03/03/15 - 30/03/15

Bon, je suis aussi grippée que ce matin, voire pire. Je tousse environ toutes les 2 minutes, ce qui m'empêche de dormir, alors autant continuer ce que je faisais hier soir et... en avant ! Surtout que ça commence à devenir fichtrement intéressant, à ce stade de l'histoire.

Bon, je suis guérie (à peu près) :D. Je tiens à signaler à Chloris, ainsi que qq autres habituées (qui se reconnaîtront, je n'en doute pas) que leurs reviews me manquent, la dose de motivation qu'on y trouve étant impressionnante ^^. Je m'excuse pour les retards si c'est ce qui vous a refroidi(e)s et promets de faire des efforts (et ne dites pas "mon œil !")

Go go go !

Bonne lecture ;)


- Sirius ? l'interrompit de nouveau James avec un calme étonnant.

- Quoi ?!

- Ne t'inquiète pas, je suis sûr qu'elle va bien. On va aller voir Remus à l'infirmerie, on en profitera pour voir si elle y est, ça te va ?

Il avait employé une voix apaisante et le fixait avec un air un peu moqueur et attendri. Sirius se contenta de hocher la tête, l'esprit trop agité pour essayer d'analyser mieux la situation.

- Allez, on y va.

.

ooo

.

Ce fut une douleur lancinante dans les vertèbres lombaires qui tira Jonathan de son sommeil. Il ouvrit un œil un peu hagard et redressa la tête. Il était assis sur la même chaise que la veille, lorsqu'il s'était installé à côté de son amie. De toute évidence, la fatigue l'avait rattrapé et il avait dû s'endormir vers la fin de la nuit, ce qui avait entraîné cet insupportable mal de dos. Il jeta un coup d'œil sur le lit. Lutha avait retrouvé une apparence humaine, ce qui n'était pas le cas la dernière fois qu'il l'avait vue. L'infirmière s'était apparemment occupé d'elle, mais elle restait extrêmement pâle et ne montrait pas d'autre signe de vie que le léger mouvement de la couverture qui se soulevait à intervalles réguliers. Il se rendit compte qu'il tenait sa main entre les siennes et la posa délicatement sur le drap avant de la lâcher. Se levant complètement pour s'étirer, il réalisa que la jeune fille avait un voisin que l'infirmière avait isolé avec elle. Tout aussi endormi qu'elle était inconsciente, un peu moins pâle qu'elle, Remus Lupin était allongé dans le lit d'à côté. Après un rapide calcul, John déduisit que la dernière nuit avait dû être une nuit de pleine lune. Il se décida à regarder sa montre. Il n'était pas loin de onze heures. Il avait manqué la plupart des cours de la matinée et ne souhaitait pas bouger d'ici tant qu'il n'aurait pas vu son amie réveillée.

- Monsieur Float.

Il sursauta comme un diable, n'ayant entendu personne approcher. L'infirmière venait d'ouvrir les rideaux et se tenait devant lui, accompagnée du professeur Flitwick. Celui-ci avait un visage fatigué.

- Le directeur souhaite vous voir. Je vais vous accompagner jusqu'à son bureau et il serait bien que vous repreniez les cours cet après-midi.

- Excusez-moi, professeur, mais Lutha est...

- Pour le moment dans un état stable et votre présence à ses côtés à chaque seconde n'y changera pas grand chose. En revanche, elle aura sans doute besoin de quelqu'un pour l'aider à rattraper les cours qu'elle aura manqué, dès qu'elle ira mieux.

Malgré lui, le jeune homme hocha la tête pour acquiescer et se leva avec une grimace pour suivre l'enseignant. L'infirmière lui tendit un gobelet avec un sourire.

- Pour votre mal de dos.

Il dut avoir l'air interloqué car elle eut un petit rire avant de se pencher vers ses deux patients.

Quelques minutes plus tard, Flitwick le laissait entrer dans le bureau du professeur Dumbledore sans l'y accompagner, ayant sans doute un cours à assurer. Le directeur se leva à son arrivée, l'air fatigué et mécontent. Il avait probablement d'autres choses à faire que de s'occuper de cette histoire, avec ce qui se passait en dehors de l'école.

- Asseyez-vous, monsieur Float, l'invita-t-il en désignant un fauteuil en face de son bureau.

Le Serdaigle s'y installa, attendant les questions qui n'allaient sûrement pas tarder.

- Ce qui s'est produit est inadmissible, commença Dumbledore d'une voix beaucoup plus froide que celle qu'on l'entendait utiliser d'ordinaire pour les discours lors des banquets. Vous sembliez être au courant du secret de miss Layos. Avez-vous une quelconque part de responsabilité dans la divulgation de cette information ?

- Non monsieur. Mais j'avais remarqué l'attention que lui prêtait ce groupe de Serpentards, c'est pourquoi je me suis efforcé de ne pas trop la laisser seule ces jours-ci.

Le directeur soupira mais ne répondit rien pendant un moment. Il le dévisageait avec intensité et il parut finalement décidé à le croire. Jonathan se demandait ce qui allait se passer. Qu'était-il arrivé aux élèves de Serpentard ? Et comment Lutha allait-elle pouvoir continuer à garder son secret, à présent ? Comme s'il devinait ses pensées, l'enseignant reprit la parole.

- Les camarades de monsieur Montague ont dû juré le silence sur toute cette affaire afin de conserver leur place dans cette école. Le tort qu'ils ont causé à miss Layos étant moins important, ils ont eu pour punition dix samedis de retenues chacun. Le moindre écart de conduite signerait leur renvoi immédiat de l'école. Quant à monsieur Montague, il a bien sûr reconnu les faits et n'en a éprouvé aucun remord. Après avoir délibéré avec le corps enseignant et le professeur Slughorn, son responsable de maison, il a été renvoyé de l'école et a lui aussi dû accepter de garder le silence afin d'éviter toutes représailles judiciaires envisageables dans un tel cas. Vous pourrez en informer votre amie lorsqu'elle se sera remise.

- Bien monsieur.

- Je dois m'assurer, pour la sécurité de miss Layos, que vous ne laisserez jamais rien échapper sur elle.

Le jeune homme se leva, se redressant de toute sa hauteur, et, malgré la haute taille de Dumbledore, il le dépassait légèrement. Ses yeux gris lançaient des éclairs et ce fut d'une voix blessée qu'il s'exprima :

- Monsieur, Lutha est mon amie depuis des années, la seule en qui j'ai confiance, et je suis très honoré qu'elle ait également confiance en moi. Jamais je ne trahirai son secret si jamais cela pouvait avoir des conséquences néfastes pour elle, sachez-le.

Un sourire éclaira enfin le visage du directeur et il adressa un regard bienveillant au Serdaigle par dessus ses lunettes en demi-lune.

- Et bien je suis content que cette jeune personne ait réussi à forger une amitié si solide dans le monde des sorciers. J'avais peur qu'elle ne passe sa scolarité entière dans la solitude. Je préférerais que vous ne touchiez mot à personne de toute l'affaire, bien entendu. Vous pouvez disposer.

.

Au même instant, dans la grande salle, la nouvelle du soi-disant renvoi de Montague se propageait comme une traînée de poudre et Sirius et James quittaient précipitamment la cohue pour se rendre à l'infirmerie. Ils y furent en quelques minutes, ayant fait ce trajet un si grand nombre de fois qu'ils auraient pu le faire les yeux fermés. L'infirmière ne sembla pas surprise de les voir arriver et elle leur demanda de patienter un instant avant de disparaître derrière les rideaux qui camouflaient d'ordinaire le lit de Remus. A ceci près que la place occupée était deux fois plus importante que d'habitude. Un instant après, elle leur fit signe de venir.

- Il est réveillé mais ne restez pas plus de dix minutes, commanda-t-elle d'une voix éreintée.

L'attrapeur s'approcha le premier et adressa un sourire au loup-garou qui se tenait appuyé confortablement sur ses oreillers.

- Salut ! Ça va ?

- Oui, oui, je me remets tranquillement, comme toujours.

Avec curiosité, Lunard observa Sirius. Ce dernier semblait prêt à bondir sur place, très agité, et, de toute évidence, il se forçait à attendre qu'il ait fini de leur donner de ses nouvelles avant de dire ce qu'il avait à dire. Et cela semblait extrêmement important. Il décida donc de ne pas le faire languir.

- Qu'est-ce qu'il y a, Patmol ?

Il vit un éclair de gratitude traverser les yeux noirs de son ami et celui-ci prit la parole d'un ton un peu saccadé.

- Est-ce que Layos est ici ? Comment va-t-elle ? Il n'est rien arrivé de grave ?

Remus ne répondit pas immédiatement, sachant toutefois que son silence serait de toute façon interprété comme une réponse positive. Il avait été pris au dépourvu par la question, mais, après tout, il était normal que Sirius ait remarqué l'absence de la chat-garou en cours, lui qui était obsédé par elle ces temps-ci. Cependant, qu'il ait sauté à des conclusions aussi exactes étaient troublant. Surtout que Remus ne savait pas lui-même ce qui s'était passé. Lorsqu'il s'était à nouveau réveillé, une demi-heure auparavant, Jonathan avait disparu et Lutha était toujours inconsciente. Il lança un regard appuyé au rideau à sa droite avant de demander d'une voix lente :

- Pourquoi ces questions, que se passe-t-il ?

Ses deux amis suivirent son regard mais aucun des deux ne fit le moindre geste, ne souhaitant pas subir la colère de Mme Pomfresh. Sirius mit longtemps avant de reporter son attention sur lui afin de lui répondre, une colère sous-jacente frémissant encore dans la voix.

- Apparemment, ce *** de Montague et sa bande s'en sont pris à Layos pour je ne sais quelle raison ! Il aurait été renvoyé et il n'y a aucune nouvelle de lui, ses abrutis d'amis, ni de Layos ou Float. Et apparemment, Layos est ici, dans un sale état, si je comprends bien. Je peux vous garantir que si Montague est encore à Poudlard, il va sacrément le regretter.

James et Remus échangèrent un regard. Celui de l'attrapeur était alarmé. De toute évidence, il n'avait pris conscience de la gravité de l'état de Sirius que récemment, même s'il se doutait de quelque chose depuis quelque temps. Le loup-garou aurait bien voulu réfléchir à tout ça, mais il n'avait qu'une envie, dormir encore quelques heures. L'infirmière l'y força d'ailleurs en surgissant pour renvoyer ses deux amis. Juste avant de refermer la porte, Cornedrue lui fit un geste qui ne pouvait signifier qu'une chose. C'était une convocation pour le soir même, dès qu'il sortirait. Il soupira avant de se laisser sombrer. Tout devenait trop précipité au moment même où il avait besoin de repos.

.

ooo

.

Sirius fit une nouvelle fois tourner la mornille dans sa main. Ça le détendait. Il avait toujours cette pièce sur lui du temps où il vivait chez ses parents, et, chaque fois qu'il se mettait en colère, il l'écrasait de toutes ses forces, y concentrant toute sa rage, sa frustration et sa haine. Il n'aurait pas pensé devoir la ressortir de sitôt, mais, il l'avait prise presque inconsciemment dans sa poche plus tôt dans la journée. Ses pensées faisaient rage tandis qu'il faisait mine d'observer James et Peter se disputer une partie d'échecs devant lui.
il ne parvenait pas à réfléchir de façon cohérente. A chaque fois qu'il tentait de songer calmement au pourquoi de cette agression, il se mettait à avoir une envie monstrueuse de faire sa fête à Montague et ses pensées se fixaient sur cet objectif. Comment cette ordure en était-elle venue à avoir l'idée de s'en prendre à Layos ? C'était probablement sa faute, après tout. C'était lui qui avait attiré les projecteurs sur elle et beaucoup de gens ne la regardaient sans doute même pas avant cette année. S'il se fiait à ce qu'il avait entendu quelques jours auparavant lorsque les Serpentards étaient passés près d'eux, c'était à cause de son intérêt pour Layos que Montague s'était penché sur son cas. Mais qu'avait-il pu découvrir qui désigne Layos comme une cible ? Et puis ce n'était pas comme s'il ne s'en était jamais pris à personne, mais là... il avait été renvoyé ! Il avait donc dû être particulièrement agressif et s'être fait prendre !

- Patmol.

Il releva les yeux. Il s'était perdu dans ses pensées et il tiqua en voyant les trois autres maraudeurs plantés face à lui. Ils avaient laissé leurs occupations de côté et arboraient des mines des plus sérieuses. Ce fut son meilleur ami qui prit la parole d'un ton sévère.

- Montons. Réunion du Comité des Maraudeurs immédiatement.

Le cœur de Sirius lui fit soudain l'effet de s'être changé en pierre mais il suivit docilement ses amis sans un mot. Le Comité était une chose sacrée. Une fois dans le dortoir, il s'assit en tailleur sur sa couverture et les autres s'assirent face à lui, sur celle de James. Il y avait une certaine lourdeur dans l'air. En effet, ce comité n'avait été réuni que trois fois et les circonstances dans lesquelles cela s'étaient fait n'étaient pas pour leur rappeler des souvenirs agréables.

La première fois, ç'avait été en deuxième année, pour Remus, lorsqu'ils avaient découvert sa condition de loup-garou. Ce dernier s'en souvenait encore et s'en souviendrait probablement toute sa vie, pour l'incroyable ascenseur émotionnel qu'il avait subi ce jour-là. Peur, tristesse, colère, incrédulité, espoir, joie, il avait eu droit à tout.
La deuxième fois, c'était James qui avait été convoqué afin d'être confronté à ses sentiments pour Lily Evans et ce qu'il convenait de faire pour régler la situation. En l'occurrence, cela avait pris trois ans, mais le problème était maintenant résolu.
Quant à la troisième fois, c'était déjà Sirius qui avait été concerné. Il s'agissait de la fois où il avait trahi la confiance de Remus en donnant à Servilus l'idée idiote d'aller voir ce qui se passait sous le saule cogneur. Il n'avait jamais pensé que cet imbécile irait jusqu'au bout.

Toujours était-il que, en songeant à cette dernière réunion du Comité, le jeune homme ne se sentait pas très à l'aise. Il déglutit lorsque James se leva pour prendre la parole.

- Patmol, nous avons réuni le Comité des Maraudeurs pour toi. Pour résoudre ton problème et te confronter à toi-même. Sais-tu pourquoi nous sommes là ?

Le jeune homme aurait bien voulu trouvé une réponse mais il n'avait pas envie d'exprimer les quelques idées qu'il avait, celles-ci étant encore trop confuses. Il secoua donc négativement la tête et ce fut Queudver qui enchaîna.

- Nous sommes là au sujet de Lutha Layos.

Le sang-pur ne fut aucunement surpris. Après tout, au vu des événements, ça ne pouvait être qu'à ce sujet. C'était toujours pour un sujet sur lequel on n'avait pas envie de réfléchir que le comité se réunissait. Prenant sur lui-même, il ne détourna pas les yeux.

- Je vous écoute.

Ils regardèrent tous Remus et celui-ci soupira. Après tout, il était celui qui la connaissait le mieux, il aurait fallu s'y attendre. Choisissant précautionneusement ses mots, il commença :

- J'ai discuté avec James. Il m'a raconté ta réaction ce midi et j'ai moi-même pu l'observer par la suite. La colère que tu as manifestée et que tu continues de ressentir, ainsi que la manière dont t'a affecté la soudaine distance qu'elle t'a imposée, nous ont menés à la même conclusion. Tu t'es attaché à elle. Beaucoup.

.

"Beaucoup trop" furent les mots que retint le loup-garou. Il ne pouvait les lui donner, pour deux raisons. Cela aurait été trahir Lutha, puisque ses amis n'auraient pas manqué de le questionner ou de s'interroger suite à une telle affirmation. De plus, l'aveu forcé des sentiments que la jeune fille lui avait fait il y a quelque temps le mettait mal à l'aise et il ne voulait pas risquer de s'interposer si malgré tout il y avait un espoir.

.

James observa attentivement son ami dans le lourd silence qui s'ensuivit. Une certaine panique s'agitait au fond de son regard. Tout ça, il s'en doutait au fond de lui, mais il s'était probablement refusé à y réfléchir. Il songeait aux difficultés que lui-même avait eues quelques années auparavant. Pourtant, il avait admis assez vite son penchant pour Lily, ainsi que la teneur de ce penchant. Il se doutait que son ami ne serait pas si enclin à accepter cette éventualité.

- Je me suis pris d'affection pour elle, finit-il par reconnaître à voix basse. C'est vrai, j'ai vraiment pris à cœur le fait d'essayer de me battre pour qu'elle accepte d'être elle-même.

- Ce n'est pas seulement ça, intervint timidement Peter. Tu appréciais tes conversations avec elle et tu cherchais même à en provoquer un maximum, quitte à délibérément te placer sur son chemin avec la Carte.

Sirius voulut répondre mais son meilleur ami ne lui en laissa pas l'occasion.

- C'est vrai. Elle a de la répartie et est intelligente, ce qui te laissait face à un adversaire de taille. La voir s'énerver est sans doute l'une des choses qui t'amusent le plus depuis le début de cette année, et, sans vouloir faire de comparaison mal placée...

- Ça n'a rien de comparable avec Evans ! Euh... Lily. Excuse, James.

L'attrapeur agita la main pour signifier que ce n'était pas grave. Il ne voyait pas comment faire réaliser à Patmol ce qui leur sautait tous aux yeux. Il fallait jouer avec finesse. Malheureusement, Queudver fut celui qui eut la mauvaise remarque.

- Elle est plutôt jolie en plus d'être intelligente, non ?

Le sang-pur bondit sur ses pieds et ils eurent un instant de frayeur. Dans ses colères, il pouvait devenir incontrôlable.

- Ça n'a aucune importance ! Ce qui compte c'est qu'elle est maline, drôle et incroyablement gentille, même si elle s'efforce de le cacher ! Son physique ne compte pas à côté de ça ! Quand je pense à toutes ces "jolies" pimbêches avec qui je suis sorti. Elles ne lui arrivaient pas à la cheville ! Elle a un vrai potentiel ! Elle mérite vraiment qu'on l'aide ! Quand je vois comment elle est avec ses amis... Lutha est...

Il s'interrompit vivement, essoufflé, se rendant compte de ce qu'il venait de dire.

- Vous me faites chier !

Il sortit comme un diable en claquant la porte. Il lui faudrait sans doute un bon moment pour se calmer et il n'allait certainement pas accepter de reparler de ça avant longtemps.

- Je crois qu'on peut remettre à plus tard la clôture de cette session du comité, conclut James avec un sourire mi-figue, mi-raisin.

.

ooo

.

- Mary ? Tu ne crois pas qu'il est l'heure d'aller se coucher ? Je suis épuisée et je ne pense pas que ça changera quelque chose d'essayer encore de faire ce devoir. On se casse les dents dessus depuis trois heures. On demandera à James de nous expliquer. Il est presque une heure du matin !

La préfète hocha distraitement la tête et son amie fronça les sourcils.

- Mary ?

- Oui oui, j'arrive. Je vérifiai juste un truc.

les deux jeunes filles se levèrent pour monter dans leur dortoir. Il n'y avait plus personne depuis plus de vingt minutes dans la salle commune. Elles s'apprêtaient à y aller lorsque le portrait de la Grosse Dame pivota pour laisser passer un élève dégoulinant de pluie et de boue, les longs cheveux noirs plaqués sur le visage.

- Sirius ? S'étonna Lily après un instant d'hésitation.

James lui avait un peu parlé de ce qui arrivait à son ami, même s'il était resté succinct, précisant que certains secrets n'étaient pas que les siens. Toutefois, la jolie rouquine ne s'attendait pas à voir un tel air abattu sur le visage du jeune homme.
Il eut le bon goût de sursauter d'un air coupable. Mary tapota son insigne d'un air menaçant.

- Que faisais-tu dehors ? Le couvre-feu est passé depuis plusieurs heures, maintenant.

- J'avais besoin de prendre l'air.

Les deux filles échangèrent un regard. La voix du garçon était plutôt faible.

- En réalité, je cherchais Float, l'une de vous l'a vu, aujourd'hui ? S'exclama-t-il soudain en relevant la tête.

- Pas depuis hier soir, à vrai dire, mais il doit sûrement dormir à l'heure qu'il est. Je doute qu'il te dise où est Layos, tu sais ?

Il haussa les épaules et elle comprit le message. Il ne souhaitait pas discuter de ça avec elle. Il revint en revanche sur l'une de ses affirmations.

- Vous l'avez vu hier soir ?

- Oui, intervint alors Mary en fronçant les sourcils à ce souvenir. Il allait à l'infirmerie. Il avait un chat blessé.

Elle le virent lever la tête vers elles avec une lenteur déconcertante. Il semblait extrêmement troublé.

- Un chat ? Le sien ?

- Non, celui de Layos, d'après ce qu'il a dit.

Il ne broncha pas, gardant cet expression contrariée et surprise. Au bout d'une petite minute, la fatigue rattrapa finalement la patience de Lily.

- Bon, et bien bonne nuit, Sirius, nous, on va se coucher.

- C'est ça... Bon appétit... Répondit-il d'une voix complètement absente.

.

Un chat... Tout cela n'avait aucun sens. L'infirmière ne soignait pas les chats. C'était le professeur de Soins aux créatures magiques qui pouvait éventuellement s'en occuper. Le chat de Lutha. A quoi pouvait-il bien ressembler ? N'était-il pas étrange que Float se précipitât à l'infirmerie pour le chat de son amie alors qu'elle se faisait agresser par une bande de Serpentards sans la moindre raison valable ?
Il se sentait vidé et incapable de réfléchir. Les émotions avaient été fortes, aujourd'hui. Entre sa colère, son inquiétude et le Comité des Maraudeurs, il avait épuisé sa réserve de patience comme celle d'énergie et, après avoir noté rapidement les informations essentielles qu'il avait collectées aujourd'hui, il monta dans son dortoir en traînant des pieds, se jeta sur son lit tout habillé et s'endormit dans la seconde qui suivit.

Ce ne fut que bien plus tard dans la nuit, aux alentours de cinq heures, qu'il se réveilla en sursaut et se redressa d'un coup, transpirant des restes d'un cauchemar dont il ne se rappelait rien. N'ayant aucune envie de fermer l'œil à nouveau, il tendit le bras vers sa table de chevet pour y attraper son livre et tomba sur le parchemin écrit quelques heures auparavant. Il fronça les sourcils en l'observant à la lueur de sa baguette.

La coïncidence était décidément trop forte. Mais se pouvait-il qu'il existât un autre animagus non déclaré faisant partie de la même promotion qu'eux ? Quelle était la probabilité que ce fût le cas ? Il regretta de n'avoir aucune information sur le niveau de Layos en métamorphose. Mais il ne voyait guère d'autre possibilité. Cela expliquait son patronus, les poils de chat dans ses affaires et le surnom que lui donnait son ami grec dans son courrier.
Toutefois, cela ne donnait aucune justification à l'agression dont elle avait été victime. Et même s'il s'agissait d'un lourd secret, il ne correspondait pas vraiment au genre de secret auquel il s'attendait. De plus, son attitude et son apparente relation avec sa famille n'avaient également aucune place dans l'équation. Distrait et frustré de sentir quelque chose lui échapper, il feuilleta en vain les pages couvertes de lettre cyrilliques dans l'espoir d'y trouver un indice. Il se figea au milieu de son action, les yeux posés distraitement sur le prénom de Lutha écrit en Grec. Elle était grecque. La Grèce. Il n'y avait guère d'école de magie, en Grèce. Parce qu'il n'y avait pas beaucoup de sorciers. La magie se manifestait peu, à cause de la forte présence, encore à l'heure actuelle, des chats-garous. Comment cette réalité avait pu lui échapper ?

Il se leva complètement et se mit à tourner en rond à côté de son lit, incapable de rester immobile. Il en connaissait un rayon sur le sujet. Les chats-garous étaient plutôt agiles et rusés. Ils étaient décrits comme arrogants et méprisants. Ils avaient les sens développés sous leur forme humaine également et n'avaient rien à voir avec des animagi. Les chats normaux leur étaient généralement soumis. Ils étaient aussi intolérants et se croyaient aussi supérieurs que les sangs-purs. Les sangs-purs, justement ! Ils haïssaient les chats-garous, pour la plupart, surtout parmi les vieilles familles, et celle de Montague était une famille parmi les plus anciennes.
Layos avait évité avec une agilité qui l'avait surpris la boulette de papier qu'il lui avait lancée lors de leur premier cours en commun. Elle n'avait pas hésité à le manipuler et à utiliser un stratagème odieux pour parvenir à ses fins. Elle ne cachait guère son mépris pour ce qui l'entourait. Float avait fait une réflexion étrange par rapport au fait de se laver et Layos avait pu entendre Rusard arriver bien avant lui. Mr Tique, le chat de celui-ci, se frottait dans les jambes de la Serdaigle quand il la croisait. De toute évidence, sa famille correspondait au modèle d'intolérance et de supériorité affirmée. Et Montague avait apparemment choisi Layos pour cible après avoir découvert quelque chose sur elle.

Sirius s'arrêta de marcher pour se laisser tomber assis sur son lit, étourdi. C'était impossible ! Aucun chat-garou ne pouvait disposer de pouvoir magique, puisqu'ils repoussaient la magie ! Cette théorie n'avait aucun sens et pourtant elle était incroyablement logique ! Et les chats-garous étaient des individus méprisables, sans aucun attachement pour ceux qui n'étaient pas de leur espèce ! Si Layos en était vraiment une, alors elle disait vrai depuis le début ! Elle ne cachait pas sa personnalité. Elle était vraiment telle qu'elle se montrait. Mais alors sa relation avec Float ? Et Lupin ? Et lui, dans tout ça ?

Il se prit la tête entre les mains, tirant sur ses cheveux sans vraiment s'en rendre compte. Que devait-il faire ? Il était complètement perdu. Il avait besoin d'une certitude. Quelque chose qui lui prouverait que Layos ne pouvait pas appartenir à cette espèce. Il préférait toujours ignorer son secret et qu'elle fût bien humaine. Il se leva comme un automate, récupéra la cape que James avait laissée sur sa table de nuit et il sortit du dortoir. Presque naturellement, ses pas le menèrent à l'infirmerie. Les rideaux qui isolaient le lit de la Serdaigle étaient toujours là. Il s'en approcha et s'immobilisa en entendant des voix. Très discrètement, il les entrouvrit légèrement et jeta un œil sur ce qui se passait. Debout face à face à côté du lit se tenaient Float et madame Pomfresh.

- Monsieur Float ! Vous devriez être dans votre lit à l'heure qu'il est ! Si le professeur Flitwick apprenait que vous avez quitté votre dortoir pour passer la nuit ici...

- Je devais être avec elle ! Elle ne guérit pas ! Vous ne pouvez pas faire quelque chose ?!

- Calmez-vous. Non, il n'y a rien que je puisse faire de plus. La médecine moldue et les rudiments que j'en ai sont les seules choses qui fonctionnent à l'heure actuelle. Elle était en état d'alerte quand elle a perdu connaissance et elle a gardé sa barrière magique à son maximum. Elle rejette toute forme de magie. Mais elle va se remettre, il lui faut juste plus de temps que si je pouvais la soigner autrement. Il ne lui arrivera rien ici, je peux vous le garantir.

Il y eut un bref silence, puis le Serdaigle reprit la parole :

- Excusez-moi pour mon agressivité, je tiens beaucoup à elle. Vous n'allez pas me renvoyer pour la fin de la nuit, non ?

Elle soupira.

- Non. Mais prenez un lit et dormez ! Vous ne lui apportez aucune aide en vous faisant mal au dos à rester sur cette chaise.

Le Gryffondor dut s'écarter à la hâte car l'infirmière sortit vivement. Les rideaux s'agitèrent avec le courant d'air.

Il était horrifié. ce qu'il venait d'entendre était l'ultime preuve de ce qu'il avait envisagé. Lutha Layos était peut-être une sorcière, mais c'était avant tout une chat-garou. Tout était probablement un jeu pour elle depuis le début. Il fit silencieusement demi-tour pour partir lorsqu'un son le figea sur place aussi sûrement qu'un sortilège d'immobilité.

- Sirius...

La voix était si faible qu'il doutait d'avoir bien entendu. Après tout, elle était inconsciente. Il se faisait des idées. Il respira longuement et leva un pied pour se remettre en mouvement mais les rideaux s'ouvrirent soudain en grand.

- Black. Je sais que tu es là. Je sais que tu as une foutue cape, Lutha m'en a parlé.

Il hésita. La voix de Float était étrangement calme et froide. Il finit par se résigner et retira lentement la cape pour faire face au Serdaigle. Celui-ci avait une expression presque dégoûtée.

- Tu as fini par comprendre, je suppose, affirma-t-il de la même voix désagréable.

Il hocha lentement la tête, tentant de comprendre la raison de ce comportement. L'autre resta silencieux quelques instants, avant de secouer la tête, avec la même expression qu'aurait un enseignant devant une classe n'ayant rien compris à ses paroles.

- Comment peux-tu te révolter corps et âme contre toute ton éducation de sang-pur, rompre tout lien avec ta famille, renoncer à tout ce que tu pourrais en obtenir, te dresser contre la mentalité d'étouffement et de mépris dans laquelle on t'a élevé, et, à côté de ça, continuer à croire aveuglément tous les préjugés qu'on t'a enseignés sur les chats-garous ?!

La tirade lui fit l'effet d'une gifle. Il ouvrit la bouche pour se défendre avec véhémence avant de réaliser qu'il n'avait aucun argument pour justifier ses opinions. Il eut l'impression qu'une deuxième gifle s'abattait sur lui. C'était exactement ça. Il avait rejeté la plupart des préjugés entre sorciers, mais il avait été incapable de voir que ceux contre l'espèce des chats-garous en étaient également ! Pourquoi ? Il devait donc admettre que tout était vrai depuis le début. Il ne pouvait remettre en cause les affirmations du Comité des Maraudeurs.

Comment Float avait-il pu comprendre ce qu'il pensait aussi vite ?!

- Je suis très doué pour comprendre les gens, annonça celui-ci avec un demi sourire, répondant à la question qu'il n'avait pas formulée à haute voix.

Un court silence s'ensuivit. Que Sirius rompit avec hésitation :

- Alors c'est une chat-garou sorcière ?

- Oui. C'est pour ça que ses cheveux sont blancs, d'ailleurs.

- Elle a peur de ses semblables ? Ou même de sa famille ?

Bien que Float n'eût articulé aucune réponse, ses yeux répondirent pour lui. Sans doute ne pouvait-il toujours pas en révéler trop à cause de la confiance qu'elle avait en lui.

- C'est pour ça qu'elle a pris ses distances ? Elle voulait se protéger ?

Le Serdaigle haussa les épaules comme pour acquiescer mais leva les yeux au ciel dans le même temps.

- Quoi ? Que pouvait-elle vouloir d'autre ?

Il n'eut aucune réponse, et, pour la première fois depuis son arrivée, il se tourna vers Layos pour l'observer attentivement. Elle était très pâle, allongée sur le dos, et son visage n'avait pas la moindre expression. Sans son habituel sourcil haussé d'un mépris sarcastique, elle avait un air étrangement gentil. Il réalisa soudain qu'elle avait bien dû articuler son prénom en le sentant, ce qui avait révélé sa présence à son ami. Elle l'avait donc reconnu, dans son état, et était sortie de sa léthargie pour le dire. Son prénom. pas son nom de famille. Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale. Il releva les yeux sur Float qui souriait, grandement amusé, à présent.

- Elle voulait... me protéger ?!

- A ton avis, Black ?

- Alors elle m'apprécie vraiment ?

- Ne t'aurait-elle pas dénoncé en découvrant que tu avais fouillé son dortoir, dans le cas contraire ?

Il se rendit compte qu'en effet, avec son odorat, elle avait dû sentir son odeur et celle de James partout dans ses affaires après leur passage. Pourtant elle n'avait absolument rien dit. Elle l'avait même averti pour cette histoire de filtre d'amour le jour même. Sans la moindre allusion à cette entorse à ses règles. Il ressentit soudain une incroyable chaleur au creux de la poitrine. Elle était vraiment... loin de ce qu'il imaginait être un chat-garou. Il fronça les sourcils. Qui disait chat-garou disait chat. Queudver avait parlé de longs poils noirs. Déambulait-elle dans le château sous cette forme ?
Il interrompit le cours de ses pensés. Float le fixait avec intensité et il réalisa qu'il devait se douter de la moitié de ce qu'il avait en tête.

- Je... je vais retourner me coucher pour réfléchir à tout ça, annonça-t-il.

- Ça me parait sage, se moqua le Serdaigle.

- Bonne nuit.

Il ramassa la cape et s'en revêtit.

- Une dernière chose, Black... Si tu n'avais pas attiré toute cette attention sur elle... ce groupe de Serpentards ne s'en serait jamais pris à elle, j'espère que tu gardes ça à l'esprit. Je te conseille de jouer habilement ton prochain coup. Tu as quelque temps pour le préparer, profites-en.

Sans répondre, le jeune homme s'éclipsa après un dernier regard pour Layos. Il avait un doute et il devait le vérifier. Et Lily et Mary étaient les seules à pouvoir y répondre.

.

ooo

.

L'odeur caractéristique d'hôpital fut la première sensation qui parvint à Lutha. Elle se sentait si faible qu'elle n'avait pas le courage d'ouvrir les yeux. Sa peau lui faisait mal sur quasiment chaque centimètre carré de surface. Quant à son flanc, elle eut envie de replonger dans les méandres du sommeil sitôt qu'elle commença à percevoir la douleur. Péniblement, elle ouvrit les paupières et fut aussitôt aveuglée par le soleil matinal printanier. Sa gorge la démangeait, atrocement sèche, et elle évalua sa période d'inconscience à trois jours en fonction de sa faim et de son manque d'énergie. Lentement, elle tourna la tête pour regarder autour d'elle. Son lit était isolé du reste de l'infirmerie par des rideaux. Sur la petite table à côté du lit, côtoyant des flasques de potions, étaient posée sa baguette, deux lettres fermées en provenance de Grèce et un parchemin roulé serré refermé par un ruban rouge, mais elle n'avait pas la force de faire le moindre mouvement pour les prendre.

Elle dut attendre un bon quart d'heure avant que l'infirmière ne passe le nez pour vérifier l'état de sa patiente. A peine vit-elle la jeune fille réveillée qu'une expression de soulagement s'étala sur ses traits.

- Ah, miss Layos !

Elle se précipita à son chevet et attrapa l'une des fioles de potions.

- Je désespérais de vous voir reprendre conscience. Vous avez dormi trois jours. Si vous pouviez réussir à contrôler votre blocage, je pourrais guérir plus efficacement cette plaie et vos brûlures.

Au prix d'un gros effort, Lutha hocha très légèrement la tête et articula avec difficulté :

- Soif...

En cinq secondes, madame Pomfresh avait fait apparaître de l'eau dans une coupe et pressait délicatement celle-ci sur ses lèvres. Après avoir bu quelques gorgées, la jeune fille se sentit un petit peu mieux.

- Je vais essayer, souffla-t-elle.

Elle se concentra pour tenter de se mettre dans un état de détente. L'infirmière leva sa baguette et exécuta quelques sorts avant d'examiner le résultat. Elle fit la moue.

- Et bien ce n'est pas exceptionnel, mais c'est déjà mieux. Vous n'avez plus besoin de ce bandage, au moins. La blessure est guérie en surface, mais il va falloir rester vous reposer et reprendre des forces quelques jours. Votre ami, monsieur Float, vous a veillée presque toutes les nuits et est venu tous les jours. Il devrait passer ce midi.

Lutha hocha à nouveau la tête et se laissa sombrer dans ses pensées tandis que l'infirmière allait lui chercher de quoi manger. Qu'étaient devenus Montague et ses acolytes ? Avaient-ils révélé son secret à qui que ce soit ?

Un peu plus tard dans la journée, elle reçut comme prévu la visite de Jonathan. Celui-ci ne cacha pas son sourire en la voyant consciente.

- Et bien ! On peut dire que tu m'as flanqué une sacrée frousse ! je ne t'avais pas dit de te méfier de cette bande de dégénérés ?

Elle eut un petit rire qui répercuta une douleur dans tout son côté gauche.

- John, ne me fais pas le coup du "je te l'avais bien dit". En tant que meilleur ami, tu devrais seulement sauter de joie.

Il esquissa un sourire moqueur.

- Ce serait trop facile. Enfin, pour les nouvelles, comme ça tu seras fixée : Montague s'est fait virer et les autres ont écopé d'une tonne de retenues ainsi que d'une promesse de silence sous peine d'expulsion eux aussi.

Elle laissa échapper un soupir de soulagement. Elle n'avait aucune envie que la situation s'envenimât.

- John... Tu me rendrais un service ?

- Te prendre les cours que tu as manqué et que tu vas encore manquer ? C'est déjà fait. Je sais, je suis génial.

Elle sourit. Comme cela faisait du bien de pouvoir plaisanter avec lui alors qu'elle se sentait si faible. Les rares fois où elle s'était retrouvée dans un tel état, elle devait généralement rester constamment sur ses gardes à cause de la présence de sa famille. Pouvoir se reposer en paix avec son meilleur ami, venant d'apprendre qu'elle ne courait plus aucun danger pour les moments à venir était un véritable délice.

- Non, je voudrais que tu m'ouvres les lettres et que tu me les donnes pour que je puisse les lire.

Il regarda les deux enveloppes et le parchemin posés sur ta table. Il fronça les sourcils en voyant ce dernier.

- Tiens... il n'était pas là hier soir, lui. Tu me donneras le contenu de tous ces courriers, en échange de ma grande générosité ? Par quoi je commence ?

- L'une des deux de Grèce. Je doute que les deux viennent de Zephyr. Il n'écrit pas de façon si rapprochée, d'habitude.

Son ami tendit la main vers les papiers et attrapa celle qui lui semblait la plus formelle, l'ouvrit et la plaça sous le nez de Lutha après l'avoir aidée à se redresser. Celle-ci la parcourut rapidement des yeux avant de pousser un long soupir et elle la traduisit à con ami.

Lutha,

Je prends la peine de t'écrire avec le service postal express après ce que j'ai appris. Je suppose que tu te doutes que c'est moi qui suis chargé de m'assurer que tout se passe bien pour toi dans ton... école. Je n'ai pas révélé ce qui s'est passé à Alexandre, cependant, si je n'ai pas de nouvelles de toi d'ici une semaine, me confirmant que tout va bien et que tu arranges les choses de ton côté, je le mettrai au courant, et tu sais que cette histoire ira jusqu'aux oreilles de Teneös.

Ce qui t'est arrivé ne fait que confirmer notre avis. Je compte sur toi pour régler cette affaire au plus vite et faire payer cet écart de conduite le plus cher possible sans créer aucun débordement.

J'espère que tu te portes bien. ici, rien de nouveau, mais je suppose que ton... ami te tient informée des événements importants.

Je te verrai cet été. Avec mon affection,

Ton frère, Luthen.

Elle se tut en observant le regard gris de Jonathan. Elle savait qu'il enregistrait et analysait ce qu'il venait d'entendre de façon méthodique. Il attendit quelques instants et sembla revenir au présent en la regardant directement.

- Qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas... "faire payer cet écart de conduite le plus cher possible" ?

Elle sourit. Elle devait reconnaître que cela ne lui aurait aucunement déplu.

- J'aurais pu, mais Dumbledore s'en est déjà chargé avec plus de diplomatie, d'après ce que tu m'as dit. Non, je ne vais rien faire du tout, à part m'assurer que personne d'autre que la bande qui m'a agressée n'est au courant. Il ne faut surtout pas que ça se répande. Ce serait la catastrophe. Tu me donne celle de Zephyr ? Elle me fera cent fois plus plaisir.

Il rit et la lui donna. Elle la lut, un sourire attendri au lèvres.

Mon petit chaton,

Je suis mort d'inquiétude et j'attends ton courrier dès que tu seras en état d'écrire ! Si je tenais cette saleté d'enfoiré qui t'a fait ça, je peux te garantir qu'il passerait le plus mauvais moment de sa vie. Probablement le dernier, en fait. C'est ton ami qui m'a envoyé un mot pour me prévenir de ce qui était arrivé. Adorable de sa part, non ? Il a vraiment quelque chose, celui-là, tu devrais en profiter.

Je veux savoir exactement comment tu vas, ce qui s'est passé et quelles ont été les conséquences pour cette enflure ! Quand je pense que les deux camps sont exactement pareils... s'ils acceptaient de se regarder vraiment, toutes ces batailles deviendraient vraiment inutiles.

Enfin... je suppose que tu souhaites plutôt lire ma meilleure prose comique et narrative, donc je t'ai gardé quelques détails et anecdotes croustillantes sur ma passionnante vie. J'espère que tu les apprécieras à leur juste valeur.

Je me suis déjà lassé de l'homme dont je t'ai parlé. Il était sympa, mais pas moyen d'avoir de ces discussions géniales toute la nuit comme je peux en avoir avec toi. Je désespère de trouver un homme capable de ça. Il n'y a pas à dire... les Grecs sont bons dans certains domaines mais les humains normaux manquent de ce côté manipulateur qu'on retrouve chez nous.

Pour le boulot, je m'éclate toujours autant même si j'en ai par dessus la tête. Je me demande si je ne vais pas bientôt agrandir la boîte vu les sommes que ça me rapporte ces temps-ci. Ou investir dans le développement de petits gadgets qui feront un malheur d'ici quelques années.

Je t'embrasse et j'attends vite de tes nouvelles. Je serai moins bref dans mon prochain courrier mais j'ai une visite pour le travail qui ne devrait plus tarder.

Je t'aime,

Ton Zephyr d'amour.

Cette fois-ci, elle ne traduisit pas tout à son meilleur ami. Les derniers mots n'étaient que pour elle. De plus, elle ne tenait pas à ce que quiconque sût qu'elle supportait le surnom de "mon petit chaton" depuis des années sans réussir à s'en débarrasser. Elle garda quelques instants la lettre sur son cœur avant de lever les yeux vers son ami. Il avait un sourcil surpris haussé.

- Quoi ?

- Ton frère... enfin... Zephyr... il est gay ?

Elle réalisa qu'elle lui avait lu l'anecdote sur la vie privée du chat-garou et eut le bon goût d'être embarrassée. Ce n'était généralement pas bien vu et elle ne voulait pas le crier sur tous les toits.

- Oui, oui, il l'est. C'est pour ça qu'il a vraiment encore plus de mal que moi à être accepté et estimé par les nôtres, malgré sa réussite. C'est vraiment considéré comme une tare dans nôtre espèce.

- Mmh...

Il resta pensif quelques instants, les sourcils froncés.

- Tu me donnes le dernier mot ? Lui demanda-t-elle. Avant de devoir retourner en cours.

Il hocha distraitement la tête et le lui tendit après avoir enlevé le nœud. Elle eut la surprise de découvrir une jolie écriture qu'elle avait déjà vue auparavant. A peine eut-elle lu les premiers mots qu'elle trouva la force d'arracher le papier des mains de son ami. Elle eut d'ailleurs un excellent réflexe, car lorsque ses joues commencèrent à rougir, il ne l'avait plus en main, à son grand dam.

Ma chère petite Layos,

J'espère que tu te remettras vite. J'ai du mal à imaginer que l'humanité doive se passer de ton sarcasme à toute épreuves et de tes métaphores si exceptionnelles qu'elles en valent presque les miennes.

J'espère que tu ne m'en voudras pas, je t'ai emprunté ton bidule bizarre avec des fils quand j'ai fouillé ton dortoir. Je suppose que la nouvelle n'est pas une surprise pour toi mais je préfère t'annoncer que je compte te le rendre prochainement. Ce genre d'objet ne fonctionnant pas à Poudlard, j'ai pensé que tu n'en avais pas besoin pour le moment.

Tu m'as vraiment inquiété, alors dépêche-toi d'aller mieux. Je te laisse ce bouquin pour t'occuper, prends-en soin.

Sirius.

- Donne-moi ça ! La supplia Jonathan, une lueur de fol amusement au fond des yeux.

- Non ! Hors de question ! Grogna-t-elle en ramenant précieusement le parchemin sous ses draps.

Elle savait que la couleur de son visage devait fortement contraster avec celle des draps. Une sensation incroyablement agréable lui réchauffait le ventre, dans le même temps qu'une angoisse sourde lui serrait la gorge. Ce mot n'aurait pas dû se trouver là. Il n'était pas censé prendre d'aussi grandes libertés ! Peut-être pensait-il qu'elle n'aurait pas le cran de le dénoncer puisqu'il pensait qu'elle ne l'avait pas fait tout en étant au courant de son intrusion dans son dortoir. Mais un revirement aussi soudain... Et pourquoi pensait-il qu'elle serait au courant de cette fameuse fouille, d'ailleurs ? Se demandait-il si elle avait remarqué la disparition de son baladeur ? Parce que ce n'était pas le cas, elle venait juste de l'apprendre. Elle relut les derniers mots et se sentit rougir de plus belle. Il avait signé par son prénom. Elle releva les yeux. John avait une moue suppliante sur le visage et il se tenait assis bien sagement à côté. Elle ne put retenir un rire, malheureusement douloureux.

- C'est Black.

- Je ne m'en serais pas douté, rétorqua-t-il avec sarcasme, abandonnant son air innocent. Que dit-il ?

- De me rétablir vite.

Le grand blond haussa un sourcil et sembla sur le point de poser une question mais il se ravisa et haussa les épaules. Il devait sûrement se dire qu'elle finirait par lui montrer le mot. Il pouvait toujours courir.

- Tu ne devrais pas retourner en cours ?

Il jeta un bref coup d'œil à sa montre et acquiesça silencieusement.

- Tu veux que je prévienne Remus de ton réveil, pour qu'il vienne te voir ? Il était là le soir où tu es arrivée.

- Ah... et bien s'il en a envie, oui, ça me ferait plaisir, bien sûr.

- Ok. Ah, tiens, il y avait aussi ce livre mais il a dû tomber par terre.

Il lui adressa un dernier sourire avant de s'éclipser. Tourmentée, elle relut le mot de Black. Elle n'allait sans doute pas beaucoup se reposer de l'après-midi si elle ne cessait de se poser des questions à ce sujet.

.

ooo

.

- Je ne crois pas que ce type de sortilège soit au programme. Après tout, ils ont déjà été évalués lors de BUSEs, non ? Fit remarquer Remus à Mary, qui, penchée vers lui, lui montrait une formule dans son livre de défense contre les forces du mal.

Elle hocha la tête et recula pour continuer à feuilleter l'ouvrage. Ils étaient tous installés dans la grande salle, traînant après le repas. Aucun des Gryffondors de septième année n'avait de cours à cette heure-ci. Remus et Mary révisaient tranquillement, James et Peter étaient plongés dans une partie d'échecs, tout en discutaint avec animation des conflits contre les les gobelins avec Lily. Quant à Sirius, il lisait l'un de ses romans préférés. Il n'y avait pratiquement plus qu'eux dans la grande salle. Le pas d'un élève s'approchant d'eux vivement les fit se retourner. Jonathan Float marchait droit sur eux, un sourire aux lèvres. Il leur adressa un signe de tête et se pencha vers Remus pour lui murmurer quelques mots à l'oreille. Sirius s'était à demi redressé. Le loup-garou se mit à sourire à son tour et il remercia le Serdaigle. Celui-ci se releva et fixa Sirius d'un regard perçant avant d'émettre un petit rire et de faire demi-tour. Aussitôt, le batteur dévisagea son ami.

- Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

Les maraudeurs comme les filles le regardant avec curiosité, Remus haussa les épaules et lui fit un discret signe pour indiquer qu'il lui répondrait plus tard. Quelques minutes après, il referma ses livres de cours et se leva d'un air dégagé.

- Où tu vas ? L'interrogea Sirius d'un ton suspicieux.

- Prendre l'air. Inutile de m'accompagner, je ne serai pas long.

Il sortit d'un pas tranquille de la grande salle, suivi jusqu'à la dernière seconde par le regard noir perçant de son ami.

.

Le loup-garou sourit en levant les yeux au ciel. Il doutait que Sirius mît très longtemps avant de comprendre ce que Jonathan était venu lui dire. Une fois les portes de la Grande Salle franchies, et, se sachant hors de vue, il accéléra le pas en prenant la direction de l'infirmerie. Lorsqu'il arriva, l'infirmière le laissa approcher après s'être assurée que sa présence ne dérangeait pas la jeune fille. Il la trouve en pleine lecture. Avec surprise, il reconnut un roman d'espionnage qu'il avait déjà vu entre les mains de Patmol. Elle le referma précipitamment et il haussa un sourcil devant son embarras soudain tandis qu'elle glissait le livre sous ses couvertures.

- Comment ça va ? Commença-t-il avec un large sourire.

Elle le lui rendit.

- A merveille étant données les circonstances. Tu sais ce qu'il en est ?

- Pas exactement non, à part que Montague n'est plus à l'école.

Elle ne cacha pas sa mine satisfaite à ces mots.

- C'est très bien. A moins que tu ne veuilles vraiment les détails, je pense que c'est suffisant.

Il hocha la tête. Il n'était pas particulièrement curieux de cela. L'essentiel était qu'elle allât bien et que la situation fût stabilisée. Pour le reste, il avait une vie suffisamment compliquée pour lui tout seul.

- Dans combien de temps tu sors ? Certaines personnes font courir la rumeur que tu t'es fait virer aussi.

- D'ici quelques jours, d'après Pomfresh. Ce sera drôle de voir leurs têtes quand je reviendrai en cours, je suppose, soupira-t-elle.

- Tu détestes toujours autant te faire remarquer ? On peut dire que tu n'as pas vraiment tiré le bon numéro avec Sirius, en début d'année.

- Ouais... ton ami est un peu cinglé, quand même. je pensais qu'il était stupide, mais si ce n'était que ça... Ça existe, plus têtu que lui ?

Remus éclata de rire.

- Oh, James est pas mal dans son genre, tu peux me croire, mais c'est vrai qu'avec Sirius, ça atteint des sommets. Mais... ça a son charme.

Il ne put résister à l'envie de lui adresser un clin d'œil taquin et elle soupira avec amusement.

- Je sais que John m'a pris les cours dans les autres matières, mais... tu pourras me passer ce qu'on a fait en runes ?

- Oh bien sûr, mais tu n'as pas manqué grand-chose, crois-moi. On a continué sur la lancée égyptienne. Par contre, tu vas manquer une soirée de Slughorn, demain.

- Quel draaaaame, s'exclama-t-elle en bâillant. J'espère qu'il me mettra des gâteaux au chocolat de côté.

Le loup-garou rit à ce propos.

- On dirait que toi et le chocolat, c'est une longue histoire d'amour.

- Je rêve ou c'est Sainte-Mangouste qui se fout de Secours Sorciers ? Tu as vu les réserves que tu te fais ? Et je ne t'ai jamais vu sans une tablette de chocolat dans ton sac. Même là, je peux sentir que tu as trois chocogrenouilles qui n'attendent que d'être mangées.

- Tu me fais remarquer ça uniquement pour que je me sente obligé de t'en offrir une ?

- Je n'oserais pas, s'écria-t-elle, feignant l'offense.

- Tant mieux.

Incapable de retenir son rire face à la moue suppliante qu'elle adopta alors, il sortit lesdites chocogrenouilles et en tendit une à la chat-garou. Négligeant la carte, elle croqua à belles dents et décapita sa grenouille d'un coup. Il fit de même de son côté, savourant la chaleur pareille à nulle autre que lui apportait le chocolat. Ils restèrent à plaisanter sur les vertus de cet aliment lorsque Mme Pomfresh surgit et mit à la porte le jeune homme sans cérémonie, s'exclamant que sa patiente avait besoin de repos. Elle n'avait d'ailleurs pas tout à fait tort, car, à peine son ami sorti, Lutha se laissa sombrer dans un sommeil profond en quelques secondes.

.

ooo

.

Lorsque la chat-garou ouvrit à nouveau les yeux, la nuit était complète. Elle poussa un très long soupir. Elle avait toujours mal un peu partout et ne se sentait pas assez en forme pour bouger mais tous ses muscles fourmillaient de l'envie de se lever. La nuit devait être fraîche et claire avec une lune encore quasiment pleine. Au lieu d'en profiter en filant se promener dans le parc, elle devait rester allongée dans ce lit en attendant de retrouver la forme. Elle se redressa lentement sur ses oreillers en appuyant ceux-ci sur le bord du lit avec force grimaces de douleur. Elle se demandait ce qui l'avait tirée de son sommeil. Elle n'était pas du genre à ouvrir l'œil pour rien et un bruit dans le couloir ou venant de la fenêtre avait sans doute attiré son attention.
Elle songea à Jonathan qui ronflait sûrement comme un sonneur dans son dortoir, avec ses condisciples masculins. Puis elle tourna ses pensées vers Zephyr. Avec les deux heures de décalage, l'aube ne devait plus être très loin pour lui. Elle l'imaginait parfaitement allongé dans une position impossible, comme seuls les félins savent le faire, se remettant de sa nuit probablement courte pour être prêt à travailler le lendemain aux aurores. Elle laissa échapper un petit rire nostalgique. A cette période de l'année, il commençait toujours à lui manquer cruellement. De plus, les très récents événements lui avaient donné envie de pouvoir se cacher derrière lui. La voix un peu rauque, elle laissa échapper une phrase en Grec. Le pratiquer seulement à l'écrit pendant la plus grande partie de l'année avait tendance à lui donner très envie de le parler. Après tout, c'était sa langue natale.
Ses pensées dérivant toujours, elle se demanda si la luminosité était suffisante et si ses yeux de chat parviendraient à lire. Elle n'avait plus aucune envie de dormir pour l'instant et la douleur dans son flanc l'empêchait de se reposer sans s'occuper. Le livre de Black, qu'il avait laissé avec son audacieux message, était toujours caché sous ses draps. Elle ne voyait pas vraiment pourquoi il le lui avait prêté... ou donné, elle n'en savait trop rien. Il voulait sans doute qu'elle le lût, mais elle n'avait trouvé aucun message caché entre les lignes. C'était juste un excellent policier sorcier. Elle lisait aussi ce genre de romans, mais généralement issus de la littérature moldue, et elle ne s'était jamais penchée sur cette branche de la littérature magique. Elle prenait en tout cas plaisir à se changer les idées dans un bon livre, puisque, étonnamment, John ne lui avait pas ramené l'un des siens.

Elle sortit donc le livre et plissa les yeux pour se concentrer. Elle pouvait presque sentir ses pupilles se dilater et elle imagina sans mal les yeux de folle qu'elle devait avoir à présent. Elle s'était déjà regardé dans un miroir dans un noir quasi total. Ses pupilles, d'ordinaire légèrement ovales et noyées dans l'ambre de ses iris, s'étendaient alors sur quasiment toute la surface disponible, formant d'immenses disques noirs cerclé d'un trait ocre sombre. Elle sourit. Zephyr, habitué à fréquenter plus de moldus qu'elle, appelait cela les "yeux de drogué".
Elle arrivait assez bien à distinguer les mots en se forçant, mais cela la fatiguerait vite. Au moins pourrait-elle rapidement se rendormir. Elle allait tourner sa première page lorsqu'elle se pétrifia, tous les sens en alerte. La porte, qui n'était pas dans son champ de vision, venait de s'ouvrir puis de se refermer. Une oreille normale n'aurait pas détecté ce bruit tant on avait pris de précaution pour l'éviter. Figée, Lutha huma longuement l'air. En tant normal, la personne, en rentrant, provoquait un léger courant qui diffusait très légèrement son odeur dans la pièce. Elle fronça les sourcils. Elle ne sentait absolument rien. Était-ce seulement quelqu'un qui avait ouvert puis fermé la porte en se trompant ? Dans ce cas, pourquoi le faire aussi silencieusement. Son odorat ne lui indiquant rien, elle se rabattit sur son deuxième sens et tendit l'oreille. Elle se tendit. Elle ne s'était guère trompée. Une respiration calme accompagnée de profonds battements de cœur résonnait non loin. Elle referma les doigts sur sa baguette, une sueur glacée commençant à lui couler dans le dos. Elle n'était pas en état de relever un deuxième combat. Le léger bruissement des pas de quelqu'un marchant sur la pointe des pieds commença à se rapprocher. Se fiant uniquement à son ouïe, elle situa la position du potentiel agresseur et écarta très légèrement les rideaux pour le voir. Elle crut un instant qu'elle rêvait. Ses sens ne pouvaient être trompés à ce point. Il n'y avait personne à l'endroit où elle regardait. Se concentrant encore plus intensément, elle chercha à vérifier sa position et elle fut déroutée de trouver la même chose. Probablement un sortilège de Désillusion. Quelles étaient les chances pour que ce fût John venu lui faire une blague nocturne ? Se redressant sur son lit, elle écarta violemment les rideaux d'un geste et brandit sa baguette. Le bruit se tut aussitôt. Si son ouïe ne la trompait pas, il y avait quelqu'un à moins de deux mètres d'elle, en face de son lit.

- Je sais qu'il y a quelqu'un ! Montre-vous ! Exigea-t-elle d'une voix ferme en assurant sa prise sur sa baguette.

Une légère exclamation impressionnée s'éleva devant elle, la faisant sursauter malgré elle.

- Black ?!

Il y eut un silence. Puis la voix du Gryffondor émit un murmure en même temps qu'il ôtait la cape d'invisibilité qui le recouvrait.

- Finite !

La chat-garou sentit aussitôt l'odeur de Black présente de façon tout à fait normale dans la pièce. Le jeune homme ne devait sans doute pas très bien distinguer ses traits et elle en fut soulagée. Elle ne tenait pas à ce qu'il vît l'air ahuri qu'elle arborait très probablement. Il resta planté face à elle et un sourire moqueur qu'elle ne connaissait que trop bien naquit sur ses lèvres.

- Tu m'a reconnu à la voix avec ce simple son ?! Tu as l'ouïe si fine que ça ou tu connais ma voix parfaitement ? Si c'est le cas, je me sentirais flatté.

Bien qu'elle vînt déjà de le faire, elle remercia une fois de plus le ciel pour l'obscurité en sentant ses joues s'embraser de honte. Forçant sa voix à ne pas trembler, elle rétorqua la seule chose possible :

- Tu es malade, Black ?! Dégage, nous n'avons rien à nous dire, il me semblait avoir été assez claire sur ce point.

Loin d'obéir, il s'approcha encore de quelques pas et leva sa baguette.

- Lumos !

Une faible lumière se mit à sourdre de l'extrémité de sa baguette. Les pupilles de Lutha, dilatées aux maximum, se rétractèrent vivement tandis qu'elle clignait des yeux, éblouie.

- Oh, pardon, je suis désolé.

Il n'avait pas du tout l'air d'avoir des remords, pourtant, et il enchaîna, son sourire toujours collé sur les lèvres :

- C'est vrai qu'en plus de l'ouïe fine, tu dois avoir une bonne vision de nuit, j'imagine.

La jeune fille eut l'impression qu'une pierre tombait dans son estomac et un sentiment de panique remonta depuis celui-ci pour s'immobiliser en une douloureuse boule dans sa gorge. Pourquoi avait-il pris la précaution de camoufler son odeur pour venir ? Etre invisible grâce à la cape suffisait à le protéger du concierge et de son chat. Les allusions qu'il venait de glisser et cette façon d'agir ne pouvait guère signifier qu'une seule chose. Abandonnant toute idée de dominer la conversation pour éviter un affrontement, Lutha se retrancha sur la défensive.

- Viens en au fait, Black. Qu'est-ce que tu veux dire ?

Il s'assit au pied du lit sans qu'elle ne le repoussât. Il avait un air sérieux à présent.

- Je sais ce que tu es.

Il avait dit cela d'une voix tellement neutre qu'elle se hérissa, ne sachant comment réagir.

- Alors quoi ?! Tu es satisfait ?! Tu vas me foutre la paix, maintenant ?! Tu as bien assez attiré l'attention sur moi, de toute façon, et d'autres se sont chargés de prendre le relais !

Elle avait été plus amère qu'elle ne l'aurait souhaité et elle le vit détourner les yeux avec embarras. Sans la regarder, il murmura :

- Je suis désolé pour ça. Si j'avais su que tu étais... enfin...

Il prit une longue inspiration et son air gêné devint coupable. Lutha se maudit en sentant son cœur se serrer.

- Je n'avais jamais imaginé que ça puisse être quelque chose comme ça. Si j'avais su, je n'aurais pas attiré autant l'attention sur toi. Je ne voulais pas qu'il t'arrive quelque chose comme ça.

La petite Serdaigle tourna la tête à son tour. Cela ressemblait à des excuses qu'elle ne souhaitait pas entendre. Croire que le comportement de Black était immature et fondé sur de mauvaises raisons était ce qui l'aidait à ne pas lui céder. En parallèle, une petite chaleur se nicha dans son ventre sans qu'elle pût la déloger. Elle aurait préféré qu'il se tût afin que cette chaleur ne se mettre pas à grandir, mais, bien évidemment, il n'en fit rien.

- J'ai eu une... petite conversation avec Float, après ma découverte. il m'a expliqué... disons deux ou trois petites choses qui m'ont fait revoir mon point de vue sur les... enfin sur ce que tu es. Je ne savais même pas que des personnes comme toi pouvaient exister. Et si je l'avais su avant, et bien... je t'aurais probablement ignorée avec dégoût sans me rendre compte que tu n'étais qu'une façade.

Elle aurait bien voulu lui répondre d'une réplique cinglante bien sentie mais rien ne vint et elle resta muette à écouter sa confession. Il avait un très léger sourire et gardait à présent les yeux fixés sur elle au point de la faire se sentir mal à l'aise. Son discours la remuait bien plus qu'elle ne le voulait. Elle avait redouté ce moment, mais, même si la peur lui tordait le ventre, elle ne pouvait s'empêcher d'exulter intérieurement. Son cœur tambourinait contre sa poitrine avec force. Voyant qu'elle ne répondait rien, le Gryffondor continua, reprenant un air moqueur plus habituel.

- Je vais donc revoir les termes du contrat. Si tu parles de James, de Peter, ou même de moi à qui que ce soit, tu peux faire une croix sur ton secret.

L'émotion ne l'empêchant pas de réfléchir rationnellement, la chat-garou laissa échapper une exclamation incrédule.

- Toi ? Tu es un foutu Gryffondor ! Tu serais bien incapable de vouer quelqu'un droit à un triste sort de cette façon !

Le sourire du jeune homme s'élargit.

- Et bien nous sommes deux, puisque je sais que tu ne me dénonceras en aucun cas. Je ne fais que te rendre la monnaie de ta pièce.

Elle se mordit la lèvre sans répondre. Il avait raison et elle était trop fatiguée pour tenter de jouer le jeu. C'était probablement dans ce but qu'il était venu à cette heure-ci.

- Quand tu sortiras, donc, tu ne verras aucun inconvénient à ce que j'engage de charmantes conversations comme nous savons si bien en avoir. De mon côté, je prendrais ce que je sais en compte en ne cherchant pas à modifier ton comportement envers les autres, mais uniquement envers moi.

Elle ne put s'empêcher de sourire, soulagée. Elle avait espéré malgré elle qu'il la forcerait à revenir sur sa décision, et cet entêté l'avait fait !

- Black... si la vie était un labyrinthe, tu arriverais tout écorché à force de passer à travers les haies au lieu de prendre les chemins tout tracés.

Il éclata d'un grand rire, semblable à un aboiement, et elle repensa immédiatement au chien noir dont elle l'avait vu prendre l'apparence.

- Ah... ma petite Layos... Tes métaphores m'avaient cruellement manqué.

Il y eut soudain un bruit venant de l'appartement de madame Pomfresh.

- Éteins ! Siffla-t-elle.

Sans poser de question, il obéit et ils se retrouvèrent plongés dans le noir. Il faudrait sans doute plusieurs minutes à la petite Grecque pour réhabituer ses yeux à l'obscurité. La porte de l'infirmière s'ouvrit.

- Miss Layos ? Tout va bien ?

- Oui ! Je n'ai besoin de rien, mer...

Sa voix s'étrangla dans sa gorge en sentant un souffle chaud dans lequel persistait une odeur de noisette effleurer son visage. Elle eut l'impression que son cœur allait traverser sa poitrine, tant il se mit à battre fort, et elle entendait son écho en face d'elle. Dans un chuchotement rieur, alors que l'infirmière retournait se coucher, la voix de Black s'éleva :

- Je te rends ça. Bonne nuit.

Avec surprise, elle sentit une main bien plus grande que la sienne déposer entre ses doigts son walkman. Dès qu'elle le saisit, elle entendit Black se lever et s'éloigner tout en jetant la cape sur lui. Les pensées en ébullition, elle le maudit avec un rire nerveux. A présent, elle était sûre de ne pas se rendormir avant plusieurs heures.

ooooo

ooo

ooooo

Mouhahaha ! Je me suis fait plaisir sur un chapitre plus long que d'habitude, mais je me suis dit que si je vous coupais au milieu de la dernière conversation, j'allais me faire lyncher xD
J'espère que ça vous a plus, même si le ton changeait un peu (mais pas d'inquiétude, le sarcasme restera au RDV dans le prochain chapitre ^^)

.

.

nyfa - Salut ! :D Merci pour le compliment, ça fait plaisir ! Je ne répondrai pas à ta question vu que je pense que tu as eu ta réponse dans le chapitre (sinon, c'est que tu ne l'a spas lu attentivement, mais alors pas du tout xD). Merci, et peut-être au plaisir ;)

.

PoissonRougeN1 - Tu as donc préféré me délaisser en tant que personne qui déprimait sur la mort de son personnage préféré pour te vautrer dans le rire et la paresse en lisant mon chapitre ?! *ton offusqué* Je te le reprocherais bien mais ce serait un peu ironique de ma part ^^. j'ai aussi hâte de voir comment Sirius va être parce que... pour l'instant j'en ai aucune idée xD. Enfin j'ai la base mais je vais laisser les personnages décider ^^. Je suis guériiiiiie ! Enfin ! Vive la folie ! *sautille gaiement pour te rejoindre*

.

BibiCool360 - Une petite review mais avec tout ce qu'il faut comme dose de motivation ! Merci, et j'espère que la suite en question t'a plu ;D

.

yoh-nee - Coucou ! :) merci merci, j'adore recevoir des compliments xD. C'est bien d'être patiente, tu dois bien être la seule qui ne me dit pas d'écrire la suite fissa ! J'adore aussi Eragon, bien entendu et je suis contente que tu dises ça de Lutha parce qu'au fur et à mesure de l'histoire, j'ai vraiment essayer d'approfondir le personnage, justement, de le rendre "réel", en quelque sorte :). Je suis contente de l'effet de surprise Montague, c'était bien ce que j'avais prévu ^^. Cette scène était écrite depuis quasiment un an ! Contente de voir l'effet que va donc te faire le mail que tu vas recevoir d'ici quelques heures :D. A la prochaine ? ^^

.

MMSSR - Et oui, les gens autour sont toujours plus perspicaces que les concernés quand il s'agit d'amouuuuuur xD. Je te laisse le loisir de découvrir la vérification de tes prédictions dans ce chapitre ^^. Merci, en tout cas. Il faut bien que ça avance de temps en temps, hein, sinon ça stagne xD

.

Hely Sappho - TOUS les chapitres en une journée ?! Déjà quand j'avais ce genre de commentaire au chapitre 17, je restais scotchée, mais là... ça fait un paquet à lire tout de même ^^. Enfin, je suis très contente que ça te plaise et apprécie à leur juste valeur ces compliments "critiques". J'ai toujours du mal à prendre du recul alors je suis contente que quelqu'un me dise que j'ai réussi à atteindre ce que je recherchais, au-delà du "c'est génial" xD. Jonathan est mon petit favori, mais tout le monde commence à la savoir :D. J'espère donc que la suite te plaira tout autant et oui, je suis guérie ! ^^

.

Stilandra Black - Faudrait savoir, tu l'aimes ou tu l'aimes pas la fin ? :p Tu l'aimes mais tu voulais pas que ce soit la fin, c'est ça ? J'ai bien traduit ? xD Combien de chapitres ? Mmh... au jugé comme ça, je dirais que j'irai jusqu'à la quarantaine mais probablement pas plus. Pour les traductions de lettre, j'avoue qu'imaginer Sirius en train de faire ça était hilarant donc j'ai gardé l'idée et je suis contente que ça rende bien ^^. Pas de confronation à ce sujet pour le moment, mais tout vient à point qui sait attendre :D. Merci en tout cas et à la prochaine review ;p

.

TheDevilOfSlytherin - Salut ! Ah, la révélation de ceux qui ne mettent pas de reviews xD. Cela dit, parfois je suis tellement prise dans l'histoire que j'y pense encore et je songe même pas à l'auteur quand j'en lis, donc je ne serai pas celle qui blâmera cette habitude ^^. Les reviews énormes ne me dérangent absolument pas, bien au contraire ! Cynique et répondant, ok, mais... pourquoi Grecque c'est bien ? oO Et pour les cheveux blancs ça m'est passé par la tête au début de l'histoire donc c'est resté ^^. Les chats-garous viennent de l'univers d'Eragon. J'ai essayé de reprendre l'idée mais dans le monde de HP, donc non, ça ne vient pas de moi, ça :D. Ha ha, pour une fois que la comparaison avec une Mary-Sue me flatte, merci ;). Quant à Jonathan, c'est mon petit cœur : un mélange de mes meilleurs amis et moi-même dans toute notre splendeur (le côté analyseur est le mien, physicienne que je suis xD).
Le cynisme c'est le bien. Sirius rame, mais dans le bon sens, au moins ^^. Pour Montague, je te laisse donc voir ce qui lui est arrivé... J'espère que cette suite t'aura plu et je ne dis pas non à une autre review de temps à autre ;p

.

zuutt - personnellement, chaque chapitre que je publie devient mon préféré, puisque, à ma grande honte, j'oublie ce qu'il y a dans les précédents. Oh je sais ce que j'ai mis, mais je ne connais pas mes délimitations de chapitres xD. Contente qu'il t'ait plu, en tout cas, et j'espère que c'est le cas de celui-ci aussi. Au plaisir ;)

.

LilyGourde - Bon, blessée dans mon orgueil, je vais prendre en compte ta remarque sur les fautes et redoubler de vigilance. Pour répondre à ta question, non, personne me corrige, ni même mon correcteur, souvent, puisque j'ai toujours été celle qui corrigeait les autres ^^. C'est vrai que j'ai par ci par là des fautes d'inattention que je vois quand je me relis (et qui m'insupportent d'ailleurs, parce que je ne peux plus les corriger) et je promets donc d'essayer d'être plus attentive et de relire avant de publier (ce que parfois je ne fais pas). Cela dit, merci pour le conseil, même si pour être honnête, je suis trop orgueilleuse sur ma grammaire et mon orthographe pour tolérer que ce ne soit pas moi-même qui me corrige. Désolée pour ce pâté sur le sujet mais j'ai senti comme un grand besoin de me justifier sur ce sujet sensible, afin de partir sur de bonns bases ;D.
Tu fais partie de ceux qui m'impressionnent, à tout lire en un coup. C'est tellement long que je me relis par morceaux, maintenant, moi. Je suis vraiment contente que ça te plaise et mes oreilles en rougissent carrément devant l'utilisation de "sublime" que je trouve honnêtement trop fort pour mon travail ^^. Je ne suis pas si sadique, même si tout le monde me le dit ^^. Enfin... je suis juste manipulatrice, et finir avec le suspense, c'est décider de l'état d'esprit des lecteurs à la fin du chapitre (curieusement, tous les tests de maison que j'ai fait m'ont envoyée à Serpentard ^^).
Re-PS Je te préviendrais bien pour la sortie de mes chapitres, mais c'est généralement aléatoire donc je ne peux pas vraiment le faire efficacement. Compte un mois environ entre chaque chapitre, c'est ma moyenne, je pense.

.

TheFanne - Je ne suis PAS sadique ! (lire la Rép-review précédente pour expliquer pourquoi je finis mes chapitres comme ça xD) Non, à mon grand bonheur, je n'ai pas vu ni lu ce fameux truc depuis qu'on a fini de les regarder dans le pur but de critiquer avec mes meilleurs amis. percy Jackson et les Héros de l'Olympe ? Je te félicite pour tes lectures, elles sont plus que saines xD. La petite vois dans la tête c'est chez tout le monde mais on ne le reconnaît juste ps tous xD. On va dire que je ne dirais rien sur le fait que tu n'as pas dit un mot du chapitre parce que ta review était tordante donc ça t'excuse ^^. A bientôt ! :D

.

Zangetsugaara - Hey, mais je m'arrête comme je veux, euh ! ^^ merci en tout cas, ça fait plaisir, et j'espère que la suite que tu as attendu (moins longtemps que d'autres, toutefois xD) est à la hauteur de tes espérances :D. A pluche !

.

Alex - Tout d'un coup ? Toi aussi ? Vous êtes tous fous ! ^^ (enfin moi aussi, donc bon... xD) Contente que ça t'ait plu, et si ça arrive pas souvent, j'en déduis que y a qqchose de bien dans mon histoire donc merci xD. De la chance pour toi, tu auras la suite dès le lendemain, mais faut pas compter là-dessus pour les chapitres d'après xD.

.

Ouf ! Fini, à dans environ 1 mois, j'imagine xD ;)