Les larmes se mirent enfin à dévaler les joues de Scott. Il était quatre heures du matin et, ne trouvant toujours pas le sommeil, le jeune alpha avait décidé de sortir sur le balcon du loft de Derek pour s'aérer un peu l'esprit. Accoudé sur la rambarde, il fixait un point dans le vide. Bien sûr qu'il avait entendu la conversation entre Stiles et Derek. Tout le monde dormait à ce moment-là, sauf lui et ses sens de true alpha étaient bien plus développés que ceux des autres loups. Alors, dans le silence le plus total du loft, la discussion entre le né lycan et l'hyperactif s'était clairement détachée du reste. Autant dire qu'elle lui avait brisé le cœur. Lui qui pensait tout connaître de Stiles se rendait compte que le jeune homme, tout humain qu'il était, lui en avait caché, des choses. Il fallait dire que le fils du shérif était très doué en matière de comédie et qu'en plus, à cette époque-là, Scott n'avait pas ses pouvoirs actuels. Il ne lui en voulait pas, loin de là il le comprenait. C'était à lui-même qu'il en voulait de n'avoir rien vu, de ne pas avoir su protéger son meilleur ami qui était entré dans sa vie une bonne dizaine d'années plus tôt. Cela faisait donc bien longtemps qu'ils se connaissaient et Scott n'avait jamais rien vu. La conversation entre Stiles et Derek qu'il n'avait pourtant pas fait exprès d'entendre, lui avait confirmé que ce dossier de plainte n'était pas du pipeau. Désormais, il percevait la fragilité psychique de Stiles avec sa stabilité toute relative.
L'air frais de la nuit le fit frissonner mais il ne dit rien, ne chercha pas à aller se réchauffer. De toute manière, il était un loup impossible pour lui de tomber malade. En revanche, il essuya mollement les larmes sur ses joues. Il avait réussi à tenir toute la soirée mais là, c'était trop. La fatigue le faisait céder, à tel point qu'il recula jusqu'à ce que son dos rencontre le mur face au balcon, mur contre lequel il se laissa pitoyablement glisser jusqu'à se retrouver assis sur le sol. Scott était si mal pour Stiles qu'il ne fut même pas jaloux du fait qu'il s'ouvrait à Derek et non à lui. Ce n'était pas grave, c'était son droit et il n'avait rien à dire, même s'il trouvait son choix on ne peut plus surprenant. Si Derek arrivait à l'aider, tant mieux.
Scott avait juste envie de commettre un meurtre.
L'alpha était tellement perdu dans ses pensées qu'il ne remarqua la présence près de lui que lorsque celle-ci posa une main sur son épaule. Scott sursauta légèrement et releva ses yeux embués de larmes vers la silhouette. C'est grâce à son odeur qu'il reconnut Liam, le louveteau de la meute. Louveteau qui, surpris au possible par l'état de son alpha, déposa un plaid sur ses épaules glacées avant de le forcer à se relever.
- Rentre, lui dit-il doucement.
Scott, au lieu de se diriger vers la porte pour retourner à l'intérieur, se rapprocha de Liam et posa sa tête sur son épaule. Les bras qui se mirent à l'entourer furent une bénédiction. Il se laissa aller contre Liam et s'accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage. Ses larmes mouillèrent le cou frais du louveteau, dont le choc de voir Scott dans cet état était palpable.
- Si… Si je retrouve cet enfoiré qui lui a fait du mal, je… J'lui ferai la peau, murmura-t-il en resserrant brutalement ses doigts sur le tissu fin du t-shirt de Liam.
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- Il est onze heures, va vraiment falloir qu'ils se lèvent.
C'était Peter qui venait de parler, en soupirant théâtralement. Et il ne parlait pas seulement de Stiles et Derek, mais aussi et surtout de Liam et Scott. Ces deux derniers dormaient sur le même matelas, dans les bras l'un de l'autre, en plein milieu du salon. Autant dire que la plupart des membres de la meute réveillés en avaient assez de se faire discrets. Pour autant, ils étaient mignons et Lydia avait été la première à dire aux autres de faire un effort et de les laisser se reposer, ajoutant que s'ils dormaient encore, ça voulait dire qu'ils en avaient besoin.
- Et puis regardez-moi comme ils sont mignons ! Avait-elle ajouté, les yeux plein d'étoiles.
Isaac avait haussé un sourcil, Malia s'en fichait éperdument, Mason et Corey se bécotaient, Jordan souriait doucement devant le comportement de Lydia, Théo et le reste mangeaient.
- Stiles et derek sont en haut, c'est ça ? Demanda la banshee à Peter. Depuis quand ils sont aussi proches, d'ailleurs ? Ils dorment ensemble ?
- Pourquoi tiens-tu à avoir ce genre d'informations en ta possession ? Soupira l'oncle psychopathe.
- L'information fait le pouvoir, mon cher Peter, sourit-elle malicieusement.
Lydia adorait les potins et voulait désespérément caser Stiles depuis un moment. Après sa courte relation avec Malia, l'hyperactif n'avait plus tenté de se mettre avec qui que ce soit. Et Lydia Martin s'était secrètement donnée pour mission de lui trouver chaussure à son pied. Bien sûr, elle avait toujours douté de la sexualité de son ami, mais n'imaginait pas qu'il se rapprocherait de Derek. C'était littéralement son opposé. Pourtant, elle n'avait pu manquer leurs œillades et leur proximité, la veille. Elle se souvenait particulièrement bien du bras que Derek avait tout de suite passé autour de Stiles après s'être assis à côté de lui. La manière dont ils s'étaient rapprochés, le naturel avec lequel l'hyperactif avait posé sa tête sur l'épaule du lycan, l'absence de violence de la part de celui-ci quant à ce geste… Oui, Lydia approuvait le couple qu'ils pouvaient potentiellement former.
Peter soupira. La banshee était étrange, mais tout le monde avait l'air de l'apprécier, comme ça. Il s'en alla dans la cuisine mais en sortit bien vite lorsqu'une sonnerie retentit. C'était celle du loft, quelqu'un sonnait à la porte. Il fronça les sourcils, ne sachant absolument pas qui cela pouvait être. Tous les éveillés sur posaient la même question et vu leur regard, ils ne reconnaissaient pas l'odeur dégagée par le visiteur. Tout ce qu'ils sentaient, c'était de la peur, de l'appréhension. Peter déverrouilla puis fit coulisser la porte. Quelle ne fut pas sa surprise de tomber sur une jeune femme aux formes longilignes accompagnée d'une petite fille qui ne semblait pas avoir dix ans ! La visiteuse était vêtue d'un jean, d'un sweat à capuche gris foncé et de simples baskets. La trivialité de sa tenue contrastait avec un visage angélique encadré par de longs cheveux noirs, le tout éclairé par des yeux de miel. Des yeux… Un peu comme ceux de Stiles. Pourtant, Peter put le certifier : ils ne faisaient pas partie de la même famille, en témoignait son odeur, qui n'avait absolument rien en commun avec celle de l'hyperactif. La petite présentait les mêmes yeux et cheveux, sans doute était-ce sa petite-sœur. Leurs odeurs respectives étaient très proches. Pourquoi la plus grande des deux portait-elle un gros sac ?
- À qui ai-je l'honneur ? Demanda Peter d'un air enjôleur.
Il fallait avouer que la donzelle avait du charme. La jeune femme détourna le regard, l'air gênée.
- Dites-moi plutôt si c'est bien ici que je peux trouver Mieczyslaw Stilinski, rétorqua-t-elle doucement.
- Mieczy quoi ? Répéta l'oncle Hale, incapable de prononcer entièrement ce qui semblait être un prénom.
- Pourquoi tu cherches Stiles ? S'enquit Lydia en s'avançant.
Tous les membres de la meute présents regardaient les deux nouvelles venues, curieux. Même Scott et Liam, qui venaient de se réveiller, étaient perplexe. Jamais l'alpha n'avait vu cette personne, elle ne lui disait absolument rien.
- Je… J'ai un service assez urgent à lui demander. C'est son… Père qui m'a dit qu'il faisait une soirée ici, s'empressa-t-elle de préciser, l'air un peu apeurée. C'est lui qui m'a donné l'adresse.
- Comment s'appelle le petit bout de chou que nous avons là ? Demanda Lydia en s'approchant et en s'accroupissant devant la fillette.
- Amelia, répondit l'inconnue en rougissant légèrement de gêne. C'est ma fille.
Un sursaut de surprise traversa l'intégralité des membres présents. La jeune femme était si jeune qu'elle semblait avoir leur âge ! L'inconnue ne se formalisa pas de l'étonnement de ses hôtes et redemanda plutôt :
- Je suis désolée mais… Il faut vraiment que je lui parle.
Elle était pressée et pas à son aise, cela se voyait.
- J'vais aller le réveiller, dit Malia en se levant d'un des canapés.
La coyote-garou s'en alla et monta les escaliers pour aller à l'étage. Sentant l'odeur de Stiles émaner d'une pièce en particulier, la jeune femme ouvrit la porte et tomba sur un joli petit tableau tout mignon. Stiles, en petite cuillère, dans les bras d'un Derek à l'air totalement paisible. Dommage qu'elle doive les réveiller.
Au rez-de-chaussée du loft, Peter, en bon gentleman, proposa un café à la très jeune maman qui accepta volontiers tandis que sa fille se prenait de passion pour Lydia, qui la faisait jouer.
- Je vais avoir beaucoup de route à faire alors ça va m'aider à tenir, merci, dit-elle doucement.
Cependant, pas l'ombre d'un sourire n'éclaira son regard. Elle gardait cet air pressé et stressé qui ne lui allait pas du tout. Ce visage angélique déjà beau et gracieux n'en serait que plus magnifique s'il était orné d'un semblant de sourire.
- Tu connais Stiles depuis longtemps ? Lui demanda Scott en s'installant à côté d'elle sur le seul canapé libre, alors qu'elle commençait déjà à siroter son café sans sucre.
- Assez oui, répondit-elle simplement. Je ne savais pas qu'il ne se faisait plus appeler par son prénom. Avant, c'était rare qu'on l'appelle Stiles.
- Il préfère et puis on ne va pas se mentir, c'est plus facile à prononcer, rit doucement Scott.
La jeune femme ne l'accompagna pas dans son rire, terminant son café.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ?
Scott se retourna en même temps qu'elle déposait bruyamment sa tasse sur la table basse. La jeune femme se leva prestement et se dirigea vers Stiles qui venait d'arriver en compagnie de Derek et était on ne peut plus perplexe. Quand Malia lui avait dit qu'une jeune femme voulait lui parler et que c'était urgent, il n'avait pas compris et c'était Derek qui l'avait motivé à descendre et à voir ce qu'elle voulait. En la voyant, Stiles fut sous le choc. Elle n'avait pas changé, même après toutes ces années. Les mêmes cheveux, les mêmes yeux, le même visage… Elle avait juste grandi, mûri. Et elle se jeta dans ses bras, tandis qu'il l'entourait et la serrait dans une étreinte de retrouvailles. Sept ans qu'il ne l'avait pas vue. C'était tel qu'il se fichait que la douleur se réveille. Il la relâcha cependant bien vite en voyant sa version miniature jouer avec Lydia.
- C'est ta fille ? Elle a tellement grandi ! S'extasia-t-il en se rappelant que la dernière fois qu'il l'avait vu, ce n'était qu'un petit bébé.
- Oui, et d'ailleurs on doit parler, lui dit-elle.
- Suis-moi Meadow, on va dans la cuisine, loin des oreilles indiscrètes, dit-il en insistant sur le mot « indicrètes ». T'es toute fine, tu vas en profiter pour grignoter un truc.
- Je n'ai pas vraiment le temps Mieczy…
- Tu vas manger en me parlant, insista Stiles en la prenant par le poignet. Et t'inquiète pas pour ta fille, elle a l'air de bien apprécier Lydia.
Sur ce, les deux jeunes gens disparurent du salon, sous le regard perplexe de la meute. Que Stiles connaisse cette jeune femme c'était une chose, qu'il connaisse la petite en était une autre, surtout qu'il semblait trouver normal qu'elle soit mère aussi jeune. Et cette manière qu'avait cette Meadow de l'appeler par un diminutif de son prénom imprononçable… C'était inédit. Scott, Liam et Lydia regardèrent Derek, l'air interrogatif. Celui-ci haussa les épaules, tout aussi surpris qu'eux.
Dans la cuisine, Stiles prépara une tartine de Nutella à la jeune femme qui le remercia doucement.
- Qu'est-ce qui t'amène après sept ans ? Demanda-t-il en s'accoudant contre le bar dans le fond de la cuisine.
C'était une excentricité de Peter.
- J'ai besoin que tu gardes Amelia quelques temps, lui répondit-elle du tac au tac.
- T'as pas tes parents pour ça ? S'étonna l'hyperactif.
- Ils ne sont pas revenus sur leur décision, si c'est ça que tu veux savoir. Je n'ai que toi, Mieczy.
Elle s'interrompit le temps de prendre et d'avaler une bouchée de sa tartine.
- Je dois quitter la ville. Et le pays aussi, mais ça, je ne sais pas si je vais y arriver, soupira-t-elle. Et je veux qu'Amelia soit en sécurité, le temps que tout se tasse.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda sérieusement l'hyperactif.
- Je n'ai plus le temps, Mieczy. Je… Je dois partir et je veux la protéger de tout ça.
- Mais de quoi ?
- Stiles, dit-elle en l'appelant par son surnom pour la première fois. Tu es le seul en qui j'ai confiance, le seul à qui je suis capable de confier Amelia. Elle sera en sécurité avec toi.
- Tu m'as bien regardé ? S'étrangla Stiles. Je suis pas plus gros qu'une branche d'arbre et ma seule technique de défense c'est mon putain de sarcasme ! J'ai développé un putain de trouble d'hyperactivité et je suis fragile as fuck. Je peux pas la protéger !
Oui, Stiles commençait à s'emporter, à hausser de la voix, mais pas de colère. C'était plutôt l'angoisse qui le prenait, la peur de ne pas exécuter la mission que son amie d'enfance lui confiait. La confiance que lui témoignait Meadow le touchait mais, malheureusement, il n'était pas celui qu'elle pensait.
- Bien sûr que si tu le peux ! Mieczy, je ne te laisse pas le choix. Il faut qu'elle soit avec toi.
- Mais pourquoi ?!
- Parce que tu sais comme moi ce qu'un enfant doit garder précieusement ! Tu sais ces choses, tu es mieux placé que n'importe qui pour t'en occuper.
Sur ces entrefaites, Meadow sortit de la cuisine et réapparut dans le salon, d'un pas pressé, vite suivie d'un Stiles agacé de n'être point écouté. Aucun des deux ne sembla faire cas de la présence de la meute qui ne comprenait absolument rien. Lui non plus, remarque.
- Mais putain Meadow réfléchis ! S'exclama Stiles. Je suis pas la personne qu'il te faut !
Sans répondre, Meadow se saisit du gros sac qu'elle avait emmené et le posa devant Stiles qui écarquilla les yeux. La jeune femme se dirigea vers Amelia et lui fit un petit câlin, lui expliquant qu'elle allait devoir rester avec « tonton Mieczy » durant quelques jours. Stiles s'indigna à nouveau mais la maman, en plus d'être pressée, semblait décidée, à tel point que rien ne semblait pouvoir la faire changer d'avis. Elle consentit toutefois à lui apprendre que dans le sac, en plus des affaires d'Amelia, se trouvait une liste de choses importantes la concernant, notamment concernant de potentielles allergies. Alors qu'elle avait atteint la porte, Meadow se retourna une dernière fois vers Stiles et l'air plus sérieux que jamais, lui déclama :
- Avec toi, elle gardera son innocence. Je suis sûre que tu sauras quoi lui dire.
Stiles, perplexe comme jamais, fit un pas avec l'intention de la retenir mais n'y arriva pas. La jeune femme s'en était déjà allée.
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- Ton amie d'enfance veut que tu gardes sa fille et tu ne sais pas pourquoi, résuma Lydia.
- Exactement, confirma Siles en soupirant.
La petite jouait cette fois avec Malia dans le fond du salon et autant dire que la fille de Peter n'était clairement pas à l'aise. Les enfants, ce n'était vraiment pas son domaine, mais Amelia avait ce charme qui faisait que même la farouche coyote-garou se laissait faire par la gamine.
Stiles avait l'air abattu, sur le canapé. Derek arriva, une tasse de thé à la main, qu'il tendit au fils du shérif avant de s'assoir près de lui. Stiles le remercia. Il aurait bien pris du café, mais ce breuvage lui était interdit à cause de son hyperactivité. De toute manière, il n'était pas fatigué. Et il avait également la conscience tranquille puisqu'il ne mentait pas nul doute que les loups présents avaient déjà sondé son cœur. Au loft, ne restaient que Lydia, Malia, Scott, Liam et Jackson. Jordan Parrish était parti prendre son service et les autres, rentrés chez eux. Peter, lui, s'en était allé préparer à manger car cette fichue meute n'avait pas laissé de restes la veille.
- Stilinski qui doit s'occuper d'un enfant, on aura tout vu ! Je ne sais même pas comment elle peut te faire confiance pour ça, se moqua Jackson.
- Moi non plus, soupira à nouveau Stiles en prenant sa tête dans ses mains.
Scott, dans le canapé d'en face aux côtés de Liam, le regardait, soucieux. Il ne savait plus quoi penser de Stiles, vraiment. L'arrivée de cette jeune femme et sa demande soudaine, c'était étrange. De plus, les révélations de la veille ne quittaient pas son esprit. Liam posa une main sur sa cuisse, l'air de rien et ce contact apaisa un peu l'alpha, dont l'odeur se vida petit à petit de l'anxiété qui l'avait gagné. Pour autant, ses pensées concernant Stiles ne quittaient pas son esprit. Il ne cessait de lui jeter de fréquents coups d'œil sans oser aller le voir tout en lui parlant le moins possible. Non, il n'y arrivait pas. Il n'arrivait pas à aller vers Stiles.
- Et qu'est-ce que tu vas faire ? S'enquit Liam.
- Est-ce que j'ai vraiment le choix ? Fit ironiquement Stiles. Elle veut que je la garde, je vais la garder. Le problème c'est que je suis pas… Je suis pas la bonne personne pour ça. Non mais sérieusement, qui a déjà vu un hyperactif s'occuper d'une enfant ? Je suis au lycée, je suis… Je suis moi, bordel. Je suis Stiles Stilinski. Vous me voyez, moi, m'occuper d'un gosse ?
- Calme-toi, Stiles, lui intima Derek.
- Dis-toi que ce n'est que pour quelques jours, le rassura Lydia. Et puis ton père pourra t'aider, il t'a déjà eu toi, ça sera facile pour lui. C'est un bon père.
À la mention de son père, Stiles se tendit aussitôt et son regard s'assombrit. Noah Stilinski n'était pas un bon père, il avait raté sa chance. D'autant plus qu'il ne comptait pas retourner chez lui de sitôt et que Derek lui avait gentiment « proposé » de rester au loft quelques jours. Ce n'était pas demain la veille que le shérif reverrait son fils, celui-ci allait d'ailleurs devoir penser à inventer de nouvelles excuses qui seraient sans doute cramées facilement.
- Stiles ? L'appela Lydia, surprise par son changement d'attitude.
- Ouais, t'as raison, dit-il un peu sèchement, sans le vouloir.
Pas que Lydia avait été particulièrement désagréable. Simplement… Elle ne savait rien, comme tout le monde ici à part Derek, à qui il avait sous-entendu la chose à plusieurs reprises.
- Et puis cette histoire d'innocence, fit Liam, j'ai pas compris.
- Laisse tomber, moi c'est ce que je fais, rétorqua Stiles, toujours un peu sèchement.
Pour cette fois, Stiles mentait. Il voyait très bien de quoi Meadow voulait parler en lui disant ça et il en vint à se demander si leur cauchemar commun était venu la menacer, elle aussi. Peut-être avait-elle eu peur qu'il recommence, avec elle aussi. Sans doute l'avait-il intimidée, comme il l'avait fait pour Stiles. De là à quitter la ville et laisser sa fille à un putain de lycéen… Meadow, elle, n'en était plus une : elle avait vingt-un ans.
- Tonton Mieczy !
Amelia avait échappé à la vigilance de Malia et s'était rapproché du petit groupe. Elle monta sur le canapé et vint se lover dans les bras de Stiles, dont l'air désespéré était… Désespérant. Pour autant, il entoura naturellement la petite fille de ses bras dans une étreinte quelque peu paternelle.
- Je préfère « tonton Stiles », dit-il en levant les yeux au ciel/plafond.
Liam, Lydia et Malia éclatèrent de rire, Scott souffla du nez, Derek esquissa un léger sourire tout en passant un bras autour des épaules de Stiles tout en regardant la petite qui se blottissait contre l'hyperactif tel un petit chat.
Finalement, cette garde inattendue ne tombait pas si mal. À ce moment-là, Stiles était loin de se douter des responsabilités qui allaient s'écraser sur ses épaules et manquer de le faire chuter.
La mort n'est jamais loin.
