Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue pour le cinquième chapitre de SAMLD ! Ce sera un chapitre assez court, bien qu'il fasse tout de même près de 14 500 mots. Je crois que désormais, les chapitres oscilleront entre 14 000 et 20 000 mots. C'est plus gérable pour moi, et ce sera peut-être plus agréable pour vous XD

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mimibou : Hey ! Oui, j'ai fait pas mal de recherches, comme pour tous les sujets que je ne maîtrise pas complètement de base =) Donc tout est véridique, sauf en ce qui concerne la poche qui, pour le coup, est propre au monde magique XD Après, il se peut qu'il y ait malgré tout des erreurs, et si tel est le cas, et si, parmi les lecteurs de SAMLD, il y a des personnes qui s'y connaissent, je les invite à me corriger ! Mais je fais bien attention à inclure des informations qui apparaissent dans toutes les sources que je regarde, et qui donc, normalement, sont fiables.

Oui, Tonks est comme un poisson dans l'eau avec les enfants ! C'est son truc, et en vrai, elle devrait être spécialisée là-dedans XD Mais elle reste une Auror à part entière, donc elle est quand-même envoyée sur d'autres missions !

Je me suis fait la même réflexion en marquant l'expression «se faire des films» de la part de Ginny, mais je me suis dit qu'à force de passer du temps avec une bande où il y a deux nés-moldus (Justin et Hermione), un Sang-Mêlé qui a grandi comme un moldu (Harry), et un Sang-Mêlé qui a toujours vécu dans le monde sorcier, mais qui a des notions du monde moldu de par ses parents (Terry), les expressions moldues doivent aller bon train XD Sans compter Arthur qui est fan du monde moldu…

Pour Megan et Tracey, Terry a fait ce qu'il a pu, et en soi, il les a déjà bien aidées ! À présent, c'est à elle de suivre ses conseils… Mais c'est sûr que si elles ont besoin d'aide, Terry sera là pour elles ! Ça c'est sûr, le travail en binôme a beau avoir fait des miracles, il n'en a pas réalisé chez tous les Serpentard :/ Notamment chez Millicent Bulstrode et Vincent Crabbe… Et même chez Lavande du coté des Gryffondor… Il y a des gens pour qui on ne peut pas faire grand-chose XD Mais on essaie quand-même XD

Ooooh, c'était donc la dernière ligne droite avec ton examen de français ! Est-ce que ça s'est bien passé ? Car depuis le temps, je pense que tu l'as eu XD En tout cas, maintenant, tu vas pouvoir te reposer ! Profite-en bien =D

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Merci à mimibou pour sa review, et merci à tous ceux qui, dans l'ombre, continuent à suivre cette histoire ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture !

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Warning : présence de deux scènes sexuellement explicites dans ce chapitre.

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5 - Révisions, intimités et surprise

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(lundi 08/07) POV Ron

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- Alors, les enfants, quelles sont les potions qui sont au programme aujourd'hui ?

- La potion d'Aiguise-Méninges et le ratconfortant, répondit Ron entre deux bouchées de tarte à la mélasse.

- Ce sont les dernières potions que vous avez faites en quatrième année ? s'enquit Arthur.

- Oui, demain, on attaque les premières potions de la cinquième année, annonça Pansy.

- Vous n'étiez pas censés avoir une ou deux demi-journées de repos sur les dix jours de révisions ? Car demain, cela fera cinq jours que vous aurez travaillé tous les jours et que vous n'aurez donc pas fait de pause, fit remarquer Molly.

- Pansy m'a proposé d'en faire une cet après-midi, mais j'ai refusé. Je sais que ce n'est pas bon de tout faire d'un bloc car à un moment, le cerveau ne peut plus rien emmagasiner et menace de faire un burn-out, mais je n'en suis pas du tout là. Je retiens autant ce que je lis que lors du premier jour, et j'ai envie de continuer. Mais je me forcerai à faire une pause après-demain, pour couper en deux la période de révisions.

- Bien, cela me paraît raisonnable, approuva Molly. Si on m'avait dit un jour que tu aurais envie de faire des potions pendant les vacances d'été, après une année éreintante, je n'y aurais pas cru.

- Moi non plus, mais avoir eu douze à l'examen théorique et treize à l'examen pratique, ça m'a fait prendre conscience que j'étais capable de faire mieux et de décrocher un Effort Exceptionnel, mais au prix de gros efforts et de nombreuses heures d'entraînement. Mais mine de rien, j'avais déjà fait des progrès dans mes devoirs en binôme. Ce n'était qu'en théorie, puisqu'il n'y avait pas de travail en binôme en pratique, mais c'était bel et bien la preuve que je n'exploitais pas assez mon potentiel et qu'en étant assidu, je pouvais avoir de bonnes notes. Car lorsqu'on fait un devoir en binôme, on est obligé d'être plus sérieux que quand on fait un devoir seul, pour ne pas sanctionner notre binôme à cause de notre négligence. Et ça avait une légère incidence sur mes notes des devoirs individuels et mes notes des devoirs sur table, car sans m'en apercevoir, je mémorisais les notions que j'étudiais avec Susan. Mais ça ne suffisait pas à avoir plus de la moyenne. Je ne faisais que le strict minimum, jusqu'à ce que j'aie ce déclic à quelques semaines des BUSE… C'était trop tard pour que je fasse le nécessaire pour avoir un Effort Exceptionnel, je n'avais pas le temps de m'exercer sur la pratique, et réviser tous les cours depuis la première année avec le peu de temps que j'avais, c'était clairement impossible. Je me suis contenté de relire attentivement les cours de la quatrième et de la cinquième année, et de survoler ceux de la première, deuxième et troisième année. Ça m'a permis de sauver les meubles lors de l'examen théorique. Pour la pratique, il y a des éléments du cours qui m'ont aidé, et j'ai fait en sorte d'être concentré au maximum pour limiter les bourdes.

- En vrai, tu aurais pu avoir un Effort Exceptionnel de moyenne en potions grâce à la pratique si on n'était pas tombés sur la solution de force, estima Pansy. De toutes les potions qu'on a vues depuis la première année, c'est celle dont la recette est la plus longue. Vingt-huit étapes, c'est énorme pour quelqu'un qui n'est pas à l'aise avec les potions. Et ça l'est même pour les élèves qui n'ont pas trop de difficultés. Tu as manqué de temps et c'est ça qui t'a pénalisé. Mais pour l'épreuve de rattrapage, tu seras apte à faire face à n'importe quelle potion, car tu auras acquis de l'expérience.

Ron hocha la tête.

- Oui, et d'ailleurs, on va s'y remettre tout de suite ! Si ça te va, précisa-t-il à l'adresse de Pansy.

- Si tu es prêt, je le suis aussi, affirma-t-elle.

- Bon courage, ce ne sont pas les potions les plus faciles, mais tu as le mental pour y arriver, assura Ginny.

- C'est gentil, ça. Allez, à tout à l'heure !

Ron et Pansy se levèrent de table et se dirigèrent vers les escaliers pour monter à la chambre de Ron qui faisait office de laboratoire.

- On fait quelle potion en premier ? demanda Ron.

- La potion d'Aiguise-Méninges. Elle a deux effets. Lesquels sont-ils ?

À chaque potion qu'ils faisaient, Pansy interrogeait Ron sur les effets de la potion, les propriétés des ingrédients, la créature, la plante, le minerais, ou le fruit dont ils étaient issus… C'était une habitude qu'ils avaient prise afin de lier la théorie et la pratique.

- Elle sert à mieux réfléchir et à neutraliser les effets du sortilège de confusion.

- C'est ça. Tiens, voici la liste des ingrédients.

Ron se saisit du parchemin que lui offrait Pansy. Il lut ce qui y était marqué :

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Ingrédients :

- 20 cl de bile de tatou

- 25 grammes d'épines de porc-épic

- 15 cl d'hydromel

- 30 cl de jus de bulbe de perce-neige

- 20 grammes de poudre brune

- 15 grammes de scarabées pilés

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- Oh non, pas les scarabées… Et pas les bulbes de perce-neige…

- Qu'est-ce qu'ils t'ont fait pour que tu les méprises comme ça ? s'amusa Pansy.

- Les scarabées, c'est dégoûtant et c'est hyper dur à écraser, et les bulbes de perce-neige, c'est une galère pour récupérer le jus…

- C'est parce que tu n'as pas la bonne technique. Mais comme pour chaque ingrédient avec lequel tu as du mal, je te filerai la technique après avoir vu comment tu te débrouillais. Bon, sinon, est-ce que tu connais les propriétés de certains de ces ingrédients ?

- L'hydromel, oui, car il faisait partie des ingrédients de la toute première potion qu'on a revue. Il a des propriétés antiseptiques mais ce qui nous intéresse, c'est le fait qu'il redonne de la force et de la vigueur.

- Exactement, appuya Pansy, l'air fière de Ron. Quoi d'autre ?

- Euh… je sèche, avoua Ron. Les épines de porc-épic sont dans une autre potion, mais je n'ai plus le nom…

- C'est le remède contre les furoncles, qu'on a fait en première année. Mais les épines n'ont pas les mêmes propriétés dans ce remède que dans la potion d'Aiguise-Méninges. Dans le remède, elles ont un effet anti-douleur, alors que dans la potion d'Aiguise-Méninges, elles permettent de tenir éveillé. Pour les autres ingrédients, c'est normal que tu n'aies pas leurs propriétés, on ne les a pas eus dans les potions qu'on a traitées.

- Ok, dans ce cas, je t'écoute, car je ne vais pas deviner tout seul…

- C'est dans tes cours, signala Pansy.

- Mais je n'en suis pas là ! J'en suis à la potion capillaire Lissenplis…

- Ah oui, c'est trois ou quatre cours avant la potion d'Aiguise-Méninges… Bon, la bile de tatou agit sur la lucidité. Le jus de bulbe de perce-neige a un impact très positif sur les fonctions cognitives, et améliore, entre autres, et de façon significative et efficace, la mémoire, l'apprentissage, l'attention et la concentration. La poudre brune, elle, détend et relaxe, et les scarabées pilés, eux, stimulent la mémoire et la concentration.

- Ça existe vraiment, un ingrédient qui agit sur autant de choses que les bulbes de perce-neige ?

- Oui, ce sont de vrais alliés pour se prémunir des problèmes de mémoire et de concentration. Mais il y a un truc qui m'échappe. Tu te rappelles les effets de la potion d'Aiguise-Méninges, sans en être là dans tes révisions ?

- C'est l'unique chose dont je me souviens à propos de cette potion.

- C'est déjà bien. Et tu avais le rôle de l'hydromel qui était un ingrédient de l'antidote aux poisons courants qu'on a fait le tout premier jour. Allez, place à la pratique ! Voilà la recette, déclara Pansy en tendant un autre parchemin à Ron.

Celui-ci s'en empara et le parcourut :

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Recette :

1) Remplir d'eau le chaudron aux trois quarts et faire chauffer à 50°

2) Incorporer 15 grammes d'épines de porc-épic

3) Ajouter 10 grammes de poudre brune

4) Remuer 6 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

5) Laisser bouillir 6 minutes à 55°

6) Incorporer 15 grammes de scarabées pilés

7) Verser 20 cl de bile de tatou

8) Remuer 6 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

9) Laisser bouillir pendant 7 minutes à 60°

10) Ajouter 10 grammes d'épines de porc-épic

11) Verser 20 cl de jus de bulbe de perce-neige

12) Remuer 7 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

13) Laisser bouillir pendant 6 minutes à 60°

14) Incorporer 10 grammes de poudre brune

15) Verser 15 cl d'hydromel

16) Remuer 6 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

17) Laisser bouillir pendant 5 minutes à 65°

18) Ajouter 10 cl de jus de bulbe de perce-neige

19) Remuer 8 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

20) Laisser bouillir pendant 10 minutes à 65°

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Il fut soulagé en constatant qu'il n'y avait que vingt étapes. C'était autant que dans les trois autres potions de quatrième année qu'il avait faites avec Pansy. Mais avant d'entamer la préparation de la potion, il y avait tout un tas d'étapes préliminaires à effectuer : doser les ingrédients, réserver un bol pour chaque étape, réduire en poudre les épines de porc-épic, faire sortir le jus de bulbe des perce-neige, piler les scarabées… En cours, à part pour les premières étapes, Ron avait tendance à faire tout cela pendant que la potion bouillait. Ce n'était pas un bon calcul, car le temps d'ébullition n'était pas suffisant pour tout ce qu'il y avait à faire. Il souffla un bon coup et lança :

- À nous les épines de porc-épic !

Obtenir de la poudre avec un ingrédient avait toujours été un casse-tête pour Ron. Mais depuis qu'il avait fait le philtre de confusion avec Pansy, cela n'avait plus de secret pour lui. À chaque fois qu'il était en peine avec un ingrédient, Pansy lui montrait comment faire. En cours de potions, pour faire de la poudre avec un ingrédient, Ron se servait des dents du couteau, puis du plat de la lame. Mais ce n'était guère satisfaisant. En réalité, il fallait moudre l'ingrédient avec un mortier, un pilon et un bol. Ce fut ce qu'il fit avec les épines. Mais le résultat fut loin d'être à la hauteur de ses espérances. Ce n'était pas de la poudre qu'il avait, mais de très petits fragments.

- Bah, pourquoi ça ne marche pas ? s'étonna-t-il.

- Parce que ton pilon est trop gros pour les épines qui sont fines de base. Tu as plein de modèles en ta possession. Il y en a forcément un qui sera adapté au diamètre des épines.

Ron suivit les directives de Pansy et examina les mortiers. Il choisit l'un des plus fins et le testa. Ce fut bien mieux qu'avec l'autre mortier. Il broya les épines jusqu'à en avoir vingt-cinq grammes.

- Maintenant, le jus de bulbe ! s'exclama Pansy.

- Youpi…

- Ça va aller, garantit Pansy d'un ton apaisant. Il y a quatre jours, tu galérais à réduire en poudre un ingrédient, et là, tu es un vrai pro ! Il en sera de même pour les bulbes de perce-neige. Et pour piler les scarabées… Tu veux l'avoir, ton Effort Exceptionnel ?

- Évidemment !

- Alors un peu d'entrain et de conviction !

- Un petit bisou, pour m'encourager ?

Pansy leva les yeux au ciel, mais son sourire trahissait son amusement. Elle accéda à la requête de Ron sans se faire prier et joignit ses lèvres à celles de Ron. Ce dernier oublia tout quand leurs lèvres se touchèrent et il dut s'efforcer de demeurer chaste dans le baiser. Mais lorsque la langue de Pansy vint titiller la sienne, il ne se retint plus et posa une main sur la nuque de Pansy, enfouit l'autre dans ses cheveux et approfondit le baiser. Pansy se serra contre lui et participa activement à cet échange amoureux. Ron aurait aimé prolonger à l'infini ce baiser, mais il se détacha à contrecoeur de Pansy pour ne pas être tenté d'aller plus loin.

- C'est cruel, ce que tu fais, commenta Pansy.

- On fera plus ce soir, si tu es partante, suggéra Ron.

- Tes parents voudront bien que je sois dans ta chambre après vingt-trois heures ?

- Nous sommes autorisés à partager la même chambre tous les soirs jusqu'à vingt-trois heures et on a le droit à trois nuits ensemble par semaine. Et pour l'instant, on n'a profité du couvre-feu qu'une fois, tellement on est épuisés avec les potions, et on n'a pas dormi une seule fois ensemble. Mais ça, c'est parce qu'on ne l'a jamais fait à Poudlard…

- Oui, on n'allait pas au-delà du couvre-feu… Et que ce soit seule ou accompagnée, je n'aurais pas été très à l'aise de dormir dans la salle sur demande. Et c'était là où on était le plus souvent. On était rarement dans ton dortoir.

- Et ici ? Tu serais plus à l'aise ?

- Oui… et non. Ce serait plus intime que ton dortoir ou la salle sur demande, mais tes parents vont sans doute être au courant et… ça me crispe un peu. Mais on a la permission, donc bon… On verra bien ce soir dans quel état d'esprit je serai.

- Bien, on fait comme ça. On en était où ? Ah oui, les bulbes de perce-neige… Bon, là, ça ne sert à rien que je le fasse par moi-même, je ne vais pas y arriver.

- Ok, ça nous évitera de perdre du temps. Je vais t'expliquer. Ça se fait avec la lame du couteau. Tu la presses contre le bulbe, le côté tranchant vers l'extérieur, tu tiens le manche, et tu frappes la lame d'un coup sec. Ensuite, on filtrera le jus.

Pansy fit la démonstration à Ron, puis ce fut à lui de s'y atteler. Les trois premiers essais ne furent pas très concluants, mais le quatrième fut bien meilleur. Ce fut cependant au bout du septième qu'il maîtrisa l'opération. Pansy jeta tous les cobayes à la poubelle, ce qu'elle faisait lors de toutes leurs séances. Cela intriguait Ron et il se décida à éclaircir le sujet :

- Mais pourquoi les jettes-tu tous à chaque fois, même ceux qui n'ont pas subi de dommages ? C'est du gâchis, ils pourraient aller dans la potion…

- Non, car ils sont périmés. Pour que tu puisses t'exercer sans rien gaspiller, j'ai acheté au rabais des ingrédients qui ne sont plus propres à la consommation. Ils ont encore une apparence et une texture saines, mais ils ne sont plus bons. Mais au lieu de les virer, les commerçants les conservent pour des élèves comme toi qui ont besoin de s'entraîner, ou pour des potionnistes qui ont des expériences ou des recherches à faire avancer avec ces ingrédients.

- Oooh, c'est une très bonne initiative… C'est pour ça que tu as prévu de plus larges quantités que ce que les potions requièrent pour chaque ingrédient ?

- Oui, et ça ne m'a pas coûté cher du tout, car quand je dis que c'est au rabais, ce n'est pas juste une réduction de vingt pour cent, c'est bien plus que ça. C'est soixante ou soixante-dix pour cent, si ce n'est plus.

- Ah ouais, c'est une belle aubaine…

- Oui, c'est le prix de l'utilité. Bon, trêve de bavardage, au boulot !

Ron s'exécuta et piocha une poignée de bulbes de perce-neige. Ceux-ci étaient frais, mais Ron ne fit pas la différence avec les précédents.

- Si tu avais devant toi des bulbes sains et des bulbes périmés mais à l'apparence intacte, est-ce que tu saurais les repérer ? questionna-t-il Pansy tout en s'affairant avec les bulbes.

- Non, ce n'est pas de mon niveau. C'est pour ça que le commerçant m'a fait deux sacs distincts. Il est obligé, de toute façon. Mais en vrai, ils ne sont pas vraiment périmés. Sinon, l'apothicaire serait dans l'illégalité en les vendant. C'est simplement qu'ils ne sont plus efficaces. Ça n'altérerait pas la potion en soi, mais elle aurait moins d'effets.

- Oh bah la prochaine fois que je raterai une potion en cours, je prétendrai que c'est de la faute des ingrédients !

Pansy éclata de rire.

- Ni le professeur Snape, ni le professeur Slughorn ne se feront berner !

- Pfff, tu aurais pu me dire «Mais tu ne rateras plus de potions, Ron»…

- Personne n'est infaillible, je suis moi-même susceptible de me tromper, bien que j'aie des facilités en potions. Et la difficulté des potions va monter de plusieurs crans cette année, il y aura au moins trente étapes et les cours ne dureront pas plus longtemps que les autres années…

- Oh là là, ça va être trop brusque pour moi… Je serai trop novice, j'aurai à peine commencé à me familiariser avec le monde des potions !

- Je te ferai des cours particuliers si on a un créneau régulier de libre dans la semaine.

- Ne sois pas trop optimiste, les heures de cours qu'on aura en moins grâce aux matières dont on se sera débarrassées vont être compensées par tous les devoirs qu'on va avoir et tous les cours que l'on devra relire tous les soirs tellement ils seront denses et compliqués… Et on aura les rondes ainsi que le Quidditch…

- Oui, mais on aura moins de devoirs en binôme, et donc moins d'heures de travail en binôme.

- Ah oui, j'avais oublié ce détail…

- Pas moi ! Mais on avisera après les premières semaines de cours.

Ron acquiesça et se recentra sur ses bulbes. Lorsqu'il eut les trente centilitres requis par la potion, il s'attaqua aux scarabées. Le but était de les piler, et ce qui rendait la tâche ardue pour Ron, c'était la texture des scarabées. Il parvint à en faire des morceaux, mais comme pour les épines de porc-épic, ils étaient trop gros. Pansy lui montra comment les broyer correctement, et après quinze minutes à se faire la main, Ron sut les émietter convenablement. Il en fit pour quinze grammes et les mit dans un bol. Il n'avait plus qu'à doser la bile de tatou, l'hydromel et la poudre brune. Une fois ceci fait, il lança un Tempus afin d'avoir l'heure. Il était quatorze heures. Il avait mis près d'une heure et demie à moudre les épines de porc-épic, libérer le jus des bulbes et piler les scarabées.

- Je suis lent, se lamenta-t-il.

- Mais non, c'est parce qu'il y a eu les entraînements avec les trois ingrédients, relativisa Pansy. Si tu refais cette potion demain, en une demie-heure, tout sera fait. Mais au moins, là, tout est prêt.

- Oui, c'est une bonne chose… Je n'aurai pas à faire tout ça entre deux étapes quand la potion est en train de bouillir… En cours, c'est ce que je faisais tout le temps. Et non seulement je faisais ça à la va-vite car la potion ne bout que cinq à dix minutes, mais en plus, je le faisais mal… Et ça avait des conséquences sur ma potion. Si j'avais des Piètre, des Désolant ou des Troll à mes échantillons, ce n'était pas tant parce que je me plantais dans les étapes, ce qui, en réalité, était rare, mais parce que mes ingrédients n'était pas de bonne qualité. Et dans une potion, ça a beaucoup d'impact… Et pour ce qui est des étapes, je faisais ce qu'il fallait, mais pas assez bien.

- Oui, c'est ce que j'ai remarqué lors des deux premières potions que tu as faites… Tu manquais de précision et tu étais trop négligent. Mais tu as corrigé ça dès les potions suivantes. Tu as fait de très gros progrès. Tu retiens ce que je dis d'une potion sur l'autre et tu appliques tous mes conseils… En quatre jours, je suis fière de ce que tu as accompli.

Ron rougit.

- Sans toi, je n'aurais pas fait tous ces progrès…

- Sans ta volonté non plus. Ni ta détermination.

- Tu me flattes trop…

- Parce que tu le mérites, insista Pansy.

- Je n'ai aucun mérite à triompher sur des potions de quatrième année…

- De là où tu partais, si. Et ce n'est pas que le fait de réussir ces potions. C'est aussi et surtout le fait que tu t'améliores, que tu fasses tout par toi-même, et qu'une fois que tu as acquis quelque chose, tu saches le refaire les jours d'après. Car il y en a qui, tel jour, vont avoir appris à hacher une plante, et qui, le lendemain, ne vont plus savoir le faire… Et de même pour les propriétés des ingrédients. Ça rentre par une oreille et ça ressort de l'autre… Toi, tu n'es pas comme ça. Et tu vas le prouver avec le ratconfortant. Mais pour l'heure, on est à la potion d'Aiguise-Méninges. À toi de jouer !

Ron hocha la tête et s'empara de sa baguette. Il remplit d'eau le chaudron avec le sort Aguamenti et la fit chauffer à cinquante degrés. Il versa quinze grammes de poudre de porc-épic, dix grammes de poudre brune et fit six tours dans le sens des aiguilles d'une montre. Il augmenta la température de l'eau de cinq degrés et la laissa bouillir. Il relut la recette et le stress menaça de l'envahir à la vue de tous les chiffres. Il allait devoir être très vigilant, entre le nombre de tours qui variait d'une étape à l'autre, le sens de rotation qui fluctuait, les doses qui n'étaient pas les mêmes, le temps d'ébullition qui allait de cinq à dix minutes… Avec tout ça, une confusion était vite arrivée. Mais Ron allait être très prudent. Six minutes plus tard, il vida le bol de scarabées ainsi que celui de bile de tatou dans le chaudron. Il remua six fois dans l'autre sens et fit chauffer la potion pendant sept minutes à soixante degrés. Il ajouta dix grammes d'épines de porc-épic et se saisit de l'un des deux bols de jus de bulbe de perce-neige. Mais il attrapa le mauvais bol, ce que lui signala Pansy :

- Ron, attention, c'est celui de dix centilitres… Pour cette étape, c'est vingt centilitres.

- Ah oui, oups…

Heureusement que Pansy était là ! Elle l'observait et le guidait lorsque c'était nécessaire, et là où il était sous pression quand c'était le professeur Snape qui était derrière lui, avec Pansy, il se sentait au contraire en confiance. Mais depuis que le professeur Snape s'était adouci, Ron était moins angoissé lors des cours de potions. Quoi qu'il en soit, cela demeurait plus agréable lorsque c'était Pansy qui le surveillait ! Après avoir transvasé les vingt centilitres de jus de bulbe, il fit sept tours dans le sens des aiguilles d'une montre et laissa bouillir la potion six minutes à soixante degrés. Puis il incorpora dix grammes de poudre brune et quinze centilitres d'hydromel. Il remua six fois dans le sens inverse et fit chauffer la potion cinq minutes à soixante-cinq degrés. «Plus que trois étapes» se dit-il pour se motiver. Il ajouta dix centilitres de bulbes de perce-neige, fit huit tours dans le même sens et sourit en voyant que la potion était de la bonne couleur. Au bout de dix minutes d'ébullition, il éteignit le feu. Il remplit une fiole de la mixture et l'étiqueta.

- C'est parfait, le félicita Pansy. Petite pause avant le ratconfortant ou on s'y met tout de suite ?

- Non, je préfère enchaîner.

- Bien. Voici la liste des ingrédients.

Ron prit le parchemin et le lut :

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Ingrédients :

- 15 grammes d'hippocampes volants

- 20 cl d'huile de ricin

- 15 cl de jus de Horglup

- 25 grammes d'ongles de griffon

- 20 cl de sang de salamandre

- 20 grammes de thorax de libellule

- 15 grammes de vers marins

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- Des hippocampes volants ? Des thorax de libellule ? Mais qu'est-ce que c'est que ça ?!

- Ce sont des ingrédients de l'engrais. C'est normal que ça ne te dise rien, c'est une potion que nous avons faite en première année. C'est même l'une des toutes premières. C'est vieux. Et comme on ne refait que le quart des potions de troisième, quatrième et cinquième année… Mais tu n'as pas croisé ces noms lors de tes révisions ?

- Ils étaient sûrement dans mes cours, mais j'ai dû lire en diagonale… C'est quoi, leurs propriétés ?

- Les hippocampes volants stimulent l'appétit, et les thorax de libellule, eux, stimulent l'activité de l'organisme.

- D'accord. Le jus de Horglup, ça, je m'en souviens, on l'a vu le premier jour avec l'insecticide ! Il tonifie. Et l'huile de ricin… Elle a plein de vertus médicales, elle est anti-inflammatoire, antivirale, antalgique, antibactérienne, et… euh…

- Digestive et laxative, elle nourrit et renforce les ongles, les cils, les sourcils et les cheveux, et pour ce qui est de la peau, elle l'hydrate, elle la purifie et elle la cicatrise, compléta Pansy.

- Oh là là, elle fait trop de choses à la fois…

- Oui, il y a des ingrédients qui sont très polyvalents.

- Trop, même…

- Parmi les douze propriétés de l'huile de ricin, tu en avais quatre, c'est pas mal pour quelqu'un qui galère avec ça, souligna Pansy. Mais c'est la douzième que je n'ai pas citée qui nous intéresse dans le ratconfortant.

- Ah oui ? Laquelle ?

- Eh bien, associée à d'autres ingrédients, l'huile de ricin redonne force et vigueur.

- Ah bah oui, très utile dans un tonique pour rat… Et dans le ratconfortant, quels sont les ingrédients auxquels elle s'associe pour avoir cette propriété ?

- Les ongles de griffon et le sang de salamandre qui ont les mêmes propriétés. Mais à un niveau un peu plus élevé pour les ongles de griffon. Et les vers marins, eux, contiennent des vitamines.

- Très utile également pour un tonique, commenta Ron.

- Tout à fait. Maintenant que nous sommes au point avec les ingrédients, tu vas te familiariser avec la recette.

Ron saisit l'énième parchemin que lui tendait Pansy. Il ne tarda pas à écarquiller les yeux :

- Vingt-deux étapes ?!

- Oui, c'est la plus longue de celles qu'on a faites en quatrième année. Mais il n'y a que deux étapes de plus par rapport à la potion d'Aiguise-Méninges…

- Oui, et il faut bien progresser… C'est comme la solution de force en cinquième année, qu'on a eue aux BUSE… Il y a vingt-huit étapes et le maximum qu'on avait eu avant cette potion, c'était vingt-quatre ou vingt-cinq étapes.

- Oui, vingt-cinq avec le philtre calmant. Mais dis-toi qu'en septième année, il y a des potions à plus de quarante étapes…

- Ouais, en cours approfondis, je parie ?

- Il y a de fortes chances, oui.

- Je n'y assisterai pas. Ni en sixième année, ni en septième année. Ce sera trop dur pour moi. C'est déjà un exploit si je peux suivre les cours normaux… Je m'en contenterai.

- Oui, rien ne t'oblige à aller aux cours approfondis… Il n'y a même pas d'examen. C'est pour les élèves dont la formation envisagée exige de très solides bases en potions, ou pour ceux qui aiment les potions et qui sont très doués.

- Tu es concernée par les deux cas, toi ?

- Oui, un Effort Exceptionnel à l'examen de potions des ASPIC est requis pour la formation que je vais intégrer. Et ce sera toujours un plus d'avoir appris un max de potions… Et ça appuie le dossier. Mais même si je n'avais pas eu besoin d'un ASPIC en potions, je serais allée aux cours approfondis. Bon, ce n'est pas tout de papoter, mais on a une potion à faire !

- Ah oui, c'est vrai…

Ron lut de nouveau la recette :

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1) Remplir d'eau le chaudron aux trois quarts et faire chauffer à 50°

2) Incorporer 15 grammes d'ongles de griffon

3) Ajouter 10 grammes de thorax de libellule

4) Remuer 6 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

5) Verser 15 cl de jus de Horglup

6) Remuer 4 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

7) Laisser bouillir pendant 7 minutes à 55°

8) Incorporer 15 grammes d'hippocampes volants

9) Verser 20 cl d'huile de ricin

10) Remuer 6 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

11) Ajouter 15 grammes de vers marins

12) Remuer 5 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

13) Laisser bouillir pendant 8 minutes à 60°

14) Incorporer 10 grammes d'ongles de griffon

15) Remuer 6 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

16) Verser 20 cl de sang de salamandre

17) Remuer 4 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

18) Laisser bouillir pendant 6 minutes à 65°

19) Ajouter 10 grammes de thorax de libellule

20) Verser 10 cl de jus de Horglup

21) Remuer 8 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

22) Laisser bouillir pendant 11 minutes à 65°

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- Allez, on y va ! Est-ce qu'il y a un truc à faire avec les hippocampes volants et les vers marins ?

- Les hippocampes, oui. Pas les vers marins.

- Et il y a quoi à faire avec les hippocampes ?

- À toi de deviner. Ou d'essayer de te rappeler ce que tu avais fait en cours quand on a étudié cette potion…

- Non, on ne va pas trop compter sur ma mémoire… Est-ce que ça existe, la poudre d'hippocampe ?

- Non, ce ne sera pas de la poudre ! C'est très simple, en fait.

- Des morceaux ?

- Oui, c'est ça. Sans la tête, car c'est le corps et la queue qui sont importants.

- Ça va être encore bien dégueu, cette histoire…

- C'est le côté le moins cool des potions, oui. Comme en cuisine !

- Ouais, avec les poissons, entre autres… Beurk. Les hippocampes me paraissent moins rebutants, tout à coup ! Et c'est ce que je vais faire en premier, d'ailleurs.

Ron s'empara d'un couteau et enleva la tête d'une dizaine d'hippocampes. Il les trancha ensuite et dosa régulièrement ce qu'il avait jusqu'à ce que la balance affiche quinze grammes.

- À nous les ongles de griffon ! On les réduit en poudre ?

- Exactement ! Ils sont plus épais que les épines de porc-épic, mais c'est la même technique. Tu ne devrais pas trop avoir de difficultés.

Cela rassura Ron. Il versa une petite quantité d'ongles de griffon dans le mortier et les écrasa avec le pilon. Comme l'avait dit Pansy, il n'eut aucune peine à réaliser cet exercice.

- Plus que les thorax de libellule ! En poudre aussi ?

- Oui. Mais il va te falloir un pilon plus fin, car les thorax de ces petites bêtes ne font même pas un millimètre de diamètre.

Ron choisit le plus fin des pilons et s'attaqua aux thorax de libellule. Ce fut plus long que les ongles de griffon mais il fut très à l'aise, et concentré sur sa tâche, il ne vit pas le temps filer. Lorsqu'il eut ses vingt grammes de cet ingrédient, il entama la préparation. Il fit de son mieux pour ne pas penser à Croûtard qui s'invitait dans son esprit à chaque fois que Pansy ou lui évoquaient le ratconfortant. Il était dans un coin de sa tête depuis le midi, lorsque sa mère les avait interrogés, Pansy et lui, sur les potions qu'ils allaient réviser. Il l'avait occulté tant qu'il était sur la potion d'Aiguise-Méninges, mais à présent qu'il était sur le ratconfortant, c'était plus compliqué. Il n'avait pas trop été hanté par son ancien rat quand il s'activait avec ses ingrédients, étant trop focalisé sur ce qu'il faisait. Mais là, c'était plus calme, notamment lorsque la potion chauffait. Et ce fut après la septième étape, où elle bouillonna pendant sept minutes, qu'il faillit faire des erreurs dues à sa distraction. Ce fut Pansy qui l'empêcha de les faire, sans faire de remarque, mais ses sourcils légèrement froncés parlaient pour elle, et Ron sut qu'elle allait chercher à lui tirer les vers du nez une fois qu'il aurait fini de concocter la potion. Grâce à elle, à la dernière étape, elle eut la couleur marron qu'elle était censée avoir. Sans elle, son ratconfortant aurait été plus que raté ! Il remplit une fiole, puis il vida son chaudron. Tandis qu'il rangeait les ingrédients, il se para mentalement pour les explications qu'il allait avoir avec sa petite-amie…

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POV Pansy

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Mais qu'est-ce que Ron pouvait-il bien avoir ? C'était la question que se posait Pansy alors que Ron mélangeait sa mixture. Si elle n'avait pas été là, il aurait confondu les hippocampes volants et les thorax de libellule, il aurait fait un tour de trop à la douzième étape, il aurait ajouté du jus de Horglup au lieu du sang de salamandre… Il était dissipé et cela intriguait Pansy, car en quatre jours de séances, c'était la première fois qu'il n'était pas très sérieux. Elle rattrapa toutes les fautes qu'il était sur le point de faire, et elle fut soulagée quand il fut à la vingt-deuxième étape. Il remit tous les ingrédients dont il ne s'était pas servis dans leur boîte, il fit un brin de nettoyage, et quand tout fut propre et en ordre, il s'assit sur son lit, montrant ainsi à Pansy qu'il était ouvert au dialogue. Elle le rejoignit et engagea elle-même la conversation :

- Il y a un truc qui ne va pas, n'est-ce pas ? Tu étais bizarre, quand tu faisais le ratconfortant.

- C'est parce que ça fait remonter des souvenirs… Et ils ne sont pas très agréables. Il y a trois ans, j'ai dû acheter du ratconfortant pour Croûtard. Il n'était pas au top de sa forme. Je croyais qu'il était malade, ou que c'était la vieillesse, mais ce n'était rien de tout ça. Il était juste terrifié par l'évasion de Sirius Black. C'est à cause de lui s'il a été envoyé à Azkaban, c'est Croûtard – enfin, Peter – qui a tué les douze moldus, c'est lui qui a trahi les Potter, et c'est Sirius Black qui a payé à sa place, lui qui était innocent… Croûtard se doutait bien que s'il s'était enfui d'Azkaban, c'était pour se venger, entre autres. C'est pour ça qu'il ne mangeait plus, qu'il maigrissait et que son pelage était de plus en plus terne. Mais lorsque je suis allé à la ménagerie pour me procurer du ratconfortant, je me suis fait attaquer par Pattenrond qui voulait capturer Croûtard, car lui avait aussitôt compris qu'il n'était pas un vrai rat. Mais pendant toute ma troisième année, j'ai cru que Pattenrond en avait après Croûtard simplement parce que c'était un rat et que ça réveillait en lui ses instincts de chasseur, les souris et les rats étant les victimes préférées des chats… Quand Pattenrond m'a sauté dessus à la ménagerie, Croûtard s'est donc carapaté, et Harry et moi sommes allés lui courir après. C'est durant ce laps de temps que Hermione a pris à la fois le ratconfortant et Pattenrond. J'ai administré le médicament à Croûtard tout au long de l'année, mais ça n'a pas fait effet. Un jour, en allant à mon dortoir pour lui faire avaler le produit, Croûtard avait disparu et il y avait une tache de sang sur les draps. Pour moi, c'était Pattenrond qui était derrière tout ça, et je me suis disputé à ce sujet-là avec Hermione. J'étais persuadé que Pattenrond faisait une fixette sur Croûtard parce qu'il représentait une proie pour lui. Ça m'a fait un choc quand, à la toute fin de l'année, j'ai su toute la vérité. En quelques minutes, j'ai découvert que mon rat n'était pas un vrai animal de compagnie, que c'était un Animagus, que c'était un assassin et qu'il avait trahi tous ses amis. Ça a été très violent.

Ron se tut sur ces mots. Pansy était un peu sonnée. Elle n'osait imaginer combien cela avait dû être douloureux pour son petit-ami…

- Comment as-tu fait pour gérer un tel choc ? demanda-t-elle doucement.

Ron haussa les épaules.

- J'ai fait comme tous nos camarades à l'époque : j'ai vécu avec mes traumatismes et tout ce que ça a engendré, comme si de rien n'était. Il y a trois ans, la santé mentale des élèves était loin d'être une préoccupation majeure dans la vie de l'école. Ce n'est que depuis ce qui s'est passé avec Harry cette année que les choses ont changé. Désormais, dès qu'un adulte s'aperçoit qu'un élève ne va pas bien, il lui est systématiquement proposé de consulter un psychomage, que ce soit le professeur Snape ou un psychomage de Sainte-Mangouste. Mais lorsqu'on était en troisième année, ce n'était pas du tout un automatisme. C'était même très rare. Et pourtant, au cours de nos cinq années à Poudlard, il y a plusieurs de nos camarades qui auraient dû être incités à se confier à un psychomage… En première année, Harry a fait face à l'assassin de ses parents et il l'a vu être réduit en cendres devant lui. À ce moment-là, il aurait déjà dû se faire suivre par un psychomage. En deuxième année, il a de nouveau fait face au meurtrier de ses parents, mais cette fois, par le biais d'une illusion via un journal. Il a dû combattre un Basilic et il a sauvé Ginny qui a été possédée toute l'année par Tom Jedusor. Elle a été dans une sorte de brouillard pendant dix mois et elle a commis d'atroces choses sous l'influence de Tom Jedusor. Au terme de cette année, Harry et Ginny auraient tous deux dû avoir une thérapie avec un psychomage. Mais comme l'année d'avant, rien n'a été fait. À la fin de la troisième année, c'est moi qui aurais dû voir un psychomage. L'année d'après, c'est Harry qui a été une fois de plus mis à rude épreuve. Il a été confronté à deux très gros chocs. Il a vu son ex petit-ami qu'il aimait toujours se faire tuer par l'assassin de ses parents, il a été lui-même torturé par lui, il a expérimenté les trois sortilèges impardonnables, il a finalement tué celui qui veut l'anéantir depuis qu'il est tout bébé, il a ramené à Poudlard le corps de son ex petit-ami, et encore une fois, personne n'a daigné lui proposer une aide psychologique. C'était pourtant indispensable. Il a été livré à lui-même, avec ses traumas, ses peurs, ses cauchemars, les scènes du cimetière qui le hantaient… Ce n'est pas normal. C'est son parrain, qui l'a récupéré détruit, qui a fait le nécessaire en l'emmenant chez une psychomage. Mais cela aurait dû être fait avant. Il s'est écoulé presque une semaine entre le jour de la troisième tâche et le jour où on est rentrés chez nous. Une semaine où Harry a eu le temps de tout refouler… Mais heureusement, cette année, les choses ont bien évolué, on a aujourd'hui un psychomage à Poudlard, et on va probablement en avoir une autre car les patients se font trop nombreux.

- Oui, ce serait la mère de l'élève de Poufsouffle de première année que Justin aidait en sortilèges.

- Oui, avec l'histoire du guet-apens… On n'a pas trop d'infos mais j'espère que cela se fera. Car un psychomage pour deux cent quatre-vingt élèves, même s'ils n'ont pas tous besoin d'une thérapie, ce n'est clairement pas suffisant.

Ron s'éventa soudain avec sa main.

- Qu'est-ce qu'il fait chaud, même avec la fenêtre ouverte…

- Ce sont les vapeurs des potions qui ont bouilli à soixante-cinq degrés qui font ça.

- Ouais bah au moins, lors des cours de potions, on n'avait pas ce problème de chaleur.

- À ton avis, pourquoi ont-ils lieu dans les cachots ?

- Parce que c'est l'endroit du château où il fait le plus froid ?

- Exactement. Même si on se plaint en hiver qu'il y fait froid quand on y met les pieds, après une ou deux heures la tête dans le chaudron, on occulte qu'il faisait moins dix degrés quand nous y étions entrés…

- Ça, c'est sûr ! Mais là, j'ai trop soif.

- Eh bien, allons à la cuisine, suggéra Pansy.

Ron et elle se levèrent et sortirent de la chambre pour descendre à la cuisine. Ils croisèrent la mère de Ron qui faisait le repas du soir.

- Vous avez terminé votre séance ? s'enquit-elle.

- Oui, on vient se désaltérer, il fait une de ces chaleurs !

- Oui, et faire deux potions coup sur coup, ça n'arrange pas les choses… Vous avez bien du courage.

- On n'a surtout pas le choix. Enfin, je n'ai surtout pas le choix, rectifia Ron. Si je veux avoir mon Effort Exceptionnel aux rattrapages…

- Même le fait que tu ailles aux rattrapages pour les potions, c'est du courage, signala Molly. Car ce n'est pas comme si tu n'avais que quelques lacunes à combler…

- Harry et Pansy y sont pour beaucoup. C'est Harry qui m'a incité à continuer les potions. Et quand j'en ai fait part à Pansy, au lieu de me dire que c'était n'importe quoi, elle m'a à son tour encouragé à tout faire pour conserver les potions…

Molly s'adressa à Pansy :

- Je te serai infiniment reconnaissante pour tout ce que tu fais pour Ron. C'était un exploit en soi de l'avoir convaincu d'aller aux rattrapages de potions, et tu en auras réalisé un autre si Ron décroche un Effort Exceptionnel lors de la seconde session… Tu lui as redonné confiance en lui et tu l'aides en sacrifiant pour cela tes premières semaines de vacances…

- Je le fais de bon coeur et avec plaisir, ce n'est pas un sacrifice pour moi, affirma Pansy.

- Et tu ne regretteras pas ? Même si je n'ai pas d'Effort Exceptionnel aux rattrapages ?

- Non, car ça t'aura permis de t'améliorer et de te prouver que tu n'es pas nul en potions. On n'aura rien perdu, bien au contraire.

- Voilà de sages paroles, approuva Molly.

Ron se tourna vers elle :

- Dis, est-ce que Pansy peut dormir dans ma chambre, cette nuit ?

- Oui, bien sûr. Je pensais que tu me ferais cette requête plus tôt…

- Si Pansy avait été avec moi l'une des nuits d'avant, nous aurions été trop fatigués pour bénéficier pleinement du fait d'être ensemble… Là, on a trouvé notre rythme, et ça va donc mieux.

- Oui, mais songez tout de même à faire une pause…

- C'est prévu. Comme je l'ai dit ce midi, on en fera une après-demain, ou demain si je traîne trop la patte.

- Bien. Pansy, j'aimerais avoir une petite discussion avec toi…

Pansy aurait été inquiète si le ton de Mrs Weasley n'avait pas été aussi doux.

- Bon bah… je vous laisse, annonça Ron.

- Ne t'en fais pas, Ron, j'aurai le même genre de discussion avec toi un peu plus tard.

- Ah… Si le but était de me rassurer, eh bah… c'est raté. Bon, à tout à l'heure.

Ron embrassa furtivement et tendrement Pansy et s'en alla. Molly fit voyager les légumes du plan de travail jusqu'à la table de la cuisine et s'y installa. Elle invita Pansy à s'asseoir, ce qu'elle fit.

- Puis-je faire quelque chose ? demanda-t-elle.

- Oui, tu peux éplucher les poireaux, c'est ce qu'il y a de moins pénible à faire.

Pansy prit un économe et s'attela à la tache qui lui avait été confiée par la mère de Ron. Elle aurait pu le faire avec un sort qui animait l'ustensile afin qu'il épluche les légumes tout seul, mais elle ne le connaissait pas. Et elle avait l'habitude, chez elle, de faire cela manuellement. C'était le type de sorts qu'il serait bon, selon elle, d'inclure dans le programme de sortilèges de sixième ou septième année, et c'était un avis partagé par le professeur Black qui ne s'en cachait pas le moins du monde. Pansy ne serait même pas étonnée qu'il parvienne à instaurer les sorts de cuisine dans le programme des ASPIC ! Pour lui, les sorts domestiques étaient l'affaire de tous, et c'était navrant que les élèves y soient initiés en autodidacte après Poudlard… Pansy en était là dans ses réflexions quand elle en fut tirée par la voix de Mrs Weasley :

- Comme je te l'ai dit, je désirais te parler. Je suis désolée d'aborder un sujet aussi intime, mais est-ce que tu es sous potion contraceptive ?

Dans d'autres circonstances, Pansy aurait lâché son économe. Mais même si elle ne s'attendait pas à cette question, cela ne la gênait pas spécialement d'avoir cette conversation avec Mrs Weasley. Ce qui l'embarrassait, en revanche, c'était la drôle de corrélation entre l'autorisation qu'elle avait eue, avec Ron, de dormir ensemble, et le fait de se faire interroger sur sa contraception… Mrs Weasley les soupçonnait-elle d'avoir l'intention de faire leur première fois ce soir-là ? Pourvu que non…

- Oui, depuis deux ans, mais pas pour son utilité de base…

- Oui, comme bon nombre de jeunes filles… Je souhaitais être fixée là-dessus au cas où Ron et toi auriez des rapports durant ton séjour. J'ai six fils, et je n'ai pas envie que ce soit le dernier, qui n'a que seize ans, qui me fasse grand-mère en premier… Il est trop jeune, il est encore à Poudlard, et ce serait un danger pour sa scolarité. Ce serait tellement du pur gâchis, lui qui a eu un regain d'intérêt inespéré pour ses études…

- Oui, j'en ai bien conscience… Mais vous n'avez pas à vous en faire, nous n'en sommes pas là du tout. Et nous n'y serons pas ce soir non plus, si c'était ce que vous craigniez.

- Oh, je ne crains rien, tant que vous êtes tous deux consentants, que vous vous protégez et que tout se fait dans le respect mutuel… Et que vous n'oubliez pas le sort d'insonorisation.

Ces derniers mots firent rougir Pansy.

- On sera vigilants, promit-elle.

- Je n'en doute pas. Tu as l'air d'être quelqu'un qui a la tête sur les épaules. Et Ron ne néglige pas ce qui est très sérieux. Maintenant que nous sommes au clair avec ça, je voudrais que tu éclaires un peu ma lanterne. Mais si c'est trop indiscret, n'hésite pas à me le dire.

- Bien. Je vous écoute.

- Ron et Ginny nous ont rapidement expliqué, à Arthur et à moi, comment s'était formé votre petit groupe d'amis. Mais comment cela s'est-il fait entre Ron et toi ?

- Oh… Ça s'est fait assez naturellement, mais notre premier baiser a été bien moins banal que notre histoire en général…

Pansy raconta à Mrs Weasley les conditions dans lesquelles Ron et elle s'étaient embrassés pour la première fois, dans un contexte de diversion alors qu'ils faisaient leur ronde. S'ensuivirent d'autres anecdotes qui firent le bonheur de Mrs Weasley, Ron n'étant pas très bavard sur les aventures qu'il vivait à Poudlard. Une fois les légumes débarrassés de leur peau et coupés en morceaux, Pansy resta avec Mrs Weasley pour la seconder dans la préparation du repas. Tout en s'activant, elle fit le récit des rondes les plus marquantes, des matchs de Quidditch les plus haletants, des fêtes qu'il y avait eu avec la bande… L'atmosphère était calme et chaleureuse, et elle perdura jusqu'au dîner et à la fin de celui-ci…

.

Après avoir mangé et s'être douchée, Pansy rejoignit Ron dans sa chambre. Comme elle, il était en short et tee-shirt, le pyjama idéal de l'été. Elle s'allongea à côté de Ron qui était penché sur ses cours.

- Tu révises souvent à cette heure-là ?

- Oui, la digestion du soir me met dans les bonnes dispositions.

- N'abuse tout de même pas trop… Si tu t'enfiles trop de cours, tu vas t'emmêler les pinceaux.

- Ne t'en fais pas, c'était juste pour patienter, vu que tu étais dans la salle de bain… Ce soir, je suis tout à toi.

Comme pour appuyer ses paroles, Ron posa ses parchemins sur la table de chevet et se tourna vers Pansy pour ravir ses lèvres. Pansy répondit avec ferveur à ce baiser et leurs langues ne tardèrent pas à se rencontrer et à se titiller. Ron surplomba Pansy et fit voyager ses mains sur le haut de son corps. Pansy ne se priva pas pour faire de même, mais elle alla plus loin en infiltrant ses doigts sous le tee-shirt de Ron. C'était bien mieux ainsi ! Elle apprécia comme à chaque fois la fermeté de son torse, sans qu'il ne soit trop musclé. La génétique avait fourni à Ron une bonne carrure, mais la pratique du Quidditch l'avait finement sculptée. Ron imita Pansy et faufila ses doigts sous son haut. Comme elle était en pyjama, elle n'avait pas de soutien-gorge, ce qui fut une aubaine pour Ron qui, jusque-là, avait toujours râlé en butant contre ce sous-vêtement encombrant. Mais cette fois-ci, il avait un total accès à la poitrine de Pansy, et s'il en fut un instant surpris, il en profita très vite en englobant délicatement les deux globes de chair. Il les malaxa doucement et fit durcir les deux petites pointes en les faisant rouler sous ses paumes. Pansy frissonna de plaisir et émit des sons qui furent étouffés par les lèvres de Ron sur les siennes. Elles les quittèrent cependant pour descendre dans son cou que Ron parsema de baisers, puis de plus en plus bas, jusqu'à ce que la bouche de Ron atteigne l'un des seins de Pansy. Il l'honora de ses lèvres tandis qu'une de ses mains s'occupait de son jumeau. Pansy gémit et cela provoqua en elle un sursaut de lucidité :

- Ron, est-ce que tu as insonorisé ta chambre ?

Ron redressa la tête.

- Non, j'ai complètement zappé…

Il s'empara de sa baguette et lança le sort.

- Voilà, tu es libre de faire tous les bruits que tu veux…

Pansy pouffa et poussa une légère exclamation quand son sein gauche fut capturé par la bouche de son petit-ami. Elle s'accrocha à ses cheveux qui étaient son seul point d'encrage pour ne pas perdre entièrement pied avec la réalité. Mais Ron ne lui facilita pas la tâche en agaçant son téton avec ses dents, tout en faisant de même avec l'autre entre ses doigts. Après avoir tourmenté les deux monts pendant plusieurs minutes, il inversa et ce fut le sein droit qui fut emprisonné dans la cavité buccale de Ron. Il lui fit subir les mêmes outrages et sa main gauche se chargea de l'autre sein en le titillant avec sa paume et ses doigts. Sa main droite, elle, se promena sur le corps de Pansy, alternant entre le ventre, les cuisses, les hanches… Pansy se consuma de désir et elle n'eut qu'une hâte : que Ron traite une partie bien plus centrale de son anatomie… Il dut le deviner car il abandonna ses seins et remonta ses lèvres vers les siennes pour l'entraîner dans un long et doux baiser. Lorsqu'il y mit fin, il planta ses prunelles marron dans celles de Pansy :

- Est-ce que tu es apte à ce que je te découvre dans ton plus simple appareil ?

Pansy hésita. Elle savait qu'ils franchiraient au moins un pas ce soir-là, mais en l'occurrence, celui-là n'était guère anodin… Elle était plus stressée à l'idée de se dénuder de la sorte devant Ron que le jour où il l'avait touchée entre les jambes pour la première fois… Ou le jour où elle avait eu le sexe de Ron en main pour la première fois… Mais même si cela l'intimidait énormément de se montrer dévêtue à cet endroit face à Ron, elle s'en sentait capable.

- Oui, mais… ça me fait un peu peur, avoua-t-elle.

- C'est normal, mais ça va aller, garantit Ron. Après, si tu es trop mal à l'aise, ce n'est pas grave, on réessaiera une autre fois… Ou alors je suis solidaire et j'enlève tout moi aussi !

Ce qui, pour Ron, était une vanne, sonna aux oreilles de Pansy comme une proposition à considérer. C'était une étape qu'elle appréhendait autant que cela l'attirait. «Et il n'y a pas de raison pour qu'il n'y ait que moi qui sois nue» se dit-elle. Mais était-ce le bon moment ? Était-elle prête à voir ce qui se dissimulait dans le short de Ron ? Sachant qu'il était probablement en érection ? C'était quelque chose qui effrayait de nombreuses filles qui, tout comme Pansy, n'avaient jamais vu le loup… Mais l'envie et la curiosité furent les plus fortes chez elle.

- Pourquoi pas ? On sera à égalité, comme ça, fit-elle remarquer.

Ron parut troublé.

- Mais… c'était pour rire…

- Je sais, mais ça me tente bien… Et ce n'est pas en conservant nos vêtements qu'on avancera ! On est pareil, toi et moi, on veut prendre notre temps, mais…

- Il y a des limites, acheva Ron avec humour.

- C'est ça, rigola Pansy.

- Bon, on va commencer par nos hauts…

- Oui, faisons les choses dans l'ordre, s'amusa Pansy.

Ron ôta son tee-shirt et fut vite imité par Pansy. C'était la première fois qu'elle dévoilait sa poitrine à Ron, mais cela ne la stressait pas tant que ça. En l'ayant eu trois ou quatre fois dans ses mains, il avait pu s'imaginer à quoi elle ressemblait, que ce fût la taille ou la forme. Pour elle, c'était comme s'il l'avait déjà vue… mais avec ses mains. Ce n'était néanmoins pas le cas, et ce fut pour cela qu'il contempla sans gêne ce qui s'offrait à ses yeux.

- J'y vais en premier, déclara Pansy.

Ron hocha la tête. Pansy inspira profondément, expira un bon coup, et se délesta de son short, puis de son sous-vêtement qu'elle jeta par terre. Elle fut persuadée d'être plus rouge qu'un souafle quand Ron détailla visuellement son corps de haut en bas.

- Tu es magnifique, souffla-t-il. Ne t'embête plus à t'habiller, tu es parfaite sans rien sur toi.

- Pfff, t'es bête, dit Pansy en riant.

Ron avait réussi à la dérider juste avec cette blague. C'était cela, parmi tant d'autres choses, qu'elle aimait chez Ron. Mais plus que cela, elle l'aimait tout court. Et d'une telle force…

- Bon, eh bien… c'est à moi, fit Ron. Est-ce que…

- Oui, vas-y, coupa Pansy. Avant que je ne change d'avis et que je me dégonfle…

- Ce serait ton droit, et il n'y aurait aucune honte à cela, signala Ron.

- Oui, mais je serais déçue et frustrée.

Ron n'insista pas et saisit les bords de son short. Le renflement qui était sur le devant indiquait qu'il était bel et bien en érection, due à tout ce qu'il avait fait une dizaine de minutes plus tôt. Il abaissa son short, révélant un membre qui pointait vers le haut. Pansy eut soudain très chaud. C'était très… intimidant. Et elle était censée accueillir ça en elle ? Elle n'était pas naïve, elle était bien consciente que la nature était bien faite et que, de par leurs corps, les hommes et les femmes étaient faits pour s'unir, mais à présent qu'elle avait les yeux rivés sur le sexe de son petit-ami, elle comprenait mieux pourquoi les premières fois étaient souvent douloureuses ! Mais il valait mieux ne pas songer à cela tout de suite.

- Bon, tu ne t'es pas enfuie en courant, c'est bien, plaisanta Ron.

Pansy leva les yeux au ciel.

- Ce serait un peu trop disproportionné, comme réaction… Est-ce que tu veux bien qu'on se soulage ensemble ?

- Oui, bien sûr, c'est plus agréable de le faire en même temps que l'un après l'autre…

Ron se mit de nouveau au-dessus de Pansy et l'embrassa tout en explorant de ses doigts sa poitrine, son ventre, ses hanches et ses cuisses. Pansy fit de même avec le torse de Ron et s'efforça de ne pas aller plus bas. Ils voulaient faire grimper l'excitation, et ce ne fut que lorsque le brasier devint trop brûlant en eux qu'ils se décidèrent à passer aux choses sérieuses. Les doigts de Ron cheminèrent du ventre de Pansy jusqu'à l'intérieur de ses cuisses, avant de dévier vers sa féminité. Ils la caressèrent et glissèrent rapidement entre les lèvres humides. Ron les fit aller d'avant en arrière, ce qui soutira un gémissement à Pansy qui dirigea à son tour sa main vers l'entre-jambe de son petit-ami. Elle la fit coulisser lentement le long du membre qui était plus dur que de la pierre.

- Aaaah Pansy…

Fière de son effet, Pansy entama de longs va-et-vient qui firent gémir Ron. Il en faisait autant avec elle, répétant les mêmes gestes avec ses doigts. Mais après plusieurs minutes à se contenter de cela, il vint taquiner de son pouce le clitoris de Pansy.

- Oh bon sang, Ron…

Pansy accéléra sans vraiment s'en apercevoir ses mouvements autour de la hampe de chair de Ron. Il fit de même, mais bien qu'étant doublement stimulée, Pansy n'était pas satisfaite. Il lui manquait quelque chose. Elle avait besoin de plus…

- Ron…

- Oui ?

- Tes doigts…

- Quoi ?

- Ils me font du bien, mais… je les veux en moi.

Ron s'interrompit dans tout ce qu'il faisait.

- Tu… tu es sûre ?

- Oui… S'il te plaît.

Ron ne se fit pas prier davantage et unit ses lèvres avec celles de Pansy tout en introduisant un doigt en elle avec toute la délicatesse du monde. Pansy était si lubrifiée avec sa cyprine que cela ne lui fit pas mal, mais la sensation fut étrange. En fait, elle sentait qu'il y avait un intrus en elle, mais c'était tout. Ron recula son doigt et le rengaina, arrachant un petit gémissement à Pansy. C'était bien plus plaisant avec le frottement. Mais ce n'était pas assez.

- Ron, mets-en un autre…

Cette fois, Ron ne lui fit pas l'affront de lui demander si elle était certaine de sa requête et inséra un second doigt à côté du premier. Même s'il fut très précautionneux, l'étirement fit crier Pansy qui se crispa et attrapa par réflexe le poignet de Ron pour stopper sa progression. L'inquiétude se lut dans ses yeux.

- Je t'ai fait mal ?

- Oui, mais ce n'est pas de ta faute. Rien n'était entré ici avant tes doigts, alors c'est un peu étroit… Mais je les veux toujours en moi.

Ron sourit et extirpa ses doigts de l'intimité de Pansy. Il les renfonça sur un ou deux centimètres et les retira. Il refit l'opération en allant un peu plus loin à chaque fois et il la réitéra jusqu'à ce qu'ils fussent entièrement en Pansy. Tout cela s'était fait sans la moindre douleur grâce à la douceur et à la patience de Ron. Cela demeurait déroutant d'avoir des doigts dans cette zone de son corps, mais elle appréciait le fait d'être remplie. Notant qu'elle était totalement détendue, Ron se mit à faire aller et venir ses doigts en elle. Le plaisir monta en flèche chez Pansy. C'était trop bon. Elle reprit en main le sexe de Ron et le masturba avec bien plus d'énergie que précédemment. De son autre main, elle malaxa les bourses pleines et elle se régala des sons qui émanèrent de la bouche de Ron. Il intensifia la cadence de ses doigts en elle et utilisa lui aussi sa deuxième main pour titiller le petit bourgeon de Pansy.

- Oh Merlin…

Ce fut tout ce qu'elle fut en mesure de dire. Elle était trop envahie par le plaisir pour aligner plus de mots et former une phrase à peu près cohérente. Et Ron ne l'aida pas en accentuant la vitesse de ses va-et-vient… Pansy se cala sur son rythme avec sa main qui s'activait avec vigueur sur le membre de Ron. Ils étaient tous deux proches de l'apogée. La bouche de Ron plongea dans le cou de Pansy et y aspira la peau dans l'un de ses endroits les plus érogènes. Pansy haleta fortement et agrippa les draps de l'une de ses mains, tandis que l'autre continua ses mouvements autour du sexe de Ron qui se firent de plus en plus vifs. Les doigts de Ron la pénétrèrent avec une folle intensité, et ceci ajouté aux sollicitations de son clitoris, elle ne tarda pas à se resserrer convulsivement autour des doigts de Ron, et il ne lui fallut que quelques minutes supplémentaires pour atteindre l'orgasme. Ron la suivit de près en se déversant dans sa main. Il retomba sur elle, mais elle en fut à peine incommodée et ne lui en tint donc pas rigueur. De bonnes minutes leur furent nécessaires pour récupérer leurs esprits. Une fois ceci fait, Ron les nettoya d'un coup de baguette et roula sur le côté, libérant Pansy de son poids. Il l'attira à lui et Pansy se blottit aussitôt contre lui. Ce fut ainsi qu'ils rejoignirent les bras de Morphée, dans une étreinte aussi protectrice qu'amoureuse…

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(mardi 09/07) POV Draco

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Le silence et le calme régnaient dans la chambre de Draco. Adossé contre la tête de son lit, il dessinait sur son carnet à croquis. À côté de lui, allongé, Harry lisait un livre. C'était typiquement le genre d'atmosphère qu'ils affectionnaient. Alors que Draco gommait pour la douzième fois l'un des tentacules de son Horglup, il perçut la respiration paisible et régulière de Harry. Il tourna la tête vers lui et vit qu'il s'était endormi. Il n'en fut guère surpris : Harry lui avait confié qu'il avait eu une nuit très agitée. Craignant de le réveiller en farfouillant dans sa boîte à crayons ou en pestant contre lui-même, ce qui lui arrivait fréquemment lorsqu'il griffonnait, il rangea son carnet dans le tiroir de sa table de chevet, se leva et sortit de sa chambre sans faire de bruit. Il descendit au salon, et constatant que Severus n'y était pas, il se rendit au laboratoire. Il toqua et entra quand il en eut la permission. Severus eut l'air interloqué en le voyant.

- Tu n'es pas avec Harry ?

- Non, il se repose. Il n'a pas très bien dormi, cette nuit, il a fait des cauchemars qui l'ont empêché de refermer l'oeil avant cinq heures du matin. Il ne se rappelait plus ce qu'il y avait dans ses rêves, mais ça n'avait aucun rapport avec Sirius. Ça ne générait pas le même type d'angoisse. Et il ne fait plus de rêves au sujet de Sirius.

- Oui, c'est ce qu'il m'a dit. C'est bien qu'il n'ait pas lutté contre sa fatigue. Cette sieste va lui faire du bien. Mais tu aurais pu rester avec lui…

- Il a le sommeil léger, un rien l'aurait fait sursauter. Et j'avais envie de brasser un peu ! Est-ce qu'il y a un chaudron disponible pour moi ?

- Oui, à ma droite.

- Cool ! Tu fais quoi, toi ?

- Du Poussos, des baumes, des potions anti-histaminiques et des potions de réhydratation.

Draco haussa les sourcils.

- Tu t'es réengagé auprès de Sainte-Mangouste ?

- Oui, je n'ai plus de cours à donner et à écrire, plus de copies à corriger, plus de potions à fournir à l'infirmerie…

- Et tu ne sautes pas sur l'occasion pour t'octroyer de vraies vacances ?

- Je ne fais pas que ça de mes journées non plus, je travaille quatre ou cinq heures par jour, pas plus. C'est comme si j'étais à moitié en vacances, et ça me va très bien. L'oisiveté ne me correspond pas.

- Oui, et tu aimes trop les potions pour en être éloigné trop longtemps…

- Exactement. Tout comme toi… Mais avant que tu ne t'attaques à une potion, j'ai quelque chose à t'annoncer.

- Tu vas te marier avec Tonks ?

Severus fit les gros yeux à Draco.

- Pourquoi est-ce la première chose qui te vient en tête ?!

- Bah, je n'en sais rien, ça aurait pu être ça…

- Eh bien non. Ça ne figure pas dans nos projets immédiats. Et j'espère que toi, tu n'en as pas pour début août, car du premier ou dix, on sera en Irlande.

Draco, qui était en train de sélectionner des ingrédients dans les bocaux, s'immobilisa. Avait-il bien entendu ? Il redressa lentement la tête.

- En Irlande ?

- Oui, tu sais, ce pays situé à l'ouest du Royaume-Uni…

Draco darda un regard noir sur Severus.

- Merci, je maîtrise ma géographie… Mais… pourquoi en Irlande ?

- Tu n'as pas une petite idée ?

- Si, mais… ça ne peut pas être ça…

- Et pourquoi pas ?

Les yeux de Draco se mirent à briller.

- Tu m'emmènes aux conférences des potionnistes ?

- Entre autres, oui. Car il n'y a pas que ça, c'est même minoritaire parmi tout ce qu'il va y avoir…

La joie explosa dans le coeur de Draco. Oubliant toute retenue, il se jeta dans les bras de Severus et le remercia un demi-million de fois.

- Eh bien, si ça ne te fait pas plaisir, tu fais bien semblant !

- Tu ne peux pas imaginer le bonheur que tu me fais ! Mais attends, tu as dit du premier au dix, donc on va être dix jours là-bas ?

- Oui, comme ça, on en profitera au maximum.

- Ça a dû te coûter une fortune…

- Ce n'est pas cela qui va me ruiner. Mes trente-six mille fonctions ont au moins l'avantage de bien garnir mon coffre… Je suis payé de toutes parts : pour mon métier de professeur, pour mon métier de potionniste, que ce soit pour l'infirmerie, pour Sainte-Mangouste, pour des pharmacies ou pour des boutiques de potions, et Dumbledore a insisté pour que je sois payé pour les séances de thérapie avec les élèves. De plus, quand on est professeur et directeur de maison, on a un meilleur salaire.

- Ah oui, vu sous cet angle, deux tickets pour dix jours de conférences, c'est rien… Mais malgré le fait que ton coffre soit rempli, tu as fait le choix de vivre simplement…

- Oui, mais sans me priver. En fait, je vis bien, mais sans faire d'excès.

- Tu as bien raison. Mais du coup, il y a quoi en plus des conférences ?

- Je ne vais pas tout avoir en mémoire, mais il y aura des visites de potionneries, des visites d'écoles de formation, des rencontres avec des potionnistes, qu'ils soient indépendants, employés d'usines, ou employés de potionneries humanitaires, des expositions de nouvelles potions, des après-midis et des soirées jeux autour des potions, ouverts à tous avec trois niveaux pour les enfants, les ados et les adultes… Il y aura, par exemple, des labyrinthes avec des énigmes dont il faudra avoir les solutions pour accéder au bon chemin, des ateliers d'expériences sans risques, des petits concours qui iront du dessin à la création de chansons avec des mots imposés issus du vocabulaire des potions… Et il y a le monde de la botanique qui va s'inviter, car l'un ne va pas sans l'autre… Comme pour le domaine des potions, il y aura des visites de serres de botanique pour se familiariser avec toutes les plantes, des rencontres avec des botanistes, des petits ateliers, des jeux… Le programme est très vaste. C'est pour ça que j'ai réservé dix jours, car une semaine, ça n'aurait pas été suffisant. J'ai informé Sainte-Mangouste, les commerces et les pharmacies que je réapprovisionne que je serai occupé du premier au dix août, mais je ne les lâche pas complètement. S'il y a une urgence, je rappliquerai. Mais sans toi. Car il est hors de question que ton séjour soit écourté à cause de mes activités professionnelles. Ça ne concerne que moi. Mais il est également hors de question que tu sois tout seul là-bas, livré à toi-même. C'est pourquoi Tonks sera prête à débarquer à tout moment si je suis réquisitionné. Elle s'arrangera avec ses chefs, tu n'as pas à t'en faire pour ça. Tout est fait pour que tu puisses t'amuser jusqu'au bout, sans avoir à te soucier d'éventuels imprévus.

L'émotion fut telle chez Draco qu'elle le laissa sans voix. Severus n'aurait pas pu lui faire plus beau cadeau. Et il avait veillé à ce que rien ne soit susceptible de tout gâcher… Il avait une chance inouïe d'avoir un parrain comme Severus. Il dut se racler la gorge afin de retrouver l'usage de la parole :

- Merci, c'est… je n'ai pas les mots. Nul ne serait assez fort pour exprimer toute ma gratitude… Tu me gâtes trop.

- Tu dis ça parce que c'était ton rêve d'y aller, mais pour moi, je suis loin de trop te gâter… Et bien que ça fasse des mois que j'aie tout réglé, c'est une façon de te féliciter pour tes excellents résultats aux BUSE.

Draco rougit. Severus était presque plus fier que lui de ses notes ! Il avait eu onze en histoire de la magie et en divination, treize en astronomie, seize en soins aux créatures magiques, seize et demi en métamorphose, dix-huit en botanique et en Défense Contre les Forces du Mal, dix-neuf en sortilèges et vingt en potions. Avec trois Optimal et un Effort Exceptionnel, il était largement admis en cours de botanique, de Défense Contre les Forces du Mal, de métamorphose et de potions, qui étaient les quatre matières non obligatoires qu'il avaient conservées. Avec le seize qu'il avait eu, Severus avait regretté que Draco se soit délesté des soins aux créatures magiques. Il l'avait fortement encouragé à inclure l'option dans la lettre qu'il enverrait d'ici peu au professeur McGonagall, où il lui ferait part des matières auxquelles il assisterait en sixième année. C'était elle qui se chargeait de faire les listes des futurs élèves de sixième année dans chaque matière, qu'elle agrémentait à chaque lettre qu'elle recevait, et qu'elle réécrirait au propre lorsqu'elle aurait les décisions définitives de tous les élèves. C'était ce qu'avait expliqué Severus à Draco.

- D'ailleurs, pour le cours de créatures… y as-tu réfléchi ?

Draco grimaça. Cela l'aurait étonné que Severus ne rebondisse pas dessus…

- Oui, mais… c'est très flou. Tu m'as bien dit qu'il n'y avait aucun pré-requis dans cette matière, ni aux BUSE, ni aux ASPIC ?

- Oui, mais je t'avais précisé que les cours étaient très intenses. En un an et demi, vous aurez étudié tout ce que vous aurez vu en trois ans à Poudlard. Et si tu optes pour le cursus accéléré, là, il y a des pré-requis exigés. Il ne dure que dix-huit mois et pour ce qui est des créatures, vous commencerez à partir du programme de sixième année. Mais même si tu suis le cursus classique, avoir continué les cours de créatures après les BUSE te permettra de tenir plus aisément le rythme jusqu'à la moitié de la deuxième année de formation. Et si ça peut te motiver, en sixième année, vous travaillerez, entre autres, sur les Chartiers, les Abraxans, les Augureys, les Diricos, les Horglups et les Musards, et en septième année, sur les Qilins, les Rémoras, les Sombrals, les Gronians, les Veaudelunes, les vivets dorés… Mais peut-être que tu t'en fiches.

- Tu rigoles ?! s'écria Draco. Sans être fan de créatures, n'importe qui serait d'accord pour dire que ce sont les plus passionnantes ! Surtout celles de la septième année… Mais c'est très orienté vers la formation de potionniste, non ? Quasiment toutes ces créatures sont sources d'ingrédients…

- Oui, ces deux années sont des sortes d'initiations à diverses formations, dont celle de potionniste, de vétérimage, de soigneur animalier, de dresseur animalier…

- De vétérimage ? répéta Draco, perplexe. Les personnes qui font ce métier sont amenées à soigner les créatures qu'on va traiter en sixième et septième année ?

- Oui, car au même titre que les Croups, les Fléreurs ou les boursouflets, les Chartiers, les Abraxans, les Augureys, les Qilins et les Gronians sont des créatures de compagnie. Et il y en a qui élèvent les Diricos, les Sombrals, les Veaudelunes et les vivets dorés, qui, tout comme les chiens, les chats, les Croups ou les Fléreurs, peuvent se blesser ou tomber malades et pousser les éleveurs à faire appel à un vétérimage. Et pour ce qui est des Horglups et des Musards, là, ce sont des créatures propres au domaine des potions. C'est pour ça qu'après Poudlard, il vaut mieux avoir la perspective d'intégrer une formation en lien plus ou moins direct avec les créatures pour poursuivre les cours de soins aux créatures magiques en sixième année. Sinon, ça ne sert pas à grand-chose et tu t'ennuies vite.

- Oui, c'est sûr… Je n'étais pas au courant qu'il y avait ces créatures au programme des ASPIC, et maintenant que je le suis, ça change tout… Je vais peser le pour et le contre quand je serai seul et au calme, mais il est très probable que je dise au professeur McGonagall que, tout compte fait, je vais garder les cours de créatures.

- C'est Hagrid qui va être content. Ça va lui faire un élève de plus.

- Oui, et je serai avec Blaise, Théo et Pansy. Et Daphné. Il ne va y avoir que des Serpentard ! Ou du moins, on sera très majoritaires…

- Oui, et ça va faire très bizarre à Hagrid ! Généralement, c'est l'inverse.

- Que veux-tu, nous ne sommes pas une promotion comme les autres, se vanta faussement Draco.

- Ah ça, je ne vais pas le nier…

Draco arqua un sourcil.

- Qu'est-ce que ça signifie, ça ?

- Oh mais rien. Juste que cette année, vous avez eu plus de problèmes que les six autres promotions réunies…

- Tu exagères, protesta Draco. Il n'y a eu que Harry avec son addiction aux potions de sommeil sans rêves, son sevrage, sa thérapie, sa convalescence, et le harcèlement qu'il a subi quand la relation de Sirius et Remus a été dévoilée au grand jour, Hermione avec sa fixette sur les dealers, Justin et Théo avec Milligan et Parker, Ernie et l'élève de Poufsouffle de première année qui ont été des victimes collatérales de cette histoire, Justin et Pansy avec leurs obsessions de leurs notes, Lisa Turpin avec sa grossesse…

Draco s'interrompit en s'apercevant que la liste s'éternisait. Il capitula :

- Oui, bon, l'année a été un peu chaotique dans notre promotion…

- Rien qu'un peu, ironisa Severus. Ce n'est pas comme si c'était dans cette promotion où j'ai eu le plus de patients…

- Oui bah on fait vivre Poudlard, se défendit Draco.

- Vous avez une bien drôle de manière de le faire ! Et je remarque que tu t'es oublié dans les cas que tu as cités… Il y a eu ton mal-être au début de l'année, il y a eu les tensions avec Harry, il y a eu ton écart de conduite quand tu t'es drogué suite à ta rupture avec ton premier petit-ami…

- Ah oui, j'ai pas mal contribué. Mais pas autant que Harry et Théo…

- Eux, ils sont hors course, se moqua gentiment Severus. Mais c'est aussi pour que tu puisses t'aérer la tête après l'année compliquée que tu as eue que je t'embarque avec moi en Irlande.

- J'avoue que ça va me faire du bien… Tiens, puisqu'on en reparle, est-ce qu'Andrew sera présent à toutes les conférences, ou est-ce qu'il n'en fera que quelques-unes ?

Andrew était à la fois un potionniste et le parrain de Pansy. Draco le connaissait bien car il était un ami très proche de Severus. Ils avaient été dans la même promotion à Poudlard, et par conséquent, dans la même promotion lors de leur formation de potionniste. C'était au cours de celle-ci que leur amitié était née. Ils avaient également fait des missions humanitaires ensemble, l'été, quand Severus n'était plus à Poudlard et qu'il n'avait pas Draco chez lui. Et c'était quand Draco était chez Severus qu'il avait côtoyé Andrew, qui rendait visite à Severus dès qu'il était libre. Quand Severus avait vu que Draco appréciait beaucoup son collègue et ami, il s'était arrangé pour l'accueillir à chaque fois qu'Andrew venait manger chez lui. Les repas s'étalaient alors jusqu'en milieu d'après-midi, tant les discussions allaient bon train. Bien entendu, elles avaient pour thème principal les potions, et ce que Draco préférait, c'étaient les anecdotes de Severus et d'Andrew, et en particulier sur leurs missions humanitaires qui avaient fait naître en lui le désir de faire comme eux. Il admirait énormément ces deux hommes qui étaient comme des modèles pour lui.

- Il participera à toutes les conférences, et il animera des jeux et des ateliers. On dînera deux ou trois fois avec lui s'il n'est pas trop fatigué et s'il est disponible.

- Chouette ! Ces dix jours vont être géniaux… Et on logera où ?

- À l'hôtel. C'est dans le package.

- Ah oui, tu as choisi la formule où il y a vraiment tout dedans…

- Oui, c'était mieux ainsi. Le prix paraît cher, au premier coup d'oeil, mais quand on se penche sur tout ce qu'il y a, on n'a plus la même vision. Et c'est plus économique que de payer séparément les activités annexes aux conférences, l'hôtel, les repas…

- Oui, et comme ça, tu n'as plus rien à débourser sur place ! Enfin, sauf quelques petits trucs par-ci par-là…

- Oui, ce sera difficile d'y échapper. Il y aura des matinées où il n'y aura rien, et je pense qu'on ne résistera pas à la tentation de se promener un peu partout…

- Évidemment ! Ce serait idiot de ne pas en profiter… En tout cas, merci encore pour tout ça, c'est un super cadeau que tu me fais… Bon, je vais m'attaquer à ma potion ! Que te faut-il que je suis en mesure de faire ?

- Mmmh… Des remèdes contre les furoncles et des philtres de paix.

- Ça marche !

Depuis l'été précédent, Draco aidait Severus en préparant des potions, des baumes, des philtres, des onguents et autres mixtures qui étaient de son niveau. Une fois prêtes, Severus les vérifiait, et quand elles n'étaient pas parfaites, il les ajustait. Un bon potionniste était capable de rattraper toute potion mal faite, en incorporant des ingrédients qui contraient les erreurs qui avaient été commises. Mais le plus souvent, Severus n'avait qu'à réparer de très légers défauts dans les potions que faisait Draco. Même s'il avait un don pour les potions et qu'il était l'un des élèves les plus doués de sa classe dans cette matière, il n'était pas potionniste et il n'était pas assez expérimenté pour que ses potions soient homologuées. Mais elles avançaient bien Severus dans son travail, car les analyser et les retoucher ne lui prenait qu'une dizaine de minutes, tandis que les faire lui-même lui nécessiterait une à deux heures. Draco était ravi de seconder son parrain, et c'était l'occasion idéale pour lui de s'exercer. De plus, il adorait l'atmosphère qu'il y avait quand il brassait des potions avec Severus. Dans le silence et la concentration, ils étaient unis par ce qui était un loisir pour Draco, et qui, à l'instar de Severus, serait plus tard une profession à laquelle Draco allait être plus qu'heureux de se livrer…

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Vers seize heures, Draco regagna sa chambre. Severus l'avait chargé de réveiller Harry afin qu'il ne peine pas à dormir le soir-même. Draco le rejoignit sur le lit et le secoua doucement. Harry ouvrit les yeux qu'il plissa, gêné par la lumière du soleil.

- Debout, petite marmotte, le taquina Draco.

- Mais j'étais bien, moi… Il est quelle heure ?

- Un peu plus de seize heures.

- Oh, j'ai le temps de refaire dodo jusqu'au dîner…

- Non, non, non, ce n'est pas ce qu'a dit Severus…

- M'en fiche, m'expliquerai avec lui ce soir…

Harry bascula sur le côté, visiblement bien décidé à poursuivre sa sieste. Mais Draco n'allait pas le lâcher comme ça ! Et il avait un plan bien précis pour faire renoncer Harry au sien… Il l'embrassa dans le cou et lui chatouilla la côte qui lui était accessible.

- Non, Draco, pas ça…

- Tu quittes ton cher ami Morphée et j'arrête, promit Draco.

Harry grogna et se remit sur le dos.

- Tu n'es qu'un vil Serpentard, bouda-t-il.

- Hé, je n'y suis pour rien, c'est Severus qui m'a missionné de te tirer du lit !

- Oui bah je vais me plaindre à lui que tu utilises d'horribles méthodes pour ça !

- Tu qualifies mes bisous d'horribles ?

- Tes bisous, non. Tes chatouilles, oui.

- Ce n'est pas avec des bisous que j'allais arriver à quelque chose…

- Non, mais si tu m'avais fait plus que des bisous…

- Je ne serais pas allé plus loin en ignorant si tu étais consentant, indiqua Draco.

- Eh bien considère que je l'étais. Et que je le suis toujours.

- Mais… il y a cinq minutes, tu voulais refaire un somme !

- Ce n'est pas de ma faute si je suis réceptif à tes baisers… Mais si tu n'es pas chaud, il n'y a pas de soucis.

- Oh mais si, je le suis ! Et je vais te le prouver…

Draco repartit à l'assaut du cou de Harry. Ses mains, elles, se glissèrent sous le tee-shirt de son petit brun. Harry ne fut pas inactif bien longtemps et imita Draco en infiltrant ses doigts sous son haut.

- Ils sont un peu encombrants, non ? jugea Draco.

- Un peu, oui… On serait mieux sans.

Draco, qui était tout à fait de cet avis, ôta son tee-shirt. Harry fit de même et tous deux purent faire voyager leurs mains sur le torse de l'autre. Leurs lèvres s'unirent et la langue de Draco vint titiller celle de Harry, qui ne se laissa pas faire. Chacune chercha à avoir la domination, faisant grimper la température entre les deux corps. Harry et Draco furent bientôt à l'étroit et leurs pantalons subirent le même sort que leurs tee-shirts. Bien conscient que son Gryffondor chéri était en érection comme lui, Draco abaissa vicieusement son bassin vers celui de Harry.

- Aaaah, Draco…

- Oui ?

- Refais ça…

Draco obéit et ondula contre Harry. Deux gémissements identiques emplirent la pièce.

- Draco, le sort d'insonorisation…

- Ah oui, zut…

Draco s'empara de sa baguette et lança le sort. Heureusement que Harry était là ! Désormais libres de faire tout le bruit qu'ils souhaitaient sans craindre de déranger Severus, ils créèrent davantage de frictions entre leurs membres, ce qui fit monter crescendo l'excitation en eux. Ayant peur qu'ils ne jouissent comme ça, sans contact direct, Draco cessa à contrecoeur de se mouvoir.

- On serait plus à l'aise sans nos caleçons, tu ne crois pas ?

- Oh si…

Il n'en fallut pas plus pour que Draco enlève son sous-vêtement. Il en fit autant avec celui de Harry et ils crièrent à l'unisson lorsque leurs membres se rencontrèrent de nouveau, mais sans barrière de tissu. Harry rejeta la tête en arrière, offrant une image qui captiva Draco. Il était si beau, les cheveux en bataille, les lèvres et les joues rouges, les pupilles dilatées par le désir, le corps nu et abandonné au sien… Il suintait la luxure, mais sans être obscène ou indécent. Il était trop innocent pour cela. Il était, aux yeux de Draco, la perfection incarnée. Et il aurait pu le contempler pendant des heures et des heures. Il l'aimait tellement… Il eut soudain le besoin de le lui faire sentir. Et ce fut ce qu'il fit. Tout en se mouvant lentement, il ravit les lèvres de Harry et l'entraîna dans un baiser dans lequel il lui transmit tout l'amour qu'il lui portait. Harry soupira dans sa bouche et lui rendit son baiser en lui caressant le dos. Ils demeurèrent un long moment ainsi, à s'embrasser et à bouger lascivement l'un contre l'autre. Mais s'ils avaient envie de faire durer les choses, leurs corps finirent par les rappeler à l'ordre, leurs sexes gonflés à bloc les suppliant pour que l'on s'occupe d'eux. Draco remua donc avec bien plus de vigueur, et Harry envoya régulièrement son bassin vers le sien, accentuant l'effet des frictions entre leurs membres. Les cris avaient remplacé les gémissements et leurs respirations se faisaient de plus en plus laborieuses. Mais au bout de quelques minutes, ce ne fut plus assez pour eux, ce qui amena Draco à empoigner les hanches de Harry et à les soulever. Il bénéficia d'une bien meilleure amplitude qui lui permit de se propulser en avant avec plus d'énergie. Il était au bord de l'implosion, et Harry les y précipita en enroulant une de ses mains autour de leurs sexes. Il appliqua derechef des va-et-vient rapides qui les rapprochèrent dangereusement de l'orgasme. Draco reposa les hanches de Harry sur le matelas et mut les siennes avec force, faisant coulisser avec ardeur son érection contre celle de Harry. Il étouffa leurs cris en reprenant possession des lèvres tentatrices de Harry qui les masturba de plus en plus vite. Draco accéléra la cadence de ses coups de rein, et dans le but d'octroyer un maximum de plaisir à Harry, il dirigea ses doigts vers ses fesses, et ne pouvant les lubrifier, il ne fit pénétrer que la pulpe de l'un d'entre eux dans l'anneau de chair serré de Harry. Ce dernier cria dans le baiser qu'ils partageaient et jouit en poussant brutalement son bassin contre celui de Draco, qui se libéra à son tour sous la brusque friction que généra le geste de Harry. Épuisé et terrassé par son orgasme, Draco retomba sur Harry qui ne réagit pas, trop plongé dans les limbes de sa propre jouissance. Lorsqu'il eut retrouvé son souffle et ses esprits après plus de cinq minutes, Draco les nettoya, Harry et lui, d'un coup de baguette. Il repêcha leurs vêtements et tendit les siens à Harry, qui s'était remis lui aussi de leurs ébats. Ils se rhabillèrent, et comme il n'était que dix-sept heures, ils s'allongèrent et optèrent pour une petite sieste récupératrice, Harry blotti dans les bras de Draco. Finalement, c'était Harry qui avait gagné, mais Draco n'en avait cure. Il était lessivé et rien ne lui ferait plus de bien qu'un bon petit roupillon. Et rien de mieux pour cela que de le piquer avec l'être qu'il aimait par-dessus tout…

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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! C'était un chapitre plein de potions et d'amour XD Dans le prochain, il y aura des petites tensions familiales, une conférence avec Terry et Roger Curtis, une discussion entre Graham et Adrian, et si le chapitre n'est pas trop long, il y aura aussi l'ouverture de la boutique des jumeaux Weasley ! Sinon, ce sera dans le suivant XD Je ne mets donc pas de titre, puisqu'à chaque fois, il change, mais je vous donne rendez-vous le dimanche 16 juillet pour le prochain chapitre de SAMLD ! D'ici là, passez trois bonnes semaines, portez-vous bien, profitez des vacances si vous en avez, courage à tous ceux qui travaillent, je vous embrasse tous, et plein de bisous tout le monde !