Bonjour !
Alors, c'est pas que je vous ai oublié... c'est que mes journées sont plus que chargées en ce moment et j'ai difficilement une minute pour moi. Mais je suis là !
Au menu de ce chapitre 17 : des nouvelles de nos champions, des vérités, une sortie entre amis et un nouveau départ !
Bonne lecture !
La nuque d'Hermione craqua sous son mouvement brusque.
Le cri de Charline avait attiré l'attention de tout le monde vers la brume et des murmures inquiets remplacèrent les conversations enjouées. Izia et Aleksandar bondirent du banc sur lequel ils patientaient, baguettes brandies, hésitant à intervenir. Hermione intercepta le regard affolé de sa championne et, de l'index, elle lui indiqua de rester à sa place.
Malgré tout, Hermione était prête à descendre. Son cœur battait à tout rompre et elle attendait le moment où un nouveau cri déchirerait le silence de plomb.
Cependant, celui de Charline ne se répéta pas. Hermione ne savait pas comment interpréter ce silence, mais la pression retomba lorsque la championne de Beauxbâtons ressortit de la brume. Essoufflée, les mains appuyées sur ses genoux et le dos voûté, elle leva simplement un pouce en l'air pour signifier qu'elle allait bien. Hermione en doutait un peu au vu du sang sur ses vêtements et des nombreuses plaies sur son visage et ses bras, mais l'infirmier de Durmstrang la rejoignit pour l'aider.
Une fois un premier contrôle réalisé par Zlatan pour confirmer qu'elle allait bien, Charline sortit de sa poche une petite peluche en forme de dragon, son objet personnel qu'elle était parvenue à récupérer des mains de Bloud, l'esprit frappeur.
Hermione, en bonne juge, nota sa réussite ainsi que le temps qu'elle avait mis pour y parvenir. Afin de pouvoir noter également leur performance à l'intérieur de la brume, chaque champion était suivi par une petite caméra embarquée moldue soumise à un sortilège de lévitation. Les images seraient analysées à la fin de l'épreuve et l'ensemble permettrait de désigner le vainqueur du Tournoi.
Izia prit place sur le point de départ après avoir échangé quelques mots avec Charline. La boule d'angoisse reprit place dans la gorge d'Hermione, mais son esprit s'en détourna lorsqu'elle vit un petit morceau de parchemin plié en forme d'oiseau voleter devant ses yeux.
Elle le déplia avant de lire un mot à l'encre noire : "Dîner ce soir ?"
Hermione sourit sans pour autant chercher le regard de l'émissaire de ce mot. Elle reconnaissait son écriture et n'avait pas besoin de sa confirmation. Persuadée qu'il la regardait, elle se contenta de hocher la tête et de ranger le parchemin dans sa poche.
Une heure s'écoula et Izia n'était toujours pas sortie de la brume. Inquiète pour sa championne, Hermione se rongeait les ongles avec une telle intensité qu'elle n'en aurait certainement plus d'ici la fin de la tâche. Elle se tourna vers George dont le pli soucieux entre ses sourcils témoignait de son inquiétude à lui aussi.
- Tu crois qu'elle va bien ? demanda-t-elle.
- J'espère… Mais tu connais Izia, elle ne se laissera pas faire par un simple esprit frappeur slave. Si elle survit à Peeves depuis qu'elle a onze ans, ce n'est pas ça qui va lui faire peur.
Sa tentative de la rassurer fonctionna un tout petit peu.
- Tu as sans doute raison, accepta-t-elle.
- Est-ce que le Baron Sanglant mène toujours la vie dure à Peeves ? demanda Pansy. Je me souviens d'un jour où il lui a hurlé dessus au point d'en faire trembler les murs des cachots. Peeves est parti se planquer derrière une statue et Blaise a toujours juré qu'il l'avait vu se pisser dessus.
- C'est probablement la plus grosse connerie que Blaise ait pu raconter, commenta Drago.
- C'est vrai, confirma Hermione. Peeves est un esprit frappeur, un non-être, donc contrairement à un fantôme, il n'a jamais été vivant. Il n'a donc pas pu se pisser dessus.
- Merci, professeure Granger, se moqua gentiment Pansy. Je n'ai jamais cru Blaise, de toute façon.
- Je t'en prie. Du coup, pour répondre à ta question, oui, il lui mène toujours la vie dure. Peu avant que je parte, j'ai d'ailleurs demandé au Baron Sanglant d'être encore plus ferme et vigilant avec lui. Johanna, ma remplaçante, n'a pas forcément l'habitude, donc je ne voulais pas que Peeves la rende chèvre.
La conversation à propos des pitreries de Peeves dura encore quelques minutes avant de dévier sur d'autres sujets. Hermione, cependant, peinait à se concentrer sur ce qui était dit. Cela faisait maintenant deux heures qu'Izia était prisonnière de cette brume et si certains s'impatientaient, Hermione angoissait.
Elle avait beau savoir que la sécurité était à son maximum, que des sorciers compétents étaient prêts à intervenir au moindre problème, elle avait un mauvais pressentiment. Au fond d'elle, elle sentait que quelque chose n'allait pas. Si Izia ne se laissait pas facilement impressionner, elle n'était pas invincible pour autant.
- Pensez-vous que nous devons faire quelque chose ? demanda le Ministre de la Magie.
Hermione fut soulagée que quelqu'un prenne le problème en considération.
- Malheureusement, on ne peut pas intervenir, déclara Drago avec un regard vers Hermione qui l'apaisa quelque peu.
- Il n'y a pas une règle à ce sujet ? s'enquit Viktor. Qu'au bout d'une durée déterminée, le champion est obligé d'abandonner, par exemple ?
- Non, répondit Drago. La seule chose qui pourrait changer quelque chose, c'est…
Une détonation coupa la parole à Drago.
Des étincelles écarlates jaillirent de la brume pour exploser dans le ciel comme un véritable feu d'artifice : un sortilège de détresse.
Hermione bondit de son siège, prête à dévaler les escaliers qui la séparaient de l'épreuve, mais elle fut retenue par une main sur son épaule. Elle se retourna vers Drago qui sauta habilement par-dessus la rangée de sièges afin de se mettre face à elle. Ses mains sur elle l'empêchaient d'intervenir.
- Ne prends pas de risques inutiles, lui conseilla-t-il. Les agents du Ministère sont là pour ça.
Hermione jeta un regard au-delà de l'épaule de Drago pour vérifier ce qu'il disait et, effectivement, les membres de la brigade d'intervention se précipitaient vers la brume. Elle fronça les sourcils en voyant, parmi eux, quelqu'un qui n'avait rien à faire là.
- Aleksandar ! s'exclama-t-elle, l'index pointé sur la foule.
- Quoi "Aleksandar" ? répéta Drago en se tournant vers la brume.
- Il vient d'entrer avec la brigade !
Un mélange de colère et d'inquiétude tira les traits de Drago. Alors qu'il s'apprêtait, à son tour, à rejoindre la brume, Hermione lui attrapa le poignet.
- Si je n'y vais pas, tu n'y vas pas. Ne prends pas de risques inutiles.
Un haussement de sourcils accompagna son mimétisme et Hermione comprit que Drago se retenait de sourire. L'urgence de la situation ne le permettait pas.
- Viens. On descend, mais on n'intervient pas.
Elle opina et le suivit, Maksimov, Koslowski, Apolline, George et Viktor sur leurs talons.
Son cœur battait si fort dans sa cage thoracique qu'elle en avait mal. La main de Drago dans la sienne, chaude et réconfortante, ne suffisait pas à l'apaiser.
Elle ignorait si Izia allait bien, si elle était blessée, si quelque chose de très grave était arrivé et cette incertitude la rendait folle. Les membres du Ministère chargés de la sécurité avaient intérêt à bien faire leur travail car Hermione avait promis de rentrer à Poudlard avec le nombre exact d'élèves avec lequel elle était partie !
- Que quelqu'un ramène Karzoff sur le champ ! hurla Koslowski.
Son visage était écarlate et ses yeux si écarquillés qu'ils semblaient vouloir sortir de leurs orbites. Il fulminait de rage. Hermione n'aurait pas été étonnée de voir de la fumée sortir de son nez et de ses oreilles.
- Et Izia ?! s'offusqua Hermione. Elle a lancé un sort de détresse, c'est que quelque chose ne va pas !
Koslowski la fusilla du regard.
- Karzoff n'a rien à faire dans l'épreuve pour le moment ! répondit-il. Son affront risque de le disqualifier !
- J'ai bien peur que ce ne soit pas qu'un risque, mais une obligation, répliqua Drago avec une voix calme et décontractée qui dénotait avec l'urgence de la situation.
Étonnée, Hermione fronça les sourcils.
- Le règlement est clair, reprit Drago. L'intervention d'un tiers entraîne la disqualification du champion.
- McAlister a pourtant aidé Karzoff lors de l'épreuve précédente et elle n'a pas été disqualifiée, contra Koslowski, sa moustache frétillante.
Ses bras croisés sur son torse, il semblait fier de sa remarque.
- Elle en avait le droit. Au moment de son intervention, elle était déjà dans le labyrinthe puisque l'épreuve se jouait en même temps pour tous les trois. Alors que pour cette tâche-là, c'était chacun leur tour.
Koslowski pinça les lèvres sous la colère. Hermione avait l'impression que quelque chose lui échappait. Que cet échange entre Drago et Koslowski cachait autre chose qu'un simple débat à propos d'un classement ou de l'épreuve.
- Si Karzoff est disqualifié de cette épreuve, alors McAlister doit également l'être !
- Ce point de règlement est à discuter.
Drago soutenait le regard de son interlocuteur avec fermeté, sûr de ce qu'il avançait. Une tension électrique presque palpable crépitait entre le directeur et son adjoint et des exclamations coupèrent court à tout ça.
Hermione se précipita vers Izia et Aleksandar qui venaient de sortir de la brume, chacun soutenu par un membre de la brigade d'intervention du Ministère. Aleksandar boitait, une chaussure manquante et son genou droit ensanglanté. Izia, elle, semblait en moins bon état encore. Ses yeux peinaient à rester ouverts, sa respiration était très lente et son visage livide.
- Izia ! s'exclama Hermione. Reste avec nous, ma grande, reste avec nous !
Elle l'aida à s'allonger dans l'herbe et tapota doucement ses joues pendant que George lui tenait les jambes en l'air.
- Drago ! Apporte-moi le sachet de Fizwizbiz de Pansy !
Les pas pressés de Drago s'éloignèrent d'elle et Hermione porta son attention sur Izia. Tous ses efforts se résumaient à l'empêcher de perdre connaissance, ce qu'elle était sur le point de faire. Elle souleva la tête de son élève et la déposa délicatement sur ses cuisses. Elle ouvrit sa veste pour que celle-ci ne la comprime pas et ordonna ensuite à Viktor de lancer un sortilège de Doucebrise pour lui apporter un air frais et l'aider à respirer.
- Izia, est-ce que tu m'entends ? Serre-moi la main si c'est le cas.
Hermione sentit une faible pression qui suffit à la rassurer. Au moins, elle n'avait pas perdu connaissance.
- As-tu mal quelque part ? Serre ma main une fois pour oui, deux fois pour non.
Deux pressions se succédèrent.
- Très bien. Respire lentement. Quand tu te sentiras mieux, tu pourras te redresser.
La championne de Poudlard eut besoin de quelques minutes pour revenir à elle. Son visage reprit doucement des couleurs et Hermione l'aida à s'asseoir aussi confortablement que le sol du terrain de Quidditch le lui permettait.
Drago lui tendit le sachet de Fizwizbiz qu'il avait récupéré auprès de Pansy et Izia ne se fit pas prier pour en prendre un. Le sucre lui ferait du bien.
- Comment tu te sens ? s'enquit Hermione.
- Mieux, répondit-elle avec, malgré tout, des tremblements dans la voix. Où est Aleks ? Comment il va ?
- Il est sous la tente avec l'infirmier, lui expliqua Drago. Sa cheville gauche est cassée, mais il n'a rien de plus à part quelques égratignures.
- Que s'est-il passé, bon sang ?! tonna Koslowski qui venait de sortir en trombe de la tente où était le champion de son école. Karzoff refuse de parler !
- Professeur Koslowski, l'appela Hermione. Laissez-leur le temps de se remettre sur pied et de digérer ce qu'il…
- J'en ai assez que ces gamins n'en fassent qu'à leur tête ! gronda-t-il. Il faut les…
- Maintenant ça suffit ! tonna Hermione.
Le silence s'abattit, mais elle n'en avait cure. Il commençait à lui taper sur le système avec ses exigences et son manque d'empathie ! Deux adolescents venaient de risquer leur vie et son attitude la mettait hors d'elle.
- Deux élèves ont vécu quelque chose de grave et l'un d'eux est sous votre responsabilité ! Vous devriez être en train de vous occuper de lui et de le rassurer au lieu de nous casser les pieds avec votre égoïsme !
- Mais enfin, professeure Granger, je…
- Je m'en moque ! George, prends ma place s'il te plait.
Hermione confia Izia aux mains rassurantes et paternelles de George afin de pouvoir se poster face au directeur de Durmstrang qui contractait si fort ses mâchoires qu'Hermione les entendit grincer l'une contre l'autre.
- Je n'ai rien dit depuis mon arrivée parce que je suis polie et très professionnelle, mais maintenant j'en ai assez. Vous avez été affreux avec votre champion depuis le début du Tournoi ! Vous lui avez mal parlé à plusieurs reprises, vous avez parfois été brutal dans vos gestes et ne vous amusez pas à le nier !
Son index pointé vers son visage, Hermione le défiait de la contredire, ce qu'il s'apprêtait à faire si elle en croyait sa bouche entrouverte.
- Nous allons juger les trois champions sur cette tâche selon le règlement qui a été voté par chacun d'entre nous ici présents et j'espère que je ne vous entendrai pas faire la moindre remarque. Sommes-nous d'accord, monsieur Koslowski ?
Les lèvres pincées du directeur tremblaient sous sa colère contenue. Hermione se sentait aussi bien énervée qu'agacée et elle espérait que cette conversation se terminerait maintenant.
- Je n'ai pas entendu. Sommes-nous d'accord, monsieur Koslowski ? répéta-t-elle d'une voix plus grave.
Il déglutit et hocha la tête avant de s'enfuir loin d'elle. Hermione souffla un bon coup et serra ses poings. Elle n'aimait pas se donner en spectacle, mais elle estimait avoir été suffisamment patiente avec Koslowski depuis qu'elle était là. Il était grand temps que cette école soit dirigée par quelqu'un de plus compétent.
La personne compétente à laquelle elle pensait s'imposa pour rétablir l'ordre parmi les personnes présentes. Les spectateurs quittèrent l'enceinte du terrain de Quidditch, à l'exception de Pansy qui les rejoignit quand Drago lui fit signe.
- Eh ben dis donc, sacrée ambiance. Je ne regrette pas d'être venue ! lança-t-elle. Est-ce qu'il me reste des Fizwizbiz ou la petite de Poudlard a tout mangé ?
- Hum, il doit en rester un ou deux, se permit de répondre Izia en secouant le paquet.
- Garde tout, Izia, lui dit Drago en levant les yeux au ciel. T'es vraiment pas sortable. Weasley, non seulement tu es courageux mais, en plus, je te remercie de me libérer un peu.
Pansy lui envoya un doigt d'honneur avant de lui répondre quelque chose qu'Hermione n'entendit pas. Toute cette adrénaline lui était montée à la tête et elle avait envie de quitter le château, au moins pour quelques heures.
- Vous connaissez un bar sympa à Tsvetengrad ou à Sofia ? demanda-t-elle, interrompant une conversation qui n'avait pas vraiment l'air importante. Excuse-moi, Drago, mais j'ai besoin d'un verre avant qu'on aille dîner.
Drago hocha la tête, compréhensif, et les yeux de Pansy se mirent à briller, investie d'une mission qu'elle accepta sans la moindre hésitation.
- On se donne rendez-vous à dix-neuf heures ? proposa Hermione. J'aimerais m'assurer qu'Izia, Charline et Aleksandar vont bien.
- Tu ne dois pas rejoindre les autres pour noter les champions sur cette tâche ? demanda George.
- C'est demain à quatorze heures. Je ne trouvais pas ça judicieux, au départ, mais finalement, ce n'est pas plus mal. J'ai besoin de faire redescendre la pression et si la nuit peut porter conseil à Koslowski, tout le monde s'en portera mieux.
- Pas faux, commenta platement Drago.
- Alors à tout à l'heure ? s'enquit Hermione.
- Vingt heures au Da Vinci Club ! s'exclama Pansy avec un enthousiasme débordant. George reste avec moi et Drago, tu embarques Granger ? Tu te souviens où c'est ?
- Pozitano Street ?
Pansy confirma d'un hochement de tête et commença à reculer vers la sortie.
- Transplane sur Manol Toshev Street, juste derrière ! Il n'y a jamais personne, c'est désaffecté. Ouh, j'ai hâte !
Elle disparut derrière les gradins, George sur ses talons, et Hermione sourit. Elle pourrait facilement s'habituer à cette énergie communicative. Une main sur son avant-bras la tira de ses pensées.
- T'as l'air d'être déjà en train de réfléchir au cocktail que tu vas boire, commença-t-il, mais Apolline t'appelle.
- Oh ! Non, j'imaginais juste Pansy au milieu d'une réunion familiale au Terrier, pouffa-t-elle. Apolline, je suis à toi.
Alors qu'elle trottinait jusqu'à la directrice de Beauxbâtons, elle entendit Drago rire dans son dos. Peut-être imaginait-il lui aussi sa meilleure amie entourée de Weasley ?
La soirée au Da Vinci Club avait été très agréable.
Pansy était impatiente de faire découvrir son QG à George. À Granger aussi, de toute évidence, mais elle en avait tellement parlé à George qu'elle ne voulait pas le décevoir. Par chance, même si le bar était moins animé en semaine que le week-end, l'ambiance était électrique ce soir-là, notamment grâce à la présence d'un DJ bulgare plutôt célèbre.
Une fois sur place, chacun avait commandé sa boisson et les verres n'avaient cessé de se vider et de se remplir jusqu'à ce qu'ils quittent les lieux aux premières lueurs de l'aube.
Durant toute la soirée, Granger avait dansé. Tantôt seule, tantôt avec Pansy et le plus souvent avec Drago, qui s'était révélé de bonne constitution sur une piste de danse après cinq verres de Chardonnay. Pansy ne l'avait jamais vu si enjoué sur de la musique électronique. Peut-être que le corps de Granger qui se frottait au sien y avait été pour quelque chose… Ils en avaient même oublié d'aller dîner, tous les deux.
Pansy avait d'ailleurs noté dans un coin de sa tête de lui demander depuis quand ils étaient si proches, tous les deux, mais elle n'était pas certaine d'y repenser une fois sobre.
George avait été le plus raisonnable d'eux quatre. Il avait bu deux pintes d'une bière serbe trop peu forte en alcool pour altérer ses capacités. Il avait donc fait la nounou avec eux jusqu'à ce qu'ils quittent le bar. Heureusement, d'ailleurs, car même si elle n'était pas ivre morte, Pansy avait du mal à mettre un pied devant l'autre. Les bottes qu'elle avait choisies pour ce soir étaient magnifiques, mais un calvaire pour sa stabilité.
- Tu crois qu'ils sont partis faire des cochonneries ? pouffa Pansy, le regard toujours fixé sur l'endroit où, quelques secondes plus tôt, Drago et Granger avaient transplané.
- J'espère pour eux. La tension sexuelle est à couper au couteau, il est temps qu'ils y mettent un terme.
- T'as raison. T'as vu comment ils dansaient collés serrés ?! J'ai bien cru qu'ils allaient se sauter dessus sans attendre d'être rentrés.
- Je pense que Drago était à deux doigts de l'emmener dans les toilettes.
- Tu parles. Drago est un gentleman double d'un hypocondriaque. Il aurait trop peur de choper des maladies.
Pansy pouffa à nouveau avant de s'accrocher au bras de George.
- On marche un peu ? Je suis pas sûre d'arriver à transplaner sans me désartibuler.
- Même si c'est moi qui fais le transplanage d'escorte ?
Elle secoua la tête.
- Un mouvement trop brusque et je vomis.
L'air frais durant la promenade lui fit énormément de bien. Pansy profita du calme du petit matin, une chose qu'elle faisait rarement, voire jamais. Le silence était de temps à autre brisé par un coup de klaxon, le vrombissement d'un moteur ou un volet qui claquait à cause du vent. Ce dernier souleva ses cheveux lors d'une petite rafale et lorsqu'elle frissonna, le bras de George se resserra autour de son épaule.
- J'ai pas envie de rentrer tout de suite, murmura-t-elle.
George consulta sa montre à son poignet.
- Tu veux un croissant ? proposa-t-il. La boulangerie de Tsvetengrad ouvre dans un quart d'heure.
- Pour peu, je t'épouserais, Weasley.
- Il va falloir que tu arrêtes avec ces propositions sous-entendues parce que je vais finir par te prendre au mot.
- Tu devras me supplier, ricana-t-elle.
- Tu te sens de transplaner, maintenant ? demanda-t-il en regardant autour d'eux, probablement pour choisir un endroit à l'abri des regards des Moldus.
Pansy hocha la tête, sa nausée estompée.
George effectua le transplanage d'escorte le plus doux qu'elle ait connu. Ses pieds touchèrent les pavés de Tsvetengrad avec légèreté et délicatesse, comme si elle atterrissait sur un nuage.
- Comment tu fais pour transplaner avec autant de douceur ? s'enquit-elle, curieuse. C'est la première fois que j'ai pas la gerbe après un déplacement.
- Deux raisons. La première, c'est que j'ai eu le temps de m'entraîner. Je transplane depuis le jour de l'obtention de mon permis et, pendant un moment, Fred et moi on faisait ça de manière assez déraisonnable. La deuxième, c'est que j'ai des enfants.
Pansy hocha la tête. Les deux explications se tenaient, surtout la deuxième.
La boulangerie n'était pas encore ouverte, mais la douce odeur des viennoiseries flottait déjà dans l'air du village. L'eau à la bouche, Pansy se laissa guider par son odorat jusqu'au rideau métallique du commerce.
Quelques minutes plus tard, George et elle ressortirent de la boulangerie avec un croissant chacun et un pain au chocolat en plus. Pansy ne perdit pas de temps pour croquer dans la première viennoiserie et laissa le sucre et le beurre envahir sa bouche.
- Quel bonheur, soupira-t-elle entre deux bouchées.
- Ça fait partie des choses qui vont me manquer quand je partirai.
- Et tu pars quand ?
- Le dîner de départ a lieu le 3 mai et notre Portoloin de retour est prévu pour le 4 à onze heures et quelques.
Pansy ne comprit pas tout de suite l'origine de cette douleur dans sa poitrine. Ce n'était pas une nausée et pourtant, le croissant avait perdu un peu de sa saveur.
Elle n'avait pas pensé à ça. Ou alors, elle avait refusé d'y penser. Pourtant, c'était inévitable, d'ici quelques jours, George rentrerait en Angleterre, retrouverait sa vie d'avant, son travail, ses enfants, son quotidien, ses habitudes.
Sans elle.
- Pansy ? l'appela-t-il.
Elle cligna fort des yeux pour s'ancrer au présent. Elle n'avait même pas réalisé qu'ils étaient assis sur un banc. Celui non loin de sa boutique. Celui où elle l'avait revu pour la première fois à l'automne.
- Tu apprendras avec le temps que j'adore communiquer, dit-il. C'est un truc que je fais beaucoup avec les petits. Je veux qu'ils me disent quand quelque chose ne va pas pour qu'on puisse y remédier tout de suite avant de s'enliser dans un truc dont on a pas envie.
- Sauf que je n'ai plus sept ans, piqua-t-elle.
- Donc ça devrait être encore plus facile pour toi de me dire ce qui ne va pas.
Pansy le regarda de travers. Ça allait être tout le temps comme ça, maintenant ?!
Elle croqua rageusement dans son croissant, comme s'il était la cause de tous ses maux.
- On va faire quoi quand tu seras plus là ? Parce que je ne compte pas rentrer en Angleterre. Du moins, pas plus que je ne le fais déjà, c'est-à-dire une fois tous les jamais quand j'ai besoin d'aller sur la tombe de mes parents. Y'a mieux comme rendez-vous galants, non ?
- Oh, on fera d'une pierre deux coups et on ira saluer Fred.
- Je ne plaisante pas, George, le rabroua-t-elle, les sourcils froncés.
- Moi non plus. Mon frère a toujours aimé la bonne compagnie et je suis sûr qu'il se lasse de voir toujours les mêmes têtes.
- J'adore ton sens de l'humour, tu le sais, mais là j'ai besoin que tu sois sérieux.
Elle espéra le convaincre par son regard déterminé qu'elle n'était pas d'humeur à en rire.
- Je plaisante parce qu'il n'y a pas matière à dramatiser, dit-il, plus sérieux. Je suis le directeur de mon Département, je peux facilement m'organiser, aménager mes horaires et même travailler de l'extérieur.
- Tant mieux, parce que moi non. Je suis ma propre patronne, je n'ai pas d'employé et je prends des vacances quand je commence à sentir que je touche le fond.
- Une chose à laquelle il faudra remédier, soit dit en passant.
- Quoi ? Les vacances ou l'employé ?
- Les deux. Employer quelqu'un te permettrait de déléguer et, du coup, de prendre des vacances.
- Confier ma boutique au premier venu ? Jamais de la vie.
- Personne ne te demande de la confier au premier venu. Et puis, ce n'était pas le sujet de la conversation de base.
- Hum.
George roula en boule le papier de son croissant et le jeta à la poubelle.
- Sache que je ne te forcerai jamais à venir en Angleterre si tu n'en as pas envie. Je pourrai venir dès que les enfants seront chez leur mère ou même quand ils seront avec moi et en vacances. On pourra retourner au parc d'attractions de Klifgrad, découvrir ceux des pays voisins. Tu pourras me faire découvrir tes coins préférés en Bulgarie et moi, je pourrai t'emmener à Portrane, dans le comté de Dublin. Avec mes frères et ma sœur, on y a acheté une petite maison au bord de la mer.
Pansy décrocha à un moment de son discours. Elle le regardait raconter avec un enthousiasme débordant tout ce qu'il aimerait faire et voir avec elle. Apparemment, Portrane était magnifique en toutes saisons et il avait hâte de lui faire découvrir. Pansy sentit une vague de chaleur remplir tout son corps. De la reconnaissance ? De la gratitude ? De l'... Non. Elle secoua la tête. Pas maintenant, c'était trop tôt.
- Tu ne m'écoutes plus ?
- Si, si, bien sûr. Je t'imaginais seulement en maillot de bain en train de prendre le soleil, mentit-elle.
- Une chance que notre maison soit dans une crique isolée et que je bronze nu.
Pansy haussa un sourcil et un sourire coquin étira le coin de ses lèvres.
- Hum, voilà qui est plus intéressant à imaginer.
Elle ferma les yeux et laissa le corps de George entièrement nu se dessiner derrière ses paupières. Le soleil frappant son torse un peu transpirant, ses mèches rousses légèrement plus foncées à cause de l'eau et son sexe, encore au repos, qui n'attendait que d'être stimulé.
Pansy se mordit la lèvre. Oh, elle visualisait très bien la scène et ne demandait qu'à se rendre à Portrane dès que l'occasion le permettrait.
- Je crois qu'il faut qu'on rentre, dit-elle en serrant ses cuisses l'une contre l'autre. J'ai, hum, la tête qui tourne à cause de l'alcool.
- Ça doit être ça, oui, ricana George. Je propose qu'on aille chez toi. C'est plus près et moins peuplé d'adolescents surexcités.
Pansy attrapa sa main et commença à courir vers son appartement, un George hilare sur ses talons.
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- Vous n'avez même pas couché ensemble ? Toujours pas ?! s'exclama Pansy comme si elle était concernée.
- Je ne vois pas en quoi ça te regarde, mais non, répondit Drago.
Pansy baissa le parchemin qu'il tenait devant son visage afin de pouvoir le voir.
- Drago Lucius Malefoy, regarde-moi dans les yeux.
Les yeux gris insondables, sauf pour elle, de son meilleur ami se verrouillèrent aux siens.
- Vous vous êtes seulement embrassés ?
- Oui, confirma Drago.
- Pas de mains baladeuses ? Pas de touche pipi ?
- Tu as quel âge, Pansy, franchement ?
- Vous vous êtes contentés de vous embrasser sur le pas de la porte et elle est rentrée dormir seule ? demanda-t-elle, sourde aux protestations et roulement d'yeux de Drago.
- Oui, affirma-t-il dans un soupir.
Convaincue, Pansy rendit les armes.
- OK, tu ne mens pas.
- Je ne mens jamais, répliqua Drago en regardant de nouveau son parchemin. Ce n'est pas parce que toi, tu as couché avec Weasley à peine avait-il posé un orteil sur le sol bulagre qu'on est tous obligés de suivre votre exemple. Maintenant, s'il-te-plaît, laisse-moi bosser.
- Excuse-moi, monsieur le Ministre.
- Pas encore, ricana Drago.
Pansy planta sa fourchette dans la salade qu'elle s'était préparée. Elle était venue pour prendre sa pause déjeuner avec Drago, mais ce dernier s'avérait occupé. En effet, dans une heure et demie, la session de notation pour la dernière tâche aurait lieu et l'annonce du champion du Tournoi des Trois Sorciers suivrait.
- Hum, je suppose que maintenant je peux te le dire puisque la dernière tâche est passée.
Pansy leva la tête de sa salade de riz.
- Plaît-il ?
- J'ai appris que le Ministre faisait du chantage à Koslowski, l'informa-t-il en s'enfonçant au maximum dans son siège, ses mains jointes derrière sa tête et son sourire typiquement Serpentard sur les lèvres.
- Comment ça ? Enfin, à propos de quoi ? Parce que c'est pas une nouveauté que les personnes de pouvoir manigancent toute la sainte journée.
- À propos du Tournoi, justement. Maksimov a dit à Koslowski que si Durmstrang ne gagnait pas le Tournoi, il le virerait.
La mâchoire inférieure de Pansy se décrocha sous le poids de cette information. Sa fourchette tomba de sa main pour s'échouer au sol, semant des grains de riz et des morceaux de tomates et de concombre sur son passage.
- Attends. Quoi ?! J'ai bien compris ce que tu viens de me dire ?
Drago s'avança pour appuyer ses avant-bras sur son bureau.
- Et puisqu'il y a de fortes chances qu'Aleksandar ne gagne pas vu ce qu'il s'est passé hier pendant l'épreuve…
- Tu vas probablement devenir le prochain directeur de cette école ?
Drago hocha la tête tandis que son sourire roublard ne faisait que s'étendre jusqu'à presque lui donner un air de psychopathe.
- Putain, mais ENFIN ! s'exclama Pansy en bondissant de sa chaise.
- Attends, attends, ne crions pas trop vite victoire, tempéra Drago. Rien n'est définitif, je ne suis pas à l'abri d'un retournement de situation.
- Mais enfin c'est du tout cuit, Drago ! Koslowski va sûrement terminer l'année scolaire, mais qui veux-tu que Maksimov nomme à sa place ? Enfin, lui et tout le Conseil d'Administration dont tu fais partie, je te rappelle. Tout le monde sait que tu fais tout ici, que Koslowski est un branleur doublé d'un misogyne. Tu as fait tes preuves depuis des lunes.
Combien de fois Pansy avait vu son meilleur ami faire des nuits blanches pour rattraper les erreurs du directeur de cette école ? Combien de fois l'avait-elle vu s'arracher les cheveux sur des dossiers qui ne le concernaient pas, simplement parce que Koslowski avait "la flemme" ? Combien de fois l'avait-elle aidé à se mettre au lit parce qu'il s'était endormi sur son bureau ?
Trop de fois. Il était temps que cela change.
Et voilà !
Alors, qu'en avez-vous pensé ? Est-ce que vous êtes contents qu'Hermione se soit lâchée sur Koslowski ? Ahah il était temps que quelqu'un le remette en plus.
Du coup, avec tout ça, qui sera le vainqueur du Tournoi à votre avis ? Je prends les paris !
Du love pour vous, à mercredi !
