09/10/2013 -
Alors, personne ne m'en veut trop d'avoir laissé libre cours à la violence dans le chapitre précédent ? Tant mieux, tant mieux parce que moi non plus :)
On va tenter de faire avancer un peu James et Lily pour les sortir de leur pétrin, aujourd'hui :D
Je vous laisse lire et cesse de vous embêter avec mes commentaires de début de chapitre ^^
- Entrez.
Lutha poussa la porte du bureau du directeur avec circonspection. Elle n'était jamais venue dans son bureau. Toutes les affaires la concernant passaient en général par l'intermédiaire de Flitwick. Elle avait cependant reçu une convocation directe de Dumbledore, cette fois-ci. L'homme était assis derrière une superbe table. Il adressa un regard perçant à la Serdaigle par-dessus ses lunettes en demi-lune et lui désigna le siège qui lui faisait face.
- Vous avez demandé à me voir, professeur ?
Elle se sentait curieusement mal à l'aise sous le regard du célèbre sorcier. Tout comme Teneös, elle avait l'impression qu'il devinait la moindre de ses pensées et pouvait la maîtriser sans difficultés.
- En effet, miss Layos. J'ai... eu vent d'un léger accrochage avec monsieur Black.
Elle ne laissa rien paraître, mais elle commençait à comprendre la raison de sa convocation.
- Vous savez que même si... les relations de monsieur Black ne sont pas au beau fixe avec sa famille, une identification de votre identité et l'agression sur un sang pur pourraient, en se combinant, causer de graves ennuis à la communautés des sorciers comme celle des chats-garous.
Elle hocha la tête. Elle le savait et elle n'avait pas réfléchi aux conséquences de son acte au moment où elle l'avait réalisé. Dumbledore le savait aussi. Il reprit :
- Bien que je sois certain que cet incident ne sera pas ébruité, j'aimerais avoir la certitude qu'un autre de cette sorte ne se reproduira pas. La paix a beau être présente depuis longtemps, elle est toujours aussi fragile ; un moindre évènement pourrait facilement redéclencher des hostilités, ce dont le monde magique peut parfaitement se passer en ce moment.
- Oui, monsieur. Ça ne se reproduira certainement pas.
- Très bien. C'est ce que je voulais entendre. Vous êtes une jeune femme intelligente, Lutha.
Elle leva le menton et un large sourire félin étira son visage.
- Comme tous ceux de mon espèce, monsieur. Puis-je disposer ?
- Pas tout à fait. J'aimerais vous demander une faveur.
Intriguée, elle attendit. Elle se demandait bien ce que lui, le grand Albus Dumbledore, pouvait bien vouloir demander à une sorte de bâtarde en chats-garous et sorciers.
- Je me chargerai de la protection de la famille de monsieur Float, mais je souhaiterais que vous acceptiez son invitation, si cela ne vous met pas vous-même trop en danger.
Interloquée, Lutha le dévisagea ostensiblement.
- Pourquoi ça ?
- Créer des amitiés entre les chats-garous et les sorciers n'est jamais une chose vaine, et j'espère qu'un jour, nous parviendrons à une entente.
- Aucune chance, lâcha-t-elle d'un ton fataliste en songeant que le directeur était bien optimiste. Mais j'accepterai avec plaisir, en tout cas, si vous m'assurez que vous les protégerez en cas de problème.
Il fit signe que oui et lui permit de sortir.
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- Euh... Potter ? Enfin, James ?
Le James en question se retourna, ayant déjà identifié cette voix. Lily Evans lui faisait face, se tordant un peu les mains, apparemment mal à l'aise.
- Est-ce que... est-ce que je pourrais me mettre avec toi en métamorphose ? Tu... tu te débrouilles bien, et je n'arrive pas trop avec les sortilèges d'apparition, alors...
Complètement pris au dépourvu, il ignora le regard d'avertissement que lui lançait Sirius et accepta comme il l'aurait fait avec n'importe qui. Sauf que Lily n'était pas n'importe qui. Il se demandait bien pourquoi elle lui demandait ça. Avait-elle décidé que depuis qu'il avait cessé de la harceler, il était supportable et elle pouvait lui parler, voire sympathiser avec lui ? Quoi qu'il en soit, ils s'assirent donc côte à côte sous le regard plus que sceptique du professeur McGonagall.
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- Là, tu vois, il faut que le mouvement du poignet soit plus souple. Contrairement aux sortilèges, la métamorphose ne nécessite pas majoritairement de la volonté, mais de la subtilité. Il faut vraiment que ton geste, même si ce n'est pas exactement le même que celui d'une autre personne, veuille dire la même chose. C'est le mouvement en même temps que la formule qui donne l'instruction à la baguette. Regarde comment je fais.
James effectua un geste fluide en marmonnant la formule. Aussitôt, un hamster apparut dans le baquet qu'il avait devant lui. Les yeux de Lily brillèrent d'envie, et elle se tourna vers le sien pour essayer. Bien qu'il lui eût signifié de ne pas le faire, elle ne pouvait s'empêcher de tenter de copier ses gestes. Il le remarqua et chercha le meilleur moyen de la corriger. Il avait toujours aimé partager ses connaissances, et l'enthousiasme de son "élève" lui faisait quasiment oublier qu'il avait décidé de l'ignorer.
- Evans, je veux dire, Lily. Je peux t'appeler Lily ? Bien. Imagine que tu prépares une potion. Tu es forte, toi, en potions, et Slughorn dit que tu es très inventive. Alors fais comme s'il s'agissait d'une potion. Tu dois ajouter ta propre touche au "mélange". Ce sortilège, ta façon de l'exécuter, ce doit être ton interprétation, exactement comme quand tu décides à quel rythme remuer ta potion ou dans quel matériau il faut prendre la louche. Tu saisis ? Il ne s'agit pas d'appliquer de façon machinale ce que te disent les explications. Tu dois les faire tiennes et penser à ce que tu veux réaliser et ce que ça nécessite lorsque tu le fais.
Lily le regardait, le regard malgré elle admiratif. Il était vraiment passionné quand il parlait de métamorphoses. Elle savait qu'il excellait dans cette matière, mais elle ignorait qu'il l'adorait à ce point. Sa façon de voir les choses donnait une dimension bien plus intéressante à cette matière qu'elle avait toujours jugée ardue et trop rigoureuse.
Et, contrairement à ce qu'elle aurait supposé, Potter ne passait pas son temps à se vanter lorsqu'il en parlait. Il tentait juste de partager avec l'excitation de quelqu'un qui sait que ce dont il parle est fabuleux. Son enthousiasme était contagieux. Elle lava à nouveau sa baguette et ferma les yeux, tentant de se laisser aller en appliquant les conseils qu'il lui avait donnés. Lorsqu'elle osa les rouvrir, il avait un large sourire et contemplait le cochon d'Inde qu'elle avait fait apparaître. Elle en sauta presque de joie.
- Oh merci merci ! J'ai cru que je n'arriverais jamais à en faire !
- Comme quoi, il suffisait d'un autre point de vue, conclut-il, un peu embarrassé et rouge.
Il ne savait pas comment réagir. A part lorsqu'elle ne s'adressait pas à lui, il ne l'avait jamais vue ainsi, et cela le troublait un peu trop. Il tenta de se donner une contenance en lâchant :
- Voilà, comme ça, tu n'auras plus besoin de moi.
A sa grande surprise, un air sombre et déçu traversa le visage de Lily, mais elle ne répondit rien. Il allait falloir qu'il questionne Remus à ce sujet, parce qu'elle avait vraiment un comportement bizarre à son égard, et il se posait des questions qu'il aurait préféré mettre de côté. Il ne voulait plus se faire aucun espoir avec la jolie rousse.
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James attendit que Sirius se fut éloigné vers le pied de son lit, où trônait un grand chaudron entourée d'une bulle magique qui l'isolait pour les odeurs, les vapeurs et le bruit du bouillonnement. Une fois le jeune homme entré dans la bulle, ils ne pouvaient pas l'entendre, et la réciproque était vraie.
- Il y a un sujet qui me trotte dans la tête et je pense que tu pourrais m'éclairer, Lunard, lança-t-il donc, une fois certain que son meilleur ami ne l'entendait pas.
- Je t'écoute, annonça le loup-garou avec sérieux.
- Tu as remarqué le comportement de Lily, aujourd'hui ?
- Ah. Oui, bien sûr que je l'ai remarqué.
- Je... je sais ce que Patmol me dirait, mais je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi elle semble soudain avoir si envie d'être proche de moi. Elle ne me doit peut-être pas d'excuses, parce que mon propre comportement était sans doute insupportable, mais j'aurais pensé qu'elle respecterait mon attitude, et, au contraire, plus je semble m'éloigner, plus elle semble vouloir me montrer... ou me faire croire que je ne dois pas renoncer à elle. Je ne sais pas comment je dois réagir. Sirius dirait que c'est une... enfin tu sais ce qu'il dirait qu'elle est. Mais j'ai du mal à croire que ce soit ça. Qu'est-ce que je dois comprendre d'après toi ?
Remus avait attendu qu'il finît pour intervenir, et il hésita encore un instant avant de donner sa réponse.
- Je ne sais pas trop quoi te dire, James. A mon avis, Lily est loin d'être... ce que Sirius dirait d'elle. D'un autre côté, tu as raison sur un point : elle ne te laisse pas en paix. Je crois pour ma part que tu as montré la facette de toi qu'elle apprécie vraiment, et, même si tu as fait des choses qu'elle n'a pas aimées, globalement, elle ne t'a jamais trouvé d'autres défauts que ceux que tu corriges avec l'âge et l'expérience. Tu deviens toi-même et tu cesses de vouloir en mettre en plein la vue. Si elle s'intéresse à toi, alors c'est ce James-là qu'elle a découvert. Je te conseillerais de ne pas l'éviter, mais de ne pas l'encourager. Laisse les choses se faire en gardant à l'esprit que tu ne peux rien attendre.
Son ami parut mal à l'aise.
- Il y a autre chose ?
- C'est juste que... je connais Evans, enfin Lily. Un revirement aussi brutal ne lui ressemble pas. Lorsqu'elle a une idée en tête, elle reste ancrée un moment avant d'être délogée.
- Et bien... il n'est pas impossible que quelqu'un l'ait poussée dans ce sens.
James parut curieux, mais Remus ne semblait pas disposé à en dire plus. L'attrapeur réalisa que son ami en savait plus que ce qu'il avait révélé dans ses conseils, mais qu'il ne tenait pas à tout lui dire. Il devait y avoir une bonne raison et il supposa qu'il finirait par avoir le fin mot de l'histoire.
Leur conversation achevée, ils se retournèrent vers la bulle de Sirius. Celui-ci, très concentré, avait le nez fourré dans un manuel de potions tout griffonné.
- Je me demande ce qu'il mijote encore, grommela le lycanthrope. Et si jamais c'est un coup comme le dernier, je n'attendrai pas que ce soit Lutha qui lui abîme le nez.
- Je ne sais pas, mais en tout cas, ça fait une semaine qu'il est là-dessus, et ça a l'air sérieux. Il m'a assuré qu'il n'y aurait rien qu'on pourrait lui reprocher de trop grave et qu'il serait sage.
- Sage dans le référentiel Patmol, c'est un peu comme extravagant dans le référentiel McGonagall, c'est bien ce qui m'inquiète. Enfin... tant qu'il ne fait pas exploser sa potion, on va dire que je me contenterai de la situation.
- Tu sais ce qu'on dit, sourit James. Potion du soir, espoir...
- Espoir d'une retenue, oui, lâcha Peter en rentrant dans le dortoir en traînant les pieds. Spare m'a fait nettoyer toutes ses reliques ramenées de ses voyages d'exploration, en restant à côté pour surveiller que je ne casse rien. Un vrai cauchemar.
Ils le regardèrent d'un air compatissant, malgré tout plutôt satisfaits de n'avoir pas été à se place. Il n'avait pas refermé la porte, et une petite tête noire pointa le bout de son museau, pour le plus grand ravissement de Lunard et Cornedrue.
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Lutha observa le dortoir des Gryffondors avec circonspection avant d'avancer prudemment dans la pièce. Potter et Lupin lui souriaient, espérant sans doute la faire venir près d'eux. Les humains adoraient câliner les chats. Elle les trouvait vraiment grands sous sa forme féline, mais après tout, elle avait l'habitude de cette vision des choses.
Elle fit un petit tour, se laissant au passage grattouiller les oreilles par Remus. La tête penchée sur le côté, elle alla ensuite s'asseoir en balançant sa queue pour observer ce que mijotait Black... ou ce que Black faisait mijoter dans son chaudron, en l'occurrence. Il sursauta lorsqu'il réalisa qu'elle était là, ne l'ayant pas remarquée pendant deux minutes. Avec curiosité, la chat-garou comme les trois autres maraudeurs le virent gesticuler d'un air furieux en la fixant. Il ne devait plus se rappeler qu'il était dans une bulle isolante. Lorsqu'il s'en rendit compte, il en sortit, prenant soin d'éviter ce qu'il prenait pour un animal.
- Qu'est-ce qu'elle nous veut, encore, celle-là ?! On la nourrit pas assez dans son dortoir à elle ? Ou elle vient juste pour m'ennuyer ? AH ! Regardez ça !
Ils sursautèrent tous devant ce soudain hurlement.
- "Regardez" quoi, peut-on savoir ? Soupira Remus.
- Elle a souri quand j'ai dit qu'elle venait m'ennuyer ! Je vous l'avais dit, les chats sont des créatures vicieuses et malsaines qui ne devraient pas exister ! Je suis sûre qu'ils prévoient de dominer les monde ! Elle sourit encore, tenez !
- Un chat, ça ne sourit pas, Sirius, rétorqua le loup-garou en se détournant, mi-blasé, mi-amusé par les inepties que racontaient son amie.
Lutha était intriguée. Il y avait des humains qui n'aimaient pas les chats et les évitaient plutôt, et il y en avait qui en avaient peur, comme par exemple Pettigrow, apparemment, mais jamais elle n'avait vu un tel comportement. Il était moins rare que ce soit les chiens qui réagissent ainsi... Peut-être était-ce parce que Black avait une cervelle de chien... Ou un caractère de chien... Ou peut-être parce que c'était un chien en chaleur qui sautait sur tout ce qui bougeait... Mais ça, c'était hors propos, et elle le chassa de ses pensées pour se concentrer à nouveau sur l'observation du chaudron. Elle se demandait ce que cela pouvait bien être. Il était interdit de préparer des potions en dehors d'une salle de classe, toutefois, elle se doutait que c'était loin d'être la première fois qu'un des maraudeurs enfreignait ce genre de règlement.
Comme elle se méfiait par défaut de tout ce que faisait Black, elle ne pouvait s'empêcher de songer que la mixture qu'il préparait lui était peut-être destinée. L'idée d'entrer dans la bulle pour voir de plus près la démangeait donc, mais elle se posait des questions sur la réaction du préparateur de la potion. Elle n'avait pas envie qu'il l'agresse ou essaye de la chasser de quelque façon que ce fût. A ce propos, il lui indiqua la porte en peignant un air qu'il croyait sûrement très convaincant sur son visage.
- Ouste ! Va-t'en !
Elle ne broncha pas, amusée intérieurement de le voir ainsi se ridiculiser. Il afficha une mine frustrée absolument hilarante, et elle se lécha tranquillement la patte droite en attendant la suite. Conscient de la mise en doute de son autorité par l'animal et ses amis, Sirius hésita sur la conduite à tenir. Réalisant qu'il ne remporterait sûrement pas la bataille, il grommela :
- Bah ! Tu peux rester là, mais si tu déranges quelque chose, je te change en marmotte, espèce de boule de poils.
Lutha le fixa d'un œil mauvais, paupières plissées. Il n'avait pas intérêt à essayer, ou il le regretterait amèrement. Il prit le parti de l'ignorer et alla s'asseoir sur le lit de James.
- Alors, de quoi vous parliez si sérieusement ?
Son ami parut gêné, et une grimace mécontente le récompensa.
- Cornedrue ! On en a déjà parlé ! Tu dois tourner la page ! Ne la laisse pas jouer avec tes sentiments ! Cette fille est une pimbêche et tu vaux mille fois mieux que ça !
Sauf qu'il ne dit pas pimbêche, mais un autre mot bien moins poli. James feignit donc de capituler, mais personne n'en fut vraiment dupe. Il lui faudrait du temps et de la distance avant de pouvoir oublier Evans, et Lutha espérait bien qu'il n'en aurait pas l'occasion. Et au diable Jonathan, oui, elle voulait que cette histoire se finisse bien ! Elle ne l'assumerait pour rien au monde à haute voix devant lui, mais c'était pourtant le cas.
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- Euh... Qu'est-ce que tu entends par c'est oui ? Lança John, décontenancé et légèrement inquiet.
- C'est oui, je viens chez toi pour Noël, explicita Lutha en brandissant sa fourchette, au bout de laquelle pendouillait un bout de bacon. Dumby a décidé d'assurer la protection de te famille e, cas de souci, même s'il n'y a pas de raison qu'il y en ait.
- Tu es allée demander ça à Dumby ? S'étonna-t-il en surveillant la fourchette en question.
- Non, il a décidé tout seul. Je me demande s'il place des mouchards dans le château pour être comme ça au courant de tout ce qui s'y passe.
- Peut-être que c'est les tableaux qui lui racontent les potins de l'école, fit remarquer le grand blond d'un air songeur.
- Sauf que la plupart des conversations "intéressantes" ont lieu dans la grande salle ou les dortoir, si tu y réfléchis bien.
- Mmh... Pas faux. Il faudra que je me pencha sur la question.
- Ou peut-être... qu'il est animagus et se balade transformé. Personne ne soupçonne un animal, c'est très utile !
- On sent l'expérience, ironisa-t-il tout en se resservant copieusement. Tu as appris des choses intéressantes, à ce propos ?
La jeune fille secoua négativement la tête. Non, elle n'avait rien appris. Enfin, pas chez les maraudeurs, en tout cas. C'était différent en ce qui concernait le groupe de filles qui voulaient lui faire une crasse. Ce genre de fille s'extasiait devant un chat ; il n'avait pas été difficile de s'introduire dans le dortoir de chacune et de chercher quelques informations sur ce qu'elles préparaient. Pour découvrir que le but de ces filles étaient de la ridiculiser publiquement. Elle y songerait, mais elle pensait s'en sortir sans trop de peine.
- Qu'est-ce que tu fais après les cours, ce soir ?
- Révisions avec Lupin. La plupart des profs font tomber quelques devoirs pas très sympa en ce moments, et, étant donné qu'il ne compte pas tellement sur ses amis pour travailler - on se demande pourquoi - que notre collaboration a été productive, il m'a demandé si je voulais bien l'aider à réviser les différents cours.
Une expression outragée remplaça l'air neutre qu'arborait Jonathan précédemment.
- Tu délaisses ma compagnie pour aller travailler ?! Travailler avec un maraudeur, qui plus est ?! Je suis... proprement scandalisé ! Tu devrais avoir honte ! Me faire ça à moi ! Faire ça à l'entièreté de la communauté des flemmards du monde ! Tu étais un membre fidèle ! Tu nous trahis sans vergogne et sans scrupule ! Je suis vraiment... déçu par ton comportement.
- J'espère que tu as conscience du fait que tu es ridicule, John, intervint Lucy en se laissant tomber à côté d'eux.
Ils l'accueillirent avec un même sourire, conscients d'avoir été peu aimables avec elle ces derniers jours.
- Je ne suis pas ridicule ! S'offusqua le jeune homme. Lutha trahit ses principes les plus intimes pour frayer avec l'élite, enfin... ceux que notre sutpide société considère comme l'élite alors qque c'ets nous l'élite. C'est absolument... absolument... indigne ! C'est ça ! Tu es indigne de ma fréquentation ! Ton esprit est mort à mes yeux ! Je te répudie, va !
Les deux adolescentes échangèrent un regard amusé.
- En fait, argua Lutha en pointant son index droit sur son visage, tu es juste jaloux que j'ai un autre ami que toi, hein ?
- Moi ?! Jaloux ? Peuh !
Mais sa voix avait déraillé en s'exclamant ceci. Un rire moqueur commença à leur échapper, et il eut soudain ce que Lutha appelait son air de "hibou vexé". Il le garda, tâchant de rester le plus digne possible en attendant que leur rire se tarît.
- Vous avez fini ? Grogna-t-il à la première accalmie.
- Il faut croire que non, rétorqua Lutha alors qu'elles repartaient dans un fou rire, déclenché par son intervention.
Une fois qu'elles se furent calmées, ils partirent en cours ensemble, les filles ponctuant tout de même le trajet de petits gloussements.
- Avec quel maraudeur vas-tu travailler au fait ? S'informa Lucy.
- Le seul qui ait un cerveau, Lupin, bien sûr.
- Les autres en ont aussi, j'en suis sûr, commenta Jonathan d'une voix extrêmement sérieuse.
Abasourdies, elles se figèrent dans le couloir et se tournèrent vers lui dans une synchronisation parfaite. Satisfait de son effet, il sourit largement. Il attendit encore une seconde avant de lâcher :
- Il y a cependant une différence entre avoir un cerveau et savoir l'utiliser de façon... appropriée.
Une expression de pur soulagement traversa le visage de Lutha.
- Ouf ! Franchement, tu m'as fait une peur bleue ! Ne me refais plus jamais un coup pareil, sérieusement ! Tu veux que je trépasse à dix-sept ans d'une crise cardiaque, c'est ça ?
- En fait, oui. Pour me venger de l'abandon que tu m'imposes en allant fricoter avec un Gryffondor ! Populaire ! Enfin plutôt dont les amis sont populaires ! Et préfet en plus !
La jeune fille leva les yeux au cile tandis que Lucy repartait dans un fou rire monstrueux.
- Tu n'as qu'à venir, si tu es si mécontent. Je suis sûre qu'il ne te mordra pas.
- Très spirituel, commenta-t-il avant d'ajouter, feignant de répondre sous la contrainte : enfin... s'il le faut, je viendrai, puisque ma compagnie t'est indispensable.
Elle roula des yeux mais ne répondit rien, se contentant de franchir la porte de la salle de potions. Jonathan les abandonna là, probablement pour retourner se tourner les pouces, ou faire de la masturbation intellectuelle dans la salle commune.
Ils n'étaient plus très nombreux, maintenant qu'ils étaient en septième année, mais ils l'étaient suffisemment pour que deux groupes aient été fromés. Et, dieu merci, même si elle ne croyait pas en dieu, ils étaient avec les Serpentards. Comme ils étaient les deniers à arriver en classe - ça devenait une mauvaise habitude - ils s'installèrent rapidement et sortirent leurs manuels avancé de potions. Lucy et Lutha ne s'associant jamais pour travailler, ceci étant dû à une sorte d'insompatibilité de caractère, la chat-garou s'assit comme toujours à côté de Severus Rogue. Les seules phrases qu'ils échangeaient concernaient toujours la potion, et leur travail était toujours excellent, Rogue étant un élève exceptionnel en potions. Cette entente était donc parfaite pour les deux cas sociaux, quoiqu'ils ne le fussent pas pour les mêmes raisons. Toutefois, le Serpentard ne semblait pas vouloir se contenter de ça, ce jour-là.
- Layos, ne mets pas trop de poudre de scarabée. Au fait, tu t'en sors avec le demeuré ?
Elle le fixa un instant comme si le chaudron lui-même s'était mis à parler.
- Euh... Je suppose que tu parles de ce crétin de Black ?
- Qui d'autre mérite plus que lui ce terme, à part peut-être son acolyte...
- Point pour toi, Rogue. Et bien, oui, je m'en sors. On dirait qu'il a à peu près capté qu'il n'était pas le centre du monde.
Un semblant de sourire, qui ressemblait plus à une grimace - mais il n'avait pas été gâté par la nature, le pauvre - étira les lèvres de Rogue.
- C'est déjà un beau progrès.
- Merci. Je n'en suis pas peu fière.
Elle lui répondait avec aisance pour médire des maraudeurs, mais se sentait toutefois mal à l'aise. Il haïssait vraiment Black et Potter et cela se sentait quand il en parlait. Elle, c'était vrai que Black l'horripilait et qu'elle le trouvait vraiment stupide, tout comme son ami, d'ailleurs, mais elle ne les détestait pas vraiment. cependant, elle devait reconnaître que le Serpentard avait de réels motifs pour les exécrer à ce point. Ils lui avaient mené la vie dure pendant des années. Potter lui avait en quelque sorte volé sa seule véritable amie, qui était aussi son amour, et Black le détestait juste pour ce qu'il était. Il en avait bavé, mais la réciproque était également vraie, même si elle devait admettre que le combat Black et Potter contre Rogue était plutôt inégal.
Tout en continuant de hacher les racines qu'elle devait hacher, elle se laissa aller à penser à d'autres choses, particulièrement ce que Zephyr allait faire à Noël, sans elle, et comment le rendre heureux sans être présente.
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- Jonathan compte rester avec nous pendant qu'on révise, ça ne te dérange pas, Lup... Remus ?
Le loup-garou jeta un léger regard au Serdaigle, qui attendait, les mains enfoncées dans ses poches.
- Non, non, pas du tout. Du moment que je peux travailler.
Il pivota pour faire face à ses amis.
- Soyez sages en mon absence.
Pettigrow, Black et Potter sourirent innocemment. Le deuxième fixait Lutha d'un air un peu trop inquisiteur, et elle l'interpella :
- Tu as entendu ton pote, Black ? Sois sage. Donc ne fais rien de ce qui traverse ton cerveau détraqué.
Il n'eut pas le temps de répondre, que déjà elle tournait les talons, entraînant les deux autres dans son sillage. Elle remarqua quelques regards hostiles éparpillés dans la grande salle et songea qu'il faudrait vraiment qu'elle mette un terme à la jalousie stupide que lui vouaient les admiratrices du Gryffondor. Peut-être y en avait-il aussi parmi celles de Lupin, bien qu'il fût largement moins populaire que son ami. Elle y réfléchirait le moment venu.
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- Alors qu'est-ce que tu veux réviser, Remus ?
- Les chats-garous, premièrement. Spare a l'air de vouloir nous avoir au tournant en faisant son interro sur tout le début de l'année.
Jonathan releva la tête pour dévisager le lycanthrope et son amie. Lutha ne fit montre d'aucune réaction particulière et ouvrit son classeur de DCFM, qu'il savait pourtant vierge de toute note sur les chats-garous. Faisant mine de lire, elle l'interrogea :
- Découverte des chats-garous par les sorciers ? Où ? Quand ? Comment ?
- Euh... En Grèce, dans l'Antiquité, et... c'était lors d'une joute oratoire pour diriger une cité.
- Différences entre un chat-garou et un animagus chat ? C'est une question piège récurrente.
Remus hésita un instant et ouvrit la bouche, s'apprêtant à répondre, avant de réaliser qu'il n'avait pas de réponse valable. Il savait que c'était différent, mais il ne pouvait pas dire pourquoi. Si on enlevait le côté historique, pour lui, c'était la même chose. A la réflexion, Spare n'avait pas particulièrement souligné ce point, préférant insister sur les manières de combattre un chat-garou et les conflits à éviter d'évoquer en cas de rencontre avec l'un d'entre eux.
- Dis toujours ?
- La première et essentielle : les chats-garous sont une espèce. Il est naturel pour eux d'avoir deux formes, une humaine et une féline. Ils ont des caractéristiques bien particulières qui correspondent à leur espèce. En revanche, les animagi sont des sorciers qui ont acquis le pouvoir magique d'adopter une forme animale. Elle ne fait pas vraiment partie de leur nature, c'est un ajout grâce à des pouvoirs, là où chez les chats-garous, c'est naturel.
- Oui, mais ils ont tous deux la capacité de se transformer n'importe quand, non ?
- Un animagus, lorsqu'il se transformera, aura ses perceptions changées, car sa forme de base est humaine. Un chat-garou, sous forme humaine et féline, est exactement la même personne. Seule sa taille et ses capacités physiques seront modifiées.
Il adopta un air perplexe :
- Comment sait-on ça ?
Elle haussa les épaules avec indifférence.
- Le dialogue n'est pas toujours fermé entre les sorciers et les chats-garous. Pour que les ententes soient possibles, il a bien fallu des personnes tolérantes dans les deux camps.
Remus sourit et Jonathan lança un regard perçant à son amie.
- On dirait que contrairement à beaucoup de sorciers, particulièrement les sangs purs, tu penses que les erreurs qui ont entraîné les conflits sont réparties des deux côtés.
- Il faut être deux pour faire la guerre.
- James et Sirius ne sont pas de cet avis, amis ce sera sûrement intéressant de leur soumettre l'idée.
- Ce sont des sangs purs. Les préjugés ont souvent la vie dure, le prévint-elle en songeant qu'elle ne prendrait même pas la peine d'aborder un tel sujet avec ces deux crétins si elle était Remus.
- Oui, et pour avoir lancé le sujet au milieu d'une meute de serpentards, je peux te dire qu'ils fairaient passer un sale quart d'heure à un chat-garou s'ils en croisaient un, intervint Jonathan.
Ils lui lancèrent tous deux un regard surpris, et celui de Lutha contenait aussi une note d'alerte, mais il sourit.
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- Mary ?
- Oui, Lily ?
- Je crois que tu as raison à propos de James. Mais on dirait qu'il recule quand j'avance.
- Il finira bien par rencontrer un mur, ne t'inquiète pas.
- Mmh...
- Lily ?
- Oui ?
- Dors !
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Finito ! Et plus vite que d'habitude, je vous prie ! xD
Et s'il vous plaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit, je veux des revieeeeeeeeeeeeeeeeews ! *_* (c'est fichtrement motivant, vous savez, et en plus je réponds à tout le monde, ce que je vais d'ailleurs faire pour ceux qui n'ont pas de compte sur fanfiction ^^
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PoissonRougeN1 - ma chère petite 93 préférée, je te répondrai que... l'action, ça vien ça vient, mais je peux pas tout faire (puis tu as été servie pour le 13, même si t'as pas laissé de review, traîtresse :p). Et je suis bien contente que tu me lises xD . j'attends de tes nouvelles d'ailleurs :p
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Mathde et Dedellia, je crois vous avoir déjà répondu vu que vous êtes inscrit(e)s tout(e)s les deux, mais je redis merci quand même au cas où :)
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Shiriliz et Growser, de même que le message précédent (offusquez vous si je n'en ai rien fait xD)
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casimirette53 - Mais de rien, excellente initiative que cette review, ça me fait très plaisir, n'hésite pas à recommencer et dire ce que tu en penses :D. Et la réponse à ta question est dans ce chapitre, comme tu as pu le remercier (grâce à ta question ^^)
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lizs - En voilà un commentaire enthousiaste ! J'aime ! :) Contente que tu décides de te joindre à la partie, en espérant te "revoir" venir lire et commenter, ça m'encourage effectivement :D
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Voilà voilà, et maintenant je poste avant de partir en courant car je suis en retaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaard !
A très bientôt j'espère !
