02/05/2013 - 20/05/2013
Et c'est reparti :)
J'exige des applaudissements, j'ai été inspirée, et ce chapitre dépasse en longueur mes capacités habituelles de concentration sur UNE seule histoire :D
Bon, en fait non ^^ C'était tellement long que j'ai découpé en deux chapitres de taille normale O=)
Du coup le suivant devrait venir dans une semaine, vu qu'il est déjà presque tout prêt =)
Et merci pour vos reviews au fait, ça me fait sourire comme une idiote, mais ça me motive vraiment ^^
James ouvrit des yeux ronds en regardant le petit carnet que son meilleur ami brandissait avec fierté. Il était environ dix heures, et la salle commune était quasiment vide. Il faut dire qu'ils avaient usé des sortilèges puants qu'il fallait pour être tranquilles de bonne heure.
- Comment as-tu eu ça ?
- Quelle question ! Je l'ai simplement pris dans son sac au moment opportun, sourit Sirius d'un air ravi. Je ne l'ai pas encore ouvert, mais ça a une bonne apparence de journal intime. Ou d'agenda. Enfin un truc rempli d'infos, quoi !
- Dans le sac de Layos ?! Mais je croyais qu'elle ne laissait jamais traîner ses affaires ?!
- Non, se refroidit-il. C'est à Float, son meilleur ami. Mais étant donné qu'ils sont assez liés, il y a peut-être quelque chose d'intéressant.
L'expression avide de l'attrapeur se mua en scepticisme profond, et il croisa les bras en attendant de voir. Sans plus attendre, son ami décrocha le petit élastique qui maintenait fermé le cahier et l'ouvrit. Il le referma presque aussi tôt. Puis le rouvrit, collant presque son nez sur les pages. Son manège fit hausser un sourcil perplexe à Cornedrue.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Bah... Regarde ça !
Il tourna le journal - car apparemment, c'était bien un journal - vers lui et lui désigna le premier paragraphe. Tout était écrit de manière très étrange, avec des caractères et des espacements totalement inhabituels. Soit un code très sophistiqué, soit une lange d'une autre espèce, mais en tout cas, certainement pas du bon vieil Anglais d'Angleterre.
- Des runes, tu crois ? Demanda l'attrapeur.
- Non. Les cours de Remus ne ressemblent pas à ça. Et je crois qu'il n'est même pas inscrit en runes.
- Il a du inventer ça lui-même, alors. Comment va-t-on s'y prendre pour le déchiffrer ?
- Commençons par les sorts basiques de décryptage, décida James, tout à fait attentif, à présent.
Ils passèrent finalement cinq heures de leur nuit avant de parvenir à trouver un semblant de clé. A part quelques extraits codés autrement, ils purent tout retranscrire magiquement en langue compréhensible. Surpris, ils se mirent à lire. Il s'agissaient de notes d'observations sur quasiment tous les élèves de Poudlard depuis le début de l'année. Des détails qu'ils n'auraient jamais songé à relever et à relier ensemble éclairaient les attitudes des élèves les plus anonymes. Lorsqu'ils parvinrent au paragraphe qui les concernait, il échangèrent un regard. Le nom "Maraudeurs & cie" était inscrit soigneusement en haut de la page.
James Potter était le premier nom de la page. En face étaient inscrits quelques mots. "Maturité, Rogue tranquille, Lily Evans laissée tomber, continuer quelques troubles, décalage Sirius Black, possible événement marquant... parents ? Lily trop souffert. Suis Black contre Lutha."
- Il... il m'a l'air plutôt perspicace, souffla le myope en songeant à l'attaque qui avait failli tuer sa mère, cet été.
- Mmh...
Remus Lupin suivait : "Travail avec Lutha, prend sa défense, relation ? Non. Se sent proche car rejeté. Il sait ? Non. Mais elle pour lui, oui. Fier des progrès de James, attend la suite des événements Evans/Potter avec intérêt. Intelligence à tester à l'occasion. Rapprochement possible Lutha."
Les deux maraudeurs échangèrent un regard surpris.
- Lunard travaille avec Layos ? Et il ne nous en a rien dit ? S'offusqua Sirius.
- Sûrement justement pour ne pas avoir à prendre parti, tempéra son ami. Il ne va pas se mettre mal avec elle s'ils s'entendent bien et qu'ils s'entraident pour leur travail.
- Mouais... Enfin il aurait quand même pu nous le dire. Et qu'est-ce que ça veut dire, "il sait ? Non. Mais elle pour lui, oui." ? Qu'est-ce qu'il sait à propos de Remus, et qu'est-ce qu'elle sait ?
- Je n'en sais rien. Mais on peut ajouter ça à la liste des choses à découvrir, il me semble. Ah, ça parle de Peter, ensuite.
"Rien de nouveau. Toujours suiveur. Quelques menaces de Serpentards. Pas de changement, pour le moment."
- Ce n'est pas tout à fait faux, observa Patmol avant de se jeter sur le nom suivant, à savoir, le sien.
"Sirius Black : Nouvelle lubie, Lutha. Occupation, amusement. Il refuse son attitude "snob" et en profite pour se distraire. Suite des événements à suivre avec attention. Pas trop prendre parti pour pas être "éclaboussé" mais peu de risque. Lutha cible principale. Obsession en vue ?"
- Hey ! Je ne suis pas obsédé !
James retint un sourire.
- A peine...
- Dixit celui qui a passé des mois et des mois à harceler une fille pour qu'elle sorte avec lui... C'est Sainte-Mangouste qui se fout de Secours Sorciers, là.
- Je ne le nie pas. Mais reconnais que, tu es quelque peu concentré exclusivement sur elle, ces temps-ci, mon cher Patmol.
Celui-ci fronça les sourcils, ennuyé par ces paroles.
- C'est qu'elle mérite une correction, c'est tout. Et ce n'est pas comme si elle se posait en victime. Elle a clairement contre-attaquer, revendiquant son attitude hautaine et inacceptable ! Elle me fait penser à... enfin tu sais de quoi je veux parler...
Cornedrue hocha la tête. Oui. Il savait. Sirius avait beaucoup souffert de sa famille et de son entourage dans son enfance. Les sang-purs si hautains et méprisants, qui se croyaient tellement supérieurs. Qui écrasaient le moindre déchet sous leurs chaussures. Et lui, qui n'avait pas les mêmes opinions que sa famille, il avait été insulté, mentalement torturé jusqu'à ce que, l'année précédente, il s'enfuit définitivement et vînt habiter chez les Potter. Et depuis qu'il était entré à Poudlard, il s'était vu donner la leçon à tous les élèves arrogants, prétentieux, ou assis sur des convictions aussi ineptes que celles des sangs-purs. Préférentiellement, il s'était attaqué aux Serpentards, qui correspondaient plutôt bien à cette idéologie absurde, mais ceux qui le méprisaient, lui ou ses amis, pour ce qu'ils étaient, il ne le tolérait pas non plus. Ce sans doute pourquoi il n'avait jamais apprécié Lily.
Il sortit de ses réflexions pour se rendre compte que son ami fouillait déjà le carnet avidement en quête d'autres informations. Mais il le referma vite, déçu.
- Il n'y a rien sur Layos. On dirait que c'est la seule qu'il n'a pas inscrite là-dedans.
- Sans doute parce qu'il la connaît suffisamment pour ne pas en avoir besoin. On dirait qu'il est le seul qui détient des informations intéressantes, et il n'est pas près de s'en défaire. Qu'est-ce que tu prévois de faire, du coup ?
Un sourire carnassier s'étala sur le visage du beau Gryffondor.
- Et bien... Premièrement, nous allons nous occuper de cette histoire de Serpentards dont tu as parlé l'autre jour. L'idée de Peter n'est pas mauvaise, et je propose qu'on fasse ça ce soir.
- Ça me va ! Mais Remus est fatigué, et il va désapprouver. Ne proposons qu'à Peter.
- Me proposer quoi ?
Ils se retournèrent tous deux vers leur ami. Celui-ci les fixaient avec une curiosité non dissimulée. Il fut rapidement mis au courant, et la conversation reprit son cours.
- Bien. Ensuite, dès lundi prochain, on commence les filatures, annonça Sirius. Pas avant, vu qu'il y a le match Poufsouffle contre Serpentard ce samedi. Il va falloir alterner, mais j'ai déjà ma petite idée de comment nous organiser. J'ai réussi à obtenir son emploi du temps.
Queudver eut un petit rire.
- Quoi ?
- Rien, rien... Ça me rappelle quand on s'était mis à suivre Evans pour découvrir si elle avait un petit ami, en cinquième année. On passait notre temps sous la cape à la filer, elle, et même parfois Mary.
Un léger silence s'ensuivit. James avait l'air un peu perdu soudain, et Sirius fusilla l'autre du regard. Tous savaient combien il avait été difficile pour James de prendre la résolution de laisser tomber avec Lily Evans. Alors remettre ça en question, quand il luttait perpétuellement contre ses sentiments, c'était... difficile. Il se reprit toutefois et hocha vaguement la tête pour approuver la suite des décisions. Sirius avait raison. Causer un peu de chahut lui ferait le plus grand bien en le distrayant.
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ooo
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- Je suis surpris que personne n'ait encore découvert cette salle, annonça Jonathan en se laissant tomber dans le cuir épais et défoncé d'un fauteuil.
Ils s'étaient installés dans une des anciennes salles de classe, que des élèves d'une autre époque avaient du un jour aménagée pour en faire un coin tranquille. De confortables sièges entouraient une table basse ronde, où Lucy avait exigé la présence d'un échiquier, et des coussins étaient éparpillés un peu partout. Lutha balança son sac dans un coin et se permit une chose qu'elle n'avait jamais fait avant ; elle bondit directement sur le divan - dans le même état que le fauteuil - sous les yeux ahuris de son ami.
- J'ai beau savoir ce que tu es, te voir utiliser ce genre de capacité me surprend un peu, je dois l'avouer.
- Tu ne sais pas ce que je suis, John, sourit-elle, amusée.
- Aux dernières nouvelles, à moins que tu ais muté, ce dont je doute, je le savais.
- Alors pourquoi n'y a-t-il jamais eu de page sur moi dans tes carnets d'observation ?
Il plissa les yeux.
- Tu m'as promis que jamais tu ne les lirais sans mon autorisation...
- Et tu savais très bien que je mentais.
- Point pour toi.
- Alors ?
Il sourit et croisa les mains derrière sa nuque.
- Pourquoi faire une page sur toi ? Je te vois et je te parle tous les jours. Je n'ai pas besoin de noter ce qu'i constater, j'en suis spectateur presque constamment. Et puis... la différence, c'est que toi, tu es une amie. Enfin, se reprit-il... ce qui pourrait le plus se rapprocher d'une amie.
Elle le fixa en silence avec un sourire en coin.
- John ?
- Quoi ?
- Jonathaaaaan ?
- J'ai dit "quoi".
- Tu viens d'avoir une pulsion de sincérité et de sentiment. Je suis si fière de toi !
- Je rêve ? Tu n'as pas l'impressions d'inverser les rôles, là ? Je suis normal. Tu es une snob de la pire espèce.
- Qui m'a dit que je prenais la place de son hibou le premier jour dans le train ?
- Qui a dit ce même jour que hibou comme chose l'accompagnant pouvaient déguerpir, ça ne serait pas plus mal ?
- Et qui a dit...
Ils se regardèrent un instant avant d'éclater de rire.
- Au final... Nous sommes tous les deux misanthropes avec de gros problèmes, sinon nous serions dans les gradins du stade à hurler avec les autres. Tu as un problème avec le quidditch, non ? Ricana-t-elle, sachant pertinemment à quel point ne serait-ce que regarder quelqu'un voler pouvait le rendre malade.
- C'est fou ce que tu ne m'as pas manqué, ronchonna-t-il. Mais rire avec toi par contre... Je dois reconnaître que c'est plaisant.
- C'est un peu contradictoire, observa-t-elle, moqueuse.
- Je n'avais pas fini. J'allais donc dire... qu'étant la personne se rapprochant le plus de mon intellect, bien que tu sois encore à un niveau très inférieur, je trouvais mon bonheur comme je le pouvais.
- ...
- Un commentaire à faire.
- Tu un type charmant, je te l'ai déjà dit ?
- Oh... sûrement des dizaines de fois. Il est évident que mon charme ne fait pas le moindre doute.
Elle haussa un sourcil, et l'observa se lever, ajuster ses cheveux, et se mettre à déambuler dans la pièce. Il lui rappelait curieusement quelqu'un...
- Tu ne peux pas imiter Black, conclut-elle lorsqu'il daigna achever le massacre.
- Et pourquoi, je te prie ? Mon cerveau est trop haut pour ça ?
Elle rit.
- Non... Ca me fait mal de le reconnaître, mais... pour imiter Black, il faudrait que tu aies un cerveau, mon cher. Et ça, ce n'est pas gagné.
- Je suis profondément blessé.
- Je te crois. Ton visage est tellement expressif, commenta-t-elle, les yeux fixés sur le sourire qu'il retenait.
- Je vais me suicider, et tu auras ma mort sur la conscience, ainsi que les suicides qui suivront de toutes mes admiratrices.
- Je ne compte pas enterrer ta sœur si vite.
- J'ai encore une sœur ?! S'exclama-t-il. Je croyais l'avoir liquidée cet été !
- Désolée de te décevoir.
- Et toi ?
Désorientée, elle l'interrogea du regard. Il venait de sortir d'un bloc de leur conversation étrange et sans but.
- Toi, tu as beaucoup de frères et sœurs, du coup ?
Elle grogna et croisa les bras avec entêtement.
- Je t'ai demandé si ta grand-mère faisait du vélo ?
- Quoi ?!
- C'est une expression moldue, se justifia-t-elle de mauvaise grâce.
- Ah. Pourquoi es-tu si fermée à propos de ta famille, tes origines et ton espèce ? C'est si terrible ?
Elle soupira.
- Tu as écouté la partie histoire du cours de défense contre les forces du mal ?
- Euh...
- Tu es désespérant.
- Je suis plus que toi en cours.
- Ce qui veut dire que tu écoutes une phrase sur tout le cours, ce qui est franchement pas considéré comme quelque chose de bien par les standards du modèle scolaire.
- Tu es sûre d'avoir trouvé cette phrase toute seule ? Je la trouve étonnamment longue pour toi.
- Tu veux une explication ?
Il rigola.
- Ce serait beaucoup moins drôle sans t'interrompre.
Elle ne put s'empêcher de sourire.
- Oui, j'imagine. Enfin quoi qu'il en soit... si des sang-purs venaient à découvrir ce que j'étais, je ne donnerais pas cher de ma peau. Regarde bien leurs regards quand on parle de comment se défendre contre eux... je veux dire nous.
- Tu contournes la question.
- Et toi tu me fais ch...
- Reste correcte, se moqua-t-il.
Ils se sourirent. Tout ça n'était qu'un jeu et des enjolivures, et ils savaient l'un comme l'autre où la conversation allait, même si elle y allait à un rythme plutôt... décousu. Jonathan fut donc surpris de voir son amie lâcher la vérité d'un bloc avant de se rencogner sur son canapé.
- Je n'ai pas eu une enfance très facile sachant que les chats-garous n'apprécient pas tellement les sorciers. Alors évoquer ma famille ne me fait penser qu'à des mauvais souvenirs. Pourquoi tu souris ?
- Pour rien, pour rien, une réflexion personnelle.
Elle haussa un sourcil en souriant.
- N'essaie pas de comparer mon histoire à celle de quelqu'un d'autre.
- Pourtant...
- Sirius Black n'a jamais subi le genre de traitement que j'ai subi dans mon village. Il a des avantages physiques et intellectuels, il est riche, alors non. Ça n'a strictement rien à voir. Je me sens vexée que tu me compares à un être aussi...
- Egocentrique ?
- Merci, c'est ça.
- Ce n'est pas comme si ta vie était centrée sur toi-même, de ton côté.
- Non.
- Tu ne méprises pas les autres par réflexe avant même se les connaître.
Elle resta silencieuse, amusée.
- Tu ne passes pas non plus ton temps à être une élève inattentive, irrespectueuse et affichant avec un sourire angélique un bulletin de notes exemplaire.
- Je suis respectueuse, protesta-t-elle.
- Tu obéis aux préfets et aux professeurs, tu ne dépasses jamais le couvre-feu, tu ne vas jamais voler aux cuisines, et tu n'es jamais entrée dans la Forêt Interdite.
- ...
- Je n'ai rien oublié ?
- Non, non, rien, c'est bon.
Il lui adressa son plus beau sourire condescendant.
- Au final, tu es la plus modeste, disciplinée et exemplaire élève de ce collège, acheva-t-il.
- Si tu enlèves quelques points de ta description, ça peut être vrai.
- Quelques points ? Comme... Tout ce que j'ai dit depuis le début ?
- Presque.
Sur ce, elle poussa l'échiquier vers lui et lança :
- Les blancs commencent !
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Le professeur Dumbledore regarda la jeune Grecque par dessus ses lunettes en demi-lune. Elle avait l'air parfaitement neutre, mais il n'était pas dupe.
- Vous allez prendre ce Portoloin jusqu'à l'aéroport de Heathrow. Il y a un vol en partance pour Athènes à huit heures. Là-bas, il semble qu'un membre de votre famille vous attendra pour le reste du chemin.
- Oui, monsieur.
- Votre retour est prévu dans huit jours, par le même biais. Votre directeur de maison, le professeur Flitwick, vous attendra dimanche à l'aéroport afin de vous ramener jusqu'à Poudlard.
Une fois de plus, Lutha acquiesça poliment en hochant la tête. Elle ne voyait pas vraiment quoi répondre au vieil homme qui lui faisait face. Elle avait toujours Flitwick comme intermédiaire en cas de problème.
- Bien. Le Portoloin se déclenchera bientôt. Tenez-vous prête.
Sans un mot, elle saisit le journal qu'il lui tendait et agrippa son sac de l'autre main. Elle n'avait qu'un minimum d'affaires. L'objet se mit à bleuir, et une secousse lui parvint au nombril, sensation inhabituelle qui lui fit dresser les poils sur la peau. Quelques secondes plus tard, elle était projetée au sol dans une salle d'attente vide du grand aéroport de Londres. Comme un vieux réflexe, elle retomba néanmoins sur ses quatre pattes, sans même se transformer. Elle se redressa et jeta un coup d'œil autour d'elle. A partir d'ici, elle connaissait bien le chemin. Sortant de la salle, que personne ne semblait voir, elle se dirigea sans hésiter vers les guichets d'embarquement, son billet et ses papiers moldus à la main. Elle laissa son sac pour les soutes, ne gardant sur elle qu'un livre et un walkman, l'un des modèles les plus récents. S'il ne fonctionnait malheureusement pas à Poudlard, en-dehors, elle pouvait écouter la musique qu'elle voulait à souhait. Et ce qu'elle voulait, c'était les Rolling Stones.
Elle passa les heures d'attente de son avion et les heures de vol à lire, écouter sa musique, ou simplement somnoler. Peu avant d'arriver, elle fila dans la cabine de toilette du véhicule et se changea rapidement. La tenue de moldue classique fut remplacée par un pantacourt beige, des bottes de cuir brun très souples afin de ne faire aucun bruit, et une tunique blanche assez légère serrée par un corset, brun lui aussi. Enfin, pour ne pas attirer l'attention sur ces vêtements un peu excentriques, elle enfila difficilement dans l'exiguïté de la cabine un grand manteau de coupe sobre qu'elle referma à la taille. La météo était bien plus douce et clémente en Grèce en cette saison qu'en n'importe quelle saison en Ecosse.
Une fois descendue et sa valise récupérée, elle se dirigea vers la sortie de l'aéroport d'Athènes. Debout près des portes automatiques, une grande blonde d'environ vingt-cinq ans l'attendait. Elle tourna la tête vers elle lorsqu'elle fut à moins de dix mètres. Lutha inspira fortement et franchit les derniers mètres qui la séparaient de l'une de ses sœurs. (((NdA - Allez voir à la fin si vous voulez une description détaillée de la famille pour mieux comprendre =)))
- Salut, Lutha, lança celle-ci d'une voix neutre.
- Lineth.
- Allons-y. Je n'ai pas envie de traîner ici. Et Teneös veut que tout le monde soit là à dix-neuf heures.
La petite Serdaigle soupira et suivit son aînée jusqu'à une voiture récente aux vitres teintes. Comme toujours, les derniers modèles de technologie dans tous les domaines, songea-t-elle en chargeant son sac dans le coffre. Puis elle ouvrit la portière passager. Un revolver de petit calibre, élégant, était posé sur le siège. Sans broncher, elle vérifia le chargeur et le passa à sa ceinture avant de s'installer. Lineth mit le contact et démarra en trombe.
- Alors ? Tu aimes toujours autant fréquenter ces cinglés ? Attaqua-t-elle en s'engageant sur la route.
- Tu sais très bien que je n'aime que Zeph, répondit Lutha d'une voix froide, cherchant à couper court.
- Mouais... Le petit demeuré du village... Tu n'as vraiment aucune ambition.
- Comme si je l'ignorais... Vous semblez tous vous faire un plaisir de me le rappeler à chaque fois, je te signale.
- C'est normal, petite sœur. C'est une constatation des faits, c'est tout. J'espère pour toi que tu t'es entraînée, là-bas. Teneös veut qu'Alexandre te mette à l'épreuve.
Lutha déglutit difficilement. Elle venait à peine d'arriver, et elle avait déjà un énorme nœud dans le ventre.
Elles roulèrent ensuite silencieusement pendant trois à quatre heures, en pleine campagne désertée par toute vie humaine. Puis les premières habitations du village commencèrent à apparaître. C'était des maisons, des villas, de simples huttes, des cabanes de bois... L'ensemble était si hétéroclite et incohérent qu'on l'aurait dit tout droit sorti d'un rêve. Le tout se tenait sur une étendue assez vaste, et il n'y avait que quelques installations communes. les habitants se partageaient entre apparence humaine, souvent armés, et apparence féline, se prélassant ou se baladant sur les toits.
Lineth freina brutalement devant l'une des grandes villas, et la silhouette de Keön, son inséparable, se profila aussitôt à une fenêtre du premier étage. Elle pivota pour interpeller sa sœur, mais n'en eut guère le temps. La silhouette d'une chatte noire aux bouts des pattes blancs bondissait déjà sur les pierres de la route. Soupirant, la jeune femme rentra, laissant son frère charger les bagages de la cadette. Tout ça allait encore mal finir.
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Zéphyr agita sa baguette vers la poêle pour lancer la cuisson de ses poissons. Le feu surgit beaucoup trop violemment et il tenta vainement de le réduire avec l'instrument avant de se résigner à le faire à la main. Il n'arrivait décidément pas à maîtriser son pouvoir. Si seulement il avait pu aller à l'école comme Lutha... En plus, il aurait été avec elle, et n'aurait pas eu à supporter les remarques et les brimades des chats-garous "normaux" du village. Ou alors seulement pendant les vacances, et ils se seraient épaulés avec sa "sœur".
Il entendit soudain gratter à la porte. Surpris, il l'entrouvrit et passa le nez dehors, méfiant. Une chatte noir aux bouts des pattes blancs attendait sagement sur le seuil, la tête inclinée sur le côté. Elle bondit immédiatement sur lui, et, d'un coup, il se retrouva avec Lutha dans les bras. La main dans ses cheveux aussi blancs que les siens, elle les secouait de toutes ses forces, et ils tombèrent à la renverse. Riant automatiquement avec elle, il lui rendit la pareille sans trop de difficulté, étant plus épais et plus grand qu'elle. u bout de cinq minutes de batailles en tous genres, ils se laissèrent tomber sur le divan laminé par les marques de griffures, essoufflés, bras dessus dessous.
- Qu'est-ce que tu fais là ?! S'exclama-t-il, ses yeux gris-vert brillants de joie.
- Je ne sais pas ! Apparemment... répondit-elle d'une voix hachée, Teneös a exigé que je vienne ici cette semaine, et me voilà !
- Et depuis quand tu es là ? Sourit-il.
- A ton avis ? Je viens juste d'arriver ! J'ai faussé compagnie à la famille officielle pour la soirée ! Alors, comment va mon petit Zeph préféré ?
- Bien, bien ! Je décroche toujour spas mal de boulots, donc les affaires, ça va. Pour le reste... ça n'évolue pas vraiment, mais bon... grimaça-t-il.
Elle hocha la tête, comprenant parfaitement ce qu'il voulait dire par là.
- Et toi ? Du neuf à Poudlard pendant ces quelques semaines ?
- Euh... Du neuf ? Répéta-t-elle, visualisant sans peine l'horripilant sourire narquois de Sirius Black. Oh... La routine, tu sais ? Ils ne sont pas bien plus originaux que ceux d'ici.
Ça, au moins, c'était vrai. Il y avait de rares gens bien, et autant d'imbéciles chez les sorciers que les chats-garous. Et autant de préjugés. Elle le vit toutefois hausser un sourcil, souriant. Il la connaissait comme personne. Mieux que Jonathan, même. Il pouvait interpréter chaque intonation, chaque pause dans ses phrases, chaque position, et déceler sans la moindre difficulté quand elle lui mentait. Carrément ou par omission. Il se contenta d'attendre en croisant les bras. La jeune fille soupira.
- Roh ! Bon, d'accord... Il y a eu quelques menus changements.
- Développe ?
- Jonathan est au courant.
Zephyr plissa les yeux pour la scruter, sceptique.
- Tu lui as dit ?
- Non, évidemment. Il a deviné tout seul... Je n'ai pas du me méfier assez de son intelligence.
- Mmh... Arrange-toi pour que ton père ne le découvre pas.
Elle prit un air dégoûté.
- Il n'y aucune raison pour que Teneös apprenne quoi que ce soit. Je ne suis pas suicidaire, et je tiens à sa vie. Un peu.
Un court silence s'ensuivit, durant lequel elle observa ses ongles avec une attention suspecte. Il le rompit avec un sourire :
- Et l'autre nouvelle ? Celle qui te rend si... peu sereine ?
Elle émit un grondement peu avenant et se leva, pointant sa baguette vers la cuisinière pour tenter d'améliorer, s'il y avait encore quelque chose à sauver, la qualité du repas. Puis elle se retourna, les bras croisés, vers lui.
- Tu te rappelles des quatre Gryffondors dont je t'ai parlé quelques fois ? Qui passent leur temps à mettre le bazar, se pavaner, dégrader le matériel, et pourrir la vie de ceux qui n'ont pas leur chance ?
- Ah, oui, ceux que tu adores. Pourquoi ? Il y a le... "petit stupide, le loup-garou plus mature, et les deux crétins meneurs. Dont un tombeur et un harceleur", c'est ça ? Cita-t-il, neutre.
Elle sourit, amusée. Avait-elle vraiment utilisé ces termes ? Plus que probable.
- Et bien le tombeur a décidé que me pourrir la vie serait son passe-temps favori, cette année.
Zephyr éclata de rire.
- Ça ne doit pas tellement te déranger, non ? Tu l'aurais déjà envoyé bouler depuis longtemps, sinon... je me trompe ?
Elle soupira.
- Le problème, c'est qu'il n'est pas si con que ça... Il camoufle bien ses points faible derrière sa muraille de popularité, qui,, soit-dit en passant, n'aide pas à l'atteindre en toute discrétion.
- Te faire remarquer a du fortement te déplaire, te connaissant, commenta-t-il, avant d'ajouter sérieusement : quelle est la vraie raison du fait que tu sois entrée dans son jeu ?
Elle prit un air offensé et serra les lèvres quelques secondes, avant de marmonner, boudeuse :
- Il réussit à me mettre en colère. Enfin... à me faire sortir de mon contrôle.
Zephyr rigola à nouveau.
- En clair... il te distrait. Mieux que Jonathan, parce qu'il te met au défi, mais pas amicalement. Il te surprend, t'énerve, et tu te mets à jouer comme si on te suspendait un morceau de viande devant les yeux sans te le donner. Un vrai petit chaton...
Elle hocha piteusement la tête. Oui, c'était tout à fait ça, et Jonathan avait souligné l'absurdité de revendiquer sa revanche, et il avait sans le remarquer mis le doigt dessus. Zephyr, lui, l'avait simplement constaté. Elle était comme un bébé chat qui a trouvé un jouet très agaçant, et très obsédant. Et elle voulait en tirer le maximum de distraction, quitte à se faire elle-même disjoncter... Il allait sans doute falloir faire quelque chose.
- Tu n'as pas une idée ?
- Tue-le, répondit-il sans hésiter, d'une voix neutre.
- Quoi ?!
- Tu m'as bien entendu, sourit-il de manière inquiétante. Tu sais, très bien ce qu'il en est. Le seul moyen de sortir de cette spirale infernale est qu'il s'arrête. Autrement dit, qu'il meurt, vu le personnage que tu m'as décrit. Donc tue-le.
Il resta silencieux le temps qu'elle digère, estomaquée par sa suggestion.
- Plus sérieusement, ajouta-t-il ensuite, essaie de te contraindre à arrêter ça avant que Teneös et tes frères ne le découvrent. Sinon, ce seront eux qui le tueront, le prenant pour ce qu'il n'est pas. Ils ont sûrement quelques moyens de surveiller ce que tu fais, et tu le sais. Si ça en arrive là... c'est un sang-pur, il me semble... c'ets la dernière chose qui doit arriver, n'est-ce pas ?
Ils échangèrent un long regard.
- Tu ne m'aides pas, finit-elle par constater avec un demi-sourire.
- Désolé, je ne peux rien pour toi, en l'occurrence. Il va falloir te débrouiller toute seule pour ça.
- Te débrouiller pour quoi donc, sœurette ? S'enquit Cleïos en ouvrant la porte sans prendre la peine de frapper.
- Tu devrais être chez nous, gronda Andras en le suivant, mécontent, Teneria enroulée autour de ses épaules sous forme féline.
- Eloigne-toi de mon sang, demeuré, lâcha Luthen sans même regarder Zephyr.
- Ne vous gênez surtout pas, marmonna celui-ci, sur ses gardes.
Lutha s'était elle aussi mise en position de défense à leur entrée, et elle fixait à présent d'un œil noir ses frères et sœurs de portée. Leurs cheveux, et pelages, étaient tous du même noir que ceux de Teneös. Ce fut Andras qui s'avança au milieu de la pièce, trop près pour qu'elle se sentît en sécurité. Il était le mâle dominant de leur génération.
- Tu nous as manqué, au dîner.
- Je n'avais pas faim, rétorqua-t-elle en redressant le menton en signe de défi.
Elle s'attendait à la gifle qu'il lui envoya, et un bond en arrière lui permit sans peine de l'éviter.
- Tu n'as pas prouvé que tu pouvais être sevrée, alors tu restes sous l'autorité de la famille, c'est clair ? Gronda-t-il en la fixant droit dans les yeux.
Elle feula pour toute réponse, et, se transformant en sautant, s'élança sur les épaules de Luthen, qui ne parut aucunement surpris. Malgré son caractère méprisant, il était celui de la portée avec lequel elle s'entendait le mieux. Se frottant le museau en signe d'excuse pour Zephyr, elle se laissa emporter vers sa demeure.
ooooo
ooo
ooooo
Voilà, je suis fière de moi ! :)
La suite arrivera très prochainement, promis ^^ (pour les chapitres d'après, je ne dis pas, par contre -")
Bon, l'ambiance n'est pas extra joyeuse en ce moment, mais je reprendrai de bon train avec le retour à Poudlard, promis ! Rangez ces battes de quidditch !
Pour la petite description de la famille de Lutha :) (1 pour un garçon, 2 pour une fille, comme la sécurité sociale xD)
Mère = Galina
Père = Teneös
1ère portée = Sylphas(1), Alexandre(1)
2ème portée (père Ethan) = Lineth(2), Keön(1)
3ème portée = Cleïos(1), Teneria(2), Andras(1), Luthen(1), Lutha(2)
Voili voilou, elle a pas une famille réduite, la pauvre petite =D
A la prochaine ^^
