Bon ben voilà... je ne suis pas morte (même si le titre de mon OS peut prêter à confusion lol) et je reviens donc enfin avec un petit texte. Que j'offre à une amie qui n'a pas eu son cadeau d'anni à temps car malgré mon envie de lui écrire un texte, l'inspiration n'est pas venue. Alors Nanthana14, je te l'offre maintenant! En espérant qu'il te plaise!

Cet OS a été inspiré par le fanart qui est en photo de couverture, que j'avais mis de côté il y a longtemps et que j'ai retrouvé en faisant du tri.

NB: l'univers et les personnages ne m'appartiennent pas.


La Mort comme seule amie


Dans ce paysage noyé sous une pluie torrentielle, nappant de brume le sol et les silhouettes des falaises, faisant écho aux nuages sombres cachant le ciel, il n'y avait pas âme qui vive sur ces terres inhabitées. Pourtant, un cavalier solitaire bravait les intempéries avec sa monture, leurs têtes se courbant sous les assauts du vent et de la pluie, suivant un chemin de terre sinuant entre les falaises abruptes qui entouraient leur route.

Il rêvait d'un toit et de draps secs alors que l'eau s'insinuait dans ses bottes le long de son pantalon et transperçait les tissus composant sa tenue. Sa capuche qu'il avait rabattue sur sa chevelure blanche ne servait plus à rien, ses cheveux dégoulinants autant que la crinière de sa jument. Il se résignait à être trempé jusqu'aux os bien avant d'arriver au premier village.

Cela n'était pas la première fois, ni ne serait la dernière. Le Sorceleur savait depuis longtemps que sa condition ne lui permettait pas de jouir de confort, d'un chez-soi accueillant et de plaisirs normaux, comme tout un chacun. Ni de la présence d'une famille ou d'amis. Geralt savait que les Hommes faisaient appel à lui seulement pour terrasser des monstres qui inspiraient encore plus de crainte que sa présence. L'argent récupéré pour ses services lui légitimait parfois de manger un plat frugal dans une auberge et de coucher au sec et plus rarement dans un lit, mais cela s'arrêtait souvent là. Les gens s'éloignaient au plus vite de sa personne, si ce n'était que certains lui cherchaient des ennuis. Ennuis qui se retournaient souvent contre eux, Geralt se laissant rarement avoir par des hommes, aussi haineux qu'ils puissent être, néanmoins, il ne pouvait rester dans ces endroits hostiles.

Il était seul. Cela lui convenait, il était libre de ses mouvements, de faire ce qu'il voulait, quand et comment il voulait. Pourtant à cet instant… il sentait derrière lui une présence, qui accordait son pas sur celui de sa jument, fugace et en même temps tenace. Car ce n'était pas la première qu'il ressentait cette impression. Non. Il l'avait discernée plusieurs fois. Ce n'était pas seulement un mirage créé par la pluie battante et la brume oppressante. Elle était avec lui depuis si longtemps, même si elle ne se montrait pas toujours. C'était sa seule amie fidèle. Qui le suivait depuis sa mutation, celle qu'il avait failli suivre à ce moment-là.

La Mort. La Grande Faucheuse. Elle n'avait pas abandonné depuis qu'elle n'avait pu le prendre, alors maintenant elle le suivait, où qu'il se rende ou fasse. Elle se délectait quand le Sorceleur devait donner la mort, surtout quand les cadavres avaient une âme, comme à Blaviken. Il avait fauché aussi sûrement qu'elle fauchait, elle n'avait qu'à ramasser ces âmes hurlantes. Qu'elles soient noires et corrompues l'intéressait peu. Il le savait et pourtant, il ne pouvait trouver du réconfort dans ce fait.

La seule chose qui le rassurait, c'était qu'au moment où cela serait son tour de mourir, elle serait là, prête à l'emmener brûler dans un enfer quelconque. Fidèle jusqu'au bout. Présente dès que la Mort devait frapper.