Disclaimer : Rien d'Harry Potter ne m'appartient, si c'était le cas je serai une femme, je serai plus âgé et bien plus riche. Cette fanfiction est une œuvre originale de White Squirrel du nom de 'The Accidental Animagus' (/9863146/). Merci à lui de me permettre de traduire ses textes!

T/N : Tout d'abord, désolé pour le silence depuis avril. Exams, concours, fin d'études tout ça… Mais surtout, les alertes FFN étaient complètement cassées, je souhaitais donc attendre qu'elles soient réparées avant de poursuivre la traduction. Je m'attendais à quelques jours, peut-être quelques semaines, pas à des mois avant qu'elles refonctionnent ! Enfin bref, vous n'aviez peut-être pas eu de mail pour les 2 ou 3 chapitres précédents (très probable étant donné qu'à leur journée de mise en ligne ils n'avaient eu qu'une dizaine de clics).

Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire des retours et à me signaler des erreurs ou fautes de frappes si vous en trouvez ! ENJOY !


"Je suis désolée, M. Potter, mais je n'ai toujours rien trouvé d'anormal chez vous," dit Madame Pomfresh. "Et je ne peux plus vous donner de potion contre les maux de tête à moins que quelque chose ne change. Elle n'est pas conçue pour être prise sur de longues périodes."

"Je comprends. Eh bien, merci quand même."

Harry soupira et quitta l'Infirmerie, sa sœur inquiète à ses côtés. Depuis plusieurs semaines, son mal de tête revenait par intermittence, à la grande inquiétude de ses amis et de sa famille. Cela se produisait surtout en présence du Professeur Quirrell, qui semblait accessoirement perdre peu à peu la tête. Son bégaiement avait empiré ces derniers jours et il passait parfois de longues minutes sur des diatribes incohérentes. À d'autres moments, il s'appuyait sur son bureau et se tenait la poitrine comme s'il était sur le point de faire une crise cardiaque. La plupart des gens pensaient que c'était dû à la malédiction et de nombreux élèves se mirent à inventer des maladies de plus en plus horribles qui pourraient le tuer avant les examens de fin d'année. Les maux de tête rendaient Harry encore plus méfiant à son égard. Et il faisait de plus en plus de cauchemars, aussi. Hermione continuait à dire qu'il avait trop d'imagination, mais elle ne semblait plus aussi sûre d'elle.

"Tu devrais peut-être parler de tes maux de tête à Dumbledore," lui dit Hermione tandis qu'ils retournaient à la Salle Commune pour attendre le petit déjeuner.

"Oui, peut-être," dit Harry. "Tu sais, sœurette, je ne pense vraiment pas qu'il y ait un problème avec ma tête," dit-il tout en massant sa cicatrice du bout des doigts. "Je pense que ça signifie qu'un danger se profile à l'horizon - quelque chose qui a à voir avec Voldemort."

Hermione semblait avoir renoncé à contester ses dires : "Alors, dans ce cas, tu devrais vraiment en parler à Dumbledore."

"Oui... Oui ! Je pense que tu as raison," dit Harry après une pause. Il se retourna et se dirigea vers le bureau de Dumbledore.

Hermione se figea de surprise en voyant son frère acceptait immédiatement ses mots, avant de courir après lui pour le rattraper. Les deux enfants se dépêchèrent de parcourir les couloirs jusqu'à atteindre la gargouille gardant le bureau du Directeur et y tombèrent sur un homme très grand et à l'air très inquiet.

"Hagrid ? Que fais-tu ici ?" demanda Harry.

"Oh, bonjour vous deux," dit Hagrid d'un ton las. "Mauvaise affaire, j'en ai bien peur - vraiment mauvaise. J'ai trouvé une licorne morte dans la forêt la nuit dernière."

"Une licorne ?" s'exclama Hermione avec horreur.

"Oui. Je ne sais pas ce qui aurait pu la tuer, mais c'est la deuxième en une semaine et Dumbledore m'a dit de le prévenir immédiatement si quelque chose de bizarre se produisait dans la Forêt."

"C'est affreux ! Les licornes ne sont-elles pas censées être des animaux sacrés ?"

"Elles le sont. C'est le seul animal qui maudit la personne qui le tue. Mais quelque chose le fait, malgré tout - c'est signe de magie noire, si vous voulez mon avis."

Harry jeta un coup d'œil inquiet à son ami. "Hagrid..." dit-il en hésitant, "penses-tu que Voldemort pourrait être impliqué d'une manière ou d'une autre ?"

Hagrid recula d'horreur. "Ne prononce pas ce nom," grogna-t-il. "Je ne sais pas. Je suppose qu'il pourrait l'être, mais j'espère que non."

Heureusement, Hagrid fut sauvé de cette conversation quand la gargouille s'écarta pour laisser sortir Albus Dumbledore. "Bonjour, Hagrid," dit le directeur amicalement. "D'autres problèmes, je suppose ?"

"Oui. J'en ai trouvé une autre la nuit dernière," répondit-il. Hagrid, et cela était tout à son honneur, était resté raisonnablement amical envers Dumbledore au cours des dernières semaines, même après l'affaire de la Pierre Philosophale et de l'œuf de dragon.

"Je vois. J'aimerais entendre toute l'histoire tout de suite. Nous devons discuter de la façon dont nous devons réagir à ces événements. »

"Bien, monsieur..."

"Nous avons aussi quelque chose à vous dire, Professeur," intervint Harry. "Je pense que c'est peut-être en rapport."

"En rapport, Harry ? Eh bien, je suppose que vous devriez également entrer dans ce cas."

Mais au moment où ils allaient poser le pied sur l'escalier rotatif, ils entendirent un cri : "Albus ! Albus !"

Minerva McGonagall courait - courait ! - vers eux, agitant fébrilement un journal qu'elle tenait à la main. Harry et Hermione n'avaient jamais vu leur Directrice de Maison aussi agitée.

"Minerva, y a-t-il un problème ?" demanda Dumbledore avec inquiétude.

"S'il y a un problème ! N'avez-vous pas lu le journal, Albus ?"

"Je crains de ne pas en avoir eu le temps."

"Il faut que vous voyiez ça. Vous aussi, M. Potter," ajouta-t-elle, remarquant finalement la présence des enfants. Elle leur tendit le journal. Le titre déclarait en grosses lettres d'imprimerie :

HARRY POTTER MALTRAITÉ PAR DES PROCHES MOLDUS !

INTERVIEW EXCLUSIVE DE LA TANTE DE POTTER, MARJORIE DURSLEY

Par Rita Skeeter

Harry résuma succinctement le sentiment général : « Oh merde ! »


Rita Skeeter avait assurément un don pour dénicher des histoires à sensations. Jusqu'à présent, ses articles sur Harry avaient été plus fidèles que ceux qui lui étaient coutumiers, simplement parce que la vie d'Harry était déjà folle - des histoires à sensations, mais néanmoins fidèle donc, et cette histoire ne faisait pas exception :

L'enfance du Survivant a longtemps été tenue secrète par Albus Dumbledore et le Ministère de la Magie. Pourquoi ce secret ? Pourquoi en savons-nous si peu sur la façon dont le Sauveur du Monde des Sorciers a été élevé ? Pourquoi a-t-il été placé avec de la famille moldue, avant de leur être retiré et placé dans une autre famille moldue, avec une fille Née-Moldue, quatre ans plus tard ? Les recherches sur les tuteurs actuels du garçon et pour son dossier au Ministère se sont avérées infructueuses, mais votre journaliste a effectué une enquête poussée sur les proches moldus d'Harry Potter. Et je suis aujourd'hui en mesure de vous apporter la réponse à ces questions.

La tante et l'oncle moldus d'Harry Potter sont présentement incarcérés dans des prisons moldues pour maltraitance et négligence d'enfants.

Oui, mes chers compatriotes sorciers et sorcières, le Sauveur du Monde des Sorciers et Chef de la Noble Maison des Potter a été vicieusement maltraité dans le monde moldu - en fait, tellement maltraité qu'il s'est enfui de chez lui au tendre âge de cinq ans. Bien que les archives du procès de ses proches restent scellées, votre journaliste a pu contacter une certaine Marjorie Dursley, la sœur de l'oncle de Potter, Vernon Dursley, et la tutrice actuelle de son cousin, Dudley Dursley. Après quelques sollicitations, Mlle Dursley a finalement consenti à discuter des détails de l'affaire ainsi que de l'histoire tragique qu'a été le milieu familial d'Harry Potter.

Les épreuves et les tribulations du Survivant ont débuté lorsque, nouvellement orphelin, il fut abandonné sans ménagement sur le pas de la porte de ses proches, au beau milieu de la nuit, le soir glacial du 1er novembre 1981. Ce placement était clairement une erreur dès le départ. Lily Potter avait eu de graves différends avec sa sœur, Pétunia Dursley, peu de temps avant que les Potter ne se marient. Cette animosité a été aggravée par le fait qu'Harry, qui, comme nous le savons tous, n'était alors qu'un bébé, n'a pas été remis à ses proches en personne, mais laissé toute la nuit sur le seuil de leur porte, sans rien d'autre qu'une lettre leur annonçant la mort tragique de ses parents. Et qui a procédé à ce placement si mal pensé ? Voyons, nul autre que le Sorcier Président du Magenmagot et Directeur de Poudlard, Albus Dumbledore !

Cependant, mes chers lecteurs, le mépris insensible d'Albus Dumbledore pour le bien-être du Survivant n'excuse en rien le traitement atroce qu'il a subi aux mains de ses proches. Les yeux de Marjorie Dursley étaient voilés par sa désapprobation à l'égard de son criminel de frère tandis qu'elle racontait les faits. Ce qu'il faut tout d'abord comprendre est que Vernon et Pétunia Dursley étaient des gens aisés financièrement. Ils prodiguaient toute leur attention à leur propre fils, le gâtant au point de le rendre extrêmement gras et de le doter d'un sentiment que tout lui était dû lorsque Mlle Dursley en a obtenu sa garde. (Dudley fréquente à présent une prestigieuse école moldue et est considéré comme un élève modèle, selon Mlle Dursley). À la lumière de ces faits, il est d'autant plus inexcusable qu'Harry Potter n'ait pas eu sa propre chambre ou qu'on ne lui ait pas fait partager une chambre avec son cousin, mais qu'il ait dû dormir dans un placard sombre, poussiéreux et infesté d'araignées sous des escaliers et ce dès le jour où il est entré dans ce foyer - un foyer qui ne disposait non pas d'une, mais de deux chambres d'amis. L'enquête criminelle qui fut finalement ouverte et a conduit aux procès des Dursley a également permis de découvrir que la santé de Harry, âgé de cinq ans, avait été négligée, qu'il était sous-alimenté, qu'il se montrait méfiant à l'égard des autres et qu'il n'avait manifestement jamais été aimé.

La raison de cet horrible traitement ? Comme Mlle Dursley n'est pas au courant de l'existence de la magie, je n'ai pas pu en être certaine, mais d'après sa description de James et Lily Potter comme des "détraqués" et des "bons à rien", nous pouvons supposer que Vernon et Pétunia nourrissaient une haine profonde pour tout ce qui est magique, ce qui les a poussés à maltraiter leur neveu de manière aussi sévère.

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour le jeune Harry Potter est survenue peu après son cinquième anniversaire, lorsque, selon Miss Dursley, son oncle l'a sauvagement roué de coups à deux reprises, le laissant couvert d'ecchymoses, ensanglanté et probablement enfermé dans son placard sans soins de la part d'un guérisseur. Les raisons de cette montée soudaine de violence sont floues, mais compte tenu de la période, nous pouvons supposer que les premières manifestations de magie accidentelle du malheureux garçon, normalement un évènement si joyeuse dans une famille de sorciers, soient en cause. Mais en l'occurrence, son oncle détestant les sorciers, a cherché à l'étouffer dans l'œuf dès que possible.

Par chance, Harry réalisa un exploit incroyable et s'enfuit de chez lui avant que ses proches ne puissent endommager de façon permanente ses capacités magiques. Le jeune Harry a par la suite échappé aux autorités moldues pendant deux mois avant d'être retrouvé. Durant cette période, nul ne sait où ni comment le Survivant a vécu, que ce soit dans le monde des Moldus ou dans celui des Sorciers. Mlle Dursley était convaincue que le garçon a vécu dans les rues pendant ces deux mois, et il est tout à fait possible qu'elle ait raison. Quoi qu'il en soit, la dernière chose qu'elle ait entendue au sujet d'Harry Potter, jusqu'à une brève rencontre il y a deux ans, était qu'il avait été recueilli et adopté par ses tuteurs actuels, les parents de la sorcière Née-Moldue Hermione Granger, la sœur et camarade de classe de Potter comme elle se décrit elle-même. Malheureusement, tout ne va pas pour le mieux pour Harry Potter. Plusieurs de ses camarades de classe ont décrit le comportement du garçon comme étant inhabituel et erratique et ont affirmé qu'il était connu pour se s'en prendre à ceux qui l'entourent de façon inattendue dans certaines situations. Cela peut aller du feulement à l'encontre de camarades de classe avec lesquels il ne s'entend pas jusqu'à, à une occasion, une prise de paroles véhémente et publique ayant effrayé bon nombre de ses camarades de classe, lors du repas de midi. Il semble que seuls les tuteurs actuels d'Harry Potter connaissent l'étendue des dommages mentaux causés au Survivant par ses proches - qui ne souhaitent pas en parler.

Et à travers tout cela, nous pouvons nous demander : que faisait Albus Dumbledore ? Pourquoi a-t-il confié Harry Potter à des tuteurs aussi peu appropriés ? Pourquoi n'a-t-il pas pris des nouvelles du garçon plus tôt ? Que savait-il et quand a-t-il appris la disparition et l'adoption subséquente du garçon ? Comment et pourquoi a-t-il pu être placé dans une famille d'origine moldue dans un délai que l'on peut présumer très court ? Le Daily Prophet demande un compte-rendu complet des actions de Dumbledore ayant si manifestement porté préjudice au Survivant.

Et à Harry Potter, nous déclarons ceci : "Vous avez la sympathie du Monde des Sorciers pour les horreurs auxquelles vous avez été confronté.

Vous méritiez mieux que d'être tourmenté et battu aux mains de Moldus. Nous espérons que vous pourrez nous pardonner de vous avoir négligé quand vous aviez le plus besoin de nous. Sachez que nous ne sommes pas tous comme Albus Dumbledore. Nous chérissons profondément nos enfants et ne saurions tolérer qu'il leur soit fait du mal. Nous sommes tous avec vous, Harry Potter.

POUR UNE TRANSCRIPTION COMPLÈTE DE L'INTERVIEW DE MARJORIE DURSLEY, VOIR PAGE 2.

LUCIUS MALFOY RENOUVELLE SON APPEL À S'OPPOSER À LA LOI SUR LA PROTECTION DES MOLDUS, PAGE 3.

POUR UN COMPTE RENDU COMPLET DE L'ENQUÊTE MENÉE POUR RETROUVER LA FAMILLE DURSLEY, VOIR PAGE 5.

Le groupe qui se trouvait dans le bureau du Directeur jeta un coup d'œil à la page 5 et vit un compte-rendu élogieux des efforts acharnés de Rita pour remonter les papiers administratifs des Moldus afin de dévoiler le passé d'Harry.

Harry tremblait, à moitié au bord des larmes et à moitié sur le point de vomir. Hagrid semblait livide. Dumbledore s'affaissa dans son imposant et luxueux fauteuil, l'air accablé. McGonagall souffrait visiblement d'un mal de tête et semblait très inquiète pour son protégé.

Hermione fulminait elle aussi. Elle n'était pas si jeune et inexpérimentée qu'elle puisse manquer les insinuations anti-moldus, surtout en minimisant le fait que les Dursley avaient déjà été traduits en justice. Lucius Malfoy venait de jouer ses cartes pour s'opposer à l'Acte de Protection des Moldus, et ce à seulement trois jours de la rencontre du Magenmagot, qui plus est - une rencontre au cours de laquelle ils avaient espéré le faire adopter. Mais pour l'instant, elle s'inquiétait davantage pour son frère. Réalisant que la seule personne dans la pièce qui ne comprendrait pas était Hagrid, qui était probablement trop en colère contre Rita Skeeter pour le remarquer, elle attira Harry contre elle et commença à le gratter doucement derrière les oreilles. Il commença à se détendre.

Avec un soupir, Harry déclara : "Cette journée pourrait-elle être pire ?"

"Je n'arrive pas à croire que cette... cette... femme puisse te faire ça !" gronda Hagrid.

"Je peux," grogna Harry. "Elle s'est déjà foutue de moi toute l'année."

"Harry," réprimanda Hermione, mais le cœur n'y était pas.

"Je crains que nous n'ayons tous été pris de court, Harry," dit finalement Dumbledore. "Mlle Skeeter est l'une des personnes les plus frustrantes que je connaisse, mais elle est extrêmement intelligente. Je suis sincèrement désolé que vos secrets aient été révélés de la sorte."

"Nous aurions dû tout dévoiler dès le début," grommela Harry.

"Peut-être," répondit Dumbledore, "mais je ne le crois pas. Avec le sensationnalisme qui entourait déjà ton retour, cela n'aurait fait qu'empirer les choses."

"C'est ridicule," dit Hermione en parcourant une nouvelle fois le journal. "L'article reste truffé de spéculations pour faire sensation, mais le plus fou c'est qu'il reste en grande partie juste."

"Il y a de nombreuse personnes intelligentes qui croient que les articles de Rita Skeeter sont tout simplement fabriqués de toutes pièces, Hermione," dit le Directeur d'un ton songeur. "Cependant, j'ai constaté qu'il n'en est rien. En réalité, Mlle Skeeter publie ce qui suscite les réactions les plus vives, que cela soit vrai ou non. Dans le cas présent, elle a obtenu une histoire, pardonnez-moi de le dire, presque parfaite en récompense de ses recherches acharnées. Et elle n'aurait pas osé la modifier."

Le silence régnait dans le bureau, hormis pour le cliquetis des appareils de Dumbledore et un léger gémissement de la part d'Harry.

"Qu'allez-vous faire Albus ?" demanda le Professeur McGonagall. "Vous savez comment le public va réagir.

Le moment pourrait difficilement être pire. Le mouvement anti-moldus va prendre une ampleur considérable du jour au lendemain."

"Mais pourquoi ?" s'écria Harry, se redressant soudain avec colère. "Nos parents sont aussi des Moldus."

"Tout le monde ne réfléchit pas aussi logiquement que nous, Harry," répondit tristement Dumbledore. "Malheureusement, nous n'avons que très peu de temps pour réagir. J'ai moi-même insisté pour que l'Acte de Protection des Moldus fasse l'objet d'un vote final ce week-end, et avec le déchaînement d'émotions qui va suivre cette article, il n'a aucune chance de passer."

"Mais...mais...je ne pourrais pas prendre la parole lors de la réunion ?" demanda Harry. "Dire à tout le monde que je suis toujours en faveur de ce projet de loi ?"

Dumbledore sourit. "C'est une excellente idée. Ton raisonnement se tient. Cependant, je crains que cela ne suffise pas à ce stade. Je pense que le mieux serait de retarder le vote jusqu'en juin, afin de laisser les esprits se calmer et de nous donner à tous plus de temps pour préparer une réponse. Tu pourrais peut-être faire publier un bref communiqué sur ta position, tout en déclarant que tu es très occupé à réviser pour tes examens la semaine prochaine, et que tu t'exprimeras plus en détail à une date ultérieure."

Harry prit le temps d'y réfléchir et jeta un coup d'œil à Hermione. Elle opina du chef, comme il s'y attendait. Bien sûr, elle approuverait la partie concernant les examens. "Oui... je crois que je peux faire ça, monsieur."

"Très bien. Je commencerai les préparatifs après le petit-déjeuner. Maintenant, je crois que toi et Hagrid aviez chacun quelque chose d'autre à me dire ?"

Ils lui expliquèrent.

"Donc, juste pour clarifier les choses," dit McGonagall en se frictionnant les tempes tout en buvant une tasse de thé bien fort avec un supplément de lait, "Nous avons une licorne tuée dans la Forêt, et ce n'est pas la première, notre Professeur de Défense qui perd la tête, Harry Potter qui a des maux de tête suspects et l'article sur le passé d'Harry Potter qui va provoquer un tollé politique, ce qui fait un total de quatre catastrophes avant même le petit déjeuner... Je ne crois pas que nous en ayons eu autant depuis les temps qui ont précédé la fin de la guerre."

"En effet," dit Dumbledore. "Comme le dit l'expression, un malheur n'arrive jamais seul. Toutefois, compte tenu des mesures que nous avons prises, je pense que nous avons la situation ici, à l'école, bien en main."

"Mais Albus, la Pierre..." chuchota McGonagall. Harry tendit l'oreille.

"Oui, il vous faudra être particulièrement vigilante pendant mon absence vendredi soir, Minerva, mais j'ai bien peur que cela ne puisse pas attendre." Harry crut voir Dumbledore lui jeter un coup d'œil en disant cela, mais peut-être était-ce son imagination. "Je vais, bien sûr, m'occuper de chaque situation dès que possible."

"Et pour la cicatrice de M. Potter ? Ses maux de tête ? J'ai fait quelques recherches sur les blessures causées par maléfices, mais je n'ai jamais vu aucune mention d'une chose pareille. Pensez-vous qu'il pourrait vraiment prédire quelque chose ?"

"Hélas, je ne peux que spéculer sur ce point. Cette situation est sans précédent. Je crains de ne pas savoir pourquoi ou comment le Maléfice de Mort a pu laisser une telle marque." Bien sûr, il y a la prophétie, songea Dumbledore, mais cela n'explique pas non plus cela. "Maintenant, je pense que nous avons fait le tour de ce que nous devions discuter. Je sais que cela est difficile pour toi, Harry, mais si tu t'en sens capable, je pense qu'il serait bon que tu fasses preuve de détermination face à tes camarades de classe," leur dit Dumbledore. "Vous devriez avoir juste assez de temps pour vous rendre au petit-déjeuner."

Hermione tourna un regard soucieux vers son frère.

"Oui, je pense que je peux faire ça," soupira-t-il. "Allons-y."


Lorsqu'Harry et Hermione entrèrent dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, tous les regards se braquèrent sur eux. Harry décida que la meilleure chose à faire était de les ignorer, il se dirigea donc vers sa place à la table des Gryffondors sans un mot et s'assit. Il se tenait bien droit, imitant l'attitude distante qu'Hermione pouvait parfois avoir et se servit des saucisses et de la purée (et encore quelques saucisses pour faire bonne mesure) comme si rien ne sortait de l'ordinaire. Une photo de lui avec sa médaille de l'Ordre de Merlin, prise lors de la réunion du Magenmagot de décembre, souriait sur plusieurs journaux que tenaient les élèves autour d'eux, mais Harry les ignora également et ce avec une telle détermination que personne n'osa lui adresser la parole, bien que le Réfectoire fût parcouru de chuchotements et de doigts pointés dans sa direction.

Finalement, Neville rompit le silence : "Ha-Ha-Harry... ?"

"Je l'ai vu, Neville," dit Harry sur son meilleur ton d'indifférence féline, refusant de détourner le regard de son assiette. Il était toujours bien conscient que tout le monde continuait à le fixer.

"Et... est-ce que... est-ce que c'est vrai ?" demanda nerveusement Neville.

Et c'est là qu'Harry se retourna et regarda son ami dans les yeux. Le garçon au visage rond recula sous son regard. "En grande partie, oui, sauf pour la partie où je suis fou," dit-il.

Des exclamations se firent entendre dans la pièce. "Mais c'était il y a six ans. Tout est réglé maintenant."

"Mais un placard !" éclata Lavande Brown. Harry se contenta de hocher la tête.

"Bon sang, comment ont-ils pu faire ça ?" demanda Seamus Finnigan.

"Parce que ce sont des salauds malfaisants," répondit Harry avec dédain. "C'est pour ça que je me suis enfui."

A ces mots, il n'y eut plus de retenue : "Où étais-tu ?" "Comment as-tu fait pour te cacher pendant deux mois ?" "Tu leur as jeté un sort quand tu es parti ?" "Comment Dumbledore a-t-il pu te faire ça ?" "Mon père peut se charger d'eux pour toi si tu veux."

"Les gars ! Tout le monde ! Ça suffit !" tonna Harry. Tout le monde s'arrêta pour écouter. "C'était il y a six ans," dit-il fermement. "Ma tante et mon oncle ont été arrêtés par les autorités moldues. Ils sont toujours en prison et ils y resteront encore un bon moment. Je n'ai pas besoin que quelqu'un cherche à me venger ou quelque chose du genre. Et je n'ai aucun problème avec Dumbledore non plus. Nous avons réglé tout différend avec lui également."

"Comme c'est touchant, Potter," dit une voix obséquieuse derrière lui.

Harry se retourna immédiatement et se leva en voyant le contingent habituel de Serpentards s'approcher. "Malfoy, ne commence pas," dit-il.

"Je peux comprendre pourquoi vous avez gardé votre passé secret jusque là," dit Malfoy d'un air suffisant, en brandissant un exemplaire du Prophet devant Harry. "Même moi, je n'arrive pas à croire ce que ces Moldus ont fait. Comment avez-vous pu rester dans ce monde après ça ?"

"Parce que je ne considère pas que ce qu'ils ont fait s'applique à tous les Moldus," répondit Harry d'un ton neutre. "Et parce que la plupart des autres Moldus que j'ai rencontrés ne leur ressemblaient en rien."

"Hmpf, vous vous accrochez toujours à ces nobles valeurs familiales, Potter ? Honnêtement , la plupart d'entre nous peut voir à quel point les Moldus sont peu recommandables."

"Pas tous les Moldus, Malfoy. Juste quelques bigots. Vous savez, vous ne pouvez guère parler. Si mes proches avaient été des sorciers, ils se seraient parfaitement intégrés à votre entourage. Ils étaient aussi fiers d'être des Moldus de sang pur que vous l'êtes d'être des sorciers de sang pur. En fait, mon cousin aurait probablement pu être confondu avec Goyle."

Goyle grogna et fit craquer ses phalanges. Harry dut résister à l'envie de feuler en retour.

"Tu as raison, Drago, il est vraiment dérangé," dit Theo Nott. "Il a dû recevoir trop de coups sur la tête."

Neville se leva d'un bond et lança : "La ferme, Nott." Ron se leva également, tout comme Hermione, dont les doigts étaient prêts à dégainer sa baguette.

"Laissez-le tranquille," s'emporta Ron. "Harry en a fait plus que vous tous réunis."

"Ce n'est pas à toi que nous parlions, Weas-belette," (1) dit Malfoy. Il ne jeta même pas un coup d'œil vers Neville ou Ron, mais considéra Hermione d'un œil prudent. "Quelle honte, ce qui est arrivé au Survivant," dit-il d'un ton sarcastique. Les autres Serpentards ricanèrent. "Une belle histoire tragique, vraiment. Peut-être que mon père pourra... convaincre les Brocklehurst d'en faire une pièce de théâtre."

(1) Weasley ressemble beaucoup à Weasel (belette), d'où le surnom désobligeant

"Et que veux-tu dire par là, Malfoy ?" Mandy Brocklehurst se leva d'un bond derrière lui.

Mais Malfoy n'eut pas l'occasion de préciser ses menaces, car une voix acide retentit par dessus celles du groupe : "Vous pouvez en rester là... tous." Le Professeur Rogue était descendu de la Table des Professeurs pour mettre fin à la dispute. "Nous ne voudrions pas que quelqu'un ait des ennuis à cause d'un article paru dans un journal, n'est-ce pas ?" Il jeta un regard très perçant en direction d'Harry et Hermione en disant cela. "Cela serait fort désagréable pour tous ceux impliqués."

Malfoy sembla saisir le message, qui était évident pour Harry et Hermione. Les lettres à l'encontre du Professeur Rogue dans les journaux avaient continué à être publiées par intermittence. "Oui, professeur," dit-il, avant de se détourner et s'éloigner avec les autres Serpentards, le nez en l'air. Rogue partit sans un mot de plus.

Hermione chuchota à Harry : "Je maintiens qu'il a une dent contre toi." Harry se contenta de rouler des yeux.

Harry abandonna son petit-déjeuner dès qu'il en eut l'occasion, suivi de près par Hermione. Ils auraient un peu de temps pour souffler, seuls dans leurs dortoirs, avant de devoir se rendre en cours de Transfiguration ainsi, mais Ron les suivit en courant, en s'exclamant : "Hé, Harry, attends !" Ils se retournèrent. Mis à part un unique éclat de voix contre Malfoy, Ron était resté inhabituellement silencieux tout au long du petit-déjeuner. "Tu aurais pu me dire..." commença-t-il. "Enfin, je comprends que tu n'aies pas voulu en parler, mais... Écoute, je suis désolé que tu te retrouves coincé au milieu de tout ça, vieux. Je sais que je me plains d'être pauvre et tout ça parfois, mais je... tu... je veux dire, ce qui t'est arrivé... c'était absurde. Personne ne devrait avoir à subir ça. Quoi qu'il en soit, j'ai dit aux autres d'arrêter de te laisser tranquille pour le moment. Tu ne mérites pas... tout ça." Il fit un geste du pouce derrière lui.

"Euh... merci, Ron. C'est très gentil de ta part," répondit Harry un peu sèchement. "On se voit en cours."

La seule chose à laquelle Harry ne s'était pas attendu dans tout ça était que son miroir à double sens avait passé la matinée à chauffer sur sa commode. Ne prenant même pas la peine de descendre dans la Salle Commune pour appeler Hermione, il le saisit et dit : "Sirius Black."

Une minute plus tard, Sirius et Remus, inquiets, apparurent dans le miroir.

"Loupiot ! Tu vas bien ? On a vu l'article - " commença Sirius.

"Je vais bien, Sirius," grommela Harry. "C'est juste que c'est le pire moment pour s'occuper de tout ça - répondre à toutes les questions, s'inquiéter de la réaction du public..."

"Et qu'en est-il de ton pauvre parrain ?" le réprimanda-t-il.

"Désolé, je - "

"J'ai dû empêcher Patmol de se partir de son côté et de faire quelque chose de stupide," interrompit Remus. "Tu ne nous as jamais parlé du placard."

"Oh... Désolé. Je suppose que c'était il y a si longtemps que ça n'a plus vraiment d'importance pour moi. Ils étaient horribles avec moi, je me suis enfui, ils ont fini en prison. C'est tout."

"Alors tout est vrai ?" demanda Remus.

"Oui, pratiquement. Je suis désolé, je n'ai jamais vraiment pensé à vous en parler."

"Ce n'est pas grave, Loupiot," rassura Sirius. "J'aurais juste préféré ne pas avoir à l'apprendre de cette façon." Il agita le journal avec frustration. "Rita Skeeter," grogna-t-il. "Et cette Marjorie Dursley - comme si elle était si pure et noble."

"Ha !" s'exclama Harry. "Tante Marge était tout aussi désagréable qu'Oncle Vernon avant qu'il n'aille en prison. Lors de la fête des cinq ans de Dudley, elle m'a donné des coups de canne dans les chevilles pour m'empêcher de le battre au jeu des chaises musicales."

"C'est affreux !" dit Remus.

"Bienvenue à Dursleyland. De toute façon, d'après ce qu'on nous a dit, elle a changé de comportement une fois qu'elle a vu les ennuis que ça a causé à son frère - mais tout en prétendant avoir toujours été une citoyenne modèle."

"Elle ferait un parfait Mangemort vu ce que tu décris," grommela Sirius. "Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Tu as lu les conneries de Lucius Malfoy ?"

"Non, mais je peux imaginer," dit Harry. "Dumbledore va repousser le vote au mois prochain. Je vais demander à Cousine Andi de faire publier une brève déclaration pour l'instant et je ferai un discours à ce moment-là."

"Cela me semble judicieux," dit Remus. "Patmol, tu devrais probablement faire une allocution ce week-end - une calme et réfléchie."

"Hmm. J'essaierai."

"Ça me paraît bien," dit Harry. "Je vous rappellerai plus tard. Je dois aller en cours."

Sirius opina : "A plus tard, Loupiot. Je t'aime. Miroir terminé."


Après Transfiguration, Harry et Hermione furent rejoints par Terry Boot, dont la vie dans le monde moldu n'était pas très différente de celle de Ron dans le monde magique. Il témoigna également sa sympathie à Harry et l'informa qu'il avait dit aux Serdaigles de le laisser tranquille. Un Justin horrifié avait fait de même avec les Poufsouffles, les choses ne paraissaient donc pas trop mal pour Harry pour le moment. Seuls les Serpentards continuaient à lui chercher des noises.

Entre-temps, ils avaient assisté à un double cours de Défense, où Harry n'avait pas manqué de remarquer que le Professeur Quirrell avait l'air d'avoir les yeux plus brillants et la queue plus touffue aujourd'hui. Son bégaiement s'était considérablement atténué et il avait l'air inhabituellement guilleret.

Harry en conclut que c'était probablement mauvais signe.

À l'insu des enfants, le Maître de Quirrell était lui aussi d'une bonne humeur inhabituelle, surtout après ces deux derniers mois de déboires. L'article d'aujourd'hui portait la marque de Lucius Malfoy. Ce lâche n'était peut-être pas si inutile après tout. Il venait de porter un coup dur au petit projet de Dumbledore et le vieux sorcier allait devoir s'absenter encore plus longtemps du château ce week-end pour tenter de rattraper le coup.

C'était d'autant mieux pour lui.


Le coin des mots et expressions :

« Se marier à la mairie du treizième »

Avant 1860, dire qu'un couple s'était marié à la mairie du 13ème signifiait qu'il vivait en concubinage sans être marié, ce qui était très mal vu. Il s'agissait d'une expression utilisée presque uniquement par les parisiens. Mais pourquoi "le treizième" ? Est-ce en rapport avec la superstition du nombre 13 ? Absolument pas. A l'époque Paris contenait 12 arrondissements, donc aller « se marier à la mairie du treizième [arrondissement] » était censé être une façon amusante de parler d'un couple dont le mariage est aussi inexistant que cette fameuse Mairie du treizième.

Mais l'histoire ne serait pas drôle si elle s'arrêtait là ! En 1860, les villages environnants sont rattachés à Paris. Huit nouveaux arrondissements voient le jour, un treizième arrondissement y compris. Fait amusant, à cause de l'existence de cette expression, la population plutôt aisée habitant l'arrondissement qui devait être le treizième (l'actuel seizième) ont fait pression pour faire changer la numérotation. C'est également à cause de cela que la numérotation des arrondissements parisiens a pris une forme en escargot en partant du centre de la ville.