trois tasses et une soucoupe de petits gâteaux. Il servit le thé dans les trois tasses et s'installa à côté de Sirius.
- Comment te sens-tu ? s'enquit-il.
- Je ne sais pas, c'est très flou, comme si j'étais dans le brouillard, et comme si j'étais déconnecté de tout… Et bien que je n'aie jamais su que le bébé était là, j'ai une impression de vide…
- Justement, c'est parce que tu sais maintenant que tu avais un bébé dans le ventre, même s'il n'en était qu'au stade d'embryon… C'est le fait qu'il y ait un être vivant qui grandissait en toi et qui ne soit plus là qui te fait te sentir vide. Mais ça va s'atténuer avec le temps.
- Oui, c'est ce que je me dis, mais c'est tellement contradictoire, ce vide en moi, car si nous avions su que j'étais enceint, nous aurions décidé que j'avorterais… Le corps humain est très bizarre. Et je vais devoir me battre avec le mien pour qu'il m'épargne des grossesses non désirées…
- Je m'attellerai à la préparation de la potion dès que je serai chez moi, annonça Severus.
- Ça ne te dérange pas de la faire ?
- Bien sûr que non. C'est mon métier ! Et il n'y a que le Severus professeur qui est en vacances, pas le Severus potionniste.
- Et le Severus médicomage ? Lui est bien en congés. Et tel l'égoïste que je suis, j'ai poussé Remus à faire appel à toi alors que tu es en vacances…
- Et vous avez très bien fait. Il n'y a pas de vacances qui tiennent quand il s'agit de la famille ou des amis !
- Oui, tu n'es pas du genre à nous rembarrer sous prétexte que tu es en vacances… Mais en parlant de ton métier de médicomage, Mr Robins ne semblait même pas savoir qui tu étais… Vous ne vous connaissez pas ?
- Non, pas du tout.
- Vous n'avez pas travaillé en même temps à Sainte-Mangouste ?
- Non, mais il n'est pas d'ici, à mon avis. Il avait un très fort accent américain, il ne doit être là que depuis quelques années, et comme j'ai démissionné il y a huit ans, on ne s'est pas croisés. Enfin, je dis huit ans, mais ça en fera neuf fin août, puisque j'ai quitté Sainte-Mangouste à la fin de l'été… Et mis à part cela, il paraissait assez jeune. Donc même si je me trompe et qu'il a toujours été à Sainte-Mangouste, il a dû entamer ses études peu de temps après que je sois parti.
- Oh, alors ça ne ferait pas très longtemps qu'il est médicomage ?
- Non, mais ça ne l'a pas empêché d'être compétent pour s'occuper de toi.
- Ça, c'est sûr ! approuva Sirius. Il a été très pro, très humain, très clair dans tout ce qu'il disait… Et il n'a pas été expéditif comme l'auraient été d'autres médicomages. Et il y avait pourtant du monde. Mais du coup, s'il est un jeune gynécomage, j'ai dû être son premier patient porteur né, vu qu'il n'y a que deux pour cent des grossesses masculines qui sont des grossesses naturelles… Il ne doit pas y en avoir tous les ans à Sainte-Mangouste !
- Aaaah, ce serait à vérifier… Après, il a pu avoir à faire avant toi à un autre porteur né qui, lui, en est à plus de cinq ou six grossesses.
- Ah oui, pas faux… Bon sang, je ne réalise pas encore tout à fait que je suis l'un des rares hommes à avoir la faculté d'enfanter sans potion de procréation…
- C'est normal, c'est le temps de t'y faire. Mais si tu as un peu trop de mal, n'hésite pas à contacter ta psychomage. Ce n'est pas anodin de faire face à un tel choc.
- J'y réfléchirai.
- Je compte sur toi. Bon, je ne vais pas tarder à y aller. Même si c'est avec plaisir que Tonks est avec Harry et Draco, je ne veux pas abuser de sa gentillesse.
- Oh oui, c'est vrai… Est-ce que Harry était avec toi quand tu as reçu le Patronus de Remus ?
- Oui, j'étais dans le salon avec Harry et Draco. Je ne vais pas te mentir, ça a énormément inquiété Harry, il était dans tous ses états, et j'ai dû être ferme avec lui quand il s'est énervé car il fallait que je joigne Tonks avant d'aller au Square… Lui voulait que j'y aille directement. Je lui ai dit que ça te stresserait davantage s'il n'y avait pas d'adulte avec lui lorsque je serais avec Remus et toi, et que tu n'avais pas besoin de ça, et je l'ai obligé à aller dans sa chambre avec Draco tandis que je joignais Tonks. Quand je suis allé le voir après ma courte discussion avec Tonks, il sanglotait contre Draco, mais Tonks a très vite débarqué, nous sommes descendus, et en à peine deux minutes, elle a réussi à faire rire Harry. Il était entre de bonnes mains, avec elle.
Sirius était passé par toutes les émotions lors du récit de Severus. Son coeur s'était d'abord serré à l'idée que Harry se soit angoissé pour lui, au point d'en pleurer, puis il s'était réchauffé en sachant qu'il avait été rapidement réconforté par Tonks, et la gratitude l'avait envahi envers sa cousine qui avait su mieux égayer Harry que lui-même ne l'aurait fait. Il n'avait pas pu songer à lui depuis qu'il avait demandé à Remus de faire venir Severus, tant il souffrait, mais à présent, tout son esprit était focalisé sur lui. Même s'il n'était pas là physiquement, il l'était dans l'organe qui palpitait dans sa poitrine, et qu'il fût au Square, chez Severus, ou à des milliers de kilomètres, c'était lui sa priorité, comme il l'avait dit au médicomage. C'était pour lui qu'il s'était évadé d'Azkaban, c'était pour lui qu'il s'était battu pour avoir sa garde, c'était pour lui qu'il avait tout fait pour être innocenté, ce qui s'était fait par le biais d'un procès éprouvant, c'était pour lui qu'il s'était repris en main, notamment via une thérapie faite avec Christina, c'était pour lui, entre autres, qu'il avait accepté d'enseigner à Poudlard, afin d'être au plus près de lui… Il l'avait l'aimé dès sa naissance, dès les toutes premières minutes où il l'avait eu dans ses bras, il n'avait jamais été autant touché que quand James et Lily lui avaient proposé d'être le parrain de leur fils, il avait aussitôt dit oui, et conscient des responsabilités que cela impliquait, il s'était dès lors promis de le protéger, et il ne s'était pas écoulé un seul jour à Azkaban sans qu'il ne pensât à lui… Il était sa raison d'être, et même s'il lui manquait beaucoup, il était bien traité et bien entouré chez Severus, et c'était l'essentiel pour lui. Et il n'avait aucun doute quant au fait qu'il était en sécurité avec Tonks, et ce fut ce qu'il dit à Severus :
- Je lui fais entièrement confiance, certifia-t-il. Elle est douée avec les enfants et les adolescents.
- Oui, elle aurait pu en faire son métier, commenta Severus. Avant que je n'y aille, il faut régler un petit détail : est-ce que tu m'autorises à tout révéler à Harry ?
- Oui, je ne veux rien lui cacher. Il est assez grand pour entendre tout cela, et je préfère que ce soit toi qui le fasse. Tu auras plus les mots que moi.
- Bien, je le ferai. Mais vous devrez avoir une conversation là-dessus à son retour…
- Je sais, et je ne me défilerai pas. Mais ce sera plus simple pour moi si tu auras déblayé le terrain en amont…
- Je comprends. De toute façon, en tant que médicomage, je suis plus à même de tout lui expliquer. Bon, j'y vais. Je ferai un saut ici demain pour te donner tes potions. Fais bien attention à toi.
Sirius acquiesça et remercia Severus pour tout ce qu'il ferait. Il le raccompagna avec Remus jusqu'à la porte, ils se souhaitèrent une bonne soirée, puis Severus s'en alla. Sirius et Remus regagnèrent le salon, et ce fut avec bonheur que Sirius se rassit sur sa chaise, le moindre effort étant une véritable épreuve pour lui. Mais quand Remus fit de même sur la sienne, Sirius fut pris d'une pulsion et alla s'inviter sur les genoux de son amant. Celui-ci sourit tendrement et encercla sa taille, le rapprochant légèrement de lui. Sirius posa son front contre celui de Remus.
- Je suis désolé d'avoir été détestable tout au long de l'après-midi… Tu as été adorable et moi, j'ai été infect…
- Tu n'as pas à t'excuser, c'est la fausse couche qui faisait ça, tu n'y étais pour rien… N'importe qui aurait été sur les nerfs…
- Oui mais ça me fait mal d'avoir été désagréable avec toi… Tu ne méritais pas ça. Je t'aime et tu es ce que j'ai de plus précieux avec Harry… Je n'imagine pas ma vie sans toi, Remus. Il n'y a pas de mots assez forts pour te dire combien je t'aime… J'ai rejeté notre lien durant plusieurs semaines et aujourd'hui, je le bénis car il me garantit d'être pour l'éternité à tes côtés…
Ému, Remus mit quelques secondes avant de répondre :
- Je t'aime aussi, Sirius… Et je ne t'en veux absolument pas pour l'attitude que tu as pu avoir. Tu es hors de danger et c'est le principal pour moi. J'ai eu si peur pour toi…
- Oui, mais je vais bien, désormais. Et tu vas m'aider à me rétablir complètement…
- Oh oui, je vais être aux petits soins pour toi ! Et tu n'as pas intérêt à rechigner.
- Ce n'était pas dans mes intentions, s'amusa Sirius. Ça va me faire du bien, d'être chouchouté par l'homme que j'aime… Mais sans non plus aller dans l'excès.
- Évidemment, approuva Remus.
- Et si tu as un coup de mou, c'est moi qui serai là pour te requinquer ! Car cette fausse couche, ce n'est pas dur que pour moi. Tu es autant concerné que je ne le suis… Comment le vis-tu, toi ?
- Eh bien, je suis comme toi, je suis sous le choc. Mais en quelque sorte, c'est un mal pour un bien. Cela nous a permis de savoir que tu étais un porteur né, et si tu avais continué à ne manifester aucun symptôme, on aurait appris trop tard que tu étais enceint et tu n'aurais pas pu avorter… Car c'est ce qu'on aurait choisi de faire si nous avions été au courant en temps et en heure de cette grossesse… On veut avoir des enfants, mais pas tout de suite.
- Oui, pas tant que Harry sera à Poudlard… Mais si on avait été informés de cette grossesse au-delà de sept semaines, on aurait fait avec et on se serait arrangés…
- Oui, cela n'aurait rien changé à l'amour que l'on aurait eu pour cet enfant. Mais on en aura quand on sera prêts, et cette fois, on l'aura désiré.
Un bâillement échappa à Sirius.
- Fatigué ? devina Remus.
- Oui, une petite sieste s'impose… Mais je n'ai pas envie de la faire seul.
- Ça tombe bien, je n'ai rien à faire, signala Remus. Et cela va nous faire autant de bien à l'un qu'à l'autre. Mais je me réveillerai avant toi pour faire le dîner.
- Est-ce que tu pourras me faire un jus de fruits, comme tu sais si bien les faire ?
- C'était ce que j'avais prévu, les fruits étant inclus dans le régime que le gynécomage t'a conseillé, confia Remus.
- Super ! Bon, allons-y, suggéra Sirius.
Remus et lui se levèrent et montèrent à leur chambre. Remus ferma les volets tandis que Sirius ôtait son pantalon afin d'être à l'aise, puis ils se couchèrent. Sirius se blottit tout contre Remus et ce fut dans ces conditions idéales qu'il s'endormit et qu'il s'apprêta à récupérer de la journée très intense qu'il avait eue…
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Deux heures plus tôt
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POV Harry
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À peine le professeur Snape eut-il transplané que Harry se sentit seul. Mais il se souvint que Tonks était près de lui. Un quart d'heure auparavant, il avait protesté lorsque le professeur Snape lui avait dit qu'il allait contacter Tonks pour qu'elle soit avec Draco et lui tandis que lui-même serait à Sainte-Mangouste, considérant que c'était une perte de temps et arguant qu'à l'heure qu'il était, le plus urgent, c'était Sirius, qu'il n'y avait pas de temps à perdre, mais finalement, il avait bien fait de faire appel à Tonks. Il aurait eu Draco avec lui, mais ce qu'il lui fallait, c'était un ou une adulte apte à gérer la situation et à le rassurer, ce que n'aurait pas pu faire Draco. Et ce fut ce que fit Tonks dès que le professeur Snape se fut volatilisé :
- Severus va faire le nécessaire pour Sirius, et il nous tiendra au courant en temps et en heure, il ne nous laissera pas dans l'ignorance, affirma-t-elle. Et si on s'asseyait pour que tu me racontes ce que tu fais là ? Ton séjour ici n'était pas censé être pour tout de suite…
- Si tout se passait comme prévu, je ne serais pas Harry Potter, grimaça Harry.
- Je vais faire du thé, déclara Draco. C'est l'heure et c'est toujours mieux de papoter avec une bonne tasse de thé…
Harry acquiesça et s'installa à la table avec Tonks pendant que Draco allait à la cuisine.
- Est-ce que tu sais pour mon premier rendez-vous chez le généticomage ?
- Oui, Severus m'en a parlé. Vous êtes allés chez le généticomage car Severus avait découvert que tu avais trois allèles en te faisant une prise de sang après une explosion que tu as subie en cours de sortilèges ?
- C'est ça. Tu es bien renseignée ! Et tu as tout retenu.
- Je suis très attentive quand il s'agit de la famille ! Car pour moi, même si tu es le filleul de Sirius, tu es de la famille.
- Tu ne crois pas si bien dire…
- Comment ça ?
- J'y viens. Lors du premier rendez-vous, le généticomage Anderson a émis diverses hypothèses sur la présence de ce troisième allèle, dont celle d'un don d'ADN de la part de mon père ou d'une tierce personne. Afin d'être plus éclairés sur le sujet, il a décidé de rechercher le gynécomage qui a suivi ma mère lors de sa grossesse, ainsi que le généticomage s'il y en a eu un. Il m'a prélevé du sang et un très fin filament de mon fluide magique et il nous a dit qu'il nous ferait signe dès qu'il aurait une piste grâce aux résultats ou dès qu'il aurait eu le spécialiste qui a eu ma mère comme patiente quand elle était enceinte. Tout compte fait, il a eu tout ça à la fois, car il s'est avéré que le gynécomage que ma mère a eu, Mr Dervinger, était également généticomage. Et ce n'était pas un hasard. C'est parce qu'il avait cette double casquette que ma mère a voulu l'avoir comme gynécomage.
- Parce qu'il y avait bien un projet de don d'ADN et qu'il n'y avait qu'un généticomage qui était en mesure de pratiquer cela ? acheva Tonks.
- Voilà.
Draco revint à ce moment-là avec le thé, qui était accompagné de scones et de muffins, les gâteaux préférés de Harry. Celui-ci remercia d'un regard tendre son petit-ami.
- Je n'interromps rien ?
Harry faillit fondre face à la délicatesse de Draco. Ce qu'il craignait, en réalité, c'était d'être arrivé pile quand Harry allait confier à Tonks que Sirius était son père.
- Non, j'en étais à la raison pour laquelle ma mère a eu Mr Dervinger comme gynécomage et pas un autre.
- Mais pourquoi tes parents désiraient-ils ce don d'ADN ? rebondit Tonks.
- Car, comme on s'en doutait avec Sirius, Remus et le professeur Snape depuis le premier entretien, mon père était stérile. Ma mère a eu recours à un don de sperme et elle tenait à ce que j'ai des traits de l'homme avec qui elle aurait aimé faire cet enfant. C'est donc via ce don d'ADN que j'ai hérité de ce troisième allèle. Parce que j'ai l'ADN de ma mère, l'ADN de mon père biologique et l'ADN de celui qui m'a élevé comme son fils. Mais ce n'est pas ça qui a tout bouleversé. Le fait que mon père était stérile et qu'il y avait eu un don d'ADN, on l'avait plus ou moins flairé… Ce qui a été un gros choc, c'est l'identité de mon vrai père. Car même si ma mère avait tout expliqué dans une lettre qui, comme elle l'avait demandé si elle ne survivait pas à la guerre, a été transférée de son coffre à celui de Sirius, elle avait autorisé son gynécomage et généticomage à tout me divulguer si je venais à le contacter. C'est ce qu'il a fait. Il m'a tendu le dossier de la grossesse de ma mère dans lequel le nom de mon père biologique était inscrit. Et ce nom, c'était celui de Sirius Orion Black.
Tonks écarquilla les yeux. Elle fut si surprise par cette révélation qu'elle fut incapable de produire le moindre son pendant plus d'une minute. C'était bien la première fois que Harry assistait à un tel mutisme de la part de la jeune Auror !
- Ouah… Si je saisis bien, Sirius… Sirius est ton père ?
- Oui.
- Oh bon sang… Mais alors, si c'est son échantillon dont a bénéficié ta mère, c'est que Sirius a été donneur ? Il vous en avait touché un mot ou… ?
- Non, ni à nous, ni à mes parents à l'époque où il a fait ce don. Mais comme il nous l'a dit dans le cabinet du généticomage, c'était une démarche personnelle qui n'avait pas vocation à être ébruitée. C'était entre lui et lui. Mais il n'était pas le seul à avoir eu un secret. Il ne savait pas lui-même que mon père était stérile. Il ne l'avait dit à personne. Remus et lui l'auraient su si mes parents avaient vécu plus longtemps, car ils n'avaient pas l'intention de le cacher indéfiniment, ils attendaient juste à mon avis la fin de la guerre pour tout dévoiler à Sirius et Remus… Et au cas où ils n'auraient pas eu le temps de le faire, ma mère avait rédigé la lettre que j'ai mentionnée à l'instant, que Sirius avait bien vue dans son coffre après avoir été innocenté, mais qu'il n'était pas prêt à lire, ignorant ce qu'il y avait à l'intérieur.
- Oui, en gros, c'est le temps qui vous a empêchés durant quinze ans d'avoir la vérité… Mais c'est fou, ton père biologique aurait pu être des millions et des millions d'hommes sur Terre, et il a fallu que ce soit Sirius…
- Oui, ce n'est même pas un homme que je connais vaguement, comme le gérant d'une boutique de Pré-au-Lard ou du Chemin de Traverse, parce que je les vois de temps à autre, ou que je ne connais que de nom, comme le père d'un de mes camarades, non, c'est mon parrain… Celui dont je suis le plus proche… J'étais déjà heureux d'avoir comme tuteur quelqu'un qui m'aimait comme le faisait Sirius, c'était au-delà de ce dont je pouvais rêver en comparaison de la façon dont me traitaient les Dursley, ça me suffisait amplement qu'il soit mon parrain, même si… non, rien. Mais en vrai, mon père biologique n'aurait pas pu être autant d'hommes que ça, car le généticomage m'a dit qu'il y a quinze ans, rares étaient les hommes qui faisaient don de leur sperme…
- Ah oui, du coup, c'est l'inverse, la probabilité que Sirius soit ton père n'était pas si faible que ça… Mais comme il y avait des cachotteries de tous les côtés, vous n'étiez conscients de rien ! Quoi qu'il en soit, c'est quand-même dingue. Et je comprends mieux pourquoi tu es ici. Tu as bien fait d'avoir pris de la distance, c'était mieux pour tout le monde.
- Oui, mais l'état actuel de Sirius a tout chamboulé… Depuis le Patronus de Remus, je n'ai qu'une envie : plier bagages et filer au Square quand Sirius sera rentré, même si je ne suis pas encore tout à fait au clair sur notre situation. Je veux être près de lui. Mais je sais que ce n'est pas une bonne idée, et que c'est trop tôt car on n'a pas eu assez le temps de la réflexion… Et il aura certainement besoin de calme… J'espère de tout coeur qu'il n'a rien de grave et qu'il ira vite mieux. Ça m'angoisse tant de ne pas avoir de nouvelles…
- On en aura dès que Severus saura ce qu'a Sirius, qu'il le sache par lui-même ou de la bouche d'un médicomage de Sainte-Mangouste.
- Oui, il n'y a qu'à patienter… Mais si je suis le fils de Sirius, et que tu es la fille d'une des cousines de Sirius, on est quoi, toi et moi ? Et si Draco est le cousin de Sirius, lui et moi, on est quoi ?
Le vide intersidéral fut si lisible dans les yeux de Tonks que cela fit sourire Harry, qui fut amusé par la tête qu'elle faisait. Il échangea un regard avec Draco qui, lui, se mordait la lèvre pour ne pas rire.
- Tu en as d'autres des questions comme celles-là ?
Cette fois-ci, Harry éclata franchement de rire, tout comme Draco.
- Désolé, je ne pensais pas que ce serait une telle colle pour toi ! Mais il ne doit pas y avoir de nom exact pour notre lien de parenté. Ou s'il y en a un, ce serait «cousins de quasi même génération»… Et idem pour Draco et moi.
- Ça n'existe pas, ce nom.
- Eh bien maintenant si.
- Oh là là, mais comment a-t-on fait pour ne pas deviner que tu étais un Black ? Il n'y a qu'un Black pour être têtu comme ça ! s'exclama Tonks.
- Ah bah sympa, je me sens visé, protesta Draco, feignant l'indignation.
- Nous sommes tous visés, souligna Tonks. Il n'y a que des Black, ici ! Quand on sera au complet, il n'y aura que celui à qui appartient cette maison qui ne sera pas un Black…
- C'est vrai, ça, renchérit Draco. Il n'accueille sous son toit que des Black ! Et ce sera pire quand il y aura un dîner entre nous quatre, Sirius et Remus… Ça va être très long pour Remus et lui !
Harry constata avec joie que si, trois mois auparavant, lors de sa fugue qui l'avait conduit au Square en pleines vacances de Pâques, Draco avait eu du mal à nommer Sirius et Remus par leurs prénoms, c'était désormais tout naturellement qu'il le faisait.
- Sauf si, d'ici là, Sirius et Remus se seront mariés, et que Remus aura pris le nom de Sirius, nuança Harry.
- Oui, mais Remus sera un Black par mariage, pas de naissance, releva Draco. Mais bon, à force de côtoyer Sirius, ce sera tout comme… Mais ça me fait bizarre de me dire que Harry et moi sommes tous deux des Black…
- Pareil, admit Harry.
- Ne vous en faites pas, vous êtes assez éloignés pour qu'il n'y ait pas d'impact, tempéra Tonks. De plus, Harry a l'ADN de trois personnes différentes, ce qui atténue le taux de chacun d'entre elles… Car, pour qu'il ressemble autant à James Potter, d'après ce qu'on dit, Sirius et Severus les premiers, c'est que le don d'ADN a dû bien marcher… Et puis, à la base, même si c'était moins direct, vous étiez déjà de la même famille, puisque Harry a reçu l'ADN d'un Sang-Pur et que tous les Sang-Pur sont liés…
- Pas faux. Et Harry a du sang moldu en lui, ce qui fait qu'il n'a qu'une moitié d'ADN de Sang-Pur dans ses veines… Enfin, un peu plus, s'il a l'ADN de deux Sang-Pur. Bon, dans tous les cas, on n'a pas trop à s'en faire.
- Non, dans le monde sorcier, il faut plus de consanguinité que ça pour que ça ait des conséquences sur la progéniture.
- Tant mieux, je m'en voudrais si les enfants que j'aurai avec Draco avaient des problèmes…
- Ce n'est pas de notre faute si l'amour nous est tombé dessus, objecta Draco. Tu as été accusé deux fois à tort à Poudlard, ne va pas t'accuser toi-même d'une chose pour laquelle tu n'y es pour rien !
À peine Draco avait-il terminé sa phrase qu'une biche argentée apparut dans le salon. Ce fut avec la voix du professeur Snape qu'elle délivra son message :
- Sirius va bien, on va bientôt quitter Sainte-Mangouste. Je vais sans doute boire un thé avec Remus et lui quand on sera au Square, et je vous dirai tout lorsque je serai à la maison, car ce qu'a eu Sirius ne s'annonce pas par Patronus. Mais je le répète : il va bien, et il n'aura que des visites de contrôle à faire. À tout à l'heure.
La biche se volatilisa. Toute la pression qui s'était accumulée en Harry en un peu plus d'une heure redescendit d'un coup. Ce fut si brutal que cela le fit pleurer. Un bras entoura ses épaules quelques secondes plus tard.
- Vas-y, ça ne te fera que du bien, lui dit doucement Tonks. Du moins, si c'est bien de soulagement que tu pleures… Si t'es dégoûté, là, c'est une autre histoire.
Harry ne put s'empêcher de rire entre ses larmes. Il n'y avait que Sirius, Remus, Draco, Théo et elle pour le faire rire tout en pleurant. Il ne mit pas longtemps à évacuer toute la tension. Ses larmes se tarirent au bout de cinq minutes, et il se sentit tellement mieux qu'il vida d'un trait sa tasse de thé et qu'il dévora un scone et deux muffins. Tonks déclara qu'elle allait en refaire et s'éclipsa.
- Eh bah je vais faire en sorte d'aller souvent à Sainte-Mangouste et que tu t'inquiètes pour que tu te fasses un festin dès qu'on te dira que je suis hors de danger, plaisanta Draco. S'il n'y a que ça pour que tu te remplumes…
- Tu n'as pas intérêt, le menaça Harry entre deux bouchées de muffin. D'une, je vais finir par y être habitué et l'effet de soulagement ne sera plus le même, et de deux, ça me rendrait plus fou qu'autre chose…
- Fou de moi ?
Harry rougit.
- Non, fou tout court.
- Oh… Dommage, si tu avais été fou de moi, corps inclus, on aurait pu en profiter.
Harry manqua de s'étouffer avec son muffin.
- Non mais ça va pas ?! siffla-t-il.
- Oh, c'est bon, Tonks n'est pas là, on est entre nous…
- Oui bah qu'elle revienne vite…
- Tu dis ça comme si j'allais te sauter dessus !
- Ce serait un peu idiot alors que Tonks n'est qu'à deux pas du salon…
- Un peu, oui. Et comme je ne suis pas idiot, je ne vais pas le faire.
Les lèvres de Harry s'étirèrent toutes seules. Qu'il aimait Draco et son humour…
- Même sans ça, tu ne le ferais pas. Depuis que je suis là, tu as maintes fois eu l'occasion de le faire, vu qu'on est dans la même chambre jusqu'à vingt-trois heures, et tu ne l'as pas fait. Ni la seule fois où on a dormi ensemble.
- Parce que tu n'as pas la tête à ça, et que je respecte cela.
- Je sais, et c'est adorable…
Harry hésita, puis avoua :
- Mais pour être totalement honnête, ça m'a titillé, ce matin…
- Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
- Parce que c'était deux ou trois minutes avant que le hibou de Ron ne s'excite contre ta fenêtre !
Le matin-même, Harry avait effectivement reçu une lettre de son meilleur ami. Il avait été si content d'avoir de ses nouvelles bien plus tôt que les années précédentes qu'il ne lui avait pas tenu rigueur d'avoir avorté une tentative de sa part d'avoir un rapport intime avec Draco. À moins d'être devin, Ron n'avait pas pu prévoir cela ! Dans sa lettre, il lui demandait s'il allait bien, si ses premiers jours de vacances se passaient bien, s'il avait un programme plus précis que lorsqu'ils en avaient discuté la dernière fois à Poudlard… Il avait été très curieux, comme à l'accoutumée. Ron était un ami très attentif. Puis il avait abordé le sujet des BUSE, s'enquérant des résultats de Harry avant de lui faire part des siens. Harry avait cru halluciner en lisant que Ron avait eu quatorze en Défense Contre les Forces du Mal. Lui qui avait été persuadé d'avoir un Acceptable, avait eu un Effort Exceptionnel, ce qui lui permettait d'office de continuer cette matière en sixième année… Même si c'était la pratique qui l'avait sauvé, il s'était plus que bien débrouillé en théorie pour un élève qui s'était sérieusement mis au travail quelques semaines avant le début des examens… Et il avait bien géré la botanique, la métamorphose et les sortilèges. Il n'y avait qu'en potions où il n'avait pas eu la note requise, mais en ayant eu douze et demi sans avoir eu le temps de bien réviser et de s'entraîner pour la pratique, il ne faisait aucun doute pour Harry qu'il aurait facilement un Effort Exceptionnel aux rattrapages. Il aurait cette fois eu environ dix jours pour relire ses cours et s'exercer sur un max de potions… Et il allait en plus avoir l'aide de Pansy ! Il avait toutes les clés pour réussir, et il allait réussir, c'était une certitude pour Harry. Il était très fier de son ami et c'était ce qu'il lui avait dit dans sa lettre. C'était la plus longue qu'il lui avait envoyée en cinq ans, tant il avait eu à lui écrire. Et elle aurait très bien pu faire un mètre de parchemin de plus, mais il y avait des choses qu'il lui raconterait de vive voix, comme son rendez-vous chez le généticomage, son déménagement et ce qui s'était produit ce jour-là avec Sirius. La lettre de Ron l'avait donc distrait de ses désirs charnels, mais ce n'était que partie remise.
Les scones et les muffins que Tonks ramena furent si délicieux qu'ils furent tous avalés en moins de trente minutes. Harry n'allait rien manger lors du dîner, mais au vu de la journée qu'il avait eue, le professeur Snape allait être indulgent. Celui-ci atterrit en plein milieu du salon à dix-sept heures et accepta volontiers la tasse de thé que Tonks lui offrit.
- Tu n'en as pas bu au Square ? s'étonna la jeune Auror.
- Si, mais une tasse de plus ne me fera pas de mal.
Le professeur Snape s'installa en face de Harry.
- Sirius m'a autorisé à tout vous dire, commença-t-il. Est-ce que vous êtes prêt ?
- Oui.
Le professeur Snape encra son regard dans celui de Harry. Ce ne fut qu'au bout d'une minute qu'il reprit la parole :
- Sirius a fait une fausse couche.
Harry aurait poliment signalé que si c'était une blague, ce n'était pas drôle, si son professeur n'avait pas eu l'air aussi sérieux. Mais il demeura incrédule, tant cela lui paraissait insensé.
- Ce n'est pas possible… Ce n'était pas dans les projets immédiats de Sirius et de Remus d'avoir un enfant… Sirius ne se serait pas procuré une potion de procréation…
- Cela n'a pas été nécessaire pour lui. Il est ce qu'on appelle un porteur né. Il avait dès la naissance la poche qui, chez les hommes, est normalement créée avec la potion de procréation. Il est l'un des rares hommes à être capable d'enfanter sans cette potion. Mais il n'en avait pas conscience, car ce n'est que lors de la première grossesse – ou lors de la première fausse couche – que les porteurs nés apprennent cette faculté qu'ils ont, sauf s'ils décèlent eux-mêmes le seul symptôme typique, ce qui exige soit d'être médicomage, soit de s'être documenté pour étayer leur culture personnelle.
- Mais… eux qui ont tant insisté avec moi à propos du sortilège de protection, ils devaient faire très attention, non ? À moins qu'ils aient fait des examens pour attester s'ils étaient sains ou non…
- Ils ont fait ces tests après l'unique rapport non protégé qu'ils ont eu. Et c'est lors de ce rapport que Sirius est tombé enceint, car chez les hommes, qu'ils soient porteurs nés ou qu'ils aient eu recours à la potion de procréation, c'est le premier rapport non protégé qui active la fertilité de la poche. Mais chez les porteurs nés, comme ce rapport à risque a lieu sans qu'ils ne sachent que ça va déclencher une grossesse, le corps, qui est en lien avec l'esprit, n'est pas forcément prêt à accueillir un enfant, et il est assez fréquent que la première grossesse des porteurs nés aboutisse à une fausse couche.
Harry intégra lentement ces informations. Il réalisa alors soudain pleinement ce que son professeur lui avait dit d'emblée après s'être assis.
- Sirius a perdu le bébé ? murmura-t-il d'une voix sourde.
- Oui, répondit doucement le professeur Snape.
Le choc fut rude pour Harry. Même si cet enfant n'avait pas été désiré, il avait existé, et la nature ne lui avait donné aucune chance.
- C'est affreux… Sirius et Remus ont dû être dévastés…
- Ils étaient plus secoués par le fait que Sirius était un porteur né que par la fausse couche, même si ça les a quand-même remués. Les prochains jours vont être un peu difficiles, car ils ont beaucoup de choses à digérer, mais ça va aller, vous n'avez pas à vous en faire. De toute façon, j'irai les voir une à deux fois par semaine afin de surveiller si ça va et s'ils encaissent bien tout cela. Si je m'aperçois que ça ne va pas, s'ils me le disent eux-mêmes ou si l'un me confie que l'autre ne va pas très bien, j'obligerai le ou les concernés à aller consulter un ou une psychomage. Mais dites-vous que le plus dur pour eux, c'est le fait que Sirius soit apte à enfanter sans potion, et qu'il vaut mieux que ce soit ça que la fausse couche, car ce sera plus simple pour eux de s'y faire. Bien sûr, ils sont attristés par la fausse couche, cela reste traumatisant, que l'enfant ait été voulu ou non, mais ils sont aidés par le fait que ce n'était pas le cas. Après, il y a des personnes qui ont énormément de mal à se relever de ça même quand la grossesse est un accident. Les réactions varient selon les gens.
Harry acquiesça.
- Mais j'ai l'impression que c'est pour vous que c'est le plus compliqué, en l'occurrence, ajouta le professeur Snape. Ce qui serait absolument normal. Vous n'auriez pas à avoir honte. Estimez-vous avoir besoin d'en parler ?
- Pour l'instant, je n'en sais rien, il y a trop de choses à emmagasiner… Mais si ça me travaille trop, je vous le dirai. J'ai une autre requête à vous faire, cependant…
- Je vous écoute.
- Je… j'aimerais rentrer au Square dès que Sirius sera suffisamment reposé. C'est de ça dont j'ai le plus besoin, à l'heure qu'il est. Il y a une heure, je pensais être encore perdu au sujet de mon lien de parenté avec Sirius, mais tout compte fait, il me semble avoir avancé dans ma réflexion. Que Sirius soit mon père ou mon parrain, ça ne change rien à l'importance qu'il a pour moi. Je ne suis pas prêt à le considérer comme mon père, mais je crois que ça va se faire avec le temps. Quoi qu'il en soit, je veux être près de lui.
Le professeur Snape hocha la tête.
- Je transmettrai le message à Remus. Il verra ça avec Sirius. Il devrait être assez remis d'ici cinq ou six jours pour que vous puissiez revenir au Square.
- Ça va être long… Mais je patienterai. Ce n'est pas comme si j'avais le choix… Est-ce que je peux vous poser une question ?
- Évidemment. Vous n'avez même pas à me demander la permission. Quelle est votre question ?
- Eh bien, vous avez mentionné des visites de contrôle que Sirius aura à faire… Qu'est-ce que c'est, exactement ?
- La première visite consistera à vérifier que la poche se sera bien refermée. La deuxième aura pour but de tester la solidité de la poche. Si les parois sont trop fines, il sera beaucoup plus probable que Sirius refasse des fausses couches par la suite. Il faudra alors qu'il se fasse opérer pour la renforcer. Tout cela servira à déterminer si la fausse couche aura altéré la fécondité de la poche. Et grâce à ces visites, on saura aussi si Sirius aura bien récupéré de sa fausse couche, en termes d'hémoglobine et de références nutritionnelles indispensables pour le corps, tels que les vitamines et les minéraux, et on pourra repérer s'il n'y a pas d'éventuels problèmes sous-jacents. Mais si Sirius est raisonnable, tout ira bien. Pour la poche, il n'est maître de rien, c'est elle qui se gère toute seule. Mais s'il doit y avoir une opération, vous n'avez pas à vous inquiéter, elle est sans danger. Est-ce que vous êtes un tant soit peu rassuré ?
- Oui, affirma sincèrement Harry. Merci pour tout ce que vous m'avez dit. Je suis plus serein.
- Ravi de l'entendre. Bon, je vais préparer le repas.
- Ils ne vont peut-être pas avoir très faim, prévint Tonks. Avec tous les scones et les muffins qu'ils se sont enfilés… Mais c'est de ma faute. C'est moi qui leur en ai refait.
- Mmmh, je vais faire quelque chose de léger, alors. Tu dînes avec nous, Tonks ?
Celle-ci hésita. Elle avait sûrement une tonne de dossiers à traiter chez elle, mais Harry et Draco la supplièrent tant des yeux qu'elle craqua très vite :
- Oui, mais à condition que vous me viriez d'ici à vingt-et-une heures !
- Ça va être un crève-cœur, mais on le fera. On ne voudrait pas que tu aies des ennuis au Ministère à cause de nous ! Mais s'il faut que tu sois impérativement chez toi à vingt-et-une heures, c'est que tu travailles demain matin ? Ou demain tout court ?
- Oui, toute la journée. Je bosse trois dimanches de plus pour rattraper les heures que je ne ferai pas quand je serai aux conférences des Aurors.
- Tu as été choisie pour y participer ? s'exclama Draco.
- Oui, à trois d'entre elles. Celles du sept, du dix et du treize juillet, si j'ai bonne mémoire.
- Oh, ta dernière conférence aura lieu pile avant ton séjour ici !
- Oui, j'ai fait en sorte de ne pas être sur celle du seize, car ce serait pendant la semaine où je serai chez vous. Mais je serai en congés, de toute manière.
Le professeur Snape se tourna vers Harry et Draco :
- Cela vous dirait d'aller à ces conférences ? Cela vous ferait du bien et vous éviterait d'être cloîtrés ici. Et cela vous aérerait l'esprit, Harry. Et vous retrouveriez tous deux un de vos amis.
Tous ces arguments convainquirent Harry et Draco qui, en un regard, surent qu'ils étaient tous deux d'accord.
- Cela nous ferait super plaisir, répondit Draco.
- Bien, c'est noté ! Allez, je vais en cuisine.
Le professeur Snape se leva et quitta le salon. Harry était heureux que Tonks mange avec eux. Elle apportait tant d'énergie, de joie et de fraîcheur que personne ne souhaitait qu'elle s'en aille. Ni lui, ni Draco, ni le professeur Snape. Ces deux derniers formaient une vraie petite famille avec Tonks, à présent, et Harry était soulagé qu'elle se soit si bien intégrée. Bien que ce fût elle l'invitée, il avait la sensation que c'était lui, tant l'esprit de famille était palpable entre ces trois personnes. Mais il ne fut pas gêné pour autant. Il avait sa place, tout comme Tonks avait la sienne, même si ce n'était pas la même. Au final, ils étaient tous unis les uns aux autres, et cela se sentit lors de la soirée qui ne fut que rires, boutades et anecdotes. Sirius n'était jamais bien loin dans la tête de Harry, mais ce dîner lui fit énormément de bien. Il avait un entourage en or, que ce fût au Square, chez le parrain de son petit-ami, ou au Terrier, et il mesurait la chance qu'il avait d'avoir autant de monde autour de lui…
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(dimanche 07/07) POV Ginny
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Depuis que Pansy était au Terrier, Ginny avait l'habitude de passer deux heures avec Ron et elle, après le déjeuner. Les deux amoureux réattaquaient ensuite les potions. Le matin, Ron relisait ses cours, sur lesquels Pansy l'interrogeait vers onze heures, et l'après-midi, il s'entraînait sur deux potions avec Pansy. Ginny était admirative de l'organisation de Pansy qui avait établi en une soirée un programme parfaitement bien structuré.
Actuellement, Ginny était justement avec son frère et Pansy. Cela faisait dix minutes qu'ils étaient montés dans la chambre de Ron.
- Vous allez faire quelles potions, aujourd'hui ? s'enquit Ginny.
- La potion de ratatinage et l'antidote à l'apocyn, révéla Pansy.
- Quoi ?! Vous en êtes aux potions de quatrième année ?!
- On a commencé avant-hier, on fait cinq potions par année et deux potions par jour. En deux jours, on a fait quatre potions, ce qui fait que cet après-midi, c'est la dernière potion de troisième année et la première potion de quatrième année.
- Ouah, vous carburez… Vous aurez largement fait les quinze potions avant le jour de l'examen.
- Oui, et on en fera cinq autres maximum si on a au moins trois ou quatre jours d'avance. Mais cela m'étonnerait. À mon avis, on ne fera que deux potions supplémentaires, pas plus.
- Ce sera déjà bien… Parmi les potions de quatrième année, lesquelles vas-tu faire réviser à Ron, à part l'antidote à l'apocyn ? Ce sont celles que j'ai étudiées cette année, je serais curieuse de savoir quelles potions tu as retenues…
- Alors, on va se concentrer sur la potion de beauté, le doxycide, la potion d'Aiguise-Méninges et le ratconfortant.
- Ah oui, c'est très varié…
- J'essaie de faire en sorte que Ron se familiarise avec tous types de concoctions : baumes, philtres, potions, gouttes… Et qu'il touche à tous les domaines. Que ce soient des antidotes, des potions pour plantes, des potions à effets néfastes, des potions à effets physiques, des potions pour animaux, des potions d'entretien…
- Tu es douée en pédagogie, tu ne serais pas attirée par l'enseignement ?
- Non, ce n'est pas du tout mon truc. Les enfants, c'est bien mieux !
- Dommage, tu aurais fait un très bon professeur ! Et pour les potions de cinquième année, qu'as-tu prévu ?
- Le baume à bec, la potion de regermination, le philtre de paix, le philtre revigorant, et la solution de force.
- C'est quoi, le baume à bec ?
- C'est un baume pour soigner les becs des animaux.
- Ah bah oui, tout simplement, suis-je bête…
- On est tous perplexes quand on entend ce nom pour la première fois, relativisa Pansy.
- Oui, mais ça paraît si logique, après-coup… En tout cas, ça a l'air hyper intéressant !
- Tu peux te joindre à nous quand on fera ces potions, déclara Pansy.
- C'est gentil, mais ces cours sont pour Ron, pas pour moi. Et ces séances sont l'occasion pour vous d'être en amoureux…
- On est ensemble à longueur de journée ! Non pas que ça me dérange, mais nous pouvons être tous les deux le matin, et avec toi l'après-midi, suggéra Pansy.
- J'y réfléchirai.
- Après, si Blaise séjourne ici plus tard durant les vacances, rien ne t'interdit de lui demander de te faire des cours particuliers… C'est mal fichu qu'il ait son stage à Sainte-Mangouste dès le début de l'été, on aurait pu être tous les quatre, ça aurait été bien, regretta Pansy.
- Ça aurait signifié apprendre à nos parents en même temps que Ron et moi sommes en couple… Ça aurait fait un peu trop d'un coup.
- Ils ne sont pas au courant, pour Blaise et toi ?
- Non, je ne le leur ai pas encore dit. J'étais censée le faire il y a quelques jours, mais Ron a été plus rapide que moi en annonçant le lendemain de notre retour qu'il était avec toi et en faisant sa requête pour que tu viennes, et comme je l'ai dit, je n'ai pas voulu faire de même afin que ça ne fasse pas de trop. Mais je sens que je ne vais pas arrêter de procrastiner…
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai peur de la réaction de ma mère.
- À propos de quoi ? Du fait que tu sois en couple ?
- Non, il n'y a pas de soucis avec ça, elle sait que j'ai eu mon premier petit-ami lors de ma troisième année. Non, c'est le fait que je sois avec un garçon dont la mère est soupçonnée d'avoir tué ses sept maris… Ça ne va pas lui plaire. Elle ne va pas faire la part des choses et elle va se faire des films…
- Mais tu trouveras de quoi la raisonner… Et si tu veux faire venir Blaise ici, il va bien falloir que tu te jettes à l'eau… Imagine, tu réussis à la rassurer, elle acceptera plus facilement d'accueillir Blaise. Et puis tu as la carte de l'équité entre ton frère et toi à jouer. Si Ron a pu m'inviter, pourquoi toi, tu n'aurais pas le droit d'inviter Blaise ?
- Oui, ce ne serait pas très équitable, concéda Ginny.
- Vas-y maintenant, comme ça, ce sera fait, l'encouragea Pansy. Plus tu repousseras, moins tu auras le courage d'y aller. Et si c'est un échec, plus tôt tu aborderas le sujet, plus tu auras de temps avant la fin de l'été pour le réaborder.
Ce dernier argument de Pansy acheva de convaincre Ginny.
- Ce n'est pas faux. Bon bah… j'y vais.
- Bonne chance, et ne stresse pas, tu es la meilleure pour apaiser les tensions et défendre les bonnes causes, affirma Pansy.
Ginny rougit et sourit à son amie avant de quitter la chambre de Ron. Elle descendit au salon où ses parents vaquaient à leurs occupations. Sa mère tricotait tandis que son père était penché sur un jeu moldu. Elle s'installa en face de son père. Ses parents levèrent les yeux vers elle.
- Toi, tu as quelque chose à nous dire, devina son père.
- Oui, avoua Ginny sans détour. Voilà, je… je suis en couple avec un garçon et j'aimerais bien vous le présenter.
Ginny avait prononcé ces mots si vite qu'elle craignit un instant que ses parents n'aient rien saisi et qu'ils veuillent les lui faire répéter. Mais cela ne fut pas nécessaire :
- Eh bien, nous sommes gâtés, entre ton frère et toi, fit remarquer Arthur.
- Si tu souhaites nous le présenter, c'est que c'est une histoire sérieuse ? supposa Molly.
- Oui, ça fait huit mois que je suis avec lui. Enfin, ça fait plus de neuf mois qu'on a eu notre premier baiser, ça fait six mois que je me suis pleinement engagée avec lui, mais entre deux, notre relation a peu à peu évolué, et c'est en novembre qu'on a décidé de voir où ça allait nous mener. Le début de notre histoire a donc été assez compliqué, et c'était de ma faute, car je n'avais pas envie de refaire les mêmes erreurs que j'avais faites avec Michaël. Plus ça allait, plus j'étais sûre d'aimer ce garçon, mais j'étais effrayée à l'idée de me tromper comme je l'avais fait avec Michaël. Ce n'est qu'à la fin du mois de décembre que j'ai su que j'étais bel et bien amoureuse de lui. Depuis, il y a des obstacles qui se sont dressés sur notre chemin, mais rien n'a pu nous séparer.
- Ça, c'est la preuve de la solidité de votre amour, apprécia Arthur.
- Et qui est ce garçon ? enchaîna Molly.
Ginny tritura la nappe qui ornait la table, nerveuse.
- Il s'appelle Blaise Zabini.
Ginny vit sa mère se crisper. Son père, lui, esquissa une moue discrète qui aurait pu être traduite par «Aïe». Cela ne lui faisait rien, à lui, que le petit-ami de Ginny soit le fils d'une femme qui avait très mauvaise réputation, mais tout comme Ginny, il redoutait comment allait réagir Molly…
- Le fils d'Ornella Zabini ? Celle qui…
- Oui, c'est lui, coupa Ginny.
Molly soupira.
- Tu t'es entichée du fils d'une meurtrière, réprouva-t-elle.
- Il ne faut pas se fier aux apparences, rétorqua Ginny. Si elle n'est pas à Azkaban à l'heure qu'il est malgré tout ce qui semble l'accuser, c'est que les Aurors n'ont pas de quoi l'y envoyer. Ils doivent avoir d'autres pistes, sinon ils l'auraient emprisonnée sans aller chercher plus loin… C'est ce qu'ils ont fait avec Sirius Black qui n'a même pas pu avoir de procès, ce qui est pourtant octroyé à tous les Mangemorts, même les plus dangereux… Et il était innocent, lui. Tout le monde était persuadé qu'il était responsable du meurtre des Potter et qu'il avait tué Pettigrew ainsi que douze moldus alors que c'était Pettigrew, présumé mort, qui était derrière tout ça… Ce serait bien d'arrêter de juger les gens en allant au plus simple. Et quand bien même Mrs Zabini serait coupable de tous les crimes qui lui sont imputés, Blaise n'aurait rien à voir là-dedans. Il n'a rien fait. Il était trop jeune pour avoir joué un quelconque rôle dans tous ces homicides, et il n'a pas à y être assimilé car c'est sa mère qui les aurait commis… Parce qu'il n'est pas sa mère. Ce sont deux personnes bien distinctes et Blaise ne mérite pas qu'on le méprise à cause des rumeurs qui concernent sa mère. Et puis, je le répète, mais si les Aurors étaient persuadés de la culpabilité de Mrs Zabini, cela ferait longtemps qu'elle serait à Azkaban. Si elle n'y est pas, c'est qu'il y a des zones d'ombre que les Aurors tentent d'éclaircir. Ils ne laisseraient pas une criminelle dans la nature s'ils étaient certains qu'elle en était une, ils ne sont pas stupides… Mais qu'elle ait tué ou non ses sept maris, Blaise n'y est pour rien. C'est quelqu'un de bien et il n'appartient qu'à vous de le vérifier par vous-mêmes.
Ce fut sur ces mots que Ginny termina sa tirade, dont elle n'était pas peu fière. Elle en avait eu, des débats, mais elle avait rarement mis autant de conviction dans ses paroles ! En tout cas, il y en avait eu assez pour troubler sa mère.
- Je dois bien admettre le bien-fondé de tes propos sur plusieurs points, notamment sur le fait que le fils de Mrs Zabini n'est pas fautif des agissements de sa mère et que c'était idiot de l'y associer. Et pour ce qui est de la culpabilité de Mrs Zabini… Chacun a sa vision des choses. Mais peut-être suis-je trop terre-à-terre… Peut-être faudrait-il avoir plus de recul et cesser de tirer des conclusions trop hâtives en se basant uniquement sur les faits que l'on a… Mais si j'ai immédiatement songé au fait que le garçon que tu aimais était le fils d'une prétendue meurtrière, c'est parce que j'étais inquiète pour toi… Lorsque l'on est parent, notre priorité, c'est aussi bien le bonheur de nos enfants que leur sécurité… Parce qu'on les aime, et qu'on tient à eux, tout simplement.
Touchée, Ginny se radoucit :
- Ce n'est pas Blaise qui ira menacer ma sécurité, bien au contraire… Mais je comprends que tu aies pu te faire du souci, qui ne s'en fait pas pour ses enfants ? Et je suis désolée si j'ai pu me montrer un peu moralisatrice, mais je te promets que Blaise ne nourrit aucune mauvaise intention à mon égard. S'il en avait, il s'en serait pris à moi à Poudlard, et il ne l'a pas fait. Et ce n'est pas comme s'il avait manqué d'opportunités pour le faire… Et si sa mère s'était bel et bien débarrassée de ses sept maris, et que Blaise était comme elle, il n'aurait pas jeté son dévolu sur moi, sachant pertinemment que ma famille ne roule pas sur l'or…
Molly allait répondre, mais elle en fut empêchée par Ron qui se joignit à eux, avec un verre d'eau à la main :
- Vous parlez de Blaise ?
«Quel acteur» commenta Ginny en son for intérieur. Ce fut elle qui confirma :
- Oui, j'expliquais à papa et à maman que je ne courais pas de danger avec lui.
- Ça, c'est sûr ! Il a légèrement tendance à trop la protéger, mais c'est difficile de le lui reprocher… Car il aime Ginny, c'est tout. Et le fait que Ginny soit une fille très indépendante n'arrange pas les choses. Mais ils n'ont qu'à s'expliquer pour que tout rentre dans l'ordre. Blaise est un garçon en qui on peut avoir confiance. Et je n'aurais pas dit ça en début d'année… J'étais plein de préjugés envers les Serpentard, et Blaise en est un. Alors quand je l'ai vu tourner autour de Ginny, ça ne m'a pas plu du tout. Bon, il ne lui tournait pas vraiment autour, mais Ginny et lui se rapprochaient, et c'était tout comme pour moi. Mais le concept de travail en binôme a fait son effet, même si mon binôme était une Poufsouffle, et non une Serpentard, et c'est justement Susan, mon binôme, qui a contribué à ce que je lâche la grappe à Blaise et à Ginny. Et même plus que ça. Entre les conversations que j'avais avec elle, les rondes que je faisais avec Pansy, et Harry qui s'est mis en couple avec un Serpentard fin septembre, j'ai peu à peu changé d'avis sur les Serpentard. J'ai appris à connaître Blaise un peu plus tard, grâce à la bande qui s'est formée petit à petit avec les petits-amis des uns et des autres, et j'ai également appris à l'apprécier. Certes, il a ses défauts, mais ça, c'est commun à tout le monde. Et les siens sont largement compensés par ses qualités. Et il en a un paquet… Il est loyal en amitié, fidèle en amour, assidu dans ses études, fair-play au Quidditch… Il a des principes et des valeurs et il n'y déroge pas. C'est un gars génial qui rend Ginny heureuse, qui la respecte, et c'est tout ce qui compte pour moi. C'est normal que vous soyez méfiants, mais de toute façon, si vous l'autorisez à passer quelques jours ici, il aura du mal à faire quoi que ce soit à Ginny…
- C'est clair, ce serait bête de sa part, renchérit Ginny. Mais j'espère que vous ne l'aurez pas trop à l'oeil non plus.
- Nous l'observerons, mais sans aller dans l'excès, tempéra Arthur. Et si ta mère exagère, je serai là pour la canaliser.
Le visage de Ginny s'illumina.
- Donc… vous êtes d'accord ?
- Oui. Puisque cette idylle est visiblement vouée à durer, il faut bien que nous voyions ce garçon en chair et en os ! Et que nous ne le découvrions pas le jour du mariage, s'amusa Molly.
Ginny éclata de rire.
- Nous n'en sommes pas là ! Mais je suis trop contente, merci papa, merci maman !
- Vous avez su nous convaincre, ton frère et toi. Enfin, surtout moi… Comme souvent, votre père a été beaucoup moins retors que moi. Bon, quand devons-nous nous tenir prêts à accueillir notre futur gendre ? Histoire que nous nous préparions…
- Oh, vous avez le temps. Il a un stage du premier au vingt juillet à Sainte-Mangouste, et il sera libre ensuite. Oui, car il rêve d'être médicomage. Il a déjà fait un stage il y a deux ans, mais il y a tant de services qu'il n'a pas pu tous les visiter.
Cette indication sembla éveiller l'attention de Molly :
- Médicomage, tu dis ? C'est un très beau métier… La formation exige de très bonnes notes dans de nombreuses matières aux ASPIC, et ce doit être pour cela que tu précisais qu'il était très assidu dans ses études, Ron… Il se donne les moyens pour accéder à cette formation, et c'est très honorable.
Ginny se retint de sourire. La vocation de Blaise l'avait grandement fait monter dans l'estime de sa mère…
- Est-ce que mi-août vous irait ?
- Oui, c'est parfait.
- Eh bien tu lui diras dans ta prochaine lettre qu'il est convié ici à la mi-août, s'il a le feu vert de sa mère. Si c'est le cas, j'écrirai à Mrs Zabini afin que nous réglions quelques petits détails.
- Merci, vous êtes super !
- Il n'y a pas de quoi, fit Arthur. Et après tout, si nous avons dit oui à ton frère, il n'y a pas de raison pour que nous te disions non à toi… Mais j'aimerais que vous m'éclairiez sur un point, Ron et toi.
- Lequel ? s'enquit Ginny.
- Vos amours. Comment diable avez-vous fait pour entretenir une relation amoureuse avec l'année chargée que vous avez eue ?! Entre les cours, les devoirs, les séances de travail avec vos binômes, le Quidditch, vos amis, les rondes de Ron…
- Mes rondes, ce n'était rien comparé à ce que Ginny avait en plus ! Elle allait courir tous les matins autour du lac avant le petit-déjeuner, et elle n'avait non pas un, mais deux groupes d'amis : celui de ma promotion, et celui de la sienne.
- Oui, ce n'est pas la première fois que vous évoquez vos bandes d'amis… Mais c'est assez confus pour nous. Qui y a-t-il exactement dans ces deux groupes ?
Ron et Ginny se jetèrent un coup d'oeil. Cela allait être long à résumer !
- C'est un mélange entre couples, préfets, et joueurs de Quidditch de toutes les maisons, commença Ron. Dans la bande où nous sommes tous les deux, Ginny et moi, il y a Harry et Hermione qui sont à Gryffondor, Draco, Blaise, Théo et Pansy qui sont à Serpentard, Terry qui est à Serdaigle, et Justin qui est à Poufsouffle. Niveau amours, Harry est avec Draco, Hermione avec Terry, Théo avec Justin, Blaise avec Ginny, et moi avec Pansy. Hermione et moi sommes les préfets de Gryffondor, Draco et Pansy sont les préfets de Serpentard, et Terry est le préfet de Serdaigle. Il n'y a qu'à Poufsouffle où on n'a pas de préfet dans la bande. Et pour ce qui est du Quidditch, on a pas moins de sept joueurs : Blaise, Théo et Pansy en tant que poursuiveurs, Harry, Draco et Ginny en tant qu'attrapeurs, et moi en tant que gardien. Ah mais j'oubliais les binômes… Parmi nous, il y a trois couples qui n'étaient que des binômes à la base : Harry et Draco, Théo et Justin, et Terry et Hermione. Sans ce concept, ils ne seraient probablement pas tous en couple à l'heure actuelle. Pansy et moi ne sommes pas des binômes, et Blaise et Ginny non plus, vu qu'ils ne sont pas de la même année. Pansy a d'abord eu la préfète de Poufsouffle, Hannah Abbot, comme binôme, mais Padma Patil, la préfète de Serdaigle, a eu des problèmes avec son binôme et Hannah et elle ont permuté. Pansy s'est donc retrouvée avec Padma Patil. Moi, je suis en binôme avec Susan Bones, la meilleure amie de Hannah Abbot. Blaise, lui, est en binôme avec Kellah Barney, une élève de Gryffondor, et Ginny est en binôme avec Simon qui est plein de choses à la fois. Mais Ginny sera plus à même de vous en dire plus…
Ginny saisit la perche que lui tendait Ron :
- Dans mon groupe d'amis de ma classe, il y a les mêmes éléments : des couples, des futurs préfets, des binômes et des joueurs de Quidditch. On est huit en tout : Simon, Fiona, Colin, Luna, Dimitri, Basil, Lauren et moi. Simon est mon binôme, il est en couple avec Fiona, il est attrapeur remplaçant de l'équipe de Quidditch de Serpentard, et futur préfet de Serpentard. Fiona est donc la petite-amie de Simon, elle est en binôme avec Dimitri, un élève de Serdaigle, et elle est la future suppléante de la future préfète de Poufsouffle, Elsa. Colin est un ami de longue date, tout comme Luna. Colin est à Gryffondor et il est en binôme avec Basil. Luna est à Serdaigle et elle est en binôme avec Lauren, une élève de Serpentard. Dimitri est le futur préfet de Serdaigle et poursuiveur titulaire de l'équipe de Quidditch de Serdaigle. Basil est le gardien titulaire de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle, et pour finir, Lauren est la future préfète de Serpentard. Cela fait que nous sommes tous plus ou moins liés les uns avec les autres, que ce soit de par nos binômes, nos petits-amis, même si ça ne concerne que deux d'entre nous, nos futurs collègues préfets, ou nos adversaires de Quidditch. C'est un vrai méli-mélo, il y a de tout, mais c'est ça qui fait notre force : car on est issus de divers horizons. Et il n'y a pas d'esprit de compétition quand on est tous ensemble. Évidemment, on a des discussions sur le Quidditch, car on est quand-même la moitié à en faire, c'est impossible d'y échapper… Et même si Fiona, Colin, Luna et Lauren n'en font pas, ils assistent à tous les matchs pour supporter soit leur maison, soit leurs amis, soit leurs petits-amis. Voilà, vous en savez davantage sur notre entourage à Poudlard. Pardon si on vous a perdus, ça fait beaucoup d'informations d'un coup…
- Oui, mais vous aurez tout l'été pour nous redire tout ça ! Et on s'y fera.
- Est-ce qu'il y aura tous tes amis à ton anniversaire au Square ? demanda Arthur.
- Non, juste ceux de la promotion de Ron. Mais c'est une idée pour mes seize ans, songea Ginny.
- Tu voudrais inviter tout le monde ? s'exclama Ron.
- Oui, ce serait un projet.
- Ce sera de nouveau au Square, alors, car il n'y aura pas assez d'espace ici… Si ça ne gêne pas les tuteurs de Harry.
- Oui, et à condition qu'il n'y ait pas de tensions entre certains membres des deux groupes, signala Arthur.
- Je ne crois pas qu'il y en ait, estima Ginny. Il y en a eu entre Blaise et Simon au début de l'année, mais ça, c'est parce que Blaise était jaloux de Simon…
- Cela a du être sympathique au sein de l'équipe de Quidditch de Serpentard, ironisa Molly. Car ils sont bien tous deux dans l'équipe ?
- Oui, et effectivement, si Blaise avait eu des Avada dans les yeux, Simon n'aurait pas survécu aux sélections ! Simon m'a avoué que Blaise l'avait très mal regardé. Et un jour où j'étais dans la salle des binômes avec Simon, j'ai fait tomber un parchemin et Blaise me l'avait ramassé. Il avait été très sec avec moi, car j'avais pas mal ri avec Simon au cours de notre séance, et ça n'avait pas trop plu à Blaise. Mais c'était mignon, ses accès de jalousie. Ce n'était pas la jalousie maladive qui détruit des couples. C'était la jalousie d'un garçon pour qui tous ceux qui traînent avec la fille qu'il aime sont des concurrents…
- Oui, c'est bien un truc de garçons, ça ! Votre père était pareil. Il paraît inoffensif et pacifique, mais à Poudlard, il a provoqué plus d'une fois des ennuis à des garçons qui s'intéressaient d'un peu trop près à moi selon lui…
- Les filles ne sont pas mieux, protesta Ron. Elles peuvent être de véritables pestes envers celles qui sont trop proches à leur goût du garçon qu'elles convoitent !
- Ce n'est pas faux. Égalité, balle au centre, conclut Arthur avec humour. Pour faire simple, en gros, la jalousie est un sentiment humain, qui touche aussi bien les filles que les garçons, et qui n'est pas dangereux tant qu'il n'est pas excessif. Mais avec l'âge, on s'assagit. Mais racontez-nous comment le concept de travail en binôme a pu créer autant de couples…
Ça, c'était bien Arthur ! Il était toujours à l'affût d'anecdotes et de petits potins, et Ron et Ginny ne se firent pas prier pour lui faire le récit des histoires d'amour qui avaient vu le jour à Poudlard grâce au concept inventé par Dumbledore et le Choixpeau magique… Tandis que Ginny relatait l'histoire de Harry et Draco, sans tout dévoiler, Ron alla chercher Pansy afin qu'elle ne reste pas toute seule dans sa chambre. De plus, elle était la mieux placée pour faire part à Arthur et Molly de l'idylle qui était née entre Théo et Justin ! Et elle n'était pas la dernière pour jouer les commères… Ce fut donc dans une ambiance joyeuse et détendue que se déroula une bonne partie de l'après-midi, et ce ne fut que vers seize heures que Pansy et Ron se remirent aux potions. Comme leur programme avait été chamboulé, ils convinrent de faire une potion avant et après le dîner. Ginny, elle, révisa les cours de runes de Luna. Elle était bien déterminée à abandonner la divination au profit des runes à la rentrée, persuadée que les runes lui seraient bien plus utiles plus tard que de prédire un avenir qu'elle serait bien incapable de changer, même si elle le désirait !
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Quelques heures plus tôt
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POV Terry
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La première semaine des vacances s'était très bien passée pour Terry. Il avait eu ses résultats des BUSE quatre jours plus tôt et il en avait été très satisfait. Il avait eu seize en divination, dix-sept en astronomie, Défense Contre les Forces du Mal, arithmancie et créatures, dix-huit en botanique et en métamorphose, dix-huit et demi en histoire de la magie, dix-neuf en sortilèges et vingt en potions et en runes. Ses parents avaient été très fiers de lui. Ils étaient habitués à ce qu'il ait de très bonnes notes, mais là, c'étaient les BUSE. Ce n'était pas comme les années précédentes. Il y avait un enjeu. Avec ses résultats, il était largement accepté dans toutes les matières qu'il souhaitait poursuivre. Il allait continuer l'astronomie, la botanique, la Défense Contre les Forces du Mal, la métamorphose, les potions, l'arithmancie et les runes, en plus des sortilèges et de l'histoire de la magie qui étaient des matières obligatoires jusqu'aux ASPIC. Il n'avait lâché que les créatures et la divination. Il avait bien souvent dit qu'il garderait toutes les matières car il aurait l'impression que ce serait du gâchis de cesser l'une d'entre elles après trois ou cinq ans d'études, mais il avait dû être raisonnable : cela ferait trop de matières. La sixième et la septième année étaient des années très rudes, avec un niveau qui montait de plusieurs crans, ce qui impliquait une plus grande concentration lors des cours ainsi qu'une relecture soigneuse de tous les cours de la journée, le soir, afin de les avoir bien en tête… Ce n'était pas une promenade de santé, loin de là ! Mais même en s'étant débarrassé de deux matières, il allait avoir un emploi du temps chargé. Car il aurait tout de même neuf matières, et avec les cours approfondis en botanique, Défense Contre les Forces du Mal, métamorphose, potions et sortilèges, il allait avoir cinq heures de cours dans ces cinq matières, sauf en Défense Contre les Forces du Mal où il n'aurait que quatre heures. Et comme depuis la première année, il en aurait quatre en histoire de la magie et en astronomie, et à l'instar de la troisième, quatrième et cinquième année, il en aurait deux en arithmancie et en runes. Et il aurait ses deux heures de duel… Cela lui ferait en tout trente-huit heures de cours. C'était colossal. Il ignorait comment allait faire Théo qui aurait onze matières, en incluant l'option de duel… Il en aurait une de plus que lui, mais il aurait également ses fonctions de suppléant préfet et de co-capitaine, et il aurait ses entraînements et ses matchs de Quidditch… Il n'allait pas avoir une seconde à lui. Mais Théo était fort, et il avait de la ressource. Il l'avait prouvé plus d'une fois.
En jetant un œil à son radio réveil, Terry vit qu'il était midi. C'était l'heure de déjeuner. Il posa son livre sur sa table de chevet, quitta son lit et sa chambre, et descendit au salon.
- Désolé, je suis un peu en retard, je rêvassais…
- Tu n'es pas en retard, tu es juste moins en avance que les autres jours, nuança Deborah, la mère de Terry. Le repas sera servi dans deux minutes, tu es donc malgré tout en avance.
- Tant mieux ! Je n'ai pas très faim. Dis, est-ce que je pourrai utiliser Arès ? J'ai une lettre à envoyer à Lisa. J'ai reçu la sienne ce matin…
- C'est pour ça que tu n'as pas très faim ? Cela t'a démoralisé ?
- Un peu, oui. Sa lettre était pourtant positive, mais c'est sa situation qui me chagrine. En fait, c'est assez confus en moi. Je suis à la fois triste et content pour elle. Triste, parce que ce bébé n'était pas voulu, qu'il a été conçu dans de très mauvaises circonstances, et qu'elle est forcée de faire avec, et content parce qu'elle prend bien la situation. Elle s'est déjà énormément attachée au bébé.
- Ce doit être ce qu'on appelle l'instinct maternel, intervint Dylan, le père de Terry, avec un plat de poulet et de riz dans les mains.
- Ça se peut, ou bien c'est le fait que ce bébé n'y soit pour rien dans tout ça, tout comme elle. C'est un point commun qu'ils ont, et cela peut la pousser à avoir le réflexe de le protéger… Mais il n'y a pas besoin d'expliquer d'où vient l'amour qu'une mère porte à son enfant. Quoi qu'il en soit, tu as l'air très investi dans la grossesse de ton amie.
- Oui, mais je t'arrête tout de suite, ce n'est pas parce que je suis amoureux d'elle, prévint Terry.
- Tu n'as pas non plus besoin de te justifier, décréta Dylan. C'est normal que cela t'affecte, Lisa est ton amie, et elle a été même plus que ça l'année dernière, même si cela n'a pas duré longtemps…
- Oui, et vous vous séparés en de bons termes, si bien que vous êtes très proches aujourd'hui, ajouta Deborah.
- Oui, et je ne regrette rien : ni notre relation, ni notre rupture. Mais d'un côté, j'aurais aimé que ça marche entre nous, uniquement parce que cela lui aurait évité de sortir avec cet imbécile d'Ashby… Elle n'aurait pas été entraînée dans une relation abusive, et elle ne serait pas enceinte à l'heure qu'il est.
- Mais vous n'étiez pas faits pour être en couple. Ce qui vous unit, c'est une très forte amitié, pas de l'amour…
- C'est ça. Mais si j'avais été le père du bébé, comment auriez-vous réagi ?
- Tout aurait dépendu de ce que vous auriez décidé : élever l'enfant, ou le faire adopter.
- Pour Lisa, le choix aurait été vite fait : élever l'enfant.
- Et le tien ?
- Je n'en sais rien. Je n'aurais absolument pas été prêt à avoir un enfant. Mais je me serais peut-être attaché au bébé, avec le temps… Parce qu'il aurait été le mien, que nous l'aurions fait à deux, dans un acte d'amour, s'il y avait vraiment eu des sentiments entre Lisa et moi, et que ce bébé aurait eu un peu de moi en lui… Il y aurait probablement eu un déclic lors d'une des trois échographies. Car j'aurais vu le bébé, il aurait été concret, réel… Tout le monde dit que c'est très émouvant. Mais si ça avait vraiment fonctionné, Lisa et moi, j'aurais été trop stressé à l'idée qu'elle tombe enceinte pour oublier le sort de protection…
- J'espère bien ! s'écrièrent Dylan et Deborah en choeur.
- Ce sort est très important, insista Dylan. Tant qu'il n'y a pas de projet d'enfant et qu'il n'y a pas eu de tests effectués, il est même primordial. Car il empêche les grossesses indésirables et les maladies sexuellement transmissibles… Nous comptons sur toi pour faire très attention.
- C'est promis, jura Terry. De toute façon, on n'en est pas du tout là, Hermione et moi. On n'en est même nulle part.
- Il n'y a pas de honte à avoir, assura Dylan. Au contraire, c'est très bien que vous preniez tout votre temps… Ce n'est pas une course.
- J'en suis bien conscient, affirma Terry. C'est bête, mais… j'ai la sensation que c'est Poudlard qui nous bloque.
- Ce ne serait pas idiot. Il y a des couples pour qui il faut une atmosphère bien particulière, et il est possible que ce soit votre cas et que vous n'ayez pas l'atmosphère qu'il vous faut à Poudlard, parce que vous la considérez comme une école, et que vous estimez que ce n'est pas un endroit pour avoir de l'intimité, même dans ton dortoir… Ou bien c'est le dortoir, le problème, parce qu'il y a trop de camarades autour de vous, ou que sais-je… Mais vous aurez tout à fait le droit de faire ce que vous voudrez quand Hermione sera là. Ton père et moi n'irons pas vous embêter lorsque vous serez dans vos chambres. Et si on a un truc urgent à vous dire, nous vous enverrons un Patronus.
- Merci, c'est gentil… Mais il se peut que nous ne fassions rien pendant le séjour de Hermione…
- Oui, mais c'est dans l'hypothèse où vous feriez des choses. Mais si première fois il y a, lancez le sort de protection ! Ta mère et moi n'avons pas très envie d'être grands-parents si vite une deuxième fois ! Non, plus sérieusement, c'est surtout pour vous.
- Oui, et en parlant de ça, Judith, Miguel et Amy seront là vers treize heures. Ils auront déjà mangé, comme ça, on aura tout le temps de se consacrer à la petite ! Parce que bon, on sait ce que c'est, les repas de famille, ça s'éternise, et tu n'aurais pas trop pu profiter d'Amy.
Terry acquiesça. Il était entièrement d'accord avec sa mère. Il allait découvrir pour la première fois sa nièce, et il avait hâte de faire enfin sa connaissance. Et il était heureux de revoir sa sœur Judith et son beau-frère Miguel. Il avait une conférence à seize heures, mais avant cela, il aurait deux heures et demie devant lui.
Tout ce beau monde arriva une demie-heure plus tard. Après les embrassades, Judith prit Amy dans sa poussette et la mit précautionneusement dans les bras de Terry en lui indiquant comment la tenir. Il écouta les directives de sa sœur et si, les premières minutes, il craignit de faire quelque chose de mal, il fut rapidement tranquillisé en constatant qu'elle était bien calée et qu'elle ne pleurait pas, ce qui était signe que tout allait bien. Elle avait les yeux ouverts, observant tout ce qu'il y avait autour d'elle, et elle gazouillait. Terry fut complètement sous le charme de ce petit être qu'il avait dans les bras. Amy était tout bonnement adorable.
- Voilà Amy, déclara doucement Judith. Amy, voici ton oncle, Terry. Il était pressé de te rencontrer. Bon, je suis navrée, Terry, mais je ne peux pas en dire autant d'elle…
Terry se mit à rire, sans trop faire de bruit pour ne pas effrayer Amy.
- Ce n'est pas grave ! Quand elle aura deux ans et que je serai en septième année, là, elle va attendre avec impatience que je rentre ! Du moins, si elle m'aime bien.
- Oh, il n'y a pas de raison pour qu'elle te déteste ! Je suis sûre que l'une de ses questions préférées, quand elle fera de vraies phrases, ça va être «Quand est-ce qu'on va revoir tonton Terry ?» !
- Et après, dans quatre ou cinq ans, ce sera «Quand est-ce que je vais aller à Poudlard comme tonton Terry ?» renchérit Miguel.
- N'exagérez pas, rit Terry. Mais en l'imaginant à Poudlard, je me demande dans quelle maison elle va être…
- Oh, ne va pas trop vite ! Elle n'a que quatre mois, pouffa Judith. Elle n'y sera que dans onze ans, à Poudlard… Mais si on se fie aux maisons où sont allés sa mère, ses grands-parents maternels et son oncle maternel, il y a une très légère tendance pour Poufsouffle. Elle a sa maman et sa grand-mère qui sont d'anciennes Poufsouffle, son grand-père qui est un ancien Serpentard, et son oncle qui est à Serdaigle… Et on n'a pas la maison de son père, vu qu'il est allé à Beauxbâtons.
- Ouais, il n'y a qu'à Gryffondor où personne n'est allé… Est-ce qu'il y a eu des Gryffondor, dans les générations assez proches de nous ?
- Votre arrière grand-mère maternelle était à Gryffondor, oui. Mais ça commence à dater, désormais. Sinon, du côté de votre père, il n'y a pas eu de Gryffondor dans les cent dernières années, je crois.
- Non, que des Serpentard et des Serdaigle.
- Les Serpentard, ce sont ceux qui sont mal vus de la société ? s'enquit Miguel.
Le père d'Amy, bien qu'étant né en Irlande lors d'un voyage de ses parents dans ce pays, avait vécu toute son enfance et toute son adolescence en Italie, d'où étaient originaires ses parents. Il avait fait ses études à Beauxbâtons, comme les français, les italiens, les néerlandais, les luxembourgeois, les belges et les espagnols. Cela ne faisait que quatre ans qu'il vivait à Londres, mais la langue n'était plus un problème pour lui.
- Oui, mais dans la famille, nous sommes de «bons» Serpentard, précisa Dylan. Tout comme le sont les Parkinson, pour ne citer qu'eux. La fille des Parkinson est d'ailleurs une amie de Terry.
- Oh, tu as franchi la barrière des maisons ? déduit Judith.
- Oui, grâce au concept de travail en binôme. Je vous raconterai cela à l'heure du thé. Oh, elle m'a souri… Elle est si mignonne, et elle est si calme…
- Parce qu'elle a bu son biberon et qu'elle a fait dans sa couche avant qu'on ne s'en aille… Non, en vrai, c'est un bébé relativement calme. Mais quand on joue avec elle, les rires et les gesticulations, ça y va !
- Oui, elle semble très éveillée, remarqua Terry. Ses yeux sont si expressifs… Mais c'est dommage qu'elle ait bu son biberon récemment, j'aurais bien aimé le lui donner…
- Hé, à quatre mois, un bébé boit entre quatre et cinq biberons par jour. Nous, on en est à cinq, avec elle, tu vas donc pouvoir le lui faire boire d'ici deux heures.
- Oh, je suis totalement ignare en matière de bébés, d'alimentation, de ce que c'est capable de faire à tel ou tel âge, des maladies que ça a, des vaccins qu'i faire…
- C'est logique, tu n'as jamais eu à faire à des bébés, tu n'as pas eu de petit frère ou de petite sœur, tu n'as pas eu de nièces ou de neveux avant Amy, tu n'as pas eu de cousins ou de cousines bien plus jeunes que toi… Mais grâce à Amy, quand tu auras ton premier enfant, tu auras déjà les bases. Et tu seras comme tous les parents. Tu apprendras sur le tas. Miguel et moi, on était comme toi. On s'est renseignés avant et durant la grossesse, évidemment, mais il y avait plein de choses qu'on ne savait pas quand Amy est née. Mais avoir un petit frère qui a huit ans de moins que moi m'a bien aidée et m'a permis de maîtriser pas mal de choses. Je ne partais pas de rien, quoi. Il y a eu trois ans où j'ai été dans le bain, tu étais tout petit, j'ai su comment préparer et donner le biberon, comment changer une couche, comment laver un bébé, comment le faire manger quand il passe à tout ce qui s'ingère sans mâcher, tels que les petits pots, les compotes ou les purées, comment jouer avec lui et adapter les jeux au fur et à mesure qu'il grandit… Toi, tu auras plus d'expérience avec les enfants de deux ans et demi et plus, car quand Amy aura cet âge, tu ne seras plus à Poudlard à longueur d'année, tu pourras la voir plus régulièrement.
- Oui, j'entamerai ma formation d'Auror, et bien que ce soit une des formations les plus intenses, je serai toujours plus dispo qu'à Poudlard…
- Ça, c'est clair. Mais tu n'es donc plus intéressé par le métier d'avocamage ? s'intrigua Miguel.
- Non, je me suis aperçu que ce serait trop dur pour moi de faire fi de ma morale pour défendre des criminels que je rêverais plutôt d'envoyer à Azkaban…
- Ah oui, ce n'est pas trop le but d'un avocamage… Même si la prison est parfois inévitable pour le ou la cliente. Dans ce cas, l'objectif, lors du procès, c'est d'argumenter devant le Magenmagot pour réduire la peine au maximum.
- Mais comment tu fais quand tu as un tueur ou un violeur comme client ?
- Je mets de côté mes principes et mes valeurs. Quand je suis avec un client, je ne suis pas Miguel, je suis avocamage. Mais je t'avoue que c'était difficile, avec les premiers clients. Mais on s'y fait.
- Mmmh… Je n'aurais pas pu m'y faire, personnellement.
- Oui, et tu as bien fait de t'orienter vers le métier d'Auror. Cela te correspondra bien mieux. Mais tu vas devoir t'accrocher… Quand on se lance là-dedans, même si on ne cesse d'entendre que c'est une formation très rude, on n'a pas idée d'à quel point elle l'est.
- Oui, et c'est pour ça que je vais assister à plein de conférences tout au long de l'été. J'en ai une cet après-midi, à seize heures.
- Oh, super ! Tu y vas tout seul ?
- Non, avec une camarade dont les parents ont accepté de m'emmener avec eux.
- Nous aurions pu y aller Terry, mais vu que vous veniez…
- Si on avait su que Terry serait occupé cet après-midi, on vous aurait proposé une autre date, ça ne nous aurait pas dérangés, signala Judith.
- Non, c'était très bien comme ça. De toute façon, j'irai à la plupart de ces conférences avec un ou une camarade, puisque papa et maman travailleront lors de six d'entre elles. Il n'y en a que trois qui auront lieu pendant leurs congés.
- Bon, nous reviendrons très vite, et ce, un jour où tu n'auras pas de conférence, pour que tu puisses profiter davantage d'Amy. Quitte à ce que ce soit un jour où papa et maman seront au boulot…
- Oui, il n'est pas impératif que nous soyons là, appuya Dylan. Aujourd'hui, c'était un peu différent, car c'étaient les présentations officielles entre Terry et Amy…
- Bien, on fera comme ça, alors, conclut Judith.
Terry hocha la tête et reporta son attention sur sa nièce. Elle resta un long moment dans ses bras, et jusqu'à ce que Terry s'en aille, ses yeux ne se détachèrent presque pas de ce bébé qui avait conquis son coeur en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire…
.
À quinze heures trente, les parents de Megan Jones vinrent chercher Terry. Ils discutèrent un peu avec Dylan et Deborah, puis, l'heure pressant, ils transplanèrent avec Megan et Terry deux cent kilomètres plus loin.
C'était la deuxième conférence de l'été. C'était également avec Megan que Terry était allé à la toute première. Lors de celle-ci, les deux adolescents n'avaient pas trop parlé ensemble. Cela n'avait pas été dû à du dédain ou à de la méfiance, mais à de la simple gêne. Mr et Mrs Jones, eux, avaient été beaucoup plus à l'aise, et ils avaient été très gentils avec Terry. Si, à l'instar de leur fille, ils avaient fait leur scolarité à Serpentard, comme le supposait Terry, ils étaient de ceux que son père qualifiait de «bons» Serpentard. Mais si Megan avait été distante avec Terry au cours de cette journée, elle lui avait néanmoins adressé un petit sourire timide après l'avoir raccompagné chez lui avec ses parents. Terry avait fait de même, ravi de ce pas qu'elle avait fait envers lui. Mais, à leur décharge, comme ils étaient arrivés peu avant le début de la conférence, ils n'avaient pas du tout eu le temps de faire connaissance. Cette fois-ci, ils avaient vingt minutes d'avance. Et il fut annoncé par un des Aurors que la conférence aurait un peu de retard, un autre Auror qui allait l'animer ayant un contre-temps. Terry sauta sur l'occasion pour engager le dialogue avec Megan :
- C'est par ambition de devenir Auror que tu vas à ces conférences, ou juste par curiosité ?
- C'est un mélange des deux, je ne suis pas vraiment fixée sur ce que je ferai après Poudlard, mais le métier d'Auror m'attire plus que les autres métiers. Et toi ?
- À la base, je voulais être avocamage, mais la perspective de défendre des personnes ayant commis des actes horribles me rebutait trop pour que j'en fasse mon métier.
- Oh… Ton truc, en fait, c'est d'enfermer les criminels, pas leur faire retrouver leur liberté…
- C'est ça. Chacun a le droit d'être défendu, mais c'est au-dessus de mes forces.
- C'est bien, tu as la conviction de tes opinions, approuva Megan. Et tu y es fidèle. Mais si j'ai bien compris, tu n'es pas tout à fait sûr que ce soit ta voie, le métier d'Auror ?
- Pas à cent pour cent, il faut que j'en sache plus, et ces conférences sont de belles aubaines pour ça. D'ailleurs, je vous remercie, toi et tes parents, de m'embarquer avec vous…
- C'est normal, voyons. Nous avons beau n'être que des camarades à Poudlard, ça ne nous empêche pas de s'entre-aider. On n'a rien l'un contre l'autre…
- Non, c'est juste que nous ne sommes pas dans la même maison, et que la guerre entre les maisons qui a longuement existé à Poudlard n'a pas favorisé le contact entre nous…
- Oui, et c'est nul. On aurait pu sympathiser dès notre première année avec plein d'élèves des trois autres maisons… Même si, pour moi, ça aurait été compliqué.
- Pourquoi ?
Megan parut embarrassée.
- Disons que tout ne dépend pas de moi.
Cette réponse troubla Terry. Il crut deviner le sens implicite de cette phrase, et il se risqua à creuser le sujet :
- Tes amies n'auraient pas été d'accord pour se faire des amis parmi les autres maisons ?
- Millicent aurait été plus que réfractaire, oui.
Terry réalisa que le professeur Black avait eu raison. Megan n'était pas du tout la même personne à Poudlard qu'en-dehors de l'école. Et au vu de ce qu'elle avait dit, Terry avait de sérieux doutes sur le fait que Millicent Bulstrode était à l'origine de l'attitude que Megan avait à Poudlard… Il désira en avoir le coeur net.
- Est-ce que tu comptes voir tes amies, cet été ?
- Oui, mais je ne verrai que Tracey.
- Pas Millicent ?
- Non, elle ne sera pas libre.
Le ton très neutre qu'avait employé Megan décontenança Terry. Elle ne faisait même pas l'effort de paraître ennuyée.
- Tu n'es pas trop déçue ?
- Non, c'est très bien comme ça.
Ces mots désarçonnèrent Terry.
- Mais… tu n'es pas amie avec elle ?
Le malaise se lut sur les traits de Megan. Visiblement, sa franchise avait été involontaire…
- Ah euh… si, mais elle a plein de choses à faire cet été, ça aurait été une perte de temps si on s'était vues…
- Oui, et ça fait tes affaires… Je me trompe ?
Megan regarda fixement Terry. La gêne qui l'avait envahie s'était volatilisée.
- J'ai l'impression que tu as saisi quel genre de relation j'ai vraiment avec elle. J'ignore comment, mais la façon très subtile dont tu m'as interrogée sur mes amies et dont tu as réagi à ma bourde me fait penser que tu n'es pas dupe et qu'il est inutile, devant toi, de faire comme si j'étais super amie avec Millicent, aussi bien à la ville qu'à Poudlard…
Terry décida d'être honnête :
- C'est le professeur Black qui m'a mis sur la piste. Quand il m'a informé que Roger, Tracey et toi vouliez bien que j'aille à certaines conférences avec vous, j'ai été très étonné que Tracey et toi ayez accepté aussi facilement, et il a suggéré que tu n'étais peut-être pas la même en vrai qu'à l'école… Et pareil pour Tracey.
- Eh bien il a vu juste. Même si c'est un ancien Gryffondor, il a bien sa place à Serdaigle en tant que directeur de maison…
- Oh oui, il est génial… Mais du coup, le problème, c'est Millicent ? Car à Poudlard, Tracey et toi, vous êtes comme elle… Et là, tu es une tout autre Megan.
- Oui, sous notre vrai jour, Tracey et moi ne sommes pas comme Millicent.
- Vous vous forcez à être son amie ?
- C'est à peu près ça, oui.
- Mais pourquoi ?
- Parce qu'elle nous a à sa botte. Elle est hyper influente. Si on la lâche, on ne sait pas de quoi elle est capable, mais c'est sûr qu'elle nous en ferait baver pour se venger…
- Mais vous n'allez pas rester comme ça ! s'exclama Terry. Je sais que l'hypothèse qu'elle se venge vous fait peur, mais ça vaut la peine de vous émanciper d'elle. Et si, effectivement, elle vous le fait payer, vous n'avez qu'une chose à faire : en référer à votre directeur de maison, et ce, sans tarder. Il est là pour ça, et il vous croira. Il ne faut pas que vous craigniez d'aller vers lui. Et il ne faut pas non plus que vous ayez honte. C'est à elle d'avoir honte de vous traiter comme elle le fait…
- Elle n'a pas la notion de remords. Pour elle, c'est parfaitement naturel, ce qu'elle nous fait. C'est même un besoin, chez elle, de manipuler et d'asservir les gens. Mais j'aurais pu échapper à tout ça. Car peu de gens le savent, mais j'aurais dû aller à Poufsouffle. Le Choixpeau a cependant choisi de m'envoyer à Serpentard, car il pensait que ça m'aiderait à m'affirmer. Sauf que je l'ai fait de la pire des manières, en suivant la fille de Serpentard qui a la plus mauvaise influence…
- Tu ne t'en étais peut-être pas aperçue sur le moment, plaida Terry. Et quand tu as découvert celle qu'elle était en réalité, tu étais déjà sous sa coupe…
Megan haussa les sourcils.
- C'est exactement ça… Comment as-tu fait pour deviner ?
- Ça me semble évident. En fait, il aurait fallu que tu ne deviennes amie qu'avec Tracey. En n'étant que vous deux, vous seriez restées vous-mêmes. Vous ne montreriez pas ce faux visage qui ne vous va pas et que vous avez acquis à cause de Millicent… Mais il n'est pas trop tard pour vous dévoiler telles que vous êtes vraiment.
Megan réfléchit un instant.
- Je verrai cela avec Tracey, finit-elle par dire. Je ne me détacherai pas de Millicent si Tracey ne me suit pas. Je ne la laisserai pas seule avec Millicent. C'est nous deux, avec ou sans Millicent, ou rien.
Les mots de Megan touchèrent Terry.
- Vous avez l'air très proches, elle et toi…
- Oui, on est dans le même bateau depuis notre première année, et nous regrettons autant l'une que l'autre d'avoir été si naïves et de nous être fait entraîner par Millicent…
- Justement, à deux, vous serez plus fortes ! À deux, vous vous battrez contre elle. À deux, ce sera plus facile. Vous séparer d'elle, ça va encore plus vous rapprocher et vous souder.
- Tu n'as pas tort… Mais je crains les répercussions et je crains que, malgré ce que tu m'as garanti, le professeur Snape ne puisse rien faire car on n'aura pas de preuves…
- Ce n'est pas ça qui l'empêchera de vous aider. S'il faut des preuves, il saura vous guider pour que vous en ayez. Et là, il pourra faire quelque chose contre Millicent. Il est plus intelligent qu'elle. Et il a résolu des situations plus inextricables que celle-là.
Megan sourit.
- Tu parais l'apprécier plus que certains Serpentard…
- Avec tout ce qu'il a fait cette année pour la moitié de mes amis, si ce n'est plus, il est grandement monté dans mon estime, oui. C'est quelqu'un de bien. On ne se rend pas bien compte de la personne qu'il est, mais c'est un grand potionniste, il est connu pour être à la fois un excellent Occlumens et un excellent Legilimens, deux branches de la magie très difficiles à maîtriser, il est devenu un super professeur de potions, aussi bien dans son enseignement que dans sa pédagogie, ce qui n'était pas le cas avant, car il manquait cruellement de pédagogie, c'est un très bon médicomage, et d'après ceux qu'il a eu comme patients, c'est le meilleur des psychomages. Qui peut se vanter d'avoir autant de casquettes et d'être aussi bon dans autant de domaines ? Et il doit en avoir d'autres…
- C'est vrai qu'il est épatant, vu comme ça, admit Megan. Et il a inventé des sortilèges ! Ce qui fait qu'il est également expert dans ce domaine. Et il est plus que calé en Défense Contre les Forces du Mal ! Et j'avoue qu'humainement, il n'a plus rien à voir avec celui qu'il était au cours de nos quatre premières années d'études… Ce n'est que maintenant que je prends conscience d'à quel point on a de la chance de l'avoir comme directeur de maison…
- Ça, c'est sûr ! Mais les élèves des autres maisons n'ont rien à vous envier.
- Oui, le professeur Black est très apprécié des élèves… Il est fort probable qu'il soit adoré en tant que directeur de maison. Et quand il est venu enseigner pour la première fois, le professeur Lupin a rencontré un grand succès, presque tout le monde l'aimait. Bon nombre de Serpentard se retenaient d'exprimer leur enthousiasme quand ils allaient en cours avec lui… Mais ils étaient autant conquis que les autres. Et il y a des élèves à qui le professeur Lupin a su redonner goût à cette matière. Parce que bon, entre le professeur Quirrell qui sentait l'ail à plein nez et qui avait Tu-Sais-Qui derrière la tête, et le professeur Lockhart qui n'en avait que pour lui-même, qui n'était qu'un trouillard, et qui s'attribuait les mérites d'autres sorciers, ça n'insufflait pas trop l'envie de s'intéresser à la Défense Contre les Forces du Mal… Après, on apprenait des choses avec le professeur Quirrell, oui, c'était loin d'être le désert absolu, mais ce n'était pas très fun, et en revanche, avec le professeur Lockhart, les cours qu'on avait étaient de vastes blagues… Le professeur Lupin est le premier vrai professeur qu'on a eu. Son retour a fait plaisir à tout le monde. Surtout avec le professeur qui lui avait succédé lors de notre quatrième année ! Il y a des élèves qui ont été contents d'être confrontés aux sortilèges impardonnables dès le tout premier cours, mais moi, ça m'a refroidie direct. C'était beaucoup trop abrupt. Et puis faire des démonstrations en classe… En se servant d'une pauvre araignée devant un élève phobique des araignées, et en usant du sortilège Doloris devant un élève dont les parents ont viré à la folie après avoir été longuement torturés avec ce sort… Ce fou n'avait aucune pédagogie, aucune délicatesse… Et même pour les autres, c'était traumatisant, de faire face à ces trois sorts… Bon, le professeur Lupin n'est pas revenu pour enseigner la Défense Contre les Forces du Mal, mais le professeur qu'on a eu cette année a bien relevé le niveau. Il était un peu trop timide et n'avait pas assez d'autorité au début de l'année, mais il a su s'affirmer avec le temps. Il est hyper gentil, il nous fait faire énormément de pratique, sans négliger la théorie pour autant, il nous encourage dès qu'on galère avec un sortilège, ou qu'on est effrayés face à une créature, il nous pousse à avoir confiance en nous et à persévérer, et bien qu'étant très jeune, il est incollable sur sa matière… Il ressemble au professeur Lupin, en fait… Mais en plus jeune, en plus timide, et avec tout de même un peu moins d'expérience. Oh, pardon, je parle, je parle, je dois te fatiguer…
- Non, pas du tout ! Au contraire, ça change de la première conférence…
- Oui, tu as dû me trouver très distante… J'hésitais sur l'attitude à avoir…
- Celle-ci est super, assura Terry en souriant. Sois toi-même, c'est ce qui te va le mieux.
- Bien, je suivrai ton conseil, s'amuse Megan.
- Est-ce que je peux te demander quelque chose ?
- Oui, bien sûr.
- Tu m'as plus ou moins raconté comment Millicent t'a mise sous sa coupe, mais qu'en est-il pour Tracey ?
- C'est quasiment la même chose. Mais tu auras l'occasion d'avoir plus de détails quand tu iras à tes conférences avec elles. Elle est moins réservée que moi, mais fais attention, parce que mine de rien, elle est très sensible. Mais tu devrais bien t'entendre avec elle, car elle aurait dû aller à Serdaigle.
- Mais qu'est-ce que vous faites à Serpentard, si vous étiez toutes deux censées aller dans une autre maison ?!
- Hé, ce n'est pas nous, c'est le Choixpeau !
- Ah oui, oups… Je ne vais pas le blâmer, car en général, il fait les bons choix.
Megan acquiesça. Terry et elle auraient pu continuer à discuter ainsi des heures et des heures, mais la conférence allait bientôt commencer. Alors qu'ils se dirigeaient vers la foule qui s'était déplacée, comme eux, pour assister à cette conférence, ils croisèrent Harry, Draco et le professeur Snape. Ce fut une surprise pour Terry. Harry lui révéla que ce n'était pas trop prévu et qu'ils avaient décidé d'y aller deux jours plus tôt. Lorsque Harry vit Megan, il se crispa, tandis que Draco adopta son vieux masque froid. Mais Terry leur fit part en quelques mots de la vérité concernant Tracey et Megan, et cela fut suffisant pour que les deux garçons se détendent. Ils saluèrent Megan, et furent vite imités par le professeur Snape. Terry promit à Harry et Draco qu'ils auraient du temps devant eux après la conférence, puis il rejoignit les parents de Megan avec celle-ci. Un Auror prit la parole, et Terry fut rapidement suspendu à ses lèvres. Il énonça les sujets qui allaient être abordés et expliqua pourquoi les notes exigées aux ASPIC pour accéder à la formation d'Auror étaient aussi élevées. Il livra des types de situations où de hautes aptitudes en potions, en sortilèges ou en Défense Contre les Forces du Mal étaient essentielles, et cela fut très pertinent selon Terry. Un deuxième Auror justifia en quoi la paperasse était si importante, et en quoi ce n'était pas du tout dégradant de s'y coller. Car c'était bien beau d'aller sur le terrain, mais il fallait étudier les affaires en cherchant des pistes, et ça ne se faisait pas sur le terrain, mais dans les bureaux ! Il invita Nymphadora Tonks, une jeune Auror aux cheveux roses, à s'exprimer. N'étant Auror que depuis deux ans, elle était légitime à intervenir, les jeunes recrues étant souvent cantonnées à la paperasse. Elle confirma qu'il n'y avait rien de vexant à s'occuper de cela, même si c'était parfois long et fastidieux. Il fut ensuite question des domaines de prédilection des Aurors. Un quatrième Auror signala qu'ils en avaient presque tous un et qu'ils se chargeaient de la plupart des dossiers qui se rapportaient à leur domaine. Il en allait de même sur le terrain. Ceux qui étaient doués en potions allaient en majorité traquer les dealers, et ceux qui étaient doués en sortilèges étaient mis en priorité sur les interventions qui étaient susceptibles de virer à un duel très intense. Mais ils ne faisaient pas que ça, sinon cela serait trop répétitif. Et il n'y avait pas que la botanique, les potions, les sortilèges ou la Défense Contre les Forces du Mal. Outre cela, il y avait également des domaines qui requéraient des compétences qui étaient propres à l'intellect, à la sensibilité, à la communication… Par exemple, Tonks avait un don avec les enfants. Elle était donc régulièrement mise à contribution quand il s'agissait d'obtenir des confidences de la part d'enfants. La conférence fut passionnante pour Terry, et en jetant des coups d'oeil à Megan, il constata qu'elle était autant captivée que lui. Lorsque la conférence fut terminée, les parents de Megan, qui étaient eux-mêmes avec des amis, laissèrent Terry rester un peu avec Harry et Draco. Ils bavardèrent durant environ une demie-heure et ce fut peu avant vingt heures que Mr et Mrs Jones annoncèrent à Terry qu'il était temps de partir. Ils transplanèrent avec Megan et atterrirent à quelques mètres de la porte de la maison de Terry. Il remercia les Jones de l'avoir conduit à la conférence, leur souhaita une très bonne soirée et rentra chez lui après avoir fait un petit signe de la main à Megan qui fit de même. Il remarqua qu'il était épuisé, ce qui n'était guère étonnant avec la journée qu'il avait eue. Il mangea avec bien plus d'appétit que lors du déjeuner et fit un récit complet à ses parents de son après-midi avec les Jones. Il alla se coucher tôt, ce soir-là, et à peine se fut-il glissé sous les draps qu'il plongea dans un sommeil récupérateur…
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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous a plu ! Il aurait dû y avoir les révisions de Ron avec Pansy, mais ce sera pour le chapitre d'après ! À chaque chapitre, il y a un POV qui est remis au chapitre suivant, à ce rythme, l'été va faire 40 chapitres XD À la base, il doit en faire 22, mais on n'est pas à l'abri à ce qu'il y en ait plus que ça XD
Sur ce, je vous laisse et je vous donne rendez-vous le dimanche 25 juin pour le prochain chapitre normalement intitulé «Révisions, projet, tensions et conférence». Oui, on aura une autre conférence de Terry, car il ira à celle-ci avec quelqu'un d'autre XD D'ici là, je vous souhaite de passer trois bonnes semaines, portez-vous bien, bon courage si vous êtes en période de révisions ou d'examens, je vous embrasse tous très fort, et plein de bisous tout le monde !
