Bonjour, bonsoir,
Un chapitre d'un autre POV à présent ! Mais... j'ai un peu honte car il est plus court...
Pour me faire pardonner, je publierai le prochain vendredi au lieu de samedi.
Enjoy,
Likocham.
Granger
— Tu as fait quoi ?
— J'ai défendu Drago Malefoy devant le magenmagot. Et je compte bien faire de même avec sa mère demain.
Hermione fronça les sourcils, s'éventant avec la main. Il faisait une de ces chaleurs ! Et on n'était qu'au mois de juin.
— Mais enfin, c'est insensé ! Dis-lui Ron !
— Elle a raison, Vieux ! Pourquoi tu fais ça ? Après tout ce qu'ils nous ont fait subir ?
— Vous n'avez pas vu tout ce que j'ai vu, vous n'étiez pas là quand… Narcissa Malefoy, c'est grâce à elle que nous avons gagné !
— Harry, tu exagères. Ce n'est pas une bonne…
La jeune sorcière s'interrompit: un groupe de personnes venait de passer devant eux en les saluant. Elle leur sourit en retour et fit signe à ses deux amis d'aller un peu plus à l'écart. Harry, Ron et Hermione se déplacèrent donc dans un coin reculé à l'ombre d'un arbre.
Ils avaient été tous les trois conviés à la cérémonie de commémoration des victimes de la Guerre. Un monument aux morts avait été érigé dans une plaine entre Pré-au-Lard et l'école Poudlard et c'était, aujourd'hui, son inauguration. Un grand nombre de sorciers étaient présents, tous vétus de noir. Les petits groupes s'étaient formés, ici et là, en attendant le début de la cérémonie.
Une fois à l'abri des oreilles indiscrètes, Hermione reprit:
— Ce n'est pas parce que Narcissa a fait une bonne action que cela excuse tout le reste, Harry!
— Et Drago n'a rien fait du tout !
— Exactement ! Merci Ron !
Harry souffla. Ses deux meilleurs amis étaient contre lui, ils n'arrivaient pas à comprendre pourquoi il avait agi ainsi. Alors, encore une fois, il essaya de leur expliquer.
— Je vous le redis… la connexion que j'avais avec Voldemort m'a permis de voir des choses, si vous aviez vu la façon dont il les traitait…
Mais Hermione ne voulait pas en démordre. Elle aussi, elle avait vu des choses. Elle aussi, elle avait vécu d'horribles moments.
— Ils l'avaient choisi.
La colère lui faisait serrer les dents. Alors, Harry lui prit la main.
— Ecoutes, j'ai seulement témoigné ce que je savais. Ce sont les jurés qui ont voté la peine ensuite, et ce sera pareil demain. Je fais ce qui me semble être juste, tout simplement. Je… Ne m'en voulais pas, d'accord ? J'ai toujours besoin de vous…
Ron tapota l'épaule de son ami à lunettes.
— T'inquiètes, vieux.
Hermione souffla, relâchant un peu la tension. Il est vrai qu'ils avaient besoin les uns des autres, surtout en cette période. Après la bataille, les enterrements s'étaient succédé: Remus, Tonks, Fred… Le deuil était là, bien présent, bien pesant sur les épaules de tout à chacun. Alors, ils se soutenaient du mieux qu'ils le pouvaient. Ce n'était pas le moment de se disputer pour des broutilles, même si Hermione aurait rêvé voir les Malefoy croupir à Azkaban. Elle ne se gêna pas pour le faire savoir à ses amis :
— Quand même, de mon point de vue, ils auraient mérité la prison…
Il lui serra un peu plus la main ouvrant la bouche pour parler mais un toussotement, amplifié par la magie, l'interrompit. Quelqu'un annonça alors le début de la cérémonie. Les trois amis retournèrent alors au centre de l'évènement. Dans l'herbe, des centaines de chaises avaient été disposées en rangs. Elles faisaient toutes face à une estrade et à un immense rectangle vertical recouvert d'un draps noir. Ils rejoignirent la famille Weasley, saluant des amis présents au passage. Molly leur fit signe, elle avait gardé des places pour eux. Ils s'installèrent en silence et la cérémonie commença.
Un homme d'un âge avancé fit un long discours sur l'importance du mémorial et ce qu'il représente. Puis, ce fut au Ministre de la Magie, Kingsley Shacklebolt de s'avancer face au pupitre.
— Ma chère communauté sorcière… Il est maintenant temps de dévoiler ce monument en leur honneur. En l'honneur de toutes ces personnes qui auraient dû être parmi nous. Allez-y…
Il se tourna vers le grand rectangle, et alors, quelqu'un tira sur le voile noir laissant apparaitre une immense plaque de marbre blanc. Elle étincela au soleil, diffusant sa lumière tout autour d'elle. Hermione dut plisser les yeux pour pouvoir l'observer. Elle remarqua alors les centaines de noms gravés dans la pierre. Tous ces sorciers, ces moldus et ces cracmols qui avaient succombé au cours des dernières années de la main de Voldemort ou de ses partisans… Quel gâchis.
La foule était silencieuse, le regard rivé sur le monument. Seuls des reniflements et des sanglots venaient rompre la quiétude de la plaine. À côté d'elle, Hermione vit la jambe de Ron tressauter, elle y posa la main, et ils entremêlèrent leurs doigts, croisant le regard larmoyant de l'autre. C'était comme assister à un nouvel enterrement.
Enfin, Kingsley reprit la parole :
— Merci à tous pour votre présence. Grâce à ce monument, nous n'oublierons pas. Et je souhaite ardemment que les erreurs commises ne se reproduisent jamais… Vivez en paix. Avec les autres, et avec vous-même.
Kingsley s'éloigna, les mains sur le cœur. Hermione frappa dans ses mains, applaudissant le Ministre en même temps que la foule. Puis, tout le monde se leva, la cérémonie était terminée.
— C'est vraiment très beau, ils auraient beaucoup aimé. N'est ce pas Arthur ?
— Oui, Molly chérie.
Alors, le père de famille passa un bras autour des épaules de sa femme, un sourire triste au lèvres, tandis qu'ils se faufilaient entre les chaises.
— Fred aurait surtout aimé un feu d'artifice en son honneur, marmonna Ron.
Hermione hocha la tête, pensive. Fred était toujours le premier à plaisanter, avec son frère, George. Il aimait les choses exubérantes, un peu déjantés… Sa mort avait laissé un grand vide dans la famille Weasley.
— Hermione ? Ron ?
Le couple se retourna: Neville Londubat venait vers eux. Son visage n'avait pas encore complètement récupéré des anciennes sévices qu'ils avaient subi. Un hématome vert jaunâtre s'étendait encore sur la partie droite de son visage.
— Salut Neville ! Harry, attends !
Le brun à lunettes se retourna, accompagné par Ginny Weasley.
— Ah, bonjour Neville !
— Tu es venu avec ta grand-mère ?
— Oui, elle parle avec des amis à elle, là-bas.
Il indiqua une direction que tout le monde suivit. L'énorme chapeau noir à plume fut facilement repérable dans la foule.
— Je voulais savoir, Hermione, comment s'est passé ton voyage en Australie ?
— Oh, très bien, je suis rentrée hier soir, sourit la sorcière.
En effet, Hermione avait fait le voyage quelques jours auparavant pour retrouver ses parents. Après un an de séparation, elle put, enfin, leur rendre la mémoire et leur raconter son histoire de bout en bout (en omettant peut-être quelques détails sordides). S'ils avaient été en colère qu'elle les aient exclus de sa vie pendant une année entière, ils passèrent vite outre en comprenant ses intentions. La joie des retrouvailles, le bonheur de se savoir tous sain et sauf avaient suffit à occulter tout le reste.
Hermione raconta alors quelques détails de son périple à ses amis, avant que chacun ne se sépare pour aller saluer d'autres personnes.
Ron étant partit lui chercher à boire, elle se remit à contempler le monument en marbre. Son chatoiement était presque surnaturel.
— Quel gâchis n'est ce pas ?
Hermione tourna la tête. Une femme avec une coupe à la garçonne venait de lui adresser la parole.
— Tous ces morts, c'est un véritable gâchis. Ils ne méritaient pas ça…
— Non, certainement…
— Je suis Barbara Humphrey, je travaille au département de la justice magique. Vous êtes Hermione Granger n'est ce pas ?
— Oui, oui, c'est moi.
— Enchantée, j'ai entendu beaucoup de bien de vous !
Hermione se mit à rougir.
— Vraiment ? Enfin, c'est… Merci.
— Mais, de rien ma chère, ria Barbara, avant de reprendre plus sérieusement : J'ai aussi eu vent de certaines histoires… Est-il vrai que vous et vos amis avez réussi à vous enfuir du manoir Malefoy alors que vous y étiez prisonniers ?
— Oui, enfin c'est un elfe de maison qui nous a libéré en vérité.
— Oh vraiment ? Cet elfe mériterait une médaille !
— Oui, il le mériterait… Dobby est mort en nous sauvant la vie.
À nouveau, Hermione regarda l'immense plaque. Le nom de Dobby n'y était pas gravé, comme aucune des créatures non humaines. Le chemin était encore long pour faire reconnaître les elfes à leur juste valeur parmi les sorciers. Une question traversa alors l'esprit de la jeune femme. Peut-être que cette Barbara pouvait la renseigner :
— Avez-vous eu des nouvelles concernant la capture de Bellatrix Lestrange ?
Le visage de la femme se durçit. Mais sa colère n'était pas dirigée contre Hermione.
— Hélas, nous n'arrivons toujours pas à suivre sa trace. Cette femme est pire qu'une anguille.
En voyant Hermione s'assombrir, Barbara compléta :
— Mais je suis sûre que les aurors réussiront à l'attraper très bientôt. Et croyez moi ma chère, je m'assurerais qu'elle finisse ses jours à Azkaban ! Pas comme certains membres de sa famille… C'est quand même un comble, non ? Que nous cherchions encore la tante alors que le neveu à déjà été relâché !
Hermione ne put s'empêcher d'acquiescer. Un comble, effectivement. Mais, elle était heureuse de voir que certains membres du département de la justice magique prenaient à cœur leur travail.
— J'ai appris cela, oui…
— Personnellement, j'étais contre ! (Les deux femmes se sourirent). Mais j'y pense, retournez vous à Poudlard en septembre ?
Hermione hocha la tête, perplexe. Quel changement de conversation brutal.
— Ma chère, comme cela doit être perturbant pour vous. Savoir que vous allez passer une année entière avec ce mangemort !
La jeune sorcière cligna plusieurs fois des yeux. Avait-elle mal compris ?
— Pardon ? Nous… Nous parlions bien de Malefoy ? Drago Malefoy ?
— Oui, oui ! Oh, vous ne saviez pas…
Qu'est ce que c'était que cette histoire ?
— Excusez-moi…
Hermione se retourna d'un seul coup, manquant de percuter Ron qui ramenait deux verres de citronnade. Il haussa ses sourcils roux en la voyant si agitée.
— Mione ? Qu'est ce qu'il y a ?
— As-tu vu Harry ? Ron ! As-tu vu Harry ?
Les yeux d'Hermione cherchaient frénétiquement. Son sang semblait bouillir dans ses veines.
— Oui, il est avec les Lovegood de ce côté, mais pourquoi…?
— Parce que je dois le tuer !
