Bonjour à toutes et à tous, on se retrouve aujourd'hui pour le onzième chapitre de SAMLD !

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Sarah MAES : Le père de Justin est un être infâme, la tolérance est un mot qui ne lui est pas du tout familier… Et effectivement, il y a un gros contraste entre Mr Finch-Fletchley et les Parker !

Le mariage est pour très bientôt ! Enfin, dans la fic, tout du moins, car le chapitre où il aura lieu ne sera pas publié tout de suite XD

La suite est là, j'espère qu'elle te plaira ! =D

Essaidel : Elle sort de nulle part, cette demande en mariage XD C'est à croire qu'ils n'attendaient que ça, oui ! Alors qu'en réalité, ils n'y pensaient pas du tout avant que Sirius ne mette le sujet sur le tapis XD

Oui, ça prouve que c'est du solide, entre Sirius et Remus… Bon, ce n'est pas comme s'ils avaient vraiment le choix, avec cette histoire de compagnon attitré x)

Ravie que tu aies aimé la réunion entre Severus et les différents chefs de service ! Je trouve ça aussi très intéressant, et ça change, car on le connaît bien, maintenant, le Severus professeur, médicomage ou psychomage XD Là, on voit un autre côté de son rôle de potionniste…

C'est super gentil, merci beaucoup ! *-*

Tu es bien sympa, avec le père de Justin XD Il mériterait tout un tas d'insultes, mais on va rester politiquement correct XD

J'ai suivi le conseil que vous m'avez tous donné : prendre mon temps XD Tout en écrivant dès que j'en avais l'occasion x)

Merci à toi pour ta review, et pour tes messages, ça me fait extrêmement plaisir ! Et je n'oublie pas ton message, j'attends juste d'avoir le temps de me poser dix minutes pour m'y consacrer à fond !

mimibou : Merciiii, j'espère qu'il en sera de même pour toi !

Oui, il y a un truc qui cloche avec Amelia ! Et bien sûr que Severus ne va pas lâcher l'affaire aussi facilement XD

Tu as tout bien résumé au sujet des expéditions ! Il y a tant d'avantages à aller chercher soi-même les ingrédients… Pas besoin de les payer (c'est gratuit!), ça nous met en lien avec la nature, on peut juger sur place de la qualité des ingrédients… Et c'est clair que ça fera de super bons souvenirs pour Severus et Draco !

Pour Forester, il n'y a plus grand-chose à découvrir, mais on saura ce qu'il adviendra d'elle !

Oui, ça m'a fait du bien de ne pas avoir cette pression de respecter une date fixée, j'ai pu y aller à mon rythme, mais les reviews m'ont énormément encouragée et motivée !

tyffaine bally : ta patience a été récompensée XD Ouiiii, c'était le tout premier POV Justin de l'été !Il était temps qu'on ait de ses nouvelles ! Ooooh, je suis heureuse de te l'avoir fait aimer ! C'est vrai que dans la saga, à part dans le deuxième livre/film, on ne le voit pas beaucoup… Ah, si, dans le 4e livre, mais c'est encore pour s'en prendre à Harry… La voilà, la suite ! XD

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Merci à vous quatre pour vos reviews, c'est toujours un plaisir de vous lire ! Et merci à tous ceux qui continuent à suivre cette histoire ! =)

Sur ce, je vais vous laisser avec le nouveau chapitre, et je vous souhaite une agréable lecture !

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11 – Rattrapages, 1ère fois et pédiatrimagie

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(lundi 15/07) POV Ron

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- Tu as bien toutes tes affaires ? Ton parchemin, ton encrier, tes plumes, tes ingrédients…

- Oui, tout est dans mon sac. Et pour les ingrédients, il y en aura à disposition.

- Les ingrédients, oui, mais la balance, par contre… Tu l'as bien sur toi ?!

Ron retint un soupir.

- J'ai vérifié trois fois mon sac, maman. Je n'ai rien oublié.

- Arrête de l'embêter, Molly, intervint Arthur. C'est lui qui devrait être stressé, pas toi !

- Mais c'est la première fois qu'il va aux rattrapages… C'est son admission en cours de potions en sixième année qui est en jeu ! S'il est recalé, plein de formations lui seront inaccessibles…

- Il a bossé dur et il a tout son matériel sur lui. Il va l'avoir, son Effort Exceptionnel. Bon, je file au Ministère. Bonne chance, Ron. Et ne t'en fais pas : quelle que soit la note que tu auras, nous serons fiers de toi.

Arthur accompagna ces mots d'une tape affectueuse dans le dos de Ron, puis il s'en alla. Ron était touché par ce que lui avait dit son père. Mais il était bien résolu à avoir un Effort Exceptionnel, et il l'aurait ! Craignant que sa mère ne se remette à l'infantiliser, il jugea bon d'imiter son père :

- Je vais y aller aussi. À ce soir.

Ron attrapa son sac, le jeta sur son épaule et quitta le Terrier. Comme la cheminée n'était pas reliée à celle du centre de rattrapages, il était obligé d'utiliser le Magicobus. Il agita sa baguette et recula d'un pas quand le bus apparut à un mètre de lui. Il monta à bord et s'agrippa à une barre de maintien lorsque le véhicule démarra en trombe. Si l'on empruntait le Magicobus, mieux valait avoir le coeur bien accroché ! Bien qu'il fût un moyen de transport très rapide, bondissant plus qu'il ne roulait, le trajet fut néanmoins assez long, car Otter's School, le centre de rattrapages, était situé à Aberdeen, en Écosse, tandis que Loutry Ste-Chaspoule, où vivait Ron, était une ville du Devon, en Angleterre. Ron franchit malgré tout les portes d'Otter's School à huit heures vingt, soit quarante minutes avant l'heure de l'épreuve théorique de potions. Il était largement en avance.

Otter's School était une très belle école. Cela n'était guère étonnant, Aberdeen étant l'une des villes les plus riches du Royaume-Uni. Otter's School tirait son nom du fait qu'elle était à proximité de la Dee, une rivière qui servait de refuge aux loutres. Il y avait un réel intérêt pour ces animaux, intérêt illustré par les dizaines de peintures animées, de tableaux et de sculptures qui les représentaient. Ces œuvres étaient dispersées dans les trois étages de l'école, et s'harmonisaient très bien avec les autres éléments de décoration.

Même s'il était tôt, il y avait du monde dans le hall. D'après ce que Ron avait entendu, les élèves de toutes années confondues étaient réunis dans la même salle. Cela permettait de ne pas réquisitionner trop d'examinateurs, qui n'étaient pas en nombre suffisant pour superviser les examens de Poudlard et de toutes les écoles de formation.

Dans le hall, la première personne que vit Ron fut Ernie. Il se dirigea vers lui sans hésiter.

- Hey, Ernie ! Comment vas-tu ?

Ernie se retourna et sourit.

- Bien, et toi ?

- Ça va. Tu n'es pas trop fatigué ? Car la semaine dernière, tu as dû enchaîner les examens…

- Oui, mais ce n'était pas si épuisant que ça, car je n'ai pas eu des journées de huit heures à dix-sept heures non-stop… Lundi, de huit à onze, j'ai eu la théorie de la botanique, et de seize à dix-huit, la pratique. Le mardi, en toute fin de matinée, j'ai eu la pratique de sortilèges; le mercredi, en début de matinée, j'ai eu la pratique de Défense Contre les Forces du Mal, et la pratique de métamorphose en milieu d'après-midi; le jeudi, de huit à dix, j'ai eu l'histoire de la magie, de treize à seize, la théorie des sortilèges, et en début de nuit, l'astronomie; et le vendredi, de huit à onze, j'ai eu la théorie de la Défense Contre les Forces du Mal, et de quatorze à dix-sept, la théorie de métamorphose. Certes, ça me faisait des examens tous les jours, mais comme la pratique des sortilèges, de Défense Contre les Forces du Mal et de métamorphose ne dure que dix minutes, mon emploi du temps n'était pas trop chargé.

- Tant mieux ! Du coup, après les potions, tu n'auras plus que tes options ?

- C'est ça.

- Et tu penses avoir bien géré les examens ?

- Honnêtement, oui.

- Tu souhaites conserver quelles matières, pour la sixième année, en plus de l'histoire de la magie et des sortilèges ?

- La botanique, la Défense Contre les Forces du Mal, la métamorphose, les potions, l'arithmancie et les runes.

- Ah ouais, rien que ça ! Ça te fait huit matières en tout… Ah non, neuf, avec le duel ! Mais pas lors des premiers mois…

- Non, je ne serai de retour en duel qu'en janvier, si tout va bien.

- Et pour les rondes ?

- Début décembre, mais je serai apte à accomplir mes autres fonctions de préfet.

- Cool ! Ce sont les petits qui vont être contents… Justin disait que tu leur manquais. Ils avaient du mal à s'endormir le soir car tu n'étais pas là… Ils sont trop mignons. À Gryffondor, les première et les deuxième année sont moins attachés aux préfets, même si, cette année, chez les garçons, il y en avait deux ou trois qui avaient souvent besoin d'être rassurés. Oh, il y a Neville !

Ron fit signe à Neville qui était fraîchement arrivé, et qui hésita légèrement avant de rejoindre Ron et Ernie.

- Salut, Neville ! Comment vas-tu ? s'enquit Ron.

- Bien, même si je suis là pour rien…

- Comment ça ?

- J'ai l'intention de redoubler. Mais comme on doit repasser toutes les matières où on n'a pas eu la moyenne, quel que soit notre projet pour l'année suivante…

- C'est au cas où on changerait d'avis après les rattrapages… Mais ça va faire un vide, sans toi, dans le dortoir… Car tu vas rester dans celui des cinquième année ?

- Oui, et ça va me faire également bizarre… Mais je serai avec des Gryffondor que je croise tous les jours dans la salle commune, ce n'est pas comme si ce seront des inconnus…

- Non, c'est clair…

Ron admirait la positivité de Neville. À sa place, il serait moins serein… Il était trop bien avec ses voisins pour s'imaginer en avoir d'autres ! Il était triste à la perspective qu'en septembre, Neville ne serait plus dans le dortoir… Cela faisait désormais cinq ans que Ron était avec Harry, Dean, Seamus et Neville en cours, la journée, à la table des Gryffondor, dans la Grande Salle, lors des repas, dans la salle commune, le matin et le soir, dans le dortoir, la nuit, et bien qu'il y ait parfois eu des petites embrouilles, leur union était demeurée intacte… Et Ron avait tant de bons souvenirs avec ses quatre camarades ! Les batailles de polochons, les soirées de dégustations de friandises achetées à Pré-au-Lard, les longues conversations jusqu'à deux heures du matin, faites d'anecdotes et de confidences, les soirées de jeux d'échecs, de batailles explosives et de cartes auto-battantes… Tout cela n'aurait plus le même goût sans Neville… Mais l'essentiel était qu'il fasse le bon choix pour sa scolarité.

- Mais si tu redoubles, tu n'auras plus le même binôme, songea Ernie.

- Je vais en avoir un autre, oui, mais ça n'aura pas d'impact pour Isabel. Elle ne sera plus à Poudlard l'année prochaine, révéla Neville. La formation qu'elle convoite s'entame avant les ASPIC, car il y a des acquis à avoir qui ne s'obtiennent qu'en faisant des stages. Ce qui est inconciliable avec une instruction à Poudlard… En la continuant à domicile, elle pourra faire ces stages.

- Oh… C'est bien pour elle. Ce sera très professionnalisant. Bon, il n'y aura pas qu'à Gryffondor où un lit sera vacant dans le dortoir…

- Oh ça non ! certifia Ernie. Je suis là depuis huit heures et j'ai bavardé avec Wayne et Sally-Anne. Comme Neville, Wayne désire redoubler, et comme Isabel, Sally-Anne va faire cours chez elle pour la même raison.

- Ça va tout chambouler chez les binômes…

- Même sans ça, ils vont être reconstitués. Car les binômes ne vont pas forcément garder les mêmes matières, souligna Ernie.

- Ça va être un casse-tête pour les professeurs dont les matières sont concernées !

- Oui, cet été, il vont en avoir, des réunions à Poudlard…

- Et à part ça, le métier de professeur est un métier de fainéants, ironisa Ron. Ah, il y a Roger Curtis et Sophie Roper… On les appelle ?

Ernie et Neville acquiescèrent. Ron héla les deux Poufsouffle qui vinrent vers eux.

- Il y a tous les cinquième année ici ou quoi ? plaisanta Roger.

- Ben, les potions, c'est la bête noire de plein d'élèves… Entre ceux qui n'ont pas eu la moyenne, et ceux qui n'ont pas eu la note exigée pour être admis en cours de potions en sixième année…

- C'est pour le second cas que Roger et moi sommes là, déclara Sophie. J'ai eu treize en potions, et comme je ne suis pas fixée sur la formation que je ferai après Poudlard, j'aimerais avoir un ASPIC en botanique, Défense Contre les Forces du Mal, métamorphose, potions et sortilèges…

- Et moi, j'ai eu douze et demi, et pour ma future formation, ce serait bien que j'ai au minimum un Acceptable en potions aux ASPIC, renchérit Roger. Et c'est pareil pour Sally Smith. Mais ça va être compliqué pour elle qui a eu onze aux BUSE et qui a toujours galéré en potions…

- Mais on est combien, au total ? s'intrigua Ron.

- Euh… Il y a nous cinq, Sally Smith, Wayne Hopkins, Sally-Anne Perks…

- Et j'ai aperçu Crabbe, Goyle et Megan Jones, signala Sophie.

- Avec eux trois, ça fait dix, calcula Ernie. Un quart de la promotion…

- Eh bé, ça en fait, du monde… Bon, et si on allait à notre salle ? suggéra Ron.

Ses quatre camarades approuvèrent. Ils descendirent les escaliers, leur salle d'examen était dans un cachot, comme à Poudlard. Constatant qu'elle était ouverte, ils y entrèrent et s'y installèrent. Durant les vingt minutes qui s'égrenèrent, des élèves de tout âge s'engouffrèrent un par un dans le cachot. Peu avant neuf heures, Mr Keegan, l'examinateur, distribua les copies et les sujets, et à neuf heures tapantes, il annonça aux élèves de première, deuxième, troisième et quatrième année qu'ils avaient deux heures, et à ceux de cinquième, sixième et septième année qu'ils avaient trois heures. Ron ne perdit pas une seconde et lut la feuille qui lui avait été donnée :

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Questions de cours :

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1) Citez deux potions d'entretien ménagères. (1 point)

2) Quels sont les quatre ingrédients de l'herbicide ? (2 points)

3) Quel est l'effet de la goutte bâillon ? De quelle manière se fait-il ressentir ? (1 point)

4) Citez trois effets du baume de chiendent étoilé. (1,5 point)

5) Qui est la pionnière des potions de beauté ? Quels sont les deux types de cette potion ? Quel est le problème cutané contre lequel l'un d'eux permet de lutter ? Grâce à quel ingrédient ? (2,5 points)

6) À quoi sert la potion capillaire Lissenplis ? Par qui a-t-elle été créée ? En quoi diffère-t-elle de la potion Capillours ? En quoi cette potion peut-elle être à la fois bénéfique et néfaste ? (3 points)

7) Citez quatre propriétés médicinales de la menthe poivrée. (2 points)

8) Citez quatre baumes et précisez leur utilité. (2 points)

9) Quelles sont les différences entre le philtre calmant, le philtre de paix, et le philtre de relaxation ? (3 points)

10) L'ongle de griffon est un des ingrédients du philtre calmant, mais aussi du philtre revigorant, de la potion de puissance et de la solution de force. Comment est-ce possible, le philtre calmant ayant un effet opposé à ceux des trois autres potions ? (2 points)

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Sujet : Vous composerez sur le baume à bec, en spécifiant ses effets, les consignes d'application, les créatures sur lesquelles il est utilisé, les créatures sur lesquelles il ne l'est pas et pourquoi, et les cas dans lesquels il est employé. Minimum de 30 centimètres de parchemin. (10 points)

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Bon, cela allait être faisable pour Ron d'avoir un Effort Exceptionnel en théorie. Il traita les sept premières questions d'un coup, en citant la potion de nettoyage et le nettoie-tout magique de la mère Grattesec pour les potions d'entretien ménagères, et le poisson-diable, le mucus de veracrasse, le jus de Horglup et l'ingrédient standard pour les ingrédients de l'herbicide. Il indiqua que la goutte bâillon empêchait de parler par inhalation de vapeurs, que le baume de chiendent étoilé avait, entre autres, des propriétés antitussives, anti-infectieuses et anti-inflammatoires, que Sacharissa Tugwood était la pionnière des potions de beauté, qui étaient divisées en deux types – le premier qui soignait l'aspect et l'acné grâce au pus de bubobulb, et le second qui masquait totalement l'aspect – il écrivit que la potion capillaire Lissenplis, créée par Fleamont Potter, rendait les cheveux lisses et soyeux, ce qui la distinguait de la potion Capillours, qui favorisait la croissance des cheveux. Il précisa que si ceci était bénéfique pour les personnes désirant avoir des cheveux plus longs, c'était en revanche néfaste si la potion était mal dosée, car cela engendrait une croissance incontrôlable. Pour la menthe poivrée, il y avait tant de propriétés médicinales que Ron dut faire une sélection très restrictive ! Il opta pour l'effet antalgique, antispasmodique, expectorant et digestif. Les choses se corsèrent pour la huitième question. Il énuméra les baumes qu'il avait en tête : le baume de polissage (qui lustrait les meubles), le baume d'asclépiade tubéreuse (qui apaisait les problèmes respiratoires et la fièvre), le baume de lewisie brûlante (qui soulageait les maux de gorge) et le baume de pâquerettes. Ce fut ce baume qui bloqua Ron. Selon son utilisation, il désinfectait et cicatrisait les plaies, mais il avait d'autres qualités que Ron avait oubliées. Pour la neuvième question, Ron avait bien à l'esprit que le philtre calmant, le philtre de relaxation et le philtre de paix n'agissaient pas sur les mêmes troubles, et que le philtre de paix était bien plus puissant que les deux autres philtres, mais il ne put assimiler tel trouble à tel philtre. Cela alla mieux pour lui avec la dixième question. Il expliqua qu'associé à la pierre de lune, à la rosée de lune ou aux deux à la fois (comme dans le philtre calmant), l'ongle de griffon perdait ses propriétés énergisantes, réagissait fortement avec ces deux ingrédients et imitait leurs effets. C'était un ingrédient caméléon. «Bon, les questions, c'est fait» se réjouit Ron. Il allait maintenant s'attaquer au sujet, qui lui inspirait confiance. Dans les grandes lignes, il exposa que le baume à bec soignait le bec des créatures magiques, telles que les Augureys, les Diricos, les Phénix, les Focifères ou les Occamys, à l'exception des griffons et des hippogriffes, qui avaient un bec plus dur et plus résistant. Il mentionna que l'usage de ce baume était compatible avec les contusions, les plaies, les fissures, les coupures, qu'il fallait appliquer ce baume avec une cuillère à café sur la zone endommagée toutes les heures jusqu'à guérison, et que s'il y avait une infection et qu'elle persistait au-delà de dix jours, il était préconisé de mélanger ce baume avec une solution saline. Il nota tout ce qu'il avait en mémoire, et fit vingt-huit centimètres de parchemin. Ce n'étaient pas les trente requis, mais cela ferait l'affaire. Après avoir relu sa copie, il la restitua à Mr Keegan et sortit du cachot. Un Tempus lui signala qu'il était presque midi. Tant mieux, il avait hyper faim ! En allant aux cachots, Neville, qui était un habitué des rattrapages, avait informé Ron, Ernie, Sophie et Roger qu'il y avait un réfectoire et qu'il était accessible à tous. Mais il avait omis de leur fournir sa localisation… Ron décida de l'attendre, lui et les autres. Ernie et Neville furent les premiers à quitter le cachot, puis il y eut Sophie et Roger. Ainsi au complet, la petite bande alla au réfectoire, guidée par Neville. Ce fut avec appétit qu'ils mangèrent tout en discutant, devant récupérer des forces pour l'épreuve pratique de l'après-midi !

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À treize heures quarante-cinq, ils revinrent aux cachots. La pratique avait lieu dans le même cachot que la matinée. Et comme pour la théorie, ils étaient tous réunis. Otter's School étant avant tout une école de formation, il n'y avait pas que les élèves de Poudlard qui y étaient accueillis pour leurs rattrapages, mais également les étudiants de l'école elle-même. Ils étaient regroupés en deux salles séparées, ce qui faisait que les jeunes sorciers de Poudlard étaient cinquante-cinq dans la leur. Heureusement, elle était immense ! C'était un cachot universitaire, bien plus grand et très différent de ceux de Poudlard, et le matin-même, cela avait impressionné Ron.

Ron, Neville, Ernie, Roger et Sophie entrèrent dans le cachot et regagnèrent leur place. Ron vit que le tableau était masqué par un rideau, et devina que les noms des potions à concocter étaient cachés dessous. À quatorze heures pile, l'examinateur leva la toile, et effectivement, les sept potions étaient inscrites sur le tableau :

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1ère année : remède contre les furoncles

2e année : potion de babillage

3e année : potion Trismus

4e année : potion d'Aiguise-Méninges

5e année : antidote à l'apocyn

6e année : élixir d'euphorie

7e année : potion Oculus

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L'appréhension qui avait envahit Ron se volatilisa à la vue de la potion des cinquième année. L'antidote à l'apocyn était l'une des potions sur lesquelles il s'était entraîné avec Pansy. Et elle était loin d'être la plus difficile. Il n'y avait que la sauge et la menthe poivrée à réduire en poudre, et les thorax de coquelicot à couper. Ce qui allait être plus ardu, c'était le rapport à écrire. Comme c'était un antidote, il était essentiel de faire un premier paragraphe sur les dangers de l'apocyn, et de faire constamment le lien entre l'antidote et les conséquences toxiques de la plante. Mais il avait travaillé dessus avec Pansy, et n'était pas trop inquiet. Détendu, il lut attentivement la liste d'ingrédients et la recette :

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Ingrédients :

- 15 brins de valériane

- 20 grammes de polygonum

- 40 grammes de sauge

- 20 grammes de thorax de coquelicot

- 20 grammes de menthe poivrée

- 40 cl d'huile de lavande

- 40 cl d'huile de rose

- 30 cl de sirop d'ellébore

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Recette :

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1) Remplir d'eau le chaudron aux trois quarts et faire chauffer à 50°

2) Verser 20 grammes de thorax de coquelicot

3) Ajouter 20 cl d'huile de lavande

4) Remuer 5 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

5) Incorporer 20 grammes de menthe poivrée

6) Verser 20 cl d'huile de rose

7) Remuer 5 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

8) Laisser chauffer pendant 7 minutes à 55°

9) Ajouter 20 grammes de sauge

10) Verser 20 cl de sirop d'ellébore

11) Remuer 4 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

12) Incorporer 20 grammes de polygonum

13) Verser 20 cl d'huile de lavande

14) Remuer 5 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

15) Laisser chauffer pendant 6 minutes à 60°

16) Ajouter 20 grammes de sauge

17) Verser 20 cl d'huile de rose

18) Remuer 5 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

19) Incorporer 15 brins de valériane

20) Remuer 3 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

21) Laisser chauffer pendant 7 minutes à 65°

22) Verser 20 cl de sirop d'ellébore

23) Remuer 5 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

24) Laisser chauffer pendant 8 minutes à 65°

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Ron lança un Aguamenti dans son chaudron, et comme l'eau n'allait pas être chaude tout de suite, il s'occupa de ses ingrédients. Il hacha la sauge et la menthe poivrée, et émietta les thorax de coquelicot. Il fit son introduction et dévoila que l'apocyn provoquait de la diarrhée, de la dermatite allergique, une vision en vert et jaune, une urine excessive, des étourdissements, des vomissements et des sueurs froides, et que tous ces désagréments étaient effacés en quelques heures par l'antidote. Une fois l'eau à ébullition, il versa les vingt grammes de thorax de coquelicot et les vingt centilitres d'huile de lavande dans le chaudron. Il fit cinq tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, ajouta vingt grammes de menthe poivrée et vingt centilitres d'huile de rose, et remua cinq fois dans l'autre sens. Durant les sept minutes de mijotage, il gratta sur son parchemin ses remarques sur les sept premières étapes. Puis il incorpora les vingt grammes de sauge et les vingt centilitres de sirop d'ellébore, et mélangea quatre fois dans le sens indiqué. Il intégra vingt grammes de polygonum et vingt centilitres d'huile de lavande, et tandis qu'il brassait la mixture dans le sens inverse, il fronça les sourcils en voyant qu'elle était un peu trop solide. Il regarda les ingrédients qu'il avait égrugés et grimaça : la sauge et la menthe poivrée n'avaient pas été assez morcelées pour en faire de la poudre. C'était le défaut qu'il avait eu le plus de mal à corriger avec Pansy au cours de leurs séances. Mais ce n'était pas si grave : cela ne lui enlèverait qu'un ou deux points. Il augmenta à soixante degrés la température du feu et pendant que la potion bouillonnait, il griffonna ses observations sur sa copie. Six minutes plus tard, il jeta vingt grammes de sauge et vingt centilitres d'huile de rose, et fit deux tours dans le sens des aiguilles d'une montre avant de changer de rotation en relisant les consignes et en s'apercevant de son erreur. Le stress monta en lui. Il accumulait les étourderies. Il agrémenta la potion de quinze brins de valériane et remua trois fois dans le sens adéquat. Il éleva le feu de cinq degrés supplémentaires et continua à rédiger son rapport. Il fut tellement accaparé par ses analyses qu'il fit chauffer la potion trois minutes de trop. Il pesta contre lui-même, fit couler vingt centilitres de sirop d'ellébore, remua cinq fois dans le sens des aiguilles d'une montre et fit cuire huit minutes à soixante-cinq degrés. Lorsqu'il éteignit le feu, la potion avait la bonne couleur, mais elle était trop sombre et trop pâteuse. Bon, c'était relativement léger, mais les fautes de Ron lui vaudraient en tout quatre ou cinq points. Cela lui ferait quinze ou seize, et il était quasiment sûr d'avoir plus de quinze en théorie. En faisant un calcul approximatif, il réalisa que cela lui ferait un Effort Exceptionnel de moyenne, et il eut une drôle de sensation à cette réflexion, comme s'il était dans un état second. Il n'arrivait pas à y croire. Lui, abonné aux Piètres, avoir cette note en potions ? Cela lui paraissait si utopique… Mais il avait tant cravaché qu'il parvint à se dire que ce serait mérité, même s'il avait du mal à le concevoir… Ses efforts auraient été fructueux, et il avait bien hâte de tout raconter à Pansy et de partager avec elle ses espoirs d'être admis en cours de potions pour les ASPIC. Tout cela serait grâce à elle, et une grosse bouffée d'amour gonfla son coeur à cette pensée. Pansy était son rayon de soleil, qui illuminait ses journées, même quand elles étaient des plus maussade… Il l'aimait tant… Et il avait bien l'intention de le lui prouver. Il ignorait comment, mais il avait comme l'intuition que l'occasion se présenterait d'elle-même, et ce, bien plus vite qu'il ne l'imaginait…

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Neuf heures plus tôt

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POV Pansy

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Pansy enfilait sa robe de sorcier quand des coups furent frappés à la porte de sa chambre.

- Oui ?

La porte s'ouvrit sur Ron. Il parut étonné qu'elle fût habillée.

- Waouh, tu ne chômes pas, ce matin !

- Toi non plus ! Ton examen est à neuf heures, il n'est que sept heures quinze et tu es déjà apprêté et tout…

- Oui, j'y vais dans quinze minutes.

- Tu vas être en avance…

- Oui, je préfère. Comme ça, j'aurai le temps de me repérer. C'est grand, là-bas… Ce serait bête de me paumer en cherchant les escaliers qui mènent aux cachots… Mais avant d'y aller, je voulais être seul à seul avec toi…

Touchée, Pansy franchit les quelques mètres qui la séparaient de Ron. Elle l'embrassa et l'entraîna dans un long et tendre baiser, que Ron ne se priva pas d'approfondir. Ils le rompirent à regret, faute d'oxygène, mais ne décollèrent pas leurs fronts.

- Je t'aime, murmura Pansy. Si j'avais pu, je serais allée au centre de rattrapages avec toi…

- Tu te serais ennuyée… Et tu as d'autres projets pour aujourd'hui, commenta Ron en souriant. Bon, j'y vais. Profite bien de ta journée…

- Promis. Et toi, ne t'en fais pas. Tu es au point, tu vas l'avoir haut la main, cet Effort Exceptionnel. J'en suis convaincue.

- Tu es adorable…

Cette fois, ce fut Ron qui ravit les lèvres de Pansy. Ses mains, qui encadraient initialement le visage de Pansy, dévièrent vers son dos et glissèrent de plus en plus bas… Pansy l'aurait volontiers laissé faire, mais elle fut raisonnable et stoppa l'itinéraire des mains inquisitrices.

- Ron, ce n'est pas l'heure pour ça…

Ron grogna contre la bouche de Pansy, mais fut sage et retira ses mains.

- Désolé. C'était trop tentant…

- Oui, et dans d'autres circonstances, je ne t'aurais pas arrêté, mais là, on a autre chose à faire… On ne s'est pas tapé la moitié du programme de la troisième, quatrième et cinquième année pendant une semaine et demie pour qu'au final, tu sèches tes examens ! Mais ce soir, on aura tout le loisir de se livrer à des activités plus plaisantes…

- J'ai hâte d'y être… Allez, si je tarde trop, je vais finir par être en retard !

Ron déposa un léger baiser sur les lèvres de Pansy, lui pressa légèrement la main et s'en alla. Pansy attrapa sa brosse sur sa table de chevet et démêla vigoureusement ses cheveux. Elle était depuis son plus jeune âge d'un naturel très énergique, mais ce matin-là, elle débordait particulièrement de joie et de vitalité. Et elle avait de quoi être de bonne humeur ! La veille, en plein dîner, elle avait reçu un Patronus de son père lui annonçant que sa mère avait accouché en tout début d'après-midi. Comme sous l'effet d'un philtre d'euphorie, Pansy avait sauté dans tout le salon, oubliant totalement qu'elle n'était pas chez elle. Mais Molly et Arthur, dans leur légendaire indulgence et gentillesse, ne lui en avaient pas tenu rigueur.

Pansy avait espéré que le bébé naisse après les rattrapages de Ron, afin qu'elle ait tout le temps de lui acheter quelque chose. Mais à un jour près, il était né à la date qui avait été fixée. Pansy n'allait pas s'en plaindre ! Pour une fois qu'une grossesse de sa mère se déroulait bien de la conception à la délivrance… Pansy s'était donc arrangée en conséquence, et s'était organisée ainsi : à neuf heures, elle irait à Thatches Alley, et comme elle y serait, elle y achèterait un cadeau pour l'anniversaire de Harry et de Ginny. Elle les leur offrirait lors de celui de Ginny au Square. À midi, elle mangerait au Terrier, et à treize heures, elle se rendrait à Sainte-Mangouste.

À huit heures, elle descendit au salon, où étaient attablées Molly et Ginny. Pansy s'installa à côté de Ginny et se servit un bol de corn-flakes, des œufs au bacon et une tasse de lait de poule.

- Eh bé, tu dévores, s'amusa Ginny.

- J'ai une journée chargée, je vais courir un peu partout…

- N'est-ce pas trop imprudent d'aller à Thatches Alley ? intervint Molly. Avec ce qu'il y a eu hier…

- L'escroc a été interpellé, il n'y a plus rien à craindre, assura Pansy. Et il n'y a qu'à Thatches Alley que j'aurai ce que je veux.

- Tu sais ce que tu vas prendre ? s'enquit Ginny.

- Non, je verrai quand j'y serai. Avec tout ce qu'il y a dans la grande boutique où je vais aller, c'est impossible de rien trouver… Le plus dur, ça va être de choisir…

- Fais gaffe à ne pas vider ton coffre…

- Oh non, je suis trop sage pour ça !

- Sage ? Ah oui, on a vu ça hier, quand il y a eu le Patronus, charria Ginny.

- Maiiiieuuuh…

Pansy fit mine de bouder, faisant rire Ginny. Si, dans ses lettres à ses parents, Pansy comparait son séjour au Terrier à un rêve, ce n'était pas uniquement parce qu'elle était avec son chéri. Le fait qu'il y eût Ginny contribuait énormément à sa sensation de bien-être. Elle avait une relation spéciale avec la benjamine des Weasley. Elles avaient la même fougue, la même franchise, les mêmes valeurs, le même humour, la même sociabilité, les mêmes priorités…. Certes, Pansy avait d'autres amies, dont Daphné et Hermione, mais c'était avec Ginny qu'elle avait le plus d'affinités, même si elle en avait de plus en plus avec Daphné. Entre Ron, son petit-ami, avec qui tout allait bien, Ginny, avec qui elle s'entendait hyper bien, et Arthur et Molly, qui étaient très attentifs et très généreux, elle était comme chez elle chez les Weasley.

Après le petit-déjeuner, Pansy quitta le Terrier et fit apparaître le Magicobus avec un mouvement de baguette. Elle monta à bord et se cala dans un espace restreint pour ne pas être secouée dans tous les sens. Le trajet dura dix minutes, et ce fut avec soulagement que Pansy s'extirpa hors du Magicobus. Elle marcha jusqu'à Thatches Alley et se dirigea vers une boutique qui vendait du matériel en tout genre pour nourrissons. Elle déambula dans les rayons, s'émerveillant et fondant devant tout ce qui était «mignon». Elle fut tentée de dévaliser tout le magasin, mais elle se retint. De toute façon, il y avait plein de choses qu'il valait mieux qu'elle n'offre pas à son petit frère. Des tétines, ses parents en avaient fait toute une réserve, des bodys, ce ne serait pas très judicieux, un bébé grandissant très vite, des jouets, il n'en aurait pas l'utilité dans l'immédiat… Un doudou, en revanche… Ce fut dans ce rayon que Pansy s'attarda. Elle fut en admiration devant tous les doudous qui étaient proposés. Il y avait de tout : des hippogriffes, des ours, des Croups, des dragons, des licornes, des chouettes, des hiboux, des niffleurs, des kelpys, des noueux, des phénix, des oiseaux-tonnerres, des Veaudelunes, des Qilins… Pansy hésita entre l'hippogriffe crème, le Croup brun, le dragon rouge, le kelpy blanc, le phénix doré, le Veaudelune gris et le Qilin tacheté. Après une intense réflexion, elle s'empara de l'hippogriffe. Elle régla son achat à la caisse et sortit de la boutique. Elle flâna un peu, et fut attirée par un livre en vitrine d'une librairie qui, selon elle, plairait beaucoup à Ginny. C'était un livre très complet sur le Quidditch, avec toutes les règles, toutes les figures, toutes les fautes, tous les modèles de balais, avec leurs qualités et leurs défauts, toutes les équipes locales, nationales et mondiales… Il n'y avait pas plus exhaustif. Et il était à moins trente pour cent, comme la majorité des ouvrages… Il n'en fallut pas plus à Pansy pour s'engouffrer dans la librairie. Cinq minutes plus tard, elle fut de nouveau dehors, avec le livre dans son sac. Elle continua à longer l'allée et fit un saut par curiosité dans une boutique d'objets de décoration. Elle y vit une chouette blanche en résine, qui ressemblait singulièrement à Hedwige. Elle était très belle. Pansy s'avança et l'étudia. Au-dessus de la chouette, il y avait une pancarte sur laquelle était inscrite une simple phrase :

.

Cette chouette raffole de grattouilles sous le menton…

.

Pansy appliqua la directive implicite, et chatouilla l'animal à l'endroit indiqué. La chouette déploya automatiquement ses ailes et vola gracieusement pour se percher en haut d'une étagère en émettant un cri. Elle y demeura une minute, puis elle alla se poser sur une autre étagère. Elle hulula plus fort et revint à sa place initiale. Pansy s'extasia face à ce spectacle. C'était une magie d'expert, une magie à la fois programmée et aléatoire. La chouette ne faisait pas systématiquement les mêmes actions dans le même ordre. C'était variable. Connaissant Harry, Pansy fut persuadée qu'il y serait sensible. Elle ne tergiversa pas et prit la chouette qu'elle amena à la caisse. En la tendant à l'une des employées, elle aperçut un élève de sa maison à Poudlard qui avait un an de plus qu'elle et qu'elle détestait cordialement. Elle se dépêcha de payer et de déguerpir. Elle était ravie : elle avait tout pour l'anniversaire de ses deux amis. Elle avait pas mal traîné, et comme pour le lui reprocher, son ventre gargouilla. Elle lança un Tempus : il était près de midi. Il était temps de se sustenter…

.

Après avoir déjeuné au Terrier, Pansy emprunta la cheminée des Weasley pour aller à Sainte-Mangouste. Une fois arrivée, elle informa la réceptionniste de l'objet de sa visite. Sachant où était la maternité, elle évita une perte de temps à la sorcière qui s'apprêtait à lui livrer des instructions, et qui n'eut qu'à lui signaler le numéro de la chambre de sa mère.

- Ah, si tout le monde était comme vous…

Pansy compatit avec la jeune femme qui consacrait la moitié de son temps à répéter inlassablement les mêmes consignes. Elle s'adressa à un homme derrière Pansy, qui s'éloigna et traversa le hall. À l'issue de celui-ci, il y avait trois couloirs : celui de gauche, qui menait au bâtiment des urgences et des salles d'examens, celui d'en face, qui menait au bâtiment central des hospitalisations, des salles de réunions, et des salles de stockages, entre autres, et celui de droite, qui menait au bâtiment de la maternité. Ce fut ce dernier que Pansy parcourut. Au bout du couloir, elle monta au deuxième étage et tomba vite sur la chambre qu'elle cherchait. Elle toqua et ouvrit lorsqu'elle en eut l'autorisation. La première chose qu'elle vit fut le visage rayonnant de ses parents. Elle fut gagnée par l'émotion. Cela ne faisait que douze jours qu'elle était séparée d'eux, mais elle eut soudainement l'impression que cela faisait une éternité.

- Coucou…

Elle s'avança et serra dans ses bras son père, puis sa mère qui était alitée.

- Comment ça va ? demanda Pansy.

- Divinement bien !

- Pas trop fatiguée ?

- Non, j'ai bien récupéré, cette nuit, ton père étant là quand le bébé pleurait…

Pansy dévia son regard vers le minuscule lit.

- Eh bien, vas-y, il ne va pas te manger, plaisanta Owain.

Pansy sauta sur l'occasion et fit quelques pas vers le berceau. Elle se pencha et émit un «Ooooh» en découvrant son petit frère. Les larmes lui vinrent aux yeux. Elle l'aimait depuis que ses parents lui avaient divulgué la grossesse de sa mère. Et là, il était là, en chair et en os… Comme s'il avait senti sa présence, il se réveilla et la fixa de ses grandes prunelles bleues. Pansy le saisit délicatement et le berça tendrement. Elle était loin d'être ignare en matière d'enfants. Son parrain, un ami très proche de ses parents, avait trois enfants. Ils avaient dix, six et trois ans, et c'était avec le cadet que Pansy avait appris à changer une couche, à donner le biberon, à donner le bain… Elle s'était aussi occupée de la progéniture des rares amis – mais chers – de ses parents. Elle adorait les enfants, et c'était en faisant du baby-sitting avec le deuxième enfant de son parrain qu'elle l'avait réalisé. Mais c'était la première fois qu'elle était en contact avec un bébé le lendemain de sa naissance… Il lui paraissait si petit, si fragile…

- Il est si léger, murmura-t-elle.

- Il pèse deux kilos et deux cent grammes et mesure quarante-six centimètres, lui annonça son père.

- Oh, c'est une petite crevette…

- Oui, mais il est en pleine forme, affirma Ariana.

- C'est le principal. Mais qu'est-ce qu'il est chou…

Pansy était totalement sous le charme du bébé. Il était si précieux, pour elle… C'était un miracle de la vie, ses parents ne s'attendant pas du tout à avoir un deuxième enfant… Sa mère avait eu tant de désillusions lors de toutes les grossesses qui avaient précédé celle dont était née Pansy… Elle avait été elle-même prématurée, et elle avait été bien soulagée que ce ne fût pas le cas de son petit frère. Elle se promit de le protéger et d'être la meilleure des grandes sœurs pour lui.

- C'est le plus beau des bébés…

Elle était bien consciente de ne pas être objective. Mais la touffe de cheveux noirs, le petit nez et les petites mains de son petit frère la faisaient tant craquer… Elle le redéposa à regret dans son berceau, et ne put s'empêcher de l'observer.

- Bienvenue parmi nous, Matthew, chuchota-t-elle.

C'était le prénom que ses parents avaient choisi pour le bébé, après avoir eu l'avis de leur fille qui avait de suite adhéré.

- Et pour son deuxième prénom ? Vous y avez réfléchi ?

- Oui, et ce sera Matthew Domnall Parkinson.

- Ooooh…

Domnall était le prénom du grand-père paternel de Pansy, emporté par la dragoncelle onze ans plus tôt.

- C'est joli. C'est comme si, à travers Matthew, papy était avec nous… Et ça sonne bien.

- C'est ce qu'on s'est dit, ton père et moi.

Pansy acquiesça distraitement, les yeux rivés sur son petit frère. En le voyant téter son pouce, elle se souvint d'un coup de ce qu'elle dissimulait dans son sac.

- Oh, j'oubliais… J'ai un cadeau pour lui.

Elle extirpa de son sac l'hippogriffe en peluche et le cala doucement contre Matthew.

- Oh, c'est un magnifique doudou… Matthew est un sacré veinard ! Il a la plus géniale des grandes sœurs, et il a le plus beau des doudous…

Les mots d'Ariana réchauffèrent le coeur de Pansy.

- Comment faire autrement que gâter ce petit bout de chou ? Je ne le verrai que dix mois sur douze jusqu'aux ASPIC, alors tant que je serai là, je le dorloterai au maximum…

- Et nous ne t'en priverons pas, promit Owain. Bon, et si tu nous racontais ton séjour au Terrier ?

Pansy ne se fit pas prier et relata à ses parents ses séances de potions avec Ron, la gentillesse avec laquelle elle était traitée par les Weasley, ses conversations avec Ginny…

- Tu as bien fait de nous convaincre d'aller chez ton petit-ami. Tu as l'air si épanouie…

- Et c'est très charitable de ta part d'aider Ron en potions, renchérit Owain. Nous sommes fiers de toi.

- Oui, rares sont ceux qui sacrifieraient leurs vacances pour faire bosser leur chéri sur les potions… Est-ce que cela aurait fait naître une vocation en toi ?

- Non. Ça m'a bien plu de jouer les professeurs, mais mon rêve, c'est de travailler avec les enfants.

- Tu peux très bien faire les deux à la fois.

- Et comment ? Je n'ai pas le don d'ubiquité… Et il n'y a pas d'école pour les jeunes sorciers.

- Non, mais dans les structures d'accueil pour les enfants, tu auras le loisir d'animer des ateliers. Et l'un d'entre eux pourra être dédié aux potions. Ce sera doublement bénéfique pour les petits : ça les divertira, et ça les initiera à une matière qu'ils auront à Poudlard quand ils seront plus grands.

Pansy n'avait pas songé à cela. Mais cela l'intéressait beaucoup…

- Ce n'est pas bête du tout, jugea-t-elle. Merci pour l'idée ! Mais ce serait tellement plus simple s'il y avait des écoles pour les enfants sorciers…

- Ce n'est malheureusement pas dans les priorités de Fudge…

- Il faudrait le faire démissionner, estima Pansy. C'est un incompétent. Il ne sait pas du tout gérer le monde sorcier.

- Ce n'est pas demain la veille qu'on aura un autre Ministre… Il s'accroche à son poste comme un Botruc à son arbre. Bon, sinon, maintenant qu'il n'y a plus de révisions de potions, que vas-tu faire au Terrier ?

- Du Quidditch ! Avec Ron et Ginny. Et Ron va me montrer les coins de Loutry Ste-Chaspoule.

- Vous allez être souvent à l'extérieur, en gros. Et vous avez bien raison ! Ça va vous faire du bien, après quasiment deux semaines le nez dans le chaudron…

- Oh oui… Ah, et on va dégnomer le jardin ! C'est Ginny qui le fait, d'habitude, mais j'ai envie de le faire.

- C'est bien, ça va te muscler les bras ! opina Ariana.

- Vous n'êtes pas contre ?

- Pourquoi le serait-on ? s'étonna Owain.

- Ben… parce que c'est une activité manuelle et salissante, que les Sang-Pur n'ont pas coutume de pratiquer…

- Oh, Pansy, il n'y a que les Sang-Purs de la pire espèce pour désapprouver ce genre de choses… Si nous étions comme ces gens, nous n'aurions pas accepté que tu ailles chez les Weasley !

- Oui, ils seraient des «traîtres à leur sang», pour nous, renchérit Owain. Et c'est tout le contraire de l'image que nous avons d'eux. Molly et Arthur ont du courage pour avoir eu sept enfants, à qui ils ont transmis des valeurs très importantes. Et Arthur, qui, comme Molly, est un Sang-Pur, est un fan du monde moldu, ce qui est gage de son ouverture d'esprit… Et c'est ce qui lui vaut d'être taxé de «traître à son sang» par les Sang-Purs anti-moldus… C'est entre autres pour cela qu'il est sous-payé en dépit de tout ce qu'il fait au Ministère… Et il ne s'en plaint pas. Arthur est un homme généreux, altruiste, intelligent, fiable, rigoureux… Quant à Molly, elle est une mère stricte, mais aimante, qui est très attachée au respect des règles et aux bonnes manières, et qui régit d'une main de maître son foyer… Tout ça pour dire que cela ne nous dérange pas que tu te frottes aux gnomes, et que nous t'y incitons même !

Pansy sourit, touchée.

- Merci, vous êtes les meilleurs parents du monde… Et ne vous en faites pas, je ferai le dégnomage avec de vieux vêtements qui ne risquent plus rien.

- Nous te faisons confiance, assura Ariana. Mais sois bien sur tes gardes pour ne pas te faire mordre par ces vilaines créatures ! Ce n'est pas dangereux, en soi, mais sur l'instant, ça pique !

Pansy arqua un sourcil.

- Tu sembles savoir de quoi tu parles…

- C'est le cas. Si je ne suis pas contre le fait que tu fasses du dégnomage, c'est parce que je l'ai moi-même fait ! Quand j'étais à Poudlard, j'avais une amie dont la famille était comme les Weasley : des Sang-Purs qui se fichaient de la pureté de leur sang, qui affectionnaient les moldus, et qui habitaient dans la campagne. Au cours de ma scolarité à Poudlard, il y a quatre étés où je suis allée chez elle, et j'ai pu expérimenter le dégnomage.

- Oooh… Est-ce que tu as galéré, la première fois ?

- Eh bien… Un gnome a cru bon de faire de mon index son repas.

Pansy éclata de rire. Sa mère développa cette mésaventure, et s'ensuivirent d'autres anecdotes des parents de Pansy, toutes plus drôles les unes que les autres. Ce ne fut que vers dix-sept heures trente que Pansy s'en alla, après avoir longuement gazouillé avec son petit frère. Elle retourna au Terrier via la cheminée, rayonnante suite à ce merveilleux après-midi passé avec ses parents…

.

Le silence régnait dans la cuisine du Terrier, où Pansy et Ginny aidaient Molly à préparer la tourte au bœuf et aux rognons pour le dîner. Elles étaient toutes concentrées sur leurs tâches. Pansy épluchait les carottes, Ginny écossait les petits pois, et Molly s'occupait de la viande et des rognons. Elles ne pipaient mot, mais elles pensaient toutes à Ron, qui serait là d'une minute à l'autre.

- Aïe !

Le couteau de Pansy avait confondu son pouce avec la carotte à laquelle elle s'attaquait.

- Comment fais-tu pour te couper, toi qui te blesses rarement en potions ? s'intrigua Ginny.

- Je dois être un peu trop ailleurs…

- Comme nous toutes, avoua Ginny. Mais je suis sûre que Ron s'en est tiré haut la main. Il a bossé comme un fou, et il était plus qu'au point pour l'examen. Mais bon, ce n'est pas pour autant que je ne stresse pas… C'est bien qu'on mange un tel plat ce soir. Avec tout ce qu'il y a, on a de quoi faire pour se focaliser sur autre chose que Ron… Là, on a la viande, les rognons, les carottes et les petits pois, mais après, il y a les champignons, les oignons, le persil, le thym, le laurier, l'ail…

- Oui, même avec six mains, nous ne sommes pas sortis de l'auberge ! Serais-je une mère indigne si je mettais Ron à contribution dès qu'il sera là ? s'amusa Molly.

- Il va faire une overdose de recette, plaisanta Pansy. Même si les potions et la popote, ce n'est pas tout à fait pareil… Ah, il arrive !

L'aiguille de Ron de l'horloge, qui était entre «à l'école» et «à la maison», venait de s'arrêter sur «à la maison». Et, effectivement, Pansy, Ginny et Molly entendirent vite la porte s'ouvrir. Elles furent rejointes par Ron quelques secondes plus tard.

- Oyez oyez, gentes dames ! Comment allez-vous ?

Bon, cette envolée lyrique ne signifiait qu'une chose : il était de bonne humeur !

- C'est à nous de te le demander ! s'exclama Pansy.

- Oh, moi ça va très bien ! J'imagine que vous voulez un debrief de mes épreuves…

- Nous ? Nooooon, ça ne fait absolument pas une demie-heure qu'on s'acharne sur la viande et les légumes pour éviter de s'en faire pour les rattrapages d'un jeune homme roux qui, à la stupéfaction générale, a souhaité conserver les potions pour les ASPIC, après cinq ans à négliger cette matière…

- Hé, vous n'y êtes pas pour rien, Ginny et toi ! Vous m'avez pas mal influencé…

- Tu regrettes ?

- Non, répondit Ron sans la moindre hésitation. Je ne vais pas faire durer le suspense : je ne vais pas avoir un Optimal, mais je suis presque certain d'avoir un Effort Exceptionnel.

Le soulagement envahit Pansy.

- Ce serait amplement mérité, certifia-t-elle sincèrement.

Ron s'empara d'une carotte qu'il pela énergiquement :

- J'aurais été dégoûté si j'avais raté la théorie, ou la pratique, ou même les deux, avec tout le boulot que j'ai abattu… Pour la théorie, il y a une question, qui était sur deux points, où j'aurai un point et demi, et une question qui était sur trois points où j'aurai probablement la moitié des points… Sinon, j'ai bien traité toutes les autres. Et pour la pratique, j'aurais pu faire mieux, mais dès lors que je me suis aperçu que la texture de ma potion était trop solide, car la sauge et la menthe poivrée n'étaient pas assez fines, j'ai accumulé les erreurs idiotes. Je me suis trompé de sens de rotation à la septième étape, et entre la vingtième et la vingt-deuxième étape, j'ai fait chauffer ma potion trois minutes de trop, tant j'étais plongé dans la rédaction de mes observations… Résultat, la potion était trop foncée et trop pâteuse. Mais elle était de la bonne couleur.

- C'est l'essentiel. Mais c'est logique que tu aies fait des étourderies. C'est le trac.

- Oui, et ça n'a pas eu de conséquences trop désastreuses sur ma potion… Mes fautes étaient moins graves que si j'avais confondu deux ingrédients… C'était ma hantise.

- Et le sujet de la théorie ?

- C'était sur le baume à bec. Je n'ai pas fait les trente centimètres exigés, mais presque, et je me suis rappelé les trois quarts de mon cours.

- Bon, si je résume bien, dans l'ensemble, tu t'es bien débrouillé… Et même très bien débrouillé. Tu devrais l'avoir aisément, ton Effort Exceptionnel, spécula Molly. Et même si tu ne l'as pas – ce qui m'étonnerait – je serai fière de toi. Car tu as fait de très gros progrès.

Les joues de Ron s'empourprèrent.

- Et pour te féliciter et te relaxer, on va fêter la fin officielle de tes examens ! À défaut de fêter une potentielle réussite… Quand auras-tu tes notes ?

- Très vite, entre le dix-huit et le vingt juillet, précisa Ron. Ils vont se dépêcher de corriger pour que les cinquième et les sixième année soient fixés sur les matières qu'ils peuvent continuer, et pour que les septième année soient fixés sur les formations qu'ils peuvent viser.

- Ah oui, tu ne vas pas trop patienter… Mais je me doute bien que ça va quand-même être long pour toi.

- Oh oui… Bon, et toi, Pansy ? Comment c'était, avec ton petit frère ?

- Idyllique, indiqua rêveusement Pansy. C'était si bien… J'aurais pu le contempler des heures et des heures… J'ai hâte qu'on soit tous à la maison. Mais je suis bien, ici, et ça va me manquer…

- Oh, tu auras de quoi faire pour que ce manque ne soit pas trop pénible, relativisa Molly.

- Oui, et il y aura les lettres, ajouta Ginny. Mais raconte-nous ton après-midi avec ta famille… Si ce n'est pas trop indiscret, bien sûr.

- Oh non, pas du tout…

Pansy assouvit la curiosité de la cadette des Weasley en faisant part de sa visite à Sainte-Mangouste à Molly, Ron et Ginny, tout en s'attelant à ses tâches culinaires. Ron s'y était mêlé de lui-même, et fut très productif, si bien que la tourte fut prête à mijoter plus tôt que prévu ! La magie n'y était pas pour rien non plus, mais les huit mains avaient fourni le plus gros du travail… Pansy avait adoré ce moment dans la cuisine du Terrier, entre popote et bavardages. Oui, elle était vraiment bien chez les Weasley. Ils étaient tous d'une grande bonté, et elle mesurait bien la chance qu'elle avait d'être chez eux. Ils ne roulaient pas sur l'or, mais ils étaient riches dans leur humanité, et c'était cela qui primait aux yeux de Pansy…

.

Ce ne fut qu'à vingt-deux heures que Ron, Ginny et Pansy montèrent dans leurs chambres. Ils avaient bien célébré le véritable début des vacances de Ron, ainsi que la naissance de Matthew, et cette soirée demeurerait gravée pour l'éternité dans la mémoire de Pansy. Mais même si elle avait eu Ron trois heures à côté d'elle à table, elle n'avait pu être seule avec lui depuis qu'il était revenu, et elle y remédia en allant frapper à la porte de son petit-ami.

- Oui ? fit la voix de Ron.

Pansy ouvrit et faillit crier quand Magni fila comme une fusée entre ses jambes.

- Il m'a fait peur… Mais qu'est-ce qu'il faisait là ?

- Oh, il fait souvent une petite virée ici, le soir…

Le ton désinvolte de Ron sonnait si faux que Pansy devina sans mal ce qu'il lui cachait.

- Oui, et tu n'y fais pas trop attention…

- Non, je l'ignore.

«Oh, le menteur» songea Pansy. Elle n'était pas dupe et avait bien remarqué un détail qui trahissait Ron…

- Et c'est pour ça que tu as plein de poils de chat sur ton pyjama…

Piégé, Ron rougit. Il capitula :

- Bon, ok, il s'étale à chaque fois sur moi, et quand on a un chat tout mimi sur soi, on est trop tenté de le caresser…

- Et il n'y a pas de honte à cela, affirma Pansy. Je suis ravie que ça aille bien, entre Magni et toi. Car quand je suis responsable de lui, c'est comme si c'était mon bébé…

- Ouais euh, il est mignon, mais je ne suis pas apte à le reconnaître…

Pansy éclata de rire.

- T'es bête ! Non, en vrai, comme il est chez mes parents toute l'année, c'est plus leur fils à eux…

- Ah bah ça leur fait trois enfants, du coup. Sauf qu'ils ne l'ont pas procréé, celui-là.

- Grand bien leur fasse ! Excepté Matthew et moi, ils ont bien eu assez de toutes ces grossesses qui n'ont abouti à rien… Entre les quatre fausses couches et le bébé mort-né qu'ils ont eu au terme de la troisième grossesse, ils ont bien ramé…

- Ouais, et à côté, il y a mes parents qui, en onze ans, ont eu sept enfants… Pourquoi il y en a pour qui c'est la galère d'avoir des enfants, et d'autres pour qui c'est comme une formalité ?

- La vie et ses injustices… Mais pour ta mère, toutes ses grossesses se sont bien déroulées ?

- Ben… s'il y a eu un problème avec l'une d'entre elles, je ne suis pas au courant. Après, pour celle dont est issu Percy, ce serait difficile de juger si ça a été sans encombres…

- Pourquoi ?

- Ma mère n'a découvert qu'elle était enceinte que le jour de l'accouchement.

Pansy écarquilla les yeux.

- Quoi ?! Mais… ça a dû être un gros choc !

- Oh oui… Papa a dû tout acheter en urgence… À part les vêtements. Ils n'avaient pas jeté ceux que Bill et Charlie avaient à la naissance, et même s'ils étaient trop grands pour Percy, ça a fait l'affaire.

- Oui, et vous n'aviez pas trop le choix de faire avec ce qu'il y avait…

- C'est ça.

- Et pour Fred et George ? Ils ont su à temps qu'ils allaient avoir des jumeaux ?

- Oui, dès la première échographie. En fait, il n'y a qu'avec Bill, Charlie et moi que les grossesses ont été banales. Car pour Percy, il y a eu le déni, avec Fred et George, il y a eu la gémellité, et avec Ginny, il y a eu le fait que c'était – enfin – une fille…

- Mais ça fait un sacré écart entre Bill et Ginny…

- Onze ans, oui.

- Oh mais c'est triste, à peine Ginny est-elle née que Bill s'en est allé pour Poudlard…

- Non, il est né le vingt-neuf novembre, ce qui fait qu'il n'est allé à Poudlard que l'année d'après.

- Oh… Je plains ta mère ! Car pendant un an, elle a eu sept enfants à la maison…

- Oui, mais dès que nous avions cinq ou six ans, nous allions à l'école moldue, nos parents n'ayant pas l'argent pour que nous ayons une première instruction à domicile. Mais c'est clair que ça a bien libéré ma mère quand Bill et Charlie sont allés à Poudlard…

- Oui, et tous les deux ou trois ans, il y en avait un de plus qui y était… Ça a dû lui faire drôle quand il n'y a plus eu personne au Terrier ! Drôle, et vide… Et ça aurait été marrant si, rien qu'une année, vous étiez tous allés à Poudlard…

- Ma mère dit que c'est une bonne chose que Bill et Ginny aient eu trop d'écart pour que ce soit le cas. Bill aurait été trop protecteur.

- Ah bah Matthew ne risque pas de m'avoir sur le dos à Poudlard ! À moins que j'y sois professeur quand il y fera sa scolarité…

- Mmmh, fit Ron, songeur. Professeur de potions, ça t'irait bien…

- Ah non, pas toi aussi ! Mais qu'est-ce que vous avez tous avec ça, aujourd'hui ? s'exclama Pansy. Ce n'était qu'une hypothèse, je ne serai pas professeur !

- Je le sais, je te charrie, va. Mais j'étais sérieux. Tu ferais un bon professeur.

- Tu es mignon…

Comme pour remercier Ron, Pansy s'avança vers lui et initia un baiser qu'il lui rendit, et qui fut très vite approfondi. Leurs mains ne furent pas longtemps inactives et fourragèrent dans les cheveux de l'un de l'autre. Pansy les fit basculer sur le lit, sans détacher leurs lèvres, et à califourchon sur Ron, elle fit exprès de peser de tout son poids sur son entrejambe. Ron hoqueta et rompit le baiser :

- Je rêve ou tu me chauffes, là ?!

- Tu ne rêves pas, s'amusa Pansy. Je t'ai fait une promesse, ce matin… Mais si tu n'es pas chaud…

- Tu rigoles ?! Si on ne faisait rien ce soir, j'avais prévu de me soulager tout seul…

- Ça, il en est hors de question…

Pansy se réempara de la bouche de son petit-ami et faufila ses mains sous son tee-shirt. Ron l'imita et ses lèvres s'étirèrent en rencontrant les seins nus de Pansy. C'était l'avantage d'être en pyjama… Pansy n'avait pas de soutien-gorge, et Ron n'avait pas de caleçon sous son short. Ron enleva le haut de Pansy et se redressa pour qu'elle en fasse autant avec le sien. Pansy joua avec les tétons de Ron, qu'elle fit rouler sous ses paumes, et Ron, lui, malaxa sa poitrine, avant de faire voyager ses mains sur le ventre de Pansy, sur ses hanches, dans son dos… Pansy se désintéressa à son tour des pointes de chair de Ron et explora ses pectoraux et son torse. Les doigts de Ron, curieux, eurent tendance à dévier plus bas, jusqu'à buter contre l'élastique du short de Pansy. Ils s'infiltrèrent dessous et Pansy, assise sur Ron, se mit à quatre pattes au-dessus de lui pour qu'il ait libre accès à ses fesses et à ses cuisses. Cela fit le bonheur de Ron qui les caressa allègrement. Mais le short de Pansy le bloquait, ce qu'elle constata.

- Pas très pratique, hein ? se moqua-t-elle.

- Pas trop, non…

- Pour être honnête, il n'y a pas que toi qu'il gêne… Et si tu réglais cela ?

- Si j'ai ta permission…

Ni une, ni deux, Pansy fut délestée de son short par les soins de Ron, qui put amplement profiter du corps qui lui était offert. Pansy, qui se limitait au torse de Ron, s'enhardit en dérivant ses doigts vers le bermuda de Ron. Elle effleura la bosse qui le déformait, ce qui fit tressaillir Ron.

- Tu ne serais pas à l'étroit, par hasard ? fit innocemment Pansy.

- Noooon, penses-tu…

- Eh bien on va y remédier…

Joignant le geste à la parole, Pansy ôta à Ron son dernier vêtement. Ce n'était que la deuxième fois que Ron était totalement nu face à elle, elle n'y était pas accoutumée et elle était toujours intimidée par ce qu'il y avait entre les jambes de Ron. Mais, comme la première fois, ce fut très éphémère, et il ne lui fallut que quelques minutes pour s'y faire. En revanche, ce qui était désormais naturel pour elle, c'était d'avoir ce sexe en main. Ce fut sans hésiter qu'elle l'enveloppa de ses doigts et qu'elle les fit coulisser, sans se hâter. Ce serait dommage que Ron vienne comme ça ! Car Pansy avait bien d'autres projets… Mais Ron ne s'en plaignit pas, même s'il était très dur et que la pression dans son sexe se faisait probablement très forte… Il ferma les yeux et fit vagabonder ses mains partout où il le pouvait sur Pansy. Comme pour s'empêcher de jouir, il se concentra sur les seins de Pansy qu'il pétrit, se repaissant de leur rondeur et de leur fermeté. Pansy n'avait pas, selon elle, la plus belle des poitrines, mais elle plaisait énormément à Ron, qui n'était pas le type de garçons à fantasmer sur ce qui était volumineux chez une fille… Et c'était l'une des nombreuses qualités que Pansy savourait chez Ron. Et s'il affectionnait particulièrement ses seins, Pansy, elle, aimait ce qu'il en faisait… Il ne les massait pas uniquement pour son propre intérêt, mais pour faire également du bien à Pansy… Et il y arrivait très bien ! L'humidité de Pansy en témoignait… Le feu brûlait en elle, et elle sut que cette fois, les doigts de Ron ne suffiraient pas pour la satisfaire. Elle avait besoin de bien plus gros que cela. Un mois plus tôt, après s'être fraîchement réconciliés, ils avaient failli sauter le pas, mais Ron les avait freinés, craignant qu'ils n'agissent sous l'euphorie et la joie des retrouvailles. Mais là, il n'y avait pas de circonstances susceptibles de les influencer. Et au-delà de ça, Pansy voulait s'unir avec Ron. Elle voulait qu'ils soient liés corps et âme. Elle voulait qu'ils se prouvent leur amour de la plus belle des manières. Elle voulait qu'ils ne fassent plus qu'un. Tout simplement. Elle stoppa sa main, ce qui intrigua Ron. Ses yeux se rouvrirent et rencontrèrent ceux de Pansy.

- Ça ne va pas ?

- Si, si… Mais… je… j'ai un truc à te dire, bégaya Pansy.

- Je t'écoute, l'incita gentiment Ron.

Pansy ne tergiversa pas et se lança :

- Si tu es d'accord, je… je voudrais qu'on fasse notre première fois ce soir, déclara-t-elle de but en blanc.

Ron parut surpris, avant de sourire.

- J'avais cette idée aussi, mais… je n'osais pas t'en faire part, avoua-t-il.

- Une chance que j'aie eu plus de courage, plaisanta Pansy. Pourtant, ici, c'est toi, le Gryffondor…

- Ce n'est pas parce que tu es à Serpentard que tu n'as pas le droit d'avoir du courage, de la loyauté ou de l'intelligence…

- Pas faux, agréa Pansy.

- Quoi qu'il en soit, je t'aime comme tu es.

- Oooh…

En guise de réponse, Pansy se pencha vers Ron et scella tendrement leurs lèvres. Tout en taquinant de sa langue celle de Ron, elle réactiva sa main autour du membre de son chéri. Mais stimulée par la perspective de faire l'amour avec le garçon qui faisait battre son coeur, elle eut soudain envie de tester une autre expérience. Elle mit fin au baiser et recula, jusqu'à avoir le visage au niveau du sexe de Ron. Il allait protester, mais il n'en eut pas l'occasion, déstabilisé par Pansy qui suçota son gland. Elle l'aspira, ce qui lui valut un halètement de Ron.

- Oh, Merlin…

Enhardie, Pansy lécha la verge tendue sur toute sa longueur. Ron geignit de contentement et agrippa les cheveux de Pansy. Elle remonta, engloba ce qu'elle put du pénis de Ron, et fit aller ses lèvres de haut en bas. Les bruits que faisait Ron lui signifièrent qu'elle lui faisait du bien, et à chaque fois que sa bouche descendait, elle s'efforçait de la rapprocher un peu plus du pubis de Ron. Elle compléta la fellation avec sa main, en masturbant la base du sexe du Ron. Elle creusa les joues, et il se produisit alors successivement deux choses qu'elle ne contrôla pas : le membre de Ron heurta sa glotte, puis, sans qu'elle ne comprenne rien, Ron délogea vivement son sexe de sa bouche. Elle leva la tête vers lui, interdite :

- J'ai été si nulle que ça ?

- Non ! s'écria Ron. Non, loin de là… Mais si je n'avais rien fait, j'aurais joui, et contrairement à ce qu'on veut faire croire aux ados naïfs, une érection, ça ne renaît pas en un claquement de doigts… Et flemme de patienter, rigola Ron.

- Vu comme ça… Tu as bien fait !

- Est-ce qu'on peut inverser nos positions ?

- Oui, évidemment…

Pansy se décala, libérant Ron qui lui légua sa place. Elle s'allongea là où il était auparavant, et il la surplomba en honorant son corps de ses mains, tandis que ses lèvres furetèrent dans son cou. Pansy fut parcourue de mille frissons. Elle avait l'impression que Ron était sur chaque parcelle de sa peau, si bien qu'il raviva le brasier dans son bas-ventre. Et il s'attisa quand Ron mordilla une de ses zones érogènes.

- Oh, Ron…

Elle ignorait si elle devait l'exhorter à arrêter ou à continuer, mais il décida pour elle en lui faisant un suçon qui lui fit presque perdre pied avec la réalité. Les doigts de Ron, qui naviguaient entre son ventre et sa poitrine, allèrent plus au sud et atteignirent sa féminité. Pansy lui fit de l'espace, et Ron agaça son bouton de chair, qui était déjà bien sensible. Se doutant que, comme lui, il en faudrait peu pour la mener au bord du précipice, il n'insista pas et dirigea ses doigts entre ses plis. Il insinua son index et son majeur, qui n'eurent aucun mal à s'inviter en elle tant elle était dilatée par l'excitation.

- Ron, ne me fais pas plus languir, s'il te plaît, supplia-t-elle.

Ron accéda à sa requête, enleva ses doigts et attrapa sa baguette, dont il se servit pour prononcer le sort de protection. Il la reposa sur sa table de chevet et s'installa entre les cuisses de Pansy. Il ancra son regard dans le sien, à la recherche de la moindre réticence. Mais Pansy était sûre d'elle, et elle le lui fit savoir en hochant la tête. Ron l'entraîna dans un doux baiser et guida son sexe vers le sien. Il poussa, et ce fut lorsqu'il franchit son vagin que Pansy se raidit. Malgré la légende, ce n'était pas une quelconque barrière appelée hymen qui était à l'origine de cette crispation, mais le fait qu'elle se sentait écartelée par la hampe de Ron. C'était trop gros, mais elle était bien consciente que c'était normal d'avoir cette réaction, puisque c'était la première fois qu'elle recevait en elle quelque chose de si imposant. Elle fit de son mieux pour se relaxer, et cela lui fut bénéfique, car Ron poursuivit sa progression, sans qu'elle n'en soit plus incommodée. Mais c'était long, et à un moment, il la laissa faire un choix :

- Est-ce que tu préfères que j'y aille centimètre par centimètre, ou que j'y aille d'un coup ?

Pansy ne réfléchit pas :

- Vas-y d'un coup.

Ron obéit, ravit les lèvres de Pansy, et s'introduisit d'une traite en elle, mais sans brusquerie. Le cri de douleur de Pansy fut à moitié étouffé par le baiser, mais Ron s'immobilisa, ce dont Pansy lui fut très reconnaissante. Elle eut tout le loisir de s'habituer à cette présence en elle, et quand l'inconfort diminua, elle en informa Ron :

- C'est bon, ça va mieux…

Ron se retira lentement et revint avec la même précaution. Il fit cela plusieurs fois, ce qui permit à Pansy de se faire à son épaisseur. Ce n'était pas le Nirvana, certes, mais elle appréciait le fait d'être ainsi remplie.

- Vas-y plus franchement…

Ron ne se fit pas prier et entama de réels coups de rein. Au début, ce fut très maladroit, Ron sortant une fois sur trois entièrement par mégarde, et s'excusant auprès de Pansy pour cela. Il souhaitait si bien faire que cela fit fondre Pansy, qui ne lui tenait pas rigueur de ses erreurs, oubliant la sensation frustrante de vide dès que Ron revenait en elle. Il n'était pas encore question de plaisir à proprement parler, mais cela commençait à se faire vraiment agréable d'être comblée de la sorte par le membre de Ron. Afin d'avoir une meilleure prise, ce dernier saisit les hanches de Pansy, ce qui l'aida à être plus précis lorsqu'il entrait en elle. Cela devint de plus en plus bon, autant pour lui que pour Pansy, même si ce n'était pas non plus l'extase. Étrangement, ce qui valorisa ce rapport aux yeux de Pansy, ce ne furent pas les mouvements de Ron qui gagnèrent en puissance, mais le baiser dans lequel il les engagea. Car ce baiser était plein de douceur, et illustrait avec perfection l'amour pur qu'il les liait. À la tension qu'elle perçut chez Ron, Pansy devina qu'il allait bientôt jouir, et bien que ce ne fût pas le cas pour elle, elle privilégia le bien-être de Ron :

- Vas-y plus fort…

Ron fit l'inverse et ralentit :

- Si je t'écoute, je ne vais plus résister très longtemps…

- Justement…

- Mais… et toi ?

- Fais-moi du bien de la même façon que les autres fois…

Ron comprit le message, et tout en intensifiant la cadence, il orienta ses doigts vers le bourgeon de Pansy qu'il frotta avec vigueur. Ceci couplé aux va-et-vient de la colonne de chair en elle, le plaisir ne tarda pas à envahir Pansy. Ron accéléra régulièrement, que ce fût en elle ou sur son clitoris qu'il sollicitait fougueusement.

- Ron…

C'était le seul mot que Pansy était en mesure de prononcer. Le plaisir qui grimpait inexorablement dans son corps lui faisait perdre toute sa lucidité. Ron augmenta le rythme de ses pénétrations et des frictions sur le clitoris de Pansy, et après quelques minutes de ce traitement, il ne tint plus, plongea profondément dans l'intimité de Pansy et s'y déversa dans un long râle qui fut partiellement couvert par leur baiser. Deux ou trois caresses appuyées sur le bourgeon de Pansy furent suffisantes pour lui faire atteindre le septième ciel à son tour. Ils demeurèrent un long moment sans bouger, se remettant tranquillement de leur orgasme. Lorsqu'ils eurent récupéré leurs esprits, Ron les nettoya d'un sort et ramassa leurs vêtements. Ils se rhabillèrent, et éreintés par tous ces efforts, ils se glissèrent sous les draps. Pansy se blottit contre Ron qui encercla amoureusement sa taille de son bras. Ils auraient tout le temps de discuter le lendemain de leur première fois. L'heure était actuellement au dodo, qui était largement mérité…

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(mardi 16/02) POV Blaise

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Blaise en était à sa troisième semaine de stage, et à son deuxième jour d'observation dans le service de pédiatrimagie, dont Mr Bevelty était le chef. La veille, il n'avait eu qu'une demi-journée et, par conséquent, il n'avait fait que des visites dans les chambres avec son tuteur. Mais ce jour-là, il était à Sainte-Mangouste de neuf heures à dix-huit heures. Ce qu'il allait faire serait sûrement plus varié.

Dès qu'il fut à Sainte-Mangouste, il alla au bureau de Mr Bevelty. Il frappa et entra quand il en eut l'autorisation.

- Bonjour, Blaise, comment vas-tu ?

- Bien, et vous ?

- Ça irait très bien si je retrouvais mon dossier… Ah, le voilà !

- De quel dossier s'agit-il ?

- Celui des enfants hospitalisés. Ce sera le programme de ce matin. Et cet après-midi, on sera dans mon cabinet, où tu vas assister aux auscultations. Tu verras, c'est autre chose que ce que l'on a fait hier et que ce que l'on fera ce matin !

- Ça, je n'en doute pas… Ce sont les petites maladies, les petits bobos, les vaccins, tout ça ?

- Exactement ! Mais pas que. Mais je ne t'en dis pas plus ! Histoire qu'il y ait un peu de suspense… Allez, on y va !

Blaise et son tuteur quittèrent le bureau et montèrent au premier étage, via les escaliers. Le premier patient était un enfant de huit ans qui avait la dragoncelle. D'ordinaire, cela se soignait à domicile, avec des potions et du repos, mais cet enfant était fragile et avait un système immunitaire affaibli, ce qui nécessitait une vigilance accrue. C'était par pure précaution, car outre les symptômes, l'enfant allait très bien.

Le deuxième patient était un autre garçon, âgé de dix ans, qui s'était fait opérer trois jours plus tôt. Il avait fait une mauvaise chute et s'était fracturé le bassin. L'opération s'était bien déroulée, mais la convalescence allait être longue.

- Bonjour, Liam ! Comment te sens-tu ?

- Quand je ne bouge pas, je n'ai pas trop à me plaindre. Et les potions font bien leur boulot.

- Tant mieux. Et mentalement ?

- Ben… je suis bien content de ne pas être quelqu'un de célèbre. Il n'y a pas une heure sans que je n'aie de la compagnie… Entre vous, le chirurgimage, les infirmiers, les elfes qui livrent les repas, le magicomage, et ma famille, je n'ai pas de quoi m'ennuyer…

- Ah, c'est ça d'avoir le bassin en vrac…

- Un magicomage ? s'étonna Blaise. Quel rapport entre une fracture et la magie ?

- Eh bien, qu'on soit enfant ou adulte, quand on subit un gros choc comme celui de Liam, le fluide magique est susceptible d'être perturbé. Et il y a des médications qui peuvent mal interagir avec le fluide magique. Là, heureusement, tout va pour le mieux avec Liam.

- Manquerait plus que ça, ironisa le jeune garçon.

- Ah oui, et tu remarqueras qu'on a des patients qui ont du caractère, signala Mr Bevelty à Blaise.

- Oh, c'est logique pour un enfant qui grimpe aux arbres pour sauver un chat…

C'était ce qu'avait fait Liam, et qui lui avait valu ce séjour à Sainte-Mangouste.

- Même si ce n'était pas très prudent, ce n'est pas moi qui vais le blâmer, souligna Mr Bevelty. J'ai moi-même volé au secours de mon chat qui se faisait attaquer par un chien, que j'ai affronté à mains nues, car en visant le chien, j'aurais pu blesser mon chat… J'ai été mordu quasiment jusqu'à l'os.

- Ah oui, vous n'étiez pas le plus sage des enfants…

- Oh, mais je n'étais pas enfant lors de ce sauvetage. C'était il y a un an, nuança le pédiatrimage, le plus naturellement du monde.

Blaise écarquilla les yeux, ce qui amusa son tuteur :

- Hé oui, les pédiatrimages font la morale aux enfants, mais ils ne sont pas mieux qu'eux…

- Votre chat était en danger, vous aviez une excuse…

- Comme moi ! s'exclama Liam. C'était pas mon chat, mais ça n'en était pas moins un animal sans défense… Je ne regrette rien.

- Oui, mais évite de le refaire, conseilla Mr Bevelty. Tu aurais pu te briser le cou, avec ces bêtises… Bon, d'après ce que m'ont transmis les infirmiers, tes constantes sont bonnes, tu n'as pas de fièvre, ce qui prouve que l'opération n'a pas provoqué d'infection, et il n'y a pas d'effets secondaires liés aux potions. Y a-t-il quelque chose que tu n'aurais pas dit aux infirmiers ?

- Non, je leur ai tout dit. Mais j'ai une question.

- Je t'écoute.

- Est-ce que je peux lire, écrire ou dessiner ?

- Tant que tu ne t'assois pas, oui. Mais mieux vaut privilégier la lecture. Car écrire ou dessiner ne va pas être très pratique pour toi…

- Je me débrouillerai.

Mr Bevelty leva les yeux au ciel.

- Une vraie tête d'hippogriffe…

- Il ira à Gryffondor, paria Blaise. Ils sont tous têtus, dans cette maison.

- Eh bah rien que pour vous contredire, je ferai en sorte d'être envoyé à Poufsouffle, à Serdaigle ou à Serpentard.

- Verdict dans un an, annonça Blaise.

- Non, dans un mois et demi, je vais avoir onze ans le quatorze août, rectifia Liam. Je ne serai plus à Sainte-Mangouste d'ici là, hein ?

- Non, tu seras chez toi dans dix jours si les examens que tu feras en fin de semaine seront bons.

- Cool. J'imagine qu'aujourd'hui, ça va encore être le défilé dans ma chambre ?

- Oui, est-ce que cela te fatigue ?

- Pas du tout ! Je préfère ça à la solitude.

- Tant mieux, car tu vas avoir une personne de plus ! Tu vas rencontrer le kinémage qui s'occupera de ta rééducation. Il va t'expliquer en quoi consistera cette rééducation. As-tu d'autres questions ?

- Non, c'est bon.

- Bien, je reviens demain, comme tous les jours.

Mr Bevelty et Blaise souhaitèrent une bonne journée à Liam et s'en allèrent.

- Qui est notre troisième patient ?

- Boris, un petit garçon de neuf ans qui va se faire opérer des amygdales.

- Ouille… Angines à répétition ?

- Tu as deviné.

- Selon une amie, c'est l'une des opérations pédiatriques les plus fréquentes chez les moldus… Est-ce pareil chez les sorciers ?

- Oui, mais chez nous, l'opération est un peu plus complexe, car on a des sorts et des potions que les moldus n'ont pas.

- Ce doit être plus efficace que la méthode moldue…

- Oui, et les désagréments post-opératoires sont moins pénibles. Ah, nous y voilà.

Le pédiatrimage s'était arrêté devant une porte, qu'il ouvrit après avoir toqué. Blaise et lui saluèrent le garçonnet, qui marmonna un vague «bonjour». Mr Bevelty fit les vérifications d'usage, et tandis qu'il griffonnait sur son carnet, Blaise s'adressa à l'enfant :

- Ça ne va pas ? s'enquit-il.

Boris haussa les épaules.

- Qu'est-ce qu'il y a ? insista gentiment Blaise.

- Rien…

Blaise avisa sur la table roulante le plateau-repas qui était plein.

- Tu n'as pas touché à ton petit-déjeuner…

- Je n'avais pas faim.

- Il est essentiel que tu prennes des forces avant l'opération…

- Pourquoi ? Si je ne mange pas, elle n'aura pas lieu ?

Il y avait un tel espoir dans l'intonation de Boris que Blaise n'eut aucun mal à saisir le problème.

- Même si c'est une opération bénigne, il faut que tu sois en mesure de la supporter. Mais ce qui est sûr, c'est que si tu ne la fais pas, tu vas continuer à enchaîner les angines.

Boris grimaça.

- C'est ce que tu veux ?

- Non…

Blaise s'installa à côté du jeune patient.

- Tu sais, c'est normal d'avoir peur, mais tu ne crains rien. Les médicomages qui vont t'opérer sont très compétents. Ce n'est pas la première fois qu'ils font ça. C'est leur métier… Quand j'étais petit, j'ai subi la même chose, et comme toi, j'étais terrifié. Mais quand je me suis réveillé, il s'est avéré que j'avais eu la trouille pour rien. J'avais mal à la gorge et la voix rauque, mais à part ça, tout allait très bien. Et je n'ai plus été agacé par mes amygdales, puisque je ne les avais plus ! Pour l'instant, tes angines n'ont pas de graves répercussions, mais quand tu en auras à Poudlard, tu vas louper des cours, et il y a des matières où on accumule vite du retard… Et ce serait bête que tu aies une angine durant les ASPIC…

L'horreur se lut sur les traits de Boris :

- Non ! Pas ça ! Qu'est-ce que je vais faire si je les rate ? Mon plus grand frère les a eus cette année, et ça a l'air hyper important, vu comment il était angoissé…

- Tu n'auras pas à t'en faire si tu te fais opérer, conclut Blaise. Mais si tu fais la grève de la faim, ça risque d'être annulé.

- Non, je vais manger ! J'ai le ventre qui gronde, tout à coup…

Blaise vit du coin de l'oeil les lèvres de son tuteur s'étirer, tout en manipulant les perfusions. Blaise fit avancer la table roulante jusqu'à Boris et fit réchauffer le porridge, auquel le garçonnet s'attaqua immédiatement.

- Bon, comme tu étais visiblement stressé, j'allais ajouter une potion calmante à tes perfusions, mais je crois que ce ne sera pas la peine… Enfin, je vais tout de même en mettre une, mais moins dosée que ce que j'avais prévu.

Le chef de la pédiatrimagie invoqua son Patronus, à qui il fit délivrer un message pour les infirmiers au sujet des potions de Boris.

- Bon appétit, Boris ! Les toasts et la confiture sont délicieux, et le chocolat chaud est exquis… Tu vas te régaler !

Blaise et son tuteur prirent congé du petit garçon sur ces mots.

- Je te félicite, Blaise. Tu as su quoi dire à Boris. Sans toi, j'aurais été obligé de le relaxer avec une potion qui l'aurait abruti. À mon sens, les enfants sont trop jeunes pour ça, mais parfois, il n'y a pas d'autre solution…

- Ravi qu'il ait échappé à cela ! Mais vous l'auriez autant apaisé que moi…

- Pas sûr. Je n'aurais pas eu l'idée d'évoquer une angine lors des ASPIC… C'est ça qui a causé un déclic chez lui. Il est petit, mais suffisamment grand pour être conscient de l'intérêt des ASPIC. Et ce, grâce à son frère…

- Eh bien c'était un travail d'équipe, même si son frère ignore le rôle qu'il a joué…

Mr Bevelty se mit à rire :

- C'est une manière de voir les choses ! Ah, voici un de mes collègues…

Blaise regarda devant lui et aperçut effectivement un homme en face d'eux.

- Blaise, je te présente Erwin Sanders. Il est pédiatrimage, comme moi. Erwin, je te présente Blaise Zabini, mon stagiaire.

- Enchanté, Blaise, fit Mr Sanders. Tu aspires à être pédiatrimage ?

- Non, chirurgimage. Il y a deux ans, j'ai eu un premier stage ici, où je m'étais familiarisé avec six branches de la médicomagie, et là, j'ai un autre stage de trois semaines où je suis en immersion dans six autres branches.

- Oh, mais c'est génial ! Mais comment fais-tu pour avoir ces stages ?

- C'est mon directeur de maison à Poudlard qui me les a dégotés…

- Il va falloir que tu m'expliques tout ça. À quelle heure vous déjeunez, ce midi ?

- De midi à treize heures.

- Zut, je finis mes visites à treize heures… Demain, j'aurai plus de temps. Je serai dans mon cabinet de huit heures à midi, grand max, mon dernier patient étant à onze heures vingt, et j'ai ma première visite à quatorze heures.

Le visage de Mr Bevelty s'illumina :

- Oh, mais ça tombe bien ! Est-ce que ça te dérange si, demain midi, je te confie Blaise ? Je serai en réunion, ce qui fait que je devrai manger sur le pouce, et je ne voulais pas imposer cela à Blaise…

- Non, ça ne me gêne absolument pas ! Je te promets de bien prendre soin de lui.

- Je ne m'inquiète pas, Blaise sera entre de bonnes mains. Bon, quelles chambres as-tu faites ?

- Les quatre du fond. La 104 et la 105 sont vides. Le patient de la 104 est au bloc, et la patiente de la 105 a sa séance de kiné.

- Ok, le premier étage est donc fait ! On s'organise de la même manière pour le deuxième ? Toi, en partant de la 119, et moi de la 110, si ça te va…

- C'est parfait !

Ce fut sur cet accord que les deux pédiatrimages se séparèrent. Ils montèrent au deuxième étage en empruntant les deux escaliers opposés, et se distribuèrent les dix chambres, comme ils l'avaient fait au premier étage.

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À midi, Blaise et son tuteur furent relayés par un autre pédiatrimage, qui continua les visites avec Mr Sanders, qui serait remplacé à son tour par un collègue à treize heures. Blaise et son tuteur allèrent manger dans la grande salle réservée au personnel.

- Ah, ça va nous faire du bien, de se sustenter ! La matinée a été bien remplie… Mais c'est ça qu'on aime. J'ai des collègues qui se plaignent quand ils ont des matinées ou des journées épuisantes, mais quand on est dans la médicomagie, il ne faut pas compter avoir des journées pépères… Tu n'as que des chefs de service comme tuteurs, c'est ça ?

- Oui.

- Bon, ça va, ce ne sont pas eux qui vont râler…

- En effet, ils ne sont pas comme ça ! Mais même s'ils semblent tous épanouis dans leur métier, de tous les chefs que j'ai eus, vous êtes de loin le plus passionné…

- Ah, c'est parce que c'est toute ma vie, mon métier… C'est ce que j'ai de plus cher au monde, avec mes chats.

- Oh… C'est peut-être indiscret, mais… vous n'avez pas de femme ? Ni d'enfants ?

- Non, et c'est volontaire. Je me suis abstenu de fonder une famille afin de me consacrer totalement à ma profession, que j'aime par-dessus tout. Je n'aurais pas été sûr d'être apte à gérer un couple et des enfants, en plus de mon métier. En revanche, avoir des chats, c'était faisable. C'est sciemment que j'en ai ramené deux d'un petit refuge, et non un, pour qu'ils ne s'ennuient pas. Je les ai adoptés quand ils étaient chatons, car à cet âge, ils sont plus faciles à sociabiliser… Ils ont une chatière pour aller à leur guise dans le jardin, que j'ai sécurisé de sorte à ce qu'ils ne s'enfuient pas. Sauf du côté d'un de mes voisins, car il a lui-même deux chats avec qui les miens sont très amis. Outre tout cela, j'ai ensorcelé leurs jouets pour les divertir, et ils ont de la nourriture à volonté. Je n'ai pas pris mes chats en ne considérant que mon propre intérêt. Je ne me suis lancé qu'après avoir tout planifié pour qu'ils ne manquent de rien et pour qu'ils soient comblés quand je ne suis pas là. C'était ma priorité, et c'est ma façon de raisonner dans la vie de tous les jours : faire des choix qui me rendent heureux, sans compromettre le bonheur des uns et des autres. C'est pour ça que j'ai décidé de ne pas avoir de vie de famille… Parce que je n'aurais pas pu me dédier pleinement à la fois à ma famille et à mon métier. Et je ne suis pas quelqu'un qui fait les choses à moitié. Avoir des enfants et n'être là que le matin et le soir pour eux, ce n'est pas le genre de père que je désirais être. Mais soyons clairs, même si j'ai une opinion bien à moi sur le fait de concilier vie privée et vie professionnelle, je n'encourage personne à faire comme moi ! Chacun régit sa vie comme il l'entend… Ce ne serait pas une bonne chose que je sois imité par tous les professionnels de la médicomagie ! Car s'ils renonçaient tous à avoir des enfants, ce serait la chute de la démographie sorcière…

- Vous n'avez pas à vous en faire, après ma formation, je serai de ceux qui partageront leur vie entre le travail et la famille !

- Et ce sera tout à ton honneur ! Si ta moitié accepte que tu n'aies pas d'horaires fixes, que tu sois de garde la nuit plusieurs fois par semaine, et que tu sois susceptible d'être réquisitionné à toute heure, même quand tu es de repos, alors ton couple survivra aux contraintes de ton métier.

- Si je suis toujours avec ma petite-amie lorsqu'elle aura fini ses études à Poudlard, les horaires ne seront pas un souci. Elle aspire à une carrière dans le Quidditch.

- Ah oui, vous serez tous deux logés à la même enseigne… Car entre les entraînements, les matchs, les événements sportifs, les conférences, les réunions, et ses mille autres responsabilités, elle ne sera pas moins occupée que toi…

- Oui, si ce n'est plus…

- Tu n'as pas peur que vous n'ayez pas assez de temps pour votre couple ?

- Non, on a une relation très forte, très intense, très passionnelle, on s'aime énormément, mais on ne pourrait pas être collés vingt-quatre heures sur vingt-quatre l'un à l'autre… On a besoin de liberté et d'indépendance.

- Je vois. Dans ce cas, c'est bien que vous vous destiniez à une carrière très chronophage…

- Oui, mais quand on fondera notre foyer, je m'octroierai des congés pour profiter de nos enfants, et pour ne pas laisser Ginny toute seule…

- Ce sera une très belle initiative de ta part… Et je t'admirerais beaucoup. Personnellement, ce serait trop dur pour moi d'être éloigné ne serait-ce qu'une ou deux semaines de mes patients… C'est pour ça que j'ai opté pour des chats. Ils me procurent autant de joie que le ferait une famille. Et c'est un peu comme s'ils étaient mes enfants…

- Ce qui est logique, quand on y réfléchit bien. Après tout, les animaux réclament les mêmes soins de base que les enfants… Quels sont les noms de vos chats, au fait ?

- Rougeole et Rubéole.

Blaise s'attendait à tout sauf à cela. Et il ne sut quoi en penser. Certes, son tuteur n'avait d'yeux que pour son métier et ses chats, mais était-il vraiment allé jusqu'à lier les deux en attribuant des noms de maladies infantiles à ses chats ? Était-il sérieux, ou lui faisait-il une blague ?

- Ce n'est pas commun, comme noms de chats, hein ?

- Non, mais c'est… original, éluda Blaise.

«C'est bien qu'il n'ait pas d'enfants, finalement» ajouta-t-il en son for intérieur. Car si c'était pour les appeler Varicelle, Otite ou Oreillons, mieux valait ne pas en avoir…

- On me juge souvent quand je révèle le nom de mes chats…

- Oh, ce n'est pas comme s'ils avaient à les traîner sur leur dos en société… Si c'étaient des enfants, ok, mais là…

- Ah, merci, Blaise ! C'est ce que je me tue à leur dire…

Mr Bevelty ponctua ces mots désespérés d'un solide coup de fourchette dans sa viande, qu'il coupa énergiquement avec son couteau, comme s'il cherchait à se venger de tous ceux qui critiquaient les noms de ses félins adorés. Blaise continua lui aussi à manger, mais distraitement. Au fond, pour lui, il n'y avait rien de mal à nommer ses chats Rougeole ou Rubéole… Blaise trouvait même cela drôle d'imaginer Mr Bevelty crier ces deux noms quand c'était l'heure de la pâtée… Mais il était curieux de savoir si son tuteur était sincère, ou bien s'il se jouait de lui… Et il avait bien l'intention de faire sa petite enquête pour en avoir le coeur net !

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À midi cinquante, Blaise et le pédiatrimage allèrent dans le cabinet de ce dernier, qui prépara sa salle de consultation. À treize heures, il accueillit son premier patient, un bébé de quatre mois qui avait six vaccins à faire, ce que Blaise calcula en écoutant Mr Bevelty les citer. Parmi les six, il y en avait quatre qui lui étaient familiers : ceux contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et l'hépatite B. À l'inverse, les deux autres ne lui disaient rien du tout, et il serait bien incapable d'en répéter les noms ! Et il ne tenta pas de le faire, même mentalement, trop troublé par ce qui le taraudait pour se prêter à cet exercice. Et ce qui le taraudait, c'était l'association de ces six vaccins. Comment, diable, un bébé allait-il se laisser piquer six fois ? Rien que pour un adulte, se faire planter une aiguille dans la peau n'était guère agréable, alors pour un si jeune nourrisson… Blaise observa Mr Bevelty faire ce qui était, selon lui, le premier vaccin. En dépit de la douceur de ses gestes, le bébé pleura, mais il fut rapidement consolé par ses parents.

- Il oublie vite, s'amusa le pédiatrimage.

- Oui, c'était juste histoire de râler, plaisanta la mère du bébé.

Mr Bevelty griffonna dans le carnet de celui-ci, informa le couple des futurs vaccins à faire, puis il les libéra. «Mais… et les cinq autres vaccins ?» s'interrogea Blaise, décontenancé. Pendant que son tuteur se lavait les mains, Blaise exprima son étonnement :

- Il n'y avait pas six vaccins à administrer ?

- Si, pourquoi ?

- Vous n'en avez fait qu'un…

- Non, j'ai bien fait les six, affirma le spécialiste. C'était un vaccin combiné.

Face à l'incompréhension de Blaise, il précisa :

- Un vaccin combiné, c'est un mélange de plus de deux vaccins dans la même seringue. Cela permet de vacciner contre plusieurs maladies en une seule fois.

- Mais ça ne fait pas trop ? Et ça ne met pas en danger l'efficacité de ces vaccins ?

- Non, l'organisme sait très bien réagir conjointement à de nombreux antigènes différents. Et ça n'a aucune incidence sur la productivité des vaccins.

- Oh, tant mieux… Mais du coup, vous avez mis six vaccins dans la seringue ?

- Oui, mais la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont déjà, à la base, un seul et même vaccin.

- Ah bon… Je dois vous sembler bête, à ne découvrir tout cela que maintenant…

- Non ! s'exclama Mr Bevelty. D'après ce que tu m'as dit, tu es intéressé par la chirurgimage, et non par la pédiatrimagie, c'est donc normal que tu ne sois pas au point sur les vaccins infantiles… Veux-tu bien aller dire à Mr et Mrs Banks de venir tandis que je désinfecte tout, s'il te plaît ?

Cette requête surprit Blaise. C'était la première fois qu'il était mis à contribution. Mais il fallait bien qu'il y ait une évolution au fil de ses stages… Après tout, c'était le deuxième qu'il faisait ! Mais il se douta bien que son tuteur lui confiait cette tâche pour lui faire regagner confiance en lui, et il lui en fut grandement reconnaissant. Il se rendit à la salle d'attente, où il appela Mr et Mrs Banks qu'il conduisit au cabinet. Ils étaient là pour vérifier la croissance de leur enfant et dépister d'éventuelles formes d'autisme ou d'éventuels troubles sensoriels, tels que le strabisme ou la surdité.

Tout au long de l'après-midi, Mr Bevelty fit de plus en plus participer Blaise, qui amena les parents et les enfants à la salle d'auscultation, tendit le matériel nécessaire à son tuteur, et qui expérimenta même les sorts d'aseptisation, sous l'oeil vigilant du pédiatrimage. Durant cinq heures, les patients se succédèrent, et Blaise s'aperçut qu'il y avait trois principaux motifs de rendez-vous : les vaccins, qui étaient obligatoires ou fortement recommandés, programmés à divers âges de l'enfant, et autant communs au monde moldu qu'au monde sorcier (rougeole, oreillons, rubéole, coqueluche, tétanos, diphtérie, poliomyélite, hépatite B, méningocoque…) que propres au monde magique (dragoncelle, scrofulite, éclabouille), et enfin, les maladies courantes chez les enfants (angine, otite, bronchiolite, bronchite, gastro, rhinopharyngite, laryngite aiguë, pueri dragoncella…). Mais ce qui frappa Blaise, ce furent les tests systématiques effectués sur la magie des enfants. Après le dernier créneau, Blaise fit part à son tuteur de ses questionnements :

- Dites, j'avais conscience que les pédiatrimages avaient beaucoup de choses à surveiller, mais je ne croyais pas que la magie en faisait partie…

- Et pourtant, si. Avant de rediriger l'enfant vers un magicomage si besoin, c'est le pédiatrimage qui s'assure que tout aille bien. Mais ce, dès lors que l'enfant a manifesté ses premiers signes de magie, évidemment. Bon, tu peux y aller, tu as bien travaillé aujourd'hui !

- Oui, et je vous remercie de m'avoir attribué des missions…

- Il n'y a pas de quoi, tu ne vas pas passer tes trois semaines à n'être qu'un simple spectateur ! Cela va être lassant, à force…

- Ce n'est pas moi qui vais vous contredire !

Sur ces mots, Blaise souhaita une bonne soirée à son tuteur, quitta le cabinet et descendit au rez-de-chaussée, pour rentrer chez lui via la cheminée. Il avait eu une journée longue et intense, et il avait hâte de raconter à sa mère tout ce qu'il avait fait…

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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Alors, selon vous, est-ce que les chats de Mr Bevelty s'appellent réellement Rougeole et Rubéole ? XD Oui, on reprend les bonnes vieilles habitudes avec une question que je vous pose tous les deux chapitres !

Comme je serai en vacances dans une semaine, je vais essayer de bien avancer dans l'écriture du chapitre suivant, mais je peux déjà vous dire que le stage de Blaise en pédiatrimagie n'est pas fini et qu'on va faire la connaissance de la fratrie d'un autre personnage…

Sur ce, je vais vous laisser, on se retrouve prochainement pour le douzième chapitre, qui sera publié dès qu'il sera prêt, prenez bien soin de vous, je vous embrasse tous très fort, et plein de bisous tout le monde !