Scott ferma la porte de sa chambre, dans laquelle se trouvait Stiles et alla rejoindre Derek dans le salon. Le big bad wolf attendait religieusement depuis une bonne trentaine de minutes sans essayer d'écouter leur conversation. Il leur avait fallu de l'intimité. Dès son arrivée chez les McCall, il avait confié Stiles aux bons soins de celui qu'il voulait voir depuis le début son meilleur ami, Scott. Ce dernier l'avait emmené dans sa chambre et avait fait de son mieux pour le détendre, le calmer et surtout, stopper ces fichues larmes qui déformaient son visage d'ange. Il avait eu la même réflexion que Derek, n'avait pas tenté de le faire parler, pas tout de suite. Cela aurait été plus contreproductif qu'autre chose.
Derek sembla se détendre lorsqu'il vit son alpha prendre place sur le fauteuil en face de lui. Scott affichait un air sombre qui ne masquait rien de son inquiétude contrairement à Derek, qui avait seulement partiellement renfilé son masque. McCall n'était pas dupe pour autant il avait vu le visage de Hale lorsqu'il était arrivé, aidant Stiles à marcher. Il savait que son bêta s'inquiétait sans doute presque autant que lui car, même s'il ne voulait peut-être pas l'avouer, Scott savait qu'il avait fini par apprécier l'hyperactif au fil du temps, à sa manière bien sûr.
- Alors ? Demanda Derek, trahissant un peu plus son réel ressenti sur cette histoire.
Scott soupira et se frotta énergiquement le visage, comme pour se réveiller.
- Il se repose, dit-il simplement après quelques secondes.
- Tu sais ce qui lui arrive ?
- Pas du tout et ça m'énerve, râla Scott.
- Il t'en dira peut-être plus demain. Il dort ici, je suppose.
- Ouais… Mais je ne sais pas s'il acceptera de m'en dire plus. Je sais pas pourquoi, je le sens, je… Ça a l'air différent de d'habitude.
D'un regard, Derek lui demanda de développer et Scott ne se fit pas prier.
- D'habitude, Stiles me le dit, quand il a un souci. Pour le nogitsune, il m'en a direct parlé, il m'a fait part de ses visions, de ses angoisses… De tout. Au moment-même où ça arrivait, il n'a pas attendu une seconde. Et pourtant, tu sais comme moi à quel point c'était grave et à quel point ça l'a impacté. Là… Je sais pas, mais je le sens pas.
- Même si c'est moi qui ai reçu le message, c'était à toi qu'il était destiné. Il faisait appel à toi, si l'on peut dire ça comme ça, dit Derek en s'asseyant mieux sur le canapé.
- On verra bien…
Scott soupira une nouvelle fois et ancra ses yeux ébènes dans ceux, si clairs, de Derek.
- Derek… Jamais Stiles n'a pleuré comme ça dans mes bras, jamais.
Après avoir prononcé ce simple constat, Scott eut l'air abattu comme jamais. Il avait encore l'impression de tenir Stiles contre lui. Son corps si fin, tremblant, ses larmes coulant sans discontinuer sur ses joues pâles tâchées de grains de beauté. L'hyperactif avait déjà pleuré devant lui, lorsqu'il devait effectuer un scanner et qu'il pensait avoir la même maladie que sa mère. Cependant, c'était différent. Là, Stiles lui avait semblé profondément traumatisé par il ne savait quoi, terrifié jusqu'à la moelle.
Derek, comprenant ce qu'il ressentait, lui raconta clairement ce qu'il s'était passé lorsqu'il avait trouvé Stiles dans sa chambre. Il lui parla du fait qu'il avait surpris l'hyperactif en pleine crise de panique puis qu'il avait pleuré comme un dingue dans ses bras à lui aussi, s'accrochant à lui comme s'il était un ancrage.
- Il s'est laissé aller avec toi ? C'est pire que ce que je pensais, réalisa Scott avec effroi.
D'ordinaire, jamais Stiles ne s'autorisait à se montrer ainsi devant d'autres que Scott. Depuis peu, il commençait à dévoiler certaines de ses facettes à Lydia, mais sans plus. L'alpha était le seul à qui Stiles acceptait de se montrer, quel que soit son état. Qu'il rage, qu'il pleure, qu'il hurle, il se l'autorisait seulement en présence de Scott. Si quelqu'un d'autre faisait son apparition, l'hyperactif prenait sur lui et se retenait, amenuisant la puissance de ses émotions en surface. Alors, s'il avait tremblé et pleuré dans les bras de Scott ET de Derek, « Sourwolf », comme il aimait l'appeler, cela voulait dire qu'il allait vraiment très mal. De plus, Stiles n'avait pas décroché un mot ni avec l'un, ni avec l'autre.
Derek et Scott discutèrent un moment, de bien longues minutes. Une demi-heure, peut-être un peu plus. Alors qu'ils avaient changé de sujet et parlaient de la meute, le bruit caractéristique de grincement des escaliers attira leur attention. Bien vite, Stiles fit son apparition et les deux loups remarquèrent à cet instant des détails qui leur avait échappés jusqu'à lors. Les importants cernes de Stiles, ses joues légèrement creuses, son regard vide. Stiles tirait ses manches, comme pour cacher ses poignets, ou ses mains. Sa capuche rabattue sur sa tête ne cachait pas le moins du monde son visage marqué par la tristesse, la douleur. Scott et Derek se turent et regardèrent le nouveau venu qui fit quelques pas dans leur direction, avant de s'arrêter à deux mètres d'eux.
- Tu as besoin de quelque chose, Stiles ? Lui demanda Scott, prêt à se lever. De l'eau, quelque chose à bouffer ?
L'hyperactif secoua la tête de gauche à droite. Derek tenta autre chose :
- Tu… Peut-être que tu veux que je m'en aille, pour te laisser seul avec Scott.
Derek avait effectivement pensé à cela lorsque McCall lui avait dit que Stiles ne lui avait pas révélé ce qui lui arrivait. Peut-être sa présence gênait-elle l'hyperactif.
- Non, souffla Stiles.
Sa voix… Si faible. Depuis qu'il l'avait trouvé recroquevillé par terre dans sa chambre, Derek n'avait pas entendu sa voix normale. Stiles avait parlé et parlait encore comme s'il avait peur qu'un mot de trop s'échappe de sa bouche. Comme s'il était terrifié à l'idée de dire quelque chose et d'en subir les conséquences.
Stiles détourna le regard il avait à nouveau les yeux brillants, mais ne pleurait pas, pas encore. Il baissa un peu la tête et tira sur ses manches, comme pour rendre ses mains invisibles.
- Pardon Scott, murmura-t-il.
Il n'avait pas besoin d'augmenter son volume sonore, sachant parfaitement que les oreilles des deux loups avaient parfaitement entendu les pauvres petits mots qu'il avait prononcés. L'alpha haussa un sourcil, perplexe.
- Pardon pour quoi ? Demanda-t-il à son meilleur ami.
Celui-ci garda le regard et la tête baissés.
- De squatter chez toi, répondit faiblement Stiles.
- Viens, Stiles, viens t'asseoir, l'invita Scott.
Ne sachant trop où se mettre, Stiles resta interdit quelques secondes, avant que l'alpha ne tapote la place près de lui. Cependant, l'hyperactif n'alla pas s'y installer, pour la plus grande surprise de son meilleur ami et de Derek, qui ne dit rien. Le fils du shérif choisit de s'assoir dans le petit fauteuil entre le canapé sur lequel se trouvait le bêta, et celui sur lequel était affalé l'alpha. Entre deux membres de sa meute. Stiles se voûta et posa ses coudes sur ses genoux, fixant le sol. Scott le mit à l'aise :
- Tu peux rester autant de temps que tu veux Stiles, tu es ici chez toi.
Stiles secoua la tête.
- Non, je ne peux pas.
Toujours cette voix faible et ce regard fuyant. La peur ne quittait pas l'odeur de Stiles. Scott et Derek haussèrent un sourcil. Ils n'eurent pas le temps de demander quoi que ce soit que l'hyperactif ajouta tout naturellement ceci :
- Je trouverai une solution… Je trouve toujours des solutions.
Il avait prononcé cette phrase comme un mantra, comme pour se persuader lui-même de ce qu'il disait.
- Quel est le problème, Stiles ? Lui demanda Scott.
Derek restait volontairement en retrait, pour ne pas gêner l'hyperactif. N'étant pas très proche de lui en temps normal, le bêta se disait que le fils du shérif parlerait plus à son meilleur ami qu'à lui, l'homme qui, par le passé, passait son temps à le plaquer contre un mur dès qu'il l'agaçait.
- Je… Je veux pas retourner chez moi, c'est ça le problème.
Ses mains se mirent à trembler de manière imperceptible pour un humain, mais pas pour des loups-garous. L'alpha comme le bêta n'avaient qu'une envie s'approcher pour montrer leur soutien à Stiles, mais se retinrent l'un comme l'autre, de peur de le brusquer et qu'il ne se braque.
- Je… Je… Je peux pas. Pas en ce moment.
Sa voix se brisa sur la fin et après de longues secondes de silence, Scott en eut marre de rester assis à voir son meilleur ami souffrir. Il se leva, s'approcha du fauteuil et s'accroupit devant Stiles. Il lui saisit les mains et les serra dans les siennes. Les tremblements augmentèrent en intensité et Scott, tout autant que Derek, vit le visage crispé de l'hyperactif qui se retenait tant bien que mal de laisser libre court à ses émotions les plus profondes et douloureuses.
- Stiles… Parle-moi, dis-moi ce qui se passe, le supplia l'alpha.
Aussitôt, l'hyperactif secoua énergiquement la tête de gauche à droite en fermant les yeux avec force. Ses doigts serrèrent ceux de Scott qui le regardait toujours, plus soucieux que jamais.
- Je peux pas… Je peux pas… Je peux pas…
- Stiles, écoute-moi, le pria doucement l'alpha. Je suis et serai toujours là pour toi. Tu peux tout me dire et tu le sais, mon frère.
Derek ne bougeait toujours pas mais regardait la scène avec intérêt et inquiétude. Il avait toujours voulu avoir ce genre de relation avec quelqu'un amicale, fraternelle, presque fusionnelle. Avoir quelqu'un sur qui compter, peu importe les épreuves. Scott était la personne sur qui Stiles comptait depuis des années. Pourtant…
- Non, Scott, je peux pas… Parler… Ça sert à rien, ça n'apporte que des emmerdes…
Stiles rouvrit ses yeux larmoyants et serra un peu plus fort les doigts de Scott, qui ne comprenait pas sa réponse, tout comme Derek.
- La dernière fois que j'ai parlé pour dénoncer quelque chose de… De grave, personne ne m'a cru, Scott, personne ! J'ai… J'ai subi la pire humiliation possible… !
Alors que Stiles avait presque crié sa première phrase, faisant presque sursauter les deux loups-garous, la seconde avait juste été soufflée, murmurée. Une larme orpheline s'échappa de son œil gauche et ruissela sur sa joue pâle. Scott lâcha une des mains de son ami pour aller l'essuyer, mais Stiles eut un léger mouvement de recul, à peine perceptible. L'alpha mentirait si ce geste ne l'avait pas blessé, mais ne dit rien. Ce n'était pas lui qui allait mal, c'était Stiles.
- Raconte-moi… Le supplia doucement Scott en reprenant sa main.
- Non, non… ! Non, Scott, je peux pas… C'est pas toi, c'est pas toi qui… As dû aller t'excuser au commissariat en disant que tu as menti alors que tu as simplement dit la vérité. Toi, t'as jamais eu à faire ça, t'incliner devant des policiers et dire que tu n'as raconté des mensonges que pour attirer l'attention de ton père… Je veux plus vivre ça, Scott, je peux pas en parler…
La voix brisée de Stiles bouleversait Scott et Derek, qui se retenait comme un dingue pour ne pas se lever et prendre l'hyperactif dans ses bras. Jamais il ne l'avait vu dans un état pareil et, au vu du regard que lui lança l'alpha, le bêta comprit qu'ils étaient dans le même cas.
- Stiles, tu sais très bien que ce n'est pas la même chose, je suis ton meilleur ami, ton frère… Derek et moi, on est de la meute, on est là pour toi. Si tu parles, on te croira, je te le jure.
Mais Stiles secoua à nouveau énergiquement la tête et dégagea ses mains de celles de l'alpha, pour essuyer rageusement ses joues à nouveau baignées de larmes.
- Non, je vais juste… Oublier, comme toujours. Oui, voilà, oublier.
- Stiles, soupira Scott, qui commençait vraiment à être mal pour son ami.
- T'inquiète, ça va aller.
Encore une fois, son ton donna l'impression qu'il essayait plus de se convaincre lui-même qu'à convaincre ses interlocuteurs. Stiles s'avança avant de glisser de son fauteuil pour se mettre au niveau de Scott et de se jeter dans ses bras. Surpris, l'alpha mit quelques secondes avant de serrer son meilleur ami contre lui. Au même moment, quelque chose tilta dans l'esprit de Hale.
Au bout d'un moment, Derek se leva, leur indiquant qu'il commençait à se faire tard et qu'il devait y aller. Stiles réagit à peine, le remerciant juste vaguement d'être venu le chercher. Scott le fit monter dans sa chambre et redescendit pour dire au revoir à son bêta. À voir son visage, il semblait à bout émotionnellement.
- Merci encore pour l'avoir amené, lui dit-il d'un ton morne.
- C'est rien. Et t'inquiète pas, il finira par t'en dire plus, tenta de le rassurer son bêta en posant une main sur son épaule.
- J'en suis pas aussi sûr que toi, Derek.
- Tu devrais, répliqua Hale. Stiles n'est pas contre le fait de te le dire, puisqu'il t'a donné des indices.
Scott fronça les sourcils tandis que Hale esquissa un léger rictus. Une chose était certaine, l'adolescent n'avait pas changé depuis qu'il l'avait rencontré : il était toujours aussi long à la détente.
- Il t'a bien dit qu'il avait dû aller s'excuser au commissariat, hein ? Tu sais où commencer tes recherches.
Alors que Derek montait dans sa Camaro, les yeux de Scott s'illuminèrent. Il n'eut même pas le temps de remercier son bêta que celui-ci avait déjà démarré. Alors, il rentra, des idées de recherches et des hypothèses plein la tête. Il monta doucement et alla dans sa chambre, dans laquelle se trouvait Stiles. Allongé sur le lit mais complètement recroquevillé sur lui-même, il dormait à poings fermés. Scott le regarda, soucieux comme jamais, avant de le déplacer légèrement et d'étendre les draps sur lui. Il se pencha et tira un vieux matelas qui se trouvait sous son lit et se laissa tomber dessus. Hors de question qu'il aille dormir au rez-de-chaussée, auquel cas il laisserait son meilleur ami seul et ce n'était clairement pas dans ses projets. Stiles était mal et avait besoin de lui. Alors, il le soutiendrait du mieux qu'il le pouvait.
Scott s'éveilla au petit matin, aux alentours de huit heures. Il n'avait pas passé une très bonne nuit, ponctuée d'angoisse et de micro-réveils durant lesquels il avait à peine ouvert un œil. Pas que le matelas était inconfortable, simplement que cette soirée l'avait un tant soit peu bouleversé. Voir Stiles dans un tel état de désespoir l'avait marqué. Qu'était-ce donc que cette chose qui le faisait tant souffrir mais qu'il ne voulait pas lui dire ? Qu'est-ce qui l'avait obligé à aller s'excuser au commissariat ? En une soirée, il avait eu l'impression de ne plus rien savoir de son meilleur ami, ou du moins pas grand-chose en tout cas. Même en étant le seul humain sans pouvoir surnaturel de la bande, Stiles ne s'était jamais plaint, au contraire. Il était fier de son humanité et tentait sans cesse de prouver qu'il s'en sortait très bien sans capacités spéciales. Alors que lui était-il arrivé ? Il avait semblé bouleversé, détruit, brisé.
Scott se redressa sur le matelas et entreprit de voir si Stiles était aussi réveillé ou s'il dormait toujours. Son sang se glaça lorsqu'il nota l'absence de présence humaine dans son lit. Cette constatation acheva de l'éveiller et il fit appel à ses sens surnaturel. Pas besoin de chercher. À part son propre cœur, Scott n'entendait rien d'autre.
Il était seul chez lui.
Stiles était parti.
Stiles était épuisé. Dormir avait été impossible pour lui. Il avait beau s'être assoupi durant plusieurs minutes, cela n'avait pas suffi à le mettre en forme. Il fallait avouer aussi qu'il ne s'était pas trop forcé non plus : Scott dormant à côté de lui, Stiles n'avait pas voulu le réveiller en faisant un quelconque cauchemar. Alors, il avait attendu le petit matin. Il s'en était allé à pas de loups aux alentours de sept heures et trente minutes. Il avait été assez discret pour ne pas réveiller son meilleur ami. Il fallait qu'il dorme, qu'il se repose. Stiles lui avait assez tenu la jambe comme ça la veille. Il savait qu'il l'avait inquiété mais n'y pouvait rien. L'hyperactif avait été et était toujours au plus mal. La différence était que, ce matin-là, il avait pu marcher sans que sa vue ne se brouille, tant il avait pleuré quelques heures plus tôt. Là, c'était comme s'il n'avait plus de larmes en stock.
Après avoir fait un tour en ville, vagabondant comme pour faire passer le temps, Stiles prit un chemin bien précis. Les mains dans les poches, il regarda Beacon Hills s'éveiller, les voitures s'agglutiner dans les rues, les passants sortir, l'air à peine réveillés, de chez eux. Stiles aurait aimé dormir, comme eux, puis se réveiller et vaquer à ses occupations. Cela avait été impossible et le serait sans doute durant quelques jours. Pour cette raison, il ne pouvait loger chez aucun de ses amis, auquel cas il les dérangerait sans doute, à cause de ses cauchemars et terreurs nocturnes. Alors, une solution s'était imposée à lui, mais elle nécessitait une petite condition. Pour cette raison, Stiles se trouvait devant le loft de Derek. Il prit une grande inspiration avant de toquer à la grande porte coulissante. Puisqu'elle était verrouillée à clé, l'hyperactif ne pouvait pas l'ouvrir et aller déranger Derek, comme il lui arrivait de le faire auparavant. Ce jour-là, Stiles avait juste eu l'intention d'attendre, même si l'accès avait été libre. Que le bêta ait entendu ses coups ou non, il savait sans doute qu'il était là le rythme un peu rapide de son pouls ne pouvait pas échapper à ses oreilles lupines.
Stiles dut cependant attendre quelques minutes dans le froid de ce début de matinée de mi-octobre. Il souffla sur ses mains pour les réchauffer avant de les mettre dans la poche ventrale de son sweat pas si épais que ça. Son corps entier frissonnait, mais il ne dit rien, endurant la morsure du froid. Derek l'avait entendu, c'était sûr. Pourquoi se faisait-il désirer ? Au cas-où, Stiles frappa à nouveau. Une ou deux minutes plus tard, la porte coulissa. Stiles soupira. Pourquoi tombait-il sur Peter, et pas Derek ? Ce n'était franchement pas le moment, l'hyperactif n'avait pas le cœur à se confronter à l'oncle psychopathe du bêta. La mine renfermée de l'adolescent, dont la capuche était toujours rabattue ses cheveux, contrastait avec l'énorme sourire colgate de Peter. Leurs joutes verbales n'étaient pas rares, que ce soit en présence de la meute ou non et c'était parfois très drôle d'assister à certaines de leurs conversations, souvent houleuses.
Mais aujourd'hui, Stiles n'avait pas envie de se battre.
- Pas content de me voir, Stilinski ? Lui demanda Peter.
Stiles ne répondit pas et avança, pénétrant dans le loft, dans lequel la température était idéale. Il était épuisé et voulait simplement faire ce qu'il avait à faire avant d'aller s'autoriser quelques heures de repos.
- Où est Derek ? Dit simplement Stiles, sans aucune volonté dans la voix.
Le sourire narquois de Peter disparut instantanément. Où était donc passé le sarcasme légendaire de ce petit hyperactif insupportable ? Il brillait par son absence et c'était si rare que l'oncle psychopathe de Derek ne saurait dire si c'était une bonne ou une mauvaise chose.
- Eh ben… À la douche, répondit le plus vieux des Hale, un tantinet décontenancé.
- Je peux l'attendre ? Demanda Stiles en se retournant vers lui.
À la lumière de la lampe centrale du loft, Peter put voir ce qu'il n'avait pas remarqué de prime abord. Notamment les cernes un peu trop prononcés sous les yeux fatigués de Stiles et sa pâleur presque maladive. Le jeune homme semblait avoir fait plusieurs nuits blanches. La fatigue qu'il sentait faisait battre le cœur de l'adolescent à un rythme un peu plus rapide qu'il ne le devrait. L'odeur étrange de Stiles lui parvenait aux narines. Rêvait-il ou le stratège de la meute avait… Peur ? En tout cas, son odeur montrait ce que cachait son visage purement impassible, vide d'émotion. Peter songea que s'il n'avait pas été un loup, il aurait été difficile pour lui de savoir ce que le jeune Stilinski ressentait à cet instant précis. Un bon acteur.
- Bien sûr, accepta-t-il. Installe-toi sur le canapé et remets les coussins comme tu les as trouvés en partant. Je déteste le bordel.
Peter partit en direction de la petite cuisine, préparer le petit-déjeuner. Il revint vite fait pour proposer à Stiles de manger quelque chose, mais celui-ci refusa, prétextant qu'il n'avait pas faim. Même si Peter entendit le cœur de Stiles rater un battement, signe qu'il mentait, il n'en fit rien et garda ça pour lui. Le gamin agissait bizarrement, pas comme d'habitude et il en discuterait plus tard avec son neveu.
Le canapé du salon des Hale était très confortable, peut-être trop, au goût de Stiles. Ce dernier espérait que Derek ne tarderait pas trop, auquel cas il risquerait de s'endormir avant son arrivée, ce qui n'était pas une bonne idée. Mais les coussins, le plaid… Tout attirait Stiles, si bien qu'au bout d'un moment, ses yeux papillonnèrent, luttant contre le sommeil.
- Stiles ? L'appela une voix familière.
L'adolescent sursauta et releva les yeux vers Derek. Le bêta le regardait, surpris, entièrement habillé mais les cheveux encore mouillés. Sans doute ne s'attendait-il pas à le voir débarquer chez lui, surtout aussi tôt. Ce que ne savait pas Stiles, c'était que Derek ne pensait absolument pas qu'il viendrait, lui. Autant il avait l'habitude de voir Scott, Lydia ou Malia débarquer à l'improviste, autant c'était plutôt rare venant de l'hyperactif. Et le voilà qui avait manqué de s'endormir sur le canapé, Derek l'avait senti à ses battements de cœur et au vu de son visage, Stiles n'avait pas dû beaucoup dormir cette nuit. En tout cas, Derek espérait qu'il allait mieux, même s'il n'en avait étrangement pas l'impression.
- Tu as besoin de quelque chose ? Lui demanda Derek, déstabilisé par le visage de l'adolescent et les souvenirs de la veille.
- Oui, de toi, répondit Stiles du tac au tac.
Cette affirmation fit hausser un sourcil au bêta.
- Si j'ai bien compris, tu m'as fait venir pour que je monte la garde, maugréa Derek en s'avançant devant la maison des Stilinski.
- Oui et non, pas vraiment… En partie, balbutia Stiles. Je… C'est juste le temps que j'aille rassembler quelques affaires.
Derek comprit alors que la veille, Stiles n'avait pas menti et parlé sous le coup de l'émotion l'adolescent ne comptait réellement pas rester chez lui. Cependant, il ne lui avait pas tout dit, il le sentait. Si l'hyperactif avait besoin de sa présence, il devait avoir une bonne raison, qu'il refusait pour le moment d'expliciter. Derek sentait qu'il n'allait pas tarder à la connaître, que Stiles le veuille ou non.
- Mon père est parti au boulot, lui indiqua l'adolescent en sortant une clé de sous le paillasson.
Derek ne quittait pas Stiles des yeux et le regarda déverrouiller la porte d'entrée. Il sentait la peur de l'hyperactif, comme si elle augmentait petit à petit. Pourtant, son visage était neutre, impassible. Il cachait bien son jeu, si bien que le bêta était content d'être un loup-garou et de pouvoir démêler le vrai du faux grâce à ses sens surnaturels. Un peu fatigué par sa courte nuit, Hale ne pouvait pas activer toutes ses capacités en même temps pour le moment, il privilégia son odorat.
- Tu peux rester dans le salon en attendant, dit Stiles d'une petite voix, comme s'il avait peur qu'une oreille indiscrète ne l'entende.
Derek hocha la tête et partit s'asseoir sur le canapé. Néanmoins, Stiles ne lui avait toujours pas dit en quoi il avait besoin de lui. Il avait peur, oui, mais de quoi ?
L'hyperactif monta les escaliers et courut presque vers sa chambre. Il sortit un sac de sous son lit, l'ouvrit et sortit quelques affaires de son armoire. Il entassa le tout sans faire de chichi, peu importe si certains vêtements finissaient froissés. Sur le moment, il n'en avait cure. Il ouvrit un tiroir de son bureau, attrapa ses papiers d'identité, son portefeuille, sa carte de crédit et son traitement contre son hyperactivité. Le tout finit dans la poche latérale de son grand sac de sport. Alors qu'il allait rajouter quelque chose encore, une main glacée s'écrasa sur sa bouche. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il se sentit brutalement collé contre un corps massif. Son rythme cardiaque s'emballa d'autant plus lorsqu'il sentit un souffle chaud près de son oreille.
- Alors, Stiles… On cherche à se faire la malle ?
La respiration de Stiles devint saccadée, puis hachée. Sa vue se faisait déjà floue. Il se débattit comme il le pouvait, tentant tant bien que mal de repousser son agresseur, qu'il connaissait très bien. Ces mains… Ces mains lui rappelaient de bien trop mauvais souvenirs. Des flashes mémoriels le paralysèrent alors qu'un frisson désagréable parcourait son échine.
- Voyons, il faut qu'on parle, mon petit Stiles… On a des choses à se dire, tu ne crois pas ?
Stiles ne voulait pas discuter avec lui. Il voulait fuir, s'en aller, s'éloigner de cet homme infect. Cet homme qui avait détruit une partie de lui et dont le souvenir le hantait.
Derek sentit la peur de Stiles atteindre un plafond sans précédent grâce à son odeur. Il musela son odorat, fit appel à son ouïe surnaturelle et se mit à courir vers les escaliers. Les battements de cœur de l'hyperactif étaient extrêmement rapides, il n'était pas loin de faire une crise de panique. Ce qui glaça le sang du bêta, ce fut la seconde pulsation qu'il entendit. Stiles n'était pas seul. Ce qu'il entendit grâce à son ouïe de loup ne le rassura guère.
- Voyons, il faut qu'on parle, mon petit Stiles… On a des choses à se dire, tu ne crois pas ?
Une voix grave, rocailleuse, pleine de promesses malsaines. Un sentiment d'urgence l'assaillant, Derek monta les marches quatre à quatre et entendit un bruit sourd alors qu'il arrivait à l'étage. Il courut et déboula dans la chambre de Stiles. Derek tomba des nues. Un homme d'âge mûr, blond et à la carrure non négligeable tenait d'une main les poignets de Stiles au-dessus de la tête de ce dernier tandis que de l'autre, il l'empêchait de parler. Si l'on ajoutait à cela le fait que l'adolescent tremblant était plaqué contre le mur et que l'individu avait l'une de ses jambes entre celles de l'hyperactif, l'on pouvait aisément comprendre pourquoi le sang de Derek ne fit qu'un tour. Il se jeta sur cet homme et faillit laisser briller ses yeux. Le peu de lucidité qu'il avait encore lui permettait de retenir son loup et ainsi, lui évitait de se transformer devant un inconnu. Sa force surnaturelle, elle, ne pouvait être que partiellement retenue. Alors, l'homme finit au sol, quelques mètres plus loin, sonné. Si Stiles n'avait pas été là, Derek aurait déchaîné sa haine sur cet intrus, le frappant jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Cependant, les battements irréguliers et rapides de l'adolescent lui firent reconsidérer ses priorités. Il fallait s'en aller, tout de suite. Avec une rapidité extraordinaire, Derek attrapa le sac de Stiles ainsi que le poignet de ce dernier et l'entraîna à sa suite pour sortir de la maison.
- Attends, quoi ?
Peter regardait son neveu, l'air ahuri. Ledit neveu, quant à lui, serrait les poings en regardant ailleurs.
Lorsque Peter avait vu Derek débouler en trombe dans le loft en compagnie d'un Stiles tremblant et au bord des larmes, portant fébrilement un gros sac d'affaires, il n'avait pas compris. D'un regard, le bêta lui avait intimé de ne pas poser de question alors qu'il emmenait son protégé à l'étage. Il était revenu, quelques minutes plus tard, l'air sombre. Avait alors débuté une conversation plus qu'étrange. Derek lui raconta la soirée de la veille dans les grandes lignes avant d'expliquer ce qui venait de se passer.
- Et maintenant ? Qu'est-ce que tu comptes faire de lui ? Il a fait un sac pour au moins une semaine, constata Peter en ouvrant rapidement ledit sac, posé sur la table basse.
- Le laisser se reposer un peu, soupira Derek. Ensuite, on avisera. Il ne veut pas retourner chez lui, j'imagine qu'il a déjà pensé à quelque chose.
- Toi aussi, tu devrais te reposer, lui fit remarquer l'ancien alpha, l'œil inquisiteur.
Peter n'était pas bête. Il savait que Derek était sans cesse sur tous les fronts et faisait passer les autres membres de la meute avant lui-même. Il dormait peu et l'ancien alpha se demandait même si son neveu avait fermé l'œil la veille, après s'être occupé de Stiles et parlé à Scott. Le connaissant, il avait dû se faire un peu trop de souci pour son bien. Derek avait beau ne pas le montrer, c'était un humaniste sentimental, si bien qu'il s'oubliait parfois lui-même. Ce qu'il oubliait également, c'était que le peu de repos qu'il s'autorisait avait un impact sur ses capacités surnaturelles. Elles devenaient moins efficaces et moins facilement utilisables.
Derek détourna le regard. Il ne pouvait pas se reposer maintenant. Stiles était en haut, dans la salle de bain et n'en était pas sorti depuis qu'il l'avait amené ici. Sans mentir, le bêta était inquiet pour le plus jeune. Durant le trajet en voiture relativement court pour arriver au loft, Stiles n'avait pas décroché un mot, ni pleuré. Par contre, il avait eu l'air hagard et perdu. Avoir un jeune Stilinski silencieux près de lui n'était pas bon signe et il le savait. Derek l'avait sauvé de peu d'une agression, de quelque chose qui aurait pu aller loin, mais il savait que Stiles était choqué et ne s'en remettrait pas de sitôt.
- Et tu sais qui était ce mec ? Lui demanda Peter.
Derek secoua la tête et prit son portable, qu'il avait laissé sur le canapé quand Stiles était venu le voir pour lui demander de venir avec lui. Il vit qu'il avait cinq appels manqués de Scott ainsi que plusieurs messages de sa part.
Derek, j'ai besoin de ton aide.
Putain Derek, réponds !
Je trouve pas Stiles, il est parti.
Il me répond pas, putaiiiiiiiin je vais exploser !
Derek, si tu le vois, fais-moi signe s'il te plaît !
Derek ?
Derek soupira et envoya un petit message vocal à Scott. Parfois, les réseaux sociaux pouvaient s'avérer utiles.
- C'est bon, Scott, il est chez moi. Ne passe pas tout de suite, je crois que Stiles a besoin de calme. Va en cours, tu n'auras qu'à dire qu'il est malade, trouve un truc et si son père t'appelle, dis-lui que Stiles est chez toi.
Le bêta posa son téléphone sur l'ilot central de la cuisine, où se trouvait Peter. Ce dernier le regardait, un sourcil haussé, en mangeant un croissant. Derek ne s'était même pas rendu compte qu'il avait marché durant l'enregistrement de son message. Sans rien dire, Hale junior partit monter les escaliers pour voir ce que fichait Stiles car, l'air de rien, cela faisait déjà de longues minutes qu'il s'y trouvait et qu'il n'entendait pas l'eau couler. Pourtant, à son arrivée au loft, l'adolescent lui avait expressément demandé s'il pouvait prendre une douche. L'urgence qu'il avait lue dans ses yeux l'avait poussé à répondre positivement à sa demande.
Derek se posta devant la porte de la salle de bain et comme il s'y attendait, il n'entendit pas l'eau de la douche couler. Doucement, il abaissa la poignée et ouvrit la porte. Son propre cœur rata un battement. Stiles était assis par terre, adossé à la baignoire, le regard perdu dans le vide, quelques larmes roulant silencieusement sur ses joues. En voyant cela, Derek ne sut pas vraiment comment réagir, un peu dépassé par la situation qui, il fallait l'avouer, lui faisait mal au cœur. Il avait beau être du genre sentimental, c'était dans la tête. Quand il s'agissait d'actions concrètes, c'était autre chose.
Le bêta s'accroupit devant Stiles et le prit maladroitement dans ses bras. Pour sa plus grande surprise, en plus de se laisser faire, l'adolescent passa ses bras autour de lui et ses mains se crispèrent sur son t-shirt, alors qu'il baissait la tête et appuyait son front contre son torse. Le cœur de Derek rata un battement. L'attitude de Stiles était tout bonnement déroutante.
- Désolé, souffla Stiles.
Derek fronça les sourcils et lui demanda aussi doucement que possible la raison de cette excuse inattendue.
- Je suis faible et… Et c'est pour cette raison que je t'ai fait venir, murmura-t-il.
Avec un loup-garou, inutile de s'inquiéter de son volume sonore. Même un chuchotement, un murmure à peine audible pour toute oreille humaine pouvait être entendu par ces êtres surnaturels. Ses yeux se fermèrent un instant. La lourdeur de ses paupières commençait sérieusement à se faire ressentir. Il était fatigué, si fatigué… Sa nuit quasi-blanche l'empêchait de penser correctement. Il voulait tant dormir mais devait partir pour cela.
Derek entendit le changement dans les battements de cœur de Stiles.
- Je suis crevé, il faut vraiment que je parte, murmura à nouveau l'hyperactif, comme s'il se parlait à lui-même.
Derek, ne sachant pas quoi dire, ne répondit rien. Cependant, il sentait effectivement l'épuisement de l'humain, plus palpable que jamais. Alors, il se leva doucement sans lâcher l'adolescent, l'aida à marcher jusqu'à une autre pièce, proche de la salle de bain. À cet instant, l'hyperactif sembla pouvoir s'effondrer tant il était faible et Derek le sentait. Les yeux encore larmoyants de Stiles peinaient à rester ouverts, papillonnant lentement. Il s'accrochait au bêta, conscient de son incapacité soudaine à avancer seul. Il était vidé de toute énergie, physique et mentale. Cette agression chez lui, en plus de le marquer profondément, avait brûlé le peu de motivation à tenir le coup qu'il lui restait encore. Lui qui était certain de ne pas pouvoir s'endormir avant d'avoir pris une chambre d'hôtel se trompait lourdement.
Délicatement, Derek fit asseoir Stiles sur son lit et lui demanda d'enlever ses chaussures. S'il allait un peu mieux, l'hyperactif aurait refusé. Cependant, l'épuisement lui avait enlevé toute forme de combattivité et de motivation. Il céda presque instantanément et agit docilement, retirant mollement ses baskets de ses pieds. Son mutisme et sa docilité alarmèrent une fois de plus Derek. Auparavant, jamais Stiles n'aurait agi de cette manière avec lui. Il lui aurait sorti une de ses blagues douteuses, une raillerie, le tout saupoudré de son sarcasme habituel. Son état mental semblait encore pire que la veille. Il n'y avait plus rien dans ses yeux, plus une once de la folie normale de Stiles. Tout ce que remarquait Derek était très inquiétant. À nouveau, il s'accroupit devant lui et posa une main sur le genou frêle de l'adolescent. Il tenta d'ancrer son regard dans le sien mais eut du mal à supporter tant de vide dans ces yeux entrouverts. Et même si le bêta voulait interroger Stiles pour lui demander ce qui s'était passé et s'il connaissait cet homme, il n'en fit rien. L'humain n'était clairement pas en état. À la place, il prit une toute autre décision :
- Écoute-moi bien, Stiles. Tu vas rester ici, le temps de te reposer un peu, ça te va ?
La voix de Derek se voulait douce ce n'était pas encore ça, mais il avait commencé à faire quelques progrès. Encore une fois, la réaction de Stiles lui déplut : un petit hochement de tête mou. Il ne lui opposa aucune résistance lorsqu'il l'aida à s'allonger dans le lit et qu'il le couvrit. Clairement, ce n'était pas dans les habitudes de Derek de faire ce genre de choses, mais à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.
Derek sortit de la pièce et descendit. Néanmoins, il ne ferait pas la même erreur que Scott. Il passa devant son oncle, assis sur le canapé, attrapa son téléphone portable, puis un petit livre acheté récemment. Peter, quant à lui, lisait un bouquin de la taille d'une encyclopédie mais suivait du coin de l'œil les déplacements de son neveu.
- Tu es nerveux, constata-t-il sans relever les yeux de son monument.
- Pas nerveux, juste… Laisse, tu peux pas comprendre, abandonna tout de suite Derek.
- Dans quel état est-il ? Je suis étonné de ne pas l'avoir entendu reprendre ses incessantes litanies, dit plutôt Peter.
Derek s'arrêta de marcher et soupira.
- Je sais pas, répondit-il simplement.
Sans un mot de plus car incapable d'évaluer correctement le mal-être de l'adolescent, Derek remonta à l'étage. Arrivé dans sa chambre, il put remarquer que Stiles s'était déjà endormi et ne faisait pas semblant. Sa respiration et ses battements de cœur étaient significatifs. Le bêta fit alors de son mieux pour s'assoir tranquillement de l'autre côté du lit sans faire de bruit. Stiles avait besoin de repos, c'était hors de question de l'empêcher d'y goûter. Tant qu'il y pensait, Derek mit son téléphone en silencieux et envoya un rapide message à Scott pour l'informer qu'il aurait à lui parler, plus tard. Après tout, c'était son alpha, en plus d'être un ami il devait savoir ce qui s'était passé.
