18/04/14 - 05/06/14

Comment commencer... et bien par un grand merci pour les reviews enthousiastes (avec les réponses loufoques à la fin, comme d'hab ^^). je ne sais pas si certains de vous écrivent, mais moi, je me rends compte que sur cette histoire, je suis en train de devenir dépendante aux reviews. C'est vrai, quand j'en lis une vraiment drôle, je vais direct écrire un bon paragraphe ou deux et c'est génial parce que je me dis "allez, je suis motivée, faut continuer à les rendre contents !"

Fin bref, j'enchaîne parce que ce début est trop sérieux par rapport à mes habitudes démentielles :D
J'espère que je mettrai moins de temps à écrire que la dernière fois, mais ça vous le saurez quand vous verrez le nouveau chapitre sortir xD

Je me lance ! Bonne lecture ;D

PS = Je n'y ai jamais pensé mais... MERCI à tous ceux qui me mettent ou mettent l'histoire en favori ! je sais que parfois on a la flemme de laisser une review, ou on sait pas quoi dire, ou juste on n'a pas envie, alors comme ça je sais que y a quand même d'autres personnes qui aiment mes délires délirantesques ! ;D

PPS = j'espère que vous avez pris vos parapluies anti-guimauve ! :D

PPPS = je vais faire une liste d'attente pour toutes celles qui adorent Jonathan et veulent l'épouser :D (signalez-le moi dans une review si c'est aussi votre souhait xD)


Toc toc toc toc toc toc toc toc toc toc toc toc...

- Aaaaaaaaaaaaah ! Je craque, John, je craque ! Et je te déteste de ne même pas aller ouvrir toi-même alors que c'est TA chambre !

Lutha sortit donc difficilement de la chaleur douillette de sa couette pour aller ouvrir au hibou qui tapait inlassablement contre la fenêtre depuis un quart d'heure. Celui-ci s'engouffra dans la pièce et se mit à voler partout au plafond, apparemment affolé.

- Grrr ! Je déteste les hiboux ! Satané truc à plumes !

Elle bondit avec vivacité et saisit l'oiseau entre ses mains, récoltant au passage quelques coups de serre paniqués. Elle arracha l'enveloppe attachée à la patte de l'animal et relança celui-ci par la fenêtre sans plus de cérémonie.

- C'est pour moi ? Marmonna Jonathan depuis le lit mezzanine d'une voix ensommeillée.

- Non. A moins que tes initiales ne soient devenues un double "L". Je me demande qui peut bien m'écrire. Ce n'était pas une chouette postale.

- Tu n'as qu'ààààAAAAaààààà l'ouvrir. (((NdA - je précise juste qu'il bâille ^^)))

- Toi, ce matin, tu as l'air très très comateux.

- Grmph !

Avec un sourire, la jeune fille s'assit sur son matelas et décacheta la lettre sur laquelle son nom était inscrit.

Salut Lutha,

Désolé de t'ennuyer pendant les super vacances que tu dois passer avec Jonathan, mais j'avais quelque chose à t'avouer que je ne peux pas garder pour moi plus longtemps.

L'autre jour, dans le train, j'ai surpris accidentellement votre conversation (tu sais que j'ai l'ouïe fine). Ce n'était pas du tout intentionnel, crois-moi. En tout cas, maintenant je sais... enfin je crois que tu sais de quoi je veux parler.

Je voulais juste te prévenir et te dire que, en tant qu'ami, je suis là pour toi si tu as besoin de parler, et je m'excuse vraiment de l'avoir appris comme ça.

On se voit à la rentrée si tu me parles encore,

Remus.

Lutha passa une main sur son front pour en écarter les folles mèches blanches.

- Oh merde, ce n'est pas possible. Pourquoi fallait-il que j'ai un loup-garou parmi mes amis ?

Un long soupir se fit entendre au-dessus d'elle et elle leva les yeux vers la tête de John qui dépassait du lit.

- Les ennuis ne pouvaient pas attendre une heure décente ? Quel est le problème avec ce cher Remus ?

- Lis ça.

Il se saisit de la lettre et la parcourut rapidement du regard avant de froncer les sourcils.

- Où est le problème ? Il ne dira rien à personne et si tu ne veux pas lui en parler, il n'y a pas de souci, tu n'as qu'à faire comme si de rien n'était.

Elle le dévisagea. Il n'avait toujours pas vraiment compris. Et sans doute ne comprendrait-il jamais, à moins de rencontrer ses semblables, et elle s'arrangerait pour que ça n'arrive jamais.

- John. Toutes les personnes au courant et qui se frottent un tant soit peu à moi sont en danger. J'ai dû l'accepter pour toi mais je ne pensais pas que quiconque d'autre que toi serait capable de découvrir la vérité. Les chats-garous ne portent pas les sorciers dans leur cœur. Avant que j'entre à Poudlard, Teneös m'a fait comprendre que tous ceux qui connaîtraient mon secret seraient soit mes ennemis, soit des personnes que j'aurais jugées assez proches pour leur révéler. Et jamais je ne devais avoir de personnes aussi proches de moi parmi les sorciers.

- Mais comment pourrait-il en être au courant ? Tu ne crois pas que tu es un peu paranoïaque ?

- Tu ne comprends pas !

Sa voix avait déraillé et Jonathan la fixait avec de grands yeux, parfaitement réveillé à présent. Elle se mordit la langue. Elle avait laissé voir sa peur. Jamais elle n'avait laissé personne, pas même Zephyr, mesurer à quel point elle était terrorisée par Teneös.

- En fait... il te terrifie ?

- Ne te mêle pas de ça, John.

Il se mit à rire et elle éprouva l'irrépressible envie de le frapper ou de se cacher.

- Tu viens juste de m'y mêler. Que tu le veuilles ou non, Lutha, tu es ma meilleure amie. Ma seule amie, d'ailleurs. Alors si tu crois que je vais rester les bras croisés alors que tu viens de m'avouer que ton géniteur était terrifiant, tu te fourres le doigt dans l'œil, et jusqu'au coude, ce qui doit être douloureux, d'ailleurs.

- Si seulement ça t'arrivait pour de vrai, grommela-t-elle.

- Ne rêve pas.

Elle soupira et reprit la lettre d'un air triste.

- Crois-moi, j'ai cherché des solutions. Il y a eu des personnes comme moi avant et tous les exemples que je connais sont ceux qui ont mal fini. Les sorciers ne veulent pas vraiment de nous, pas plus que les chats-garous. Alors si Teneös m'offre la seule voie qui me permet de rester en vie...

- Tout dépend de ton but.

- Comment ça ?

- Si tu veux survivre, c'est la bonne voie. Si tu veux vivre... à toi de voir.

Un air de martyr surjoué se peignit sur ses traits.

- Pourquoi tu me fais toujours me faire des nœuds au cerveau ? Tu vois, Zephyr me connaît mieux que toi et donc il devrait avoir plus d'éléments pour m'agacer mais pourtant t'es vraiment le champion. Tu dois avoir une sorte de don. Ça te servira peut-être plus tard. Faudrait mettre ça sur ton CV.

- Oui, je vois déjà le genre. A côté d'amateur en psychologie, je marquerai "champion pour emmerder les autres", ça sera très vendeur pour que je trouve un emploi.

Les minutes suivantes furent consacrées à la descente de lit du "champion" en question et Lutha l'observa d'un air railleur. Il ne s'était pas remis du réveillon même après deux nuits complètes. Après s'être stabilisé sur ses pieds, il prit un air sérieux des plus convaincants.

- Pour en revenir à ce cher Remus, tu te compliques la vie pour rien, alors arrête de faire ces fameux nœuds à ton cerveau - que tu fais d'ailleurs toute seule, je n'y ai aucune part. S'il y en a bien un qui risque de te poser problème parce qu'il connaît la vérité, c'est moi. Et si tu tiens tant que ça à survivre... profite donc des moments où tu n'as pas ta famille sur le dos plutôt que de redouter le moment où ça arrivera.

Elle leva les yeux au ciel en le suivant dans la cuisine. Si seulement tout était aussi simple... Et elle se détestait de toujours se lamenter sur sa vie, ce qui n'arrangeait pas les choses. Surtout que John présentait vraiment les choses en lui donnant l'impression d'être une pauvre stupide héroïne qui n'arrivait pas à s'en sortir toute seule parce qu'elle était trop occupée à trembler dans son coin.

- Grrrrr ! Finit-elle par lâcher bruyamment, obtenant la maigre consolation de voir son soit-disant meilleur ami laisser échapper son verre de jus de citrouille matinal sous la surprise.

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ooo

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- Dépêchez-vous si vous ne voulez pas rater le train !

Sirius et James accélérèrent le pas derrière Mr Potter qui trottait devant eux vers la barrière fermant le quai 9 3/4. Ils ne s'arrêtèrent pas et foncèrent droit à travers celle-ci, manquant de renverser un couple de parents qui rentraient sûrement chez eux.

- Il faudra un jour que tu m'expliques pourquoi on est toujours en retard lorsqu'on va prendre le Poudlard Express !

- C'est dans les gènes Potter !

- Et bien il faudra songer à renouveler ça, parce qu'un de ces jours, un de tes descendants va vraiment manquer le train !

- Taisez-vous et avancez !

Ils obéirent et sautèrent dans un wagon. Mr Potter leur jeta quasiment leurs sacs dans les bras, et, moins de dix secondes plus tard, le Poudlard Express siffla et s'ébranla dans un panache de vapeur. Haletant et riant, les deux Gryffondors s'écroulèrent dans le couloir pour reprendre leur souffle avant de se décider à se mettre à la recherche de Remus et d'un compartiment libre.

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- Euh...

Le loup-garou eut une drôle de moue en voyant les deux Serdaigles apparaître à la porte de son compartiment. Alors que John jetait un coup d'œil dans le couloir pour vérifier que personne ne viendrait les importuner, Lutha s'assit en face de Remus.

- Peut-on parler tranquillement ? Nous sommes seuls ?

- Et bien... Sirius et James doivent être arrivés en retard, comme d'habitude, alors ils ne me trouveront pas avant quelques minutes, j'imagine.

- Parfait ! S'exclama Jonathan en refermant sèchement la porte du compartiment derrière lui. Mettons cartes sur table.

- Je ne voudrais pas paraître euh... inquiet, mais on dirait que vous allez me torturer...

La petite Grecque se mit à rire et la surprise qu'il manifesta à cette réaction ne fit que renforcer son hilarité. Le grand blond s'installa à son tour et plongea ses yeux gris dans ceux de Remus.

- Bien, je vais parler, parce qu'elle ne semble pas en état. Bien que nous ayons confiance en toi, nous tenons à te mettre en garde. Nous préférerions ne pas y avoir recours, mais rappelle-toi que nous aussi connaissons ton secret.

- Je ne dirai rien ! S'offusqua le Gryffondor.

Lutha reprit son sérieux et l'observa avec une expression attendrie.

- Je le sais parfaitement, Remus. mais vois-tu, John a préféré prendre toutes les précautions nécessaires. Pour lui, la confiance est quelque chose d'assez floue... Tu as d'ailleurs le droit de le trouver paranoïaque, mais bon... il n'a pas tout à fait tort. Ce n'est pas pour moi que j'ai peur, mais pour toi. Ceux qui connaissent mon secret sont en danger s'ils montrent qu'ils savent. Alors fais comme si tu ne savais même pas que j'avais un secret, pour ton bien, d'accord. Et je te remercie pour la proposition d'en parler, mais je suis parfaitement bien dans ma peau avec ça. Et puis j'ai déjà mon psychologue attitré.

Elle donna un léger coup de poing sur l'épaule de son meilleur ami, qui se jeta au sol en faisant mine de hurler de douleur. Une vingtaine de secondes après, la porte du compartiment d'ouvrait.

- Je me disais bien que ces cris venaient d'une voix familière...

- Salut Lucy, sourit la chat-garou. Bonne année. A toi aussi, d'ailleurs, Remus.

La joueuse d'échecs observa le sourire avenant du Gryffondor et l'air parfaitement à l'aise de ses deux amis.

- Nous nous installons ici ?

Les deux garçons sourirent, pressentant la réaction de Lutha.

- Etant donné que deux paramécies vont bientôt rejoindre ce compartiment, je suggère plutôt que nous abandonnions Remus à son triste sort et que nous allions nous trouver un coin bien tranquille.

Jonathan hocha la tête avec amusement et prit Lucy par le bras en sortant. La jeune Grecque s'apprêtait à les suivre mais elle se retourna au dernier moment vers le loup-garou.

- Si Black te raconte des choses étranges à propos du nouvel an... ce ne sera pas vrai. Il est bizarre ton ami, des fois...

Surpris, il la suivit du regard tandis qu'elle sortait. Le nouvel an ? Elle avait vu Sirius pendant les vacances ?

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- Remus ! Tu es là ! J'ai cru qu'on n'allait jamais te trouver ! On a failli manquer le train !

Le jeune homme leva un regard blasé sur ses deux amis qui venaient d'entrer.

- Pourquoi ne suis-je pas surpris...

James ouvrit la bouche pour répondre mais il ne le laissa pas faire.

- C'était une question rhétorique. Par contre, vous pouvez répondre à cette question : quand diable avez-vous vu Lutha pendant les vacances ? Et toi, Patmol, qu'est-ce que tu as fait pour mériter le titre de "bizarre" à côté de celui de "paramécie" ?

Il les observa échanger un regard intrigué et Sirius fronça les sourcils. Il semblait plutôt mécontent.

- Sans doute n'a-t-elle pas connu de personnes capables de s'excuser après avoir été particulièrement désagréable... J'irai même jusqu'à prétendre qu'elle ignore le concept, si tu veux une idée de réponse...

Le lycanthrope jeta un coup d'œil à James qui haussa les épaules d'un air fataliste. Décidément, il était bien curieux de savoir ce qui s'était passé.

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ooo

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- Pourquoi les profs se sentent-ils obligés de nous faire rattraper le temps qu'ils estiment perdu pendant les vacances dès le premier jour de cours ?

Elisabeth releva les yeux du devoir qu'elle venait de terminer alors que Lutha se contenter de massacrer sa plume avec ses dents, n'ayant écrit que le titre et son nom.

- C'est pour nous remettre dans un rythme de travail tout de suite. Qu'est-ce que tu écris, Natacha ?

- Oh, c'est une potion sur laquelle je travaille. C'est censé pouvoir éliminer définitivement les bouclettes.

- N'étais-tu pas censée travailler la métamorphose ? Intervint Lucy.

- Et toi, tu étais bien censée faire ce devoir de DCFM au lieu de jouer aux échecs avec Jonathan de toute façon.

- Tu veux dire au lieu de massacrer Jonathan aux échecs ? Corrigea ce dernier en observant l'échiquier avec désespoir. Je préfère jouer contre Lutha... Je me sens plus à forces égales, au moins.

Celle-ci adressa un sourire moqueur à son meilleur ami avant de soupirer en se reportant sur son devoir. Elle prit une grande inspiration, sortit une nouvelle plume et se mit d'un coup à rédiger d'un air très concentré. Ce faisant, elle tira un sourire à ses camarades de Serdaigle.

- Ça y est, elle est partie, s'amusa John en l'observant couvrir rapidement de lignes le parchemin. Elle ne va plus décrocher un mot d'ici une vingtaine de minutes.

- Je trouve ça vraiment flippant quand elle fait ça, marmonna Elisabeth en relisant soigneusement le travail qu'elle venait de faire. Elle fait toujours tout au dernier moment, ne prépare pas de plan, ne se relis jamais, et s'en tire toujours avec une bonne note...

- Chacun sa méthode, répliqua le jeune homme avant de rassembler ses affaires. Quand elle sera sortie de sa transe, dites-lui que je suis allé faire un repas supplémentaire. Elle saura où me trouver.

Elles se contentèrent de hocher la tête. Ne jamais poser de question à Jonathan Float.

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ooo

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La première semaine de cours était passée si vite que Jonathan avait l'impression qu'on la lui avait passée en accéléré. En réalité, il doutait à présent que ce qu'il vivait fût réel. Il se pinça pour la treizième fois avant de se frotter les yeux pour constater une fois de plus l'aberration qu'il avait sous les yeux.

- Lutha.

- Mmh ?

- Nous sommes dehors.

- Tes capacités d'observation valent presque celles de Black, marmonna-t-elle d'une voix ennuyée.

- Nous sommes en plein mois de janvier.

- Oui oui, à moins d'avoir fait un saut dans le temps.

- Tout est couvert de neige dans le parc.

- C'est une évidence.

- Et TU m'as entraîné dehors en me disant que tu voulais prendre l'air ?!

Il observa les sourcils de neige de son amie se froncer joliment avec agacement.

- John... Tu t'es arrêté en mode "je répète tout ce qui est vrai aujourd'hui" ou quoi ?

Il leva les mains comme pour faire un geste de paix.

- C'est juste que... Ne vois-tu pas l'incohérence ? Toi qui refuses de pointer le bout de ton nez dehors tant que la température ne dépasse pas les vingt degrés, tu m'as demandé de venir ici. Je pourrais au moins avoir une idée du pourquoi ? Parce que ne me dis pas le contraire, il y a un pourquoi.

Lutha esquissa un sourire narquois.

- Allons, Jonathan ! Il se passe quelque chose d'intéressant ce matin et tu n'es pas au courant !? Et bien le spectacle n'en sera que d'autant plus amusant.

- Spectacle ?

Il poussa un soupir frustré. Il détestait ne pas avoir tous les as en main.

- Ne t'inquiète pas, annonça-t-elle en riant. Il ne va pas tarder à arriver.

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A peu près au même instant, dans la douillette salle commune des Gryffondors, James Potter jeta un coup d'œil à sa montre.

- J'y vais. Je devrais être de retour d'ici une petite demi-heure.

Peter et Remus relevèrent les yeux distraitement de leur jeu et lui adressèrent un même sourire.

- C'est ça, lâche-nous, se contenta de grogner Patmol.

L'attrapeur leva les yeux au ciel avec une certaine irritation. Sirius avait toujours manifesté cette jalousie ridicule envers Lily Evans. Qu'il ne l'appréciât pas, il pouvait comprendre. Si la situation avait été inversée, il aurait sûrement exécré une fille traitant son ami de cette façon. Mais cette inimitié était née bien avant les nombreux refus qu'il avait reçus de la part de la jeune fille.
Il soupira. Bien qu'il tentât de tenir ses résolutions et de se maintenir à l'écart de son ancienne lubie, elle ne lui facilitait guère la tâche, et il n'avait pas pu refuser d'aller discuter avec elle à sa demande.

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- Tu vois, le souci, c'est que je veux bien assister à n'importe quel spectacle que tu as envie de voir, mais je me demande comment étant donné que le parc est quasiment désert. A part ces quelques abrutis là-bas. Même les moins frileux sont dedans, et toi, tu es dehors. C'est le monde à l'envers !

Lutha rit et se contenta de resserrer les quatre tours de son écharpe de laine autour de son cou.

- Tu n'as pas idée d'à quel point tu as raison, mon cher petit John...

- Petit ?

Il esquissa quelques gestes silencieux en faisant mine de comparer sa taille à celle de la chat-garou.

- Même debout sur un banc, je ne suis pas sûr que tu me dépasses, conclut-il d'une voix suffisante.

- Tais-toi et allonge-toi, ça va bientôt commencer.

Elle se laissa choir sur le côté du banc qu'elle avait dégagé, et, prenant son mal en patience, il fit de même de l'autre côté.

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James enfonça son bonnet de laine sur ses oreilles et sortit dans la neige. Il passa en souriant devant plusieurs groupes de jeunes en pleines batailles. Il dépassa également Lutha Layos et Jonathan Float qui discutaient, allongés anti-parallèlement sur un banc double, et se promit de le signaler à son meilleur ami en rentrant pour éviter que celui-ci restât grincheux tout l'après-midi.
Si Lily le vit arriver, elle n'en montra pas le moindre signe. Elle se tenait contre un arbre, les bras serrés autour d'elle-même, semblant sur le point de geler sur place.

- Salut, lui lança-t-elle d'une petite voix lorsqu'il se planta devant elle, mal à l'aise et les mains dans les poches.

Il hocha la tête.

- Tu voulais me voir, Evans ?

Elle baissa les yeux, les joues rouges, mais c'était sans doute plus un effet du froid, selon lui.

- Je... je t'ai demandé de venir parce que j'avais une question à te poser.

Il haussa les sourcils, attendant la suite. Elle pouvait lui poser des questions n'importe quand dans la salle commune.

- Je voulais savoir si tu n'avais plus envie de sortir avec moi et que c'est pour ça que tu ne me le demandes plus !

Elle avait lâché ça d'une traite et il dut se répéter ses paroles intérieurement pour être sûr d'avoir compris. Il avait l'impression qu'elle venait juste de lui jeter un manoir de quinze étages sur le crâne. Mais derrière l'hébétude, il sentit quelque chose de douloureux lui tordre l'estomac. Il n'était pas de ceux qui se mettent facilement en colère, mais elle, avec ce petit air innocent, avait réussi à lui ôter toute sa bonne humeur.

- Comment cela ?

Elle parut hésiter.

- Tu... tu sais bien. Tu passais ton temps à m'aborder et cette année... tu ne m'adresses plus du tout la parole.

Lorsqu'il répondit, sa voix était basse et froide.

- Je ne vois pas où est le problème. Ça ne devrait pas te déranger. Ce n'est pas toi qui disais encore il y a quelque mois que si je n'existais pas, ce serait un grand bienfait pour l'humanité ?

Il observa la jolie rouquine blêmir mais se refusa à être indulgent. Il avait envie de lui renvoyer les centaines de fois où son cœur s'était serré après des mots durs qu'elle lui avait envoyés d'un ton ennuyé, comme si c'était une banalité.

- Je... je suis désolée. J'ai dit beaucoup de choses que je n'aurais pas dû dire.

- Et tu étais tellement sûre que je reviendrais, quelque soit l'horreur que tu me servais, que ça ne te dérangeait pas de le faire, gronda-t-il.

- Je suis désolée, répéta-t-elle faiblement en regardant misérablement ses mains.

Il avait envie de la secouer un bon coup et de défouler sa hargne sur elle. Depuis le temps qu'il accumulait les blessures...

- Ça ne suffit pas d'être désolée ! S'exclama-t-il, blanc de colère. Je ne suis pas un jouet que tu peux avoir et jeter à ta guise parce que ça te flatte ! Lorsque j'ai décidé d'arrêter de te harceler, pour reprendre tes propres termes, j'ai pensé que ce serait mieux pour tout le monde ! Apprends qu'il n'y a strictement rien d'agréable à se faire repousser constamment, surtout de façon si peu aimable ! Je pensais que ça t'importunait, mais apparemment, ce n'était pas si mal d'avoir ta petite cour personnelle ! Et bien désolé mais il va falloir que tu trouves quelqu'un d'autre parce que moi, j'ai déjà donné !

Il souffla un grand coup, soulagé d'avoir dit ce qu'il avait sur le cœur. Elle semblait au bord des larmes.

- Je... ce n'est pas ce que tu crois.

Il ne croyait rien du tout. Il constatait. Il croisa les bras et la fixa d'un air impassible.

- Alors c'est quoi ?

- Je... je suis...

- Tu quoi ?! Tu es désolée ? Tu me l'as déjà dit ! Qui est vraiment immature, de nous deux ?!

- Je t'aime, abruti ! Cria-t-elle, poussée à bout.

Il se figea, abasourdi.

- Tu... QUOI ?!

Elle le regarda de ses yeux encore larmoyants.

- Tu ne mens pas ? Hésita-t-il avec méfiance.

Un air offusqué des plus convaincants se peignit sur le visage de la préfète et il leva les mains, un sourire remplaçant l'air sombre qu'il arborait quelques secondes plus tôt.

- Tu m'aimes ?! Elle m'aime ! Je l'aime ! Je t'aime ! C'est... incroyable ! J'étais bien convaincu que ça n'arriverait jamais !

Il en aurait presque sauté sur place. Il se figea soudain et la regarda d'un air perplexe et un peu mécontent.

- Mais... pourquoi tu n'as jamais accepté avant ?

- C'est parce que je ne m'en étais pas rendu compte, souffla-t-elle en rougissant de honte. Mary a bien tenté de me le faire réaliser mais je crois que je fermais volontairement les yeux. C'est Lutha qui m'a étalé sous le nez mes sentiments, et c'est ma mère qui m'a donné le courage de tout avouer... Et voilà !

James esquissa un large sourire incrédule.

- Si je rencontre ta mère un jour, fais-moi penser à la remercier ! Mais... Lutha Layos ?! C'est une égoïste !

- Pas du tout, sourit Lily. Désagréable, certes, mais elle n'est pas mauvaise.

Il ne répondit rien. La jeune fille grelottait vraiment de façon inquiétante, à présent. Très solennellement, il se pencha vers elle et demanda d'un ton grave :

- Lily Evans, acceptes-tu de sortir avec moi ?

Elle hésita un instant, comme titillée par de vieux réflexes, et plongea dans le regard noisette de l'attrapeur.

- Avec plaisir.

Sur le champ, James se défit de sa cape et la déposa sur ses épaules frissonnantes.

- En tant que petit ami officiel, je m'octroie le droit de porter tes affaires, te prêter ma veste, t'accompagner en cours, et tout ce qui me viendra à l'esprit plus tard !

Il la vit se crisper mais elle finit par hocher la tête avec une certaine raideur.

- Il y a autre chose que tu as le droit de faire.

- Ah ?

- Oui.

Elle se dressa sur la pointe des pieds et l'embrassa.

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- Ce n'est pas incorrect d'utiliser ta super ouïe pour épier ce genre de conversation ?

Lutha sourit en secouant négativement la tête. Tous deux observaient les deux Gryffondors enlacés sous leur arbre avec un identique sourire moqueur. Jonathan finit par se détourner pour fixer sa meilleure amie droit dans les yeux.

- Je ne peux pas croire que tu te sois traînée dehors pour... pour... ÇA ?!

Elle feignit d'être indignée.

- John ! Je viens de faire de toi le premier au courant de cette nouvelle ! Enfin, après eux et moi ! Tu devrais te mettre à genou et me baiser les orteils pour me remercier de ma gratitude, pas exprimer ce mécontentement malvenu !

Il se frotta la barbe d'un air pensif.

- Te baiser les orteils ?

- Bon... Peut-être pas. Mais tout de même !

Il sourit dans le vide d'un air énigmatique.

- Ce qui me fait vraiment me poser des questions, ce sont tes motivations... J'ai compris que tu étais finalement une sorte de philanthrope romantique non-assumée, mais... pourquoi ces deux-là en particulier ? Tu n'es pas non plus de nature extrêmement charitable et tu évites d'aider ceux que tu n'aimes pas; je ne pense pas me tromper en disant que tu n'apprécies pas Potter outre mesure, si ?

Elle se rallongea et observa le ciel grisâtre, pensive.

- Je suis sûre que de près, il n'est pas si mal, mais là n'est pas la question. Evans est plutôt sympathique.

- Ça ne te désigne pas pour être son ange gardien, si je ne m'abuse.

Elle fronça les sourcils. Son ami l'agaçait sérieusement, parfois.

- Amuse-toi tant que tu veux mais fais-toi une raison. J'aime bien ces deux-là et j'avais envie de faire un petit quelque chose de bien. Je ne sais pas... je sens que c'est important qu'ils soient réunis... pas toi ?

Il n'eut aucune réaction et se contenta d'enchaîner d'un ton soudain très léger :

- Crois-tu que Black te sera plutôt reconnaissant d'avoir rendu son meilleur ami heureux ou furieux que, par ta faute, Evans le lui ait "volé" ?

Elle poussa un grondement sorti tout droit de sa gorge.

- Si tu savais comme je m'en fiche...

- Vraiment ? Il ne m'avait pas semblé...

Elle leva les yeux au ciel, exaspérée. Elle savait parfaitement où il voulait en venir mais elle ne lui ferait pas le plaisir de l'aider un tout petit peu dans son délire phénoménal. Il décida d'ailleurs de ne pas pousser plus sur ce sujet pour aujourd'hui. Elle resserra les multiples épaisseurs de laine qu'elle avait sur le corps en frissonnant.

- On rentre ? Le spectacle est fini. James Potter et Lily Evans, couple de l'année. Ça va faire la une des deux journaux de l'école ou j'arrête de manger des hiboux...

Le grand blond grimaça et se contenta de se lever pour l'accompagner vers le confort du château.

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ooo

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Lily serra nerveusement le pull de James en franchissant le portrait de la Grosse Dame. James avait un sourire toujours aussi béat et elle ne pouvait s'empêcher de sourire à son tour en le voyant ainsi. Si elle avait su qu'elle finirait comme ça. Plusieurs personnes les observèrent d'un air curieux et surpris mais, à son grand soulagement, personne ne fit de commentaire à trop haute voix. Elle se laissa entraîner vers le petit coin obscur de salle commune qu'occupaient les amis de l'attrapeur. Sirius Black et Peter Pettigrow étaient absorbés dans l'étude d'une sorte de grand parchemin griffonné et Remus lisait. Il leva vivement la tête en les entendant approcher et un large sourire se dessina sur ses lèvres. Il ne paraissait pas vraiment surpris et il adressa un clin d'œil à la jolie rouquine. James se racla la gorge et les deux autres se retournèrent vers eux.

- Sirius, Remus, Peter, je pense que vous la connaissez déjà, mais je vous présente ma petite amie, Lily.

Peter écarquilla les yeux.

- Waouh ! Vraiment !? Je ne pensais pas que ça arriverait un jour !

Il donna une claque sur l'épaule de James en souriant. Lily croisa alors le regard de Sirius. Les yeux noirs de celui-ci la fixaient avec tellement de rage qu'elle recula d'un pas. Il avait la mâchoire crispée et les dents serrées. Au bout de quelques secondes, il finit par cracher d'une voix acide :

- Je n'en reviens pas du culot que tu as !

Il attrapa son écharpe et s'éloigna à grands pas. Le portrait claqua avec tellement de force derrière lui que tous les élèves présents sursautèrent. Lily avait blêmi. Elle se tourna vers James en quête d'explication. Il avait un regard sombre et la tête enfoncée dans les épaules.

- Ne t'occupe pas de lui, grommela-t-il. C'est un abruti.

- Mais...

Remus lui adressa un sourire apaisant.

- Ne t'en fais pas, Lily. Il ne va pas rester bien longtemps comme ça, j'en suis sûr. Il est juste un peu, euh... impulsif ?

Les deux autres hochèrent la tête sans hésiter, ce qui ne rassura pas pour autant la jeune fille. Qu'avait-elle donc fait qui méritât à ce point la haine de Sirius Black ?

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- La sale garce !

Un sorcier dans un portrait poussa une exclamation outragée.

- Oh, vous, la ferme !

Comment avez-t-elle osé ?! Comment pouvait-elle seulement avoir envisagée l'idée d'être proche de James après tout ce qu'elle lui avait fait subir ?! Les remarques cinglantes, les insultes, et ce ton méprisant qu'elle avait toujours employé à son égard ! Comment osait-elle faire comme si elle n'avait pas été une odieuse petite garce ?! Et James ! Ce sourire heureux sur son visage ! Ne se rappelait-il pas tous les soirs où il s'effondrait sur son lit, malheureux comme les pierres parce que cette idiote l'avait rembarré ?! Qui alors s'occupait de lui remonter le moral ? Qui le soutenait à ce moment-là ?! certainement pas elle, qui devait déjà avoir oublié les horreurs qu'elle lui avait dites ! C'était lui ! Sirius Black ! C'était lui qui posait la main sur l'épaule de son ami et qui le consolait du mieux qu'il le pouvait ! C'était lui qui avait réussi à pousser James pour qu'il se décide à tourner la page parce qu'une fille comme elle ne valait pas cet acharnement ! Et elle était revenue le chercher ! Elle avait osé lui faire ça ! Et lui il était content ! Oublié l'ami qui console ! Plus besoin de lui puisqu'il avait sa petite amie si merveilleusement ignoble ! Il avait bien envie de lui dire ses quatre vérités à celle-là ! Il s'était toujours retenu parce qu'il savait que ça aurait fait du mal à Cornedrue, mais là, elle avait outre-passé les bornes ! Et il allait lui faire comprendre le plus vite poss... !

BAM !

- AAAH ! P***** DE B***** DE M***** !

Le fessier douloureux, Sirius se releva brusquement et jeta un œil devant lui. Au milieu d'une dizaine de livres gros comme le syllabaire runique, Lutha Layos se frottait l'épaule avec une grimace de douleur.
Ah c'était bien sa veine ! S'il y en avait une qu'il n'avait pas envie de voir, c'était bien elle ! Avec son incapacité à faire des excuses et à se comporter cordialement ! Il avait presque envie de passer sa rage sur elle ! Il se retint toutefois au prix d'un immense effort de volonté.

- Désolé ! Aboya-t-il d'une voix sèche en se penchant pour ramasser quelques uns des ouvrages.

Elle se releva en récupérant le reste, l'air agacé.

- Ça t'arrive souvent de foncer au détour des couloirs ?

Il se pinça le nez et respira profondément trois ou quatre fois. Il fallait qu'il reste calme parce que s'il la frappait, vu son gabarit, elle allait voler sur quelques mètres.

- Non. Seulement quand je veux pas qu'on me cherche.

- Bah laisse-moi te dire que tu t'y prends mal en rentrant dans les gens ! Rétorqua-t-elle en récupérant les livres qu'il lui avait ramassés d'un geste sec.

- Il ne me semble pas t'avoir demandé ton avis, de toute façon !

Il voyait à travers sa colère qu'elle commençait à s'énerver.

- Et bien je te le donne quand même, Black ! Bonne soirée !

Elle partit en tapant des talons sur le sol et il ferma les yeux en comptant jusqu'à dix.

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- Hey !

Qu'est-ce qu'il lui voulait encore, le mollusque ?

- Hey, Layos, attends ! Je vais t'aider avec ça.

Elle aurait bien voulu le semer, mais avec dix kilos de livres dans les bras, ce n'était pas chose aisée. Il la rattrapa et lui prit plus de la moitié de son fardeau en réglant son pas sur le sien. Elle grinça des dents mais ne fit aucun commentaire. Ce type était bipolaire où elle ne s'y connaissait pas.

- Excuse-moi, grogna-t-il d'une voix un peu abrupte. Ce n'est pas après toi que j'en ai.

- Je sais.

Elle sentit le regard surpris qu'il lui lançait et leva les yeux au ciel.

- Je les ai vus dans le parc. Potter et Evans. Il s'agit bien de ça, non ?

A peine avait-elle prononcé leurs noms qu'elle sentit l'aura de colère se raviver autour de lui.

- Ouais !

Il bifurqua soudain, et, comme il portait la plupart des livres qu'elle venait d'emprunter, elle se trouva bien forcée de le suivre. Il s'engouffra dans la première salle déserte et posa la pile sur un bureau avant de se retourner vers elle.

- Ca mettrait n'importe qui en rage, à ma place ! Cette garce ne mérite pas un type comme lui ! C'est comme s'ils avaient oublié tout leur passé et que désormais le reste ne compte plus !

Elle l'observa en s'efforçant de ne pas trop laisser paraître son ébahissement. Il semblait trouver parfaitement normal de lui exposer ses problèmes, là, un samedi soir, en plein milieu d'une salle de classe déserte, d'une voix moitié colérique, moitié plaintive, et en agitant les bras avec véhémence.

- Euh... Fut la seule réponse brillante qu'elle trouva à lui apporter.

Mais visiblement, cela dut lui suffire, car il enchaîna :

- Evans n'en avait rien à foutre de lui ! C'était juste un petit toutou à qui elle pouvait dire "non" et sur qui elle pouvait se défouler quand elle avait envie de passer son agacement sur quelqu'un ! Est-ce qu'elle a déjà eu une petite parole aimable pour lui ? Non ! C'était un moins que rien à ses yeux ! Et maintenant qu'il était résolu à passer à autre chose, madame change d'avis ?! Finalement, un gars qui crève d'amour pour elle, ça lui irait bien ? Elle peut en avoir d'autres, des mecs ! James, il mérite une fille qui l'aime tel qu'il est, et qu'il aime autant que lui ! Pas une fille qui le transforme en loque !

Médusée, Lutha l'écouta reprendre son souffle. Lorsqu'il sembla un peu calmée, elle lança d'une voix hésitante :

- Tu sais, Black... Si je ne savais pas que c'est faux... je penserais que tu aimes Potter...

- Bien sûr que je l'aime !

- Euh...

Il parut saisir ce qu'elle voulait dire et son expression de colère se mua en un air sceptique.

- Quoi ?! Mais non, pas du tout ! C'est mon meilleur ami, je le protège, c'est tout ! Float fait bien pareil pour toi !

Elle haussa un sourcil. Qu'en savait-il ? A sa connaissance, à part quand il l'avait drogué, il n'avait pas tellement eu l'occasion d'en apprendre su John. mais bon, elle avait d'autres chats à fouetter pour le moment que de se poser des questions.

- Si tu veux son bonheur, Black, va falloir que t'acceptes Evans, parce qu'elle en fait partie.

Elle craignit un instant qu'il ne repartît sur sa lancée en surprenant l'éclat de rage qui lui traversa les yeux, mais il se contenta de marmonner :

- Et moi, je deviens quoi, dans tout ça ?

La chat-garou leva les yeux au ciel.

- Bon sang, Black ! Potter t'aime aussi comme un frère : Je n'en reviens pas que j'ai besoin, moi, de te faire la leçon là-dessus ! Il ne va pas te laisser tomber, tu crois quoi ? Tu fais aussi partie de son bonheur, j'en suis sûre ! Mais va falloir composer avec Evans, parce que contrairement à ce que tu penses, elle est aussi dingue de lui que lui d'elle. Elle a juste mis plus longtemps à s'en rendre compte ! Maintenant par ta faute faut que je me lave la bouche parce que j'ai dit vraiment trop de trucs niais en une seule tirade !

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Sirius observa la Serdaigle avec de grands yeux. Elle avait un air dégoûté que démentait pourtant la flamme qu'il voyait flamber dans son regard. Il n'en revenait pas d'avoir entendu ça de sa bouche ! Et à présent, il n'en revenait pas de s'être confié à elle ! Comment était-ce arrivé ? Il retourna ses paroles dans sa tête. Comment pouvait-elle être sûre des sentiments d'Evans ? Et Comment pouvait-elle affirmer tout ça ? Il ouvrit la bouche pour l'interroger mais elle lui coupa l'herbe sous le pied :

- Si tu veux préserver ton amitié avec ton idiot de copain, de toute façon, tu n'as pas le choix, Black. Maintenant, si tu veux bien, soit me rendre mes livres, soit finir de m'accompagner à ma salle commune, j'apprécierais. Tu me retardes, là.

Il ne put retenir un sourire en l'entendant revenir à la normale. Reprenant la pile de bouquins, il la suivit dans le couloir en la dévisageant. Elle regardait droit devant elle avec les lèvres serrées mais il sentait qu'elle n'était pas contrariée.

- En fait, Layos... T'es plutôt sympa une fois ta couche de snobisme fondue...

- Ta gueule, Black.

Il sourit, aux anges.

- Qu'est-ce qui te fait avoir ce sourire digne d'un monstre de film d'horreur.

- Oh, je me disais juste que si tu commences à être grossière avec moi, c'est que tu commences à laisser tomber ton foutu masque.

S'il ne savait pas pourquoi on utilisait l'expression "se raidir", à présent il en avait eu une démonstration exceptionnelle. Des pieds jusqu'à la tête, on aurait dit que Layos avait verrouillé toutes ses articulations. Elle se retourna vivement vers lui et lui arracha quasiment ses livres des mains.

- Fais-moi plaisir, Black. Résous les problème de ta propre vie et laisse ceux des autres en paix. T'en as déjà bien assez pour toi tout seul.

Elle le planta au milieu du couloir. Il soupira bruyamment. Elle lui avait peut-être apporté le calme, mais il semblait que lui ait eu l'effet inverse sur elle. Cette histoire de masque semblait être le point faible de sa carapace, et il comptait bien l'utiliser pour la faire éclater.

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- John ! Il faut que tu m'aides !

Le jeune homme leva un regard surpris sur sa meilleure amie. Celle-ci s'était effondrée avec une pile de livres impressionnante.

- Euh... Je ne peux pas porter ça jusqu'au dortoir, tu sais, les garçons ne peuvent pas... Ah. Ce n'est pas ça. Que se passe-t-il ?

Il l'observa attentivement. Elle semblait agitée. Elle qui maîtrisait toujours ses émotions négatives était à présent dans tous ses états. Elle regarda autour d'eux pour s'assurer que personne n'était suffisamment proche pour entendre et se pencha vers lui.

- C'est Black !

Il se frotta la barbe. Sa voix était plus aiguë que d'ordinaire.

- Quoi Black ?

- Je lui ai dit de se la fermer !

Perplexe, il se demanda si elle n'avait pas subi un mauvais sort.

- Bien que ce ne soit pas très poli de ta part, je ne vois pas où est le problème...

- Le problème c'est que je commence à être familière avec lui ! Il n'y a que deux personnes à qui je dis de se la fermer ! Toi et Zephyr ! Pas Black !

Le grand blond soupira.

- Que veux-tu que j'y fasse ? A part l'éviter, je ne vois pas de solutions. Et encore, je ne suis pas sûr que ça marche. Si tu te rapproches de lui, ça ne fera qu'un ami de plus, ce n'est pas dramatique, si ?

Elle le fusilla du regard.

- Tu sais que je ne pourrai pas considérer Black comme un ami. Tu es bien un expert en psychologie, non ? Il doit bien y avoir des moyens d'empêcher que ça arrive !

Il sourit.

- Désolée, Lutha. Je n'ai aucun remède. Si tu es entrée dans la spirale et que tu sais où elle te mène, ça ne va pas s'arrêter. A moins de ne plus lui parler du tout, tu y vas tout droit.

Elle le regarda droit dans les yeux en serrant les dents.

- Ecoute-moi bien, John. Je. Ne. Vais. Pas. Tomber. Amoureuse. De. Ce. Crétin. Décérébré. Point final.

ooooo

ooo

ooooo

J'ai hésité pour la fin, mais j'ai pas pu résister ;P

J'espère que ça vous a plus =) J'essaye d'écrire la suite pas trop lentement, promis ;)

Je progresse, je commence à écrire les réponses aux reviews à seulement 4h15 du mat -"

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Dedellia - Merci de me pardonner du délai xD. Je ne sais pas trop si ta review est positive ou négative mais j'ai l'impression que c'est plutôt positif alors merci ^^. Et merci de me suivre depuis tout ce temps ! Et t'inquiète, c'est pas égoïste de vouloir la suite... moi quand je me relis, je me demande parfois "et pourquoi j'ai pas encore écrit la suite, là ?" A p'luche ! =)

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Yoh-nee - Oui, j'aime remettre Sirius à sa place, cela dit, Lutha mériterait aussi que ça lui arrive des fois :D. Pour Eragon, oui, j'écris une fanfic, mais comme j'ai la fâcheuse tendance d'écrire de façon chaotique et dans le désordre, non, elle n'est pas publiée pour l'instant, mais sans doute le sera-t-elle un jour (un jour, mon prince, la la la...). Merci pour ta review en tout cas, ça me fait plaisir =). A bientôt !

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PoissonRouge - Tu ne me détestes pas, ma chère petite, tu m'adores :p. T'étais pas obligée de tout relire, je t'avais juste dit qu'il y avait UN nouveau chapitre, c'est toi qui es pas sérieuse, tss tss tss. merci pour le compliment, c'est vrai que je suis plutôt contente des évolutions =). Et si tu voulais de l'explosif, dans ce chapitre, tu es servie, parce qu'il y en a eu plus que prévu initialement xD. On se voit bientôt ;D

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Chloris - Je te pardonne, vu le temps que j'avais mis à publier, je peux comprendre ^^. Comme toujours, merci, ça fait toujours plaisir quand on me dit que c'est super (tête qui enfle...) Ok, c'était cramé, mais n'empêche que c'était drôle à écrire, na :p. Le type à l'entrée travaille au ministère, et si on est très attentifs, certains signes ne trompent pas pour reconnaître un chat-garou. Ajoute à ça la chevelure blanche qu'ont tous les chats-garous qui pratiquent la magie, et quelqu'un de connaisseur dans ce domaine peut en reconnaître (mais bon c'est pas donné à tout le monde sinon ce serait pas drôle ^^). John te dit merci de l'aduler, mais il a déjà sa petite sœur qui monte un fan club (tu pourras t'inscrire :p). J'espère que ce chapitre a été à la hauteur (même si Sirius et Lutha ne s'engueulent (presque) pas xD. Tchou !

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Erza Robin - Chalut ! Merci ! (même si c'ets pas bien de lire trop sur l'ordi d'un coup et bla bla bla, ne m'écoute pas, j'aime qu'on lise ma fic xD). Bye !

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Zuutt - Ouuuuuuuh Ouuuuuuuuh ! Bah oui, je suis une revenante, alors je fais le fantôme... C'était nul ? Mais euh ! T'inquiète pas, je compte pas l'arrêter, j'ai juste parfois quelques périodes de panne d'inspiration ;). J'ai posté plus rapidement (bon, pas exceptionnel mais c'est déjà ça, non ? - regard de Bambi). Y a qu'un chapitre mais il est très gros ! Mais je vais faire un effort pour en écrire deux autres, promis ! xD A peluche !

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Arwinia - Tu sais que j'ai relu tout mon chapitre deux fois de suite avant de tilter de quoi tu parlais avec "la tirade qui n'a jamais existé" ? xD Bon du coup j'ai bien ri en me relisant et oui, j'aime aussi cette tirade ^^. Rapprochement avec Sirius ? Le déclenchement a eu lieu, c'est une question de temps :D Tu verras bien par la suite =). A bientôt !

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Lunatique - Tu peux me tutoyer (qui sait qu'aurait eu l'air embêté si j'avais dit que non, hein ? :p). je te crois, j'ai déjà fait ça avec des fics (mais que j'estimais meilleures que la mienne, par contre xD). Le compliment me va droit au cœur et je suis contente que ta punition t'ai fait découvrir ma fic (même si dit comme ça, on dirait que je contente de la punition, mais euh c'est pas ça :D). Je te laisse le soin de découvrir la suite par toi- même (mais si t'es déjà là, c'est que t'as dû la lire ^^). A+ =)

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re-Moi - Et ben mes chocolats ils sont même pas sous le lavabo, na ! Et tu sais pas où ils sont parce qu'il sont cachés dans ma table de nuit ! Na ! Euh... je crois que je viens de me faire rouler, là ^^. T'inquiète, j'ai déjà promis, j'en mourrai s'il le faut mais je finirai cette fix ! (fic c'est mieux). Pas mal de méchanceté ici aussi, mais plutôt envers une certaine rouquine (bah oui hein, elle l'a un peu mérité aussi...). Non non, tu fais bien de me le faire remarquer, après tout, on sait jamais, peut-être que quand j'écris je suis en transe et qu'après j'oublie tout, hein ? ^^ "Génialissime" ? Ben... merci, ça me fait drôlement plaisir ! Et sache que je déteste pour m'avoir parlé de tous ces gâteaux parce qu'à quasi 5h du mat, mon estomac il crie "famine ! famine !" xD Ornithorynque ! (et que la force soit avec toi)

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Betouni - Coucou ! merci merci ! Ça fait toujours plaisir ! A bas les Drago, Vive les Sirius ! (nan, me lynche pas !) J'aime bien Drago, mais je préfère les beaux bruns ^^. Merci vraiment pour ces compliments, ça me fait super plaisir ! J'espère encore progresser et quand je finirai, avoir vraiment amélioré mon style =). A bientôt !

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CFLM angel - Merci pour cette review... comment dire... claire, brève mais positive ! ;D