Bonjour à toutes et à tous !
Je sais enfin à quelle sauce je serai mangée en septembre ! En attendant, je cherche un logement dans la ville où j'ai été affectée. Difficile quand on est en compétition avec 15.000 étudiants qui arrivent au même moment !
Concernant ce chapitre, j'ai été (encore) un peu sadique. Je n'en dis pas plus !
Bonne lecture !
Harry ou de l'éducation
Où manquer quelques têtes ne signifie pas mourir
Chapitre onze, deuxième partie
Les secrets brûlent la langue, c'est bien connu, surtout quand ils sont excitants. Harry le comprit bien assez tôt. Le secret autour de la bataille de Greenwich fut assez facile à maintenir. Il suffisait de ne pas dire qu'il avait transplané et produit le bouclier lui-même. Cependant, il pouvait raconter le reste à ses amis, ce qu'il avait ressenti, comment étaient les méchants de près, si les asgardiens étaient drôles. Le genre de choses qui intéressaient les enfants de sept ans.
Son enlèvement par Hydra avait été plus facile à raconter, même s'il lui fallait taire ses propres exploits d'évasion. Le monde entier avait découvert la survie de l'organisation fasciste et les opérations occultes dérangeantes qu'elle menait. L'histoire de Bucky Barnes, mis sur le devant de la scène par la presse, était symptomatique de ce qu'Hydra représentait pour le public. Un mélange de films d'horreur, de science-fiction et de fantasy. Personne ne remit en doute les explications parcellaires de l'enfant traumatisé.
Le voyage à Asgard fut beaucoup plus dur à cacher. Personne n'en avait eu vent et personne n'avait besoin de le savoir, mais garder cette expérience unique pour lui était un calvaire pour Harry. À la rentrée de septembre, il brûlait d'en raconter les moindres détails à ses amis qui lui posèrent légitimement des questions sur ses vacances. Ils avaient passé une semaine ensemble en camp d'été, et ils avaient fêté l'anniversaire de Harry fin juillet, mais ne s'étaient pas revus pendant le mois d'août.
Les premières semaines, Harry s'en sortit comme un chef. Il se retint très fort de dire quoi que ce soit en se mordant l'intérieur des joues quand il en avait envie. Puis, un week-end d'octobre, Faith fêta son anniversaire. Elle habitait avec sa mère dans un appartement, ce qui n'était pas pratique pour organiser une fête avec des enfants. Serviables, papa et maman proposèrent d'accueillir tout le monde à la Cabane. Il y eut donc un goûter où furent invités tous les camarades de classe de Faith, Asano, Yassine et Harry puis une soirée pyjama entre les quatre amis.
La pénombre de la chambre était propice aux confidences, et Harry raconta tout. Le tunnel arc-en-ciel, la salle du trône dorée, le Roi et la Reine d'Asgard, l'épée d'entraînement, le dîner fabuleux. Ses amis l'écoutèrent avec admiration et posèrent toutes sortes de questions. Quand ils s'endormirent, Harry eut l'impression d'avoir un poids en moins sur les épaules.
Cette sensation de soulagement ne dura pas longtemps. Le week-end suivant, il fut appelé dans le salon par papa et maman. La maman d'Asano, Christine, attendait avec eux, une tasse de thé à la main. Harry sentit immédiatement que cela ne sentait pas bon pour lui, mais il ne sut pas dire pourquoi.
« Harry, demanda patiemment maman. As-tu raconté à tes amis, Asano, Yassine et Faith, que tu étais allé à Asgard ? »
Harry rougit violemment. C'était un secret, et il l'avait raconté à trois autres personnes.
« Mais ce sont mes amis ! se défendit-il piteusement. »
Papa et maman furent très patients. Ils remercièrent Christine, qui promit de ne rien dévoiler, et en retour ils lui promirent un déjeuner très cher dans un restaurant très chic. Puis, ils grondèrent Harry un peu, pour la forme. Harry pleura un peu, pour la forme, triste d'avoir déçu ses parents. Enfin tout le monde finit dans un câlin à trois. Papa et maman promirent à Harry qu'ils l'aimaient toujours, qu'ils l'aimeraient pour toute la vie.
Néanmoins, l'épisode reposa une question cruciale pour la petite famille. Harry pouvait-il être scolarisé avec des enfants ordinaires, sans risquer de rompre le Statut du secret ? Ils étaient passés à pas grand-chose de la catastrophe. Heureusement, Harry n'avait raconté que son voyage et pas les raisons de celui-ci. Il était probable qu'il n'en ait pas encore saisi toutes les implications.
Pour la première fois, ils demandèrent son avis à une sorcière, Heather Kowalski, la garde du corps du petit garçon.
« On peut toujours leur effacer la mémoire, avait-elle dit.
— Je ne veux pas qu'ils m'oublient ! s'était insurgé Harry. »
Il fallut du temps et des tonnes d'explications pour que la famille comprenne qu'il n'était nullement question de laver le cerveau de toutes ces personnes, mais de retirer une toute petite partie de leurs souvenirs, relative aux secrets que gardait Harry. Malgré toutes les justifications possibles, le principe même de retirer un souvenir d'une personne sans son consentement était révoltant.
Néanmoins, l'avertissement fut extrêmement efficace, peut-être même un peu trop. Harry demanda à Loki de lui retirer ses pouvoirs magiques. La Déesse en fut extrêmement choquée. Quelques jours plus tard, elle emmenait Harry en sortie pédagogique chez une chanteuse et actrice très connue chez les enfants dans le monde ordinaire.
« J'ai commencé ma carrière d'actrice à ton âge, expliqua Laura avec un sourire. C'était difficile, parce que mes parents sont des no-maj, et des choses bizarres ont commencé à se produire autour de moi. J'avais huit ans pour mon premier rôle récurrent, pour FBI : portés disparus. Je jouais la fille du personnage principal. Je me souviens qu'Anthony, l'acteur qui jouait mon papa, disait que je n'avais pas de chance, parce que tout allait toujours de travers quand je tournais avec lui. Les ampoules des projecteurs s'éteignaient, les caméras enregistraient mal, le son n'était pas bon. Toutes sortes de choses, mais personne n'a jamais fait le lien avec moi. L'année où je suis entrée à Salem, j'ai fait deux apparitions dans une série à grand succès.
— Il y avait encore des accidents ? demanda Harry.
— Ça arrivait, mais c'était plus rare. Je commençais à comprendre comment maîtriser mes émotions, et une fois que j'ai eu ma baguette, il n'y a presque plus eu de problèmes. Tu vois, c'est possible d'avoir une vie dans le monde no-maj, et ne pas rompre le statut du secret. »
Laura raconta à Harry quelques anecdotes de tournage de la série Austin & Ally, que le petit garçon regardait et dont il connaissait quelques chansons. Elle lui donna quelques astuces pour détourner l'attention en cas de magie accidentelle. Puis ce fut au tour du garçon de partager ses propres aventures avec la magie. Loki fut ravie de mettre en avant le talent de son jeune élève.
« Pourquoi ne suis-je pas surprise ? s'amusa Laura. Tu es Harry Potter après tout ! »
En rentrant à la Cabane dans les bois le soir même, Harry se sentait déjà plus léger. Il était toujours en danger, toujours soumis au secret, mais désormais il savait qu'il n'était pas seul dans cette situation. D'autres personnes avant lui avaient dû garder ce lourd secret et personne n'avait perdu ses souvenirs dans la bataille.
À partir de ce jour, Harry retourna à l'école de bon cœur, sans plus s'inquiéter. À huit ans, il était encore beaucoup trop jeune pour posséder une baguette, mais les cours de Loki le contenaient et offraient à sa magie une échappatoire bienvenue.
Ce contrôle fut crucial quand la situation vira à nouveau au cauchemar.
Pour Spring Break, la classe de Harry partit en excursion pendant une semaine à Beaver Creek, au Colorado, dans une station de ski huppée. Sur la douzaine d'enfants, la moitié savait déjà skier, mais pour Harry ce fut une première. Néanmoins, ce n'était pas l'activité principale de la classe. La priorité était mise à la randonnée à travers la montagne pour apprendre à reconnaître la faune, la flore, et les moyens de les protéger. Les promenades en raquettes étaient exténuantes, mais dès qu'ils trouvaient la trace d'un animal, si petit fût-il, les enfants oubliaient leur fatigue et s'élançaient derrière leur guide.
Leurs journées s'organisaient simplement. La classe était partagée en deux groupes. Ils partaient chacun de leur côté le matin, soit pour un cours de ski, soit pour une randonnée dans la montagne, et se retrouvaient en fin d'après-midi pour des activités calmes communes, ou du repos.
Harry aima beaucoup le ski, mais il se sentit frustré de ne pas pouvoir aller à la vitesse qu'il le souhaitait, si bien qu'il s'inscrivit prioritairement pour les randonnées. L'objectif géographique de chaque randonnée était de se rendre jusqu'à un refuge, où le groupe pouvait manger et se reposer, avant de redescendre jusqu'à la station et leur hôtel. Certains refuges étaient très fréquentés, car ils étaient situés à proximité des pistes de ski. D'autres étaient bien plus confidentiels et n'accueillaient que des randonneurs, hiver comme été.
Harry n'était pas un enfant comme les autres. Il était l'unique survivant d'un maléfice de mort inéluctable. Il était le fils de Tony Stark et Pepper Potts. Il était un descendant d'Odin, cousin très éloigné de Thor et Loki. Néanmoins, Harry ne se sentait pas remarquable. La magie qu'il manipulait n'était pas unique, il n'était pas un génie comme son papa et dans sa vie quotidienne, il ne différait pas des autres enfants.
Il arrivait à comprendre qu'on puisse s'en prendre à lui pour faire du mal à son papa. C'était comme dans les films. Les méchants veulent faire du mal au héros, mais le héros est trop fort pour eux, donc ils font du mal aux gens que le héros aime. Harry savait que papa l'aimait beaucoup, donc il était peut-être une cible. Il n'avait pas peur, il était simplement conscient de ce fait.
Mais qu'on puisse s'en prendre à lui, parce qu'il était lui, cela le dépassait tout simplement. Alors quand des hommes en noir armés défoncèrent la porte du refuge où son groupe de randonnée mangeait tranquillement, et le kidnappèrent, tout ce à quoi il put penser fut « pourquoi encore ?! » avant de perdre connaissance.
Se réveiller dans une cellule n'avait rien de nouveau pour Harry, mais cette cellule-ci possédait un mur de verre — ou plutôt d'un matériau transparent très résistant comme du Plexiglas. Encore une fois, la cellule l'empêchait de transplaner, ce qu'il essaya immédiatement, mais nouveauté de la situation, elle ne lui permettait aucune magie.
Frustré et très inquiet, Harry s'approcha de la vitre et observa l'extérieur. Ce qu'il voyait ressemblait à un couloir plongé dans la pénombre, éclairé à intervalles réguliers à sa droite comme à sa gauche, par des taches de lumière qui trahissaient la présence d'autres cellules. Après un moment d'observation, le couloir s'alluma brutalement. Harry sursauta et recula de plusieurs pas vers le fond de la pièce.
Un homme en tenue sombre et portant un monocle qui semblait attaché à sa tempe s'approcha. Il était suivi par un autre homme, beaucoup plus jeune, aux cheveux noirs et violets.
« Alors c'est toi, Harry Potter, dit l'homme au monocle avec un fort accent. Bien, bien. Vous n'avez pas menti Faulkner. Vous ferez la fierté de la famille Snyde.
— Tout ce que je veux maintenant, c'est l'or que vous m'avez promis, répliqua le plus jeune. Je me fiche de faire la fierté de mes parents. Ils sont à Azkaban, et s'ils ont été assez stupides pour se faire prendre, alors je n'ai plus rien à voir avec eux.
— Oui, oui, bien sûr. L'or vous attend dans mon coffre-fort. Suivez-moi. »
Et sans un mot de plus, ils quittèrent le couloir qui retomba dans la pénombre.
Harry se retint très fort d'éclater en sanglots. La dernière fois qu'il avait été kidnappé, il avait été oublié dans la débandade d'Hydra et laissé sans nourriture pendant deux jours.
Cet emprisonnement fut très différent. Il ne resta pas seul très longtemps. D'abord, on lui apporta à boire et à manger, puis des personnes en blouses blanches vinrent lui faire passer des tests comme chez le docteur. On le pesa, on le mesura, on lui demanda d'exécuter quelques mouvements physiques, on prit sa tension et un peu de sang pour analyse.
Le manège se répéta pendant quatre jours. Personne n'expliqua rien à Harry, même quand il se mit à poser des questions. Il aurait bien tempêté et hurlé, mais il avait la conviction que cela n'arrangerait pas son cas, et pouvait même détériorer ses conditions de détention.
Le cinquième jour, Harry fut réveillé brutalement, très tôt — ou ce qu'il percevait comme très tôt. On le traîna à travers des couloirs éclairés par des néons blafards. Groggy, déboussolé, il ne pensa pas à utiliser sa magie, alors qu'il était enfin sorti de sa cellule.
On le jeta presque dans une grande pièce éclairée par un drôle d'objet en son centre, et surveillée par de multiples caméras. Quelqu'un parla dans un micro et sa voix retentit dans la pièce.
« Sujet 34, Harry Potter. 8 ans. Sorcier. Début de l'expérience. Harry, si tu m'entends, hoche la tête. »
Complètement perdu et effrayé, Harry obéit à la voix.
« Très bien Harry. N'aie pas peur. Ce n'est pas dangereux. Tu es ici pour une simple tâche, très facile à réaliser. Je voudrais que tu prennes la pierre qui brille en face de toi, dans tes mains. »
Harry tourna son attention vers la source de lumière et soudain, il la sentit. La pierre émettait de la magie, beaucoup de magie. Tellement de magie que pendant un instant Harry se mit à suffoquer. Il toussa et retrouva son souffle.
« Je veux pas, gémit-il.
— Voyons Harry, dit la voix cajolante. Ce n'est pas très compliqué. Tu n'auras pas mal, promis. »
Mais Harry était bien plus terrifié par la pierre magique que par les hommes en noir ou en blouse blanche. Elle était la menace la plus proche et la plus tangible dans la pièce et pour rien au monde, il ne voulait y toucher.
« Non ! s'entêta-t-il. Non ! Je veux pas !
— Puisque tu le prends ainsi, Harry, je suis navré, mais tu vas rester dans cette pièce jusqu'à ce que tu prennes la pierre dans tes mains. »
Il savait ce que la voix voulait dire. Pas d'eau, pas de nourriture jusqu'à ce qu'il ait obéi. Harry étouffa un sanglot.
« Tu te punis toi-même mon garçon. Il suffit simplement de prendre la pierre. »
Harry secoua la tête. Non ! Il ne céderait pas ! La pierre était dangereuse, il le sentait, et la voix mentait.
La voix continua à l'exhorter et le garçon finit par se boucher les oreilles avec les doigts et chantonner pour ne plus l'entendre. Il fit le tour de tout son répertoire. Les mélodies d'Austin & Ally, les chansons apprises à l'école, des petites comptines pour les bébés, tout y passa. Il s'était recroquevillé dans un coin de la pièce, le plus loin possible de la pierre lumineuse.
Puis, après un temps infini, il en eut assez. Un peu moins effrayé désormais que l'effet de surprise s'étiolait, il retira ses mains de sa tête et se leva.
« C'est bien Harry, dit aussitôt la voix. Je savais que tu finirais par te décider. Vas-y mon garçon. Prends la pierre. »
Harry hésita encore. Il avait faim, il avait soif, et il avait envie d'aller aux toilettes. Il fit un pas vers le piédestal qui supportait la petite pierre, puis un autre, et encore un autre. Mais alors qu'il allait faire un quatrième pas, la pierre se mit à briller plus fort. Harry recula précipitamment et retourna dans le coin de la pièce se recroqueviller sur lui-même, à moitié persuadé que la lumière allait l'avaler.
Le petit garçon se mit à sangloter de terreur. Il appelait son papa et sa maman avec des mots qui s'entrechoquaient. La lumière pulsait et Harry avait l'impression que la pièce était de plus en plus froide. Il finit par se cacher le visage avec les mains pour ne pas voir ce qui allait arriver.
La porte s'ouvrit brusquement, forçant Harry à rouvrir les yeux. Une brume rouge entra et immédiatement, la lumière arrêta de palpiter. Comme un faisceau, elle sembla s'intéresser à la brume rouge et à la femme qui se tenait dans la brume. Ses cheveux volaient dans tous les sens, auréolant sa tête d'un nuage sombre.
« Vite gamin ! appela-t-elle. »
Harry n'hésita pas et se précipita vers la sortie. La dame lui attrapa la main et d'un geste magique, la brume referma la porte.
« Dépêche-toi ! exhorta-t-elle. Il faut sortir d'ici. Mon frère va nous rejoindre. »
Sans poser de question, Harry courut à côté d'elle dans les couloirs gris.
Mais qui peut bien être cette sauveuse ? Je pense que les indices parlent d'eux-mêmes xD
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
A bientôt !
