28/01/14 - 16/04/14

Un peu de Lutha, John, Remus, Sirius et James, et des vacances mouvementées, j'espère que le programme vous plaît, parce que c'est ce qui vous attend :)

Bon sinon, je suis au regret de vous annoncer que ça me prend du temps d'écrire, et je suis pas sûre de pouvoir continuer, voyez-vous, entre les cours, le copain, les ami(e)s...
Non mais je plaisante, vous avez vraiment cru que j'allais arrêter d'écrire alors que j'ai promis que je l'écrirai jusqu'à la fin, coûte que coûte, dussé-je y laisser la vie ?! lecteurs(trices) de peu de foi ! Je mettrai le temps qu'il faut mais je le ferai, mwahahahaha !

DONC DESOLEE DESOLEE DESOLEE d'avoir mis si loooooooongtemps, mais j'avais le syndrome de la page blanche T_T. Dès que je voulais me mettre à écrire, un vide intersidéral s'installait entre mes deux oreilles et... néant ! Et je voulais vous écrire un truc de qualité, pas du n'importe quoi pourvu que ça fasse des lignes, alors j'espère que c'est à la hauteur de votre loooongue attente ^^'

J'arrête mes bêtises ^^

Bonne lecture ;) (le chapitre est plus long que les précédents pour me faire pardonner mon impardonnable retard ^^)

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L'éclat de rire de James résonna haut et fort.

- La bonne nouvelle avec ta femme parfaite, c'est qu'on sait qu'elle n'est pas en couple. La mauvaise nouvelle... c'est qu'il s'agit de Lutha Layos !

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- La ferme !

Assénant un coup sur l'épaule de son meilleur ami, Sirius partit d'un pas vif vers les Serdaigles. Ceux-ci pivotèrent pour dévisager les deux personnes qui marchaient droit sur eux. Un large sourire s'étala alors sur le visage de Jonathan Float, tandis que Layos ouvrait de grands yeux horrifiés. Sirius pila à deux mètres d'elle, rattrapé en courant par James, qui tentait de retenir son rire.

- Mais qu'est-ce que vous foutez là ?! S'exclama-t-il

Il vit la petite Grecque ouvrir la bouche avec un air particulièrement mauvais mais son ami lui coupa l'herbe sous le pied :

- Il se trouve que j'habite dans cette ville depuis ma naissance, Black. Et toi ? Il me semblait que les Potter vivaient à Londres.

Cette fois, ce fut Cornedrue qui répondit à sa place.

- Nous passons nos vacances de Noël dans une maison de location ici.

Sirius nota le regard méfiant des passants, craignant sans doute qu'une bagarre n'éclatât dans le petit square. Visiblement, Layos avait fait la même constatation, car elle laissa tomber son air farouche pour un visage parfaitement neutre, un brin de mépris dans les yeux. Le Gryffondor songea qu'il préférait nettement son visage quelques secondes auparavant. Float dut interpréter ce changement d'attitude comme un signal puisqu'il lança avec un fin sourire :

- Je suppose qu'il n'est absolument pas nécessaire de faire comme si nous nous appréciions et que nous pouvons vivre nos vies chacun de notre côté en attendant de se retrouver à Poudlard.

L'attrapeur prit un air satisfait et s'apprêta à donner son assentiment, malgré la déception évidente que manifestait Patmol, lorsque la voix de sa mère retentit derrière eux.

- James ! Sirius ! Ah, je vous ai enfin dénichés !

Comme dans un mauvais film, les quatre adolescents se retournèrent pour voir Jane Potter les rejoindre.

- On peut dire que vous m'avez fait courir, tous les deux. Tu as oublié ça à la maison, mon chéri.

Elle lui tendit une fine baguette en acajou et son fils rougit jusqu'aux oreilles devant la bêtise de son oubli. Prenant conscience de la présence des deux autres jeunes, elle s'exclama :

- Vous vous connaissez de Poudlard, je suppose ? Et bien James ?! Et tes bonnes manières ?

- Pardon, m'man. Je te présente Lutha Layos et Jonathan Float, tous deux à Serdaigle. Voici ma mère.

- Lutha Layos ? Releva cette dernière en jetant un coup d'œil amusé à Sirius.

Le jeune homme se sentit rosir malgré lui. Telle qu'il la connaissait, Jane devait déjà avoir son imagination qui tournait à cent à l'heure. Telle mère, tel fils, après tout. Il fallait bien que son meilleur ami tirât son esprit détraqué de quelque part.

- Et bien je suppose que si vous ne les avez pas invités pour le nouvel an, c'est parce que vous ne saviez pas qu'ils étaient là, n'est-ce pas ? Quelle heureuse coïncidence, non ? Vous serez les bienvenus, comme tous les camarades de mon Jimmy. Si vous n'avez pas d'autres engagements, nous vous accueillerions avec plaisir, proposa Mrs Potter avec un sourire, sans même remarquer les diverses expressions qu'affichaient ses deux garçons.

Sirius hésitait sur ce qu'il avait le plus envie de voir se réaliser, entre éviter de voir cette sale peste de Layos et avoir le plaisir de lui gâcher cette soirée. Il nota que James semblait parfaitement stoïque une fois digéré le fait que sa mère invite pour lui ses "amis". Layos et Float échangèrent un regard impassible et la jeune fille prit la parole avec un sourire froid. Le Gryffondor sut aussitôt qu'elle allait refuser.

- A vrai dire...

- Ce serait avec grand plaisir, madame, la coupa son meilleur ami avec une voix des plus aimable. Le nouvel an chez moi n'est jamais une fête grandiose.

- Parfait, parfait ! Nous serons nombreux à souhait ! Sourit Jane avec amusement. Je laisse le soin à ces deux garnements de vous fournir les détails nécessaires. Vous deux... n'oubliez pas d'être à l'heure pour dîner, et James, je ne veux plus voir ta baguette ailleurs que sur toi.

Ils acquiescèrent tous et la regardèrent repartir en affichant d'horribles sourires faux. Puis ils se retournèrent vers les deux Serdaigles et ne furent guère surpris de voir la jeune fille fusiller son ami du regard tandis que celui-ci levait les mains devant lui comme pour dire "je peux tout expliquer". Sirius adressa un sourire moqueur à la petite Grecque.

- Et bien, on dirait que je vais avoir la joie d'illuminer tes vacances, ma chère Layos.

- Si on prend en compte le fait que tu es loin d'être une lumière...

James et Jonathan sourirent à ces mots.

- ... je dirais plutôt que tu vas les... colorer, Black. Le rouge me paraît d'ailleurs être la couleur que tu vas leur donner.

- Comme c'est original pour un Gryffondor.

- Par chance... c'est aussi la couleur de ton sang, sourit-elle en lui dévoilant ses canines acérées.

Il vit Float réprimer un nouveau sourire amusé et ne put retenir le sien.

- Charmante, charmante, comme toujours. Je n'en attendais pas moins de toi.

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- Potter, je peux te parler deux minutes ?

Lutha croisa le regard de Jonathan et lui promit dans ce bref échange qu'il allait passer un très sale quart d'heure après cela. Bien que surpris, l'attrapeur acquiesça et ils s'éloignèrent de quelques pas, la laissant en tête avec l'autre abruti. L'abruti en question arborait d'ailleurs toujours un large sourire et elle poussa un soupir en plantant ses yeux dans les siens.

- Qu'est-ce qu'il y a, Black ? Tu as eu un hochet pour Noël ?

- Je serais mille fois plus heureux si c'était le cas, tu ne crois pas ?

Elle plissa les yeux.

- L'auto-dérision ne colle pas du tout avec toi. Ou alors... c'est juste que tu testes une technique de drague ? Si c'est le cas, trouve-toi une autre victime.

Il éclata de rire.

- Si je voulais tester une technique de drague, je ne le ferais pas sur toi, crois-moi.

- Oh, mais j'en suis sûre. Ton orgueil ne supporterait pas que quelqu'un te remette à ta place.

Il serra les mâchoires en fixant l'insupportable sourire satisfait qu'elle arborait et tous deux pivotèrent pour observer leurs meilleurs amis respectifs dans l'espoir que ceux-ci en auraient bientôt fini. Constatant que ceux-ci étaient engagés dans une discussion animée, ils se firent face à nouveau, et Lutha observa dans un mutisme décourageant le Gryffondor chercher un sujet de conversation.

- J'ignorais que tu savais conduire une moto, finit-il par déclarer d'un ton un peu abrupt.

- Ça n'a rien de surprenant. Je n'ai pas pour habitude de te raconter ma vie, au cas où ça t'aurait échappé.

- Bien que tu sembles avoir une piètre opinion de mes capacités d'observation, je peux dire que je m'en étais aperçu. Elle est à toi ?

- Pour l'amour du ciel, Black... ne me fais pas la conversation comme si tu ne me détestais pas. Tu me trouves arrogante, snob et très irritante, alors ne joue pas la comédie.

- Si mon but dans la vie est de te clouer le bec, il faut bien que je te fasse parler avant. La logique la plus élémentaire l'exige.

Elle haussa un sourcil et le coin de sa bouche tressaillit.

- Alors, cette moto ?

Elle faillit lui répondre de s'acheter une vie avant de se rappeler qu'elle allait passer une soirée entière en sa compagnie. Autant faire en sorte de maintenir l'ambiance actuelle et de ne pas envenimer une relation déjà sur une pente glissante.

- Elle est au père de John. Puisque je sais en faire, il a accepté de me la prêter.

- En tout cas, elle est... fabuleuse.

Elle haussa un sourcil perplexe.

- Excuse-moi, Black, mais j'ai sérieusement du mal à croire que tu t'y connaisses. Je veux dire... Un sang pur de chez pur comme toi.

Il sembla se renfrogner mais répondit tout de même d'un ton un peu sec :

- L'étude des moldus est une matière très intéressante.

- Je n'en doute pas un seul instant.

- Tu es née-moldue ? Lança-t-il brusquement, le regard scrutateur.

Elle observa ses yeux noirs d'un air songeur. Il paraissait réellement curieux.

- Pourquoi cette question, Black ?

- Simple curiosité. Tu as l'air parfaitement à ton aise parmi eux, comme si tu avais l'habitude de vivre dans leur monde depuis toujours.

La jeune fille resta silencieuse, ne sachant pas trop quoi répondre à cela. Le retour de Jonathan et Potter lui épargna cette peine. Ce dernier lui adressa un sourire amusé.

- On se verra donc au réveillon, Layos.

- J'en frémis déjà d'impatience, rétorqua-t-elle d'une voix sarcastique.

Black éclata de rire et lui et son acolyte s'éloignèrent sans un mot de plus. Dès qu'elle fut certaine qu'ils avaient bel et bien décampé, Lutha pivota vers son meilleur ami avec un regard de mauvais augure.

- Mais qu'est-ce qui t'a pris ?! Comment ce... cette idée a-t-elle pu traversé ta cervelle étrange ?!

- Crois-moi, déclara-t-il calmement, tu préféreras supporter Black et Potter toute une nuit à ne passer que cinq minutes au nouvel an chez moi.

Elle poussa un grognement peu convaincu qui le fit sourire.

- Je suis sûre que ça ne te déplaît pas tant que ça, comédienne ! Tu as encore le regard brillant de satisfaction d'avoir pu te défouler sur ta pelote de laine.

Elle lui tira la langue et lui enfonça brusquement son casque sur les oreilles. Tout plutôt que de reconnaître qu'il avait raison.

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ooo

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- Et vous n'auriez pas pu refuser ? Demanda sèchement Mrs Float à son fils.

Celui-ci arbora une expression mortifiée qui aurait eu du mal à convaincre un éléphant aveugle, selon sa meilleure amie, et répondit d'une voix que l'excès de tragique rendait irrésistiblement désopilante :

- Non, maman, je suis désolé. Tu sais bien que j'aurais mille fois préféré voir mes grands-parents et toute notre chère famille plutôt que d'aller chez des camarades de mon âge. On s'amuse bien plus en cherchant le dentier de mamie.

Si les sourcils de sa mère avaient pu monter plus haut, ils se seraient sans doute envolés vers le plafond. Mr Float étouffa difficilement un rire dans une toux étrange, à la fois déprimé de ne pas avoir son fils pour se distraire le jour du réveillon, et fier d'avoir engendré un énergumène pareil. Lutha, en revanche, affichait un aplomb tel qu'elle donnait l'impression de croire à cent pour cent ce que son ami racontait. Mrs Float se trouva bien obligée d'accepter les faits puisqu'elle n'avait pas le choix, et les deux Serdaigles notèrent le regard envieux que son mari leur lançait. Lui non plus ne semblait pas trouver très excitante la perspective de chercher le dentier de sa belle-mère, apparemment.

Les deux adolescents allèrent ensuite s'installer dans la chambre de John pour discuter et celui-ci lança avec force :

- On devrait peut-être faire le travail qu'on a pour la rentrée, non ?

La petite Grecque le fixa comme s'il venait de lui annoncer qu'il venait de Jupiter.

- Tu es malade ? Il nous reste encore quatre jours !

Elle sourit de le voir sourire.

- Je crois que je commence à comprendre pourquoi tu veilles toujours tard le soir de rentrée des vacances, mademoiselle Je-suis-une-bonne-élève-mais-je-fais-tout-au-dernier-moment.

- Tu comprends vite, on pourrait presque te croire intelligent, lâcha-t-elle, sarcastique.

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Une demi-heure plus tard, ils étaient tous deux penchés sur leurs parchemins, la jeune fille pestant à haute voix. Il n'y avait bien que Jonathan pour la convaincre de choses pareilles. C'était d'ailleurs sans doute pour ça qu'elle l'aimait bien. Tout en ajoutant une phrase de conclusion à son commentaire sur les sortilèges de disparition, elle l'observa avec un demi-sourire. Très grand et très maigre, il avait ce petit charme bizarre que dégagent les intellectuels maigrichons, et elle comprenait que Natacha se soit laissé séduire par ce physique associé à l'intelligence irrésistiblement agaçante du jeune homme. D'aussi loin qu'elle s'en souvînt, il n'avait jamais mentionné la moindre attirance envers une fille, jamais fait la moindre réflexion à propos des charmes féminins et jamais manifesté un quelconque attrait pour le genre opposé. Soit il souffrait d'un étonnant manque d'hormone, soit il préférait garder ça pour lui, ce qu'elle trouvait plus probable. Elle se demanda s'il avait déjà été attiré par elle.

- John ?

Il releva les yeux avec une expression associant à la perfection l'amusement et l'exaspération.

- La réponse est non, Lutha.

Elle hésita, perplexe.

- Tu ne savais même pas ce que j'allais demander !

Un petit sourire suffisant se peignit sur ses traits.

- Vraiment ? Je vais préciser mon propos dans ce cas. La réponse est non, je n'ai jamais pensé à toi autrement que comme mon insupportable meilleure amie. C'était bien ta question, n'est-ce pas ?

Si l'un de ses frères lui avait annoncé qu'il avait une folle envie de rencontrer un sang-pur, elle n'aurait pas fait une tête plus ahurie. Avec un effort considérable, elle se reprit et répliqua.

- Si je te réponds que ce n'était pas ça, tu vas te sentir vraiment stupide, n'est-ce pas ?

Le sourire du Serdaigle ne vacilla même pas une fraction de seconde.

- C'est vrai. Je me trompais ?

Bien qu'elle fût très tentée d'affirmer que c'était le cas, Lutha avait pour règle de ne jamais mentir à John. On s'embourbait toujours dans des situations très étranges si c'était le cas. D'une voix la plus détachée possible, elle lui répondit donc.

- Oui, c'était bien l'idée de ma question.

- Je le savais.

- Cesse d'être pénible et développe donc ta réponse.

Elle ne pensait pas qu'il pouvait sourire encore plus largement, mais apparemment, elle se trompait.

- Je le ferai volontiers une fois que tu m'auras dit comment diable une telle question t'es venue en tête.

Elle grimaça.

- Je me demandais juste si tu avais des hormones. D'après ce que j'ai pu lire dans tes divers carnets, il n'existe pas un garçon qui ne pense pas à une de ses amies, et encore plus dans le cas de la meilleure amie, en tant que petite amie. D'où ma question. Et vu la réponse, pourquoi pas toi ?

Bien qu'il continuât à sourire, elle le devinait plus sérieux et il se frotta pensivement la barbe avant de répondre.

- Il y a plusieurs réponses à ta question. C'est vrai que vu qu'il me serait difficile de trouver quelqu'un qui me tienne tête en intelligence, tu serais la candidate idéale pour une relation. Cependant, je n'ai jamais pu te voir autrement que comme une amie, et je sais à présent l'une des raisons de cela. J'ai déjà eu du mal à t'approcher suffisamment en tant qu'amie. Dans ta peur que des liens avec des sorciers ne leur causent des ennuis à cause de ta famille, tu crée une sorte de barrière autour de toi. C'est plutôt dissuadant si on recherche plus qu'une amitié. Si tu veux une autre raison, je te dirai que nous sommes beaucoup trop complices et que je sais parfaitement ne pas être celui qui te convient. On se ressemble trop et pas assez à la fois. Si tu veux quelqu'un avec qui tu irais vraiment bien, laisse-moi te suggérer...

- Stop !

Il se tut brusquement, les yeux pétillants de malice.

- Je t'arrête tout de suite avant que tu dévales en luge cette pente glissante, poursuivit-elle en levant les yeux au ciel. Zephyr a déjà passé son temps à me souler de sous-entendus dans ce genre quand j'étais en Grèce, alors je tiens à éviter que tu t'y mettes aussi.

Il hocha la tête, son sourire de nouveau très large.

- Je ne sais pas ce qu'est une luge mais d'accord.

Ils passèrent l'heure suivante à disserter sur les sports d'hiver.

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ooo

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Remus froissait une énième feuille de papier pour la lancer dans la poubelle quand sa mère passa doucement la tête dans l'entrebâillement de la porte.

- Nous allons dîner dans une heure, mon chéri. Tout va bien ?

Il surprit le regard qu'elle posait sur la poubelle remplie de lettres jetées.

- Oui, oui. Je n'arrive simplement pas à trouver à les mots justes.

Sa mère sourit et entra complètement dans la pièce.

- Et si tu me disais de quoi il retourne ?

Le loup-garou ne put s'empêcher de sourire. Elle était sans doute la meilleure mère du monde, associant douceur, compréhension, et l'instinct d'une louve lorsqu'il s'agissait de le protéger. Ce qui était ironique, en soit.

- Je ne peux pas vraiment tout te dire parce qu'il y a les secret de quelqu'un d'autre en jeu. Il s'agit d'une de mes amies. J'ai découvert son secret par hasard. Je te jure que je ne voulais pas écouter aux portes, mais, avec mon ouïe, je n'ai pas pu ne pas l'entendre.

- Je ne te soupçonnerais jamais d'écouter volontairement aux portes, voyons, Remus. Cette amie est vraiment proche de toi ?

Il hésita. Lutha avait semblé être un vrai mystère jusque là, mais à présent, il la comprenait très bien. Il hocha lentement la tête.

- C'est un secret assez lourd et je suis sûr qu'elle aimerait se confier. En plus, je ne peux pas faire comme si je n'avais pas entendu. Mais je ne sais pas comment lui avouer que je sais sans la mettre en colère, lui faire peur ou même simplement sans la vexer.

- Si tu ne veux rien avoir à te reprocher, mon chéri, sois honnête, direct et n'insiste pas. Dis simplement la vérité telle qu'elle est. Si ton amie est vraiment une amie, elle reviendra naturellement vers toi, même si sur le moment ça aura été difficile.

Il hocha la tête, pas tellement plus avancé. Sa mère sortit à moitié de la pièce avant de se retourner.

- Et qui est cette fameuse amie ? Il ne me semblait pas que tu ais des filles parmi tes proches, en dehors d'une vague entente avec tes camarades de classe.

Un sourire apparut involontairement sur les lèvres de Remus tandis qu'il réfléchissait au meilleur moyen de décrire rapidement la petite Serdaigle.

- Comment dire... c'était une fille avec qui je m'entendais bien mais sans plus jusqu'à ce que Sirius la prenne en grippe. Depuis, je fais officiellement partie de son cercle d'amis, qui se résume à... moi et un autre garçon, aussi associable qu'elle mais incroyablement intelligent. Ils me changent un peu de mes affreux compagnons de dortoir.

Mrs Lupin hésita, ne sachant pas trop s'il s'agissait d'une description positive ou négative de la jeune fille en question, puis elle haussa les épaules et sortit en refermant la porte. Après tout, son fils pouvait bien fréquenter qui il voulait. Le fils en question se tourna vers un parchemin blanc et écrivit quelques mots, le replia et le confia au hibou familial avant de changer d'avis.

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ooo

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- Tu n'as pas prévu de tenue de soirée ? Grimaça Jonathan en entrant dans sa chambre.

Lutha haussa un sourcil perplexe et lui montra le pantalon et la tunique qu'elle arborait.

- Ce n'est pas suffisamment élégant ? Tu as dis que ça allait pour Noël et tes parents, pourquoi pas pour le nouvel an et les Potter ?

- Comment dire... je pense que les fêtes chez moi ne ressemblent pas aux fêtes chez les Potter. Fais donc un effort, je ne tiens pas à ce que ma mère trouve une bonne raison pour nous faire rester ici.

La jeune fille poussa un soupir à fendre l'âme et tira un paquet emballé dans un sac de magasin qui n'avait encore jamais été ouvert. Elle le déchira rapidement et en tira une robe qu'elle montra à son ami sans la regarder.

- Ça ira ?

Il ouvrit de grands yeux surpris.

- D'où tire-tu ce... cette chose ?

- Cadeau de mes frères et sœurs de portée à mon dernier anniversaire. Je comptais bien ne jamais la mettre.

- Je croyais que vous ne vous entendiez pas.

- C'est le cas. C'est un tout petit quelque chose par rapport à la moto que Zephyr m'a offerte.

- Certes.

- Bon alors, ça te convient ? S'impatienta-t-elle en lui secouant le tissu sous le nez.

- Oui oui, très bien. Je t'attends devant la porte.

Il sortit et elle regarda enfin le vêtement avec une grimace. Ce n'était même pas qu'elle n'aimait pas les robes; elle aurait pu passer outre sans difficulté. C'était juste que cette robe venait de personnes dont elle ne souhaitait rien accepter d'autre que l'indifférence. Malheureusement, elle n'avait que ça, sa seule autre robe étant celle qu'elle portait aux soirées de Slughorn, restée à Poudlard.
Une fois la tenue, elle s'observa d'un œil sceptique dans le miroir. Elle savait que c'était sans doute Luthen qui avait choisi la couleur étant donné qu'il s'agissait d'un violet sombre qu'elle affectionnait tout particulièrement. Pour le reste, il s'agissait d'une robe plutôt courte, afin de ne pas accentuer sa petite taille, ce qui lui permettrait de conduire sans problème. Sans s'accorder un autre regard, elle enfila son blouson de cuir et remonta la capuche en toile sur ses mèches folles. Par chance, ses bottes étaient assez fines pour ne pas trop jurer avec l'élégance inhabituelle de sa tenue. Avec une petite moue, elle sortit et fit fasse à son ami debout dans le couloir, qui tirait d'un geste agacé sur le nœud de cravate qui serrait sa robe de soirée. Il la scruta de la tête aux pieds et elle fit de même.

- Le violet est à l'honneur, du coup.

- Ça me va mieux qu'à toi, se contenta-t-elle de répondre en tirant la langue.

Mr Float fit soudain irruption au milieu du couloir.

- John, si tu tiens à partir avant que ta grand-mère n'arrive et ne trouve une bonne raison pour te faire rester, je te suggère de filer tout de suite.

Une expression paniquée se peignit sur le visage du Serdaigle, qui attrapa son amie par le bras pour la tirer vers le garage.

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- Faites attention sur la route. Et pas d'alcool avant de conduire, Lutha.

Ils acquiescèrent en silence avant d'enfiler leurs casques. Lutha avait la chair de poule malgré l'épais collant noir que la sœur de son ami lui avait prêté pour tenir ses jambes au chaud pendant le trajet. Mr Float leur jeta un dernier regard envieux avant de soupirer en retournant à l'intérieur, avec la démarche traînante d'un condamné à mort.

- Ta grand-mère est si terrible que ça ?

Jonathan sourit et passa un bras autour de sa taille.

- Tu ne veux vraiment pas le savoir. Démarre donc, folle de la route.

Elle s'exécuta et ils traversèrent la ville en un temps record. La maison qu'avait louée les Potter était une charmante villa de banlieue. Debout sur le pallier, un sosie de James Potter avec trente ans de plus souriait en discutant avec un autre homme. Ils se tournèrent vers eux, l'air accueillant.

- Lutha et Jonathan, je suppose ?

- C'est bien ça.

- Entrez donc, vous êtes les derniers.

- Enfin si on ne compte pas Jack, mais il est toujours en retard, commenta l'autre homme en éclatant de rire.

Les deux Serdaigles pénétrèrent dans la maison et enlevèrent leurs blousons pour les suspendre dans un petit estancot qui servait de vestiaire. Une exclamation étouffée échappa à l'homme qui accompagnait Mr Potter, les faisant se retourner. Il avait les yeux fixés sur Lutha d'un air méfiant.

- Tu étais au courant ? Demanda-t-il au père de James d'une voix tendue.

- Non, répondit celui-ci calmement. Mais ce sont les invités de mon fils et je suis sûr que tout se passera bien, n'est-ce pas, Lutha ?

Celle-ci avait par réflexe adopté une position de défense et elle hocha la tête en reprenant une posture plus normale. L'homme hésita encore quelques secondes.

- Je n'ai pas pour habitude de rester sur des préjugés, mais...

La petite Grecque échangea un sourire de sarcasme avec John mais s'abstint de tout commentaire. Ce fut Mr Potter qui força la discussion à avorter dans l'œuf :

- James ! Sirius ! Vos amis sont arrivés !

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Patmol bondit sur ses pieds pour s'extirper de sa place dans le canapé, suivi plus lentement par son ami, qui prit le temps de prendre congé d'une cousine. L'ensemble violet que formaient Layos accrochée au bras de Float apparut devant eux dans le couloir. Alors que Sirius s'arrêtait sur place, sceptique, James le dépassa pour serrer poliment la main à ses deux "invités".

- Cette robe te va vraiment bien bien, Layos. Et Float... le violet te donne... comment dire... un air inhumain un peu effrayant, mais ça te va bien.

Sa réflexion leur tira un sourire. La petite Serdaigle désigna Sirius.

- Son cerveau s'est arrêté ? Si tant est qu'il en ait un...

L'attrapeur ne répondit pas. Il nota la lueur de malice qui pétillait dans les yeux gris de Float devant l'attitude de son ami. Celui-ci se ressaisit enfin.

- Je suis bien face à Lutha Layos et Jonathan Float ? On dirait que vous vous êtes métamorphosés. Je ne vous voyais pas du tout dans le contexte d'une soirée mondaine, bien habillés, comme ça, avec l'air presque sociables.

- Oh, Lutha aurait bien voulu venir en jean troué, mais j'ai réussi à l'en dissuader, affirma Float avec fierté.

Elle eut un sourire charmant et ne répondit même pas à la provocation de son meilleur ami.

- Remus n'est pas là ?

Les deux garçons jetèrent un identique regard vers la fenêtre et Jonathan répondit à leur place :

- Il n'est pas dans un bon jour, tu n'as pas vu ?

- Ah, tiens, non, je n'avais pas remarqué. Dommage...

- Notre compagnie ne te suffit pas ? Se moqua Sirius en s'installant dans un fauteuil.

- Comment dire... il me faut un certain quota d'intelligence en face pou que la conversation ait un intérêt. Et même en vous additionnant, on n'obtient même pas une moitié de ce qu'il faudrait.

James grinça des dents. La soirée promettait si elle attaquait déjà d'entrée de jeu. Mais ce fut le grand blond qui répondit à leur place :

- Moi je suis là, ma chère petite Lutha, ce qui fait que toi, Black et Potter, et même si Lupin vous était ajouté, vous ne m'arriveriez même pas à la cheville.

Sur ce, il lui pinça la joue avec une affection moqueuse devant les deux autres, ébahis.

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- Un verre, Layos ?

La jeune fille observa d'un air suspicieux le verre que lui tendait le Gryffondor.

- Il est empoisonné, c'est ça ?

Sirius sourit largement, dévoilant une rangée de dents blanches étincelantes qui auraient parfaitement convenu pour une publicité de dentifrice.

- J'ose espérer de moi-même que si je tentais de l'éliminer, ce serait plus discret. je ne tiens pas à finir mes jours à Azkaban.

Elle haussa un sourcil blanc et accepta le verre, l'examinant tout de même ostensiblement pour faire bonne mesure.

- Heureusement pour toi, dans ce cas, qu'emmerder les autres ne soit pas passible d'emprisonnement à vie.

- Si ça l'était, tu serais une compagne de cellule charmante, ma chère petite Layos.

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- Potter, ce n'est pas que je ne t'apprécie pas, mais je ne tiens pas à ce que Lutha finisse vraiment par m'étriper pour la laisser en tête à tête avec Black si souvent ces temps-ci. Vois-tu, bien que je trouve ça très amusant aussi, il me semble que c'est un art que j'exerce de façon bien plus subtile que toi.

- Je peux être très subtil quand je veux, protesta le Gryffondor en fronçant les sourcils.

- Dit celui qui a demandé environ neuf cents quarante-sept fois à la même fille de sortir avec lui.

- Je ne lui ai demandé que neuf cents trente-deux fois, rétorqua-t-il avec un sourire en coin.

- Spirituel, Potter, vraiment. Sérieusement, c'est quoi ton but ? Tu veux qu'ils se battent verbalement jusqu'à ce que mort s'ensuive, ce qui, au passage, risque d'être très long ? Ou tu as un plan tordu derrière la tête ?

Le jeune homme se passa la main dans les cheveux en observant leurs amis respectifs avec un petit sourire.

- Et bien... pour ne citer que les bonnes raisons : un, ça me distrait puisque Rogue et Evans appartiennent au passé. Deux, je me dis que puisque je ne suis pas un très bon modèle pour que Sirius mûrisse, que Remus a échoué sur toute la ligne et que Peter n'est pas non plus l'idéal de la maturité, une confrontation avec une fille capable de lui tenir tête intellectuellement est une bonne chose.

John se mit à rire.

- Lutha n'est pas non plus un exemple de maturité. Mais elle a peut-être un peu plus de plomb dans la cervelle que lui, c'est certain.

- Et bien, ça ne peut pas faire de mal, si ?

Le Serdaigle regarda à nouveau sa meilleure amie dont le sourire indiquait clairement qu'elle s'amusait. Non, il n'y avait pas de mal, et comme il se l'était déjà dit et comme Potter le disait à son tour, c'était plutôt distrayant. Et puisqu'ils parlaient de distraction...

- Au fait, comment Evans a pris le fait que tu la laisses tranquille ?

L'attrapeur se figea, pris au dépourvu, et réalisa qu'il n'avait même pas fait attention à ce détail, trop occupé à se concentrer sur l'enterrement de ses sentiments pour la jolie rouquine.

- Euh... bien sans doute. Enfin, j'imagine. Après tout, elle n'avait qu'une envie, c'est que je la laisse en paix. Donc tout le monde est content, maintenant.

- Vraiment ? Je serais toi, je me pencherais sur la question...

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- Ce n'est pas la modestie qui t'étouffe, dis donc.

- Regardez qui parle ! S'exclama la petite Grecque en levant les yeux au ciel.

- Je ne fais que constater la réalité, moi.

- En te déclarant supérieurement beau et intelligent ?

Sirius écarta les bras comme pour qu'elle pût l'observer.

- Regarde-moi. C'est l'évidence même.

Il s'amusa de sa réaction atterrée quelques instants avant de changer de sujet :

- Une question m'intrigue depuis un petit moment, déjà.

- Mmh ?

- Comment diable as-tu fait pour Remus ?

Intriguée, elle le fixa en dissimulant sa curiosité derrière un habituel masque de mépris.

- Essaye de t'exprimer de façon compréhensible si tu veux pouvoir t'attendre à une réponse, Black.

Il leva les yeux au plafond mais ne se formalisa pas de sa réponse et enchaîna :

- Remus est doux et gentil. Il est peut-être timide, mais il est tout de même très sociable, ce qui, je pense pouvoir l'affirmer sans me tromper, n'est pas ton cas.

- Je me dois de flatter une fois de plus la finesse de ton esprit d'observation, railla-t-elle, un peu sur la défensive comme toujours lorsque quelqu'un s'aventurait à glisser une infime description de son caractère.

- Quoi qu'il en soit, je me demandais donc comment tu as pu t'attirer sa sympathie en étant aussi agressive envers les inconnus et aussi peu désireuse de faire de nouvelles connaissances. Aurais-tu une once de bienveillance ou de gentillesse en toi ? Voire une part qui apprécie la compagnie du commun des mortels ?

Pour son plus grand malheur, elle était en train de boire à l'instant où il prononça ces mots et elle inspira involontairement par le nez avant de tousser pendant une bonne minute. Une fois son souffle retrouvé, le visage encore un peu rouge, elle protesta avec vigueur :

- Ne sois pas ridicule Black. je croyais que tu comptais m'assassiner de manière plus subtile.

- Je ne compte pas t'assassiner, voyons. Seulement remettre ton orgueil à sa place et te faire reconnaître que tu es invivable.

Elle lui présenta un petit sourire narquois.

- Je vis très bien avec le fait d'être invivable, Black, et je trouve mon orgueil très bien où il est.

Il se contenta de soupirer.

- Ce n'est toutefois pas la question, actuellement.

La jeune fille le sonda en reprenant un peu son sérieux.

- Tu veux une réponse honnête ?

Il parut se retenir de justesse de répliquer avec sarcasme, ce qui lui tira un sourire. Il devait y tenir, à sa réponse. Elle prit quelques instants pour y réfléchir. A vrai dire, bien qu'elle eût plusieurs fois parlé avec le loup-garou par le passé, ils n'avaient jamais dépassé le stade "connaissance sympathique" et elle s'était contenté d'apprécier sa finesse d'esprit et son franc-parler. Mais c'était lui qui s'était imposé à elle cette année, la contraignant plus ou moins à accepter son amitié. Il avait pris de l'assurance avec les années et elle avait trop appris à l'apprécier pour le rejeter. Elle supposait que, de son côté, il aimait bien la façon mordante dont elle voyait la vie. Elle s'était juste montré naturelle avec lui. Ni plus gentille ni plus méchante qu'avec un autre. Enfin, c'était faux car elle lui témoignait un peu de gentillesse étant donnée sa condition de loup-garou, mais c'était normal et ça n'entrait pas vraiment en ligne de compte.
Elle finit donc par affirmer d'une voix neutre :

- Je n'en ai pas la moindre idée. je n'ai jamais fait aucun effort pour être plus agréable avec lui qu'avec un autre. c'est sans doute juste que nos caractères sont plus compatibles que d'autres.

Elle soutint le regard sombre du Gryffondor qui la scrutait et celui-ci lâcha finalement avec un sourire :

- Je ne te crois pas.

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Il la dévisagea tandis qu'elle haussait un sourcil en attendant la suite. Il ne supportait pas les masques comme en portaient tous ceux qu'il avait connus et haïs pendant son enfance. Il avait envie de lui arracher le sien pour la faire paraître sous son vrai jour, pour qu'elle ose enfin se montrer aux yeux de tous telle qu'elle était vraiment. telle qu'elle semblait être avec Float et Remus pour qu'ils l'apprécient autant.

- Je crois que tu aimes bien Remus. Tu as fait l'effort d'être toi-même avec lui parce que tu avais envie qu'il te connaisse. Parce qu'il y a quelqu'un sous cette carapace insupportable et vide de sens. Tu refuses d'admettre qui tu es réellement et tu refuses même d'admettre que tu renies ta propre personnalité.

Il observa son sourire tressaillir et vit que ses yeux avaient viré à un ocre sombre.

- Ne parle pas de ce que tu ignores, Black.

- C'est vrai que j'ignore comment tu fonctionnes. Je n'ai pas peur d'être lié aux autres. J'entretiens des liens forts avec ceux que j'aime et j'en suis fier. Je suis fier de les avoir et fier de pouvoir affirmer que je les aime. C'est presque un devoir pour moi de préserver ces liens.

Il avait parlé d'une voix ferme et il la vit jeter un regard involontaire vers Jonathan Float avant de revenir sur lui avec une dureté impressionnante. Le masque était plus présent que jamais sur son visage.

- Comme tu as préservé ces liens avec ta famille ? Ceux de ton propre sang ?

Il eut l'impression qu'elle l'avait frappé. Elle agissait exactement comme les Serpentards qu'il détestait. Il serra les poings et dut se retenir pour ne pas lui jeter un sort.

- Tu n'as vraiment pas la moindre idée de ce qu'est une famille comme la mienne, du haut de ta suffisance, Layos.

Un éclair de colère, suivi d'une expression d'abattement, traversa son visage.

- Vraiment ?

Elle fit volte-face brusquement, le plantant debout sous l'escalier. Sirius se rappela soudain l'état dans lequel elle était en rentrant de Grèce. Dans quel genre de famille pouvait-on battre ainsi une adolescente ? Un sentiment de culpabilité l'envahit, l'irritant au plus haut point. Après tout, elle ne s'était pas gênée pour l'attaquer sur sa famille et ses points sensibles. Il n'avait fait que lui rendre la juste monnaie de sa pièce, et pourtant, il n'en tirait aucune satisfaction. Il croisa soudain le regard de Jonathan Float, à l'autre bout du salon, et s'aperçut que celui-ci l'étudiait attentivement, un pli soucieux barrant son front.

- On dirait que tu as réussi.

Il sursauta en découvrant son meilleur ami juste au-dessus de lui, assis sur les marches de l'escalier.

- Quoi ?

- Tu as réussi à avoir le dernier mot, non ? Tu devrais être content...

Sa voix était cependant sceptique et Sirius se demanda ce que Cornedrue pouvait bien penser de la situation. Conscient qu'il attendait toutefois une réponse, il finit par marmonner :

- Mon but n'était pas de dire des choses blessantes pour y parvenir, mais de lui faire comprendre que se montrer aussi arrogante et désagréable n'apporte rien.

- Si c'est le cas... je dirais que tu t'y prends plutôt mal dans ce cas.

Vexé, Sirius croisa les bras en fronçant les sourcils.

- Ne me donne pas de conseil sur les relations avec la gente féminine, tu es mal placé pour le faire.

James sourit malgré lui.

- Certes... Mais je vais tout de même me donner mon avis. Tu devrais t'excuser.

- Quoi ?! Tu plaisantes ?

- Je suis on ne peut plus sérieux.

Un air buté envahit le visage de Patmol. Il n'allait pas s'excuser alors qu'elle avait été à l'origine de cette violence gratuite !

- Elle n'en ferait certainement pas autant. Elle cherche elle-même à être blessante.

- Et elle en récolte les fruits amers. Si Lunard croit en elle, je pense qu'elle n'est pas si mauvaise qu'elle le paraît. Et si tu es parti dans le but de lui donner une leçon, c'es parce que tu penses être meilleur qu'elle sur certains points. Sois-le vraiment. Ce n'est pas en rentrant dans son jeu que tu gagneras le tien.

Ne supportant pas de se faire faire la morale, Sirius grommela :

- Arrête ce discours, tu me donnes l'impression d'être devenu intelligent, je ne te reconnais plus.

Incapable de rester si sérieux si longtemps, Cornedrue allait répliquer quand une troisième voix intervint derrière eux :

- Pour me mêler de ce qui ne me regarde pas, Black, je te conseille aussi les excuses.

Ils se retournèrent pour faire face à la silhouette squelettique de Float.

- Et pourquoi donc le ferais-je ?

- Accroche-toi bien, j'ai peur que ce que je vais te dire ne soit trop compliqué pour toi, mais je vais essayer.

Les deux Gryffondors grimacèrent et il enchaîna :

- Lutha a en effet un masque, pour des raisons qui n'appartiennent qu'à elle, et ce n'est à personne de juger si ces raisons sont bonnes ou mauvaises. Je pense que lui apprendre à ne pas dresser systématiquement sa défense contre tous est une bonne chose. de plus, tu ne t'entends déjà pas bien avec elle, donc, contrairement à moi, tu es tout désigné pour le faire sans que cela ait de graves conséquences sur votre amitié. Par contre, tu devrais travailler un peu la subtilité si tu veux obtenir des résultats. Enfin, dernier point... j'adore Lutha telle qu'elle est, et si jamais tu lui mines vraiment le moral, je pourrais me mettre à t'en vouloir, et je ne conseille à personne d'être pris en grippe par quelqu'un comme moi. Cette conversation n'a jamais eu lieu.

Et il s'éclipsa aussi vite qu'il était arrivé, les laissant perplexes quant à ses motivations.

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ooo

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- John ? Tu dors ?

- Non.

- Il s'est passé un truc étrange tout à l'heure ?

- Ah ?

- Mmh.

- Quoi donc ?

- Black. Il est venu s'excuser de m'avoir agressée.

- Et ?

- Et c'est moi qui avais commencé.

- Qu'est-ce que tu as fait ?

- Je lui ai dit qu'il n'avait aucune raison de s'excuser et moi d'accepter ses excuses.

- Tu ne t'es pas excusée en retour, si c'est toi qui avais commencé ?

Lutha étouffa sans peine la culpabilité qui aurait pu naître en se rappelant toutes les raisons pour lesquelles elle ne souhaitait pas bien s'entendre avec Black.

- Non. Je ne vois pas pourquoi je me serais excusée auprès de lui.

Elle crut entendre un léger bruit et en déduisit que son ami se frappait la tête dans son oreiller. L'agacement la prit immédiatement.

- Jonathan. J'ai toujours l'intention de retourner au stade d'ignorance entre Black et moi.

- C'est marrant, j'aurais pensé que tu avais dépassé cette idée parce qu'il t'amusait.

- Et bien j'ai changé d'avis.

- Mmh...

Ils restèrent silencieux quelques minutes, puis d'une voix ensommeillée, il conclut :

- Tu ne pourras pas toujours éloigner ceux qui cherchent à se rapprocher de toi en étant imbuvable sans subir de conséquences.

ooooo

ooo

ooooo

Pfiouuuuu, j'ai dû écourté un peu la fin, mais du coup je continuerai sans doute quelques lignes sur la conclusion de cette soirée dans le chapitre suivant, même si c'était pas prévu !

j'espère que ça vous a plu et que vous m'en voulez plus de vous avoir fait poireauter 3 mois -" Si ? Mais s'il-vous-plaîîîît ! ;D

Du coup je me lance dans les réponses aux reviews avec courage sachant qu'il est quasi 3h du mat' ^^'

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Dedellia : Je suis outrée de ta méchanceté, vraiment, je m'offusque ! me forcer à te répondre en me laissant une review, moi qui affirme sans cesse détester ça ! Quoi ? Comment mon humour est encore plus nul quand je suis fatiguée ? Même pas vrai d'abord !
J'aime aussi la famille de John mais j'avoue ne pas m'être attardée dessus pour plutôt laisser la vision que je laisse apercevoir sans la gâcher par trop de détails.
Un peu de remus dans ce chapitre, et sans doute tout plein dans le prochain ! Youhou !
Quant à la "surprise" qu'il s'agissait de Lutha, je m'attendais à ce qu'on devine, c'était évident et je voyais pas comment réussir à le nuancer assez pour que ça puisse se deviner sans être flagrant, mais ça a eu l'air de plaire à tout le monde donc au final, tant mieux ! :)
Merci pour ta review et au plaisir de me forcer à répondre aux suivantes !

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deseria222 : Que répondre d'autre à cette review que... merci, moi aussi j'ai adoré (l'écrire en tout cas) et que vivement la suite... avec 3 moi de retard ! ^^'

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Chloris... euh je répondrai à tes reviews en dernier parce qu'il y en a plusieurs et que mon esprit fatigué va tout mélanger si j'en fais d'autres après ^^

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Moi : je ne sais jamais quoi répondre à tes reviews à part... un grand éclat de rire et une réponse faisant le triple de volume de la review. je vais donc devoir choisir avec soin si je veux pas y passer la nuit au lieu de dormir ^^
Merci pour le commentaire positif sur la construction et tout, parce que j'aime bien quand on me dit pourquoi c'est bien, ça me permet de cibler mieux ce qui plaît :D
Pétunia... expérience intéressante et qui m'a bien plu, je l'avoue. Je me demandais ce qu'elle pouvait ressentir alors jai essayé de me coller sous sa peau (métaphoriquement parlant, s'entend, hein...)
je passe l'éponge pour les insultes, je suis magnanime. Et je te laisse juge du taux de méchanceté dans ce chapitre (oui c'est un immense honneur que je t'accorde, je sais, je sais)
Et merci de ta fidélité psychopatique (oui en effet, ça fait cet effet, et même que j'ai dit deux fois effet, et maintenant trois !)
Ornythorynque à toi aussi, jeune padawan, et pense à ne plus parler de tartes aux pommes, parce que maintenant, j'ai faim -"

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Lisou Aure : Merci ^^ Bien que je ne sache pas comment prendre l'enchaînement entre "c'est cruel" et "j'adore", à moins que tu n'ais de petites tendances maso, mais on va dire que non ^^
Au plaisir que tu continues à me lire !

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Arwinia : Merci tout d'abord, ça me fait plaisir ! Et pour ce qui serait d'un éventuel John-Lutha, ce serait impossible, et peut-être, je dis bien peut-être qu'un jour, l'auteur consentira à expliquer à ses lecteurs quel raisonnement impossible l'a conduite à ce raisonnement xD
Enfin quoiqu'il en soit, il y en a une petite évocation ci-dessus, j'espère que tu l'as pas manquée ;D
A bientôt !

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betouni : Merci merci :) Voilà la suite (en retard, mais je crois que je me répète ^^)

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Growser : Ah la la, les crises d'hystérie en lisant des fanfics... comme je te comprends (quand je lis parfois les serdaigles aussi sont courageux, j'ai l'impression d'être une tarée devant mon écran ^^)
Et ne t'inquiète pas, même si c'est vrai que j'aime les reviews consistantes et argumentées, de deux choses l'une, un, j'aime aussi toutes les autres (quand elles sont positives de préférence :D) et de deux, les autres en question ont l'avantage de pas me faire me casser la tête deux heures en me demandant "mais qu'est-ce que je vais répondre, mais qu'est-ce que je vais répondre" ;D
Fin bref, merci pour ta review et à bientôt !

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Maggie : Merci merci ! Contente que ça te plaise, et pour les sentiments, ça va avancer doucement mais sûrement, promis ;)

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Lucile : Les 17 d'un coup ! oO Tu as du courage, je n'ai fait ça qu'avec une fic, et après je ressemblais à un zombie ^^ j'espère que la suite est à la hauteur :D
A bientôt !

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DreamPoudlard : désolée de t'avoir tué, j'espère que tu y as survécu (et oui je sais que c'est paradoxal ^^). Merci de ta review ;D

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CHLORIS : Et je reviens à toi et tes... (attends je regarde) 4 reviews sur ce même chapitre ! Merci, record pour toi, ça fait monter ma cote ! :D
Et je vais les faire dans l'ordre chronologique, hein, parce que à 3h20, on rélféchit plus trop xD
Alors sache que je rêvais de faire un cliff-hanger de m*rde comme tu dis depuis longtemps, parce que c'est tellement génial et énervant à la fois, je me demandais si je pourrais aussi être chiante pour mes lectrices (teurs) !
je n'ai pas tellement cherché à cacher trop le fait que ce serai Lutha sur la moto (parce que je voyais pas comment le faire, en fait ^^')
L'héritage... et oui, que j'aime ça, et du coup, y a une fanfiction qui n'attend que d'être écrite dessus, et je vais moi aussi éviter de partir dans ces délires xD
La mère de Lily... oui, pourquoi pas, j'aime tous mes personnages moi de toute façon (attention excès d'orgueil en vue !). Et pétunia... bah j'ai essayé de faire comme je l'imaginais :)
100 reviews ! Et maintenant 104 ! Alleluia, je suis émue, moi qui pensais en publiant la première fois que si j'en avais 10 ce serait super ! Je n'ai plus culpabilisé que je ne le faisais déjà chaque soir en me disant "je devrais écrire... oui mais j'ai pas d'idées... je vais jouer à la place" ^^'
Je dois avoir un souci de narcissisme, parce que mes problèmes de vue m'ont fait relire au moins 3 fois le "ta fic est géniale". Pour la progression c'est vrai que j'essaye de m'améliorer et je suis contente que ça marche, et ensuite pour le fait de ne pas être rébarbatif, je me force parce que je déteste en lire et je préfère faire des ellipses de fou ou inventer des délires plutôt que de meubler !
Et sache que je partage ta haine envers les auteurs qui traînent, sauf contre moi parce que moi je m'aime et que voilà voilà :D
Et enfin si je ne publiais pas, c'est parce que... bah va relire l'intro du chapitre, parce que je suis fatiguée, na ! :p
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A BIENTOT TOUT LE MONDE ! J'essaye de faire des efforts pour le délai ;)