17/09/14 - 01/11/14
Et allez ! C'est parti pour un nouveau chapiiiiitre ! On se motive et on ignore la fête qui a une musique super bruyante dans le voisinage (sinon on va commettre un meurtre ^^)
Donc concentration sur la petite Lutha et le beau Sirius, sur le trop intelligent Jonathan et le calme Remus, sur l'attachante Lily (oui, moi je l'aime bien, na) et l'agaçante Mary, sur l'adorable Zephyr et le celui-que-je-n'aime-pas-malgré-tous-mes-efforts Peter :D (mais j'ai fait l'effort d'un point de vue de lui)
Désolée pour le retard, la rentrée s'est révélée plus rude que prévu. Quand on fait de la physique fondamentale, faut s'accrocher xD. En tout cas j'ai plus d'exam jusqu'à la rentrée donc je vais essayer de boucler ce chapitre pendant ma semaine de vacances ;D (et arrêtez de m'en vouloir, parce que même si j'aime ça, manger de la physique à toutes les heures, c'est fatigant aussi xD)
Bonne lectuuuuuure ! (pour ne pas changer ^^)
Lorsque Sirius se leva à la fin du cours, il était d'extrêmement bonne humeur. La journée s'annonçait très prometteuse. Tout d'abord, la tension entre James et Evans avait disparu. Ensuite, Remus passait à nouveau du temps avec eux sans se sentir coupable. Et enfin, il avait réussi à ce que Layos ne se mît pas en colère alors même qu'il lui avait parlé de sa face cachée. Sans oublier, cerise sur le gâteau, que le cours qu'ils venaient d'avoir avait été passionnant. Bref, tout lui souriait. Il se leva et sortit de la classe derrière James et Peter. Il se raidit aussitôt. Ses amis s'étaient également arrêtés, interdits. Appuyé sur le mur en face de la porte, l'air mécontent, Regulus Black, le fixait d'un œil sombre.
- Allez-y, je vous rejoins, souffla Patmol à ses amis.
Il les regarda tandis qu'ils s'éloignaient avec le reste des Gryffondors et et des Serdaigles. Une fois seul face à son petit frère, il se tourna vers celui-ci d'un air méfiant.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Nous devons aller chez le directeur. L'oncle Alphard est mort.
Il avait dit cela d'une voix froide. Était-il réellement indifférent à cela ou était-ce son horrible habitude de camoufler tout ce qu'il ressentait, Sirius n'aurait su le dire. Sa gorge se noua mais il ne tenait pas à montrer sa peine à son frère et il arbora la même expression neutre que lui.
- Je te suis, de répondit-t-il d'une voix que la douleur rendait quasiment inaudible.
Son cadet tourna aussitôt les talons, comme s'il ne supportait pas sa vue plus longtemps, et Sirius lui emboîta le pas. Ressentant l'étrange impression d'être observé, il se retourna tout en marchant et aperçut Layos qui le dévisageait, l'air insondable depuis la porte de la classe. Elle avait dû assister à toute la scène.
Lorsqu'ils arrivèrent devant la gargouille qui gardait le bureau du directeur, celle-ci s'ouvrit toute seule face à eux. Silencieusement, ils montèrent sur l'escalier de pierre en colimaçon qui tournoyait et arrivèrent directement dans le bureau du professeur Dumbledore dont la porte était ouverte. Le Gryffondor se crispa aussitôt, tous les muscles de son corps tétanisés. Assis face au directeur se tenaient ses parents. Ils se retournèrent à leur entrée, et, si Orion Black pinça les lèvres en posant un regard dédaigneux sur son fils aîné, la totale ignorance de sa mère à son égard lui fit encore plus mal. Il se morigéna intérieurement. Comment pouvait-il encore s'autoriser à espérer quelque chose de cette horrible femme ?
Elle sourit à Regulus et lui fit signe de venir à côté d'elle. Quant à Sirius, il s'avança et resta debout à côté du bureau, aussi éloigné que possible de sa famille. Il crut percevoir quelque chose qui ressemblait beaucoup à de la pitié dans le regard que Dumbledore posa sur lui et sa gorge se serra. Le directeur s'éclaircit ensuite doucement la voix.
- Le service des Sceaux officiels m'a remis ce document à votre intention, madame, déclara-t-il poliment.
Walburga Black tendit sa main décharnée vers le parchemin et brisa le sceau magique avant de lire le document silencieusement. Perplexe, Sirius observa son visage devenir livide au fur et à mesure de sa lecture, et, lorsqu'elle l'eut achevée, le peu de couleur de son visage avait totalement disparu. Elle leva alors enfin les yeux vers lui et lui adressa un regard furieux en tendant le rouleau à son époux. Celui-ci le lut à son tour avant de fixer Sirius également.
- Alphard te lègue tout ce qu'il possédait, dit-il d'une voix sèche et mécontente.
Un éclair d'indignation passa dans le regard de Regulus. Le Gryffondor observa tour à tour Dumbledore, qui souriait d'un air paisible derrière son bureau, sa mère, toujours blême de rage, et son père, qui avait une expression passablement dégoûtée. Il avait toujours bien aimé son oncle Alphard, même si celui-ci n'était pas très patient avec les enfants. Persuadé comme le reste de sa famille que le sang était important, il avait renoncé à l'amour de sa vie, une née-moldue, et avait vécu seul de longues années. Lorsque Sirius avait fugué l'an passé, son oncle était le seul membre de sa famille qui avait continué à correspondre avec lui, et, même au seuil de la mort, il avait songé à lui, sachant qu'il n'aurait jamais rien de ses parents. Une étrange émotion qui était un mélange de peine et de joie lui étreignait la poitrine avec force. Il regrettait douloureusement de n'avoir jamais cherché à se rapprocher de lui-même d'Alphard. Il n'aurait jamais pensé que celui-ci pût l'apprécier assez pour tout lui léguer. En l'absence de testament, ses biens seraient revenus à sa mère.
- Bien sûr, annonça doucement le directeur, je vous dispense d'aller aux autres cours aujourd'hui. Mr et Mrs Black, vous êtes les bienvenus pour rester auprès de vos enfants, si vous le désirez.
Il y avait cependant une certaine froideur dans sa voix. Sans accorder un regard à leur fils aîné, les Black hochèrent la tête et sortirent du bureau de Dumbledore côte à côte. Les mains enfoncées dans les poches, le regard renfrogné et le cœur serré, Sirius se retourna avec brusquerie vers le directeur.
- Au revoir, monsieur.
Il fit quelques pas vers la porte mais la voix paisible du vieil homme le retint.
- Mr Black. Si vous le souhaitez, je ne verrai pas d'inconvénient à ce que Mr Potter manque également ses cours.
- Merci.
Sans un mot de plus, la gorge nouée par l'émotion, le sang-pur emprunta le même chemin que sa famille quelques secondes auparavant. Il ne savait pas s'il aurait le courage d'aller chercher James. Il avait l'impression que toutes ses pensées avaient été remplacées par un nuage blanc et cotonneux qui lui obscurcissait les idées. Il commençait à prendre automatiquement le chemin de la tour de Gryffondor lorsque son meilleur ami surgit au détour du couloir. Il le regarda avec surprise.
- Tu... tu n'es pas en cours ?
Cornedrue esquissa un sourire.
- Une certaine Serdaigle de ta connaissance est venue me courir après pendant qu'on y allait pour me dire que tu avais besoin de moi.
Une petite chaleur brûla quelques secondes dans l'estomac de Sirius, appliquant un baume apaisant sur le vide émotionnel qu'il ressentait. Silencieux, il observa James s'approcher et lui passer un bras autour des épaules.
- Viens, allez. On va prendre l'air.
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James observait avec attendrissement sa charmante petite amie froncer le nez en triant ses ingrédients de potion périmés. Depuis quelques semaines, malgré la période de dispute qu'ils venaient de traverser, il avait l'impression de ne pas vivre la réalité. Il avait du mal à se figurer que, dehors, un dangereux mage noir faisait des ravages. Il avait l'impression que les examens n'avaient strictement aucune importance. Toutes les choses dont il aurait dû se soucier disparaissaient de son esprit sitôt qu'il se rappelait qu'enfin, après des années, il était pleinement heureux. La jolie rouquine lui sourit et lui fit un baiser d'esquimau. Il avait découvert qu'elle adorait ce petit rituel et comme cela l'amusait énormément, il se prêtait au jeu avec le sourire.
- Alors, comment va Sirius ?
Il haussa les épaules.
- Il dort, ce qui, pour lui, à cette heure-ci, est exceptionnel. Je crois qu'apprendre la nouvelle était déjà un choc, mais voir sa famille au complet était trop pour lui. Il a beau les avoir rejetés comme ils l'ont rejeté... il ne cessera jamais d'espérer en regardant sa mère ou son petit frère. Quand je le vois, je me dis que j'ai beaucoup de chance que mes parents soient ouverts d'esprit.
- Mmh... Mais comment Lutha savait-elle ce qui se passait ?
- Apparemment, elle a surpris la conversation en sortant de la classe de DCFM. Elle était restée pour poser une question à Spare. Tu sais, je pense que Sirius a raison à propos d'elle. Elle n'est pas aussi froide qu'elle veut le laisser croire. Mais je ne comprends pas pourquoi quelqu'un se montrerait volontairement désagréable ou méprisant à l'égard des autres. On ne récolte rien, ou que du négatif, en agissant ainsi. Elle cache forcément quelque chose.
- Elle a sûrement ses raisons.
Le maraudeur acquiesça silencieusement. Il savait pourquoi Sirius menait ce combat acharné. Certes, il s'entendait particulièrement bien avec la petite Grecque - enfin, c'était une façon de parler - mais il éprouvait surtout le besoin irrépressible d'aider tous ceux qui semblaient coincés dans ce genre de situation. A trois reprises, il l'avait vu tendre la main à des sangs-purs qui ne paraissaient pas entièrement convaincus du bien-fondé de leurs croyances. Seul l'un d'entre eux l'avait écouté. Mais l'échec qui restait sans doute le plus en travers de la gorge de son ami était son petit frère. James savait qu'ils avaient été proches pendant leur enfance, et Sirius avait espéré pouvoir soustraire Regulus à l'influence néfaste de ses parents, mais, au contraire, c'était l'exact inverse qui s'était produit. Bien qu'il fît semblant de ne pas en être affecté, James savait que Patmol souffrait de la cruauté de ses parents à son égard, et encore plus du rejet de son frère.
Il se demanda, si, comme les trois autres avant elle, Layos comprenait pourquoi Sirius s'acharnait sur elle. La situation était toutefois un peu différente avec elle, car elle avait démarré de façon très différente. De plus, il n'était pas très sûr qu'elle soit une sang-pur. Comme l'avait souligné son ami aux vacances de Noël, elle avait une très grande connaissance de la culture moldue qui laissait penser qu'elle devait sûrement avoir grandi parmi eux.
Lily interrompit soudain le fil de ses pensées.
- En tout cas, elle est bien plus généreuse qu'elle n'en a l'air. Je me demande pourquoi elle n'a jamais fait des choses comme ça avant. L'anonymat l'empêchait sûrement d'avoir à se tourner vers les autres. Enfin, tout ce qui compte, c'est qu'elle m'a fait réaliser à quel point tu es adorable, sourit-elle en se penchant vers lui.
Oubliant en une seconde Sirius, Layos et Regulus, James s'abîma dans les beaux yeux d'émeraude de Lily Evans.
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Poussant un soupir de frustration, Lutha ratura un énième début de lettre. Pour la première fois de sa vie, elle ne trouvait pas ce qu'elle allait écrire à Zephyr. Tout d'abord pour la bonne raison qu'elle devait se montrer prudente avec le contenu de son courrier, au cas où il tomberait entre de mauvaises mains en Grèce, et ensuite, elle connaissait suffisamment bien le chat-garou pour savoir comment il réagirait aux nouvelles qu'elles avait à lui annoncer. Abandonnant la partie quelques instants, elle releva les yeux distraitement sur les autres personnes assises à sa table. Un groupe de révision s'était organisé en prévision des ASPICs, que les élèves voyaient arriver très vite avec angoisse, depuis que Noël était passé. Quelques fois, Jonathan et elle se joignaient à eux, mais, la plupart du temps, ils révisaient seuls, ou juste tous les deux. Elle croisa le regard d'Elisabeth qui semblait désapprouver son inactivité et leva les yeux au ciel. Son diplôme de sorcellerie ne vaudrait de toute façon pas grand-chose en Grèce. De plus, elle ne s'inquiétait pas outre-mesure pour les examens. Elle avait eu tous ses BUSEs en cinquième année et ses notes restaient encore à un niveau très acceptable.
- Euh, Lutha ?
Avec surprise, elle dévisagea celui qui l'avait interpellée. Il s'agissait de William Finnigan.
- Oui ?
- John m'a dit que tu avais pris des notes très bien rédigées sur les sortilèges d'apparition. Je peux te les emprunter ? Je crois que quelqu'un a vomi sur les miennes.
Il agita ses parchemins dont l'encre s'était diluée dans une tâche brunâtre. Avec une grimace de dégoût, elle acquiesça et lui tendit ses propres cours, se rappelant de dire à son meilleur ami de ne pas parler d'elle aux autres élèves de Serdaigle. Ledit meilleur ami entra d'ailleurs à ce moment-là dans la salle commune et rejoignit sans hésiter les élèves de son année. Quasiment personne ne leva les yeux vers lui lorsqu'il tira la chaise voisine de la petite Grecque et se laissa tomber en soupirant à côté d'elle.
- Alors, ce cours de soins aux créatures magiques ? Chuchota-t-elle pour ne pas se faire réprimander par les autres.
Il leva les yeux au ciel en grimaçant, comme toujours.
- Oh, un désastre. Le professeur Brûlopot n'a rien trouvé de mieux que des bébés chimères à dresser pour le mois à venir. Ce type est cinglé. Lorsqu'il partira à la retraite, j'espère pour les suivants qu'il mettront enfin quelqu'un de raisonnable à ce poste !
Lutha étouffa un rire, déclenchant des claquements de langue agacés de la part de ses camarades.
- Allons dans notre petit coin, on sera plus tranquille et Lucy y est déjà, souffla-t-elle alors à John, peu désireuse de se mettre au travail.
Il hocha la tête et ils reprirent un volume normal de conversation dès qu'ils se furent suffisamment éloignés des autres.
- Qu'est-ce que tu faisais pendant que j'étais en cours ?
- J'essayais d'écrire à Zephyr.
Elle le vit hausser un sourcil, perplexe.
- Tu essayais ?
- Oui. Je sais de quoi lui parler, mais je ne sais pas comment.
Un sourire s'étala sur le visage du grand blond et elle soupira.
- Tu veux lui parler du fameux "trop tard" ?
Elle haussa les épaules. Si Jonathan pouvait parfois être l'épaule parfaite pour un soutien, s'il pouvait être les mots de réconfort, s'il pouvait être la justification de n'importe quel acte, il se montrait parfois si agaçant dans ses moqueries qu'elle se demandait si on gagnait vraiment à l'avoir pour ami. Pour la dixième fois au moins depuis deux jours, il lui demanda ce qu'elle comptait faire à ce sujet.
- Je te l'ai déjà dit. Rien du tout.
- Mais tu reconnais que Black ne te laisse pas indifférente ?
A son grand dam, elle recommença à rougir. Une sensation dont elle commençait sérieusement à penser qu'elle allait être contrainte de s'y habituer.
- Ferme-la un peu, John.
- Je prend ça pour un oui.
Elle se contenta de lever les yeux vers le plafond en soufflant profondément.
- Donc, puisque, apparemment tu es incapable de renoncer complètement à la tentation, je réitère ma question : comment vas-tu faire ?
Elle le regarda droit dans les yeux avec l'air le plus sérieux du monde.
- Honnêtement ? J'hésite entre un sortilège de mort ou un simple coup de couteau dans le cœur.
- Euh... quoi ?!
Un sourire carnassier étira les lèvres de la chat-garou, accentué par ses canines aiguisées.
- Tu me demandes comment je vais résoudre mes problèmes. Tu es mon problème. je réfléchis donc à la manière de te supprimer.
Il lui tira la langue d'un air moqueur.
- Les problèmes sont dans ta tête, ma vieille. Je ne fais que les exprimer à haute voix.
- Donc tu es mon problème, actuellement, puisque, de toute évidence, je semble avoir décidé d'adopter le comportement de nos amies les autruches.
- Tu aimes les autruches ?
- Quand c'est bien rôti, c'est très bon, je te conseille d'y goûter au moins une fois dans ta vie.
- J'essaierai.
- Tu te régaleras.
- S'enfouir la tête dans le sable ne fera pas disparaître tes problèmes.
- Si je le fais jusqu'à la fin de l'année, théoriquement, si. Une fois rentrée en Grèce, plus de Black, plus de problème à résoudre.
- Tu es désespérante.
Au fil de leur discussion stérile, ils étaient arrivés devant leur salle désaffectée. John ouvrit la porte, adressa un signe de tête à Lucy qui relisait son livre d'histoire de la magie d'un air ennuyé, s'étant apparemment appliqué un sortilège de surdité pour éviter tout dérangement, et s'assit face à Lutha avant de reprendre la conversation.
- Je maintiens que tu devrais faire quelque chose pour faire changer la situation.
La plus petite des Serdaigles ne voyait pas pourquoi. Tout ce qu'elle pourrait faire ne mènerait à rien, alors le mieux était de rester dans un état de stagnation. Elle éviterait ainsi une trop grande évolution, et à la fin de l'année... Il adviendrait ce qu'il adviendrait, mais elle n'aurait probablement pas de place dans sa vie pour conserver des relations stables avec les élèves de ses années d'études à Poudlard, quoi qu'elle fasse.
- Je ne ferai rien, John. Rien de ce que tu me diras n'y changera quelque chose. En supposant que, comme tu le voudrais, tout aille pour le mieux, en juin, quand je repartirai en Grèce, tout ça n'aura servi à rien.
Il eut alors une réaction qu'elle n'avait jamais vue chez lui. A l'évocation de son retour en Grèce, il adopta une expression fermée et détourna le regard en plissant toutefois les yeux d'un air calculateur. Mal à l'aise, elle l'observa attentivement. Elle l'adorait. Il était la première personne en dehors de Zephyr pour qui elle avait jamais eu une si grande affection. Malgré cela...
- Jonathan. Je veux que tu me fasses une promesse.
Il haussa un sourcil en la fixant à nouveau.
- Ça dépend quoi, répondit-il avec méfiance.
Elle jeta un coup d'œil du côté de Lucy mais celle-ci semblait toujours ne rien entendre, encore plongée dans ses révisions d'histoire de la magie.
- Je veux que tu me promettes, murmura-t-elle, que tu ne tenteras pas de m'empêcher de retourner en Grèce, que tu ne t'inquiéteras pas dans le cas où tu n'aurais plus de nouvelles, et que tu ne viendras jamais de ta propre volonté là-bas.
Il la fixa longuement sans ciller. S'être forcée à dire ça avait sans doute été l'une des choses les plus difficiles qu'elle eût faites.
- En somme, tu me demandes de faire comme si notre amitié n'avait jamais existé pendant sept ans à la fin de l'année ? Souffla-t-il à mi-voix.
Elle hocha la tête, se demandant quelles pensées pouvaient bien s'agiter derrière ce regard gris clair impénétrable.
- Je vais y réfléchir, finit-il par répondre, l'air songeur.
Elle le dévisagea. Il comprenait probablement les raisons de sa demande, mais elle ne savait pas s'il accepterait de la laisser décider. Dans un cas comme dans l'autre, elle espérait que cela n'altérerait en rien leur amitié pour les quatre mois à venir.
Il la rassura sur ce point en l'interpellant quelques minutes plus tard.
- Nous n'avons pas eu la conversation que je voulais avoir sur la culture des artichauts, l'autre jour. Tu penses que si je les cueille avant qu'ils soient complètement mûrs, ils seront quand même utilisables pour préparer une soupe de légumes ?
Elle le fixa pendant quelques secondes avant d'éclater de rire, la tension que la précédente conversation avait accumulée se relâchant d'un coup.
- Tu es stupide, John.
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ooo
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Aussi surprenant que cela parût, Lutha et Jonathan classèrent tous deux l'étrange conversation qu'ils avaient eue dans un coin inaccessible de leur mémoire et jamais ils n'abordèrent le sujet, pas plus qu'ils n'y pensèrent. En revanche, le grand blond continua de taquiner sans vergogne son amie à propos de Sirius Black et celle-ci dut se faire une raison. Elle devrait supporter cette nouvelle forme de sarcasme jusqu'à la fin de l'année.
Incapable de s'en empêcher, elle passait environ deux soirées par semaine chez les Gryffondors. Sous le nom de "Noisette", que les quatre garçons avaient tous adopté, elle s'amusait à observer les idioties des quatre adolescents, écoutant parfois leur longues conversations à propos de ce qu'ils feraient une fois l'école finie. Une fois, elle les avait même suivis lors d'une excursion durant laquelle ils s'étaient caché sous une cape d'invisibilité, apparemment à James. Elle leur avait sauvé la mise en débusquant Mr Tique qui, s'il ne pouvait guère les voir à travers l'objet magique, pouvait sans nul doute les sentir. A partir de ce jour, Black comme Pettigrow mirent un peu de côté leur aversion pour les chats et elle ne recevait plus aucune remarque désagréable lorsqu'elle s'introduisait dans leur dortoir.
Elle reconnaissait volontiers, comme le lui faisait remarquer son meilleur ami, que ce comportement était parfaitement malsain mais une fois qu'elle avait commencé à les observer, elle ne pouvait plus s'arrêter. C'était comme si elle découvrait une forme d'amitié qui mélangeait l'affection fraternelle qu'elle partageait avec Zephyr, le plaisir des sarcasmes et les longues conversations qu'elle avait avec John, et un petit quelque chose de plus qui se sentait dans les regards que s'échangeaient Potter et Black, ou dans l'expression protectrice qu'ils avaient tous en observant Remus.
Ses observations avaient ouvert le champ à de nouveaux sujets de discussions avec Jonathan et ils passaient parfois une soirée entière à discuter des relations d'amitié d'un ton passionné. Lutha, qui avait toujours trouvé que l'habitude d'observer les autres de son ami tendait un peu vers le voyeurisme, comprenait à présent que ce n'était pas le goût pour les ragots qui le poussait à agir, mais simplement une fascination tout à fait naturelle pour les liens qui pouvaient se tisser ou se défaire entre les gens.
Elle y songeait d'ailleurs en dévisageant Remus, assis en face d'elle en train de réviser, dans leur petite salle désaffectée. Jonathan, lui aussi, était absorbé par ses cours de défense contre les forces du mal. Le Gryffondor, sentant son regard, releva les yeux et lui sourit. Elle lui rendit en tirant de son sac le courrier qu'elle avait reçu le matin même. Elle n'aimait pas lire ses lettres au petit déjeuner. En la voyant décacheter sa lettre - qui comportait un timbre grec - le loup-garou eut un petit rire amusé.
- Sirius m'a dit de te transmettre une question puisque nous n'avions pas de cours en commun aujourd'hui.
Elle haussa un sourcil interrogateur. Black continuait à lui demander toutes sortes de choses, son intérêt pour elle ravivé par sa dernière intervention dans sa vie, semblait-il, et elle continuait à ne pas lui répondre, l'envoyant balader avec un plaisir qu'elle s'efforcer de camoufler.
- Je t'écoute ?
- Il dit avoir remarqué que tu entretenais une correspondance régulière et il veut savoir avec qui, puisque, je cite "de toute évidence, elle s'entend aussi bien avec sa famille que moi avec la mienne. Elle pourra me répondre avec toute l'amabilité dont elle sait faire preuve lors de notre prochain cours de DCFM."
Il lui adressa un sourire d'excuse tandis que Jonathan se mettait à rire dans son coin.
- Je n'y manquerai pas, grogna-t-elle en adressant un regard noir à son meilleur ami.
Elle se plongea ensuite dans la lecture de la réponse de Zephyr.
Mon petit chaton adoré,
Comment te dire que, malgré ta détermination et la confiance que j'ai en toi, je n'ai pas été surpris par ce que tu m'as appris dans ta dernière lettre. Je ne sais pas ce que tu comptes faire, mais tu sais que je te soutiendrai. (Je serais tout de même curieux de voir le spécimen qui a réussi à te plaire.) Nous n'en avons jamais parlé, mais tu vas sans doute devoir inclure ce facteur dans la décision que tu auras à prendre d'ici quelques mois. J'espère pour toi que tout se passera pour le mieux. Je m'inquiète pour toi. Ta famille semble se préparer à t'intégrer dans ses plans dès ton retour. Mais je suppose que tu ne seras pas surprise de l'apprendre, connaissant Teneös. Quoi qu'il en soit, j'espère que tout va bien et que ton petit cœur de chaton résiste à ce nouveau chamboulement :p.
De mon côté, tu ne devineras jamais ! J'ai décroché le contrat du siècle. Il y a une grosse multinationale qui a entendu parler de ce que je faisais et ils m'ont contacté. Pour pouvoir abattre le travail, j'ai dû embaucher deux nouvelles personnes mais vu ce que va nous rapporter cette entreprise, ça vaut largement le coup. Le plus difficile dans tout ça va être de gérer les relations avec l'entreprise sans essayer de sauter sur le communiquant. Incroyable comme les Américains peuvent avoir un petit côté que les Grecs n'ont pas (oui, je sais, ça sonne cliché, mais c'est totalement vrai). Malheureusement, il est marié et père de deux enfants, enfin... je me consolerai ailleurs (tu auras d'ailleurs les détails de cette consolation dans mon prochain courrier, même si tu ne les veux pas).
Lutha éclata de rire. C'était du Zephyr tout craché.
Je voudrais pouvoir t'écrire un peu plus, mais du coup, j'ai beaucoup de travail ces jours-ci. J'ai hâte que tu reviennes pour te revoir. Les discussions avec les autres n'ont pas la même saveur qu'avec toi :D.
Ton Zephyr qui t'aime.
Avec un sourire, la Serdaigle lissa le papier du plat de la main. Qu'elles soient remplies de mauvaises ou de bonnes nouvelles, d'un tissu d'ineptie ou de réflexions sérieuses, les lettres de Zephyr avaient toujours un effet incomparable sur elle. La raison étant probablement la dernière phrase qui concluait chacun de ses plis. Elle avait beau le savoir, se dire qu'il y avait quelqu'un comme elle qui lui donnait toute son affection lui apportait une sensation de chaleur incroyable. Sans doute était-ce pareil pour lui. A ceci près que Zephyr fréquentait des humains normaux tous les jours et qu'avoir des relations amicales ou plus avec eux ne lui attirerait pas d'ennuis.
Quant aux chats-garous... le jeune homme avait trois ans de plus qu'elle et il avait été abandonné quasiment dès sa naissance. C'était une vieille folle qui avait aussi des pouvoirs magiques qui s'était occupé de lui. Elle était morte lorsqu'il avait dix ans. Contrairement à Lutha, qui, même si elle subissait quelques attaques, restait protégée par l'ombre menaçante de Teneös ayant déclaré qu'il souhaitait la garder en vie, personne ne se souciait que Zephyr vive ou qu'il meure. Il avait dû apprendre très vite à se défendre. Et lorsqu'il s'était avéré plus tard que, défaut supplémentaire, il n'aimait pas les femmes mais les hommes, cette animosité à son égard avait encore augmenté. Il ne restait toléré dans le village que parce qu'il savait se battre et avait réussi à gagner sa vie de manière raisonnable pour un chat-garou. Mais à la moindre erreur de sa part envers un chat-garou "normal", il serait rayé du village, et probablement plus.
Elle soupira. Elle se demandait, quelque soit la décision qu'elle prendrait à la fin de l'année scolaire, si le jeune homme pourrait toujours faire partie de sa vie.
- Dis-moi, Lutha...
Elle releva les yeux vers Jonathan.
- Ne serait-il pas sage que tu te mettes toi aussi à réviser pour les ASPICs ? Je n'ai pas souvenir de t'avoir vu travailler efficacement depuis un bon moment.
Elle haussa les épaules, signifiant par là qu'elle aviserait plus tard. Elle préférait se pencher sur d'autres problèmes.
- Remus ?
- Mmh ?
- Une question me turlupine depuis quelque temps.
- Je t'écoute.
- Toi et tes... euh... "adorables" amis formaient un groupe plutôt fermé. Ils ne vivent pas mal le fait que tu passes moins de temps avec eux cette année ?
Il sourit en se passant une main dans les cheveux. John avait redressé la tête d'un air curieux.
- Disons qu'ils savent que j'aime aussi avoir mes moments de calme et ils se rendent compte qu'ils ne sont pas toujours la compagnie idéale quand je veux lire, réviser ou même simplement avoir un moment de silence. Avec eux, il n'y a jamais un instant de pur calme. Quoique je pense que, depuis que James est avec Lily, Sirius a tendance à s'ennuyer fréquemment. Peter est son ami, mais ce n'est pas James, et, aux yeux de Sirius, rien ne vaut James. Mais ça, ce n'est pas ma présence ou mon absence qui y changera quelque chose.
La petite Grecque hocha la tête. Elle aimait cette façon que le Gryffondor avait de parler de ses amis. Il y avait une chaleur dans sa voix et elle se demandait s'il avait la même lorsqu'il leur parlait d'elle, si toutefois il le faisait. Elle se leva en s'étirant.
- On devrait rentrer dans nos salles communes, c'est bientôt l'heure et Rusard ne serait que trop ravi de tomber sur trois élèves enfreignant le couvre-feu.
Ils acquiescèrent et Remus fit le détour jusqu'à la tour des Serdaigles. Jonathan s'avança vers l'aigle qui gardait l'entrée avant de se retourner avec surprise vers Lutha, restée aux côtés du Gryffondor.
- Tu ne viens pas ?
- Oh non, j'ai envie de me promener un peu. Tu sais que je ne risque rien. Je raccompagne notre cher ami. Inutile de m'attendre pour discuter, je pense.
Le grand blond haussa les épaules et rentra dans leur salle commune, la laissant avec un Remus plutôt amusé.
- Je croyais qu'il ne fallait pas se balader après le couvre-feu ?
Elle lui tira la langue.
- J'aime bien me promener le soir, c'est apaisant. Et puis je ne suis pas de celles que Rusard ou Mr. Tique peuvent attraper.
- Je suppose, oui.
Ils discutèrent de choses et d'autres le long du trajet, s'attardant particulièrement sur une question de traduction de runes qui les avait préoccupés dans l'après-midi. De toute évidence, ne plus parler de ce sujet pendant quelques heures ne les avait pas mis d'accord pour la traduction.
- Je suis sûre que c'était "chemin spirituel" !
- Et moi, je suis persuadé qu'avec le reste du texte, il faut comprendre "le fantôme qui les guidera" ! Il y a même une allusion à une forme blanche dans la suite. Ce pourrait très bien être ça.
- Jusqu'à preuve du contraire, les fantômes sont argentés, pas blancs, et pour moi, la brume blanche correspond aux pensées à éclaircir. Et puis, avec ton histoire de fantôme, comment tu expliques la partie qui parle de "troubles résolus" ?
Il ouvrit la bouche pour lui servir une bonne argumentation quand le portrait de la grosse dame, au bout du couloir, pivota pour laisser place eux trois autres maraudeurs. Mettant de côté ce qu'il allait dire, il observa attentivement la réaction de la chat-garou. Sans vraiment en avoir discuter avec elle, il la comprenait mieux depuis qu'il connaissait sa nature. Elle se tendit imperceptiblement mais il la vit refouler un sourire satisfait pour conserver cet air méprisant qu'elle affichait en permanence.
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Ses amis s'arrêtèrent, surpris.
- Tu viens avec nous ? Demanda James d'un ton incertain en glissant un regard en coin à la petite Grecque. On allait... faire un tour.
- Ne t'inquiète pas, Potter, lança-t-elle, la voix chargée de sarcasme. Je ne suis pas préfète et ce n'est pas moi risque pas de t'enlever des points. Je sais très bien ce que vous vous amusez à faire, tous les quatre, la nuit.
Elle retint un sourire en songeant à ce qu'aurait dit Jonathan pour enchaîner avec une telle phrase et se contraignit à ne surtout pas penser à ce qu'il aurait imaginé. Elle préféra dévisager Remus qui semblait partagé.
- Tu devrais profiter du fait que les examens sont encore loin pour aller t'amuser, lui glissa-t-elle à l'oreille.
Elle vit les trois autres plisser les yeux en se demandant ce qu'elle avait bien pu dire. Le loup-garou ne put cacher son sourire.
- Tu as raison, ça ne peut pas me faire de mal, après tout. Je n'ai plus qu'à te dire bonne nuit, je suppose ?
Ils se sourirent et il fit quelques pas pour aller se placer à côté de ses meilleurs amis. Ils commencèrent à s'éloigner sous le regard perçant de la chat-garou lorsque Black se détacha du groupe en murmurant, ignorant que ce qu'il disait était parfaitement audible pour Lutha.
- Allez-y, je vous rejoins dans deux minutes. Je n'aurai aucun mal à vous retrouver, je l'ai prise avec moi.
Sans un mot, la jeune fille le dévisagea tandis que les trois autres Gryffondors s'éclipsaient. Elle se demandait ce qu'il entendait par sa dernière phrase. Il avait un petit sourire en coin, comme à chaque fois qu'ils avaient une discussion tous les deux. Elle garda le silence encore quelques instants avant de décider qu'il avait assez duré.
- Tu veux quelque chose, Black ?
- Remus a dû te transmettre une petite question de ma part, non ? Autant profiter que l'on soit face à face pour y répondre, non ? Ne t'inquiète pas, j'en aurais une autre pour la prochaine fois.
Elle leva les yeux au ciel en marmonnant :
- Ça, je m'en serais doutée.
Il pencha la tête sur le côté, toujours le même sourire sur les lèvres.
- Alors ? Aurais-je l'honneur de savoir avec qui tu entretiens une correspondance si régulière ?
Elle se mit à sourire à son tour. Elle avait envie de jouer.
- Avec une entreprise de pompes funèbres. Je n'arrive pas à choisir entre velours et satin.
Ce fut avec satisfaction qu'elle vit ses yeux se plisser de perplexité.
- Pourrais-tu t'exprimer de façon intelligible, Layos ?
- C'est pour le linceul qu'on va mettre dans ton cercueil. J'hésite sur la matière.
- Je ne voudrais pas te décevoir, mais... je ne compte certainement pas mourir prochainement.
- C'est curieux, il me semblait pourtant avoir noté dans ma liste de choses à faire de te tuer avant la fin de l'année.
- Et bien désolé de t'apprendre que je compte bien contrarier tes projets.
Ils se fixaient intensément dans les yeux, un identique sourire moqueur s'étalant sur leurs visages. Le cœur de Lutha battait rapidement et elle avait le souffle court. L'adrénaline que lui procurait la recherche précipitée d'une réponse à chaque prise de parole de Black lui donnait l'impression qu'elle pouvait faire n'importe quoi. Ce sentiment de surpuissance était vraiment incomparable. Même avec Jonathan, il n'y avait pas autant d'excitation car ils ne rechignaient pas à laisser l'autre avoir le dernier mot. Avec Black, c'était différent. Elle avait le sentiment qu'elle devait toujours trouver quelque chose à répliquer.
- Voilà qui risque d'être fâcheux.
- Je ne te le fais pas dire. Alors, est-ce que tu écris à ta mère ?
Elle haussa les sourcils en pensant à Galina Layos. Avait-elle jamais eu une seule conversation seule à seule avec sa génitrice ? Cette femme qui avait honte d'avoir mis au monde un rejeton aux pouvoirs magiques ?
- Non, ce ne doit pas être ça, à en juger par ton air sceptique, commenta le jeune homme avec un air pensif.
La chat-garou s'appuya contre le mur derrière elle, la tension qu'avait éveillée la joute orale se relâchant. La conversation s'orientait vers une autre forme de jeu, à présent, et Black menait la danse. Elle se prépara toutefois à garder un air impassible en devinant quelle serait la prochaine hypothèse du Gryffondor.
- Ton père ?
Bien qu'elle s'y fût attendue, elle eut du mal à empêcher son corps de se raidir. Les rares fois où Teneös avait eu quelque chose à lui communiquer par écrit, il avait utilisé Alexandre comme intermédiaire. Elle devait sans doute avoir l'air trop détaché car son interlocuteur se reprit encore une fois :
- Non, apparemment, c'est la dernière personne avec qui ce serait le cas, je me trompe ?
- Mêle-toi de tes affaires, pour changer, rétorqua-t-elle pour faire bonne mesure.
Après tout, elle ne le lui avait pas encore dit. Il pourrait croire qu'elle se montrait coopérative. Il sourit, semblant parfaitement comprendre la manœuvre.
- Un frère ou une sœur ? Tiens, ça c'est une bonne question ! Es-tu fille unique ou as-tu une fratrie ?
Elle sentit malgré elle une vague d'agressivité la parcourir en songeant à sa famille au complet. Le petit jeu commençait à l'irriter mais ce n'était même pas la faute de Black.
- Je crois qu'il est temps de partir.
Elle se détacha du mur et tourna sur elle-même sous son regard perplexe.
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Sirius fronça les sourcils. cette discussion ne tournait pas comme d'ordinaire. En temps normal, l'échange aurait dû se poursuivre jusqu'à ce qu'il fît une réflexion un peu poussée. Elle aurait alors dit quelque chose de blessant avant de tourner les talons ou il aurait désamorcé ça et elle aurait seulement tourné les talons. Toutefois, ce soir-là, il ne l'avait pas encore attaquée dans ses retranchements.
- Hey ! L'interpella-t-il donc alors qu'elle commençait à s'éloigner.
Elle tourna légèrement la tête et il fut surpris de voir son visage arborer un air sombre. Elle qui faisait toujours tant d'efforts pour camoufler ses émotions. Gagnait-il de plus en plus de terrain sur son masque ? Il aurait pu le lui faire remarquer mais ce qu'elle avait fait pour lui le jour de la mort de son oncle le retint. Il comprenait plus ou moins ce qu'elle pouvait avoir en tête à cet instant, si ses suppositions étaient exactes.
- Quoi ? Finit-elle par lâcher, comme il ne disait plus rien.
- Je sais ce que c'est que de... disons de ne pas être totalement du même avis que sa famille. Je n'ai pas souvent envie d'y penser non plus.
Il ne voyait qu'un seul de ses yeux mais elle le fixait intensément, aucune émotion ne transparaissant sur ses traits. Elle finit toutefois par plisser cet œil avec un petit ricanement moqueur.
- Je ne m'en étonne pas. Ils n'ont pas l'air de beaucoup t'apprécier.
Il retint sa colère. Pourquoi à chaque fois qu'il tentait véritablement de compatir le rabrouait-elle aussi férocement ?! Cela le rendait dingue. Ne pouvait-elle pas simplement accepter de lui montrer un peu de gratitude ? Ne pouvait-elle pas cesser un peu ses efforts pour maintenir la distance ? A croire qu'elle ne souhaitait surtout pas son aide. Non. Qu'elle ne voulait surtout pas voir l'aide qu'il lui proposait. Exactement comme...
Il serra les poings. Il ne voulait pas échouer encore une fois ! Pas alors qu'il tentait pour la dernière fois d'aider quelqu'un à se libérer. Ne voyait-elle pas l'importance que cela avait pour lui ?!
Elle fit complètement volte-face, et, pendant une fraction de seconde, il vit son regard baissé et ses dents mordant ses lèvres. Ce n'était pas une expression froide. C'était un visage qui reflétait la culpabilité. Cela ne dura toutefois qu'une seconde et elle reprit aussitôt son sourire sarcastique et sa posture froide et digne. Il avait l'impression de voir par flash ce qu'elle pensait vraiment. Mais elle s'évertuait tant à le camoufler qu'il se demandait s'il n'imaginait pas ces instants.
- Qu'est-ce qu'il y a, Black, tu as perdu ta langue ? Railla-t-elle à voix basse.
Il respira longuement pour refouler son énervement et ce fut tout sourire qu'il redressa la tête pour la fixer droit dans les yeux.
- C'est un ton qui manque de conviction, ça, Layos. Auras-tu envie de cesser de jouer la comédie ? Ton masque commence à te démanger ? Ou tu as peut-être peur qu'à force de le défendre si farouchement, je n'essaie plus de le faire tomber ?
Elle écarquilla ses yeux ambrés de surprise. Elle n'avait sans doute pas prévu qu'il contre-attaquerait. Sans lui laisser le temps de répliquer, il enchaîna :
- Pourquoi tiens-tu tant à ce que tout le monde t'ignore ? Pourquoi veux-tu nous faire croire que tu te fiches des autres ?! De toute évidence, ce n'est pas là ta véritable personnalité ! Est-ce que tu trouves acceptable d'être forcée de camoufler ce que tu es ?!
Il se sentait incroyablement fort, ce soir. Les autres l'attendaient sûrement et ils auraient bien besoin de la carte qu'il avait sur lui mais il ne pouvait pas s'arrêter en si bon chemin.
- Je... je ne camoufle rien du tout, arrête de te faire des films, abruti mono-neuronal !
Mais il avait senti l'hésitation. Il avait l'impression d'avoir glissé une barre de levier dans une fissure. Il suffisait de donner la bonne impulsion pour que le tout cède.
- Tu penses que je vais te croire alors que tu n'arrives même plus à t'en convaincre toi-même ?!
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Lutha fronça soudain le nez. L'odeur de quelqu'un d'autre s'approchait. Quelqu'un qu'il valait mieux ne pas croiser dans les couloirs à cette heure-ci !
- Ferme-la, Black !
Le Gryffondor esquissa un sourire de triomphe.
- Je te l'ai déjà dit, je ne m'arrêterai que lorsque j'aurais atteint mon b...
Elle franchit rapidement la distance qui les séparait sous son regard abasourdi et le poussa brutalement derrière une statue.
- Rusard ! Siffla-t-elle en indiquant le couloir.
Il hésita un instant, se demandant sans doute si elle cherchait à faire diversion. Il dut estimer que non, car il jeta un coup d'œil dans la direction qu'elle avait indiquée en fronçant les sourcils.
- Suis-moi ! Ordonna-t-il en encerclant son poignet dans ses doigts avant de détaler.
Elle jura à mi-voix. S'il était rentré dans sa salle commune, elle se serait éclipsée sous forme féline, mais il avait préféré les entraîner tous les deux hors du danger, croyant qu'elle ne parviendrait probablement pas à échapper au concierge. Malgré sa bonne forme physique, elle manqua de trébucher. Il était sacrément plus grand qu'elle et ses enjambées étaient bien plus longues.
Un miaulement se fit entendre juste devant eux et elle sentit son cœur s'arrêter. Mr Tique ne la trahissait jamais, d'ordinaire, mais, d'ordinaire, elle était seule. Black vira brusquement, tirant douloureusement sur son bras. La voix sifflante de Rusard résonnait dans leur dos.
- Je sais qu'il y a quelqu'un, inutile de vous cacher !
Il était presque joyaux, comme à chaque fois qu'il s'apprêtait à prendre des élèves la main dans le sac.
Black s'arrêta net et Lutha percuta son dos avec violence, entraînée par son élan. C'était la deuxième fois ! Et les muscles qu'il avait développés en jouant au poste de batteur ne rendait pas le choc plus doux. Alors qu'elle s'apprêtait à le traiter de tous les noms, il ouvrit une porte dérobée dont elle n'aurait jamais soupçonné l'existence et la poussa à l'intérieur. Puis il referma soigneusement derrière lui après l'avoir rejointe. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle. La salle était spacieuse, mais elle voyait son propre visage et celui du jeune homme la dévisager de tous les côtés. Les murs étaient recouverts de miroirs. Le Gryffondor était tourné vers la porte, mais, par l'intermédiaire des reflets, il lui fit signe de ne faire aucun bruit. Elle tendit l'oreille. Le concierge et son chat approchaient. Elle sortit sa baguette et surprit le regard alarmé de Black lorsqu'elle pointa sa baguette sur lui mais elle se contenta de souffler :
- Inolfactus !
Elle frissonna en sentant l'odeur du garçon se dissiper. Elle qui se fiait quasiment plus à son odorat qu'à sa vue, elle détestait ne pas pouvoir sentir quelqu'un. Elle s'appliqua également le sortilège et surprit un sourire impressionné sur le visage du sang-pur. A travers le mur, elle entendit Rusard parler tout bas :
- Tu les sens, mon tout beau ? Par où sont-ils allés ? Ces sales petits morveux ! Ah si seulement j'avais encore l'autorisation de les punir à ma manière... personne ne sortirait plus la nuit.
Sa voix s'éteignit doucement tandis qu'il s'éloignait et elle fit signe à Black qu'il n'y avait plus lieu de s'inquiéter. A sa grande surprise, il lui sourit d'un air un peu admiratif. Alors qu'elle songeait encore à ce à quoi leur précédente conversation avait failli aboutir, il semblait l'avoir complètement oublié.
- Excellent ! Je n'avais même pas pensé à ce sort ! Pourtant on l'a appris cette année ! Mais c'est vrai que s'il est efficace contre les chats-garous, il n'y a pas de raison qu'il ne le soit pas contre les chats ! On voit tout de suite que tu es une Serdaigle !
Il fit une pause alors qu'elle le fixait, stupéfaite. Il lui parlait exactement comme elle l'avait parfois entendu parler à ses amis dans l'excitation de la préparation d'un mauvais coup. Il eut soudain l'air songeur.
- Tu as vraiment une bonne ouïe pour l'avoir entendu arriver d'aussi loin. Ça doit être très utile. En tout cas, on l'a échappé belle !
Elle eut du mal à retenir son sourire. Son enthousiasme était incroyablement contagieux. Il finit par se calmer pour la dévisager avec sérieux.
- Ne crois pas que j'ai abandonné mais j'estime que je peux te laisser un jour de répit. Tu veux que je te raccompagne chez les Serdaigles ? Avec ma connaissance du château, ce sera peut-être plus facile.
Elle resta mette, incapable de réagir. Alors qu'elle avait pensé le connaître parfaitement tandis que lui ignorait tout d'elle, il l'avait surprise en la cernant avec facilité. Et à présent... voilà qu'il lui faisait réaliser qu'elle ne connaissait qu'une infime partie de lui. Il n'était qu'imprévisibilité. Consciente qu'il attendait une réponse, elle finit par secouer négativement la tête et filer sans dire un mot.
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- J'espère au moins que ça valait le coup, ronchonna James en poussant la porte du dortoir.
- Tu n'as pas l'impression que c'est Sainte-Mangouste qui se fout de Secours Sorciers, là ? Toi qui es tout le temps avec Evans...
Peter sourit en les écoutant. Il enviait la relation si complice qu'avaient ces deux-là. Oh bien sûr, tous les quatre, ils étaient inséparables, cependant, James et Sirius étaient plus que ça. Il les admirait tellement... Il observa Remus se glisser sous ses couvertures en bâillant et songea qu'il lui faudrait peut-être dormir aussi. Son pyjama avait atterri sur le lit du sang-pur lorsqu'il l'avait jeté à la hâte en sortant de la salle de bain, le matin même. Il allait le récupérer lorsqu'il vit deux yeux d'ambre le fixer depuis l'oreiller de son ami.
- Ah, Patmol, plaisanta-t-il, je crois que "Noisette" est revenue t'envahir. Il faut croire qu'elle a décidé de te convertir aux chats.
Il récupéra son bien et s'éloigna rapidement. Même s'il la trouvait plutôt sympathique, il ne pouvait empêcher son ventre de se contracter à la vue du félin. Avec ceux qui rôdaient à Poudlard, il avait bien failli se faire dévorer plusieurs fois sous sa forme d'animagus. Imitant le loup-garou, il se coucha et souhaita bonne nuit à ses compagnons avant de sombrer directement dans le sommeil.
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James jeta un coup d'œil à Queudver. Celui-ci s'était endormi tout de suite. Quant à Remus, il respirait paisiblement, ayant probablement mis ses bouchons d'oreilles pour éviter qu'ils ne le dérangeassent. Il se tourna vers son meilleur ami, l'air curieux.
- Tu me racontes ?
- Te raconter quoi ? Sourit celui-ci en s'approchant de son lit.
- Ne me fais pas rire. Tu nous rejoins avec un sourire gigantesque qui a du mal à disparaître alors qu'en général, tu ressors de tes conversations avec Layos d'une humeur plutôt mitigée. Je veux savoir ce que vous avez dit pour que tu sois si content.
L'attrapeur observa son ami s'asseoir sur le bord de son lit et grattouiller les oreilles de Noisette en tirant son pyjama de sous l'oreiller. Il souriait avec satisfaction.
- Layos est sur le point de céder. Je sais que ce n'est probablement pas une sang-pur donc ce n'est pas pareil que pour... les autres mais... si j'arrivais à la libérer de ses propres entraves, j'aurais au moins l'impression qu'en donnant mon maximum, je peux y arriver. Me dire que si... j'ai échoué par le passé, ce n'était pas parce que j'étais incapable d'y parvenir. Tu comprends ?
James hocha la tête avec indulgence. Oui, il comprenait parfaitement. Il connaissait Sirius comme lui-même et il espérait que celui-ci soit enfin libéré de sa culpabilité s'il parvenait à son objectif. Ils se sourirent et se souhaitèrent bonne nuit. Il n'y avait pas vraiment besoin d'en dire plus. Le Gryffondor n'était de toute façon pas certain que Sirius réalisait vraiment toute la situation. En revanche, Remus avait la même opinion que lui.
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Lutha observa du coin de l'œil Sirius Black pendant qu'il se changeait. La nuit était déjà bien avancée et elle doutait qu'il lût un roman avant de s'endormir, cette fois-là. Elle avait besoin de réfléchir à ce qu'il risquait de faire. Alors qu'il n'hésitait plus à la câliner, comme il l'avait fait quelques secondes auparavant, il n'hésita pas non plus à la soulever pour l'écarter de son oreiller. L'air songeur, il s'appuya contre la tête de lit en croisant les bras derrière sa tête. La chat-garou songea avec satisfaction que, sous cette forme, elle ne pouvait pas rougir. Alors qu'elle savait que ses sentiments commençaient à se fortifier, il devenait difficile de rester indifférente aux troubles physiques que cela pouvait engendrer. Elle songea avec amertume que personne n'avait jugé bon de la mettre en garde contre quoi que ce soit dans sa famille. Les seuls conseils qu'elle avait reçus lui venaient de Zephyr et il n'était sans doute pas l'exemple à suivre pour éviter de montrer des signes d'attirance. Il ne se cachait jamais de ce qu'il ressentait.
Elle posa une patte hésitante sur le ventre du jeune homme. Sous sa forme de chat, elle n'avait jamais été gênée par les contacts avec d'autres personnes. Comme si sa fourrure la protégeait. A présent, toutefois, malgré son habitude des contacts avec cette apparence, elle n'osait pas se rapprocher plus. Elle réalisa que le Gryffondor la fixait d'un œil neutre. Elle éprouvait une sorte de satisfaction à pouvoir être avec lui sans prendre ce qu'elle considérer comme des risques. Elle ne pouvait de toute façon plus se voiler la face. Elle avait réalisé l'existence de ses sentiments au moment où ils n'étaient plus susceptibles d'être effacés. Le "Trop tard" qu'elle avait envoyé à John était malheureusement vrai.
Black fit semblant de soupirer avec agacement et la poussa pour qu'elle s'installât complètement sur son ventre.
- Juste pour cette fois, grommela-t-il à son adresse pour sauver les apparences.
En se roulant en boule, elle se demanda combien de temps elle réussirait à camoufler son jeu. Elle ne se sentait pas capable de résister à une approche comme celle qu'il avait eu plus tôt et à moins de l'empêcher de recommencer, elle n'avait aucune solution.
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- Ma pauvre, tu as vraiment une tête affreuse, ce matin. Il t'es arrivé quelque chose ?
Lutha fit la moue. Pourquoi fallait-il qu'elle fût affublée d'un meilleur ami pareil ? Elle lui tira la langue et s'accapara un plat de poissons dont personne ne voulait au petit déjeuner.
- Mais comment fais-tu pour manger ces trucs puants à cette heure-ci ? Grommela Lucy en s'écartant le plus possible d'elle.
- Ch'est très bon pour la chanté ! Rétorqua la petite Grecque avec enthousiasme.
- Dis, tu ne m'ignorerais pas, des fois ? Marmonna John d'un ton soupçonneux.
Avec un petit sourire sarcastique, elle le regarda du coin de l'œil.
- Il ne me viendrait jamais à l'idée de te faire une chose pareille. Ignorer un être aussi prévenant que toi ! Doux ! Attentif ! Sincère ! Humble ! Dé-li-cat !
Il la fixa de ses yeux gris amusés.
- Toi, tu as quelque chose à me cacher. On dirait que tu n'as pas envie que je t'asticotes sur ton sujet favori, non ?
Elle poussa un grommellement avant de plonger dans son bol de lait pour lui cacher son visage. Il la déchiffrait suffisamment facilement pour qu'elle allât pas en plus lui donner un coup de main. Elle savait qu'il ne dirait rien tant que Lucy serait avec eux mais elle sentit l'air curieux avec lequel il la dévisageait en attendant le moment opportun, et, en effet, dès qu'ils furent assis côte à côte au dernier rang de la classe de métamorphose, il passa à l'offensive.
- Alors, raconte ! Que s'est-il passé ?
- Rien du tout, marmonna-t-elle, hésitant à lui raconter sa soirée.
Elle n'avait pas vraiment envie d'en discuter, sachant qu'il ne ferait aucun effort pour l'aider.
- Je ne te crois pas, chantonna-t-il d'une voix exaspérante. J'ai entendu dire que Rusard avait failli attraper deux élèves dans le secteurs des Gryffondors, hier soir. Peu de temps après que tu as ramené Remus. Entre tes sens et les siens, vous auriez pu vous en tirer très facilement, non ?
- Je n'étais plus avec Remus, à ce moment-là, soupira-t-elle sans lâcher le tableau des yeux.
- Aha ! Tu étais avec Black !
Mcgonagall s'interrompit dans son explication pour lancer un regard sévère au duo. Quant aux autres élèves, ils les fixaient avec un peu trop d'insistance au goût de la chat-garou.
- Un problème, monsieur Float ?
- Non, excusez-moi, professeur.
Elle reprit son cours et Lutha tenta de faire semblant d'écouter mais Jonathan la connaissait trop bien.
- Tu as échappé à Rusard avec Black ?
Elle hocha la tête en silence, se maudissant pour s'être promis de ne jamais mentir à son meilleur ami.
- Il va falloir que tu me racontes ça.
- Même pas en rêve, siffla-t-elle du coin des lèvres.
- S'il-te-plaîîîîîîîîîîîîîîîîîîîît...
Elle soupira longuement mais ne put retenir son sourire. Elle savait qu'elle aurait agi exactement comme lui si leurs places avaient été inversées.
- Si tu me laisses copier tes réponses pour le devoir d'astronomie, finit-elle par exiger.
- Vendu, espèce de tricheuse, accepta-t-il directement.
- Miss Layos, monsieur Float, bien que je sois certaine que le professeur Sinistra serait ravie de connaître cet arrangement, je vais me contenter de vous retirer cinq points chacun pour bavardage répété pendant mon cours.
Horrifiés, ils échangèrent un regard pour découvrir le professeur Mcgonagall juste derrière eux.
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- C'était ta faute !
- Quoi ?! C'était la tienne ! Si tu m'avais pas harcelée pour tout savoir, on ne se serait pas fait pincer !
- Et si tu avais accepté de me dire la vérité tout de suite, ce ne serait pas arrivé !
Ils se tirèrent la langue avant de réaliser que Remus se tenait près d'eux, passablement amusé.
- Que se passe-t-il ?
- Il est chiant, grommela Lutha en pointant son ami du doigt.
- Elle refuse de me raconter sa conversation avec Black d'hier soir, ronchonna celui-ci en lui adressant un regard noir.
Le loup-garou éclata de rire.
- J'avoue que je suis moi aussi assez curieux vu l'humeur de Sirius lorsqu'il nous a rejoints. Pourrais-je avoir des détails ?
Elle s'arrêta net et les fixa avec un air sérieux que démentait son regard rieur.
- D'abord Black, puis John, puis Zephyr, et même toi ? Vous allez me foutre la paix, oui ? Et après, on se demande pourquoi je préfère me passer de vie sociale, ricana-t-elle.
- Sûrement parce que ceux avec qui tu en entretiens une réalisent assez vite qu'en fait, tu gagnes à être connue et que tu souffres d'un masochisme qui te pousse à refuser ce sentiment agréable ? Intervint Black en surgissant aux côtés de Remus. Il va falloir qu'on y aille, Peter a besoin de nous, ajouta-t-il à voix basse à celui-ci.
Lutha fit volte-face pour fixer Sirius, une expression indescriptible sur le visage. Elle leva la main.
- Toi, commença-t-elle d'une voix menaçante.
Elle fit deux pas vers lui et lui planta le doigt dans le ventre d'un air accusateur avant d'ouvrir la bouche, le regard mauvais. Aucun son n'en sortit, toutefois, et elle finit par pousser un petit grognement avant de faire demi-tour et de filer à grands pas.
Sirius la regarda s'en aller, désemparé, avant d'interroger Remus du regard mais celui-ci était tout aussi perplexe, quoique très amusé. Jonathan éclata de rire sans bouger et ils se tournèrent vers lui pour le fixer. Il réalisa soudain la situation et regarda dans la direction par laquelle son amie avait filé.
- Je crois que je devrais... euh... la suivre, finit-il par annoncer avant de disparaître à son tour.
Les deux Gryffondors se tournèrent l'un vers l'autre.
- Je peux avoir une explication ? Rigola Remus.
- Ce doit être les nerfs, finit par répondre Sirius avec un petit sourire. Craquer, c'est bon pour sa santé.
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Ouf ! Et ben dans la dernière partie je me suis tellement forcée à me motiver pour écrire que le chapitre est plus long que ce que je pensais.
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nyfa - Merci ! :D Pas trop tôt ? Comment ça ? Ne rien dire à personne, mouhahaha, c'ets le bien ! niarl (je plaisante ^^)
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TheFanne - Je ne savais pas que tu l'adorais (tu ne me l'as dit qu'une petite dizaine de fois :p). Je compte bien terminer cette fic, donc pas d'inquiétude à avoir, mais avec les études, ça prend parfois plus de temps que ce que je voudrais. Merci d'avoir parlé de ma fic, moi aussi j'en parle à ma meilleure amie quand j'en lis des super ! :D A bientôt ;D
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SmilingSparrow - Merci pour ta bonne humeur qui m'a valu une review, dans ce cas :D. Ça me fait bien plaisir de voir qu'elle te plaît. J'ai lu des fanfics avec les Maraudeurs pas drôles où ils ne mourraient même pas à la fin (et oui, y en a qui les aiment trop pour les tuer ^^).
J'aime beaucoup Lutha aussi et j'ai adoré écrire le moment où elle le frappe (un de mes passages préférés). James et Lily sont mon "défouloir à guimauve" pour quand je fais une poussée de romantisme ^^
A bientôt, j'espère ;)
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Erza Robin - Comment tu fais pour faire des commentaires courts mais qui contiennent l'essentiel ? En général les commentaires courts me laissent sur ma faim, mais là... ^^ Du coup j'espère que la suite te plaît ;). A pluche !
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MMSSR - Et oui, quoiqu'on puisse en dire, il en a dans le cibouleau, le petit Sirius, et il a bien l'intention de pas se laisser faire par Lutha ! Et Jonathan ne cessera jamais de la taquiner, mouhahahaha ! Quant aux conversations sous forme de chat, c'est très amusant à écrire ! Sur ce, à la prochaine ? :)
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Dedellia - Avoir des infos en plus des commentaires ne me gêne pas et tes parenthèses m'ont bien fait rire la dernière fois, donc si tu veux te lâcher, tu peux ^^. Je pense qu'on a tous un petit côté Jonathan en nous quand on les regarde, c'est ce qui fait que tout le monde aime Jonathan. Pour la manipulation de Lutha, oui, elle est prête à beaucoup pour ses amis, même à se montrer amicale avec des gens qu'elle n'apprécie pas vraiment (c'est le côté de sa personnalité que j'ai emprunté chez moi xD). C'est pas toujours évident mais quand ça marche, on est vraiment content pour ses amis =). Tu devrais avoir compris le "trop tard" maintenant :p. Lutha est ajoutée au dico de mon côté, sinon ce serait insupportable ^^. Euh... les prénoms ? Lutha ça vient du fait que je choisis souvent des prénoms qui sonnent comme le mien (ha ha, trouveras-tu mon prénom ?) et je trouvais que ça sonnait pas trop mal pour faire Grec. Pour ceux de sa famille, ils sortent de mon imagination et j'ai tenté aussi de créer des sons qui me faisaient penser à la Grèce tout en reflétant un peu leur caractère ^^. (J'adore ta parenthèse (mais je n'ai rien à y répondre (faut dire que c'est un monologue (plutôt long d'ailleurs)))) ;p. A bientôt !
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JayIshtar - Ton commentaire est... juste génial ! Il m'a bien fait rire ! ^^ En tout cas contente qu'elle te plaise et la suite finira bien par arriver, au moins, tu l'as découverte alors qu'elle est faite aux 2/3 (certains suivent depuis les premiers chapitres xD)
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LaoLuciole - Salut à toi :). Mon nom, c'est Lyloya (enfin ici, en tout cas :D). Dévorée ? Ça le fait plaisir ! Je sais que les délais sont parfois un peu longs mais mes études me prennent pas mal de temps et j'ai d'autres loisirs à côté, mais ce qui est sûr, c'est que j'irai jusqu'au bout ! :D. Un moment de calme ? (même pas de fou rire en solo en lisant ? (petit air suppliant)). Merci encore, en tout cas, et peut-être au plaisir de relire une review =).
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Chloris - ...
Non mais CINQ reviews qui sont énormes ! Où veux-tu que je trouve le courage d'y répondre ?! Puis ça tient de la place en plus ! A ce rythme-là, autant échanger des mails ! xD. Plus sérieusement, merci pour ces super encouragements et je vais maintenant répondre plus en détail à tes commentaires :p
1 - Tu es pardonnée pour ton absence de reviews vu le nombre ce coup-ci ^^. Ça m'est arrivé lors de l'écriture du chapitre trois (il commence d'ailleurs par un message ou j'explique que je suis dégoûtée par mon ordinateur). Euh... l'autre con c'est Sirius ? COMMENT OSES-TU TRAITER MON SIRICHOU AINSI ?! ... Enfin cela dit, tu as raison xD. Il est un peu crétin, il faut l'excuser. Oui, il est pas très diplomatique pour parler avec les autres. j'aurais bien fait la lettre plus longue mais j'avais pas l'inspiration pour les insultes :/. Moi aussi je trouve leurs conversations normales (mais mon référentiel est bizarre). Et les radis à la chantilly, je maintiens que c'est bon ^^. Pas encore d'idée pour le patronus de John (et arrête de le harceler, espèce de groupie, tu vas lui faire peur !). Sirius est maso, c'est un fait ^^. Non, elle n'est pas au courant pour les animagi. je vais certainement pas te supplier pour des reviews vu le nombre que tu m'en laisses déjà ! :D.
2 - Tu commences à lui faire peur, à Jonathan :p. Il est trop intelligent pour son bien, c'est pour ça qu'il devine toujours tout. Il me fallait bien un passage mignon entre Sirius et Lutha dans toute la fanfic, non ? T'inquiète pas, y en aura probablement pas beaucoup d'autre xD. Pour les concours de répartie, je pioche moi-même l'inspiration dans les échanges que j'ai avec mes meilleurs amis. Merci pour ta minute d'enseignement ;D. Sirius a raison, mais avec de mauvais arguments. C'est vrai qu'il vois les choses pour que SON petit monde aille mieux sans essayer de réfléchir aux paramètres extérieurs. S'il l'avait fait, il aurait pu être beaucoup plus subtil. Ce n'est pas parce qu'on est potes qu'on ne se balance pas de vacheries à la tête, rassure-toi ! Lutha et John ? Hm... non, ce serait comme moi et mon meilleur ami... on a essayé le couple et ben franchement, on est faits pour être amis! xD John ne lui a pas écrit le discours, désolée de te décevoir ^^. Elle est juste très manipulatrice. Sirius ? l'air sérieux ? J'ai fait ça ?! oO. Et non, ton deal ne me convient pas ^^.
3 - Je refuse ce pari, de toute façon, si j'achetais tout ce chocolat, je le mangerais avant de te le donner, niark ! Bon, pour le poisson rouge... je suis folle mais y a des limites ! Sans commentaire pour le reste de la review xD
4 - Je vous dirais bien de vous battre pour John mais je suis trop gentille pour ça (enfin... gentille, ça reste à voir, gniark gniark !).
5 - Oui, ça fait même plus d'un mois maintenant, mais là, ce n'est pas par fainéantise. Avec la charge de travail de mes journées, je suis cassée le soir et j'ai pas toujours l'esprit très en forme pour écrire, mais je fais des efforts, promis ! TOUTE la fic ?! Waouh ! Même moi quand je me relis, je relis par partie maintenant ! C'est vrai que leur amitié évolue. Ils aimaient bien plaisanter avant mais ne comprenaient pas complètement le comportement de l'autre. Oui, je sais que c'est difficilement guérissable, c'est en train de m'arriver ! T_T
Je suis d'accord que Anyka est LE truc le mieux de leur fic, et pourtant, tout est déjà génialissime ! (rien que pour "-Tu ne me déranges jamais. -YES!").
Au vu de ton nombre de reviews cumulées, je te concède que tu es la première fan xD.
"sans m'exclamer/péter un câble/ rigoler comme une malade/m'énerver/sauter dans tous les sens/me lamenter sur la nullité de ce monde/ crier comme une folle" - tu es sûre de ne pas être moi ?
Oui j'aime les minions ^^
Oui j'aime Lindsey Stirling et j'ai déjà vu toutes ses vidéos ^^
...chocolaaaaaaaaat (voix de droguée, bave au coin des lèvres)
Bonjour à Brad de ma part aussi ;D
A tchou !
