Bonjour ici !

J'espère que vous allez bien en ces chaudes journées d'été.

J'espère aussi que l'histoire continue de vous plaire. Je sais qu'il y a toujours moins de retours l'été parce que vacances oblige, mais... ah, vous connaissez mon syndrôme de l'imposteur ahah.

Bref ! Au menu de ce chapitre 15 : Viktor, un fantasme, des déguisements et du lâcher prise...

Bonne lecture !


Hermione glissa un marque-page dans son livre et s'enfonça un peu plus dans le canapé moelleux.

Voilà une chose qu'elle mettrait en place une fois rentrée à Poudlard : des espaces de détente dans la bibliothèque. Celle de Durmstrang en possédait deux, avec des canapés en velours et une lumière tamisée où elle adorait venir depuis qu'elle était ici. Elle avait l'impression d'être dans sa bulle, dans un cocon confortable où elle pouvait lire et s'évader. Elle était persuadée que ses élèves adoreraient l'idée.

De toute façon, la bibliothèque de Durmstrang était une merveille. Un bijou d'architecture avec un plafond voûté, des dorures sur la quasi totalité des murs, des étagères immenses qui débordaient de livres divers et variés. Hermione passait d'ailleurs plus de temps ici que nécessaire. Elle devrait bientôt rentrer en Angleterre, alors elle profitait de ce qu'elle n'aurait plus sous la main d'ici quelques mois.

Hermione quitta les lieux après avoir salué Pavlina, l'adorable bibliothécaire, et sans oublier le roman qu'elle était en train de lire. Elle s'apprêtait à descendre les escaliers qui menaient à la salle de réception afin d'aller déjeuner quand elle aperçut Viktor qui sortait du bureau de Koslowski.

Elle lui adressa un petit signe de la main alors qu'il avançait vers elle.

- Je suis contente de te voir, ça fait un petit moment.

Ils s'étreignirent quelques secondes.

- J'ai été très occupé à Sofia depuis la fin de la deuxième tâche, lui expliqua Viktor. La Coupe du Monde de Quidditch approche, le match d'ouverture est en avril, donc je cours un peu partout.

- C'est vrai, tu m'en as parlé l'autre jour. C'est en Patagonie, c'est ça ?

- Oui, dans le désert, donc autant te dire que ce seront des conditions climatiques auxquelles, nous, les Bulgares, ne sommes pas vraiment habitués.

Hermione grimaça un peu, compatissante, avant de sourire.

- Rien d'insurmontable pour toi et tes joueurs, j'en suis persuadée.

- Je choisis de te croire, sourit Viktor à son tour. J'ai entendu dire que tu t'es rendue à Poudlard récemment, ça a été ? Tes élèves s'en sortent ?

- J'ai une équipe professorale qui déchire, alors bien sûr que oui. Je me demande s'ils ont besoin de moi, finalement, pouffa-t-elle.

- Tu ne serais pas malheureuse ici, dit Viktor. Durmstrang a ses défauts, mais c'est une bonne école.

- Je le reconnais. Tout comme Poudlard et ça doit être aussi le cas de Beauxbâtons, Ilvermorny, Mahoutokoro et toutes les écoles de sorcellerie du monde. C'est impossible d'être parfait dans tous les domaines.

- Si, moi, plaisanta Viktor en désignant sa personne d'un geste de la main.

- Je peux te donner une liste de tes défauts dans la minute, si tu le souhaites. Tu es têtu, tu es brusque, tu…

- C'est bon, c'est bon, j'ai compris, la coupa-t-il avant qu'elle ait pu dire qu'il était aussi nerveux, râleur et procrastinateur.

Hermione lui sourit pour lui montrer qu'elle plaisantait.

- J'allais déjeuner, tu veux venir avec moi ?

- Ça aurait été avec plaisir, mais Olga m'attend à…

La voix de Viktor devint lointaine et indistincte lorsque Drago apparut dans son champ de vision. En bas des escaliers, il discutait avec un professeur dont Hermione avait oublié le nom.

Sans le contrôler, elle eut soudain chaud. Depuis qu'elle avait menti à Perkins à propos d'une potentielle relation entre eux, elle ne cessait d'y penser. Sur le moment, cela lui avait paru être une bonne idée et le fait que Drago n'en soit pas dérangé la perturbait un peu. Il était rentré dans son jeu, il en avait plaisanté, il avait même apprécié qu'elle l'appelle par son prénom.

Désormais, elle ne savait que penser. Ils étaient plus proches, c'était indéniable, mais il demeurait quelque chose de flou entre eux qu'elle ne pouvait définir. Elle se souvenait également qu'elle avait eu envie de l'embrasser, le soir de la deuxième tâche, lorsqu'elle était chez lui pour boire un thé. Il s'était rapproché d'elle pour la taquiner et elle avait voulu goûter à ses lèvres…

- … Hermione ?

Elle revint à elle en sentant la main puissante de Viktor sur son épaule.

- Tu ne m'écoutes pas du tout, pas vrai ?

- Excuse-moi, je… j'ai été distraite.

Son regard virevolta de Viktor à Drago avant de revenir sur Viktor. Ce dernier sourit du coin des lèvres, comme s'il avait compris quelque chose avant elle.

- Tu disais ?

- Rien, ricana-t-il. Je crois que je vais te laisser, tu as l'air d'avoir quelque chose de plus important à faire.

Viktor ne lui laissa pas le temps de répondre. Dans un tourbillonnement de cape, il disparut dans un couloir adjacent.

Hermione papillonna des yeux. Que venait-il de se passer ? Elle l'ignorait et Drago, du bas de l'escalier, lui fit un signe de la main, ce qui l'empêcha de se poser d'autres questions. Elle le rejoignit.

- Tu as déjeuné ? la questionna-t-il.

- Pas encore, j'allais m'y rendre, répondit-elle avec un geste du pouce vers la salle de réception.

- Ça te dit d'aller à la Tanière de l'Ours ? Ils ont remis à la carte le plat végétarien que je t'avais conseillé la dernière fois.

Hermione saliva en se remémorant le délicieux goût d'oignons fondant de ce potage qu'elle avait pris lors de la venue de Ron et Harry. Son air rêveur et son sourire apportèrent une réponse positive à Drago et, quelques minutes plus tard, ils s'attablaient au fond du restaurant.

- Je ne suis plus revenue depuis la dernière fois, dit-elle en saisissant le menu.

- Avec Potter et Weasley ?

Hermione hocha la tête.

- Je devrais voir Potter bientôt, d'ailleurs.

Étonnée par cette révélation, Hermione ouvrit de grands yeux.

- En quel honneur ? Enfin, pas que ça me regarde, mais… ça me surprend.

Elle dissimula ses joues rouges derrière son menu. Se retrouver seule avec Drago la mettait dans un état de nervosité qu'elle ne parvenait pas à gérer.

- Quand on s'est vus à Pré-au-Lard, il m'a dit qu'il serait présent au match d'ouverture de la Coupe du Monde de Quidditch. J'y serai aussi et certainement dans la même tribune que lui.

- Ça se tient, c'est vrai. Je crois qu'il y va avec Zach.

Ils passèrent commande de leurs entrées avant de changer de sujet.

- Tu as quelque chose de prévu cet après-midi ? lui demanda Drago entre le plat et le dessert.

- Hum non, enfin rien qui ne puisse pas être déplacé au besoin. Pourquoi ?

- Les élèves de niveau sept partent en excursion tout l'après-midi dans la grotte Devetashka, au nord de la Bulgarie, pour étudier les géodes magiques. Je dois les accompagner, donc je me demandais si tu voulais venir aussi ?

- Des géodes magiques ? releva Hermione, un pli entre les sourcils.

- Tiens donc, Hermione Granger ne connaît pas les géodes magiques ?

Drago joua de ses sourcils avec un air provocateur. Hermione sentit le rouge de ses joues envahir tout son visage et un peu le reste de son corps.

- Arrête de te moquer de moi, Malefoy, ou je ne t'accompagne pas.

Le visage de Drago s'adoucit, comme si le fait qu'elle ne soit pas présente lui déplaisait.

- Je sais très bien ce que c'est, reprit Hermione. J'ignorais simplement qu'elles étaient au programme.

- Pour les niveau sept, oui. Ils apprennent à extraire les cristaux de façon à ce qu'ils puissent se régénérer sans avoir à abîmer la roche.

Hermione essaya de mettre de côté sa frustration de ne pas connaître cela pour se concentrer sur le bonheur que cela lui procurait d'apprendre quelque chose de nouveau.

- Et donc, tu veux venir ? demanda à nouveau Drago.

- Oui, oui, avec plaisir !

Il lui sourit avant de commander une mousse au chocolat. Après avoir indiqué à la serveuse qu'elle voulait une part de tarte aux pommes, Hermione analysa le sourire de son vis-à-vis. Il était rare qu'il s'autorise une telle expression. En le côtoyant souvent ces derniers temps, elle avait compris qu'il n'accordait cette expression qu'à Pansy, aux professeurs qu'il estimait être ses amis, et à elle. Même George n'y avait pas droit. Il ne récoltait d'un rictus amusé, parfois.

Force était de constater qu'il ne cessait de la surprendre depuis qu'il essayait de lui prouver qu'il avait changé.

Après leur repas, ils quittèrent Tsvetengrad pour Devetaki. Les élèves de niveau sept se trouvaient déjà dans la grotte Devetashka, accompagnés de la professeure de potions, Divna, et de celui d'arts occultes, Boris.

Ils se saluèrent et Hermione resta en retrait avec Drago.

Elle avait l'impression d'être redevenue une élève. Elle buvait les paroles de Divna et de Boris et ne put s'empêcher de prendre des notes sur le petit calepin qu'elle gardait toujours dans son sac. Elle fit même équipe avec un élève pour extraire de l'améthyste d'une géode.

Une fois sa besogne terminée, elle se laissa distraire par le bruit d'une chute d'eau qu'elle suivit jusqu'à tomber sur une cascade. L'eau claire ruisselait sur la roche mousseuse et la luxuriante végétation autour était éclairée par les rayons du soleil. C'était lumineux, calme, presque poétique. Hermione se perdit quelques instants dans la contemplation du paysage.

- Je peux perturber ta tranquillité ?

Hermione sursauta. Derrière elle, Drago attendait une réponse, les mains dans les poches de sa veste. Elle hocha la tête et il prit place à côté d'elle, ses avant-bras appuyés sur la barrière de sécurité qui protégeait l'étendue d'eau devant eux.

- La première fois que je suis venu ici, c'était avec Pansy, lui raconta-t-il. Quand on est arrivés en Bulgarie, on était encore jeunes et on passait tout notre temps libre à découvrir le pays. C'était génial.

Hermione sourit, touchée par son anecdote.

- Ça n'a pas été trop difficile de quitter l'Angleterre ?

- Pas vraiment. Je savais que ce nouveau départ me serait bénéfique. Si j'étais resté, je ne suis pas certain que j'aurais pris conscience de mes erreurs, de ce que j'avais fait de travers. J'en veux à mes parents de m'avoir exposé à tout ça, mais ils ne sont pas les seuls responsables. Prendre de la distance a été la meilleure décision de ma vie.

- Je peux comprendre, sourit Hermione. C'est quelque chose que j'ai envisagé avant de retourner à Poudlard.

- C'est vrai ?

- Hum. Je suis allée en Australie tout l'été pour retrouver mes parents et j'étais tellement bien là-bas. Personne ne me parlait de la guerre, rien me n'y faisait penser, c'était… paisible. Puis j'ai compris que mes amis avaient besoin de moi pour se reconstruire, que j'avais besoin d'eux, et qu'on devait faire ça ensemble. Qu'on devait se réapproprier notre vie et faire tout notre possible pour que cela ne recommence pas.

- Encore une fois, les Gryffondor foncent et les Serpentard fuient.

Hermione jeta un coup d'œil à Drago qui souriait, ses yeux gris rivés sur la cascade.

- Tu es retourné à Poudlard après toutes ces années et en ma compagnie, qui plus est. C'est un beau pied de nez à la couardise légendaire des Serpentard, le valorisa Hermione.

- C'est vrai. Il faut croire que j'ai changé pour de bon. Pas comme toi qui ne peux pas t'empêcher de jouer à l'élève modèle dès qu'un prof fait cours. Tu t'es vue, tout à l'heure, lever la main pour répondre à une question de Divna ?

Drago se mit à rire et Hermione à rougir.

- Je n'imaginais pas que ça pouvait être aussi intéressant, se justifia-t-elle, un peu honteuse.

- Je te taquine. C'était un beau spectacle, commenta Drago. Il ne te manquait plus qu'une cravate et une jupe plissée pour que j'aie l'impression d'avoir de nouveau douze ans.

Hermione haussa un sourcil.

- Pourquoi ça sonne comme un fantasme un peu étrange ?

- Ah ! Qui sait.

Il lui envoya un clin d'œil avant de retourner vers les élèves.

Le cœur d'Hermione battait la chamade et ce fut le retour de la sensation de chaleur dans tout son corps. Pourquoi ce simple échange la mettait dans tous ses états ? Est-ce qu'elle avait vraiment envie que ça en soit un, de fantasme ? Non, c'était impossible. Drago ne pouvait pas la draguer aussi ouvertement.

Ou peut-être que si ?

L'estomac tout retourné par ses questionnements internes, elle essuya ses mains moites sur son pantalon et revint elle aussi vers le groupe au risque qu'ils rentrent sans elle.

De retour à Durmstrang, Hermione rejoignit les quartiers de Poudlard en espérant y trouver George pour lui raconter son après-midi.

Depuis qu'il avait reçu la visite de ses enfants, il était plus souriant, plus vif, plus enthousiaste. Hermione soupçonnait également Pansy d'y être pour quelque chose, mais elle ne lui posait pas de questions. Elle estimait que s'il voulait lui en parler, il le ferait de lui-même.

Elle trouva George dans le salon de l'espace privé des accompagnateurs. Du bout de sa baguette illuminée, il éclairait un petit objet sur ressorts.

- Besoin d'un coup de main ? proposa-t-elle en déposant sa veste sur le dossier d'une chaise.

- Oh ça ira, merci. Je bricole un truc pour Fred, c'est bientôt son anniversaire. Tu as passé une bonne journée ?

- Plutôt, oui. Je suis allée avec Drago, Divna, Boris et tous les niveaux sept dans la grotte Devetashka pour étudier les géodes magiques. C'était très intéressant.

Elle lui raconta son après-midi plus en détails et même s'il était concentré sur sa tâche, George n'était pas avare de questions.

- Et du coup, depuis quand tu appelles Malefoy par son prénom ?

- Depuis que tu appelles Parkinson par le sien, je suppose, rétorqua-t-elle sur le même ton et sans réfléchir.

- Touché, pouffa George.

Enfoncée dans sa chaise, Hermione bascula sa tête en arrière en grognant. Elle n'y voyait pas très clair et cela la frustrait. Drago s'était subrepticement fait une place dans son quotidien et ce qu'elle ressentait, elle peinait à l'interpréter.

- Je peux te donner un conseil ? proposa George.

Hermione ouvrit un œil et tourna légèrement sa tête afin de le regarder. Il était toujours en train de bricoler sur le jouet à ressorts de Fred, mais sa voix sérieuse surprit Hermione.

- Bien sûr.

- Tu devrais arrêter de te poser mille et une questions. Et n'ose pas me dire que ce n'est pas ce que tu fais.

Hermione referma la bouche et se pinça les lèvres.

- Tu n'es pas obligée de toujours tout maîtriser ou tout comprendre. Tu peux te laisser porter et laisser la vie te faire des surprises. Parfois, elles sont mauvaises, mais parfois elles sont bonnes. Parfois, elles te déçoivent et parfois, elles acceptent de t'accompagner dans un parc d'attraction avec tes enfants.

George sourit du coin des lèvres. Un sourire tendre et, si elle l'osait, Hermione le qualifierait d'amoureux. Pourtant, elle ne le verbalisa pas. Ce n'était pas ses affaires, même si elle était profondément heureuse pour son ami.

Il avait sans doute raison. Elle n'était pas aussi insouciante que lui, mais elle pourrait suivre ses conseils et, pour une fois, s'abandonner à ce que lui dictait son cœur. Et en ce moment, son cœur lui disait qu'elle avait peut-être quelque chose à tenter avec Drago Malefoy.

En tout cas, elle en avait très envie.


Pansy n'avait pas osé contacter George depuis leur sortie au parc d'attractions.

Elle savait que ses enfants étaient partis, mais à chaque fois qu'elle se motivait pour lui envoyer un Patronus ou un hibou, elle faisait marche arrière. Terrifiée par ses sentiments, elle était incapable de prendre les choses en mains.

Elle avait mis son ego de côté pour parler de tout ça à Drago et c'était lui qui lui avait fait prendre conscience de ce qu'elle ressentait pour George. Elle trouvait ça fou, lunaire, irréel… mais elle ne pouvait pas ignorer les choses qu'elle faisait pour lui et qu'elle n'aurait jamais faites pour quelqu'un d'autre. Elle ne pouvait pas passer à côté des Billywigs dans son ventre quand elle était près de lui et de la sensation de vide lorsqu'il était loin.

Pansy posa brutalement son sécateur sur son comptoir. Il fallait qu'elle se mette un coup de pied aux fesses et, en plus, elle venait d'avoir une idée. Elle profita de l'absence de clients dans sa boutique pour envoyer un Patronus à George. Demain soir, Ashanti organisait une soirée déguisée au Fruit Défendu et n'y avait-elle pas plus belle occasion pour le revoir ?

Elle savait qu'une fois costumée, elle pourrait se cacher derrière son alter ego de la soirée et se sentir plus libre.

Une fois son petit renard argenté parti, Pansy souffla un bon coup et un poids quitta ses épaules. Elle devait trouver un déguisement, maintenant.

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En arrivant en Bulgarie, Pansy avait fait un effort pour se familiariser avec le monde moldu. Certes, Tsvetengrad était un village sorcier, mais si elle voulait sortir de ce coin un peu perdu, elle devait savoir se débrouiller avec ce qui n'était pas magique.

Dans sa longue découverte, elle avait vu beaucoup de films, de séries, et lu énormément de romans et de bandes dessinées. Pour son plus grand bonheur, elle avait fait la connaissance de plusieurs personnalités féminines fortes qu'elle adorait maintenant. Qu'elles soient héroïnes de leur univers ou, au contraire, les ennemies du personnage principal, Pansy adorait ces femmes indépendantes qui savaient se battre.

Raison pour laquelle, ce soir, elle revêtait le costume de Poison Ivy, cette super-vilaine experte en botanique, passionnée de plantes et avec un grand pouvoir de séduction. Un peu sa version fictionnelle, finalement.

Pansy ajusta la couronne de feuilles sur sa tête et laissa ses doigts glisser dans les longues mèches rousses de sa perruque. Elle n'avait pas l'habitude d'avoir les cheveux longs, mais elle pourrait y prendre goût.

- Qu'est-ce que t'es belle ! s'exclama Ashanti.

Son plateau en équilibre sur sa main, la barmaid l'enlaça amicalement.

- Pardon, mais tu t'es vue ? lui retourna Pansy. Une bombe !

Ashanti, déguisée en muse grecque, tournoya habilement sur elle-même, faisant virevolter sa longue robe blanche sans que le plateau tombe. Ses épaisses boucles relevées en chignon étaient retenues par un bandeau noir et de nombreux bijoux dorés décoraient sa peau bronzée.

- Merci ! Tu veux boire quelque chose ou tu attends quelqu'un ?

- J'attends quelqu'un, je vais patienter au comptoir.

- Pas de problème ! Dis-moi que c'est George ? espéra Ashanti. Il est adorable, je l'aime beaucoup.

- Sors avec lui dans ce cas, répliqua Pansy en se hissant sur un haut tabouret.

- J'ai bien compris que c'était chasse gardée, ma belle. On touche pas aux crushs des copines !

Ashanti lui envoya un clin d'œil complice avant de partir servir les clients qui l'appelaient.

Pansy regretta aussitôt de ne pas avoir accepté un verre. Elle avait bien besoin d'un peu d'alcool pour se détendre. Plus les secondes s'égrenaient, plus la boule dans son ventre prenait de la place. Et si George ne venait pas ? Et si elle s'était imaginé des choses ? Si elle s'était plantée sur ses intentions ?

Pansy se gifla mentalement. Depuis quand doutait-elle d'elle comme ça ?

Elle était sur le point de rappeler Ashanti pour lui demander un cocktail quand on tapota sur son épaule. Pansy eut à peine le temps de croiser les yeux bleus de George qu'elle éclata de rire. Elle s'attendait à ce qu'il choisisse un déguisement décalé, quelque chose de drôle, mais elle ne s'attendait pas à le voir avec des lunettes rondes, une tenue complète d'élève de Gryffondor et une cicatrice en forme d'éclair sur le front.

- Sympa l'accueil, commenta George en s'asseyant à côté d'elle. Tu n'aimes pas mon déguisement ?

- Pardon, mais j'avais donné rendez-vous à George Weasley, pas à Harry Potter.

- Tu m'as pris de court, j'ai fait avec ce que j'avais sous la main.

- C'est-à-dire ?

- J'ai pris l'uniforme de Gryffondor d'un camarade d'Izia et je l'ai agrandi à ma taille. Les lunettes, elles sont à Radko, le concierge de Durmstrang, et pour la cicatrice, on remercie le maquillage d'Hermione.

Pansy sourit, touchée. Elle savait que les soirées costumées n'étaient pas la tasse de thé de tout le monde - bien qu'elle, elle adorait ça - et le fait que George se soit un peu cassé la tête pour trouver un déguisement lui faisait plaisir.

- Je te trouve très inventif, sourit-elle.

- Et toi tu es magnifique. Le roux te va à merveille.

Il ponctua sa phrase d'un clin d'œil charmeur qui fit rougir Pansy. Elle avait l'impression de redevenir une adolescente lorsqu'il la complimentait. Elle aimait sa séduction frontale, sa drague qui ne passait pas par quatre chemins.

Ashanti vint prendre leurs commandes et Pansy pivota sur son tabouret. Dos au comptoir, elle observait la foule déguisée qui dansait.

- Tes enfants sont bien rentrés ? s'enquit-elle.

- Oui, merci de demander, sourit George en prenant la même position qu'elle. Hier, j'ai reçu un hibou d'Angelina avec ça dedans, regarde.

Il prit son portefeuille dans la poche arrière de son pantalon et en sortit une photographie moldue. Sur le papier glacé, Fred, des oreilles de lapin sur la tête, tirait la langue à l'objectif et Roxanne, la bouche auréolée de chocolat, souriait de toutes ses dents même si celles de devant manquaient à l'appel.

- Ils ont pris un peu d'avance sur Pâques, rigola George.

- Ils sont adorables.

Ces deux-là, une fois à Poudlard, allaient donner du fil à retordre à Granger, c'était une certitude. Même Roxanne qui, selon George, avait la sagesse et le calme d'une Poufsouffle. Pansy était persuadée qu'une âme facétieuse se cachait chez cette petite fille et qu'elle n'hésiterait pas à faire du château son terrain de jeu.

- D'ailleurs, dans son courrier, Angie me disait qu'ils n'arrêtaient pas de parler de toi.

Pansy essaya de ne pas montrer sa nervosité. Que pensait Angelina de ça ? Était-elle contrariée ? Elle et George n'étaient plus ensemble, mais il s'agissait de ses enfants. Pansy ne voulait pas qu'elle pense qu'elle prenait une place qui n'était pas la sienne.

- Ah oui ? couina-t-elle avant de grimacer, les yeux fermés.

Pour masquer sa nervosité, c'était raté.

- Oui, apparemment. Tu es, je cite, "méga cool" selon mon fils et "trop jolie et marrante" selon ma fille.

- Cool, jolie et marrante, je trouve que ça me définit assez bien.

- Parce qu'ils ne savent pas que tu es aussi un peu casse-pieds, autoritaire et dominatrice, se moqua George.

Pansy le regarda, les yeux plissés.

- Je suis sûre que ça te plait, dans le fond.

- Tout me plait chez toi, je croyais que tu le savais.

- Quel beau parleur. Et sinon, hum… que pense ton ex-femme de cette autre femme cool, jolie et marrante aux yeux de ses enfants ?

Le petit sourire espiègle qu'elle aimait tant prit place sur les lèvres de George. Si elle devait faire un top trois de ce qu'elle préférait chez lui, ce sourire serait en tête de liste.

- Ne te bile pas, la rassura-t-il. Elle m'a dit que j'avais sa bénédiction et qu'elle était heureuse pour moi.

Soulagée, Pansy se détendit. Elle voulait tenter quelque chose avec George, mais si son ex-femme, mère de ses enfants, s'y opposait, elle devrait s'y plier. Elle n'avait pas envie d'aller en Angleterre pour lui prouver qu'elle était une fille bien.

- Sa bénédiction pour quoi ? le taquina-t-elle.

- Je te rappelle que je t'ai offert une edelweiss et que, selon tes mots, c'est la fleur qu'on offre à sa fiancée. J'imagine que je vais devoir t'appeler madame Weasley.

Pansy recracha sa gorgée de cocktail sur le pauvre inconnu déguisé en pirate qui passait devant elle.

- Pardon ! s'excusa-t-elle auprès de lui avant de lancer un rapide Tergeo sur sa veste et son tricorne. Merde, tu vois ce que tu me fais faire !

- J'ignorais que la perspective de notre mariage te mettrait dans cet état-là, continua-t-il de se moquer. Tu préfères l'or ou l'argent, pour ton alliance ? Et pour la décoration de la salle, je pensais que tu pourrais préparer une déco florale, t'en penses quoi ?

Pansy le frappa au bras et George éclata de rire.

- Si je dois me marier, je peux te jurer que je n'abandonnerai pas mon nom de famille. Je suis la seule Parkinson encore vivante, je compte bien faire perdurer mon nom tant que je le peux. On a pas tous une grande famille.

- C'est vrai que le nom des Weasley n'est pas prêt de s'éteindre, remarqua George. Bon, ça va, je veux bien être progressiste et prendre ton nom si c'est ce que tu souhaites. George Parkinson… Je trouve que ça sonne plutôt bien.

- Mes pauvres parents doivent se retourner dans leur tombe, marmonna Pansy.

Étrange…, pensa-t-elle. Pour la première fois depuis bien longtemps, parler de ses parents ne lui donnait pas envie de pleurer. Elle se concentra quelques secondes, attentive aux réactions de son corps, mais rien ne vint. Pas de larmes, pas de boule dans la gorge, pas de torsion de l'estomac. Elle était… paisible.

Ce fut ce constat-là qui lui mit les larmes aux yeux.

- Merlin, si j'avais su que mes conneries te mettraient dans un tel état, je me serais abstenu, dit Weasley en passant ses pouces sous ses yeux.

- C'est rien, le rassura-t-elle avec un sourire ému. C'est juste que… c'est la première fois que je parle de mes parents sans avoir envie de pleurer. Enfin, oui, du coup je pleure, mais justement parce que ça me rend heureuse de pouvoir penser à eux sans être triste.

- Je me souviens du jour où tu m'as parlé d'eux. Tu m'as dit ce qui leur était arrivé, mais j'ai bien vu que c'était compliqué pour toi d'en dire plus.

- Et ça sera pas pour ce soir parce que j'ai pas envie de plomber l'ambiance mais… merci, Weasley. Pour peu, je t'embrasserais.

Pansy se mordit la lèvre alors que, face à elle, George jouait de ses sourcils avec un air charmeur. Elle en avait terriblement envie. Elle voulait faire plus que l'embrasser, retrouver sa chaleur, reposer ses lèvres sur toutes ses taches de rousseur.

Elle était à deux doigts d'abandonner son verre sur le comptoir pour l'emmener chez elle quand Ashanti apparut devant eux, son plateau à la main.

- Je vous ressers, mes p'tits british préférés ?

La petite bulle éclata et George lui demanda une deuxième tournée. Pendant ce temps, Pansy termina son cocktail d'une traite pour se remettre les idées en place.

- Tu danses, Weasley ? proposa-t-elle en sautant de son tabouret.

Elle tendit ses mains qu'il n'hésita pas à prendre. Pansy recula jusqu'à ce qu'ils se noient dans la foule. Les percussions de la musique cubaine faisaient vibrer le sol et les ondes remontèrent dans les jambes de Pansy jusqu'à envahir tout son corps.

À sa plus grande surprise et pour son plus grand bonheur, George était à l'aise avec son corps, en rythme avec la musique. Il la guidait, la faisait tourner sur elle-même et entre ses bras sans pour autant lui marcher sur les pieds.

Les autres clients qui dansaient s'effacèrent peu à peu pour Pansy qui n'avait d'yeux que pour son partenaire. Les lunettes étaient remontées sur sa tête et la cicatrice s'était effacée avec la transpiration. Elle avait donc George, face à elle, et pas un sosie douteux de Harry Potter, ce qui l'arrangeait.

Lorsqu'il la plaqua contre son torse après une pirouette, Pansy réalisa qu'il avait laissé sa cape sur son tabouret et qu'il avait ouvert les premiers boutons de sa chemise. La simple vision de cette petite parcelle de peau lui donna chaud et envie de faire sauter tous les autres boutons.

À ses yeux, ils étaient seuls dans ce bar. Seuls avec leurs corps échauffés et leurs esprits embrumés. Plus rien n'avait d'importance à part les grandes mains de George qui naviguaient sur elle au fil de leurs pas. Entre ses omoplates, sur ses hanches, effleurant la peau de son ventre ou le creux de son cou.

La salsa laissa place à de la bachata, mais ils ne cessèrent pas de danser pour autant. George savait ce qu'il faisait. Il attira son corps contre le sien avec une lenteur exagérée, sa main prenant toute la place dans son dos, et sa jambe glissa machinalement entre les siennes. Pansy ondula des hanches et lorsque leurs bas-ventres se rencontrèrent, elle put aisément constater qu'elle n'était pas la seule que la danse mettait en émoi.

Le feu dans les iris de George eut raison des dernières barrières de Pansy. Il n'y avait plus qu'eux. Elle n'entendait plus la musique ni le brouhaha des conversations. Il n'y avait que son cœur qui battait à mille à l'heure dans sa poitrine et George. Que ses yeux bleus rivés dans les siens, ses lèvres fines légèrement entrouvertes et ses mèches rousses décoiffées.

- Embrasse-moi, ordonna-t-elle. Embrasse-moi jusqu'à ce que je perde pied.

Il le fit. La main dans son dos remonta jusqu'à sa nuque, déclenchant une nuée de frissons chez Pansy. Son souffle légèrement acidulé à cause de la Margarita qu'il avait bue heurta son visage avant qu'il abatte ses lèvres sur les siennes.

Rapidement, Pansy quémanda plus du bout de la langue et celle de George vint se mêler à la sienne pour un baiser passionné. Celui-ci était différent des autres. Il avait une saveur particulière, un goût d'abandon et de renouveau.

Une main accrochée à sa cravate rouge et or, Pansy enfonça l'autre à la racine de ses cheveux, le bout de ses ongles glissant sur son crâne. George en gémit de plaisir et accentua la pression de leurs lèvres et de leurs corps l'un contre l'autre.

Le baiser aurait pu durer dix secondes ou dix minutes, Pansy avait perdu la notion du temps lorsqu'elle se recula, le souffle court et les joues rouges.

- Je sais pas dans quoi je m'embarque, Weasley.

- Si on y va ensemble, ça devrait bien se passer, la rassura-t-il.

- Je te préviens, ça me terrifie. J'ai peur de mes sentiments et de ce qu'ils peuvent me faire faire. J'ai peur de tes sentiments aussi, de ne pas savoir les gérer, de merder, de tout faire foirer. J'ai peur de…

George posa son index sur sa bouche pour l'empêcher de continuer.

- Tu sais, cette histoire de mariage, c'était une blague, sourit-il. Je ne vais pas te demander de m'épouser demain. Crois-moi, j'ai déjà donné une fois et je ne suis pas certain de vouloir subir un nouvel échec marital. On peut… je sais pas, admettre qu'on se plait mutuellement et se lancer dans une histoire ?

Pansy hocha la tête.

- Et tes enfants ?

- Je te l'ai dit, mes enfants t'adorent. Ils sont peut-être petits, mais ils veulent juste que leur papa soit heureux. Maintenant, si toi tu ne te sens pas prête à assumer, c'est différent. Je ne t'en voudrais pas.

- Non, non, je pense que je peux gérer.

Évidemment qu'elle s'était posé la question. Elle avait tourné et retourné le sujet cent fois dans sa tête et à chaque fois, elle arrivait à la même conclusion. George avait eu une vie avant elle et si elle voulait être avec lui, elle devait faire avec. S'il acceptait qu'elle ait autrefois été une petite peste arrogante et méchante, elle devait accepter qu'il ait des enfants et un divorce derrière lui.

Et puis, elle avait de la chance. Fred et Roxanne, eux, l'avaient déjà acceptée.

- Je ne sais vraiment pas dans quoi je m'embarque, répéta-t-elle, ses mains accrochées à la nuque de George. Mais j'ai pas envie de passer à côté de quelque chose de bien.

- Tu m'en vois ravi.

Il scella leur nouveau départ en la faisant basculer entre ses bras. Surprise, Pansy gloussa jusqu'à ce que son rire se perde sur la bouche de George penché sur elle. Pansy s'abandonna à cette étreinte aussi passionnée que le baiser qu'ils partageaient.


Eh voilà !

Alors, qu'est-ce qu'on en pense de Drago qui veut voir Hermione en tenue d'écolière ? Mdr. Sacré coquin celui-ci.

Qu'avez-vous pensé de leur petit moment près de la cascade et de leur discussion ?

Vous trouvez pas que Poison Ivy est par-fai-te pour Pansy ? Je pense que c'est son alter-ego idéal. George a eu l'air d'aimer aussi... Son déguisement à lui, vous avez aimé ? Ahah.

Et le lâcher prise, c'est pour eux. Enfin, surtout pour Pansy qui se lance à corps/cœur perdu dans une histoire d'amour.

J'ai hâte de lire vos retours sur ce chapitre.

Du love pour vous, à mercredi !