02/04/2013 - 01/05/2013 (en réalité, les 9/10èmes ont été écrits le 29 avril et le 1er mai ^^)
Bon ! Je suis, je suis mais alors vraiment vraiment désolée pour ce retard, j'espère que ça ne se reproduira plus ! J'ai eu une vie très... mouvementée psychologiquement et les partiels n'aident pas, alors...
Je reprends l'écriture après une longue pause (seuls des textes déprimants pendant ce temps ^^' mais heureusement, me revoilà, et j'espère que vous me soutiendrez par des reviews :p)
Je ne sais plus trop où j'en étais, donc ça va reprendre en douceur, peut-être avec un chapitre un peu plus court que les autres, probablement (oui je les improvise au fur et à mesure -"). - après relecture, il n'est finalement pas si court xD
En tout cas, bonne lecture ;)
- Monsieur Potter !
Le Gryffondor leva un regard trop innocent vers le professeur Flitwick.
- Oui, monsieur ?
- Apportez-moi donc ce parchemin qui semble tant vous intéresser, monsieur Black et vous.
Remus se raidit et leur jeta un regard alarmé, mais Sirius tenta de le tranquilliser d'un clin d'œil, ce qui n'eut pas le moindre effet. Cornedrue s'avança donc au milieu des élèves qui s'entraînaient sans le remarquer jusqu'à l'estrade. Le minuscule enseignant tendit la main et saisit le grand parchemin vierge.
- Je confisque ceci jusqu'à la fin de l'heure, et nous verrons cela à ce moment. retournez vous exercer et conseillez donc à monsieur Black de faire de même au lieu de vous distraire ou de trouver... d'autres occupations, ajouta-t-il en regardant le jeune homme souffler un baiser à une fille de Poufsouffle.
- Je vais sérieusement y songer, monsieur, répondit-il le plus sérieusement du monde.
Le professeur de sortilèges esquissa un sourire avant de se tourner vers un autre groupe d'élèves. Il leva un sourcil étonné. Lily Evans, qui faisait d'ordinaire des merveilles dans sa matière, laissait négligemment échapper de la fumée noirâtre de sa baguette, asphyxiant ses voisines. Il en toucherait deux mots au professeur McGonagall. La jeune fille avait sérieusement besoin de se reprendre en main, ces temps-ci. Et tout le corps enseignant était du même avis. Enfin, c'était au responsable de sa maison de gérer le problème. Il avait lui-même quelques soucis à gérer parmi les Serdaigles. Lorsque l'heure sonna, il se rendit d'ailleurs directement dans son bureau pour le rendez-vous que lui avait demandé la petite Layos.
Elle arriva avec cinq minutes de retard, et s'excusa en précisant que le professeur d'arithmancie les avait retenus.
- Asseyez-vous donc, miss Layos, l'invita-t-il de sa voix fluette en désignant le fauteuil bleu face à son bureau. De quoi vouliez-vous me parler ?
Lutha joignit ses mains devant elle et prit la parole, légèrement embarrassée.
- Je dois vous demander une autorisation expresse d'une semaine, professeur.
Il fronça les sourcils, attendant la suite.
- Les miens... enfin, je veux dire, ma famille... Ils exigent que je rentre les voir pour les vacances de novembre. Je... je sais qu'elles ne sont pas prises en compte à Poudlard en temps normal, poursuivit-elle avant qu'il ne l'interrompît. Mais apparemment, c'est pour quelque chose d'important. Ils... enfin vous savez que c'est une population un peu particulière.
Flitwick posa son menton sur sa main, songeur. Oui, les chats-garous étaient assez particuliers, en effet, et, de ce qu'il savaient, le village dont venait Lutha Layos était sûrement l'un des plus anciens lieux peuplé par cette espèce. Lors de sa première année, il l'avait vu trembler à l'idée de rentrer chez elle. Les sorciers n'étaient pas très bien vus là-bas.
- Vous ne pouvez vraiment pas décliner ?
Elle se mordilla nerveusement la lèvre.
- J'ai peur que ce ne soit trop risqué, monsieur.
Il soupira.
- C'est bien ce que je craignais. Je vais avoir besoin d'une copie de l'autorisation de vos parents pour que le directeur signe la permission.
Lutha souffla, soulagée. Elle n'avait pas vraiment envie de rentrer, mais elle préférait s'exécuter maintenant plutôt que d'en subir d'éventuelles représailles à Noël. Sortant le papier qu'il exigeait, elle se leva.
- Je m'occuperai de l'organisation de votre voyage, miss Layos. Vous pouvez y aller.
Elle hocha la tête et sortit de la pièce. Elle ne s'était guère attendu à un refus de la part de son professeur, mais elle se sentait tout de même plus sereine maintenant que c'était fait. Il ne lui restait plus qu'à appréhender tranquillement pourquoi son père et ses frères exigeaient son retour. Enfin... au moins, elle verrait Zephyr. Avec le climat, c'était bien les seules choses qui l'attiraient dans son village.
En parlant de climat... elle regarda la pluie qui commençait à tomber et enroula plus chaudement son écharpe autour de son cou.
- Pays de barbares, grommela-t-elle toute seule avant de se diriger d'un pas vif vers sa salle commune.
Elle y retrouva Jonathan et Lucy en train de bouquiner chacun de leur côté, et elle se joignit à eux sans hésiter, décidant d'attendre le week-end pour s'attaquer aux livres de runes qu'elle avait empruntés pour son dossier.
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James, Sirius et Peter regardaient leur cher louveteau faire les cent pas devant eux, l'air furieux.
- Si jamais il avait découvert quoi que ce soit... ! Vous vous rendez compte ?! Vous avez failli ruiner quatre années entières de travail ! Alors qu'on l'a terminée depuis peu ! Et pour quoi, je vous prie ?! Pour surveiller les allées et venues des Serdaigle ?! Ou de Lily ?! Ou peu importe qui que ce soit, cette carte est réservée à des usages discrets !
- Calme-toi, Lunard, ce n'est pas comme si nous ne l'avions pas protégée de tout risque, sourit Patmol.
Remus pointa un doigt menaçant sur l'animagus chien, qui recula la tête d'un air méfiant.
- Oh non, je ne me calmerai pas ! Entre ça et vos récentes âneries, ça commence à bien faire ! Il y a des choses que j'approuve, mais là, ça va trop loin ! Maintenant, si vous le permettez, je vais me coucher bonne nuit !
Il monta sur son lit sous les yeux ronds de ses trois amis et tira les rideaux si sèchement qu'il manqua les arracher.
- Mais... qu'est-ce qui lui a pris ? S'étonna James en redescendant dans la salle commune avec les autres.
Sirius haussa les épaules, préoccupé. Peter, quant à lui, jeta un coup d'œil en arrière et marmonna :
- Je pense que pour une fois, il n'approuve vraiment pas le projet de Sirius. Comme quand nous nous acharnons sur Rogue.
- Servilus le mérite ! S'exclama aussitôt le beau brun, tandis que James approuvait d'un air dégoûté. D'ailleurs, Layos aussi mérite une correction, quoi qu'en pense notre cher moralisateur. Et je suis sûr qu'il s'en remettra. Il devrait être content, nous avons trouvé une autre distraction que Rogue !
Le plus petit rigola doucement.
- Je crois que ce n'est pas ce qu'il espérait en nous voyant nous décider à être sages cette année.
Cornedrue ouvrit des yeux ronds derrière ses épaisses lunettes.
- Nous avons décidé d'être sages ? Hein ? Quand ça ?! Et je n'ai même pas été informé ? C'est proprement scandaleux ! Scan-da-leux !
Il avait haussé le ton avec un sourire sur la dernière phrase, et Mary McKinnon leva les yeux vers eux d'un air mauvais, faisant luire son insigne de préfet avec les flammes de la cheminée.
- Je trouve cette fille effrayante, quand il n'y a pas Remus, vraiment, siffla Sirius, mi-amusé, mi-méfiant. Je n'arrive pas à lui faire du charme... C'est bien la seule.
James et Peter se mirent à tousser bien fort simultanément, et il sembla au tombeur que des noms ressortaient de leurs toux respectives, mais il ne prit pas la peine de relever, préférant se tourner vers son sujet de prédilection, ces temps-ci.
- Alors, les recherches ont donné quelque chose, de votre côté ? Peter ?
- Et bien... J'ai failli me faire croquer par un chat. On dirait que c'es celui de Layos, elle en a plein de poils dans ses affaires. Je n'ai rien trouvé à part des tonnes de bouquins, des vêtements de filles et des trucs normaux pour un dortoir de filles. Ah, et le plan teinture de fonctionnera pas. Il n'y a pas de teinture que tu puisses remplacer, parce que ses cheveux sont vraiment de leur couleur naturelle.
- Dommage, soupira-t-il, l'air rêveur. J'aurais adoré la voir arborer des cheveux rose bonbon. Enfin on trouvera autre chose. Elle met son travail en avance de côté, tu as trouvé quelque chose de ce genre ?
Queudver hocha négativement la tête.
- Il n'y a strictement rien comme ça. La plupart de ses parchemins de cours sont encore vierges ou pas complets, et je n'ai pas trouvé un seul devoir préparé.
- Pas très sérieuse, pour une Serdaigle, commenta James, fidèle à son idée reçue des maisons de Poudlard. De mon côté, j'ai eu beau chercher dans les bouquins de généalogie, je n'ai rien trouvé. Soit elle est née-moldue, soit sang-mêlé, mais en Grèce, aucune grande famille ne porte son nom. En fait, en Grèce, il n'y a quasiment pas de familles de sorciers. Trois ou quatre sur tout le pays tout au plus. Les sorciers en général sont rares là-bas, d'après ce qu'on dit. Enfin... il y en a qui vont y vivre et y travailler, mais la proportion de Cracmols y est impressionnante. Comme s'il y avait quelque chose qui repoussait la magie, là-bas. C'est plutôt bizarre... Et toi, de ton côté ? Les élèves se sont montrées bavardes ?
Le maraudeur eut un sourire avide.
- Elles l'auraient sûrement été, s'il y avait eu quelque chose à raconter, apparemment. On dirait que Layos est très secrète et très peu sociable. On savait pour le deuxième, mais le premier est intéressant. Pourquoi être secret, à moins d'avoir quelque chose à cacher, hein ? celui qui en sait le plus sur elle est ce garçon avec qui elle est toujours fourrée. Jonathan Float. Mais d'après ce que j'en ai entendu, on n'en tirera rien. Il va falloir faire quelque filatures et espionnages si on veut en apprendre plus, à mon avis.
- Ah ! S'exclama James, ravi. C'est un excellent programme ! je commençais à rouiller, sans petites sorties nocturnes ! En parallèle, je me disais... j'ai entendu que des deuxièmes années de Gryffondor avaient été ennuyés par quelque Serpentards... Il ne faut pas qu'on se ramollisse. Ce genre de provocation mérite une réponse d'ampleur, qu'en pensez-vous ?
Les deux autres acquiescèrent, et ils passèrent le reste de la soirée à comploter contre les Serpentards, oubliant pendant un moment la petite Serdaigle.
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Jonathan sortit du cours de soin aux créatures magiques en secouant la tête avec exaspération. Quelque soit le sujet qu'ils étudiaient, il n revenait toujours à la même et éternelle question. Pourquoi, oh oui, pourquoi, avait-il eu l'idée saugrenue et totalement stupide de prendre cette matière ? Premièrement, il fallait marcher et revenir du cours, ce qui, pour un fainéant de sa catégorie, était inadmissible. Deuxièmement, il n'avait aucune possibilité de se distraire en discutant avec Lutha, ou même un autre Serdaigle - puisqu'il était le seul crétin de cette maison à avoir choisi cette matière. Troisièmement, il n'était en aucun cas intéressé par ce qu'il étudiat pendant ces cours, et regrettait d'avoir un jour rêvé d'élever des dragons, voyant les heures de torture auxquelles cela l'avait conduit... Et quatrièmement... il n'avait pas encore de quatrièmement, mais il se pencherait sérieusement sur la question lorsqu'il aurait le temps. Pour l'heure, il devait retourner se vautrer dans sa bien-aimée salle commune, et faire part à sa fort aimable et sympathique amie de son avis concernant ses problèmes actuels.
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Le Serdaigle s'appuya sur la table et observa un moment sa meilleure amie qui écrivait minutieusement en pattes de mouche sur son parchemin.
- Dis-moi, Lutha ?
- Quoi ?! Grogna la jeune fille en levant un regard assassin sur lui par dessus un complexe ouvrage traitant des runes anciennes.
Elle se mettait rarement à travailler, mais quand elle le faisait, il était fort déconseillé de la déranger. Il hésita un bref instant à battre en retraite, mais il décida finalement de poursuivre sa démarche. Après tout, elle ne lui avait encore jamais arraché la tête, malgré ses fréquentes menaces.
- J'ai réfléchi un peu... Entama-t-il d'un ton solennel.
- Première nouvelle, lança-t-elle d'une voix grinçante.
- Et étant donné ce que tu m'as dit, et comme tu ne sembles pas avoir décidé ce qu'il convenait de faire, poursuivit-il sans tenir compte de son intervention, il vaudrait mieux que tu aies de quoi contrebalancer Black si certaines... choses venaient à être découvertes. Je suis certain qu'il a, lui et ses amis, quelques secrets compromettants. Et puis... ça pourrait devenir très amusant de jouer avec ça.
La chat-garou fronça les sourcils, pensive, et un sourire vint se dessiner sur ses lèvres.
- Tu sais que t'es plutôt malin, toi ?
Il rejeta une mèche blonde, affectant une classe qu'il ne possédait pas.
- C'est même ma principale qualité.
Lutha sourit à nouveau, amusée. Il avait raison. Elle ne pouvait pas attendre que les événements lui tombassent dessus. Même en ne risquant pas grand-chose, il fallait prendre les devants. Elle connaissait le secret de Remus Lupin, mais ce n'était pas le genre de secret qu'elle voudrait trahir. Lupin avait toujours été honnête et correct envers elle, et elle l'appréciait un peu. En revanche, elle pouvait toujours l'utiliser comme menace. Mais il lui fallait quelque chose directement sur le sang-pur.
- Moui... Tu as raison... Il doit sûrement avoir quelques points faibles du côté de sa famille qui le rejette à cause de ses opinions. Et le côté bêtises avec ses amis est en effet probablement productif. Il faut pouvoir frapper là où ça fait mal, ou là où c'est dangereux, et avant que lui ne trouve quelque chose.
- Je me disais... pour fouiner, en utilisant tes capaci...
- Dis-moi, John ? Le coupa-t-elle sans accorder la moindre attention à son air outré. J'espère que ça ne te dérange pas de prendre mes cours toute une semaine, parce que d'après ce qu'on ma laissé entendre, impossible de ne pas rentrer chez moi cette année à cette période. Donc dans deux semaines, je m'envole pour la Grèce.
- Ah... euh...
- Tu n'as pas le choix, en fait. Pas plus que moi, on dirait, conclut-elle sombrement en replongeant dans son livre.
Il passa une main dans son début de barbe blonde. Elle n'avait jamais fait montre que rentrer chez elle lui déplaisait, ni qu'elle n'était pas totalement libre de ses mouvements. Le fait qu'il connût son secret lui avait ouvert les vannes de nouvelles confidences, et c'était plutôt surprenant de sa part. Il n'allait pas pousser pour aujourd'hui. la connaissant, elle se refermerait comme une huître, s'il essayait.
- Lutha... Pourquoi ne travailles-tu que les runes, cette année ?
- Parce que le dossier à rendre pour les ASPICs est le seul moyen d'obtenir un diplôme dans cette matière. En plus, c'est bien plus intéressant que ce qu'on se tue à étudier ailleurs... A part en sortilèges.
Il haussa un sourcil.
- Si tu n'es vraiment pas intéressée, pourquoi connais-tu toujours tes cours sur le bout des ong... "des griffes" me paraît plus approprié.
Elle sourit.
- Ce n'est pas que ça ne m'intéresse pas... Mais on passe des heures sur des notions simples sans pouvoir approfondir, du coup. Résultat, je m'ennuie. Les autres vont trop lentement.
- Dieu que tu es prétentieuse... Soupira-t-il en haussant un sourcil.
- Euh... Tu t'es regardé, monsieur Je-ne-rate-jamais-une-occasion-de-clouer-le-bec-au x-autres-pour-prouver-que-je-suis-le-plus-intellig ent ?
- Je détesterais porter un nom aussi long, fit-il remarquer d'un ton moqueur.
- Il faut bien que tu aies quelque chose de long, lança-t-elle d'une voix sournoise.
- Cette réplique était basse et peu digne de toi, rétorqua-t-il d'un ton hautain.
- Je prends note que tu ne la démens pas, toutefois.
Il eut un petit sourire.
- Etant, malgré mon intelligence supérieure, un adolescent malgré tout habité d'hormones, je me ferai une joie de te permettre de vérifier.
- Ne me tente pas...
- Vous savez quoi, tous les deux ? Les interrompit Lucy en se laissant tomber à côté d'eux. Vous ne devriez pas vous lancer dans cette veine d'humour, c'est pas de votre niveau. Et puis c'est... vraiment bizarre.
- C'est lui/elle qui a commencé ! S'écrièrent-ils en chœur avant de se lancer un faux regard noir.
- Je préfère ça, se contenta de répondre la passionnée d'échecs. C'est plus de votre âge mental.
Sur ce, elle les laissa retourner à leurs chamailleries en sortant son cher échiquier miniature.
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- Sirius ? J'ai une mauvaise nouvelle à t'annoncer, déclara Remus, arborant pourtant un large sourire.
- Oui ? Grommela celui-ci, tentant d'enfiler à l'envers sa robe de quidditch.
- Prewett est enfin sortie de l'infirmerie, et même si elle a un peu du mal, elle peut à nouveau parler ! Je suis sûr que ça te fait grand plaisir. J'ai entendu dire qu'elle veut passer l'éponge sur ce qui s'est produit et repartir à zéro avec toi.
- A zéro... excellente idée, et notre relation va rester à ce stade, grogna l'autre en retour, ayant enfin réussi à mettre la robe, et essayant à présent de savoir quelle chaussette devait recouvrir quel pied. Je ne vois pas en quoi ça t'amuse.
- Je me disais juste que ce harcèlement est le fruit de tes bêtises, donc je ne vais certainement pas te plaindre.
L'autre marmonna entre ses dents. Peter ronflait comme un bienheureux, à côté, et il lui jeta un regard envieux avant de lacer ses chaussures avec peine pour sortir. La porte du dortoir s'ouvrit en grand avant qu'il ait eu le temps de tendre la main vers la poignée.
- Allez, Sirius ! Dépêche-toi ! Tout le reste de l'équipe est prête ! C'est notre dernier entraînement avant le match la semaine prochaine, alors je veux de l'enthousiasme et de la fooooorme ! S'égosilla James, agitant son brassard de capitaine sous le nez de son ami.
Celui-ci le fixait d'un air si mauvais que Remus fut surpris de voir Cornedrue ne pas broncher. Il se laissa cependant entraîner par son meilleur ami vers l'extérieur. Une fois arrivés aux escaliers, le loup-garou fit signe aux deux autres.
- Tu ne viens pas nous voir ? Protesta James, déçu.
- Non, je dois retrouver quelqu'un pour travailler. Amusez-vous bien, lança-t-il en écoutant la pluie marteler les vitres.
- C'est pas gagné, ronchonna Sirius, apparemment levé du mauvais pied, en s'éloignant avec les joueurs, traînant sa batte derrière lui.
Remus sourit et se décida à rejoindre Lutha dans une ancienne salle de classe vide d'étude des runes. Elle n'était pas encore arrivé, et il étala ses affaires sur une table double en attendant. Il tendit l'oreille. Des bruits de pas très légers approchaient. Malgré son ouïe fine, lui-même avait du mal à les entendre. Au moins, il pouvait la reconnaître à ce silence.
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Vêtue d'un grand pull orange vif aux fils tirés de partout et d'un jean, Lutha dans la salle et posa sans cérémonie une énorme pile de livres poussiéreux juste devant le loup-garou. Il déglutit en voyant la quantité qu'elle avait réussi à dénicher. Il aurait du s'y attendre. On ne demandait pas à une Serdaigle de trouver des livres sur un sujet. A moins d'avoir beaucoup de temps et de volonté. Par chance, il avait un peu des deux.
- Salut, Lupin ! Lança-t-elle, comme si elle ne le remarquait qu'à présent. Tu ne t'es pas dégonflé, à ce que je vois.
- Ce n'est pas mon genre de poser des lapins.
- Tu préfères les manger ? Demanda-t-elle d'un ton anodin.
Le lycanthrope sourit en pensant à la dernière réflexion de Patmol à ce sujet.
- D'après Sirius, ça a le même goût que le chat.
La jeune fille se raidit légèrement et l'observa un instant, suspicieuse. Mais il semblait avoir lâché ça sans raison particulière.
- On s'y met ?
Il acquiesça, et pendant l'heure suivante, ils ne parlèrent plus que de leurs découvertes et des traductions qu'ils avaient à faire. Ce que les élèves de Poudlard appelaient communément le "dossier" était un travail de recherche. Chaque année, trois thèmes étaient proposés, et ils choisissaient l'un de ces thèmes. Ensuite, chaque élève étudiant les runes et souhaitant les passer aux ASPICs devait trouver des informations, et au moins quinze textes en runes anciennes, qu'il devait traduire. Il fallait ensuite rédiger une synthèse sur les documents trouvés, et l'épreuve d'examen était une soutenance d'une demi-heure de ce dossier, suivie d'autant de temps de questions. Autrement dit, même si c'était fort intéressant, cela prenait énormément de temps, et deux élèves avisés comme Remus et Lutha préféraient s'y prendre à l'avance, et s'entraider, étant donné qu'ils avaient choisi le même thème.
Cependant, eu bout de cette heure de travail acharné, la chat-garou s'étira en bâillant bruyamment.
- J'en ai maaaaarre, soupira-t-elle ensuite. On fait une pause ?
Remus rigola doucement. C'était exactement ce qu'auraient dit James, ou Sirius. Sauf qu'ils n'auraient probablement pas attendu une heure avant de le dire.
- Si tu veux. Je dois avouer que ça commence aussi à me gonfler, lâcha-t-il en éloignant d'un air dégoûté le syllabaire runique de lui.
Ils échangèrent un regard amusé.
- Alors, la rentrée ne s'est pas trop mal passée pour toi ?
- Oh non... Tu sais, la routine. S'occuper des premières années qui sont perdus ou ont oublié le mot de passe... Travailler un peu par ci, par là. Et essayer de réprimer un peu les trois enfants que j'ai pour amis... Vraiment, je ne sais pas ce qu'avait fumé Dumbledore avant de me nommer préfet...
- Oh... ça ne devait pas être trop toxique... Il a eu le bon sens de ne pas me nommer, moi. Il a du se dire que... tu aurais une influence positive. Mais avec deux cerveaux atrophiés comme ceux de Black et Potter, c'est peine perdue, je suppose.
Remus fronça le sourcils.
- Il paraît que tu t'es amusée avec du chocolat ces temps-ci... Laisse-moi te prévenir que Sirius a l'intention de ne pas en rester là.. Ne serait-il pas plus prudent d'arrêter cette guérilla ici ?
- Black ne me fait pas peur.
- Ne le sous-estime pas... Il peut très bien te rendre la vie impossible. Et puis... comment puis-je le rendre sage si tu passes ton temps à le tenter de faire des bêtises ? Ajouta-t-il d'un ton mélodramatique.
- Ce n'est pas ma faute s'il a décidé que me pourrir la vie cette année serait amusant. Ne me demande pas de me laisser faire, c'est au-dessus de mes forces.
Le loup-garou porta une main à son front, l'air désabusé.
- Je sens que cette année ne va pas être de tout repos... Au fait... qu'est-ce que tu as pu dire à Lily qui l'ait conduite à dire que tu n'étais pas très agréable ?
Lutha éclata de rire.
- Je n'ai fait que lui dire ce que tu penses sûrement tout bas. Sauf que comme ça ne venait pas d'un ami de Potter, ni d'elle, ça lui a fait un sacré coup. Elle peut pas le refuser ou se dire que c'est absurde ou truqué, venant de ma part. D'ailleurs, je dois avouer que j'ai été surprise de la résolution de Potter, justement... La preuve qu'au moins un de tes amis peut mûrir un peu...
- Je crois qu'il vaut mieux ne pas parler de mes amis avec toi, surtout Sirius, si je veux rester en terrain neutre, se moqua-t-il.
- Vraiment ? Il doit bien avoir quelques côtés intéressants pour que tu restes avec lui, non ?
Elle le fixa innocemment de ses grands yeux d'ambre, la tête légèrement penchée sur le côté. Remus fit la moue, amusé, en l'observant. Elle était le parfait alliage entre une allure de petite fille et une intelligence redoutable. A la fois mortellement sérieuse et drôlement gamine.
- Je ne vais certainement pas te parler de lui et t'offrir les avantages ou les informations que tu recherches, finit-il par répondre. Sirius est mon ami, et si je t'apprécie et aimerait qu'il te laisse en paix, je ne vais pas t'aider à le descendre, navré.
Elle ne se départit pas de son sourire.
- Dommage... Tu aurais fait un excellent allier, Lupin. Sans rancune ? On se remet au travail, alors ?
- C'est le mieux à faire, à mon avis.
Ils échangèrent un regard avant de rire ensemble. Et se remirent en effet à leurs dossiers.
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James fit signe à l'équipe de redescendre avec un sourire satisfait.
- On a fait du bon travail, aujourd'hui. Je suis content de vous !
Les joueurs redescendirent tous, et les balles retrouvèrent leur place dans leur boîte. Le capitaine émit encore quelques commentaires à l'adresse de son équipe avant de les libérer, restant traîner en arrière avec Sirius, l'un de ses deux batteurs. Il remontèrent voler un peu pour s'amuser, et finirent par libérer le terrain pour l'équipe des Poufsouffles.
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Assise dans les gradins, Lily observa les deux Maraudeurs s'éloigner et repensa aux paroles de Lutha. "Si tu ne veux pas qu'il passe à autre chose, il va falloir accepter de t'impliquer." Avait-elle envie qu'il ne passe pas à autre chose ? Comment cette Serdaigle pouvait affirmer ce genre de chose, alors qu'elle ne savait absolument pas où elle en était et ce qu'elle voulait ?! le changement était survenu trop vite, voilà tout ! Elle n'avait pas eu le temps de s'y préparer, et pas réussi à s'y faire, mais ça n'allait pas plus loin que ça !
Alors pourquoi l'air troublé de James Potter en la voyant dans les gradins avait-il fait légèrement monter son cœur dans sa poitrine ? Elle enfouit sa tête dans ses mains, cherchant à ôter un petit instant toutes ces pensées de son esprit. Mais c'était peine perdue. Il y a bien une leçon qu'elle retiendrait de ça :
James Potter était capable de la harceler plus sans rien lui dire que toutes ces années où il avait voulu sortir avec elle.
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Fini pour ce chapitre ! Ouf, je commençais à avoir froid aux doigts à force de taper :D
Encore désolée de cette longue absence, qui, je l'espère pour mon cher petit cœur, n'aura plus de raison de se reproduire ^^
Je m'efforce d'écrire vite la suite, cette fois, mais ça attendra peut-être fin mai, à cause de mes partiels =3
Et... bah si vous avez de me dire à quel point je suis géniale et tout, review ? ^^ (Comment ça, là je suis délirante et je devrais aller dormir ? espèce de méchante conscience, na !)
