Je ne possède aucun des personnages des film.
Un recueil de textes courts sur l'univers des films Sherlock Holmes (2009 & 2011), nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire
Ce texte a été publié pour la première fois dans le cadre d'un défi sur les bromances. J'ai décidé de publier aussi dans le fandom d'origine.
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
QUELQUES TEXTES DU 221B BAKER STREET
Se prendre dans les bras
La nuit tombait sur Londres, enveloppant la ville dans une brume dense et mystérieuse. Baker Street était calme, presque trop calme, alors que Sherlock et John rentraient d'une aventure particulièrement éprouvante. La lueur vacillante des lampadaires projetait des ombres inquiétantes sur les murs, reflétant l'état d'esprit des deux hommes.
Comme un peu trop souvent, la journée avait été longues, les deux amis avaient affronté des dangers innommables, risqué leur vie à chaque instant et finalement résolu une énigme qui semblait impossible, mais cette fois-ci, le prix à payer avait été plus élevé que d'habitude. Les deux avaient été touché tant par des blessures profondes, tant physiques qu'émotionnelles. John boîtait à cause d'une belle prise dans la cuisse, Sherlock se tenait les côtes et sentait le sange se remettre doucement à goutter du profond coup de poignard qu'il avait reçu et tous les deux pensaient à ses deux jeunes femmes qu'ils n'avaient pas pu sauver des griffes de sauvages qui les avaient immolés avant qu'ils ne puissent les faire arrêter.
Alors, lorsqu'ils entrèrent dans leur appartement, un silence lourd s'installa entre eux. John, le visage marqué par la fatigue et la douleur, se dirigea vers la cheminée et alluma un feu. La chaleur douce commença à remplir la pièce, mais elle ne parvenait pas à dissiper le froid glacial qui semblait les habiter tous deux.
Sherlock, de son côté, se tenait debout près de la fenêtre, regardant fixement à l'extérieur. Les événements de la journée tournaient en boucle dans son esprit brillant mais tourmenté. Les mots lui manquaient, lui qui était habituellement si éloquent, si incisif. Par moment, il regardait ses doigts se tinter doucement de son sang, il fallait vraiment qu'il pense à s'occuper de sa plaie avant qu'elle ne devienne problématique, mais il ne parvenait pas à faire un pas de plus.
Dans son dos, John se laissa tomber dans un fauteuil, ses mains tremblantes essayant de dénouer les bandages autour de sa cuisse pour se faire une idée de sa blessure. Ils avaient tous les deux reçus des soins d'urgence, mais il devait mieux prendre soin d'eux maintenant qu'ils étaient à l'abris.
Le silence entre les deux amis était assourdissant, chaque seconde s'étirant en une éternité. Finalement, incapable de supporter ce poids invisible, John se leva et s'approcha de Sherlock. Sherlock détourna enfin son regard de la fenêtre et leurs yeux se rencontrèrent. Aucun mot ne fut échangé, mais un monde de compréhension et de douleur passa entre eux. John fit un pas en avant, puis un autre, jusqu'à ce qu'il soit juste devant Sherlock.
Lentement, presque timidement, John leva ses bras et les passa autour de Sherlock. Ce dernier resta immobile un instant, surpris par l'initiative de son ami. Puis, avec une hésitation palpable, il enroula ses bras autour de John, les tirant l'un contre l'autre dans une étreinte serrée.
Leurs cœurs battaient à l'unisson, résonnant avec la même cadence douloureuse. John pouvait sentir la tension dans les muscles de Sherlock, l'inquiétude et la peur qu'il dissimulait si bien derrière son masque de froideur et de logique. Sherlock, de son côté, sentait la fragilité de John tout son besoin de réconfort et de soutien.
Les deux amis inséparables restèrent ainsi, immobiles, pris dans un moment de vulnérabilité partagée. Aucune parole n'était nécessaire. Leur étreinte parlait pour eux, exprimant une multitude de sentiments : gratitude, soulagement, peur, et surtout, un profond attachement l'un pour l'autre.
Le feu crépitait doucement dans la cheminée et la chaleur donna l'impression de commencer enfin à pénétrer leurs âmes meurtries pour qu'ils se sentent mieux. Sherlock, d'un geste délicat, resserra son étreinte, comme pour s'assurer que John était bien là, qu'il était réel et vivant. John, percevant son geste, ferma les yeux et se laissa aller contre Sherlock, trouvant un réconfort inattendu dans cette proximité.
Finalement, après ce qui sembla être une éternité et une fraction de seconde à la fois, ils se séparèrent doucement. Sherlock garda ses mains sur les épaules de John, le regardant avec une intensité inhabituelle. John, reprenant son souffle, hocha légèrement la tête, un sourire triste mais reconnaissant aux lèvres. Ses doigts effleurèrent la taille de son ami, là où la tâche de sang s'agrandissait à travers ses bandages et il glissa son autre main à sa taille.
- Il faut vous allonger que je m'occupe de cette blessure. Vous êtes trop blanc Holmes.
Il s'attendait à des protestations, mais son ami hocha la tête sans bouger. Alors John le prit doucement par la taille et boitilla avec lui jusqu'au canapé, se laissant allonger sans rien dire. John ne dit rien et pressa doucement sa main avant de se redresser en gémissant.
- Occupez-vous d'abord de votre jambe, murmura Sherlock les yeux clos.
C'était bien en cela qu'on pouvait voir la force de l'amitié qui unissait Sherlock et John, l'un comme l'autre ils étaient toujours plus préoccupés par les blessures de l'autre que par les siennes…
