Déjà que Stiles était mal à l'aise de se trouver en compagnie de l'entièreté de la meute, voir toute l'attention de celle-ci dirigée vers lui ne l'aidait pas vraiment à se détendre. Bien sûr, se voir sur cette photo prise à la volée était un choc, une pilule difficile à avaler. Néanmoins pour lui, c'était loin d'être le pire.

Non, le pire était de comprendre la quasi entièreté de l'affaire grâce à ces photos maudites. Il allait y passer, et les autres aussi. Il faisait partie de la liste des sept victimes prédéfinies par le tueur, ce sadique qui jouait avec eux depuis bien longtemps. C'était un fait.

Très honnêtement, il avait envie de s'effondrer, d'hurler son désespoir en s'arrachant les cheveux, en se demandant ce qu'il avait fait dans sa vie pour mériter ça. Il le voulait et une force étrange le retenait. Il avait les yeux écarquillés et la bouche légèrement entrouverte dans un « o » parfait. Mais il devait se détacher de tout ça, rester calme, ne pas s'écrouler. Il devait être fort, parce qu'on n'attendait pas de lui qu'il soit faible. En tant qu'humain, il l'était déjà bien assez, ce n'était pas la peine d'en rajouter.

A cet instant, le torrent d'émotions qui le traversa était tel qu'il ne ressentit plus rien d'un coup, comme si la liaison entre ses émotions et sa conscience s'étaient soudainement coupée. Pour le protéger mais surtout, pour l'obliger à tenir. Parce qu'il n'avait pas le choix. S'il s'effondrait maintenant, il ne se relèverait plus. Alors peut-être était-ce la force de sa volonté qui était intervenue pour l'empêcher de sombrer. Ou alors, peut-être qu'il était déjà trop tard. Après tout, ses blessures psychiques ne s'étaient pas encore refermées, bien au contraire : elles se rouvraient au fur et à mesure qu'il comprenait, qu'il prenait conscience des choses.

Alors qu'autour de lui, les exclamations d'horreurs et questionnements allaient bon train, son visage juvénile perdit toute expression. Ses traits se figèrent dans une impassibilité incompréhensible et ses yeux perdirent leurs éclats dorés, devinrent de simples noisettes fades, sans âme. Ils étaient vides, comme lui.

- Si c'est vrai, il faut avertir ces gens et protéger Stiles, déclama Isaac.

- Mais pourquoi lui ? Qu'est-ce qu'il fait sur cette liste ? Demanda Liam, complètement perdu et dans le déni.

- Stiles, est-ce que tu aurais une idée de… Commença Lydia avant d'écarquiller les yeux. Stiles ?

Le susnommé venait de se lever et l'on vit enfin son changement de visage. Inexpressif, impassible, les orbes vides de toute lumière. Il s'avança pour se placer devant Jordan d'une démarche raide.

- Remets les photos des autres. Avec les dates.

Sa voix était si monotone qu'elle glaça le sang de tout le monde, y compris Derek, qui n'arrivait pas à se remettre du fait que Stiles était une des cibles du tueur. L'air assez mal à l'aise, Jordan s'exécuta. Sur ce diaporama-là, il y avait les photos des trois victimes et des quatre cibles restantes, dont lui. En-dessous des photos se trouvaient les dates s'y rapportant. Son regard les balaya sous les yeux surpris et appréhensifs de la meute. Certains étaient à deux doigts de se lever et d'aller lui demander si ça allait. Mais personne ne le fit, pas même Derek. Parce qu'il savait ce que signifiait cette attitude et ça le faisait frissonner d'horreur.

« J'essaie de pas m'effondrer, Derek. » Les mots de Stiles se rappelaient à sa mémoire avec une violence telle que son cœur rata plusieurs battements. Il étendit alors ses sens lupins et constata avec horreur que l'odeur de son hyperactif était atrocement face.

Sans émotion.

Elles étaient là, bien sûr, mais parfaitement mises de côté, cachées son un détachement apparent, une horrible indifférence. Stiles s'éloignait d'elles pour ne pas sombrer mais contrairement à ce qu'il pensait, c'était loin d'être la chose à faire car cela ne pouvait signifier qu'une chose : il replongeait dans le silence pour cacher son état désastreux. A lui. A ses amis. A la meute. A sa famille. Et Derek ne pouvait pas accepter ça, parce qu'en faisant cela, Stiles prenait le risque de se renfermer sur lui-même une nouvelle fois. Derek avait tant ramé pour le faire sortir de son mutisme qu'il ne supporterait pas l'idée de voir l'adolescent s'autodétruire lentement, comme avant.

- Meadow n'avait que deux dates, finit par lâcher l'hyperactif sans qu'aucune émotion ne transparaisse dans sa voix.

Pourtant, en regardant l'image retransmise par la grande télévision, l'on pouvait facilement voir les trois séries de chiffres sous ladite photographie. Sous les regards perplexes et tourmentés de la meute, Stiles passa du côté de Jordan et se mit d'autorité à manipuler les photos, modifiant ainsi le diaporama. Il inversa certaines images, en déplaça d'autre, jusqu'à former une ligne. Un schéma se dessina alors

- Elle, fit Stiles en indiquant la photo de la première victime ensanglantée, c'était la première. Ensuite, nous avons le deuxième, puis la troisième.

La flèche de la souris s'arrêta sur la tête de son amie, qu'il évita sciemment de regarder, ce que personne ne manqua.

- Une date, deux dates, trois dates.

Les loups tentèrent alors de se concentrer et commencèrent à remarquer ce que Stiles voulait dire.

- Un, deux, trois… Trois, quatre, cinq, six ? Ce n'est pas logique, nota fébrilement Lydia.

C'était dur pour elle de réfléchir alors que Stiles n'avait pas l'air de prêter une quelconque importance quand au fait de se retrouver sur la liste d'un tueur en série. En fait, le voir aussi inexpressif lui faisait peur, parce qu'elle savait brièvement qu'il n'allait pas très bien en ce moment. En fait, elle préfèrerait le voir en pleurs, le voir se mettre en colère, crier de frustration. Elle aurait vraiment le voir céder à ses émotions. Ce robot qui se trouvait debout à côté de Jordan, ce n'était pas Stiles. C'était un garçon brisé qui s'éloignait émotionnellement de tout. Lydia était intelligente et il n'avait pas été difficile pour elle de comprendre qu'en réalité, Stiles se préservait tout en préservant les autres de sa réaction.

- En effet, parce qu'à la base, chacune des trois victimes avait une date en moins, sembla réciter Stiles.

- Mais elles signifient quoi, ces dates ? S'enquit Kira, complètement confuse et retournée par la situation.

Les yeux froids de Stiles se posèrent sur elle et la jeune femme ne put s'empêcher de détourner le regard. L'hyperactif, aussi inexpressif, la mettait mal à l'aise, comme il mettait mal à l'aise la quasi entièreté de la meute.

- T'as pas besoin de le savoir.

Sa voix avait claqué, glaciale, sans pour autant être teintée par de la colère ou autre. C'était juste un refus catégorique qui le trahit aux yeux de la meute. Ainsi, l'on comprit qu'il en connaissait bien plus que n'importe qui sur cette affaire. Parce la présence de ces dates ne l'avait à aucun moment interloqué. Non, il n'était pas surpris de les voir affichées. Sa remarque concernant celles de son amie appuyait ce fait. Stiles savait des choses.

- Il attaque dans cet ordre-là, dit-il simplement en faisant passer sa souris de gauche à droite.

Et le curseur s'arrêta sur sa photo. La dernière. Celle sous laquelle se trouvaient six dates.

Stiles lâcha la souris et se dirigea vers les escaliers sans un regard pour la meute qui elle, ne le lâchait pas du regard. Celui qui lui embrasait le dos plus fortement que les autres, c'était celui de Derek, qui n'arrivait pas à se remettre de tout ce dont il prenait conscience.

- Hé attends ! Tu vas où ?

Stiles ne tourna pas la tête vers Scott, n'eut pas peur de lui. Du moins, pas en apparence. Son faux détachement, son masque d'indifférence commençait à tomber.

- J'vais remplacer Malia en haut.

Et il monta d'un pas rapide, sans se préoccuper des gens qu'il laissait derrière lui, ni de leur états-d'âme. Il avait les siens à gérer et c'était déjà beaucoup.

Derek tourna rapidement la tête vers Jordan et contrairement à Stiles, il laissa clairement ses émotions se lire sur son visage. De l'horreur, de la colère et de la confusion.

- Pourquoi tu as absolument tenu qu'il assiste à la réunion ? Tu sais ce qu'il traverse et pourtant tu as insisté pour qu'il soit là… Bordel, qu'est-ce qui t'est passé par la tête ?!

Sa voix était grave, menaçante et personne ne comprit ce qu'il voulait dire ni cette soudaine démonstration de colère. Laisser tomber son masque de neutralité devant la meute n'était pas dans ses habitudes mais il s'en foutait royalement. Par respect mais aussi par peur, personne ne chercha à l'interrompre alors qu'il se levait. Il fit quelques pas et se retrouva face au policier, séparé de lui par la table roulante sur laquelle se trouvait l'ordinateur, branché à l'immense télévision sur le côté.

- Derek, j'avais pas le choix, il fallait qu'il soit là.

- Non, sa présence n'était pas nécessaire.

- Les deux affaires sont liées, Derek et il fallait que j'en aie le cœur net.

Son regard était si sérieux qu'il rivalisa presque avec celui, noir de colère, de Derek.

- Il a résolu l'affaire, continua Jordan, la mâchoire serrée.

- Il a juste… Commença Derek.

- Il a établi l'ordre des victimes, sait ce qui leur arrive, à quoi correspondent ces dates et connaît l'identité du tueur, ça crève les yeux, le coupa le policier en mettant au jour tout ce qu'il avait pu observer jusque-là. Je sais que ça aura des conséquences sur lui et j'ai bien pesé le pour et le contre avant de demander l'organisation de la réunion de cette manière, et j'ai jugé que sa présence était obligatoire.

Autour deux, des soupirs de surprises se firent entendre et ils se rappelèrent alors qu'ils n'étaient pas seuls. Des regards emplis de peur et de confusions s'étaient posés sur eux, quémandant des explications. Sans quitter Jordan des yeux, Derek secoua la tête. Non, ils ne devaient pas savoir, Stiles ne voudrait sans doute pas que l'on étale ses traumatismes devant tout le monde. C'était son histoire, sa vie privée, son vécu.

Scott, de son côté, se leva. Il en avait assez entendu. Au courant tout comme Derek et Jordan, il n'avait pas besoin d'en entendre plus pour comprendre. Sans prévenir personne, il s'en alla, la mâchoire serrée. Autant, il pouvait supporter de voir Derek être proche de Stiles parce qu'il avait compris qu'il ne lui voulait aucun mal, autant constater que son meilleur ami était réellement en danger… C'était totalement autre chose. S'il ne voulait pas frapper quelqu'un ou quelque chose, il fallait qu'il sorte d'ici, qu'il s'isole, qu'il réfléchisse.

Derek, de son côté, fusilla une nouvelle fois du regard son ami policier et lâcha d'une voix particulièrement grave :

- Tu te démerdes.

C'était bas, mais pas assez pour échapper à l'ouïe surnaturelle des trois quarts des membres de la meute qui tressaillirent. Derek était en colère et mieux valait ne pas le provoquer. C'est pour cette raison que personne ne chercha à le retenir lorsqu'il se mit à monter les escaliers au moment où Malia les descendait. Son regard en disait long : de par ses sens de coyote, elle avait entendu l'intégralité de la réunion et avait les sourcils froncés.

xxx

Stiles n'avait pas retrouvé Amelia. Enfin si, il était allé la voir vite fait, renvoyant ainsi Malia à l'étage du dessous, mais avait dit à la petite fille qu'il avait quelque chose à faire avant de venir et de rester avec elle.

En réalité, c'était un mensonge. Il n'avait rien à faire, il avait juste… Besoin de s'isoler un peu. N'ayant pas envie de déranger Derek si celui-ci décidait pour une quelconque raison d'aller dans sa chambre, le jeune homme avec jeté son dévolu sur la salle de bain, dont il n'avait pas verrouillé la porte.

Et voilà qu'il se regardait sans réellement voir son reflet dans le grand miroir. En fait il était là, sans être là. Sans âme et pourtant, prêt à s'effondrer. Pourtant, il ne le voulait pas. S'il lâchait prise, c'était fini, il pleurerait un torrent de larmes infini, se roulerait par terre, s'arracherait les cheveux. Ou alors, il irait sur le balcon de Derek, monterait dessus et se laisserait tomber dans le vide. La souffrance et le désespoir pouvaient parfois s'avérer être la source de bien de bêtises. De toute manière, il était une cible à abattre et l'auteur de ces meurtres n'était pas du genre à abandonner. Mourir plus tôt ou plus tard, qu'est-ce que ça changerait à sa vie ? Il était foutu de toute manière.

Six dates marquaient son existence au fer rouge. Elles étaient un poids mort, un boulet accroché à sa cheville fine, lourd, si lourd qu'il l'empêchait d'avancer.

Et une septième menaçait de le détruire pour de bon, de le précipiter dans un gouffre dont il serait cette fois-ci incapable de sortir.

Y penser commença déjà à le faire sombrer. Son masque se craquela complètement, ses traits se tendirent, son visage se tordit dans une grimace horrible, marque d'une souffrance profonde. Les larmes lui montèrent aux yeux à une vitesse folle et sa gorge se noua si vite qu'il eut l'impression que respirer commençait à devenir difficile. Dans un pitoyable petit geignement de tristesse, il mit ses mains sur sa bouche comme pour étouffer tous les petits bruits qui pourraient en sortir. Sa vue se fit floue, mais pas seulement à cause de ses larmes. Sa tête tournait, il perdait pied. En fait, son corps cédait enfin à la pression, aux émotions qui auraient dû depuis le début lui rouler dessus. Là, elles le submergeaient avec une violence telle qu'il perdit peu à peu l'équilibre. La peur, la souffrance, la douleur, l'angoisse. Sans même s'en être rendu compte, il était à terre, recroquevillé sur lui-même. Le froid mordant du carrelage blanc ne l'atteignait pas. Il était ailleurs, dans un monde entre conscience et inconscience où c'était le froid intérieur qui régnait en maître. Ses yeux le piquaient atrocement alors il les ferma et ses oreilles cessèrent de capter les sons alentours.

Stiles était seul avec lui-même et ce n'était pas forcément une bonne chose.

Parce qu'à l'intérieur, sa résistance, mise à mal depuis des années, était en train de s'écrouler.

Complètement déconnecté de la réalité, Stiles ne se rendit même pas compte qu'on le soulevait, qu'on l'appelait d'une voix forte, qu'on essuyait les larmes qu'il n'était même pas conscient d'avoir lâchées. Il ne savait pas, n'avait pas conscience de grand-chose.

Derek, de son côté, était très légèrement affolé. Stiles ne réagissait pas à ses appels et pourtant, il était réveillé, il le savait, c'était clair et net. Le problème, c'était que l'hyperactif était très probablement dans une sorte d'état de choc qui l'empêchait de réagir comme il le fallait. Une main derrière sa tête et l'autre dans son dos, Derek ne savait pas quoi faire. Il avait déjà assisté à une crise de l'adolescent et il l'avait calmé mais là… Ce n'était pas la même chose. Alors, il accepta que son loup prenne un peu plus de place et le laissa agir. L'animal grattait à la porte de son esprit depuis déjà de longues secondes avec une ferveur inédite, comme s'il savait ce dont l'hyperactif avait besoin. Sans pour autant se transformer, Derek lui laissa alors le champ libre et il se vit, tel un spectateur de sa propre existence, prendre complètement le lycéen dans ses bras et s'assoir contre la paroi de la baignoire, son précieux paquet contre lui. Ses bras musclés enfermèrent Stiles dans une étreinte serrée mais protectrice, le loup et l'humain laissant leur peur commune de le voir disparaître s'exprimer. L'adolescent réagit étonnamment vite : il entrouvrit les yeux, ces prunelles mordorées entourées de rouges et baignées de larmes prêtes à suivre leurs prédécesseuses. Son regard était vide, il n'exprimait pas grand-chose mais ce n'était pas grave. Les perles salées qui commençaient leur descente parlaient pour lui.

- Pourquoi il pleure tonton Stiles ?

La voix cristalline sortit Derek de cette espèce de transe imposée par son loup, qui se recula au tréfond de son esprit, par peur de se montrer devant la gamine. Et il se retrouva là, pantois, incapable de sortir quelque chose de cohérent, quelque chose qui pouvait être dit à une petite fille. Lui dire que Stiles n'avait rien serait complètement idiot : Amelia était loin d'être stupide et était plus mûre que la plupart des enfants de son âge, elle ne croirait pas un traître mot de ces balivernes. Mais que pouvait-il lui dire ? Que Stiles figurait sur la liste d'un tueur en série, ce même homme qui avait tué sa mère ? Il ouvrit alors la bouche, mais ne sut quoi lâcher comme information. Il était pris de court, dans une situation complexe qui ne lui permettait pas d'être sur deux fronts en même temps. D'un côté, Amelia le regardait, confuse, avec cette innocence et cet air profondément perdu qui le faisait craquer. De l'autre, dans ses bras, Stiles semblait le fixer sans réellement le voir, les joues inondées de larmes.

- Il…

Derek avait ouvert la bouche et tenté quelque chose, mais seul un putain de pronom avait passé la barrière de ses lèvres. Et il hésitait, cherchait ses mots mais son esprit était embrouillé. Les révélations faites durant la réunion l'avaient perturbé et c'était encore le cas. Le pire restait l'état de Stiles. Son odeur était désormais saturée d'émotions très noires et son manque de réactivité l'angoissait.

- Ma chérie, tonton Stiles a des bobos au cœur alors, il est triste.

Sur ces paroles, Lydia, qui venait de passer le pas de la porte, tendit sa main en direction de la fillette, qui la prit sans hésiter. Elle aimait bien la belle rouquine, elle avait un visage avenant et une jolie voix. Oui, elle l'appréciait beaucoup.

- Ok, dit-elle simplement, l'air un peu triste. Tonton Derek, tu lui fais des gros câlins, d'accord ?

Un peu déboussolé, le loup mit du temps à réagir, si bien que ce n'est qu'au bout de quelques secondes qu'il esquissa un sourire un peu niais, un peu trop humain pour le loup qu'il était. En resserrant son étreinte sur son hyperactif, il lui fit savoir qu'il lui ferait les plus gros câlins qui soient et que lorsqu'il irait mieux, c'était Stiles qui viendrait la câliner, à elle. Amelia hocha la tête et sembla être rassurée par ces propos.

- Tu viens ma puce ? Je vais te lire des histoires, lui proposa la banshee d'un ton très doux mais légèrement empressé.

Amelia opina du chef et Lydia la fit sortir rapidement de la salle de bain. Alors qu'elle s'en allait aussi, ses yeux croisèrent le regard tourmenté de Derek et elle le comprit. Même si elle ne le montrait pas complètement, voir Stiles dans ce genre d'états la mettait mal, très mal et elle n'avait qu'une envie, l'aider. Néanmoins, Lydia savait que ce n'était pas à elle d'être là pour lui à ce stade-là. Cette place revenait à Derek, le seul à avoir réussi à faire quelque chose pour Stiles ces derniers temps. Bien sûr, elle soutiendrait Stiles lorsque celui-ci aurait besoin de l'aide de ses amis : pour l'heure, seul le loup qui l'enserrait dans ses bras pouvait l'aider.

Comme pour lui donner raison, Stiles sembla commencer à reprendre vie et elle vit l'une de ses mains s'accrocher au marcel de Derek, le serrant fort. Sa tête se posa contre le torse ferme et musclé et Lydia esquissa un faible sourire avant d'emboîter le pas à la petite fille vivace qu'était Amelia. Ce qu'elle ne vit pas, ce furent les sanglots silencieux qui se mirent à secouer le corps de Stiles, contre Derek.