Bonjour à toutes et à tous ! J'espère que vous allez tous bien =D On se retrouve aujourd'hui pour le huitième chapitre de SAMLD !

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Sarah MAES : Ravie que la découverte de la famille de Graham et d'Olivier t'ait plu ! On va voir ces deux personnages plus souvent dans ce tome (surtout Graham), cela me semblait donc légitime de faire un petit topo sur ces deux familles =)

Quand on prend quelques minutes pour faire plus ample connaissance, on s'aperçoit qu'il y a plein de gens avec qui on est susceptible de bien s'entendre XD Il faut juste le prendre, ce temps XD

L'histoire des ex aurait pu être un peu plus simple s'il n'y en avait pas eu autant en même temps XD

J'espère que la seconde partie de l'inauguration te plaira autant, sinon plus, que la première !

tyffaine bally : Si seulement on pouvait avoir cette boutique en vrai ! Et pas juste une réplique, bien que ça puisse être très ressemblant… Mais ça fait travailler l'imagination XD

Non, tu n'es pas du tout méchante, je te rassure XD Fred le mériterait clairement ! Il a de la chance que George soit là pour lui remettre les idées en place, mais il ne va pas pouvoir toujours sauver les meubles… Mais si ça peut te soulager, l'été ne va pas être facile pour Fred XD

Je n'aurais pas le coeur à faire du mal au couple Olivier/George, leur amour est trop pur pour ça *-* Je suis contente que tu l'apprécies toujours autant !

C'est vrai que depuis le début du tome, on a déjà eu pas mal de POV Terry XD Il y en a limite plus en 7 chapitres qu'en 91 dans le premier tome XD Bon, j'abuse, mais ce qui est sûr, c'est qu'à la fin de ce tome, on aura plus de POV Terry que dans le premier !

Pour ce qui est de Graham et de Dean, ne t'en fais pas, leur relation va rester saine :) Ils vont juste prendre du bon temps ensemble ! Mais je comprends ton point de vue, et on va en apprendre un peu plus sur ce qui pousse Dean à avoir une vie sexuelle aussi débridée…

Heureuse que tu aies aimé l'histoire de la fratrie de Graham, même si elle est assez triste… Ce sont les conséquences du choix des Montague de s'être rangés du côté du bien…

J'espère que la suite de l'histoire continuera à te plaire ! =)

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Merci à vous deux pour vos reviews, elles m'ont fait extrêmement plaisir ! Et merci à tous ceux qui sont toujours au rendez-vous et qui followent la fic ! Oui, «followent», du verbe «follower», qui n'a jamais existé, mais qui gagnerait à l'être en français XD

Je vous laisse avec la suite de la journée d'inauguration, et je vous souhaite une agréable lecture !

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8 – L'inauguration (2e partie)

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(vendredi 12/07) POV Blaise

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Ayant eu son stage de huit heures à midi le matin, Blaise arriva à midi et demi à la boutique des Weasley. Il s'était directement rendu au Chaudron Baveur via la cheminée de Sainte-Mangouste pour accéder au Chemin de Traverse, sans faire un saut chez lui pour manger, afin de ne pas perdre de temps et de profiter le plus possible de cette journée. Et il constata qu'il avait bien fait en voyant le magnifique buffet qui avait été dressé dans la boutique. Il opta pour un sandwich au bacon et un verre de jus de citrouille, et tout en entamant son repas, il scruta la foule à la recherche de ses amis ou de Ginny. Il vit Harry, Ron, Pansy, Terry et Ginny au stand des boîtes à flemme, mais la densité de la foule le dissuada d'aller vers eux. De toute façon, il aurait eu bien du mal, avec le monde qu'il y avait ! À moins de marcher sur les pieds de tous les visiteurs, mais cela ne serait pas très courtois. Il se résigna à attendre la fin de l'activité, mais alors qu'il l'observait de loin, Ginny tourna la tête et l'aperçut. La joie se lut sur ses traits, et après s'être excusée auprès des quatre autres membres de la bande, elle se fraya un passage parmi la cinquantaine de spectateurs, et courut presque vers Blaise. Elle se jeta dans ses bras et elle l'embrassa avec tant d'amour et de passion que l'oxygène vint vite à leur manquer. Ils rompirent le baiser à contrecoeur, mais leurs visages demeurèrent si proches que Blaise aurait pu se noyer dans les lacs noisette qui le fixaient.

- Je suis si heureuse que tu sois là, murmura Ginny.

- Je n'avais que de bonnes raisons de venir, et tu étais tout en haut de la liste…

- Oh, c'est mignon… Tu as du bol de ne pas avoir eu ton stage toute la journée !

- Tu ne crois pas si bien dire ! Car à la base, aujourd'hui, j'étais à Sainte-Mangouste de neuf heures à dix-sept heures, mais il y a eu une permutation entre deux services que j'ai à explorer. Du onze au treize, j'étais censé découvrir la pédiatrimagie, mais il y a eu des opérations non prévues qui se sont greffées dans le planning du chef de service, qui, du coup, ne pouvait plus s'occuper de moi, vu que je n'ai pas le droit d'assister aux opérations. Il n'en avait pas moins de quatre à superviser par jour, avec en plus de cela les visites qu'il a à effectuer auprès de ses jeunes patients. Il a dû se délester de plusieurs d'entre elles et les confier à deux de ses collègues. Je n'aurais pu faire que deux heures de visites avec lui en toute fin d'après-midi, ce qui n'aurait pas été très productif. Mon maître de stage a donc interverti le service de pédiatrimagie et le service de kinémagie dans mon calendrier, ce qui a engendré une modification de mes horaires.

- Ce qui t'arrangeait bien pour ce jour-là, commenta Ginny.

- Ah ça, je ne vais pas m'en plaindre, c'est sûr ! C'est bien la seule fois où je suis content de ne faire qu'une matinée de stage… Mais j'aurais été prêt à faire des journées de dix heures tout le reste de la semaine ainsi que la semaine prochaine pour avoir cette demi-journée de libre. C'est cool d'avoir un stage, mais c'est galère d'avoir des trucs à planifier à côté…

- C'est clair ! Moi au moins, je n'ai pas ce problème. Mais j'aurais pu, car j'aurais bien aimé bosser cet été. Mais pour maximiser mes chances de faire en sorte que ma mère consente à ce que j'assume à la fois mon poste de préfète et mon poste de co-capitaine, il valait mieux que je renonce à la quête d'un job, car elle m'aurait asséné que je n'allais pas être suffisamment reposée pour affronter toutes les responsabilités que je vais avoir… Déjà qu'elle est réticente pour l'instant… Et puis, même sans ça, un job aurait mis à mal un projet que j'ai pour la rentrée…

- Ouh là, trop d'informations d'un coup… Si j'ai bien saisi, tu lui as dit que tu allais être préfète et co-capitaine ?

- Oui.

- Et ça ne lui a pas trop plu ?

- Oh non…

Ginny fit part à Blaise des arguments qu'avait utilisés sa mère pour tenter de la dissuader d'honorer ses deux futures fonctions.

- Mmmh, je me doute que tu sois frustrée, mais c'est normal qu'elle ait réagi ainsi… Elle t'aime et elle s'inquiète pour toi. Pour une mère, la première des priorités pour ses enfants, c'est qu'ils soient en bonne santé et qu'ils réussissent leurs études. Et là, pour elle, cumuler le rôle de préfète et de co-capitaine serait un danger pour ces deux priorités… Bien sûr, tu es parfaitement capable de jongler entre ces deux rôles sans que ça n'ait d'impact sur tes notes et sur ta santé, mais à l'heure actuelle, pour ta mère, ce n'est pas concevable. Et c'est à toi de la persuader du contraire. Mais je ne me fais pas de soucis pour ça. C'est un défi que tu es largement en mesure de relever.

Ginny sourit.

- Merci… Je ne vais pas m'avouer vaincue aussi facilement, de toute façon. Et même si, à la fin de l'été, ma mère sera toujours réfractaire, je ne me désisterai pas d'un de mes deux postes. Je n'ai pas besoin de son autorisation, mais bien que je sois déterminée à aller au bout de mes ambitions, je ne serais pas totalement à l'aise de le faire, car j'aurais l'impression de désobéir à ma mère… Mais ça ira mieux quand elle verra que ça n'aura pas de répercussions sur mes résultats.

- Exactement ! Mais ça n'a pas trop jeté un froid, entre vous ?

- Non, car la discussion a dévié vers mes frères, et je l'ai alimentée en demandant si Percy viendrait au Terrier pendant les vacances. Et j'en profite pour te l'annoncer : quand tu seras là, il se peut qu'il y ait les trois aînés de la famille. Ce sera l'occasion pour toi de faire leur connaissance…

- Oh… J'ai une montée de stress, là, plaisanta Blaise.

- Tu n'as pas à t'en faire, ils ne sont pas méchants ! Percy est juste obnubilé par son travail, mais il n'y a pas de quoi avoir peur de lui pour ça ! Et ne te fie pas au physique. Charlie a beau avoir plein de cicatrices dues à son métier, il n'y a pas plus gentil que lui ! Et Bill est très cool. Mais il n'y aura pas qu'eux, car Bill sera avec sa petite-amie. C'est celle qui était championne de Beauxbâtons lors du tournoi des trois sorciers.

- Fleur Delacour ?

- C'est ça. Il va la présenter officiellement.

- Oooh, c'est donc sérieux, entre eux ?

- Oui, et à mon avis, il y aurait bien du mariage dans l'air…

- Ça va faire bizarre à tes parents ! Car ce sera leur premier enfant qui se mariera, non ?

- Oui, et c'est plus pour ma mère que pour mon père que ça va être un choc ! Mais elle va être ravie. Enfin, à condition que Fleur soit mieux acceptée qu'Olivier…

- Ce ne sera pas le même contexte, relativisa Blaise. Ce qui a tout gâché, c'est le fait que ta mère ait essayé de le rallier à sa cause pour qu'il convainque George de faire une formation après Poudlard. Sans cela, elle ne l'aurait pas attaqué sur sa propre activité professionnelle…

- C'est vrai… Mais Fleur est une Vélane, son charme fait des ravages auprès de tous les garçons, et je crains que ça ne crée de la méfiance chez ma mère…

- Si elle est avec Bill alors qu'elle pourrait avoir tous les mecs à ses pieds et se contenter de n'avoir que des aventures d'un soir, ce n'est pas pour rien. C'est qu'elle l'aime.

- Oui, et c'est sûrement ce que va se dire ma mère… Même si elle est constamment sur ses gardes, elle n'est pas du genre à juger gratuitement les gens…

- Bon, elle ne devrait pas le faire avec la copine de ton frère… Mais est-ce que Bill, Charlie et Percy sont au courant que les jumeaux sont fâchés avec vos parents ?

- Je ne pense pas, à moins que les jumeaux ne les aient avertis par lettre… Mais ça m'étonnerait.

- Et s'ils ne l'ont pas fait, et que l'un de tes frères suggère de les inviter à déjeuner ou à dîner durant leur séjour ?

- Mes parents vont prétendre qu'ils n'ont pas le temps avec la boutique, ou un truc comme ça.

- Oh, ce serait une bonne parade. Ce ne serait pas vraiment un mensonge, et ça leur éviterait d'avoir à dire la vérité… Bon, parlons d'autre chose ! Tout à l'heure, tu as évoqué un projet que tu avais et dont la réalisation aurait été compromise si tu avais eu un job… Quel est ce projet ? Il ne me semble pas que tu y aies fait allusion dans tes lettres…

- Non, je m'imaginais mal aborder ça par écrit. En fait, je souhaiterais abandonner la divination en septembre et remplacer cette option par les runes… Ça fait un an que je rattrape mon retard en lisant les cours de Luna, et d'ici la mi-août, je serai à jour, ou avant s'il y a des jours où j'avance plus vite. J'y consacre la moitié de mes journées, c'est pour ça que ça n'aurait pas été très pratique pour moi d'avoir un job…

- Oui, ça t'aurait ralentie… Quoi qu'il en soit, tu as bien du courage ! Personnellement, j'aurais trop la fainéantise de récupérer deux ans de cours… Je me résignerais comme la plupart des élèves à me coltiner l'option qui me gonfle jusqu'aux BUSE…

Ginny parut surprise, ce qui intrigua Blaise :

- Ben quoi ?

- Non, rien, c'est juste que… je m'attendais à ce que tu me dises que c'est de la folie…

- Parce que tu as déjà une année chargée en perspective, avec les cours, les devoirs solo, sur table, et en binôme, les BUSE, les entraînements et les matchs de Quidditch, tes obligations de préfète et de co-capitaine, et qu'en plus de cela, en commençant les runes en cinquième année, tu vas avoir plus d'efforts à faire que dans les autres cours pour suivre le rythme ? Certes, tu aurais pu t'épargner ce surplus de stress et de boulot, mais ça ne va être compliqué que lors des premières semaines, et tu es quelqu'un d'organisé, ce qui va pas mal t'aider. Et puis c'est mieux de te lancer dans une option qui te plaît plutôt que de continuer une option qui ne t'intéresse pas du tout… De plus, à mes yeux, les runes sont bien plus utiles que la divination… Tu ignores quelle formation tu feras après ta carrière de Quidditch, mais il est bien plus probable que les runes te soient nécessaires que la divination !

- Ce n'est pas faux, pouffa Ginny. En tout cas, merci, ça me touche que tu me soutiennes comme ça, et que tu crois autant en moi…

- C'est naturel, pour moi. Mais ce qui est sûr, c'est que tu ne vas pas t'ennuyer, cet été !

- Oh non ! J'ai de quoi faire. Car je ne fais pas que ça. En-dehors de la lecture des cours de Luna, je fais du footing, je dégnome le jardin, je joue avec Magni, le chat de Pansy, je prépare les repas avec ma mère… Mon père dit que je suis une vraie pile électrique !

- C'est une expression moldue, ça, non ?

- Oui, il est fan des moldus, et c'est bien pour ça, entre autres, qu'il a été un temps affecté au service de détournement de l'artisanat moldu… Ce monde n'aura bientôt plus de secrets pour lui ! Bon, et toi ? Tes vacances ? Es-tu satisfait de ton stage ? Tu m'en as touché quelques mots dans tes lettres, mais pas assez pour assouvir ma curiosité…

- Oui, mais si je m'étais étalé davantage, mes lettres auraient fait deux mètres de parchemin ! Mais il va falloir que tu patientes encore un peu, car je préfère que toute la bande soit là pour ne pas avoir à faire dix fois le même récit ! D'ailleurs, j'ai vu que tu étais avec Harry, Ron, Pansy et Terry à l'un des stands, mais où sont les autres ?

- Draco est à l'écart avec Dean, Olivier et votre ancien capitaine, et quant à Théo, il ne va pas tarder, Draco nous a dit qu'il avait eu une matinée très agitée. Avec trois de ses collègues, il a acheminé ici les colis de nourriture pour le buffet du matin et du midi, et il a eu ensuite sa séance de duel avec le professeur Snape.

- Euh… j'ai dû rater un épisode, là, fit Blaise, perplexe. Ce n'est pas avec le professeur Black qu'il est censé avoir ces séances ?

- Si, mais il n'était pas apte à assurer celle de cette semaine, étant convalescent suite à un problème qu'il a eu au début des vacances. Enfin, à l'heure qu'il est, il est rétabli, mais c'était trop tôt pour lui aujourd'hui pour s'atteler à un duel intense. Du coup, Théo a fait sa séance avec le professeur Snape qui était tout à fait habilité à suppléer le professeur Black. Là, Théo doit être en train de manger.

- Oui, qu'il reprenne des forces, après tout ce qu'il a fait ce matin ! Mais c'est dingue, c'est son jour de repos, et il trouve quand-même le moyen d'être partout à la fois…

- Oui, surtout qu'il s'est porté lui-même volontaire pour livrer les colis !

- On ne le changera jamais, mais c'est comme ça qu'on l'aime ! Bon, qu'y a-t-il au programme, cet après-midi ?

- Des ateliers. Là, il y a celui des boîtes à flemme et celui des chapeaux, capes et gants boucliers.

- Les boîtes à flemme, je vois ce que c'est, mais les trucs boucliers, ça ne me dit rien…

Ginny expliqua à Blaise en quoi consistaient ces objets. Si leurs noms avaient peu séduit Blaise, la description que lui en fit Ginny redora leur blason auprès de lui :

- Eh bien, j'avoue que j'étais très sceptique, de prime abord, mais en fait, c'est hyper ingénieux ! Et c'est révélateur du talent des jumeaux… Car fabriquer ces produits a dû requérir un sacré niveau en sortilèges…

- Oh oui, ils auraient certainement eu un Optimal aux ASPIC, et ce, sans trop de difficultés… Bon, que veux-tu faire ?

Blaise hésita, étant attiré à part égale par les deux stands, mais ayant été témoin de démonstrations de la boîte à flemme à Poudlard, il opta pour l'atelier du matériel bouclier. Il se fondit dans la foule avec Ginny et ils parvinrent à avoir une bonne place, non loin de leurs quatre amis.

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Après avoir assisté au dernier spectacle de l'équipement ensorcelé, Blaise s'éloigna du stand avec Pansy. Ils allèrent faire un tour dans le magasin, ce qui permit à Blaise de découvrir toutes les inventions des deux frères, lui qui n'était pas là lorsqu'elles avaient été dévoilées. En cinq minutes, Draco, puis Théo furent avec eux.

- Ah bah voilà, la fine équipe des Serpentard est au complet ! s'exclama Blaise. Il ne manquait plus que vous. Draco, Ginny m'a dit que tu étais avec Graham, Dean Thomas et Olivier Dubois. Qu'est-ce qui vous a tous réunis ? Car c'est un groupe assez atypique que vous formiez…

- On a tous un lien plus ou moins direct les uns avec les autres. Sauf Olivier et moi, si on ne compte pas le fait qu'on ait eu le même petit-ami… Mais à la base, je n'étais qu'avec Dean. C'est lui qui a convié les autres à venir avec nous. Ce qui n'était pas l'idée du siècle, car on avait tous au moins un ex dans le groupe – Dean et moi en avions deux, Dubois un et Graham trois – et l'atmosphère a fini par être un peu trop pesante. Mais avant que Graham et Dubois ne s'en aillent, Dean et moi avions l'honneur d'être avec deux joueurs d'une équipe nationale, déclara fièrement Draco.

- Graham a été admis chez le Club de Flaquemare ?! s'écria Pansy.

- Oui, et il a même été titularisé d'office !

- Oh mais c'est génial ! Il a dû épater le sélectionneur…

- Il avait ce que les autres candidats n'avaient pas : de l'expérience. Pour avoir un joueur aguerri, il faut soit quelqu'un qui a été membre de l'équipe de sa maison à Poudlard pendant plus de trois ans, soit quelqu'un qui était dans une autre équipe, qu'elle soit nationale ou amatrice. Avec ses cinq ans de service au sein de l'équipe de Quidditch de Serpentard, Graham a facilement dominé les autres.

- Quel crack… Notre ex capitaine qui est dans la quatrième meilleure équipe de la Ligue… Ça, c'est la classe ! s'extasia Pansy. Ça va, pas trop la pression d'être le successeur d'un tel prodige au poste de capitaine ?

Draco haussa les épaules.

- Graham, c'est Graham, moi, c'est moi. Je ne serai pas le même capitaine que lui. Il y a des points sur lesquels je m'inspirerai de lui, oui, mais je ne serai pas une copie conforme de Graham. Je serai moi, tout simplement.

- Super discours ! Fais le même lors du premier entraînement et personne ne viendra t'embêter avec Graham en te comparant à lui, conseilla Blaise. Bon, sinon, que fais-tu de tes vacances, excepté ce que tu m'as écrit dans tes lettres ?

Draco jeta un coup d'oeil à Harry, Ron, Ginny et Terry.

- Est-ce qu'on peut aller avec les autres ? J'ai un truc à annoncer et ça m'éviterait de le faire trente-six mille fois séparément…

- Ah bah comme moi avec mon stage ! Ginny voulait que je lui dise absolument tout, mais je…

Blaise s'interrompit en voyant les frères Weasley qui lui faisaient signe de les rejoindre.

- Ah euh allez-y, les jumeaux m'appellent, j'arrive dès qu'ils m'auront libéré… Parce que bon, avec eux, t'es vite pris en otage…

- Bon courage ! compatirent Pansy et Théo.

Blaise s'éclipsa et se dirigea vers Fred et George.

- Salut, Blaise ! l'accueilla George. Désolé de t'avoir arraché à tes amis, mais…

- … on a à te parler, acheva Fred.

- Mais… et les ateliers ?

- On fait une pause, pour que les clients qui le désirent puissent aller déambuler dans la boutique et faire leurs emplettes, sans louper d'ateliers.

- Oh, c'est sympa, commenta Blaise.

- Mais on est sympas. Bon, comment vas-tu ?

- Ben… franchement, très bien, je suis avec Ginny et mes amis, l'ambiance de la boutique est top, et j'ai adoré l'atelier des gants, capes et chapeaux boucliers !

- Ravis que tu passes une bonne journée ! Et tes vacances ? Que fais-tu de beau ?

- Je suis en stage à Sainte-Mangouste, où j'explore des domaines de la médicomagie que je n'avais pas vus lors de mon premier stage, et c'est fascinant. Mais je ne suis pas très objectif. Je dis ça car c'est mon rêve d'être médicomage…

- Oui, si c'était George ou moi qui faisions un stage là-bas, nous n'aurions pas la même opinion… Mais ça doit te faire du bien de t'aérer l'esprit et d'être avec tes amis. C'est même peut-être pour ça que tu es là…

- Oui, mais c'est aussi pour la boutique en elle-même. Son ouverture est l'événement du mois sur le Chemin de Traverse ! Et j'étais curieux de voir tout ce que vous proposeriez…

- Ooooh, c'est agréable à entendre… As-tu eu le temps d'aller fureter dans les rayons, du coup ?

- Oui, il y a environ un quart d'heure.

- Et est-ce qu'il y a des produits qui t'ont tapé dans l'oeil ?

- Oui, si j'en avais un à acheter, ça se jouerait entre le pendu réutilisable, le chaudron farceur, le tour de magie moldu, les baguettes farceuses et les oreilles à rallonge.

- Ah oui, tu n'es pas difficile à satisfaire ! Et à qui serait destiné le chaudron farceur ?

- À Draco. Quand il fera des potions dans le dortoir, je remplacerai son vrai chaudron par un faux, mais le défi, ça va être de le faire sans qu'il ne s'aperçoive de rien…

- Le mieux, c'est d'avoir un ou une complice. Il est bien préfet, non ?

- Oui…

- Tout comme votre meilleure amie ?

- Oui…

- Eh bien elle n'aura qu'à faire diversion en allant réquisitionner Draco pour qu'il aille régler avec elle un conflit entre deux élèves dans la salle commune. Sauf qu'entre-temps, les prétendus élèves se seront carapatés…

- Oooh, pas bête du tout… Merci pour la ruse !

- Il n'y a pas de quoi. Les manigances, c'est notre truc ! Et les baguettes farceuses ? C'est pour qui ?

- Oh, un peu tout le monde. Est-ce que vous faites des lots de cinq ou de dix, pour cet objet ?

- Non, mais c'est prévu. D'ici la fin de l'été, il y aura des promotions et des packs, et une fois que la boutique sera bien lancée, il y aura une carte de fidélité et des jeux concours.

- Ouah… Avec tout ça, vous allez faire de l'ombre à Zonko !

- On a déjà un avantage considérable en s'étant installés sur le Chemin de Traverse. Nous sommes mieux situés qu'eux… Mais ce n'est pas notre but de les concurrencer. Pour l'instant, notre priorité, c'est que la boutique prospère.

- Oui, on verra après pour rivaliser avec Zonko ! Mis à part ça, comment ça va, avec Ginny ? C'est toujours le grand amour ? enchaîna Fred.

- Oui, toujours.

- Tant mieux, décrète George. Tu sais que le onze août, c'est un jour spécial, pour elle ? Ou bien t'a-t-elle caché cette information de la plus haute importance ?

- Non, je suis au courant que c'est son anniversaire, et je suis même invité à la fête qu'il va y avoir chez Harry où il y aura toute notre bande d'amis.

- Oh, c'est chouette, ça ! Et est-ce que tu as réfléchi à ce que tu vas lui offrir ?

- Oui, et c'est la troisième raison pour laquelle je suis là…

- Aaaaah, tu nous fais drôlement plaisir, là ! As-tu repéré ce qui lui plairait ?

- Oui, soit un coffret de tours de magie moldus, soit un pendu réutilisable, soit un boursouflet. Mais comme avec Harry et Pansy, on a eu la même idée, on en a discuté, et on a décidé de se partager les cadeaux.

- C'est ce qu'il y a de mieux à faire. Mais on a une bonne nouvelle pour toi, et pour tes deux amis : ça va être gratuit pour vous ! On veut participer à notre manière à l'anniversaire de Ginny, même si on ne sera pas là. Elle a cru depuis le début en nous et en nos inventions, et elle nous a constamment défendus contre notre mère qui désapprouvait notre projet.

Blaise fut très touché par la délicate attention des jumeaux.

- C'est super gentil de votre part… Mais je tiens à payer quelque chose !

Fred et George hésitèrent, mais ils durent se douter que Blaise n'allait pas lâcher le morceau, car ils cédèrent assez vite :

- Bien, comme tu veux, capitula George. Parmi le coffret, le pendu et le boursouflet, qu'est-ce que tu vas emporter, toi ?

- Le boursouflet.

- Quelle couleur ? On a des roses et des violets.

- Un violet, s'il vous plaît. Ça va plus lui correspondre que le rose. Et avec ça, une cape bouclier. Ça lui sera utile pour les rondes… Elle est plus que douée en sortilèges, c'est la plus forte de sa classe, elle est une excellente duelliste, mais avoir cette cape lui permettra d'être moins sur ses gardes. Ça la protégera d'office des maléfices mineurs, dont elle n'aura pas à se méfier…

Les jumeaux se regardèrent. Ils avaient l'air troublés.

- On n'avait pas songé à cela en fabriquant ces accessoires, mais s'ils peuvent prêter main forte aux préfets dans l'exercice de leurs fonctions, nous en serions honorés ! Te fallait-il autre chose ?

- Oui, cette fois pour Harry. Car avant l'anniversaire de Ginny, il y a celui de Harry…

- Ah oui, c'est vrai. Pour lui, tout sera offert. Et pas de négociation. Sans lui, on n'en serait pas là à l'heure qu'il est. Il n'y aurait même pas de boutique… On peut bien faire ça pour lui. Que te faut-il pour lui ?

- Les trois types de plumes et un paquet de marques des Ténèbres comestibles.

- Ça marche ! Je vais te chercher tout ça, déclara George. Histoire de ne pas attirer les soupçons des deux concernés…

George s'en alla et revint quelques minutes plus tard avec un petit sac qui contenait tous les achats de Blaise. Ce dernier paya ce qui lui était dû, remercia une fois de plus les jumeaux et s'éloigna. Il rejoignit Draco, Pansy et Théo, et tout en allant vers eux, il espéra de tout coeur pour les deux frères d'avoir du succès dans leurs affaires. Ils le méritaient amplement. Car, au-delà du fait qu'ils étaient nés pour le business, ils étaient humains et généreux, et ils avaient l'esprit de famille. C'étaient trois valeurs que chérissait Blaise, et cela valait aux jumeaux toute son admiration.

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Vingt minutes plus tôt

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POV Théo

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Après une matinée très chargée, Théo était ravi de se détendre en découvrant la boutique des Weasley, en compagnie de ses amis. Bien que ce fût son jour de congé, il avait énormément cavalé. Mais ce n'était pas comme s'il profitait de ses jours de repos, qu'il dédiait à ses séances de duel… Certes, elles ne duraient qu'une heure, mais entre le fait qu'elles avaient lieu de dix à onze heures, soit en pleine matinée, le petit-déjeuner qu'il devait prendre au moins deux heures avant pour avoir le temps de digérer, ce qui l'obligeait à se lever à huit heures, et les bavardages qui précédaient ou suivaient la séance, cela lui accaparait toute la matinée, et il n'avait en réalité que l'après-midi pour se relaxer. Mais cela ne le dérangeait pas du tout. Il était un lève-tôt depuis qu'il était tout petit, et il détestait ne rien faire de ses journées. Ainsi, c'était tout naturellement que la veille au soir, lorsque Karen s'était subitement désistée de la délivrance des repas qu'elle était censée assurer avec Ethan, Mark et Alexia pour les buffets de la boutique des Weasley, Théo avait soumis sa candidature pour la suppléer. Candidature vite acceptée par ses patrons, dans l'urgence de la situation. De six heures à huit heures, Théo avait donc amené les cartons à la boutique avec ses trois collègues. Ils avaient fait une dizaine de voyages, et avaient usé de bon nombre de sortilèges d'allègement, les colis ne pesant pas moins de quatre ou cinq kilos. Avec, en prime, les trois cent mètres entre le Chaudron Baveur et la boutique des jumeaux. Cela aurait dû épuiser Théo, lui qui n'avait pas l'habitude, contrairement à Ethan, Mark et Alexia qui effectuaient plusieurs fois par mois des livraisons pour divers commerces du Chemin de Traverse, mais la pratique du Quidditch lui avait conféré une bonne endurance. Car si le Quidditch était considéré comme un sport, ce n'était pas pour rien ! Il n'y avait que ceux qui n'y jouaient pas pour insinuer que c'était un sport «tranquille», ou que ce n'était même pas un sport. Ce qui était faux. Lancer une cinquantaine de fois le souafle à ses coéquipiers, dix à vingt fois vers les anneaux, et se baisser une quinzaine de fois pour échapper aux cognards, et tout cela en une heure, ce n'était pas une promenade de santé, loin de là ! Sans compter le fait que c'était tout le corps qui était mis à contribution lors des matchs et des entraînements, pour manier le balai, accélérer, monter en flèche, descendre en piqué, freiner, serrer les virages, zigzaguer entre les obstacles, repousser les adversaires… Grâce à son année de Quidditch au sein de l'équipe de Serpentard, Théo avait gagné du muscle, et cela lui avait été bénéfique pour les multiples trajets qu'il avait faits en deux heures. Il aurait pu les faire gratuitement, mais comme c'était une tâche éventuelle incluse dans son contrat, il avait été rémunéré, tout comme Ethan, Mark et Alexia.

À huit heures, il avait avalé un bol de céréales, deux petits pains et un verre de jus de citrouille, puis il était allé chez le professeur Snape pour sa séance de duel. Le professeur Black était rétabli, mais il n'avait pas récupéré toute l'énergie nécessaire pour une heure de combat acharné. Il en était déçu, et Théo l'avait bien senti dans la lettre que son professeur lui avait envoyée trois jours plus tôt. Mais il n'était pas allé à l'encontre des recommandations du professeur Snape qui l'exhortait à se ménager, et c'était d'un commun accord qu'ils avaient décidé que cette semaine-là, ce serait l'homme aux dix mille casquettes qui défierait Théo en duel. Théo se doutait bien que si les deux sorciers avaient fait ce choix, c'était parce que son directeur de maison avait autant de potentiel que le professeur Black en matière de duel, sinon plus. Et il en avait eu la preuve au cours de la séance, qui s'était très bien passée. Le maître des potions était très différent du professeur Black dans sa manière de se battre et dans sa stratégie, mais il y mettait la même intensité. Il n'avait laissé aucun répit à Théo. Cela avait été un très bon exercice pour lui de changer de binôme. Il avait dû s'adapter tout en attaquant et en se défendant comme il le faisait à l'accoutumée, ce qui avait exigé de lui de la concentration et de la réactivité. Mais même si la séance avait été très agréable, il n'y avait pas eu la même harmonie et la même osmose que Théo avait avec le professeur Black. Avec lui, c'était si fluide que c'était comme si leurs magies étaient connectées, sans que cela ne les empêche de s'affronter et sans que cela n'ait d'impact sur l'efficacité de leurs sortilèges. Ceci se traduisait sûrement par la compatibilité de leurs magies. Car toutes les magies ne réagissaient pas de la même façon les unes avec les autres. Il y en avait qui entraient plus en symbiose avec certaines magies qu'avec d'autres. Mais dans le cadre des séances de duel, cela n'avait pas d'importance.

À midi, Théo avait mangé au Chaudron Baveur avec six de ses collègues, et à treize heures, il était allé à la boutique des Weasley. Il avait été charmé par l'endroit, que ce fût par sa jolie décoration ou par son atmosphère joyeuse et conviviale. Il avait retrouvé Draco, Blaise et Pansy, mais Blaise avait rapidement dû s'éclipser, hélé par les jumeaux.

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Plongé dans sa rêverie, Théo sursauta quand Pansy l'en sortit :

- J'espère qu'ils ne cuisinent pas Blaise sur sa relation avec Ginny…

- Non, ils ont mieux à faire le jour de l'inauguration de leur boutique, rétorqua Draco. D'ailleurs, ils ne vont pas le retenir bien longtemps…

Draco avait vu juste. Dix minutes après s'être absenté, Blaise revint vers Théo, Draco et Pansy avec un petit sac à la main.

- J'ai les cadeaux d'anniversaire de Harry et Ginny, révéla-t-il. Je donnerai le sien à Harry lors de la fête d'anniversaire de Ginny chez lui.

- Comme toute la bande, je pense, estima Draco. La distribution des cadeaux va être longue ! Entre Harry et Ginny… Bon, maintenant que tu es là, allons papoter avec les autres !

Théo, Blaise et Pansy acquiescèrent et emboîtèrent le pas à Draco. Ils s'avancèrent vers Harry, Ron, Ginny et Terry qui étaient avec Anthony Goldstein et Michaël Corner.

- Oh, vous revoilà ! s'exclama Harry. Enfin, sauf toi, Théo… Quand es-tu arrivé ?

- Il y a environ trois quarts d'heure.

- Après l'ultime démonstration de l'équipement bouclier, Pansy et moi avons fait un petit tour dans les rayons, et Draco et Théo nous ont rejoints. On aurait dû être avec vous avant, mais les jumeaux ont souhaité me parler, relata Blaise.

- Oh, ce n'est pas bien grave si vous avez été retardés, on a tout l'après-midi devant nous, et même la soirée, relativisa Ron.

- Et comme on se faisait désirer, vous nous avez remplacés par Anthony et Michaël, plaisanta Théo.

- Exactement ! Non, en vrai, ça s'est fait tout seul…

- Ça vous gêne si on s'incruste dans le groupe ? hésita Anthony, face aux quatre Serpentard.

- Non, pas du tout ! affirma Draco.

- C'est l'occasion d'élargir nos contacts ! Car à part Terry, on ne connaît pas grand-monde chez les Serdaigle, regretta Pansy.

- Et ce sera plus simple pour Terry, renchérit Blaise. Comme ça, il pourra être avec nous et avec ses meilleurs amis en même temps.

- Mais attention, vous allez avoir droit au récit de chacun d'entre nous sur ce que l'on a fait pendant ces deux premières semaines de vacances, prévint Ginny. À part pour Ron, Ginny et Pansy, et pour Harry et Draco, c'est la première fois qu'on se voit depuis qu'on a quitté Poudlard…

- Oh, ce n'est pas un problème, déclara Michaël. On adore les potins.

- Tu adores les potins, rectifia Anthony.

- Tu n'es pas le dernier pour les écouter…

Anthony allait répliquer, mais Terry le priva de ce loisir, faisant ainsi cesser ses chamailleries avec Michaël :

- Bon, qui commence ?

- Blaise ou Draco, suggéra Pansy. Blaise sait qu'on va tous l'interroger sur son stage, et il aimerait satisfaire notre curiosité à tous en une seule fois pour ne plus avoir à le faire ensuite, et Draco a un truc à nous dire.

Draco s'adressa à Blaise :

- Vas-y, l'incita-t-il.

Blaise hocha la tête et se mit au centre pour être entendu de tous :

- Cet été, je fais un stage de trois semaines à Sainte-Mangouste. C'est le deuxième que je fais. Il y a deux ans, j'avais exploré le service de buccomagie, de podomagie, de dermatomagie, d'ostéomagie, d'ophtalmomagie et d'allergomagie. Là, ce mois-ci, je fais celui de gynécomagie, de chirurgimagie, de gériatrimagie, de pédiatrimagie, de kinémagie et de nutrimagie. J'en ai déjà fait trois et demi, et c'était hyper passionnant. Comme je ne suis pas autorisé à aller au bloc opératoire, mes journées se résument essentiellement à accompagner mes tuteurs dans leurs visites aux patients.

- Ce n'est pas trop barbant ?

- Non, on apprend plein de choses, c'est très instructif ! Je fais face à tous types de cas susceptibles d'être traités dans chaque service, aux solutions inhérentes à ces cas, qui varient selon les patients, qui peuvent avoir les mêmes pathologies, mais pas les mêmes soins… Quand ton rêve, c'est d'être médicomage, rien de ce que tu fais durant ton stage n'est ennuyant.

- Mais pour le service de chirurgimagie, ce n'était pas trop frustrant de ne pas aller au bloc ? Parce que dans les autres services, il y a parfois des patients qui doivent se faire opérer, mais dans celui de la chirurgimagie, ce sont tous les patients qui ont une opération à subir…

- C'est un peu frustrant, oui, mais il y a les bilans préopératoires et les examens post-opératoires, et c'est très cool et très enrichissant d'y assister. Et il y a les soins…

- Ah oui, c'est très vaste, comme service…

- Très ! Mais les autres le sont également.

- Même la gynécomagie, qui est surtout réservée aux femmes ? s'enquit Harry.

- Il y a bien plus d'hommes qui consultent en gynécomagie que tu ne l'imagines ! Même si les trois quarts des patients sont effectivement des femmes.

- Mais… les grossesses masculines ne représentent-elles pas qu'environ deux pour cent de toutes les grossesses ?

- Non, ça, ce sont les grossesses masculines naturelles, qui représentent deux pour cent de toutes les grossesses masculines. Tu avais les bons chiffres, mais pas les bons sujets, s'amusa Blaise.

- Oui, j'ai confondu… Mais ça signifie qu'un quart des grossesses sont des grossesses masculines ?

- C'est dans ces eaux-là, oui.

- C'est énorme… Il y a indéniablement plus d'hommes gay chez les sorciers que chez les moldus…

- La magie et la nature y sont grandement pour quelque chose. Comme la guerre et les épidémies de dragoncelle, d'éclabouille cérébrume et de scrofulite des dix-huitième, dix-neuvième et vingtième siècles ont décimé près de la moitié de la population, on a besoin d'une croissance démographique, et la magie et la nature s'en mêlent en faisant en sorte qu'une proportion non négligeable d'hommes puisse enfanter. Et c'est ça qui est bien, chez nous : il n'y a pas que les femmes qui ont à se coltiner les maux de la grossesse pour assurer la survie de l'espèce humaine !

- C'est vrai que c'est plus équitable ainsi ! Merci pour ces informations, je n'étais pas au courant de tout ça.

- Ravi de t'avoir éclairé !

- Mais, du coup, quand tu étais dans le service de gynécomagie, est-ce que tu as vu des patients qui étaient des hommes ? demanda Anthony.

- Oui, cinq en trois jours, dont trois étaient enceints. La quarantaine d'autres personnes étaient des femmes.

- Ça ne fait pas un quart, ça, objecta Ron.

- Car il n'y a pas que les grossesses dans la gynécomagie ! Les femmes – et les jeunes filles – ont un million d'autres raisons d'aller voir un gynécomage ! Outre parce qu'elles sont enceintes ou parce qu'elles ont un projet de maternité… Vous seriez choqués de constater tous les soucis que le corps féminin est capable d'engendrer… Même vous, les filles. Et que ce soit dans le monde magique ou dans le monde moldu.

- Oui, on est bien conscientes de ne pas être tout à fait au point sur notre propre corps…

- Ce qui est logique, relativisa Blaise. Quoique, en chirurgimagie, il y avait un patient qui avait été hospitalisé tant de fois à Sainte-Mangouste qu'il était en mesure de diagnostiquer tout seul ce qu'il avait ! Mais pas de se soigner.

- Il fait du Quidditch pour s'être blessé autant de fois ? s'intrigua Pansy.

- La majorité de ses séjours étaient dus au Quidditch, oui. Et à part ça, il a une fâcheuse tendance à faire des expéditions dans des lieux interdits. Pour cela, il escalade des clôtures et des murets, et ça ne se passe pas toujours très bien…

- Ouais, c'est de sa faute, quoi, conclut Michaël. Et le service de gériatrimagie ? Ça t'a plu ?

- Oui, tout comme les deux autres services que j'ai faits entièrement. Les patients y ont des profils très divers, même s'ils ont tous pour point commun d'être très âgés… Mais on n'a pas forcément la même attitude avec eux qu'avec les autres patients, et c'est ça que j'ai tout particulièrement observé quand j'étais avec eux.

- Eh bé… Avec tous les services où tu es allé, tu vas être autant calé que Mrs Pomfrey à la rentrée ! commenta Ron.

- Oh non, ce que je découvre là, ce n'est qu'un tout petit échantillon de la médicomagie ! Mais ça va m'être très utile pour ma future formation. Bon, et toi, Draco ? Tu as un truc à nous annoncer, à ce qu'il paraît ?

- Oui. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : du premier au dix août, je serai en Irlande pour les conférences des potionnistes ! Et pour tous les événements qui vont avec.

À l'exception de Harry, la surprise se lut sur tous les visages. Michaël fut le premier à réagir :

- Mais c'est trop bien ! Tu vas rencontrer plein de potionnistes, tu vas avoir accès à leur expérience, tu vas faire plein de jeux drôles et ludiques… Je ne suis pas un grand fan de potions, mais pour ceux qui se destinent à être potionnistes, c'est une aubaine d'aller à ces conférences…

- Oui, et c'est mieux qu'un stage dans une potionnerie… Je ne caressais même pas l'espoir d'y aller, alors quand mon parrain m'a dit qu'on irait, je suis tombé des nues… En plus, il a acheté la formule où il y a tout dedans : conférences, hôtel et activités. Tout est payé, il n'y aura rien à débourser une fois là-bas. Et grâce à Dean, j'ai même des tickets pour toutes les activités qui ne sont pas incluses dans la formule et qui sont plus chères !

- Dean ? Dean Thomas ?

- Lui-même, oui.

- Mais comment a-t-il eu ces tickets ? Il n'y est quand-même pas allé ?! Ça fait plus de cinq ans que ces conférences n'ont pas eu lieu dans un pays à moins de dix mille kilomètres d'ici ! s'écria Pansy.

- Si, il y est allé.

- Quand ça ?!

- L'été dernier, en Australie. Son meilleur ami s'y rendait avec ses parents et ils l'ont emmené avec eux. Dean a été attiré par une promotion qu'il y avait avec ce lot de tickets : quand on en prenait un, le deuxième était gratuit. Dean s'en est donc procuré deux, un pour lui, un pour Seamus, mais sans qu'ils ne se soient concertés, Seamus a eu la même initiative, ce qui fait qu'ils avaient deux lots en trop sur les bras… Et comme ils sont valables d'une année sur l'autre, lorsque Dean a su que j'irais en Irlande cet été, il me les a offerts.

- Oh, c'est gentil de sa part, jugea Michaël. Tu vas bien t'éclater, avec tout ce que tu auras à faire !

- Ça, c'est sûr ! J'ai hâte d'y être…

- Mais tu ne vas pas être trop fatigué, le dix au soir, quand tu seras chez toi ? Car le lendemain, tu es invité à l'anniversaire de Ginny au Square, rappela Ron.

- Oh, ne t'en fais pas, après une bonne nuit de sommeil, je serai en pleine forme ! Afin de profiter au maximum de ces dix jours, notre portoloin sera programmé à vingt-et-une heures. Je me coucherai vers vingt-trois heures ou minuit, et je me lèverai vers neuf heures ou dix heures. Quoi qu'il en soit, je ne me désisterai pas, c'est promis !

- C'est quoi, le Square ? s'interrogea Michaël.

- C'est là où habite Harry, précisa Ron. C'est une grande et vieille maison. Le nom complet, c'est le 12, Square Grimmaurd. Mais ça, c'est que dans la cheminée ou dans les lettres, quand il faut fournir l'adresse exacte. À l'oral, c'est «Le Square». Et c'est là où va se dérouler l'anniversaire de Ginny. C'est le parrain de Harry qui a eu l'idée.

- Il est trop sympa… Mais pendant que vous ferez la fête, où ira-t-il, lui, avec le professeur Lupin ?

- Oh, ils seront occupés ailleurs, certifia Harry. Ça va nous faire du bien à tous les trois, de se faire une petite soirée, moi de mon côté, et eux du leur…

- Ouh là… Début de vacances compliqué ? devina Anthony.

- Oui, grimaça Harry. Je ne peux pas trop en dire, mais quand j'étais à l'infirmerie après l'explosion dont j'ai été victime avec Théo lors d'un cours de sortilèges, le professeur Snape a découvert par un pur hasard que j'avais trois allèles au lieu de deux, ce qui n'est pas du tout normal, et pour élucider le mystère de l'existence de ce troisième allèle, il m'a proposé de faire des tests, ce que j'ai accepté, avec l'accord de mon parrain. Lors des vacances de Pâques, j'ai eu un premier entretien avec un très bon généticomage de Sainte-Mangouste qui m'a fait faire d'autres examens, et le trois juillet, j'ai eu un second entretien avec lui. Cette fois, il était avec un généticomage qui était aussi gynécomage et qui a suivi ma mère lors de sa grossesse. C'est lui qui avait toutes les réponses quant à cette histoire de troisième allèle. Je ne vais pas aller dans les détails, mais en gros, j'ai deux pères. Ça, c'était plus une confirmation qu'autre chose, car on s'en doutait un peu depuis le premier entretien. Ce qui nous a choqués, c'est l'identité de mon deuxième père. Ça a tout chamboulé, et il a fallu que Sirius et moi y réfléchissions, chacun dans notre coin. Et c'est ce qu'on a fait. Je suis allé chez Draco, ça fait une semaine que je suis chez lui, et je rentre ce soir au Square. J'aurais pu y retourner hier ou avant-hier, mais deux jours après mon départ, mon parrain a eu un souci, et le médicomage lui a préconisé du calme et du repos. Là, il va mieux, il est totalement rétabli, et il a juste toute sa vigueur à récupérer. Nous sommes aptes à avoir une conversation sur ce que nous a dévoilé le généticomage, mais nous verrons ça demain, car il sera assez tard quand je débarquerai au Square. J'irai probablement au lit dans la foulée… Mais malgré toutes ces péripéties, je n'ai pas à me plaindre de mes deux premières semaines de vacances. Avant l'entrevue avec les deux généticomages, mes vacances étaient top, et même après, quand j'étais chez Draco, j'étais bien. Son parrain et lui faisaient tout pour que je me sente comme chez moi, j'avais des séances de thérapie, je me promenais dehors avec Draco… Bref, j'étais entre de bonnes mains. Et je me dis que le plus dur est derrière moi, que tout va rentrer dans l'ordre, et que le reste des vacances ne sera que du bonheur ! Car, entre mon anniversaire, le séjour de Ron et Hermione au Square, mon second séjour chez Draco, l'anniversaire de Ginny où toute la bande sera là, la journée sur le Chemin de Traverse pour les achats des fournitures, où on sera tous là de nouveau, et le séjour de Draco au Square, les prochaines semaines promettent d'être joyeuses !

- C'est tout ce qu'on te souhaite, dit affectueusement Théo. Tu le mérites.

- Vous le méritez tous les deux, renchérit Draco. Après l'année que vous avez eue… Mais toi, est-ce que c'est la peine de te souhaiter la même chose qu'à Harry ? Ça a déjà l'air d'être le cas…

- Effectivement, avoua Théo. Je suis plus qu'heureux au Chaudron Baveur.

- C'est là où tu loges ? s'enquit Anthony.

- Oui, et c'est là aussi où j'ai décroché un job. Je fais le ménage, la plonge, et le service.

- Tout ça dans la même journée ?! s'exclama Michaël.

- Non, pas systématiquement ! Uniquement quand je fais des journées de huit heures. Quand j'ai un jour de repos par semaine, j'ai deux journées entières et quatre demi-journées de boulot. Ça, c'est le schéma le plus fréquent. Mais comme j'ai un jour de repos tous les cinq à six jours, il va y avoir des semaines où j'aurai deux jours de repos. Lorsqu'il y aura un le lundi, le suivant sera le vendredi ou le samedi, et lorsqu'il y en aura un le mardi, celui d'après sera le samedi ou le dimanche, mais ça ne changera rien en soi. Au niveau des horaires, quand je fais des demi-journées, je suis soit du matin, de sept heures à treize heures, soit de l'après-midi, de seize heures à vingt-deux heures. Pour ce qui est des journées entières, ça fluctue : c'est soit de sept heures à quinze heures, soit de neuf heures à dix-sept heures, soit de seize heures à vingt-deux heures. C'est très varié, et c'est ça qui est bien, car on ne se lasse pas. Il n'y a pas deux jours de suite où on a les mêmes horaires. Et selon ceux qu'on a, on n'a pas les mêmes tâches. Le matin, on fait le ménage ou le service pour le petit-déjeuner. Le midi, on fait le service ou la plonge. Ça va de onze heures à quinze heures. L'après-midi, on fait le ménage qui n'a pas été fait le matin. Le ménage, c'est faire les lits, passer le balai, laver le sol, faire les poussières, nettoyer les vitres… Ce sont des choses qu'on fait par magie chez soi, mais quand on n'a pas le temps de le faire soi-même, car c'est moins efficace par magie que manuellement. C'est pour ça qu'il y a des employés dans les auberges pour le faire. Et enfin, le soir, c'est comme le midi, on fait soit le service, soit la plonge. Et ça va de dix-huit heures à vingt-deux heures.

- Fiou, c'est très physique, tout ça ! Et c'est ça qui t'épanouit tant ? s'étonna Ron.

- Ça y contribue, oui. J'adore m'activer. Avec le sport, c'est le second meilleur moyen d'apaiser ma magie. Mais mon job me plaît énormément.

- Tu n'es pas trop sous pression ?

- Si, évidemment, mais c'est le métier en lui-même qui fait ça. Pour que l'auberge fonctionne bien, il faut être productif. Mais ce qui fait du Chaudron Baveur une auberge où il fait bon d'y travailler, c'est que les patrons sont géniaux. Ils sont humains, proches des employés, ils ont une énergie très communicative, ils sont fermes, mais sans être sévères… Ils sont parfaits, quoi. Et il y a une super ambiance au sein de l'équipe. Que ce soit le matin, le midi, ou le soir, on mange entre collègues, on papote, on se raconte nos journées, on partage des anecdotes, on blague, on rit… Je n'aurais pas pu rêver mieux. Je me sens comme chez moi. Mais pas de la même façon qu'à Poudlard. C'est… c'est comme si j'étais en famille. Ça fait très bizarre. C'est la première fois que j'expérimente ça…

Tous semblèrent touchés par les mots de Théo.

- Logique que ça te fasse bizarre, pendant près de seize ans, tu n'avais ni frère, ni sœur, et là, t'en as toute une tripotée !

La remarque de Pansy fit rire tout le groupe.

- Oui, et avec tous les grands frères et toutes les grandes sœurs que tu as près de toi, gare à celui ou celle qui osera t'embêter ! Il ou elle ne va pas s'en sortir comme ça ! garantit Blaise. Et quand tu ne bosses pas, tu fais quoi ?

- Lorsque j'ai une journée de repos, j'ai une séance de duel le matin.

- Une séance de duel ? répéta Michaël, perplexe.

- Oui, j'ai un trouble de la magie qui affecte les sorciers qui ont une trop grande puissance magique, et qui se manifeste lorsque le sorcier a de très fortes émotions. Normalement, c'est traité dès que le sorcier est en âge de faire de la magie avec une baguette, c'est-à-dire entre onze et douze ans, mais j'avais tellement honte et tellement peur de la réaction de mon père qu'avant ma cinquième année à Poudlard, je n'ai jamais dit à quiconque que ma magie se bloquait après des émotions trop intenses. Si mon père l'avait su, il aurait cru comme moi que j'avais une part de Cracmol en moi, et il aurait refusé d'avoir un tel héritier, même si je n'étais pas son fils biologique. Cela aurait été un véritable déshonneur pour lui. Il m'aurait fait subir de terribles représailles… C'est le professeur Snape, à la fin de l'été dernier, qui a détecté ce trouble qui empoisonnait ma magie. Une fois à Poudlard, après avoir étudié mon cas, il m'a mis sous potions qui étaient censées canaliser ma magie. Mais il y a eu trop de trucs, dont le fait que j'aie été diagnostiqué avec quatre ans de retard, et que je n'exploitais pas assez mon potentiel, qui ont empêché ces potions de faire suffisamment effet sur moi. Suite au duel que j'ai engagé avec un des deux élèves qui ont attiré Justin dans une salle pour le torturer, le professeur Snape m'a proposé des séances de duel avec le professeur Black et le professeur Flitwick durant lesquelles je me battrais en duel avec eux jusqu'à épuisement. Enseignant ou ayant enseigné tous deux les sortilèges, ils étaient les plus à même de s'en charger. Voilà en gros toute l'histoire qui m'a conduit à avoir ces séances. Cet été, je ne les ai qu'avec le professeur Black, sauf cette semaine où c'est le professeur Snape qui a exceptionnellement pris le relais.

- Eh bien c'était passionnant ! jugea Michaël. Mais c'est moi ou rien n'est simple, avec toi ?

- Je suis un nid à problèmes, plaisanta Théo.

- Ouais, mais ce n'est pas de ta faute… Bon, à part ces séances où tu te défoules sur nos professeurs qui ne t'ont rien fait, que fais-tu d'autre ?

- Je lis, je brasse des potions, je refais le monde avec mes collègues, je me balade sur le Chemin de Traverse, je discute avec Florian Fortarôme, je vais à la ménagerie et au Royaume du Hibou, je fais un saut aux maisons d'édition et à Fleury et Bott…

- Tu as le temps de faire tout ça ?! Moi, c'est à peine si j'arrive à faire un dixième de tout ce que je voudrais faire, se lamenta Michaël.

- Sur toute une semaine, sachant que j'ai quatre demi-journées de libre, j'ai le temps, oui.

- Mais comment tu fais ?!

- Je suis bien organisé, éluda Théo.

- Ah bah ça, c'est sûr… Et tu as tes chouchous, aux deux animaleries ?

- Au Royaume du Hibou, il y a une chouette qui m'aime bien. Mais c'est parce que je l'ai sauvée il y a un an en délogeant une de ses ailes qui s'était coincée dans un interstice de sa cage.

- Il dit ça comme si c'était un truc qui se produisait tous les jours, ironisa Blaise.

- Bah quoi ? Moi, tous les matins, je soigne les gnomes que j'envoie valser par-dessus la clôture, fit mine Ginny de se vanter.

- Hé, vous n'êtes pas sympas de vous moquer de Théo, protesta Harry.

- Ils me taquinent, c'est tout, affirma Théo en souriant.

Michaël s'adressa à Ginny :

- Mais tu n'étais pas sérieuse, concernant les gnomes ?

- Non, j'ai autre chose à faire de mes journées ! Outre le dégnomage du jardin auquel je m'emploie en fin de matinée ou en début d'après-midi, je cours environ une heure le matin, je joue avec le chat de Pansy, je fais de la couture en fin d'après-midi, avec un bon petit thé, je révise les cours de runes de Luna, je cuisine avec ma mère…

Draco fronça les sourcils :

- Tu révises les runes ? Tu fais runes, toi ?

- Non, mais j'ai l'intention d'arrêter la divination et de suivre les runes à la place. Ça fait un an que j'ai ce projet et que je récupère tous les cours que j'ai ratés depuis la troisième année.

- Oh la petite cachottière ! Tu nous avais caché ça… Je sais que tu es une élève douée en tout, mais si tu galères un peu, Théo, Hermione et moi serons là pour te filer un coup de main, promit Terry.

- C'est gentil, merci… Je m'appuierai d'abord sur Luna, et si ça ne va pas, j'irai vers vous.

- Et si ça ne va toujours pas, il y aura Anthony et moi ! Mais il y a un truc que je ne saisis pas. Parmi toutes tes activités, tu disais que tu jouais avec le chat de Pansy… Qu'est-ce qu'il fait chez toi ?

- C'est parce que je suis chez les Weasley, révéla Pansy. Ma mère est enceinte, et comme les futures mamans doivent être à la maternité dix jours avant le terme, ça tombait le quatre juillet pour elle. À la base, c'était mon parrain qui devait veiller sur moi en s'installant à la maison. Mais comme il est un potionniste de renom, il sera aux événements du mois d'août en Irlande, et il a ses conférences à préparer, ce qui est très chronophage. Ron et moi, on s'est dit que ce serait préférable que j'aille au Terrier… C'était l'occasion pour nous d'être deux semaines ensemble. On en a parlé à nos parents dès les premiers jours de vacances, ils ont été d'accord, et comme l'admission de ma mère à Sainte-Mangouste était imminente, tout s'est fait en soixante-douze heures, mais ça a été très fluide, et ça n'a pas été une source de stress pour ma mère. Ça fait désormais huit jours que je suis chez Ron, je m'y sens très bien, ses parents sont adorables, j'ai régulièrement des nouvelles de mes parents, ma mère va très bien, la grossesse se termine bien, et il n'y a aucune inquiétude pour le bébé. Et comme il n'y a personne chez moi jusqu'à ce que mes parents reviennent avec mon petit frère, j'ai emmené mon chat Magni et mon hibou Archibald avec moi. Magni est comme un petit fou. Le Terrier, c'est un paradis sur Terre pour lui. Entre les quatre étages qu'il monte et qu'il descend comme une flèche, les gnomes qu'il pourchasse à travers tout le jardin, les nombreux endroits en hauteur qu'il a pour se percher, et Ginny qui est sa compagne de jeu privilégiée, il est le chat le plus heureux du monde !

- Et pendant qu'il fait le zouave partout dans la maison et dehors, Pansy m'aide en potions pour les rattrapages de potions. Des quatre matières non obligatoires que je veux continuer, c'est la seule où je n'ai pas eu la note requise, moi qui étais persuadé d'avoir moins de quatorze en Défense Contre les Forces du Mal… Ça m'enlève une sacrée épine du pied, car ça me permet de ne me focaliser que sur les potions. Je relis mes cours deux à trois heures par jour, et l'après-midi, je m'exerce sur deux potions avec Pansy. Elle a fait une liste en amont de quinze potions, cinq par année, de la troisième à la cinquième année.

- Lesquelles, si tu les as toutes en tête ? demanda Anthony.

- Ouh là, ça va être dur ! De mémoire, il y avait le philtre de confusion, l'insecticide, l'antidote aux poisons courants, la potion de ratatinage, l'antidote à l'apocyn, le ratconfortant, la potion d'Aiguise-Méninges, la potion de regermination, le philtre de paix, le philtre revigorant, la solution de force… Aïe, il m'en manque plein…

- Oui, tu as oublié la potion anti-poux, la potion de beauté, le doxycide, et le baume à bec. Mais tu en avais onze sur quinze, c'est pas mal du tout !

Ron rougit sous les félicitations de Pansy.

- Tu as bien du courage, Ron ! Tout comme ta sœur… Vous n'êtes pas des Gryffondor pour rien. Se taper quinze potions en dix jours, ce n'est pas donné à tout le monde !

- Et ce n'est pas tout, car initialement, on en avait deux autres à faire, précisa Pansy. En s'octroyant un jour de repos, on pensait avoir deux jours et demi de battement entre aujourd'hui où on aurait dû faire la dernière potion ainsi qu'une autre non prévue, et lundi où Ron a sa seconde session. Mais on avait carrément zappé qu'on irait à l'inauguration de la boutique… Du coup, on fera l'ultime potion demain, et on fera soit la potion capillaire Lissenplis, soit le baume d'asclépiade tubéreuse.

- Je serais vous, je ferais la potion capillaire Lissenplis, conseilla Terry.

- Oui, car vous avez déjà fait un baume, et le professeur Snape a dit qu'il était très rare qu'il y ait les trois autres à l'examen, rappela Théo.

- Bon bah on fera la potion pour les cheveux, conclut Ron. Merci, les gars ! Et toi, Terry ? Où en es-tu, dans tes conférences ?

- J'en ai fait trois : deux avec Megan Jones, et une avec Roger Curtis. Je n'étais pas trop emballé à l'idée d'y aller avec Megan, ni avec Tracey Davies au mois d'août, à cause du harcèlement envers Harry auquel elles ont participé une fois, après un cours de métamorphose, mais le professeur Black m'a dit qu'il était possible qu'elles ne soient pas méchantes de nature, et qu'elles soient influencées par une tierce personne… J'ai brisé la glace avec Megan lors de la deuxième conférence, et il s'est avéré que le professeur Black avait raison. Au tout début de la première année, Megan et Tracey, qui étaient toutes deux un peu naïves et très timides, se sont liées d'amitié avec Millicent Bulstrode, qui était l'inverse des deux filles, et qui s'est montré sous un faux jour tant qu'elle ne les avait pas dans la poche. Quand Megan et Tracey se sont aperçues qu'elles s'étaient trompées, et qu'elles ont vu le vrai visage de Bulstrode, il était trop tard, elles étaient sous sa coupe, et elles étaient terrorisées de ce que pourrait bien leur faire Bulstrode si elles s'émancipaient d'elle. Elles font tout à contrecoeur, et ça leur coûte, car en réalité, elles ne sont pas du tout les filles qu'elles sont à Poudlard. Mais j'ai réussi à convaincre Megan d'essayer de se libérer du joug de Bulstrode. Mais elle ne le fera que si Tracey la suit dans cette démarche. Et si Tracey freine des quatre fers, je ferai mon devoir de préfet et je volerai à leur secours.

- Oui, et on en fera autant, avec les autres préfets de la bande, attesta Draco.

Ron, Pansy et Ginny approuvèrent avec force. Hermione n'était pas là, mais Théo était certain que si elle avait été avec eux, elle se serait jointe sans hésiter à ses cinq collègues et amis préfets. Même s'il ne serait que le suppléant de Draco, il était lui-même prêt à faire le nécessaire pour que Megan et Tracey puissent s'affranchir de leur asservissement.

- Et avec Roger Curtis ? Ça a été ? interrogea Harry.

- Oui, c'était agréable d'échanger avec lui. On a fait connaissance, on s'est confiés sur ce qui nous a poussés à vouloir être Auror, sur ce qui nous plaît dans ce métier, sur notre famille, sur la profession de nos parents, sur notre fratrie… C'était vraiment très cool.

- Tant mieux ! Et à part les conférences, que fais-tu de tes vacances ? enchaîna Blaise.

- Eh bien, j'ai rencontré ma nièce pour la première fois, c'était un moment hors du temps. Elle est à croquer, j'aurais pu l'avoir des heures et des heures dans les bras, à la contempler et à m'émerveiller face à ce petit bout de chou… Je lui ai fait boire son biberon, et on ne croirait pas comme ça, mais c'est très technique ! Il faut faire attention à tout : à la manière dont on porte le bébé, à sa position, à sa tête, à son cou, à la vitesse à laquelle il avale son lait… Avant d'avoir mon premier enfant, je vais m'entraîner un max avec tous ceux qui naîtront avant le mien dans mon entourage !

Tout le groupe éclata de rire.

- Avec un peu de chance, il y a un ou deux couples dans la bande qui auront un enfant avant toi ! Ou alors, ce seront Anthony et Michaël, prédit Draco.

- Non, il est bien plus probable que Terry soit papa avant moi ! contesta Michaël. C'est mignon, les enfants, mais ça ne va pas être mon truc tout de suite.

- On a le temps, et on verra bien qui sera parent en premier. Sinon, avant-hier, je suis allé à Eeylops pour m'acheter un hibou. Avec les précieux conseils de Théo, que j'ai croisé au Chaudron Baveur et qui m'a accompagné, j'ai opté pour une chouette tachetée que j'ai nommée Calypso. Elle n'était pas trop chère et elle était la plus adaptée pour le travail qu'elle aura à faire au cours de l'été. Mais c'est surtout un coup de coeur que j'ai eu pour elle.

- Mais à Poudlard, tu te contentais pourtant des hiboux de l'école, objecta Michaël.

- Oui, mais ce sont mes parents qui ont insisté pour que je prenne un hibou, en prévision de tous les courriers que je vais envoyer cet été… Ça aurait fait trop de boulot pour Arès.

- Calypso, Arès… Vous respectez la tradition, avec les noms de vos hiboux, constata Draco.

- Oui, et ça leur va bien ! Quand j'ai dit à Théo que j'avais hésité entre les trois noms que j'avais en tête pour une chouette, il a instinctivement deviné celui que j'ai finalement choisi. Et ça va comme un gant à ma chouette…

- Eh bien j'ai hâte que tu m'écrives ! s'exclama Michaël. Rien que pour voir ta chouette en chair et en os… Mais bon, pour ça, il faudrait que je te réponde…

- Fais-le quand tu auras le temps, il n'y a rien qui presse, assura Terry. Si vous le faites tous dès que vous recevez mes lettres, je n'aurais plus une minute à moi ! Car je serais tenté de le faire tout aussi vite… Et je me doute bien qu'en sillonnant la Grande-Bretagne toute la journée, le soir, tu n'as pas forcément le courage de rédiger ne serait-ce que dix centimètres de parchemin…

- Bah, en balai, c'est plié en quelques heures, signala Draco.

- Oui, mais ce n'est pas en balai qu'il le fait, nuança Terry.

Draco tourna brusquement la tête vers Michaël :

- Ne me dis pas que tu fais ça à pied ?! s'horrifia-t-il.

- Non, je ne suis pas fou à ce point ! Je fais ce périple à vélo.

- À vélo ? C'est quoi, ça ?

- Je vais te faire voir. Mais on ferait mieux d'aller à l'extérieur.

Les dix adolescents sortirent et se mirent à l'écart de la circulation afin de ne gêner personne. Grâce à ses nombreuses conversations avec Hermione, puis Harry, Théo savait ce qu'était un vélo, mais il n'en avait jamais eu un devant les yeux. Draco, Blaise et Pansy, en revanche, ignoraient tout de cet engin moldu. Et leur curiosité s'accrut lorsque Michaël extirpa le sien, miniaturisé, de son sac à dos.

- Amplificatum, prononça-t-il.

L'objet retrouva sa taille ordinaire, faisant pousser un «Oooh» aux trois Sang-Purs non initiés.

- C'est un mode de transport moldu, expliqua Michaël. On monte dessus, comme sur un balai, sauf qu'au lieu d'un manche, il y a un guidon, qui sert à se tenir et à diriger le vélo avec les mains, et des pédales, qui font avancer le vélo avec les pieds. Après, il y a toute une mécanique, avec le plateau, la chaîne, les roues, les pignons, la jante… Mais ça, c'est plus technique.

- Et… euh… ça va à quelle vitesse, ce truc ? s'intrigua Draco.

- Ça dépend de beaucoup de facteurs, mais en moyenne, si tu fais une virée en ville, ça va à quinze kilomètres par heure. Mais avec mes cousins, on fait plutôt le double. Car on n'a pas le même type de vélo que ceux qui font des petites promenades citadines. Ça, c'est un vélo de route.

- Ah, c'est pour ça qu'il est assez différent de celui que notre père a dans le hangar, intervint Ron.

- Il en a un chez lui ? s'étonna Blaise.

- Il est fan de tout ce qui a trait au monde moldu, il collectionne tout et n'importe quoi…

- C'est bien, comme ça, vous avez plein de notions, vous n'avez même pas besoin d'aller aux cours d'étude des moldus, plaisanta Anthony. C'est l'option que votre père a dû faire quand il était élève à Poudlard, d'ailleurs ?

- Oui, avec les runes et les soins aux créatures magiques.

- Il avait trois options ? Il devait être un bon élève, supposa Blaise.

- Eh ben, comment qualifierais-tu Hermione, Théo et les Serdaigle qui ont tendance à avoir quatre options…

- Hermione s'est délestée de deux options après la troisième année, signala Terry. Et pour ce qui est des Serdaigle… bon, tu n'as pas tout à fait tort…

- Ouais, un quart d'entre eux ont deux ou trois options, et tous les autres ont plus de trois options… Mais on aime s'instruire, et ce n'est pas un préjugé, c'est un fait, souligna Michaël. Reducio, ajouta-t-il en visant son vélo.

Ce dernier rapetissa, et Michaël put le ranger dans son sac.

- C'est dingue de se dire qu'il y a un vélo dans ce sac, songea Harry.

- Et il n'y a pas que ça ! Comme je voyage tout l'été, j'ai de quoi me vêtir pour deux mois, ainsi que de la nourriture et tout ce qui est susceptible de m'être utile.

- Ouh, ce n'est pas un sac comme les autres que tu as, présuma Pansy.

- À la base, si, mais je lui ai jeté un sortilège d'extension.

- Mais on ne l'a pas encore vu, releva Ron. Je n'ai même pas la formule…

- C'est Capacious Extremis. Ce sont mes cousins qui me l'ont enseigné, précisa Michaël. Et il n'est pas si difficile que ça. Et heureusement, car il s'emploie dans la vie de tous les jours…

- Je confirme ! appuya Anthony. Dans l'épicerie où je travaille, les cartons que je décharge subissent tous ce sort afin d'y caser un max de produits.

- Ce n'est pas trop lourd ? s'inquiéta Ron.

- Non, car en plus d'être très profonds, ils sont allégés.

- Tu bosses dans cette épicerie pendant toutes les vacances ? s'enquit Draco.

- Non, juste en juillet, car en août, je vais chez de la famille, en Allemagne.

- Tu es originaire de là-bas ? demanda Ginny.

- Oui, j'y suis né. Je suis arrivé à Newport à six ans, avec mes parents et mes deux sœurs.

- À Newport ? Tu vis au Pays de Galles ? J'aurais juré que tu étais de Londres, certifia Pansy.

- Eh non !

- Et tu serais allé dans quelle école, si tu étais resté en Allemagne ?

- Soit à Beauxbâtons, soit à Koldovstoretz, en Russie. Ou j'aurais fait cours à domicile.

- Ça n'a pas été trop dur, de quitter l'Allemagne et de te faire à un autre pays ?

- Non, j'étais trop petit. Même ma sœur aînée, qui a trois ans de plus que moi, n'a pas souffert de ce déménagement.

- Et ton autre sœur ?

- Elle n'avait qu'un an, elle n'en a aucun souvenir.

- Tu es le seul garçon de ta fratrie ?

- Non, j'ai deux petits frères, un de sept ans, et un de quatre ans, dévoila Anthony.

- Ah ouais, grande famille ! Tu rivaliserais presque avec Ron et Ginny, rit Pansy.

- À deux près, on serait ex æquo ! renchérit Anthony. Mais là, victoire aux Weasley. À leur âge, mes parents n'auront pas d'autres enfants.

- Ouh là, méfie-toi ! Ma mère a un peu plus de quarante ans, et elle est bien enceinte.

- Oh, moi je ne dis pas non à un autre petit frère ou à une autre petite sœur, glissa Anthony. Mais je pense qu'il n'y en aura pas. Bon, je vais aller voir s'il y a d'autres ateliers, dit-il en tapant dans ses mains.

- Je viens avec toi !

Comme Michaël, Harry, Ron, Ginny, Terry, Anthony et Pansy emboîtèrent le pas à Anthony. Blaise et Draco regagnèrent également la boutique, mais pour aller fureter dans les rayons qu'ils n'avaient pas pu visiter deux heures plus tôt, à cause du monde qu'il y avait. Harry et Théo, eux, souhaitèrent profiter davantage du soleil et de la douce brise estivale.

- Ils nous ont tous lâchés, s'amusa Harry.

- On ne va pas le leur reprocher, on est là pour l'inauguration, après tout !

- Oui, et c'est l'occasion pour nous d'être seuls… Il y a des choses que je n'ai pas dites, quand j'ai fait le récit de mes vacances, parce que le contexte ne s'y prêtait pas, mais toi, ce n'est pas pareil…

- C'est à propos de ton parrain ?

- Oui. Est-ce qu'on peut aller chez Florian Fortarôme ? On sera mieux assis, autour d'une glace ou d'une boisson fraîche, que debout à l'arrière d'une boutique…

- Pas faux. Allons-y !

Ce fut d'un pas énergique que Harry et Théo se rendirent chez le glacier. Ils commandèrent un milk-shake qui leur fut servi quelques minutes plus tard.

- Je t'écoute, déclara Théo.

- Bon… Tout a un rapport avec Sirius. Je vous ai dit que, lors de l'entretien que j'ai eu avec les deux généticomages, j'avais appris l'identité de mon père biologique, et que ça avait tout chamboulé…

- Oui, et c'est pour ça que tu es chez Draco.

- Voilà. Parce qu'il fallait que Sirius et moi fassions le point chacun de notre côté.

Harry marqua une pause. Théo ne laissa pas le silence s'éterniser, sentant que cela aidait Harry qu'il mène la discussion :

- Ton vrai père, c'est de la famille de ton parrain ?

- C'est plus que ça…

Théo fronça les sourcils, avant que la lumière ne jaillisse soudain dans son esprit.

- C'est… c'est lui ?

Harry acquiesça.

- Il a fait un don de sperme dont a bénéficié ma mère. Elle n'était pas stérile, mais mon père, lui, si. Mon parrain n'était pas au courant, tout comme mon père ne l'était pas du don de Sirius. Mais si je ressemble autant à mon père, c'est parce que j'ai reçu un échantillon de son ADN quand j'étais dans le ventre de ma mère, via une pratique médicale réalisée par l'un des deux généticomages auxquels j'ai eu à faire, et qui était le gynécomage de ma mère durant sa grossesse. C'est elle qui a tenu à être suivie par quelqu'un qui était à la fois gynécomage et généticomage, mes parents ayant décidé avant même l'insémination qu'ils auraient recours à un don d'ADN afin que l'enfant à naître ait les traits de mon père. Mais ils n'imaginaient pas que ce don aurait un tel résultat…

- C'est clair, tout le monde te dit que tu es la parfaite copie de ton père…

- Ce sont les cheveux, le front et les sourcils qui font ça. Sinon, j'ai les yeux de ma mère, et je n'en avais pas conscience avant, mais j'ai le nez, le menton, les joues, et la forme du visage de Sirius… J'ai comparé une photo de lui et une photo de moi, et une fois qu'on a repéré ces similitudes, c'est flagrant…

- S'il n'y avait pas eu le don d'ADN, tu aurais été le sosie de ton parrain…

- Sûrement, oui. Mais il y a autre chose dont je veux te faire part à son sujet…

- Ce qu'il a eu le jour où j'ai eu ma séance de duel avec lui ?

- Oui. En fait, sans qu'il ne le sache, il était enceint, et ce jour-là, il a fait une fausse couche.

- Oh…

Ce fut le seul mot que Théo fut capable de prononcer. Il était sous le choc. Mais il s'en remit vite, et tenta d'éclaircir ce qui était pour lui des zones d'ombre :

- Mais… il n'a pas pu tomber enceint comme ça ! Il a dû être sous potions de procréation… Mais tu nous as pourtant dit plus d'une fois qu'avec le professeur Lupin, il préférait attendre que tu aies fini tes études à Poudlard pour avoir des enfants… Ça ne colle pas, cette histoire…

- Il n'y a pas eu de potions de procréation, réfuta Harry. La grossesse de Sirius était naturelle. Il est un porteur né.

- Oh, fit Théo pour la deuxième fois. Je n'avais pas songé à ça… Je suis désolé. S'il n'y avait pas eu cette séance…

- Non, je t'arrête tout de suite, coupa Harry d'un ton ferme. Même s'il n'y avait pas eu cette séance, Sirius aurait perdu le bébé. Elle n'a fait qu'accélérer les choses. Ce sont les émotions et l'agitation des deux jours qui ont précédé la fausse couche qui l'ont provoquée. Elle était quasiment inévitable. Et comme tu l'as si bien mentionné, Sirius et Remus n'avaient pas du tout dans l'optique d'avoir un enfant dans l'immédiat. Ce n'était pas le bon moment. Pour être tout à fait honnête, ils ont été plus déboussolés par le fait que Sirius soit un porteur né que par la fausse couche en elle-même. Tu n'as pas à t'en faire, ils vont bien, et le professeur Snape est là pour veiller sur eux. Il va au Square une à deux fois par semaine pour vérifier qu'ils encaissent bien tout cela. S'il s'aperçoit que ça ne va pas, il les forcera à aller consulter un psychomage. Tout est sous contrôle. Et surtout, tu n'y es pour rien. D'accord ?

Théo hocha la tête.

- Bon, parlons d'autre chose ! Tout à l'heure, il y a un truc que je n'ai pas saisi. Quand Terry nous a révélé le nom de sa chouette, Draco a évoqué une tradition… De quoi s'agit-il ?

- Ah, ça… Chez les sorciers, on a coutume de donner à nos chouettes et à nos hiboux des noms de divinités issues de n'importe quelle mythologie, que ce soit la mythologie grecque, nordique, slave, germanique, gauloise, égyptienne… Ce n'est pas une obligation, mais c'est une tradition à laquelle on est très attachés.

- Je comprends mieux. C'est dommage, si j'avais su, je n'aurais pas appelé ma chouette Hedwige… Mais je ne regrette pas. Ce nom était fait pour elle.

- Je trouve aussi, approuva Théo. Est-ce qu'il y a ce même genre de système, chez les moldus ?

- Pas exactement, mais il y a des pays où chaque année a sa lettre pour l'initiale des noms des chats et des chiens de pure race. Ça suit l'ordre alphabétique.

- Eh bien bon courage pour les années où ce seront les dernières lettres de l'alphabet !

- Ces lettres sont exclues, sinon les propriétaires s'arracheraient trop les cheveux.

- Ah, tant mieux. Si elle avait été dans le monde moldu, ça aurait été une grosse galère pour l'une de mes collègues ! Elle a plein de chats et elle n'a pas d'inspiration pour leurs noms. Ethan se moque d'ailleurs d'elle pour ça… Mais elle est bien défendue par John. Combien de fois il a menacé Ethan de lui jeter un Aguamenti…

Harry sourit.

- Tu as l'air vraiment épanoui auprès de tes collègues… Dis-moi-en plus sur eux !

Théo ne se fit pas prier et fit le portrait à Harry de tous les membres de l'équipe qu'il côtoyait tous les jours. Ce ne fut qu'après un autre milk-shake et un smoothie qu'ils regagnèrent la boutique, où ils assistèrent à l'atelier des oreilles à rallonge qui les fit bien rire, la fausse dispute jouée par deux clients étant si virulente qu'elle paraissait plus que réelle !

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POV George

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La journée n'était pas finie, mais elle était déjà un succès. La boutique ne désemplissait pas, Agathe était rarement inactive à la caisse, et les ateliers suscitaient un grand enthousiasme.

Comme Fred et George l'avaient expliqué à Blaise plus tôt dans l'après-midi, ils faisaient une pause toutes les heures pour que les clients fassent leurs petites emplettes sans rater un atelier qui pourrait leur plaire. Et c'était justement ce qu'ils faisaient actuellement, après la démonstration de la poudre instantanée du Pérou pour Fred, et celle des leurres explosifs pour George. Si Fred profita de cette pause pour rejoindre Agathe, George, lui, ne bougea pas de son stand. Il observait de jeunes enfants s'extasier devant les Boursouflets quand une voix le fit sursauter :

- George ?

Il pivota d'un coup et fit face à Angelina.

- Oui ?

- Je te dérange ?

- Non, pourquoi ?

Le regard d'Angelina s'assombrit.

- J'ai la sensation d'être invisible pour Fred… Je me suis mise bien en évidence lors des ateliers, il a forcément vu que j'étais là, et pas une seule fois ses yeux ne se sont attardés sur moi…

- Il doit rester professionnel, Angelina, ce n'est pas contre toi…

- Mais il aurait pu me consacrer quelques minutes entre deux ateliers, lorsque vous les suspendiez ! Ah mais non, suis-je bête, il était trop occupé à papoter avec la caissière…

- C'est notre employée, lâcha George. C'est normal qu'il s'entretienne avec elle…

- Tu es sûr que ce n'est qu'une employée ?

George fixa Angelina, perplexe.

- Qu'est-ce que tu insinues, là ?

- Qu'ils sont trop à l'aise l'un avec l'autre pour que leurs rapports ne soient que ceux d'un patron et d'une employée…

- On n'a pas le droit d'être amis avec celle qui bosse avec nous ?

- Ce n'est pas très conventionnel… Il y a une hiérarchie et une distance à respecter.

- Tant que ça n'a pas d'impact sur notre travail et sur le bon fonctionnement de la boutique, rien ne nous interdit d'être plus que collègues, décréta George.

- Il n'y a donc rien de plus entre Fred et elle ?

- Est-ce qu'ils ont une attitude qui trahirait une potentielle romance ? Est-ce qu'il y a eu des gestes équivoques ? Est-ce qu'ils se sont embrassés ?

Angelina fit la moue.

- Non, admit-elle. Mais ils sont si complices…

- Agathe est une bonne amie, c'est tout. Fred a été son guide touristique lorsqu'elle est arrivée sur le Chemin de Traverse, ils ont sympathisé, et une amitié s'est nouée entre eux au fil de leurs balades. Mais ce n'est pas allé au-delà de ça. Fred n'aurait pas eu le temps pour plus que ça, de toute façon. Sinon, il n'aurait pas assumé le lendemain matin. La création de la boutique nous pompe toute notre énergie… S'il s'autorise des soirées et des nuits avec toi, c'est parce qu'il n'a pas pu résister. Mais sans être trop indiscret, j'imagine que vous ne batifolez pas toute la nuit…

- Non, en effet, c'est plus le soir que la nuit… Mais je te remercie, tu m'as bien rassurée. Je me suis monté la tête pour rien. Et c'est vrai qu'il a des responsabilités, ici, en tant que gérant. Il ne peut pas se permettre d'aller bécoter son amante dès qu'il a une minute à lui… Ce ne serait pas très sérieux.

- Non, pas trop. Mais dis-moi, tu ne serais pas un peu trop accro à Fred ?

Angelina rougit.

- Non, pas du tout, nia-t-elle.

- Mmmh, fit George, sceptique. Pour moi, une fille qui aimerait avoir toute l'attention d'un mec, qui se méfie d'une fille trop proche de lui à son goût, et qui va se plaindre au frère du mec, c'est plus le comportement d'une fille amoureuse que d'une simple partenaire sexuelle…

- Eh bien c'est que tu n'es pas calé en psychologie féminine, répliqua Angelina.

- Oui, c'est certainement ça, railla George.

- Fred et moi étions camarades de maison, camarades de classe et coéquipiers de Quidditch avant de commencer à coucher ensemble, c'est logique qu'il y ait plus d'affect qu'entre deux amants qui ont une relation basée sur le sexe et qui se connaissent à peine !

- Ouais, ça se défend…

George n'était franchement pas convaincu, et cela n'échappa pas à Angelina qui jugea bon de clore la conversation :

- Bon, je vais y aller, si Fred se souvient de mon existence ce soir, il saura où me trouver…

Angelina s'éclipsa sur ces mots. George s'adossa contre l'étagère derrière lui en soupirant. Il avait eu chaud. Ou, plutôt, Fred avait eu chaud… Bien qu'il eût éloigné les soupçons d'Angelina, George n'était pas fier de lui. Car elle avait flairé la vérité, et même s'il ne lui avait pas menti, il n'avait pas été très honnête avec elle… Mais il se flagellerait plus tard. Là, il avait mieux à faire. Il jeta un coup d'oeil à l'horloge. Il était dix-sept heures. Il était temps de débuter un troisième atelier.

- Mesdames, messieurs, mesdemoiselles, si vous avez été alléchés par la présentation du chaudron farceur ce matin, vous le serez davantage après le spectacle que je vais vous offrir avec l'un d'entre vous !

Aussitôt, une vingtaine, puis une trentaine de clients s'amassèrent devant George. Il allait se tourner vers le carton où était le chaudron quand il vit un visage, dans la foule, qui lui était très familier. Un visage qu'il n'avait pas vu depuis l'été précédent. Un visage qu'il aurait discerné entre mille, même parmi les sept sosies que toute personne était supposée avoir sur Terre. Un visage qui lui manquait chaque jour, même s'il s'ingéniait à ne pas y penser. Le visage de son père. Il crut d'abord qu'il se trompait, mais non, c'était bien lui. Il eut un léger moment de flottement, et le sourire timide, mais sincère que lui fit son père, acheva de le déstabiliser. Il reprit toutefois vite ses esprits, et sans qu'il ne puisse les contrôler, ses lèvres s'étirèrent d'elles-mêmes. Il avait envie de se précipiter vers son père, de l'étreindre à l'en étouffer, de l'inonder de questions, de le gaver de muffins, scones, petits pains et autres, mais il se retint et se recentra sur le carton dont il extirpa le chaudron.

- Qui est volontaire pour tester cet objet ?

Sept mains se levèrent. Ayant mémorisé ceux et celles qui avaient participé à l'un des ateliers qu'il avait animés avant celui-là, George choisit quelqu'un qui n'avait encore rien fait et désigna une fille brune qui, selon lui, avait l'âge de Ginny. Située en plein milieu du public, ce fut laborieux pour elle de se frayer un chemin jusqu'à George, mais elle y parvint.

- Bonjour ! Quel est ton nom ?

- Betty.

- Enchanté, Betty. Moi, c'est Casper.

Betty pouffa, tout comme les trente-sept clients – oui, George les avait comptés. Il faisait la vanne à tous ceux qui expérimentaient les produits, en inventant à chaque fois un autre nom.

- Est-ce que tu es douée, en potions ?

- Oui, c'est l'une de mes matières favorites.

- Tu es en quelle année ?

- Je vais entamer ma cinquième année.

- Ah, j'avais senti que tu étais de la même promotion que Ginny !

- Oui, et on va même être collègues préfètes à la rentrée !

- Oh, tu vas confisquer nos farces à de pauvres élèves qui auront seulement désiré se divertir…

- Uniquement s'ils s'en servent à mauvais escient ou dans des endroits inappropriés.

- Misère… Mais bon, ce n'est pas de ta faute, tu ne feras qu'appliquer le règlement… Quoi qu'il en soit, ici, c'est tout le contraire : on t'incite à en faire usage, de nos farces ! Et en l'occurrence, avec ce chaudron, tu vas essayer de concocter un philtre de confusion.

- Oh, c'est fastoche…

- Avec un chaudron classique, oui, mais avec celui-là, ça va être une autre paire de manches ! Si tu réussis à atteindre la dixième étape, ce sera un exploit !

D'un Accio informulé, George attira à lui une boîte dont il sortit une feuille de parchemin ainsi que des bocaux d'ingrédients.

- À toi de jouer ! lança-t-il à Betty.

La future préfète de Serdaigle s'attela derechef à la tâche. Elle remplit d'eau le chaudron qu'elle fit bouillir et proportionna les doses de chaque ingrédient. Lorsque l'eau fut suffisamment chaude, elle versa quinze grammes d'achillée sternutatoire et s'apprêta à faire de même avec les dix grammes de livèche, mais l'odeur nauséabonde qui se dégagea du chaudron lui fit brusquement faire un bond en arrière. Les autres eurent la même réaction et se couvrirent le nez du mieux qu'ils purent.

- Mais c'est horrible, ce truc ! se plaignit Betty. Ça pue…

- Jette un sort de fragrance, conseilla un garçon un peu plus âgé que Betty.

- Je ne l'ai pas encore étudié…

- Ah… Je m'en charge, déclara le garçon.

Il dégaina sa baguette et visa le chaudron :

- Unguenta !

Un doux parfum vanillé embauma l'air et dissipa les relents qui l'avaient infesté. Betty remercia le jeune homme et regagna sa place. Elle poursuivit la fabrication de la potion en ajoutant la livèche, mais avec beaucoup moins d'assurance que quelques minutes auparavant. Elle avait néanmoins du courage, car elle aurait très bien pu renoncer à l'exercice. Mais elle était curieuse de découvrir tout ce que le chaudron était en mesure de faire pour empêcher quiconque de réaliser correctement une potion, et ce, pour le plus grand bonheur de George. Betty remua ensuite dans le sens des aiguilles d'une montre, mais après deux rotations, elle fronça les sourcils.

- C'est moi ou le volume d'eau diminue ? demanda-t-elle, perplexe.

George vérifia l'intérieur du chaudron.

- Ce n'est pas toi, attesta-t-il, comme si c'était tout à fait ordinaire.

- Mais comment je fais pour préparer une potion si le chaudron perd toute son eau ?!

George dut faire un grand effort pour ne pas éclater de rire.

- Est-ce qu'il y a une issue à ça, au moins ?

- Oui, il y en a une pour toutes les blagues de ce chaudron. Mais il y a un temps imparti.

- Ouais bah d'ici à ce que j'aie une illumination, il n'y aura plus une goutte…

- Tente un Finite, suggéra une fille blonde.

- C'est trop facile… Mais je n'ai que ça, donc bon…

Betty cibla le chaudron :

- Finite !

L'eau cessa immédiatement de s'évaporer. Betty leva la tête et fixa George, stupéfaite.

- Eh oui, parfois, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures ! Bon, par contre, tu n'as plus assez d'eau, là.

- Oui, j'ai été trop longue… Et il n'y a que l'eau qui a disparu ! Pas les ingrédients… Du coup, c'est trop concentré en achillée et en livèche, maintenant… Je n'ai plus qu'à tout recommencer…

Betty vida le chaudron et refit les trois premières étapes. Cette fois, elle put faire la quatrième sans que rien ne se produise, mais quand elle incorpora les dix grammes de cranson officinal, il y eut un «crac», et la mixture se répandit sur le sol, arrachant un cri à Betty qui recula de nouveau vivement pour ne pas salir ses chaussures.

- Mais c'est quoi ce bordel ?!

- Le chaudron fuit, nota Colin Crivey.

- Et qu'est-ce que je fais pour remédier à ça ?!

- Retente un Finite… Sur un malentendu…

Bien que très dubitative, Betty s'exécuta, mais cela n'eut aucun résultat.

- Un Reparo ? hasarda un garçon qui était sûrement de la classe de Betty.

- Ah, pas bête… Reparo !

Cela ne fut pas plus fructueux.

- Un sortilège de soudure ? intervint Théodore Nott.

George réprima de justesse une grimace. Le Serpentard avait la solution. «Pfff, même pas drôle…» songea-t-il, déçu. Mais il se ragaillardit en se disant que, certes, Théo avait le sort, mais que cela ne les avancerait à rien si personne ne savait l'utiliser…

- Si c'est ça, cet objet n'est pas fait pour des élèves de quatrième année ! Je ne suis pas bricomage, moi… Mais s'il y a un pro de la soudure ici…

- Je ne suis pas un expert, mais je maîtrise le sort, annonça Théo.

George écarquilla les yeux. Ce n'était pas possible ! Incrédule, il vit Théo déloger sa baguette de sa manche et cibler le bas du chaudron :

- Implumbo !

La faille se colmata aussitôt. Ah bah si, c'était possible… Au grand désarroi de George. Mais il n'en tint pas rigueur à Théo. Car, en vrai, il était impressionné. Et puis, il avait été d'un grand secours, le matin-même, avec trois de ses collègues… En fait, il était difficile d'avoir de la rancoeur envers ce garçon. Théo était l'ami que tout le monde souhaiterait avoir. Il était gentil, loyal, généreux, discret, dévoué, brave, rigoureux, audacieux, intelligent, talentueux… Il était membre de la bande dont Ron et Ginny faisaient partie, il était l'un des meilleurs amis de la petite-amie de Ron et du petit-ami de Ginny, et George était content que son frère et sa sœur aient un ami comme lui.

Fair-play, il n'hésita pas à le féliciter :

- Beau travail, complimenta-t-il. Finalement, à vous tous, vous seriez bien capables d'aller jusqu'à la dixième étape…

- Ouh là, pas si vite, modéra Betty. Si je dois refaire la potion à chaque fois que je fais une étape de plus, pas sûr que j'aie la patience de le faire dix mille fois…

- Tu n'auras pas le temps, de toute manière. L'atelier sera clôturé bien avant…

Betty acquiesça et répéta les cinq premières étapes. George rit sous cape face à l'appréhension qui se lisait sur ses traits tandis qu'elle inclinait le bol de vingt centilitres de belladone qui s'écoulèrent dans le chaudron. Mais rien ne se passa. Elle ne baissa cependant pas sa vigilance, et elle eut raison, car lors de la sixième étape qui consistait à remuer sept fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, sa spatule se bloqua au bout du quatrième tour. Elle la poussa à gauche, à droite, en avant, en arrière, mais rien n'y fit. Elle demeura fichée au fond du chaudron.

- Elle est coincée, se lamenta Betty. Et je n'ose pas y aller trop fort…

- La spatule est incassable, informa George. Mais ça ne va pas te servir à grand-chose de t'acharner dessus…

- Oui, je me doute bien… C'est pour ça que j'ai arrêté. Bon, il y a forcément un sort pour détacher la spatule… Oh, le sortilège d'expulsion ! Repulso !

Le sort n'eut aucun impact sur la spatule. Betty s'adressa au public :

- Qui a un plan ?

- Il y a bien le sort de terrassement et de pression, mais ça va abîmer le chaudron, regretta Michaël Corner.

- C'est quoi, ces sorts ?

- Ce sont des sorts de creusage. Ils ont le même but, mais pas le même procédé. Avec de la chance, ça libérerait la spatule, mais ça endommagerait le chaudron…

- Oh, ce serait si triste pour ce chaudron qui ne nous a absolument rien fait, ironisa Betty.

- Ouh là, tu ne serais pas un peu rancunière, toi ? se moqua gentiment George.

- Je n'ai pas des raisons de l'être ?! Ce chaudron m'humilie et veut me rendre folle !

- Techniquement, il n'a rien fait. C'est mon frère et moi qui l'avons ensorcelé. Bon, est-ce que l'un d'entre vous a une idée ?

- Oui, et c'est tout bête, mais c'est un sort qu'on nous enseigne en cinquième année, comme le sort de fragrance, précisa Graham.

- Super, grommela Betty. En gros, si on a moins de quinze ans, on n'a pas tous les outils requis pour se battre contre ce chaudron…

- Disons qu'à la base, il est fait pour embêter la personne à qui on l'offre, et la personne est censée se démener pour faire sa potion, pas pour affronter tous les pièges… Ça, c'est pour les plus aguerris qui aiment les défis. Mais ce qui est bien, là, c'est que tu as plein de gens pour t'aider !

- Oui, je ne serais pas allée plus loin que la troisième étape si j'avais été toute seule…

- T'inquiète, les pièges se désactivent d'eux-mêmes après quelques minutes. Ce qui doit désormais être le cas avec la spatule… Mais tant qu'ils ne sont pas contrés, ils récidivent, et ce, en alternance avec les autres. Sinon, ce ne serait pas marrant ! Vas-y, touche la spatule.

Betty mania l'ustensile qui n'était effectivement plus enracinée dans le chaudron. Betty fit les trois tours qu'elle n'avait pas pu faire et laissa la potion chauffer à soixante degrés.

- Bon, on a huit minutes devant nous… C'était quoi, le sort, du coup ?

- C'était le sort de décollement, révéla Graham. Et la formule est Deglutino.

- Oh, ce n'est pas dur à mémoriser… Si la spatule renoue avec le fond du chaudron, tu voudras bien les séparer ?

- Oui, c'est largement dans mes cordes !

- Merci. Franchement, c'est nul qu'on nous apprenne ces sorts si tard… Il y a quoi, au programme de la cinquième année ?

Betty et les autres clients occupèrent les huit minutes d'ébullition en parlant des sorts qui étaient vus en cinquième, sixième et septième année, les plus âgés y allant de leurs anecdotes concernant leurs expériences avec l'un d'entre eux. Puis Betty ajouta un par un les cinq brins de valériane. À peine le cinquième fut-il dans la mixture que le chaudron se décala soudainement à gauche, faisant sursauter Betty. Prudente, elle plaqua ses deux mains autour du chaudron pour l'empêcher de refaire la même chose, mais il se déporta brusquement sur la droite.

- Mais tiens-toi tranquille ! s'exclama-t-elle, exaspérée.

- Décoche-lui un Immobulus…

Betty jeta le sort soumis par Katie Bell, et elle fut clairement soulagée lorsque le chaudron se calma. Elle versa quinze centilitres d'eau du fleuve Léthé, mais elle n'eut pas le temps de tout mettre que le chaudron se mit à pivoter violemment sur lui-même.

- Ah, c'est bon, j'abandonne, c'est trop galère, ce truc ! s'écria Betty. Mais quand je me serai fait la main sur tous les sorts nécessaires pour dompter ce chaudron, je m'en achèterai un, et je viendrai à bout de toutes ses frasques !

- Beau challenge ! Mais en attendant, tu abdiques ?

- Oui, confirma Betty à contrecoeur.

- Bien. Chaudron, vainqueur ! claironna George. Mais tu t'es bien défendue.

- Parce qu'il y avait les autres… Mais c'était cool de faire ça tous ensemble.

- Oui, on pouvait tous participer, c'était chouette !

- Et c'était plus dynamique pour nous !

- Et on a bien ri…

- Ce chaudron est une terreur, mais en tant que spectateur, qu'est-ce qu'on rigole !

- Et ce qui est bien, c'est qu'on ne sait jamais quand il va frapper ! Car il y a des étapes où il ne fait rien, où il est sage, et bam, d'un coup, il fait des siennes ! Et il y a toute une multitude de facéties…

George sourit face à l'enthousiasme des clients.

- Ravi que ça vous ait plu ! Merci à tous d'avoir joué le jeu. Et un grand bravo à Betty qui a été très persévérante !

Betty rejoignit le public sous les applaudissements de celui-ci.

- Bon, normalement, les ateliers durent une heure, mais comme Fred et moi n'en faisons plus qu'un après, qu'on va finir les ateliers vers vingt heures, et qu'il n'est que dix-sept heures quarante-cinq, on a le temps de faire une autre potion avec le chaudron farceur… Hé, Fred !

À quelques mètres de George, Fred se retourna.

- Oui ?

- Avec les pauses qu'on a faites, ça a tout chamboulé dans l'organisation des ateliers. Et comme on n'a fait qu'une demie-heure de démonstration avec certains articles, afin que ce ne soit pas trop long et répétitif, on n'a plus qu'un atelier à faire après ceux qu'on fait actuellement, et il n'est même pas dix-huit heures… Du coup, je vais faire une heure et demie avec le chaudron farceur, et je ferai de même avec le pendu réutilisable.

- Ça marche ! Je vais faire pareil avec les oreilles à rallonge et les tours de magie moldus. Ça tombe bien qu'on fasse traîner les deux derniers ateliers, les oreilles à rallonge font un carton, notamment grâce aux discussions totalement improvisées. On a de vrais comédiens, ici !

- Des vocations seraient-elles nées ?

- Peut-être ! Bon, on fait comme ça, et on stoppe à vingt heures.

George leva le pouce en l'air et se recentra sur les visiteurs regroupés devant lui.

- Qui se mouille pour la deuxième potion ?

Cinq personnes se manifestèrent, et ce fut un garçon un peu plus jeune que Betty qui fut choisi par George. Comme avec Betty, George lui posa plusieurs questions, et il sut ainsi que l'adolescent était un futur élève de troisième année à Gryffondor. Comme il avait deux ans de moins que Betty et que, par conséquent, il connaissait moins de sorts qu'elle, il y eut encore plus d'interactions avec les plus grands, ce qui généra une partie très animée. George pensa que c'était probablement l'atelier le plus excitant de la journée, mais il fut détrompé par celui qu'il fit juste après. C'était l'invention que les élèves de Poudlard avaient le plus hâte de tester, et ils ne furent pas déçus ! Si, au tout début, ils se contentèrent d'essayer de trouver collectivement les sorts ou les formules, un esprit de compétition s'installa petit à petit, et ce fut bientôt à celui ou celle qui crierait en premier la bonne réponse. Oui, car dès que la moitié des lettres avaient été dévoilées, le volume sonore avait tendance à parvenir à un assez haut niveau de décibels ! Si bien que, pour rire, Fred pria son frère de faire moins de bruit avec ses clients, ce à quoi George rétorqua avec le même humour qu'il n'avait qu'à s'enfermer dans une bulle de silence avec ses clients à lui. «Chacun ses affaires, de son côté, avec ses adeptes, et les hippogriffes seront bien gardés !» scanda-t-il d'un ton véhément, provoquant l'hilarité générale. Ce fut donc dans une ambiance joviale et bon enfant que s'acheva l'inauguration. Mais pas la journée ! Car il y avait les comptes à faire, la boutique à nettoyer et à ranger, les rayons à réapprovisionner… Les jumeaux n'étaient pas près de se coucher ! Et au milieu de tout cela, il y avait leur père avec qui ils allaient avoir une longue conversation… La soirée promettait d'être très mouvementée, et riche en émotions…

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous a plu ! L'inauguration en elle-même est terminée, mais la journée va se prolonger avec la soirée de plusieurs personnages, dont celle de Fred, George, Olivier, Arthur et Agathe, comme le laisse entendre la fin de ce chapitre… Mais après le chapitre qui sera publié dans trois semaines, on change de journée, promis XD

Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 17 septembre pour la parution du prochain chapitre intitulé «Soirée post-inauguration». D'ici là, je vous souhaite de passer de bonnes semaines, ainsi qu'une bonne rentrée pour ceux et celles qui retournent en cours ! Et une bonne reprise du travail s'il y en a, parmi vous, qui ont pris des vacances et qui reprennent le boulot en même temps que la rentrée :) Mais quoi que vous fassiez, bon courage à tous ! Prenez soin de vous, je vous embrasse fort, et plein de bisous tout le monde !