02/02/15 - 03/03/15 - Vous avez vu ça ? A croire que je l'ai fait exprès ! Mais même pas !
Bon, et bien ce chapitre promet... En effet, je le commence alors que j'écoute en boucle "Moi à mon bisounours". Ne me demandez pas pourquoi je fais ça, ce serait trop étrange, et, un conseil, ne le faites pas si vous ne voulez pas passer une semaine à la chantonner tout le temps (ce, qui, entre nous soit dit, donne l'air plutôt débile -")
Je tiens aussi à préciser que je finis ce chapitre alors que je devrais être au fond de mon lit à soigner ma grippe, mais je me suis dit qu'un mois était un délai suffisamment long et puis écrire ça remonte le moral xD
Brrrrrrrrref ! Commençons !
Bonne lecture ;)
Lorsque Lutha s'assit en face de Jonathan pour attaquer avec entrain son petit déjeuner, il releva les yeux d'un air curieux et scrutateur. Elle se servit copieusement en lard et en bacon avant de se mettre à s'empiffrer avec ardeur. Alors qu'elle entamait son cinquième toast, son ami posa les mains à plat sur la table.
- Ok, je ne tiens plus, raconte-moi.
Un sourcil blanc se haussa sur le front de la jeune fille. Elle adopta un air surpris des plus convaincants, tout en sachant parfaitement qu'il n'abuserait aucunement John.
- Te raconter quoi ?
Il lui sourit avec amusement et elle lui rendit la pareille.
- N'importe quoi pourvu que ce soit la vérité expliquant ton regain d'entrain soudain.
Elle haussa les épaules et ses yeux virevoltèrent très brièvement vers la table des Gryffondors. Son ami n'eut pas besoin de se retourner pour deviner ce qu'elle avait regardé. Il se mit à rire.
- Tu ne peux pas t'empêcher d'apprécier ça, hein ?
Lutha aimait trop les joutes orales avec Jonathan pour lui tenir rigueur de ses propos, aussi se contenta-t-elle de lever le nez avec un air méprisant factice.
- J'attendrai avec impatience le jour où quelqu'un te plaira, John, pour te voir enfin patauger comme le commun des mortels.
Il leva l'index devant lui, un sourire surpris sur le visage.
- Ne viendrais-tu pas de reconnaître, par le plus grand des hasards, que tu fais partie du commun des mortels ?
Elle secoua la tête.
- Mon pauvre John... J'ai juste dit que n'importe qui, dans une telle situation, avait les mêmes difficultés. Toutefois, je reste supérieurement intelligente à la moyenne, bien que je sois capable de m'abaisser à ton niveau, par charité.
- C'est curieux, mais il me semble que tu te prennes une nouvelle fois pour moi... Je sais que je suis un être absolument exceptionnel et que tout le monde rêve de posséder mon intellect incomparable, mais je ne voudrais pas que tu te nourrisses de faux espoirs.
- Les seuls espoirs que je nourris sont tous ceux qui concernent la possibilité d'un prochain mutisme pour toi.
- Je me dois de te décevoir, ce n'est en aucun cas prévu pour un avenir proche.
- Tu m'en vois extrêmement triste, soupira-t-elle.
Il hocha la tête d'un air faussement compréhensif et attendit quelques secondes pendant lesquelles Lutha réussit à avaler pas moins de cinq tranches de bacon.
- Alors, qu'est-ce qu'il a fait, exactement ?
Elle haussa les épaules.
- Je ne te répondrai qu'en te demandant : à ton avis, comment est-il possible pour un mec de s'introduire dans le dortoir des filles ?
Il adopta un air des plus intrigués et se frotta pensivement la barbe.
- A vrai dire, j'a quelques idées, mais elles ne me paraissent pas réalisables. Ce doit être possible avec des balais, mais il est difficile de passer inaperçu en traversant la salle commune sur des balais, surtout quand on ne traverse pas sa propre salle commune.
- Oui, j'imagine, lâcha-t-elle en réponse d'une voix sarcastique. Je suppose que quelqu'un l'aurait remarqué si deux débiles profonds avaient survolé la salle commune pour s'introduire dans le dortoir des filles.
- Sur ce, je suggère que nous y allions. McGonagall n'est pas réputée pour sa patience.
Ils croisèrent Lucy en chemin, qui, semblait-il, avait décidé de sauter le petit-déjeuner pour dix minutes de sommeil supplémentaires. Avec un sourire, la chat-garou lui fourra dans les mains une demi-douzaine de toasts qu'elle avait mis de côté, ignorant l'air ahuri de ses deux amis devant ce geste étrangement généreux.
A la fin du cours, ils se rendirent en histoire de la magie sans enthousiasme et finirent tous trois par vaquer à diverses occupations pour éviter de s'endormir. Pour Lutha, l'occupation consista à se plonger dans le livre que lui avait donné Slughorn la veille. Elle se demandait si elle ne pourrait pas y trouver des sortilèges utiles, pour le cas où elle devrait de nouveau combattre des chats-garous. Elle ne tenait pas à laisser une fois de plus l'un des membres de sa famille, et particulièrement Alexandre, l'emporter sur elle.
En lisant la préface, elle comprit encore mieux pourquoi son professeur avait pensé que le livre lui plairait. L'auteur, Kleon Solefios, se présentait comme "un chat-garou aux cheveux blancs, signe que la magie brûlait en lui". Elle s'attendit donc à un point de vue plutôt objectif de sa part mais fut rapidement déçue. De toute évidence, malgré sa "tare" qui avait dû le mettre à l'écart parmi les siens, cet homme défendait clairement les chats-garous, n'hésitant pas à comparer les sorciers à des monstres dans son ouvrage, en passant sans commentaire les quelques anecdotes qui ne rendaient pas vraiment honneur aux chats-garous.
Après les deux heures de cours, elle avait lu un bon quart du livre. Elle avait parfois du mal à le déchiffrer, le vocabulaire et la syntaxe étant assez anciens. Mais somme toute, elle avait noté sur un parchemin vierge cinq sortilèges, qu'elle espérait tester à la première occasion.
Lucy, Jonathan et elle se rendirent dans la grande salle tout en discutant avec véhémence du contenu du cours de métamorphose de la matinée. Alors qu'ils mangeaient tranquillement dans leur coin, une Serdaigle plus jeune aux cheveux blonds bouclés s'approcha d'eux. Ses yeux bleu vert étaient habités par un petit air de défi. Lutha et Jonathan échangèrent un regard silencieux. Il s'agissait de la fille que Sirius Black avait ramenée aux Trois Balais quelques jours auparavant.
- Lutha Layos ? Demanda-t-elle en s'arrêtant près d'eux.
Puisant dans sa mémoire, la chat-garou fit un effort pour se rappeler du nom que son ami lui avait donné. Insufflant un maximum de froideur à sa voix, elle finit par répondre :
- Juliette McField ?
- Je peux te parler ?
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Sirius leva un œil alarmé lorsque James lui fit remarquer ce qui se passait à la table des Serdaigles. Les sourcils froncés, il observa la jolie Serdaigle avec laquelle il avait flirté entraîner Layos à sa suite hors de la grande salle. Il se demandait bien de quoi il s'agissait et il espérait que la Serdaigle n'aurait pas à souffrir un fois de plus des foudres d'une admiratrice jalouse. Il se sentit étrangement gêné en y pensant. Après tout, ce n'était pas vraiment ses affaires et elle était capable de se défendre, non ? Et puis ce n'était pas comme s'il souhaitait qu'elle ignorât tout de ses conquêtes. Avec horreur, il sentit un peu de sans affluer à ses joues et secoua vivement la tête pour chasser cette sensation, sous l'œil intrigué de Remus et Peter, et amusé de James.
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Lorsqu'elles se furent éloignées de la grande salle, la plus jeune s'arrêta pour faire face à Lutha. Celle-ci croisa les bras, plissant ses yeux ambrés en attendant le premier mouvement de l'adversaire. Car de toute évidence, c'était en adversaire qu'était présente cette fille, même si elle ne s'attendait pas au même genre d'attaque que de la part de Sara Prewett en début d'année.
- Je ne sais pas vraiment comment commencer, entama l'autre.
Un silence glacé lui répondit. Après tout, Lutha savait à la perfection comment adopter cette attitude méprisante si propre aux félins. Et elle n'avait pas l'intention d'offrir la moindre ouverture.
- Voilà, j'ai beau m'être dit que cette histoire ne me concernait pas, je ne peux pas m'empêcher de penser que ça risque de se reproduire et qu'une autre fille comme moi peut tomber dans les filets de Black, puisqu'il semble si habile à les utiliser, alors que, apparemment, il n'a rien à faire de ce qu'il pourrait pêcher en ce moment.
La petite Grecque se passa une main dans les cheveux, mal à l'aise. Où voulait-elle donc en venir ?
- Alors, peu importe ce qu'il se passe, il serait peut-être bon de régler les choses entre vous, parce que tu es la seule fille qui l'obsède en ce moment, ce qui ne l'empêche pourtant pas de draguer ailleurs.
Abasourdie, Lutha ne sut quoi répondre. Elle avait l'impression que la moitié de ses entrailles s'était changé en plomb, tandis que l'autre moitié s'envolait allègrement pour voleter autour de son cœur. La seule fille qui l'obsédait ? Comment devait-elle interpréter ça ? Et quel qu'en fût le sens, y avait-il vraiment de quoi se réjouir ou s'inquiéter ? Elle avait du mal à y réfléchir sereinement.
- Et j'en profite pour te dire ça au passage, j'ai entendu une fille dire qu'elle utiliserait volontiers un filtre d'amour sur Black, puisque ces temps-ci, il était impossible d'obtenir un regard de lui. Une espèce d'hystérique de Gryffondor.
La chat-garou resta parfaitement immobile. Son cerveau semblait s'être figé en glace. Elle se demandait bien comment elle avait pu se retrouver dans cette situation. L'air un peu perdu, elle tentait de réfléchir à ce qui pouvait être intelligent dans sa situation. Ce fut ainsi que John la trouva, quelques minutes plus tard, pour l'emmener en cours de DCFM. Il en fit pas le moindre commentaire. Son visage hilare suffisait.
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Sirius tira lentement sur sa chaise, comme d'ordinaire, pour faire remarquer son arrivée à sa voisine et, comme d'ordinaire ces temps-ci, elle ne leva pas les yeux sur lui et ne fit pas le moindre signe montrant qu'elle notifiait sa présence. Il garda lui aussi le silence : après tout, pour l'instant, il n'avait rien pour contrebalancer la menace qu'elle avait fait peser sur lui et ses amis. Spare arriva à peine une minute après lui et ils commencèrent un cours théorique sur les vampires, ponctué des questions que l'enseignant adressait à la classe dans le but de maintenir l'attention.
- Non, miss Swann, les vampires ne brillent pas quand ils sont exposés au soleil, ils brûlent, vous feriez bien de vous en souvenir pour votre examen de fin d'année.
Il y eut des rires.
- Oui, monsieur Lupin, tout à fait, l'ail est très efficace pour repousser les vampires. A tel point que même les moldus le savent, bien que la plupart doutent de l'existence de ces créatures, pourtant parmi celles qui ont fait le plus de ravages dans leurs rangs. Miss Evans, oui ?
- Est-il vrai que certains vampires ne vivent pas du tout en reclus et entretiennent des relations d'amitié avec des sorciers ?
- Je n'irais pas jusque là, miss Evans, mais il est vrai que, tout comme de nombreuses créatures, ils ne sont pas tous aussi monstrueux qu'on les décrit. L'un des meilleurs exemples de ce type de jugement est, comme vous pouvez le savoir, celui des loups-garous. Toutefois nous en avons déjà parlé donc je ne m'attarderai pas sur le sujet.
Il avait posé un rapide regard sur Remus en disant cela. L'attention de Sirius sur ce que racontait l'enseignant fut soudain distraite par le parchemin qui venait de glisser devant lui. Ébahi, il déchiffra les quelques mots écrits en pattes de mouche.
Je serais toi, je me méfierais de ce que je mange ou que je bois, prochainement.
Il haussa un sourcil et se retourna à moitié vers Layos. Elle regardait par la fenêtre sans se préoccuper de lui. Il contint un sourire. Même s'ils étaient par écrit, c'était les premiers mots qu'elle lui adressaient depuis leur entrevue explosive. Après tout, elle allait peut-être finir par céder toute seule. Elle n'était peut-être pas capable d'un tel contrôle sur elle-même...
Comme si elle devinait ses pensées, elle tourna la tête vers lui et lui adressa un regard réfrigérant sans l'ombre d'un sourire. Il y lut clairement la réponse à ce qu'il venait de penser. Non, elle s'en tiendrait à sa décision jusqu'au bout. Qu'importe, il allait bien finir par trouver quelque chose. Après tout, Float avait bien sous-entendu qu'il y avait quelque chose à trouver.
Pourquoi me méfierais-je de ça ? Quelqu'un va m'empoisonner ? Un Serpentard ? Toi ?
Il crut qu'elle n'allait pas répondre et il se demanda s'il ne franchissait pas les bornes avec le dernier mot, mais elle finit par lui griffonner une réponse rapidement.
Une fille a décidé de te faire boire un filtre d'amour, apparemment. On va dire que je t'en informe parce que tu es l'ami de Remus et Remus est mon ami. Inutile de répondre, au moins, tu es au courant maintenant.
Perplexe, il relut le message plusieurs fois, notant du coin de l'œil qu'elle observait sa réaction. Il se demandait quelle fille pouvait bien être assez extrême pour recourir au filtre d'amour. Ce ne serait sans doute pas la première ni la dernière fois à Poudlard, mais pourquoi fallait-il que cela tombe sur lui ? Il se demanda comment Layos avait pu être au courant de cette menace, elle qui passait le minimum de temps possible en compagnie d'autres élèves, si on faisait une exception pour Float. Contrairement à ce qu'elle lui avait demandé, il écrivit une brève réponse et rendit son parchemin à la Serdaigle. Elle y jeta un coup d'œil sévère, sans doute prête à lui rappeler sa mise en garde.
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Merci.
Lutha camoufla son sourire en se penchant sur les notes qu'elle prenait distraitement depuis le début du cours. Elle allait sans doute se demander encore pendant plusieurs mois pourquoi Juliette McField était venue lui dire ça à elle et non directement à Black mais elle avait du mal à le regretter. Elle ne savait plus très bien où elle en était, une fois de plus. C'était toujours le problème quand on décidait de faire une chose alors qu'on en voulait une autre.
Elle soupira. Le tout était de réussir à tenir jusqu'à la fin de l'année. Un fois en Grèce, elle serait débarrassée de ces ennuis.
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La semaine qui suivit s'écoula paisiblement, sans autre incident notable qu'une fille de Gryffondor qui, suite à une malencontreuse erreur inexpliquée, se mit à se faire des déclarations d'amour enflammées à elle-même devant Sirius. Le soir-même, les maraudeurs s'éclipsèrent tôt dans leur dortoir, s'excusant auprès de Lily et Mary. Ils avaient prévu une réunion secrète la veille et l'événement du jour l'avait précipitée.
- Comment savais-tu ce qui allait se passer, cet après-midi ? Fut la première question que posa Peter une fois qu'ils furent tous assis en tailleur sur le lit de Remus, celui-ci étant le plus propre.
Sirius esquissa un sourire.
- Et bien vous allez être surpris, mais... Layos m'a prévenu que ça allait arriver.
James ne manifesta pas le moindre étonnement. Son ami le mettait au courant de tout ce qui touchait à la Serdaigle quasiment dans la seconde après avoir appris quelque chose. Queudver, en revanche, fronça les sourcils, perdu. Il n'arrivait plus à suivre les actions de la petite Grecque. Quant à Remus, il haussa un sourcil. Il comprenait les raisons d'agir de Lutha, mais il se demandait pourquoi elle n'avait pas tout simplement rompu définitivement tout contact. Il en venait même à se demander si...
La porte du dortoir grinça et ce fut sans surprise qu'ils virent Noisette entrer tranquillement avant de venir vers eux.
- Un jour, il faudra vraiment qu'on trouve à qui elle est, parce que Sirius risque de l'emmener à la fin de l'année, ricana James en voyant l'animal sauter sur les jambes tendues de son meilleur ami.
Celui-ci lui gratta distraitement les oreilles tandis que le loup-garou abordait le sujet qui les avait réunis ce soir-là, jugeant inutile de s'appesantir sur l'affaire filtre d'amour.
- Alors, que'est-ce qu'on va en faire ? On ne peut pas la garder chacun, et elle ne servirait à aucun d'entre nous.
Il étala la Carte du Maraudeur sur le lit sans prononcer la formule.
- On pourrait la garder pour la léguer à nos enfants, proposa James avec un sourire en coin. Je serais très déçu si mon fils ou ma fille n'explorait pas le château à ses hures perdues. Non, Patmol ?
Le sang-pur fronça les sourcils.
- Je ne sais pas, Cornedrue. On a mis tellement longtemps à la faire... ce serait un peu trop facile si nos enfants, si enfants il y a un jours, la récupéraient comme ça sans difficulté.
Il émit un petit rire. Noisette le chatouillait en remuant, cherchant à regarder le parchemin qui occupait leur attention.
- Je suis d'accord avec Sirius, acquiesça Lunard. Il ne faut pas qu'elle tombe entre les mains de n'importe qui. Si ça se trouve, nos descendants seront sages. La carte doit plutôt aller à nos... comment dire... nos descendants spirituels. Les prochains fauteurs de trouble sont ceux qui devraient en hériter.
- Mais comment savoir qui ce sera ? Fit judicieusement remarquer Peter.
Les deux plus turbulents échangèrent un regard, traversés par la même idée.
- Un fauteur de trouble débutant se fera forcément pincer une fois par Rusard... Commença James.
- Et il atterrira donc dans son bureau... Poursuivit Sirius.
- ...il pourrait tomber sur un objet qui l'intriguerait, dans ce bureau...
- ...et essaierait de le récupérer pour savoir ce dont il s'agit...
- ...il faudrait donc que Rusard confisque la carte...
- ...la classe dans son tiroir d'objets dangereux...
- ...et en ajoutant un sortilège d'urgence...
- ... ceux qui passeraient plus d'une minute dans ce bureau seront tentés de la prendre.
Les deux garçons se turent, sous l'œil médusé de leurs amis. C'était toujours quelque chose de les voir à l'œuvre lorsqu'il s'agissait de préparer un mauvais coup. Peter fut le premier à rompre le silence.
- Mais si Rusard essaye de la détruire ?
Cette fois, Remus coupa l'herbe sous le pied à James qui s'apprêtait à répondre.
- Il n'utilisera pas la magie puisqu'il ne peut pas. Il faut donc la rendre imperméable et ignifugée pour la protéger. Je pense que ça devrait suffire. Quelqu'un finira forcément par la récupérer, ainsi. C'est une excellente idée. A la réflexion, si ça existait, on devrait aussi la protéger contre les chats, vu l'affection du concierge pour cette espèce.
En disant cela, il poussa Noisette et récupéra le parchemin pour éviter qu'elle ne le perce avec ses griffes. Sirius attrapa le chat et le ramena sur ses jambes.
- Laisse cette carte tranquille, ordonna-t-il d'une voix amusée. Est-ce qu'on cherche les sortilèges de protection ce soir ?
A cet instant, un hibou cogna du bec contre l'une des fenêtres du dortoir, les faisant tous sursauter comme des diables. James alla lui ouvrir et Noisette regarda le volatile d'un air mauvais, le poil encore dressé sur le dos de frayeur.
- C'est un paquet pour toi Sirius.
Le jeune homme sourit, ravi.
- Ah, je sais ce que ça doit être.
Il mit une mornille dans la bourse que portait l'oiseau livreur autour du cou et celui-ci s'envola aussitôt, peu désireux de rester dans la même pièce qu'un félin belliqueux. Sous l'œil curieux de ses amis, Patmol déballa un énorme dictionnaire Grec/Anglais qu'il posa sur sa table de chevet avant de revenir s'asseoir avec les autres. Il remarqua soudain que Noisette le fixait avec insistance, le regard étrange pour un félin. Il cilla, perturbé et se rendit compte que c'était probablement son imagination. Elle se léchait consciencieusement une patte pour nettoyer le dessus de ses oreilles sans s'occuper de lui.
- Alors, on s'y met ?
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- Un dictionnaire ? Tu es sûre ?
Lutha hocha la tête avec gravité.
- Mais à quoi ça va lui servir ? Ce n'est pas la meilleure méthode pour apprendre le Grec.
Elle se mordit les lèvres avec nervosité, pour le quinzième fois depuis ce matin.
- J'ai vérifié tous les documents que j'ai en grec, pas un seul ne manque. Je ne vois pourquoi il fait ça.
- Peut-être que ça n'a rien à voir avec toi, ironisa Jonathan avec un air si peu convaincu qu'il n'aurait pas pu duper le roi des naïfs.
Le regard blasé qu'elle lui lança fut sa seule réponse. Il émit un petit rire.
- Je suppose qu'à moins de retourner espionner de temps en temps, tu n'en apprendras pas plus avant un moment. Je suis plus intéressé par cette histoire de... carte ? Qu'est-ce que ça peut bien être ?
- Oh, vu la façon dont ils en parlaient, une carte du château, mais qui serait utiles à des fauteurs de trouble. J'ai essayé de voir, mais le parchemin était parfaitement vierge. Mais à mon avis, ils doivent connaître quelques passages secrets, avec leur habitude de se promener la nuit. Je ne vois pas ce que ça peut être d'autre.
Elle dévisagea son ami. Il gardait un air pensif un peu curieux. De toute évidence, il voulait savoir ce que c'était. Elle eut un sourire indulgent.
- J'essaierai de savoir ce que c'est la prochaine fois, John, promis, se moqua-t-elle.
Il hocha la tête pensivement. Des hululements se mirent à retentir et Lutha leva les yeux au ciel avec agacement.
- Voilà pourquoi je déteste déjeuner cinq minutes plus tard que d'habitude.
Les hiboux et chouette des élèves et de l'école s'engouffraient dans la grande salle, faisant tomber quelques plumes sur les tables. Celui de Jonathan fila vers lui, évitant soigneusement de se poser trop près de la chat-garou. Le Serdaigle s'esclaffa en voyant son amie jeter un regard hostile au volatile.
- Dire que cette année, je comprends enfin pourquoi il prenait ses distances avec toi. Ah tiens, c'est pour toi, d'ailleurs.
Il lui tendit une enveloppe moldue avec un timbre grec et un large sourire s'étala sur le visage de Lutha. Elle fourra la lettre dans sa poche, ayant déjà hâte que la journée s'achève pour la lire.
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- Tu vas où ?
- Réviser avec les Serdaigles.
Les trois autres maraudeurs dévisagèrent leur ami avec surprise. Celui-ci ne s'en étonna pas. Depuis la menace que Lutha avait faite à Sirius, il n'avait pas vraiment eu envie de passer plus de temps que nécessaire en sa compagnie. Il l'appréciait, mais les maraudeurs étaient ses amis de toujours et il avait du mal à tolérer une telle situation. Cependant, sa vision des choses avait changé. Il n'était pas sans savoir que James et Sirius avaient fouillé le dortoir de la petite Grecque, même s'ils ne l'avaient avoué qu'une fois la faute commise. Il avait craint les représailles, sachant pertinemment que l'odorat d'un chat-garou détecterait une telle intrusion. Mais elle n'avait eu aucune réaction. Elle était même allée jusqu'à mettre en garde Patmol contre une menace qui pesait sur lui. Cela faisait deux jours qu'il réfléchissait à tout cela et il avait quelques idées qu'il souhaitait éclaircir. Mais pour ce faire, il fallait voir ses amis Serdaigles.
Lorsqu'il avait demandé à la jeune fille s'il pouvait se joindre à eux le samedi pour réviser, prétextant sans vraiment mentir qu'avec ses amis, c'était une épreuve quasi-impossible, elle avait haussé un sourcil avant de lui faire remarquer qu'elle ne voyait même pas pourquoi il posait la question puisqu'après tout, ils étaient amis.
Il se dirigeait donc à présent naturellement vers le petit coin qu'ils avaient aménagé pour eux. La porte s'ouvrit avant même qu'il n'ait levé le bras. La chat-garou lui fit signe d'entrer, souriante. De toute évidence, elle avait profité de son arrivée pour cesser de travailler, ne serait-ce que quelques instants.
- Alors, tu avais tant besoin que ça de réviser ? Plaisanta-t-elle en lui ménageant une petite place sur la table basse.
Il hocha la tête en riant, observant Lucy, allongée sur des coussins qui marmonnaient des formules, plongée dans son livre de sortilèges. Puis il se tourna vers Jonathan qui le salua d'un geste de la main, le nez sur un bouquin de métamorphoses, vautré dans son fauteuil. Il en déduisit que le fouillis de cours que Lutha était en train de pousser n'était autre que le sien.
- Tu fais de l'arithmancie ?
- Oh oui, je refais les exercices depuis le début de l'année. Tous ceux que je n'ai pas suivis, autant dire, tous. Ça m'apprendra à regarder par la fenêtre en cours.
- Tu t'es fait un programme de révisions ?
Elle haussa les épaules, l'air de lui demander pourquoi.
- Non. Je relirai sortilèges et potions une semaine avant les épreuves et je referai ma métamorphose lorsque j'aurai fini l'arithmancie mais je n'ai pas besoin de planifier ça. Je n'aurais sûrement pas bossé si tu n'avais pas demandé à ce qu'on fasse ça aujourd'hui.
Le loup-garou sourit, songeant à l'organisation des révisions de Lily et Mary. C'était clair que ce n'était pas vraiment la même application.
- Tu veux travailler quoi ?
- Oh, je pensais faire un peu de potions, annonça-t-il en sortant ses affaires. Tu penses que je peux en faire une ici ?
- Du moment qu'elle ne pue pas, tout est permis, répondit Lucy en prenant son amie de vitesse.
Le Gryffondor se pencha donc sur son chaudron, profitant de l'occasion pour vraiment travailler, puisque la présence de Lucy l'empêchait de parler de ce dont il voulait.
Il préparait sa mixture depuis une heure lorsque la joueuse d'échec se leva, décrétant qu'elle en avait fini pour aujourd'hui et que Natacha l'attendait - Remus se demanda qui diable était Natacha - et elle sortit après avoir lancé un "au revoir" à la cantonade. Alors que Lutha se contentait de se replonger dans son travail, le regard du grand blond changea du tout au tout et le loup-garou se sentit soudain la cible de ce regard gris pénétrant et curieux. Il fit mine de recommencer à préparer sa potion mais fut interrompu au bout de deux minutes.
- Je peux te poser une question, Remus ?
- Oui ?
Il attendit avec circonspection. Il s'était habitué au Serdaigle et à son intelligence un peu trop perçante, aussi préférait-il ne pas en être le point de mire.
- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
- Comment ça ?
- Oh et bien nous avions admis que tu devais mal supporter que Lutha fasse du chantage à tes meilleurs amis et que tu avais décidé de prendre un peu tes distances, mais de toute évidence, tu as changé d'avis, et pas seulement en surface, puisque je n'ai pas senti la moindre réticence ou la moindre froideur de ta part à l'égard de Lutha.
Mal à l'aise, le loup-garou sentit le rouge lui monter aux joues, embarrassé d'être si facilement mis à jour. A présent, la petite Grecque avait relevé les yeux de ses cours et fixait alternativement les deux garçons sans mot dire. Comment allait-il s'y prendre pour aborder le sujet avec subtilité, à présent ? Cela semblait plus que compromis.
- Et bien... disons que j'ai réfléchi à ses raisons et je me suis dit que j'avais probablement jugé la situation un peu vite, finit-il par déclarer avec le plus d'aplomb possible.
La chat-garou le dévisageait avec insistance mais c'était toujours préférable au regard scrutateur de Jonathan. Ce fut d'ailleurs elle qui répondit, puisqu'il gardait les yeux fixés sur elle.
- J'aurais compris si tu avais décidé d'espacer nos entrevues. Mais je suis contente que tu ne l'ais pas fait. Je tiens à ton amitié.
Il hésita. Est-ce qu'il essayait d'en apprendre plus ou s'en tenait-il à la situation actuelle ? Il allait retourner à son travail quand la réplique lui traversa l'esprit de façon fulgurante, franchissant aussitôt ses lèvres avant qu'il n'y réfléchît.
- Je sais que ce n'est pas contre lui mais pour le protéger et pour te protéger que tu l'as fait.
Il eut soudain l'impression que l'atmosphère s'épaississait autour de lui, comme si l'air s'était brusquement changé en gelée. Le grand blond le regardait d'un œil nouveau, intéressé, comme un professeur regarderait un élève prometteur en éveil. En revanche, Lutha avait les yeux plissés et la bouche un peu crispée.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Pourquoi le protéger ?
Ce fut soudain évident. Remus se demanda comment il avait pu se poser la question alors que la réponse était claire à présent. Il l'énonça à voix basse, ne sachant pas si c'était le comportement le plus intelligent à adopter, mais, à présent, il n'avait plus tellement le choix.
- Tu l'aimes, non ?
Une grimace traversa furtivement les traits de la petite Grecque. De toute évidence, elle savait qu'il était inutile de le nier.
- Je... ne le dirais pas comme ça... c'est...
- Oui, mais elle préférerait que tu t'abstiennes de jamais mentionner le sujet devant quelqu'un d'autre que nous me semble être la réponse la plus appropriée, compléta John, le ton légèrement amusé.
Sa meilleure amie le fusilla du regard mais ne fit pas le moindre commentaire.
- Evidemment, je ne compte pas en parler à qui que ce soit, et surtout pas à Sirius, ne t'inquiète pas.
Tout était complètement limpide, à présent. Les dernières explications qui lui manquaient pour expliquer tous les événements qui s'étaient produits entre ses deux amis étaient là. Il saisissait très bien les réactions de Lutha. Il savait que l'on ne pouvait pas se laisser aller à ses envies, souvent. Le malaise qu'il avait ressenti en apprenant le chantage dont elle avait menacé son ami s'était envolé. Il était à présent persuadé qu'elle ne mettrait jamais sa menace à exécution.
- Il doit s'en douter, de toute façon, marmonna la chat-garou d'une voix grinçante.
Remus fronça les sourcils. Qu'est-ce qui pouvait bien lui faire penser cela ? Patmol n'avait montré aucun signe prouvant qu'il pourrait se douter d'une telle chose et, de sa part, il aurait été curieux qu'il la garde pour lui.
- Ça m'étonnerait, répondit-il donc avec un sourire.
Il lui sembla qu'elle était satisfaite en entendant cela, mais elle ne dit rien et le Gryffondor assista alors à l'une des manœuvres les moins subtiles de Jonathan pour détourner la conversation sur un sujet moins épineux :
- Qu'est-ce que tu prépares... enfin préparais... comme potion ?
Et lorsqu'il baissa les yeux sur son chaudron, il réalisa qu'en effet, il avait laissé la mixture sans la remuer trop longtemps et celle-ci avait à présent la consistance de goudron frais.
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Lutha se détourna des deux garçons, le cœur encore affolé par la discussion qui venait de se produire. Pourquoi fallait-il que cette histoire prît une telle ampleur ?! Elle aurait voulu oublier tout ça. Elle avait l'impression que chaque journée qui passait était une torture. Ses sentiments se rappelaient à son bon souvenir, et, quand elle n'y songeait pas, c'était Jonathan, ou, à présent, Remus, qui lui faisaient y penser. Alors qu'elle aurait souhaité les oublier. Ils n'avaient pas leur place dans sa vie et elle ne savait pas comment y résister. D'un geste un peu brusque, elle sortit la lettre de Zephyr, reçue deux jours auparavant, pour la relire. Au moins, lui serait toujours apaisant.
Mon petit chaton d'amour,
Je ne commencerai pas cette lettre par nos habituelles bêtises, au vu du ton de la dernière que tu m'as envoyée. Je pense à toi très fort. Je sais à quel point c'est difficile. J'ai ressenti ça quand j'ai renoncé à mon premier amour parce que c'était un garçon. Je savais qu'il serait martyrisé par les nôtres si jamais cela se savait, et, chez nous, tout se sait, malheureusement. Je comprends donc parfaitement ce que tu ressens et te soutiens dans ton effort. Je pense que tu as fait le bon choix, même s'il est douloureux.
Je sais que tu réussiras à tenir, j'ai confiance en toi. Bientôt, je serai là pour t'aider quand tu reviendras. D'ici là, j'espère que ton ami Jonathan te soutient du mieux qu'il peut, même s'il ne comprend pas vraiment les enjeux. En tout cas, sois rassurée, personne dans ta famille ne semble se douter de rien. Depuis le dernier reproche qu'il t'a fait dans la lettre qu'il m'avait confiée, ton charmant frère aîné n'a rien l'air d'avoir à te dire. Il est en revanche venu pour une autre raison chez moi, qui, je dois dire, m'a surpris. Tu ne vas pas en revenir. Toi et moi savons ce que ta famille a toujours pensé de moi, particulièrement ta portée. En revanche, Alexandre m'a fait comprendre que, même s'il ne souhaitait en aucun cas avoir plus de contact que nécessaire avec moi, il comprenait la raison de notre amitié et ne souhaitait pas t'en priver, au contraire.
Étonnant, non ? J'ai l'impression qu'il veut être sûr que tu ne cherches pas à te rebeller. Enfin, tu le connais mieux que moi, tu me diras ce que tu en penses.
Pour achever ce courrier sur un ton un peu plus joyeux, sache que j'ai bien trouvé à me consoler de mon Américain. Un guitariste dans un bar avec qui j'ai discuté toute la nuit de musique. Enfin... toute la nuit, tu vois ce que je veux dire. Un mec formidable, même si je vais sûrement vite m'en lasser. Tu ne le rencontreras sans doute pas, je doute de rester plus d'un mois avec lui. Les affaires marchent toujours, aussi. J'ai vendu la camionnette pour une nouvelle plus puissante et plus rapide.
Je t'embrasse fort et n'oublie pas que je te soutiens de tout mon cœur,
Ton frère adoré qui t'aime,
Zephyr.
La petite Serdaigle poussa un long soupir en repliant la lettre. Malgré tout le soutien et l'amour du chat-garou, elle avait toujours le cœur serré. Toutefois, si Zephyr avait réussi à endurer ça à son âge, elle ne voyait pas pourquoi elle en serait incapable et cela la confortait dans l'idée qu'elle avait fait le bon choix. Même si Jonathan ne lui avait pas fait une seule fois la remarque à haute voix, elle savait qu'il désapprouvait son choix, mais il ne comprenait pas réellement la menace que représentait Teneös. Remus, en revanche, ne semblait aucunement contre sa décision. Sans doute réalisait-il plus facilement que parfois, certains choix n'en étaient pas vraiment.
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Le soir-même, après s'être séparés et avoir dîner, Lutha eut un longue conversation avec Jonathan sur les livres de Tolkien, une fois de plus. Puis, aux alentours d'onze heures, elle le laissa aller se coucher et fila en douce, incapable de résister à l'attrait que représentait le dortoir des Gyrffondors. Elle se sentait généralement plus calme et sereine après y avoir passé du temps, même si ça n'avait pas la même saveur qu'aux moments où elle échangeait réellement avec Black. Sous la forme de Noisette, il lui parlait, était persuadé qu'elle comprenait tout, puisqu'il restait convaincu que les chats étaient des créatures intelligentes et machiavéliques, mais elle ne pouvait de toute évidence pas lui répondre.
Lorsqu'elle arriva devant la porte, elle remarqua que la porte avait été laissée entrouverte à son intention. Elle glissa le museau par l'entrebâillement et vit que, comme souvent, ils dormaient tous sauf Black, qui semblait vivre très bien le soir, tout comme elle. Elle marcha souplement jusque vers lui. Il lisait un policier, comme quasiment à chaque fois qu'elle venait. En la voyant, il gratta la couverture à côté de lui. Elle savait que c'était un geste commun pour attirer les chats mais elle hésita. D'ordinaire, elle s'installait dans sa valise, avec son odeur et elle l'entendait bien. Ne serait-ce pas outrepasser les bornes que de venir si proche de lui ? Il réitéra son geste en l'appelant à mi-voix et elle céda, bondissant sur le lit pour se laisser gratter les oreilles. C'était tellement agréable. Il n'y avait que trois personnes qu'elle avait laissé faire ça sans se dégager : Luthen, Zephyr et Jonathan. Enfin... maintenant il y en avait quatre. Elle se roula en boule sur la couverture. Elle rentrerait quand il éteindrait. Elle ferma les paupières en savourant tous les avantages d'être un chat, repoussant dans un coin de son cerveau l'idée que ce qu'elle faisait n'était vraiment pas une bonne idée, par bien des aspects.
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- "Μικρό γατάκι μου". Toutes les lettres commencent quasiment par ça. Et elles sont toutes signées "Ζέφυρος". Je me demande comment ça se prononce.
- Sûrement pas comme ça. On dirait que tu es en train de manger un caramel qui te colle les dents, fit aimablement remarquer l'attrapeur.
Sirius lui jeta un regard noir par dessus le dictionnaire. Les remarques agréables volaient depuis le matin, tout cela parce qu'il n'avait pas voulu aller voler avant dix heures, l'heure prévue pour l'entraînement.
- Apparemment, celui ou celle qui envoie les messages, c'est Zephyr. C'est... un dieu du vent ?
Lily releva le nez de son livre d'histoire.
- Zephyr, c'est son frère. C'est avec lui qu'elle m'a mis en contact pour cet été.
- Ah. Et il commence ses messages par... "mon petit chaton". Ha ha, ça ferait une bonne base pour se moquer d'elle mais il va me falloir plus de substance, je pense.
Il s'interrompit en tentant d'identifier quelques mots. Il était plutôt surpris. Il avait cru comprendre au fil de leurs conversations que les relations de la petite Serdaigle avec sa famille valaient les siennes. Qu'elle ait un frère avec qui elle semblait bien s'entendre ne collait pas.
- Elle t'a dit que c'était son frère ?
La rouquine leva les yeux au ciel mais se força à se remémorer les paroles exactes de Layos.
- Elle a dit "c'est mon frère, ou tout comme". Ça te va ?
Il hocha la tête. Est-ce que c'était quelqu'un comme James pour lui ? Sans doute avaient-ils plus de points communs que ce qu'il pensait. Une heure plus tard, il laissa tomber pour ce jour-là. Malgré tous ses efforts, ils n'avaient réussi à donner sens qu'à trois ou quatre phrases, sans être sûr de sa traduction. Il se laissa rouler sur le dos. Il faisait un très agréable soleil pour un après-midi de printemps et Lily, Mary, les maraudeurs et lui s'étaient installés sur des couvertures au bord du lac, ainsi que de nombreux élèves.
Se redressant, le sang-pur croisa le regard de Lunard. Celui-ci l'observait avec attention depuis qu'il était revenu de sa journée de révisions avec les Serdaigles, et son ami aurait donné cher pour savoir pourquoi. Le loup-garou détourna soudain les yeux en fronçant les sourcils et Sirius suivit son regard. Un groupe de garçons de Serpentards de septième année venait de sortir du château, l'air belliqueux. Ils crurent qu'ils venaient droit vers eux et chacun se tendit dans l'attente d'un affrontement, mais ils se contentèrent de passer à côté d'eux en leur jetant un regard méprisant. La voix de Montague, un grand brun à qui les maraudeurs avaient déjà eu affaire, résonna tandis qu'ils passaient. Il avait un sourire particulièrement mauvais et Patmol plaignit silencieusement la cible des pensées du Serpentard.
- ...pur s'intéressait à elle, je me suis posé des questions. Ma sœur lit le torchon de ragots de l'école, et, en voyant sa photo, vous ne devinerez jamais ce que mon père m'a révélé. Vous saviez qu'il existait...
- Encore en train de planifier le fait de s'en prendre à quelqu'un, grommela James en le suivant d'un regard foudroyant.
Il resta pourtant à sa place, Lily étant à ses côtés. Sirius ne broncha pas non plus, mais ce n'était pas l'envie qui leur manquait.
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Le lundi midi, après une matinée des plus ordinaires, lorsque Jonathan et Lutha s'assirent à la table des Serdaigles pour déjeuner, la grand blond ne manqua pas d'interpeller son amie, inquiet.
- Dis moi... As-tu une quelconque raison d'avoir suscité l'attention de quelques Serpentards ? Une bousculade, une broutille ?
La chat-garou arqua l'un de ses sourcils blancs sur son front.
- Non, pas que je sache, pourquoi ça ?
- Je n'aime pas du tout la façon dont ils t'observent. Il y a quelque chose de changé dans le regard du petit groupe en bout de table.
Elle jeta un œil dans la direction qu'il lui indiquait et croisa les regards plissés et calculateurs de quatre garçons. Elle sentit ses poils se dresser légèrement sur sa peau. Tout cela ne lui disait rien qui vaille. Mais comment auraient-ils pu l'apprendre ?
- Tu devrais peut-être en parler à Flitwick, hasarda-t-il.
Elle se retourna vers lui, songeuse. C'était la première fois qu'elle le voyait inquiet, si on excluait la fois où il avait failli être en présence de sa grand-mère.
- Ce n'est pas la peine, je pense. Il me suffit de les éviter. Ce n'est absolument pas difficile pour moi. S'il y a le moindre problème, ne t'inquiète pas, j'en parlerai à Flitwick.
Il hocha la tête, préoccupé. Il allait essayer de garder un œil sur elle ces jours-ci.
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- Tiens, tu ne restes pas plus tard, ce soir ? Remarque, ce n'est pas plus mal, il va bientôt être l'heure d'y aller. C'est la nuit Lunard.
Lutha sauta sur le sol, vers la porte du dortoir. Black la fixait d'un air curieux. Elle sortit rapidement, toujours dans un état d'affolement. Elle avait enfin découvert ce que le jeune homme faisait avec son nouveau dictionnaire. Il avait osé produire des copies de ses lettres. Des lettres de Zephyr ! Il ne perdait rien pour attendre. Cette fois, elle ne pouvait pas l'accepter. Elle allait les récupérer dès qu'elle en aurait l'occasion et trouverait un moyen de rafraîchir la mémoire de cet abruti, puisqu'il semblait réellement souffrir de troubles de celle-ci ! N'avait-elle pas été assez claire sur le fait qu'il ne devait plus chercher à se mêler de sa vie ?
Dès qu'elle s'estima à l'abri des regards, elle reprit son apparence humaine, qu'elle préférait pour canaliser ses émotions. Elle entra dans une salle de classe, jeta un sort d'isolement sonore à la pièce et poussa un grand cri de rage. Il allait lui faire perdre la raison ! Pourquoi fallait-il qu'il s'acharne à ce point ?! Elle avait pourtant tenté d'être le plus détestable possible ! Comment pouvait-il ne pas renoncer et même redoubler d'effort face à un tel mur ?! Qu'est-ce qui pouvait lui faire croire que la chose en valait la peine ?! Elle n'arrivait pas à comprendre comment il réfléchissait ! Elle ne s'estimait pas indigne d'intérêt, loin de là, mais à un certain point, l'entêtement n'avait-il pas une limite ?! Il la rendait folle. Depuis sa naissance, jamais elle n'avait ressenti un tel bouillonnement, une telle perte de contrôle dans ce qu'elle ressentait. Elle avait beau tenter d'être raisonnable, de se contenir, il détruisait aisément toute sa volonté comme si celle-ci n'était qu'un vulgaire parchemin. Elle lâcha un nouveau cri pour se soulager. Elle aurait bien eu besoin d'un petit combat avec Zephyr pour se vider de son énergie et éliminer toutes ses pensées parasites.
Elle leva le sortilège d'isolement et sortit prudemment de la salle comme si de rien n'était. Le couvre-feu n'était pas encore atteint, mais les couloirs commençaient à se vider à mesure que les élèves retournaient dans leurs salles communes. Elle songea à faire un détour par la bibliothèque pour y prendre un livre mais elle avait ce qu'il fallait dans sa valise. Par habitude, elle emprunta un raccourci que seuls les plus âgés des Serdaigles connaissaient. Le couloir était frais et désert. Il sentait les tapisseries poussiéreuses. Enfin... c'était ce qu'il sentait, d'ordinaire. Les sens soudain en alerte, la jeune fille huma longuement l'air. Il n'y avait aucune odeur en dehors de la sienne. C'était étrange. Le couloir était également incroyablement silencieux. Elle continua con chemin, sur ses gardes, suivant d'un œil vif les ombres que projetaient les torches sur les murs. Elle arriva au bout du raccourci et poussa un soupir soulagé, réalisant qu'une certaine angoisse l'avait prise. Elle écarta la tapisserie et sortit dans un couloir plus large. Elle se figea aussitôt. Des Serpentards étaient nonchalamment en train de discuter dans le couloir. Sauf que des Serpentards n'avaient rien à faire dans cette partie du château à cette heure de la journée. A moins qu'ils ne souhaitent voir un Serdaigle ou le professeur Flitwick. D'autant plus qu'il s'agissait du groupe contre lequel Jonathan l'avait mise en garde. Comme pour justifier cet avertissement, Montague, apparemment le meneur, se redressa pour fixer la chat-garou dans les yeux.
- Salut, Layos.
- Montague, le salua-t-elle à mi-voix, évaluant les solutions de fuite du coin de l'œil.
- Tu as toujours été très discrète et tu n'as jamais cherché des noises à aucun Serpentard, c'est plutôt sage de ta part.
Elle jeta un regard à son sourire moqueur mais ne répondit rien.
- Malheureusement pour toi, le petit traître à son sang de Black s'est intéressé à toi. La fille qui ne se fait pas remarquer. Sacré talent pour quelqu'un qui a les cheveux blancs, la peau aussi mâte et un certain accent grec.
- Je suis Grecque, ce n'est un secret pour personne, rétorqua-t-elle avec sarcasme avant d'avoir pu s'en empêcher. C'est bien de l'avoir remarqué mais où ceux-tu en venir ?
Elle le vit échanger un regard entendu avec ses trois amis.
- Vous voyez ? Sous une apparence innocente, une bonne réserve d'arrogance et de mépris. Toute trace de gentillesse ou de sentiment humain est superficiel.
Le cœur de Lutha se mit à battre un peu plus vite. A présent, il n'y avait plus vraiment de doute possible. Il savait. Et ses amis savaient aussi. Il ne lui restait plus qu'à choisir le meilleur moment pour prendre la fuite. Le meneur lui adressa un sourire faussement aimable.
- Tu veux un peu d'histoire, Layos ? Ma famille s'inscrit dans certains ouvrages très référencés. La famille Montague compte dans ses origines quelques uns des meilleurs chasseurs de chats-garous. Intéressant, non ?
- Incroyablement intéressant...
- Lorsque j'ai compris que des gens comme toi existait et ce que tu étais, j'étais horrifié, mais il y a des imperfections partout. Je connais quelques sortilèges de famille, vois-tu. Je serais ravi de te montr...
La petite Grecque dégaina sa baguette à une allure impressionnante, laissant sa vitesse féline prendre le dessus. Avant qu'ils n'aient pu réagir, elle désarma et stupéfixia l'un des garçons qui lui bloquaient le passage. Les trois autres réagirent rapidement et les sortilèges de deux d'entre eux ne firent qu'être absorbés par la barrière naturelle de la chat-garou. En revanche, le troisième lui coupa le souffle, lui faisant l'effet d'un coup dans le ventre. Le sourire satisfait de Montague indiquait clairement qu'il en était l'auteur. Elle concentra ses attaques sur lui. Les deux autres lui lancèrent d'autres sorts, sans doute plus puissants, car elle sentit ses poils brûler et sa peau roussir à l'endroit où ils l'atteignaient. Le bruit allait sans doute finir par attirer du monde, mais qui savait en combien de temps à cette heure-ci ? Au bout de deux minutes, cependant, ce fut peeves qui surgit, offrant à Lutha l'opportunité de se débarrasser des deux plus faibles.
- QUAND IL Y A D'LA BAGARRE, PEEVY RAPPLIQUE AUSSITÔT ! BAGARRE DANS LES COULOIRS ! S'époumona l'esprit frappeur.
Bondissant avec agilité pour esquiver un sort, elle en profita pour lancer le maléfice du Saucisson à l'un des deux parasites et ligota l'autre. Après tout, elle n'était pas mauvaise en sortilèges. Mais Montague allait lui poser plus de problème. Entouré d'un Charme du Bouclier, il continuait de lancer des maléfices dont elle ignorait la nature mais qu'elle déviait, n'ayant pas pu éviter naturellement le premier qu'il lui avait lancé. Elle était cependant moins rapide que lui et elle lisait clairement dans ses yeux la folie meurtrière qui s'était emparé de lui. Il s'agissait d'une haine ancestrale contre laquelle elle ne pouvait rien, à moins de réussir à l'arrêter ou à s'enfuir, le deuxième étant de toute évidence plus probable.
Dès qu'elle entrevit une ouverture, elle s'élança vers la partie droite du couloir, qu'il n'occupait pas. Elle préférait lui filer sous le nez plutôt que de lui tourner le dos. Il leva à nouveau sa baguette avec un air mauvais.
- Voilà un sortilège que Rogue m'a appris ! Sectusempra !
Elle se transformait en chat au moment où le sort la toucha. Elle sentit une partie de l'énergie être absorbée par ses protections mais une longue estafilade sanglante s'ouvrit le long de son flanc gauche. Miaulant de façon pitoyable, elle détala sans se soucier de la douleur, poursuivie par le Serpentard pris de folie.
Devant elle surgirent soudain le professeur Flitwick et Jonathan. Sans même chercher à réfléchir, elle bondit dans les bras du second et se laissa aller à sombrer, fermant ses paupières d'ambre sur la vision de l'enseignant de sortilèges avec un air effrayant de fureur qui ne lui allait pas du tout.
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Lily regarda sa meilleur amie avec un air inquiet.
- C'est vrai, tu penses vraiment que je travaille trop ?
La préfète eut un petit rire moqueur.
- Lily, si avec tout ce que tu travailles, tu n'as pas des mentions Optimal partout, et j'exagère à peine, ce n'est même pas la peine pour les autres de songer à passer les épreuves. Tu as besoin de cette pause. En plus, ton petit ami va craquer si tu ne t'occupes pas un peu de lui. Ce soir et demain, c'est repos. Obligatoire ! C'est un ordre d'une préfète, tu ne peux pas refuser.
Les deux jeunes filles se mirent à rire et quittèrent donc la bibliothèque sans le moindre livre pour se diriger vers les escaliers qui menaient à la tour de Gryffondor. Alors qu'elles y arrivaient, elles virent soudain Jonathan Float débouler à toute vitesse, semblant serrer quelque chose dans ses bras. Il manqua de faire tomber la jolie rousse et se retourna en s'excusant en cirant.
- Désolé ! C'est le chat euh... de Lutha, il est blessé !
Perplexes, elles échangèrent un regard après l'avoir vu disparaître en direction de l'infirmerie. Voilà qui était plutôt étrange. D'ordinaire, pour des animaux blessés, on s'adressait plutôt au professeur de soins au créatures magiques. Mais peut-être Float n'avait-il pas confiance en celui-ci pour la bonne raison qu'il avait actuellement trois jeunes chimères en sa possession ? C'était sans doute cohérent.
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Presque comme toujours, les trois plus turbulents des maraudeurs descendirent en même temps pour aller prendre leur petit déjeuner. Peu réveillés à cause de la nuit agitée qu'il avaient passée la veille avec leur ami loup-garou, ils s'assirent automatiquement à leur table. Le capitaine de l'équipe de quidditch posa un rapide baiser sur les lèvres de Lily, étonnamment détendue ce matin. Peter se laissa tomber à côté de lui sur le banc et posa la tête sur la table pour se remettre aussitôt à dormir. Quant à Sirius, bien qu'habitué à peu de sommeil, il tendit une main hésitante vers le panier de toasts pour pouvoir se nourrir. Il avait tout son temps. Ce mois-ci, c'était à James de passer prendre des nouvelles de Remus à l'infirmerie avant le début des cours.
Plus par habitude que par réel intérêt en raison de sa fatigue actuelle, il jetait de fréquents coups d'œil à la table des Serdaigles pour guetter l'arrivée de Layos. Elle était en retard. Float aussi, d'ailleurs. Ou alors ils étaient venus en avance ; cela arrivait de temps en temps. Il haussa les épaules. Il y réfléchirait après avoir dormi deux heures supplémentaires en histoire.
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Lorsque Remus ouvrit les yeux ce matin-là, il avait la gorge et les muscles douloureux. Il ne savait toujours pas si l'infirmière avait un radar pour savoir quand il se réveillait, mais elle fut à ses côtés en quelques secondes.
- Ah, Remus. Monsieur Potter est passé il y a une demi-heure pour s'assurer que vous alliez bien et il vous a laissé une tablette de chocolat de chez Honeydukes. Je vous suggère de la manger dès que vous vous sentirez suffisamment en forme.
La loup-garou se redressa difficilement sur ses oreillers. Comme toujours, il était entouré de rideaux cachant son lit à la vue d'éventuels visiteurs. Il mangea son chocolat en dix minutes et commença à être un peu plus alerte. Il était un peu surpris. D'ordinaire, madame Pomfresh restait à côté de lui quasiment toute la matinée pour le surveiller ou discuter avec lui, mais, ce matin, elle s'affairait un peu plus loin. Tendant le bras, il écarta légèrement les rideaux et vit que le patient dont elle s'occupait avait été isolé de la même façon que lui. Curieux et conscient qu'il ne se endormirait pas tant qu'il n'aurait pas éclairci ce mystère, il renifla légèrement en faisant appel à ses sens lupins sans aucune difficulté étant donné la récente pleine lune. Perplexe, il crut qu'il s'était trompé, mais, en réitérant, il ne put retenir son exclamation de surprise.
- Lutha ?!
Il entendit l'infirmière se figer, puis elle revint le voir.
- Vous avez dit quelque chose, Remus ?
- Qu'est-il arrivé à Lutha ? Demanda le Gryffondor d'une voix rendue rauque par ses hurlements de la nuit passée.
Elle sembla désemparée un instant, n'ayant apparemment pas songé à l'éventualité qu'il identifie sa patiente. Il comprit soudain d'où venait son silence.
- Je suis au courant que c'est...
Il baissa la voix.
- ... une chat-garou. Et elle sait pour moi aussi. Ne vous inquiétez pas. Vous pouvez nous mettre à côté, n'est-ce pas ?
Il lui adressa sa plus belle moue suppliante, sachant qu'elle résistait difficilement lorsqu'il lui demandait quelque chose. Après tout, il était son malade tous les mois et elle ne pouvait que s'être prise d'affection pour lui.
- Très bien, mais ne la dérangez pas. Elle doit dormir, elle est inconsciente. Et si vos amis viennent vous rendre visite, je fermerai le rideau entre vous deux.
Elle agita sa baguette et le lit de Remus vint se placer à côté de l'autre. Il s'aperçut soudain que Jonathan Float était assis sur une chaise à côté du lit, tenant la main de Lutha, profondément endormi. Il avait l'air d'avoir passé toute la nuit avec elle. Remus ouvrit de grands yeux tandis que l'infirmière se remettait à l'ouvrage. La peau de la Serdaigle était couverte de brûlures un peu partout et une entaille assez profonde s'étalait sur son flanc, depuis la poitrine jusqu'à la hanche. Madame Pomfresh appliquait de généreuses couches d'une pommade inconnue sur la plaie, puis elle saisissait sa baguette et murmurait quelques sorts avant de la reposer en secouant la tête et de recommencer. Lorsqu'elle eut finit de recouvrir de crème la blessure, elle commença à faire un bandage. Puis elle examina les brûlures et secoua à nouveau la tête avant d'aller fouiller dans ses réserves. Le loup-garou avait envie de lui demander ce qu'il s'était passé, mais elle lui avait demandé de garder le silence. De plus, il doutait du fait qu'elle lui réponde. Il attendrait donc que son amie se réveille pour pouvoir lui parler. Mais il ne comprenait pas ce qui avait pu arriver dans la nuit.
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- On va voir Remus ou on mange d'abord ?
- J'aimerais autant manger d'abord, annonça James d'une voix de mourant. Il va bien, c'est promis. Et puis comme ça, Peter le verra aussi, vu qu'il est en cours.
Ils se rendirent donc dans la grande salle. Il y régnait une agitation inhabituelle. Enfin... supérieure à celle qu'elle était d'habitude. L'attrapeur attrapa un Poufsouffle de leur âge par le bras.
- Hey, Jones. Que se passe-t-il ?
- Ah, salut Potter ! Tout le monde se demande juste ce qui se passe. Apparemment il y a quatre Serpentards et deux Serdaigles absents depuis ce matin. Et la rumeur circule parmi les Serpentards que Montague s'est fait viré de l'école cette nuit. Il y a une fille de ma maison qui dit avoir vu ses parents arriver au château dans la nuit. Mais personne ne sait ce qui s'est passé ni ce qui est vrai ou faux.
Sirius se sentit soudain plus réveillé. Si c'était vrai, c'était une excellente nouvelle. Mais... il avait un pressentiment par rapport à l'absence de Layos au petit déjeuner.
- Qui sont les deux Serdaigles absents ?
La fille de Poufsouffle se tourna vers lui.
- La fille aux cheveux blancs que Prewett a agressé en début d'année et son ami, apparemment. Personne ne sait où ils sont. Mais pour les Serpentards, il se dit qu'ils sont chez le directeur. Cela dit, les deux autres peuvent bien y être aussi.
Elle leur fit un signe et s'éloigna pour rejoindre des amies. Abasourdis, les deux amis échangèrent un regard. Que pouvait-il donc bien s'être passé ?! Sirius se frappa soudain le front du plat de la main.
- Quand on a entendu Montague parler de sa prochaine victime, dimanche, il a parlé d'une photo dans le torchon de l'école. Il y a eu un article sur Layos ! Il l'a attaquée ! Je vais le...
James ne sut jamais ce que comptait faire son ami au Serpentard car il l'interrompit avant.
- Calme-toi, Patmol. Pour quelle raison l'aurait-il attaquée ? Elle n'a jamais rien fait contre les Serpentards. Il n'avait aucune raison de s'en prendre à elle. Si ça se trouve, ce n'est pas ça, alors réfléchis avant de t'emporter.
- Réfléchir ? Réfléchir ?!
La voix du batteur dérailla un peu dans les aigus et son meilleur ami le dévisagea avec de grands yeux stupéfaits. Comment pouvait-il lui dire de se calmer alors que la petite Serdaigle avait peut-être été agressée par cet abruti consanguin ? Cette petite raclure de futur adepte de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ! Alors qu'elle avait probablement déjà assez d'ennuis comme ça.
- Si elle a le moindre...
- Sirius ? l'interrompit de nouveau James avec un calme étonnant.
- Quoi ?!
- Ne t'inquiète pas, je suis sûr qu'elle va bien. On va aller voir Remus à l'infirmerie, on en profitera pour voir si elle y est, ça te va ?
Il avait employé une voix apaisante et le fixait avec un air un peu moqueur et attendri. Sirius se contenta de hocher la tête, l'esprit trop agité pour essayer d'analyser mieux la situation.
- Allez, on y va.
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Jespère que ça vous a plu, je me suis lâchée sur la fin, j'étais très inspirée :D
Bon, un mois, un jour et au moins soixante quintes de toux. Y a du progrès, à part pour la toux xD
Allez, les réponses rapidement avant d'aller au dodo essayer de vaincre le virus T_T (c'est pas gagné, hein, mais sachez que ma meilleure amie mettra les spoilers si jamais je meurs dans d'atroces souffrances, afin que vous ne restiez pas sur votre faim... ^^)
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yoh-nee - Oui, je m'attendais à ce que ce chapitre ait moins de succès mais il était nécessaire, il fallait un chapitre transition, sinon niveau personnages et sentiments, c'était pas crédible ^^. J'espère que celui-là était plus à la hauteur de tes attentes, il s'y passe pas mal de trucs, même si les parties les plus cool ont été gardées pour le prochain xD. A bientôt ;)
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MMSSR - Il faut toujours un Jonathan pour nous pousser un peu dans la vie :3. Mon but c'est d'être Jonathan xD. J'espère que ce chapitre t'a plu aussi ;D. A pluch'
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Stilandra Black - Ha ha, merci pour ces compliments, ça fait plaisir. Oui, j'avais pas prévu cette réaction de Lutha mais c'est venu naturellement quand j'écrivais et je le regrette pas ^^. Et oui, Lutha est une grande spécialiste de l'auto-persuasion (comme moiiiiii xD). Pour une nouvelle conversation John/Sirius, faudra attendre encore un chapitre, mais promis, dans le prochain, y en aura une cool ;D. Merci encore, à bientôt !
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Erza Robin - Merci merci :D. j'aime aussi Sirius (grrrrrr mon Sirius ! ^^). J'espère que celui-là t'a plu aussi =)
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Dedellia - Pour les prénoms, c'est toujours pas ça ^^. Un indice, je porte l'un des prénoms les plus portés en France (environ 1/45 filles).Ha ha, oui, délectables, j'adoooore ce mot 3. C'est vrai que je me suis bien amusée avec la menace de Lutha. Pour Ombrage, c'est venu tout seul, j'ai pas pu résister une fois l'idée en tête :D. Vive les gaufres et moi aussi j'ai faim T_T. Merci pour cette review ;D et à la prochaine ? ^^
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TheFanne - Oui, je me demande aussi comment Chloris fait pour me laisser de telles reviews (drôles du début à la fin en plus), moi je ne fais qu'y répondre xD. J'aime bien "inspirativette" ^^.
Oui, vive le chocolat ! Non, les jupes c'est nul, elle a raison ! J'observe aussi les gens, c'est tellement fun ^^. Bonne analyse pour John, il est tout à fait très coincé mais il va bien trouver un moyen de s'en sortir, le bout d'chou xD.
Tu me rassures pour l'oreiller, je pensais que ça confirmait le dernier pourcent qui me permet de croire que je suis saine d'esprit :D. Sur ce, je te souhaite une bonne nuit, si tu vas te coucher quand tu liras ça xD.
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- Tu m'as donc offert beaucoup de chocolats à Noyel ^^. Merci pour les suchards, j'adore 3. Ils te prennent pour une folle ? Quelle tristesse... ça m'arrive aussi de temps en temps, je comprends pas pourquoi xD. j'avoue que la tentation de séquestrer Sirichou est très forte mais bon, ce serait pas drôle, si elle le faisait, je devrais mettre un rated M sur l'histoire :3. J'aime ni la tarte au fraises ni la chantilly, na :p.
PS Errol est aussi efficace que d'ordinaire *ton sarcastique*.
A la prochaine ;)
