30/03/15 - 08/05/15

Jeune gens, jeune gens, je sais pas si j'ai envie de vous écrire la suite, hein ^^ Ce serait tellement drôle de vous laisser mariner xD (comment ça, j'ai de graves tendances sadiques ?!). Enfin je ne vais pas faire ça ^^. Un petit merci à tous ceux qui ajoutent cette histoire à leurs favoris, je suis sensible à ça et mon cœur fait toujours un bond en voyant un nouveau message :D. Sur ce, je me lance dans l'écriture !

Bonne lecture ! :)


- Debout tout le monde ! C'est le matin ! Il fait beau ! C'est l'heure de se lever !

James ouvrit un œil curieux. Ce réveil était bien plus brutal que d'ordinaire. En général, tous les jours, Remus était le premier levé et faisait le tour du dortoir, tirant tout d'abord Peter de son sommeil, puis secouant légèrement James, et enfin glissant quelques phrases stimulantes à l'oreille de Sirius. Mais là... Il regarda sa montre. C'était dix minutes avant l'heure habituelle. Un grognement monta du lit de Remus, incitant l'attrapeur à ouvrir ses rideaux pour voir ce qui se passait. Debout au milieu du dortoir, Sirius se tenait debout, fraîchement lavé, les cheveux coiffés soigneusement en catogan, vêtu de sa chemise d'uniforme, la cravate lâchement nouée autour du cou. Il arborait un large sourire et vérifiait le contenu de son sac de cours tout en continuant à les inciter à se lever.

- Tu es malade ? Grommela Cornedrue en le dévisageant.

- Non, pourquoi ?

Le loup-garou sortit de son lit, l'air grognon.

- Probablement parce que tu te lèves toujours le dernier et que tu râles amplement au réveil. Sans doute aussi parce que si nous t'avions réveillé de cette façon, il y aurait actuellement trois cadavres autour de toi.

Il lui passa ensuite devant et referma sèchement la porte de la salle d'eau derrière lui. James farfouilla dans ses affaires pour dénicher de quoi s'habiller. Il se douchait le soir, tout comme Peter, et n'avait donc pas besoin d'attendre son tour le matin. Perdu dans la distinction entre chaussette gauche et chaussette droite, il interpella son meilleur ami :

- Tu as une raison de te lever de cette façon et d'être de si bonne humeur ?

Sirius hocha la tête sans perdre don immense sourire et s'assit sur le bord de son lit pour l'attendre.

- Et je pourrais la connaître, cette raison ?

L'attrapeur parvint enfin à identifier ses chaussettes et les enfila tant bien que mal. Il releva la tête face au silence de son ami. Il s'était attendu à une réponse immédiate mais Sirius arborait un air pensif, semblant se demander s'il pouvait parler. Il parut prendre sa décision à contrecœur.

- Je ne peux pas tout te dire parce que je ne suis pas le seul concerné, mais tu m'en vois désolé. Disons que j'ai trouvé un moyen pour rendre inefficace la menace de Layos contre nous. Elle ne peut donc plus fuir. Enfin... elle dispose encore de quelques jours de repos à l'infirmerie, je suppose.

Intrigués, James et Peter cessèrent de s'habiller. Ils ouvrirent la bouche en même temps dans le but d'interroger leur ami mais Remus les prit de court en passant la tête par la porte de la salle de bain, enveloppé dans son peignoir, l'air extrêmement curieux. Il fixa Patmol sans se préoccuper des deux autres.

- Tu es allé lui parler ?

Le jeune homme hocha la tête avec un sourire que son meilleur ami aurait qualifié de rêveur.

- Et comment a-t-elle réagi ?

- Bien, je dirais. Disons qu'elle n'a pas trop eu le choix mais qu'elle l'a étonnamment bien pris.

- Tu sais, donc ?

- Y aurait-il eu un autre moyen pour lever cette menace ?

- J'imagine que non.

L'attrapeur, tout comme Queudver, regardait alternativement les deux garçons, ce qui aurait sûrement fait dire à Lily qu'ils "suivaient un match de tennis"... mais qu'il soit pendu s'il savait ce qu'était le tennis... Peter posa la question qui lui brûlait la langue.

- Est-ce que vous ne pourriez pas être plus clairs ?

Le sang-pur s'apprêta à répondre, l'air ennuyé, mais le loup-garou lui coupa l'herbe sous le pied :

- Non, désolé. Disons juste pour résumer que Lutha ne risque plus de révéler votre secret, et, si j'ai bien compris, Sirius va reprendre son petit harcèlement en bonne et due forme.

Le ton de reproche qu'il essaya de prendre fut gâché par le léger sourire qui lui étirait les lèvres et il rentra finir de se changer en secouant la tête. James avait un air moqueur, à présent. Il sentait que le terrain était plus propice à la discussion qu'à n'importe quel autre moment.

- Alors, tu as réfléchi, depuis le dernier comité ? Nous n'avons pas pu clore la séance formellement, il serait peut-être temps, non ?

L'air parut s'alourdir de plusieurs tonnes et Peter se recroquevilla en voyant le sourire de Sirius se figer. Le jeune homme se reprit toutefois assez vite, et, d'une voix maîtrisée, il souffla à voix basse :

- Je ne suis pas prêt à parler de ça. Je ne veux pas mettre de mot dessus et je préfère que le sujet ne soit plus abordé. Dis-toi juste que je vais bien et que tu peux cesser de t'inquiéter pour moi pour t'occuper de ta petite amie délaissée.

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C'était un coup bas et ils le savaient. Jamais Sirius n'aurait ainsi attaqué James avant. Mais il avait pensé à la petite Serdaigle et la réponse avait jailli naturellement, conséquence probable de l'influence qu'elle avait eue sur lui. Il savait au fond sa réaction était proportionnelle à la délicatesse du sujet mais il préférait faire comme si de rien n'était. Il adressa un regard d'excuse à son ami et celui-ci haussa les épaules en soupirant, sans rien ajouter.

Ils descendirent dès que Remus sortit de la salle de bains, en avance par rapport à leur horaire habituel. Ils déjeunèrent en compagnie de Lily et Marie, qui semblèrent perplexes devant l'excellente humeur de Sirius, mais celui-ci n'y prit pas garde. Toute la journée, il répondit avec le sourire aux enseignants, concocta mille et un plans pour l'excursion nocturne qu'il pensait proposer à ses amis, et il se montra même poliment désolé lorsqu'une jeune fille de cinquième année vint lui confesser son affection en fin de journée. Il remarqua d'ailleurs que cela faisait un long moment que ce n'était pas arrivé, mais, une fois de plus, il préféra ne pas s'attarder sur la question et se dit que la gente féminine devait se lasser de ses refus. En bref, la journée se déroula à la perfection pour le jeune homme.

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Les quelques jours qui suivirent, il accorda à la petite Serdaigle le temps de se reposer à l'infirmerie et ne vint plus lui rendre visite, se contentant d'observer le sourire de Remus quand il en revenait pour avoir de ses nouvelles. La semaine fut très agitée et il entraîna Peter et James dans une vague de bêtises qui les fit surveiller avec attention par le professeur McGonagall. Elle avait les yeux plissés et les narines pincées quand elle les croisait et son attitude déteignait sur Mary, la préfète-en-chef, que les garçons se gardaient bien d'informer de leurs plans. Lily, elle, supportait stoïquement ce qui se passait tant que rien d'humiliant ou concernant son ancien meilleur ami ne lui parvenait aux oreilles. James et Sirius étaient bien trop malins pour s'en prendre à Rogue en public. A la fin de la semaine, ils avaient tout de mêmes cumulé sept retenues, Peter en avait cinq et Remus avait réussi à ne s'en tirer qu'avec deux. La directrice de Gryffondor mit à profit les muscles des sportifs : les deux trublions de la bande eurent pour tâche d'aider Hagrid à mettre à l'abri tout le bois qui n'avait pas été utilisé cet hiver. Queudver récolta le nettoyage de tout le matériel de potions du château n'appartenant pas aux élèves et le loup-garou, quant à lui, dut aider le professeur Spare à chasser les souris qui infestaient les cachots, comme chaque année en cette période là.

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Ce furent ces anecdotes, qu'il avait appris en détail elle ne savait trop comment, que Jonathan racontait à Lutha chaque soir où il venait lui rendre visite. La plupart du temps, ils passaient deux heures à discuter des cours qu'elle avait manqués, puis il restait dîner avec elle, madame Pomfresh ayant fini par renoncer à l'expulser de son infirmerie. Il la régalait alors de tout ce qu'il avait pu observer. Elle n'était pas parfaitement sereine et appréhendait sa sortie, d'ici deux jours, mais elle restait néanmoins d'excellente humeur et ne semblait pas vraiment mécontente de sa situation.

- Et les amis de Montague, ceux qui ont écopé des dizaines de retenues, ont été victime d'un accident des plus étranges. Pendant trois jours, toutes les potions qu'ils ont essayé de concocter leur ont explosé à la figure, comme si quelqu'un avait mis de la Poudre A Secousse de Miss Bamschlang dans leurs ingrédients.

Un petit sourire moqueur éclaira le visage de Lutha.

- J'aurais aimé voir ça. Et bien sûr, il n'y a eu aucune preuve que ce n'était pas des accidents ?

- Oh, des preuves, il y en a, mais ce sont les coupables qui font défaut, principalement, même si les soupçons semblent se tourner vers les Gryffondors.

- Je me demande bien pourquoi...

Elle regarda par la fenêtre en attendant que la satisfaction de se voir vengée par ces idiots ne passe. Pas dupe, John étouffa un rire mais s'abstins de commenter. Il tira un échiquier de son sac.

- Une petite partie ?

La jeune fille étira prudemment ses bras en se redressant complètement. Elle sentait ses muscles tirer un peu du côté de son flanc mais rien d'alarmant. Elle avait déjà supplié l'infirmière au moins quinze fois de la laisser sortir mais celle-ci s'était montrée intraitable et la chat-garou s'était retenu de lui dire qu'enfant, elle était allée à l'école avec des douleurs bien pires.
Elle avait répondu à son frère et à Zephyr dès qu'elle avait eu assez de force pour tenir sa plume elle-même et n'avait pas encore reçu de réponse mais elle se doutait que son ami emprunterait cette fois la voie habituelle et plus longue pour le courrier. Quant à Luthen... elle doutait qu'il trouvât un motif suffisant pour lui répondre dans ce qu'elle lui avait écrit.

Elle laissa son meilleur ami disposer les pièces, perdue dans ses pensées. Les mêmes la préoccupaient depuis plusieurs jours, refusant de la laisser en paix, et elle n'avait pour s'occuper que le livre de Black, ainsi que trois autres que John lui avait apportés. Comment allait-elle gérer le fait que le Gryffondor ait appris son secret ? Elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il l'apostrophât en public, étant données les excuses qu'il lui avait présentées, mais elle savait qu'il serait probablement partout sur son chemin et qu'il engagerait la discussion chaque fois que l'occasion se présenterait. Elle se savait incapable d'y résister et n'en avait de toute manière pas la moindre envie. Elle devrait toutefois réussir à conserver sa froideur et son indifférence au reste du monde, ce qui ne serait pas chose aisée. La dernière fois, déjà, il lui avait prouvé qu'il pouvait la pousser suffisamment à bout pour qu'elle se laissât aller à faire éclater son caractère en plein jour.
Elle se demanda une fois de plus quel but poursuivait réellement Black envers elle. Il pensait l'aider et souhaitait qu'elle se dressât telle qu'elle était face à tous ceux qui pourraient lui faire face, mais il ignorait la plupart des paramètres de l'équation et brandissait ses idéaux sans avoir aucune idée du coût qu'ils exigeaient. Était-ce parce qu'il méconnaissait le danger et l'appréciait un tant soit peu qu'il voulait la pousser dans ce sens ? Ou sa situation ressemblait-elle tant à celle des sangs-purs comme son frère qu'il s'acharnait encore avec cet objectif ?

Elle poussa un soupir qui tenait plus du gémissement et réalisa que Jonathan la dévisageait d'un œil scrutateur et amusé.

- Oh, la ferme ! Lui lança-t-elle sans chercher pour autant à camoufler son sourire.

Il haussa les épaules avec amusements et ils tirèrent au sort celui qui prendrait les blancs.

- Me permettrais-tu de te donner un conseil ? Lança-t-il alors qu'elle se résignait à commencer la partie, morose.

- Comme si tu avais besoin de ma permission pour la faire quand même, se contenta-t-elle de commenter d'une voix suintante de sarcasme.

Il sourit et laissa glisser la provocation sans dévier de son sujet. Désignant d'un vague geste à peu près tout ce qui les entourait, il déclara :

- Je pense que ... si tu es incapable de contrer la situation, tu devrais... juste profiter le temps durant lequel elle t'est offerte, car l'occasion ne se représentera peut-être pas.

Elle se passa une main dans les cheveux pour se donner le temps de réfléchir. Elle n'aurait pas songé que des cheveux courts demanderaient plus d'entretien que la somptueuse cascade de boucles qu'elle avait auparavant.

- Je ne suis pas contre cette idée, finit-elle par déclarer lentement après mûre réflexion. Mais, ajouta-t-elle en le voyant prêt à pousser son avantage, les risques sont considérables pour lui comme pour moi si le moindre soupçon de... ce que je ressens finit par arriver aux oreilles de l'un de mes frères, ou pire, de Teneös.

Elle fut involontairement parcourue d'un long frisson à cette simple idée. Elle n'osait imaginer ce que ferait son géniteur dans une telle situation. Il faisait partie de l'une des familles les plus anciennes et dans laquelle le sang charriait le plus l'héritage des dons innés des chats-garous. Nombre de ses ancêtres étaient morts de la main de sorciers. Il n'avait pourtant pas refusé l'opportunité de combiner ces pouvoirs en un instrument, sa propre fille, afin d'asseoir son influence. A l'homme dur et haineux envers la magie s'ajoutait un être froidement calculateur et incroyablement rusé. Lorsque par malheur, il posait les yeux sur elle, elle avait toujours envie de disparaître tant il lui faisait froid dans le dos.
Les mains de Jonathan volèrent soudain au-dessus de l'échiquier et il attrapa fermement les épaules de la petite Grecque. Alors qu'il la serrait contre lui dans un réflexe qu'il n'avait aucunement prévu, trois choses se produisirent simultanément. Elle poussa un faible cri de douleur en sentant sa blessure en guérison tiraillée de la sorte, l'échiquier tomba par terre dans un grand bruit, les pièces roulant dans toutes les directions, et la porte de l'infirmerie s'ouvrit sur Remus Lupin et Sirius Black.

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Les deux Gryffondors se figèrent sur le seuil de l'infirmerie, surpris. Jonathan Float et Lutha Layos s'étreignaient sous leurs yeux et la jeune fille rougit avec force en les voyant entrer. Alors que Remus se mettait à sourire, un sentiment étrange s'empara de Sirius. Il n'aurait su dire ce qui se passait, mais il avait soudain cruellement mal au ventre et ses mains tremblaient légèrement. Il les serra en deux poings pour les immobiliser et se força à détourner ses pensées du chemin qu'elles commençaient à emprunter. Il refusait de croire qu'il était jaloux de la proximité entre les deux Serdaigles. Après tout, ils se connaissaient depuis sept ans, c'était parfaitement normal, non ? De plus, il ne pouvait pas vraiment considérer la petite Grecque comme une amie, il n'y avait donc aucune comparaison possible entre leurs relations... mais pourquoi cette idée le faisait-elle bouillir au lieu de l'apaiser ?

A côté de lui, Remus se racla la gorge avec amusement. Savait-il quelque chose sur ces deux-là qu'il ignorait ? Quoi qu'il en soit, Float sursauta et lâcha son amie tranquillement avant de se tourner vers eux, un aimable sourire aux lèvres. Le Gryffondor ne devait pas aussi bien camoufler ses pensées qu'il le pensait, car le grand blond eut un moment de surprise en croisant son regard. Puis un large sourire moqueur s'étala alors sur son visage, si large que si Sirius avait été sujet aux rougissements, il aurait probablement eu les oreilles et les joues cramoisies de colère. Fort heureusement pour lui, sa peau avait pour avantage de rester d'un ton uni quelque fussent les émotions qui l'agitaient. Il se sentait humilié. Float le narguait-il ? En quoi son malaise le faisait-il rire ?! Sans abandonner son expression joyeuse, le Serdaigles les salua d'un geste de la main.

- Remus, Black, quelle agréable surprise... Vous venez rendre visite à notre petite convalescente ?

A ces mots, l'attention du sang-pur se reporta sur la jeune fille. Elle avait les joues encore légèrement roses et fixait le pied de son lit avec une concentration des plus admirables. Elle devait être gênée de s'être laissée surprendre ainsi, elle qui cultivait ainsi le secret. Le doute s'empara de Sirius. Peut-être avait-il été trop présomptueux... Il avait probablement imaginé...

- Et bien oui, c'est le cas, acquiesça joyeusement Remus.

Lui aussi souriait à présent et il enchaîna en s'approchant de la petite Serdaigle :

- Alors, ça va mieux ?

- Beaucoup ! Mais j'ai toujours interdiction de sortir !

Elle avait répondu d'un ton plaintif qui aurait davantage sis à une gamine capricieuse qu'à la froide et sarcastique jeune fille que Sirius connaissait. Malgré lui, son humeur maussade se dissipa quelques secondes pour laisser paraître un sourire sur ses lèvres. Elle n'avait même pas songé un seul instant à se montrer distante. Son attention fut de nouveau attirée par Float et la désagréable brûlure de son ventre revint, ainsi que son inexplicable colère.

- Je pensais jouer aux échecs, annonça celui-ci en ramassant les pièces, mais, vu que le nombre de joueurs a doublé, que diriez-vous d'une partie de tarot ?

Fataliste, Layos haussa les épaules et les trois garçons s'installèrent autour d'elle tandis que le Serdaigle commençait à donner. Ils ne purent toutefois jouer que deux parties dans une ambiance que Sirius rendait tendue, avant l'arrivée impromptue de madame Pomfresh qui les mit à la porte en s'exclamant que sa patiente avait besoin de repos et que son infirmerie n'était pas un tripot.

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Une fois qu'ils se retrouvèrent dans le couloir, le malaise s'épaissit, le batteur continuant de fixer le grand blond avec hostilité. Celui-ci continuait pourtant de sourire et il lui fit signe de le suivre sous le regard perplexe de Remus. Il vit son ami passer de la colère à l'ébahissement à mesure que Jonathan lui parlait. Puis un air embarrassé vint prendre la suite et il finit par écourter la conversation pour revenir vers lui, de toute évidence, plus calme qu'avant.

- Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

- Que...

De toute évidence, il cherchait le meilleur moyen de formuler ses paroles.

- Que je n'avais rien à craindre de lui, en gros, finit-il par soupirer, obligé de reconnaître que c'était le cas.

Un sourire amusé étira les lèvres du loup-garou.

- Tiens donc... et à quel sujet, si je puis me permettre ?

Sirius enfonça les mains dans ses poches et prit un air buté que son ami ne lui connaissait que trop bien.

- Rien d'important. Float se raconte des histoires, c'est tout.

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- C'est bon, je vous autorise à sortir.

Lutha faillit bondir de joie avant de se rappeler qu'avoir les émotions en ébullition constante n'était pas une raison pour les exhiber. Cette fin d'année allait être dure. Et encore, elle n'avait vu Black que deux fois depuis son agression. Elle rassembla ses affaires et enfila son uniforme derrière un paravent avant de s'approcher de la sortie d'un pas conquérant. Elle avait sa soirée devant elle avant de reprendre les cours le lendemain. Prête à inspirer avec plaisir un parfum autre que celui, trop propre, de l'infirmerie, elle ouvrit les portes et franchit le seuil les yeux fermés en respirant un grand coup. Une odeur de shampoing à l'abricot étrangement déplacée l'assaillit soudain. Sans ouvrir les yeux, elle adopta un ton résigné :

- Black ?

- C'est bien moi.

Elle entrouvrit les yeux. Le jeune homme était adossé contre le mur en face, son éternel sourire narquois sur les lèvres. Elle retint le sien et sa voix cingla dans le silence de la soirée qui s'installait :

- Tu t'es perdu ? Je pensais que tu connaissais un peu le château... mais de toute évidence, les troubles de mémoire te torturent toujours, je me trompe ?

- A vrai dire, je me suis plutôt dit que, vu tes capacités à te déplacer seule en restant en un seul morceau, je ferais tout aussi bien de t'escorter pour ton retour à ta salle commune, rétorqua-t-il sur le même ton.

- Ne le prends pas mal mais tu n'es pas le garde du corps que je choisirais, asséna-t-elle férocement.

Elle se mit en route, prenant soin d'adopter une démarche mesurée. Pas trop lente pour ne pas lui donner l'impression qu'elle l'attendait, mais pas trop rapide, pour ne pas écourter le temps dont elle disposait pour s'acharner sur lui. Il lui emboîta le pas et se plaça à ses côtés naturellement.

- Et tu préférerais quoi comme garde du corps ? Un type rachitique comme ton meilleur ami ? N'ai-je pas l'avantage d'en avoir le physique, moi ?

Il s'était désigné en entier en prononçant ses paroles et elle résista à la tentation de lui accorder le regard qu'il attendait.

- Tu n'es pas assez grand, Black. En plus, quoi qu'on en dise, les gardes du corps sont censés avoir un minimum de cervelle afin de comprendre le comportement des agresseurs. Oh, je ne dis pas que ce sont de grandes lumières, mais c'est un job qui nécessite un peu plus que le strict minimum, si tu vois ce que je veux dire... laisse-moi t'informer que tu manques donc de crédibilité dans ce rôle.

Il pouvait difficilement trouver une réponse à cette pique-ci et elle savoura sa victoire un instant avant qu'il ne contre-attaque.

- D'un autre côté, que j'aie ou non ce qu'il faut, je suis sûr que même le garde du corps le plus compétent ne pourrait te sauvegarder de ton propre sadisme. Sa présence serait donc inutile.

Elle sourit. Trop facile.

- Dans ce cas, aurais-tu la bonté de m'informer de la raison de ta présence, si tu m'es inutile ?

- N'est-ce pas évident ? Demanda-t-il, feignant l'étonnement.

- Si c'est pour me faire perdre mon temps, sache que ce n'est pas considéré comme une bonne raison, se contenta-t-elle de répondre avec un plaisir évident.

Il sourit et écarta les bras.

- Enfin, ça crève les yeux, je suis là pour te rendre service !

Son ton respirait l'autosatisfaction et le sourcil droit de Lutha se haussa si haut sur son front qu'il faillit disparaître derrière ses mèches désordonnées.

- Me rendre service ? Toi ? A moi ?

- C'est ce que j'ai dit, oui.

- Je voudrais bien savoir quel genre de service tu pourrais me rendre, marmonna-t-elle, le sarcasme perçant aisément sous le ton faussement dédaigneux qu'elle avait adopté.

Du coin de l'œil, elle le vit prendre un air si sûr de lui qu'elle se demanda comment sa tête faisait pour ne pas exploser.

- Tu n'imagines même pas, sourit-il avant d'enchaîner plus sérieusement : non, si je suis là actuellement, c'est par pur altruisme.

- Certes. Voilà qui cadre parfaitement avec ton caractère habituel. Altruisme, dévouement et charité.

- Tout à fait.

Elle n'y tint plus et posa la question qu'il attendait :

- Et en quoi est-ce altruiste, je t'écoute ?

Son sourire s'élargit.

- Et bien... tu as passé... quasiment deux semaines sans pouvoir acharner ton cynisme sur ton entourage. Tu es donc une espèce de petite bombe de méchanceté prête à exploser à tout moment. Je me suis donc dévoué pour que tu ne t'en prennes qu'à moi. Ainsi, tu pourras être aussi charmante que tu l'es d'ordinaire avec les autres.

Il y avait un rire contenu dans ses derniers mots et elle ne put retenir son amusement. C'était habilement tourné.

- Oh, comme c'est charitable de ta part, Black ! Fit-elle mine de s'extasier. Mais as-tu songé aux risques ? Tu pourrais ne pas t'en relever !

Il bomba le torse.

- Je suis prêt à encaisser tous les... dommages que tu es capable d'infliger.

Elle lui adressa en coin un regard mauvais. Il dut l'interpréter correctement car il eut l'air contrarié.

- Non, je n'ai pas oublié que tu es capable de me casser le nez... enfin... à condition de m'avoir par surprise, ce qui ne sera plus jamais le cas, je peux te le garantir. Surtout que tu t'es toi-même cassé des doigts dans l'affaire.

Elle fit mine de ne pas l'avoir entendu, préférant se remémorer avec satisfaction l'écœurant bruit qu'avait fait le nez en question en se brisant. De toute évidence, il suivait le même chemin de pensée car il eut une grimace de dégoût.

- En tout cas Black, quelle... générosité de ta part, je n'en reviens pas.

Il la dépassa de quelques pas et se retourna pour la regarder droit dans les yeux, arborant le sourire satisfait de quelqu'un qui a planifié son coup.

- Il faut toujours que quelqu'un se sacrifie pour que les chatons se fassent leurs griffes en jouant. C'est comme ça qu'ils s'attachent.

Elle se raidit. Il éclata d'un rire semblable à un aboiement.

- Ce fut un plaisir, Layos, un réel plaisir, lança-t-il alors en repartant dans l'autre sens.

Ils étaient arrivés à la tour de Serdaigle. Avait-il tout calculé ? Elle était figée de stupeur, sinon elle aurait évité la main qu'il posa dans ses cheveux pour les ébouriffer l'espace d'une seconde avant de s'en aller. Oui, elle l'aurait évitée. Certainement. Son cœur repartit lentement et elle se retourna pour le regarder s'éloigner d'un pas égal. Même John ne s'était pas vraiment risqué dans cette gamme de plaisanterie. Jusqu'à aujourd'hui, elle n'en avait entendu que de la bouche des chats-garous, et plus précisément, de Zephyr. Le Gryffondor pivota pour la regarder avant de tourner à l'angle du couloir. Il regarda brièvement autour de lui avant de lancer d'une voix forte :

- Ne le prends pas personnellement, ma chère petite Layos ! J'ai seulement une très longue expérience des blagues animales.

Sur ces derniers mots, il disparut avec un nouvel éclat de rire. Après un léger instant d'étonnement, elle réalisa le défi qu'il lui avait lancé à demi mot et songea qu'elle allait passer une bonne partie de la soirée à répertorier avec John les expressions faisant allusion à l'espèce canine.

Elle se donna un instant avant d'entrer dans sa salle commune. Son cœur tambourinait encore douloureusement dans sa poitrine et une envie furieuse de passer la main exactement où il l'avait passée la démangeait. Elle s'en abstint toutefois et, après avoir éliminé toute trace d'émotion trop vive de son visage, elle s'approcha de l'aigle pour répondre à sa question. Il posa sur elle des yeux de bronze au regard énigmatique.

- Quelle leçon de sagesse peut-on tirer de l'Histoire ?

Elle le regarda avec surprise. Il ne devait pas être d'humeur très créative ce jour-là. Elle réfléchit à peine quelques instants.

- Celle qu'il n'y aucune leçon à tirer de l'Histoire. Quelles que soient les leçons que l'on croit en tirer, nous répétons de toute façon les mêmes erreurs.

Il inclina gracieusement la tête.

- Formulé de façon pessimiste, il est vrai.

Elle s'engouffra dans le passage qu'il lui dégagea. Une désagréable surprise l'attendait. De nombreux regards se levèrent à son passage et de nombreuses conversations excitées commencèrent dans son sillage. Son ouïe lui permettait d'en saisir quelques mots. Les spéculations allaient bon train. Nombre d'entre eux la croyaient renvoyée de l'école, mais tous se demandaient quelles raisons avaient poussé le Serpentard à s'ne prendre à elle et pourquoi elle était restée si longtemps à l'infirmerie. Se forçant à garder un air impassible comme si elle était au-dessus de tout cela, elle marcha droit vers la cheminée, devant laquelle Jonathan et Lucy étaient installés pour faire leurs devoirs. Elle s'assit parmi eux et attrapa l'un des livres de cours de son ami, l'air de rien. Quelques minutes plus tard, l'attention était retombée et elle fusilla du regard quelques deuxièmes années qui lui jetaient encore des coups d'œil. Dieu que cette fin d'année allait être difficilement supportable.
Elle passa la nuit à se faire expliquer les concepts qu'elle avait manqués sur lesquels elle butait encore un peu, puis Lucy déclara forfait et, lui laissant ses notes de potions, alla se coucher avec force bâillements. Lorsque sa silhouette eut disparu dans l'ombre des escaliers menant au dortoir des filles, les deux meilleurs amis se retrouvèrent seuls dans la nuit de la salle commune, éclairés par la seule lueur du feu. Le jeune homme laissa aussitôt tomber les cours.

- Ça suffit ! De toute façon, tu rattraperas aisément ton retard. Tu es douée pour les cours.

- Alors que fait-on ? Dodo ?

Elle ne pouvait pas vraiment feindre la fatigue. Elle avait dû subir un repos forcé ces derniers jours et se sentait à présent en pleine forme. Et son ami n'avait pas vraiment l'air décidé à gagner son lit non plus. Il leva la main pour attirer son attention.

- Une petite mise en garde, que je suppose bien inutile, mais qu'un cœur troublé pourrait ne pas formuler de lui-même...

- Je t'écoute.

- ... comment dire ça... je pense que... Noisette devrait attendre une ou deux bonnes semaines avant de retourner visiter le dortoir des Gryffondors de septième année. Trop de coïncidences et de déductions pourraient amener certaines personnes à se montrer plus vives qu'on ne l'imagine.

Elle ne sourcilla pas. Elle y avait déjà elle-même réfléchi. Elle ne pouvait ni y retourner dès sa sortie de l'infirmerie, ni cesser complètement ses visites. Dans les deux cas, Black risquait de découvrir la vérité en se posant des questions. Elle se fiait donc à son ami pour lui donner le délai le plus raisonnable afin de n'éveiller aucun soupçon. Elle hocha donc la tête et agita la main pour lui signifier de passer à autre chose. A sa grande surprise, le garçon décroisa soigneusement les jambes et appuya ses doigts les uns contre les autres. Tous ses gestes étaient soudain devenus mesurés. Elle savait qu'il pesait chacun de ses actes et chacune de ses paroles avant de les prononcer, mais c'était quasiment toujours instantané. Qu'il le fit soudain si lentement montrait la délicatesse du sujet qu'il allait aborder.

- Lutha ?

Adoptant une circonspection toute naturelle, elle le fixa droit dans les yeux.

- Oui ?

- Accepterais-tu de... me parler de... ton enfance ? Pas me raconter ce que tu n'as pas envie mais... m'éclairer un peu plus pour que... je puisse mesurer ce qui te retient. Je ne veux rien changer de ce que tu es et ce que tu souhaites mais... j'aimerais comprendre.

Jamais elle ne l'avait entendu s'exprimer de façon si prudente. Cela rendait ses propos hachés. Elle se passa très lentement la main dans les cheveux, ravivant sans le vouloir le léger parfum que Black y avait laissé. Mais à l'heure actuelle, c'était le cadet de ses soucis. Elle se fiait à son ami. Depuis plusieurs mois, leur relation avait pris une tournure de confiance dont elle n'avait pas vraiment été surprise. Elle avait toujours perçu qu'elle pouvait lui faire confiance, mais ne l'avait jamais vraiment voulu. A présent que c'était le cas, elle réalisait qu'elle pouvait difficilement s'en passer, tout comme elle vivait toujours mal l'absence de Zephyr pendant la plus grande partie de ses années d'étude. Toutefois, John la voyait telle qu'elle était aujourd'hui, forte et construite autour de racines solides, connaissant toutefois des limites et les respectant. Zephyr, lui, avait vu l'arbre se construire et il avait lui même poussé à ses côtés, leurs branches s'entremêlant pour soutenir les plus faibles en attendant qu'elles se renforcent. Était-elle prête à partager ses faiblesses avec quelqu'un d'autre ? Avait-elle envie que le jeune sorcier découvrît le chemin qu'elle avait suivi jusqu'ici ?
Elle le dévisagea. Il attendait, dans une attitude qu'elle ne lui connaissait guère. Il était dans l'incertitude et elle réalisa soudain que, pour la première fois, il lui avait posé une question sans avoir la moindre idée des conséquences et de la réponse qu'elle engendrerait. Elle le voyait soudain, non plus comme le garçon surdoué qui s'amusait de toute relation humaine, mais comme l'ami qui se souciait réellement d'elle. En cela, il lui exposait lui-même le côté qu'il gardait caché. Ce qu'il était avant d'être sûr de lui. Sa progression pour en arriver au Jonathan qu'elle connaissait. Alors, d'une voix basse, elle lui demanda :

- Que veux-tu savoir ? Mon enfance a été longue et je ne sais ce qui serait le plus pertinent. Demande-moi et je te répondrai.

Elle ne précisa pas qu'elle éviterait peut-être certaines questions trop personnelles. Il n'y en avait nul besoin. S'il en posait, ce qui était peu probable, elle lui dirait tout simplement qu'elle n'était pas prête à en parler.
Il fut surpris de son accord, elle le sentit, et il lui offrit un sourire sincère que ne venait orner nulle moquerie. Il était simplement heureux d'être son ami.

- Peut-être pourrais-tu commencer par me faire comprendre comment se déroule l'enfance d'un chat-garou... disons ordinaire, et me montrer quelles ont été les différences pour toi.

Elle hocha la tête. C'était censé et cela éclairerait sans doute bien des choses. Alors qu'elle réfléchissait à la meilleure manière de formuler les choses, elle comprit que revenir sur ces événements lui apporterait sans doute quelque chose. Elle ne les verrait plus avec le sentiment d'injustice d'une victime, mais avec l'œil du survivant qui observe ses blessures passées en constatant qu'il s'en est sorti. Elle prit la parole à mi-voix, les yeux semi-clos comme ceux d'un chat.

- Souvent, les nôtres naissent par portée de deux à cinq petits. La taille la plus fréquente d'une portée est de trois. Pendant les premiers jours, le petit n'a aucune conscience d'une forme qui lui est propre et il oscille sans s'en rendre compte entre sa forme féline et sa forme humaine. Le pelage est la plupart du temps semblable entre les membres d'une portée, ainsi que les cheveux sous forme humaine. Dès le début, un équilibre entre l'esprit d'entraide et la rivalité est imposé aux nouveau-nés. Pendant les... disons cinq premières années, la mère soumet sa portée à des... pas vraiment des épreuves mais plus des situations compliquées. Cela peut être une porte fermée dont la poignée est inatteignable. Il faudra alors la coopération des chatons, enfin, des petits, entre eux afin de l'ouvrir. Cela peut aussi être un pot d'une friandise en faible quantité posé en hauteur. Le but sera alors d'y parvenir avant les autres. Le père ne se mêle pas à l'éducation des plus jeunes. Il observe généralement et écoute la mère lui parler de ses petits. C'est elle qui les défend et les nourrit pendant leurs jeunes années et l'affection qu'elle éprouve pour eux est très semblable à celle d'une mère humaine envers ses enfants. Dans une portée, souvent, l'un des petits prend la dominance. Bien qu'il puisse y avoir des oppositions, de façon similaire à une meute de loups, les petits reconnaissent une sorte de chef s'il est plus habile, plus malin ou plus fort et peut imposer aux autres sa façon d'agir. Dans... dans ma portée, nous sommes cinq et il s'agit d'Andras.

Elle avait retroussé inconsciemment les dents en pensant à son frère. Ils s'étaient toujours cordialement détestés, là où les autres ne faisaient que la mépriser.

- Comment était ta mère envers toi ?

La jeune fille prit une longue inspiration.

- Ma mère... Galina n'a jamais caché son aversion envers moi. Elle avait honte d'avoir mis au monde quelqu'un comme moi, et, si Teneös ne l'en avait pas empêchée, elle m'aurait sûrement tuée comme certains mammifères tuent les petits qu'ils jugent trop faibles pour survivre. La manière dont elle me considérait a... poussé ma portée à me traiter comme la dernière des leurs. Ils m'acceptaient parmi eux et ne m'auraient jamais vraiment rejetée, car une sorte de lien instinctif unit les petits d'une portée, mais avec l'attitude de Galina, ils estimaient normal que je sois la dernière servie et me considéraient comme l'élément qui devait obéir. L'ennui c'est que je n'ai jamais eu l'esprit docile. Lorsque personne ne s'occupait de moi, je sortais et j'allais observer ce garçon. Il n'était pas beaucoup plus âgé que moi, mais les nôtres lui lançaient les mêmes regards qu'à moi quand nous traversions le village. Je voulais comprendre ces regards et j'observai ce garçon les affronter bravement, se faisant parfois battre d'une façon qui...

Elle serra les poings à ce souvenir.

- ... qui n'est nullement acceptable pour un enfant aussi jeune que l'était Zephyr à l'époque.

Elle tâcha de calmer sa respiration qui s'était accélérée. Elle pouvait repenser sans trop s'y attarder à ce qu'elle avait subi, mais songer à Zephyr l'emplissait toujours de rage. John ne chercha pas à la brusquer et il attendit sans un mot qu'elle se reprît. Elle l'en remercia d'un regard et puisa dans ses yeux gris fixés sur elle la volonté de poursuivre son récit.

- Voyant avec quel courage il s'affirmait et rejetait le mépris des autres, je l'ai imité et n'ai jamais accepté la domination qu'Andras imposait peu à peu aux autres. C'est sans doute la raison de notre inimitié prononcée. Pendant sept ans, j'ai vécu dans l'infériorité que me prêtaient mes frères et sœurs de portée, l'indifférence glacée de dégoût de ma mère, et le mépris tout aussi teinté de dégoût de tous les autres chats-garous. J'ai commencé à forger mon amitié avec Zephyr à cette période-là. Alors qu'Andras, Cleïos, Teneria et Luthen avait les cheveux aussi noirs que Teneös, j'avais la crinière blanche et en cela, je me sentais proche de Zephyr. Je crois que Galina a tenté de s'opposer à ce que je le fréquente, mais Teneös s'est opposé à elle. Cela a accentué encore plus la distance qu'elle m'imposait. Non seulement elle refusait que je sois sa fille, mais en plus, mon père avait osé franchir les limites sacrées comme quoi seule la mère intervient dans l'éducation durant les jeunes années. Quoiqu'il en soit, l'année de nos sept ans, Teneös nous a examiné et évalué à tour de rôle, comme le font souvent les pères chez les nôtres. Oh bien sûr il nous voyait avant et nous avait de nombreuses fois laissé jouer près de lui, voire manifesté des signes d'affection, mais jamais il ne s'était véritablement adressé à nous individuellement. Ceux qui eurent le malheur d'encore l'appeler "papa" ce jour-là ne réitérèrent jamais l'exploit. Il nous acceptait comme membres de la famille, comme c'est la tradition à cet âge-là. J'ignore comment se déroule normalement cette sorte d'entretien, mais le mien fut plus long que celui des autres.

Elle fut parcourue d'un long frisson. Elle se rappelait la silhouette haute et autoritaire du chat-garou la surplombant.

- Il m'a expliqué ce que j'étais, pourquoi les autres me traitaient comme ils le faisaient et pourquoi c'était normal. Mais il m'a aussi dit que j'appartenais à sa famille, que je lui appartenais, et que, lui devant ma vie, je devrais mettre au service de cette famille ma magie. Si je ne le faisais pas, puisque c'était les termes du marché qu'il avait établi en me laissant la vie, il reprendrait celle-ci. J'ai eu l'audace de lui demander si Zephyr était ainsi. Il m'a regardé pendant si longtemps que j'ai cru que j'allais fondre, alors j'ai baissé les yeux. L'aura qu'il émane de lui... c'est inexplicable, et effrayant. Quoiqu'il en soit, il a fini par reconnaître que c'était le cas et que, même si c'était pour les mauvaises raisons, Zephyr faisait bien de m'apprendre à me défendre. Je faisais partie de sa famille et quiconque s'en prenait à moi s'en prenait à lui, ce qui était intolérable. Il m'a expliqué que j'irais pendant sept ans faire mes études dans l'école de magie d'Europe la plus réputée et qu'après, je mettrais ce savoir au service de l'empire économique de la famille. Puis sur un autre ton, il m'a expliqué que, comme mes frères et sœurs de portée, il attendait de moi que j'apprenne à maîtriser le grec parfaitement, ainsi que l'Anglais, les bases des mathématiques et un peu plus que ce que j'apprenais à l'école. Je devais également commencer à apprendre à me battre et c'est quelque chose que les membres d'une portée font entre eux. Il ne m'a toutefois jamais reproché de pratiquer plutôt ça avec Zephyr. Pendant les trois années suivantes, une fois par mois, il nous faisait venir le voir, et, souvent, Alexandre et Sylphas, les deux aînés, étaient à ses côtés. Il nous interrogeait sur nos progrès, nous réprimandait ou s'estimait satisfait, puis il nous renvoyait. Nous avions le droit de donner notre avis dans les conversations, pour peu qu'il fût pertinent. A part Luthen, personne ne semblait pourtant vraiment considérer que j'eusse le droit de parler.

Elle se tut, plongée dans ses souvenirs.

- Et... avec les autres... comment était-ce ?

Elle releva les yeux et fut soulagée de ne lire que de la tristesse et non de la pitié dans les yeux de son ami.

- Je passais tout mon temps libre avec Zephyr. Les autres nous méprisaient et nous nous battions souvent contre des bandes entières... sans beaucoup de succès, comme tu peux l'imaginer. C'était dur, j'ai appris à ne faire confiance à personne à part lui. Quand l'un de nous montrait une faiblesse : un jouet auquel on tenait, quelque chose qu'on admirait, les autres le piétinaient et se moquaient. Avec le temps, on apprend vite à ne laisser aucune ouverture et à saisir toutes celles qui se présentent.

Elle soupira.

- J'ai fini par comprendre que Zephyr n'irait jamais dans une école de magie. Durmstrang n'accepte pas de chats-garous et Beauxbâtons, l'école française, comme Bellarte, l'italienne, ont refusé de la prendre. Ils ont des bourses pour les étudiants de leur pays mais un étranger sans le sou... A ce moment-là, Zephyr n'avait rien. Enfin... je suis entrée à Poudlard et les étés, la situation empirait. Une crainte haineuse s'est progressivement ajoutée au mépris. A tel point que quand j'y suis, je suis souvent chez Zephyr, ou alors nous partons en excursion toute la journée pour ne rentrer qu'à la nuit tombée.

Elle se tut. Jonathan la regardait d'un air attendri.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-elle, mal à l'aise.

- Oh rien... c'est juste que... si tu te rendais compte de l'amour qu'il y a dans ta voix quand tu parles de Zephyr, tu n'oserais plus jamais prétendre être une insensible sans cœur. On dirait que tu as concentré tout ce que tu avais à donner rien que pour lui. Ça me rendrait presque jaloux.

Elle eut un petit rire, gênée.

- T'es pas mal non plus, tu sais ? Tu es la deuxième personne pour qui je serais prête à me dépasser.

- Quelle déclaration ! Je suis incroyablement touché. T'es vraiment une grande sentimentale, en fait.

- Oh la ferme !

Il éclata de rire, dissipant le malaise aisément. Puis il adressa un clin d'œil à son amie.

- Pas ce soir, parce que je suis pas encore prêt. Mais un jour, j'aimerais pouvoir t'en apprendre autant sur moi que toi aujourd'hui.

Elle écarquilla les yeux, stupéfaite, mais tint sa langue. Ça ne méritait pas de commentaire. Sur un dernier sourire, elle regarda son meilleur ami rassembler ses affaires et s'éloigner vers son dortoir, l'air songeur. Il avait probablement beaucoup à penser, à présent. Elle replongea son regard dans les flammes quand il eut disparu. Elle se sentait étrangement bien. Vidée, mais incroyablement sereine. Zephyr avait été son camarade face à "l'ennemi", et c'est ce qui les avait soudés. Jonathan l'avait acceptée avant de la connaître et à présent qu'il savait ce qu'il en était, elle se sentait bien avec lui. Zephyr était un frère. John était un ami.

Et Sirius... Elle jeta un bout de papier froissé dans le feu avec un grognement de dépit. Voilà que ses pensées revenaient à la charge. Soupirant, elle récupéra ses livres à son tour avant de monter se coucher. Avec un peu de chance, elle pourrait dormir sans y penser.

.

ooo

.

- Miss Layos !

La voix du professeur Spare retentit sévèrement et la chat-garou sursauta. Elle se mordit la lèvre, embarrassée. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il venait de dire. D'ordinaire, elle gardait toujours une oreille attentive au cas où mais elle s'était perdue dans la contemplation de son voisin endormi sur sa table. Elle s'inquiétait toutefois pour rien puisque l'enseignant ne fit que lui désigner le fameux voisin.

- Puisqu'il est à côté de vous, veillez donc à ce que monsieur Black reste parfaitement réveillé pendant mes cours !

A contrecœur, elle le remua sans ménagement. Il ouvrit un œil noir désorienté et le posa sur elle.

- Gmgn, quoi ?

- Black, essaye donc de ne connecter tes deux neurones, et, si c'est possible, efforce-toi de prendre un air intelligent en regardant Spare. Je ne voudrais pas passer le cours à te surveiller.

- Dommage, rétorqua-t-il en se redressant et en étouffant un bâillement.

Elle le fixa du coin de l'œil tout en prenant distraitement des notes. Comme d'ordinaire, il n'écoutait que vaguement le cours et échangeait des petits mots avec Potter. De temps à autre, il se tournait vers elle et la regardait avec un petit sourire narquois, comme pour lui rappeler qu'il avait marqué le dernier point. Elle avait alors du mal à se retenir d'y répondre. L'humeur joyeusement moqueuse du jeune homme était contagieuse. A la fin de l'heure, elle n'avait plus qu'une envie : une bonne séance de lecture pour se vider la tête. Elle s'éloignait pour rejoindre Jonathan en toute hâte lorsque Remus l'interpella :

- Hey, Lutha !

Elle se retourna vers lui en tentant d'ignorer Black à côté qui souriait largement.

- Oui ?

- On se voit ce soir pour reprendre nos séances de révisions ? J'ai pris un retard considérable pendant ta convalescence, je te laisse imaginer pourquoi.

Elle hocha la tête avec amusement et John la rejoignit à cet instant.

- J'en suis. J'en ai marre de réviser avec Elisabeth qui commande.

- Vous irez à la bibliothèque ? Demanda Black d'un ton innocent.

A la grande surprise des deux Serdaigles, ce fut le loup-garou qui répondit fermement :

- Non Sirius. On va se trouver un coin tranquille et je te suggère de nous laisser travailler en paix. Tu as le temps libre pour t'amuser.

Lutha observa avec amusement l'air déçu du sang-pur mais il se recomposa vite un sourire et la regarda droit dans les yeux.

- Bah, je trouverais d'autres occasions, va !

- Je n'en doute pas, marmonna-t-elle d'un ton résigné avant de partir avec son ami qui se retenait de rire.

Les sept jours suivants s'écoulèrent selon une petite routine tranquille. Lutha allait en cours, mangeait et discutait avec John, travaillait environ une heure par jour avec Remus et John, et croisait Sirius Black environ douze fois par jour. Il se tenait appuyé contre les murs, un sourire aux lèvres, les mains dans les poches, et il lui emboîtait le pas en engageant la discussion si elle était seule, ou il lui adressait un clin d'œil doublé d'un sourire moqueur si elle ne l'était pas. Il lui posait des questions et elle l'envoyait promener avec toute sa verve, engageant des joutes orales tendues accompagnées de métaphores aussi étranges d'un côté que de l'autre.
Le soir, à défaut de se rendre dans le dortoir des maraudeurs, elle avait repris l'habitude de se promener dans le château ou le parc en profitant du calme de la nuit. Jonathan l'attendait quasiment toutes les nuits, inquiet à l'idée que quelqu'un s'en prît à nouveau à elle.

Elle était d'ailleurs en train de l'imaginer l'attendre dans la salle commune, un livre en main, les jambes tendues devant le feu lorsqu'une voix l'interpella :

- Tu n'as pas tiré leçon de ton agression ?

Elle fit volte-face. Black venait d'apparaître dans un couloir non loin d'elle. Il avait camouflé son odeur et les bruits qu'il émettait à l'aide de sortilèges. De toute évidence, il avait cherché à la surprendre. Mais comment faisait-il pour toujours savoir exactement où elle se trouvait ?! D'un geste nonchalant, il annula ses sorts. Voyant qu'elle ne répondait pas à son entrée en matière, il enchaîna :

- Enfin, je vais t'escorter pour ce soir. On ne sait jamais. Je ne voudrais pas rater ça si ça arrivait.

- Il me semble qu'on a déjà eu cette discussion, Black, mais tu n'es pas le garde du corps idéal, tu sais ?

- Pour l'instant, je suis le seul, donc il va bien falloir que tu fasses avec.

- Me voilà bien partie.

- Dis-moi, Layos...

- Allons donc... que vas-tu me demander cette fois ? Si j'aime les pommes de terre ? Si j'ai déjà tué quelqu'un ? Si la cuisine anglaise est si mal appréciée que ça dans les autres pays ? Si j'ai envie de t'étrangler régulièrement et si oui, combien de fois par jour ? Si en Grèce, on fait des sardines grillées ? Si je connais un moyen de frauder aux examens qui explique mes bons résultats ? Si...

Il eut un petit sourire navré.

- Je t'ai déjà demandé tout ça.

- Oh, étant donné que je n'ai pas jugé utile de répondre, je pensais que tu serais plus obstiné. Tu donnes l'habitude d'un certain entêtement.

Il ne répondit pas et se contenta de regarder devant lui avec amusement.

- A vrai dire, ce soir, je voulais te demander si tu avais connaissance de passages secrets du château.

- Euh...

- C'est Remus qui m'en a donné l'idée. Vois-tu, il a des sens développés, mais pas autant que les tiens, et étant donné qu'il nous a bien servi pour découvrir la plupart de ces passages, je me demandais s'il pouvait en avoir raté que toi, tu connaissais.

Perplexe, elle le dévisagea du coin de l'œil. Il avait l'air extrêmement sérieux. Elle hésita sur la conduite à tenir et jugea finalement plus prudent de s'en tenir à ce qu'elle savait faire.

- Et qu'est-ce qui a pu te pousser à penser que j'aurais envie de te rendre service ?

- Et bien... ta générosité naturelle, voyons !

Elle sourit à son tour devant le sarcasme du jeune homme.

- Je crois qu'il te manque une case, Black. Tu ferais bien d'aller demander de l'aide à Rogue, tant que tu y es.

- C'est une idée que je ne manquerai pas d'appliquer.

Lutha songea avec pitié à son binôme en potions et espéra que l'idée sortirait de la tête de Black avant qu'il ne puisse la mettre en application. Elle lui répondit la première réplique mordante qui lui traversa l'esprit et ils continuèrent ainsi pendant plusieurs minutes tout en marchant dans les couloirs.

- Tu veux vraiment que je te démontre que tu n'as pas de cerveau, Black ?

- Je serais curieux de voir comment la mauvaise foi féminine peut justifier une telle affirmation, en effet.

Elle releva pas mais s'apprêta à lui livrer un raisonnement en bonne et due forme sur son absence de système nerveux encéphalique lorsqu'un bruit lui fit dresser l'oreille.

- Alors, cette démons...

- Chut !

Elle se concentra pour passer outre les bruits de leurs respirations et de leurs battements de cœur et écouta tout ce qu'elle pouvait entendre.

- Je pense que par ici, nous avons nos chances, d'après ce que vous a dit la Dame Grise.

- Je vous en prie, Minerva, passez devant. Je gage que vous devez sembler plus effrayante que moi pour les élèves.

La directrice des Gryffondors émit un rire embarrassé.

- Je me sens flattée, Filius.

- Qu'est-ce qui vous fait penser que vos quatre fauteurs sont dehors cette nuit ?

- La Grosse Dame a laissé passer Black après le couvre-feu et j'ai des raisons de soupçonner Potter d'avoir une cape d'invisibilité. Ils se seront cachés dessous pendant que leur ami leur permettait de sortir. Et je préfère les attraper avant qu'ils ne réalisent l'une de leurs légendaires bêtises.

Les voix se rapprochaient et Lutha se retourna vers le Gryffondor, tenant de juguler son stress. Elle avait connu des situations bien plus effrayantes, mais, à Poudlard, elle tenait à conserver sa tranquillité, et, être associée à l'un des Maraudeurs lors d'une escapade au milieu de la nuit signerait sa fin définitive. Le jeune homme la regardait silencieusement, attendant avec anxiété. Sans émettre un son, elle articula distinctement les noms de Flitwick et McGonagall et commença à regarder autour d'elle pour réfléchir au meilleur chemin de fuite. Mais, de toute évidence, Black était un maître en la matière. Il lui fit signe de le suivre et s'éclipsa sur la pointe des pieds. Elle grimaça. Elle le trouvait toujours trop bruyant ainsi, mais ils n'avaient pas de temps à perdre avec de nouveaux sorts de dissimulation, et, de toute façon, les deux professeurs ne les entendaient probablement pas. Mais c'était sans compter Rusard et son chat. Au détour du couloir, alors qu'ils se pensaient relativement en sécurité, Black trébucha sur Mr Tique, qui miaula bruyamment en signe d'indignation. Lutha aurait sans doute pu arranger les choses mais la voix du concierge retentit, beaucoup trop près à leur goût.

- Là ! Il y a quelqu'un !

Des pas précipités se firent entendre depuis deux directions différentes. Paniquée, la jeune fille s'élança dans une direction dont ne provenait aucun son mais un choc lui ébranla l'épaule. Les doigts de Black s'étaient refermés sur son bras et il la tira brusquement derrière lui en partant à l'opposé.

.

Sirius courait de toutes ses forces et il sentait que la petite Serdaigle avait du mal à suivre ses grandes enjambées. Elle lui fit changer de direction deux fois pour éviter Mr Tique, qui, malgré son âge avancé, courait bien plus vite que son maître et semblait décidé à leur couper toute retraite. Il pila soudain devant un tableau représentant un groupe de médicomages discutant autour d'une dépouille. Il chatouilla les pieds de celle-ci sur la peinture et le cadavre se redressa en riant en même temps que le tableau pivotait. Sans s'arrêter un instant, il se retourna, saisit Layos par la taille et la hissa dans l'alcôve avant de grimper à son tour. Le tableau claqua derrière lui et ils se retrouvèrent plongés dans le noir. Il colla son oreille contre la toile. Aux dernières nouvelles, Rusard ne connaissait pas cette cachette. James et lui l'avaient utilisée plusieurs fois pour lui échapper, mais elle était trop petite pour les excursions qu'ils faisaient avec les deux autres. Il entendit les bruits de courses des enseignants passer devant sans s'arrêter et il se détendit. L'adrénaline des poursuites dans le château ne lui était pas inconnue, mais ce n'était pas quelque chose dont on prenait l'habitude et l'excitation de la fuite était irrésistible, même quand on ne craignait aucunement la punition, comme lui. Il adorait ces moments-là, et plus encore les minutes qui s'ensuivaient.

Il se laissa aller contre le mur, sa vision s'adaptant progressivement, et réalisa que Layos se tenait en boule à l'opposé de lui. Il ne distinguait que vaguement sa silhouette mais il supposa qu'elle le voyait sans doute à la perfection. Il se rappela qu'elle entendait également bien mieux que lui et murmura tout bas :

- Ils sont partis ?

- Oui, mais ils rôdent encore dans le coin et Mr Tique est sûrement sur notre piste. On ferait bien de camoufler nos odeurs, répondit-elle à peine plus haut.

Il sentait l'irritation percer dans sa voix et il en fut aussitôt agacé à son tour.

- Quoi ?!

- Je pensais que tu connaissais une issue, pas un endroit où on est bloqué tant qu'ils sont dans le coin ! Siffla-t-elle âprement.

Outragé par ce manque de reconnaissance, il rétorqua un peu plus fort :

- Si tu veux y retourner et trouver ta propre issue, je t'en prie !

- Ferme-la ! Ils sont encore par là !

Il s'astreignit au calme et inspira longuement sans répondre. Il se demandait pourquoi elle était si tendue. Sans doute n'avait-elle pas l'habitude de risquer se faire prendre. Après tout, elle pouvait sûrement mieux s'éclipser quand elle était seule. Mais ce n'était pas la première fois qu'ils échappaient à Rusard ensemble, même si cette fois, il n'était pas question uniquement de Rusard. Il haussa les épaules. Puis il déplia ses jambes et s'assit plus confortablement, ne sachant pour combien de temps ils en avaient. Il ne pouvait pas étaler ses longues jambes entièrement mais il appuya ses pieds sur le mur juste à côté de la Serdaigle. Elle sembla hésiter un instant, puis se résigna à se détendre à son tour. Elle, en revanche, pouvait largement allonger ses jambes et elle le fit, soupirant. La cachette était une espèce de rectangle étroit d'un mètre de haut, et d'un mètre cinquante par une soixantaine de centimètres. Il y était moins serré que quand il devait s'y tasser avec James, la jeune fille étant plus petite et plus fine que son ami.

- Je pense que tu connais bien plus de passages secrets que moi, Black. Je n'ai jamais cherché à en trouver, souffla-t-elle au bout d'une minute de silence.

- Dommage, se désola-t-il sincèrement.

- Comment avez-vous pu trouver des trucs comme cette cachette ? Vous avez vraiment passé vos nuits à explorer chaque mur, tapisserie et tableau depuis sept ans ?

Il crut déceler une légère admiration derrière l'incrédulité mais il préférait ne pas parier dessus. Avec Layos, le sarcasme revenait vite au galop quand quelque chose ressemblait à un compliment ou était interprété comme tel. Il fut d'ailleurs fort avisé de le faire.

- Sérieusement, vous n'aviez rien de mieux à faire de votre temps ? Enfin, ça explique certaines choses... Le manque de sommeil n'a pas dû arranger la qualité de vos cerveaux.

Il ne releva pas. Le nombre de réflexions qu'elle avait faites sur son cerveau, ses capacités intellectuelles, ou tout ce qui s'en rapprochait, n'était même pas calculable. Mais, à ce qu'il savait, Float, qu'il pensait raisonnablement pouvoir considérer comme quelqu'un d'extrêmement brillant, récoltait aussi son lot de réflexions aimables de la part de la jeune fille, Remus le lui avait assuré. L'acharnement qu'elle avait à son encontre était dû au fait qu'elle considérât stupide d'être populaire.

- Tu as perdu ta langue, Black ? Non que ça me dérange, hein...

- Non. Je réfléchissais.

Elle émit un petit ricanement sceptique et il eut un sourire en coin en levant les yeux au ciel.

- Ne me dis pas que tu ne trouves pas amusant d'explorer le château tous les soirs, je sais que tu le fais.

- M'avoir croisée cette nuit ne signifie pas que je passe ma vie à arpenter les couloirs, Black, rétorqua-t-elle vivement.

Il perçut cependant une note de défiance dans sa voix et il se rappela juste à temps qu'elle ne savait pas qu'il pouvait surveiller ses déplacements à l'aide de la Carte.

- Non, c'est vrai, répondit-il donc d'un ton neutre. Mais au vu de ce que je sais de toi, je crois pouvoir affirmer que c'est ce que tu fais.

.

Lutha se raidit. Elle avait beau aimer cet abruti et se comporter quasiment naturellement avec lui, elle ne supportait pas ce genre d'insinuations. Cela réveillait ses peurs et elle se repliait sur l'idée que personne ne devait rien savoir d'elle.

- Tiens donc ! Et tu crois me connaître si bien que ça ?

Elle le voyait parfaitement, mais elle devinait que ce n'était pas réciproque, car il ne la regardait pas tout à fait en face, fixant son regard à peu près là où il devait imaginer que ses yeux se trouvaient. Il esquissa un sourire à ces mots.

- Allons allons, Layos, tu ne vas pas me faire le coup de tenter une marche arrière ? On ne t'a jamais appris que ce n'était pas conseillé en balai ?

- Disons que je roule plus souvent en voiture ou en moto qu'en balai.

- Alors... si j'ai bien écouté les cours d'étude des moldus, tu vas user le moteur si tu fais ça. Tu devrais plutôt passer la cinquième.

Elle haussa un sourcil surpris. Elle doutait qu'il eût appris ce type d'expression en classe. Mais, après tout, il avait prétendu être passionné de véhicules moldus, au nouvel an. Il avait dû apprendre le vocabulaire qui allait avec. Mais elle avait d'autres choses à penser. La raison pour laquelle elle était si tendue n'était pas difficile à trouver. La présence de Black, stimulante et délicieusement agaçante lorsqu'ils marchaient côte à côte, était à présent un peu envahissante et elle se sentait extrêmement nerveuse. Son odeur de shampoing à l'abricot, de savon de Poudlard et de sueur masculine emplissait la pièce. Elle sentait également la chaleur irradier de lui, bien qu'elle eût une température corporelle plus élevée. Il semblait parfaitement détendu, un peu excité à cause de l'adrénaline, mais très décontracté.

- Alors, puisqu'on en a pour un petit moment... si tu me disais combien tu as de frères et sœurs ?

Elle lâcha un rire malgré elle. Il n'abandonnait jamais. Pouvoir discuter avec elle sans qu'elle ne le rabrouât violemment ne lui suffisait bien évidemment pas et sa curiosité restait insatiable. De la question la plus stupide à la plus personnelle, il demandait tout ce qui lui passait par la tête et c'était rafraîchissant, déconcertant et diablement énervant.

- Qui te dit que j'en ai, Black ?

Il sourit dans le noir.

- Les chats naissent rarement seuls, de ce que je sais.

- Tu sais des choses sur les chats ? Toi ?

Il laissa glisser le sarcasme en attendant sa réponse. Avec un sourire, elle céda :

- J'en ai huit.

Il émit un sifflement appréciateur.

- Et ben... Déjà qu'avec un c'est pas drôle... Ça doit sûrement en grande partie expliquer ton charmant caractère.

- Mon charmant caractère t'emmerde, Black. Tu l'as voulu, maintenant tu t'en contentes ou tu me fiches la paix, mais de toute évidence, tu ne peux pas te passer de moi, ricana-t-elle en songeant ironiquement que c'était l'inverse le plus vrai.

Il resta étrangement silencieux, laissant passer l'occasion en or qu'elle lui offrait sans même changer d'expression. Elle attendit encore quelques instants dans le silence s'installant. Il le rompit d'une voix basse et lente.

- Et si c'était v...

Elle l'ignora soudain en entendant un bruit très proche dans le couloir. Elle se jeta en avant sans réfléchir et plaqua sa paume sur sa bouche.

- Chut ! C'est Mulciber, Rogue et un autre ! Souffla-t-elle à voix très basse.

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Elle avait collé son oreille contre la toile et Sirius sentit son pouls s'accélérer tandis que son estomac lui donnait l'impression de tomber dans ses talons. Il avait failli céder à l'idée que ses amis lui agitaient sous le nez depuis plusieurs jours mais il n'avait même pas pu essayer. Il ne savait pas encore s'il s'en sentait soulagé ou non. Il murmura très doucement, à tel point qu'il n'entendit pas sa propre voix :

- Qu'est-ce qu'ils font là ?

Elle lui répondit sur le même volume mais quasiment directement dans l'oreille afin qu'il l'entende.

- Ils passent juste mais ils ont caché leur odeur.

Le jeune homme sentit sa colère bouillonner. Il ne voyait qu'une seule raison pour faire ça et elle impliquait la chat-garou agenouillée juste à côté de lui.

- N'oublie pas Mr Tique...

Il se rendit compte de sa bêtise et se demanda comment elle l'avait perçue. Elle ressemblait peut-être plus à son ami Float qu'il ne le pensait. Ou alors... pouvait-elle sentir sa tension rien qu'en étant à quelques centimètres de lui ? Il resta parfaitement immobile durant deux minutes, tout comme elle. Puis, lorsqu'il estima le danger passé, il l'interrogea d'une voix tendue :

- Ils sont partis ? Les profs aussi ?

Elle acquiesça en se reculant pour lui permettre d'ouvrir la cachette, ce qu'il fit sans tarder. Il commençait à avoir beaucoup trop chaud, et l'exiguïté n'était pas la seule responsable. Il s'extirpa du trou et tendit les bras pour réceptionner la jeune fille, par réflexe de galanterie, mais elle dédaigna son aide et sauta en souplesse sur le sol. Il jeta un œil à sa montre. Il était plus que temps d'aller se coucher et il prit la direction de la tour des Serdaigles pour la raccompagner.

- Oh non, Black, pas cette fois. Je suis sûre qu'avec ton aptitude à croiser qui tu veux où tu veux, tu éviteras les mauvaises rencontres, et j'ai moi aussi des atouts pour les éviter. Alors autant se séparer ici.

Il hésita. Elle semblait pressée de le quitter et étrangement mal à l'aise. Il réalisa qu'elle avait les joues rouges et que c'était sans doute le cas depuis un moment. Les doutes qu'il avait s'éloignèrent à nouveau et il lui adressa son plus beau sourire.

- Tu es sûre, ma petite Layos ? Je ne voudrais pas que...

Elle fronça joliment ses sourcils blancs et il haussa les mains en signe de reddition avant de se rapprocher doucement.

- très bien, très bien, dans ce cas...

Il lui glissa une main dans les cheveux, ce qui fut chose aisée étant donné qu'elle lui arrivait aux épaules, et les lui ébouriffa soigneusement.

- Au plaisir !

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Les joues sans doute d'un rouge foncé bien prononcé, Lutha resta quelques instants plantée dans le couloir. Sa tête la démangeait mais elle ressentait le besoin stupide de surtout ne pas y toucher. Avec un soupir, elle observa Black tourner au coin du couloir après lui avoir adressé un dernier clin d'œil.

- Enfoiré, va ! Souffla-t-elle, amusée, avant de se métamorphoser, une fois sûre qu'il n'était plus dans les parages.

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La famille de Lutha :

Mère = Galina

Père = Teneös

1ère portée = Sylphas, Alexandre

2ème portée (père Ethan) = Lineth, Keön

3ème portée = Cleïos, Teneria, Andras, Luthen, Lutha

ooooo

ooo

ooooo

Ha ha ! je me suis bien amusée sur la fin, alors j'espère que ça vous aura plu ! Désolée pour le délai, mais je suis en pleine période de révision alors ça m'a pris un peu plus de temps que d'habitude. Donc sans tarder, je réponds aux 17 reviews ! (record battu, je suis trop contente *_*)

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BibiCool360 - Merci ;D je ne peux rien dire pour les confrontations éventuelles, ça gâcherait le suspense ^^ (mais promis ce ne sera pas ennuyant)

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Neiflheim - Oui, Sirius ne pouvait pas rester ignorant toute la fic, ça aurait été lassant ^^. Merci pour le comité, j'étais fière de cette idée xD. Pour John, tu verras bien, ou peut-être pas d'ailleurs, mais oui, j'avoue que la lettre envoyée à Zephyr devait être amusante. Merci en tout cas pour ces petits commentaires, ils m'aident bien à voir ce qui est perçu xD

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MMSSR - Non, t'as raison, c'est pas gagné, mais c'est ce qui est drôle dans tout ça ! :D (et vive Jonathan le meilleur the BEST !). Merci en tout ca,s ça m'a fait super plaisir de voir que la langue comme le contenu te semblaient bien, ça prouve que mes efforts portent leurs fruits ^^. A bientôt ;)

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Zangestsugaara - Nope, Lutha n'est pas sortie de l'auberge, en effet ^^. J'espère que la suite t'a plus ;)

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TheDevilOfSlytherin - Euh... tu as déjà dû me le dire (mais ça ne me gène absolument pas qu'on me le redise :D). j'avoue qu'un livre d'espionnage/monde HP serait cool. Oui, ils vont continuer de se parler (sinon c'est chiant à écrire en fait xD) mais bon, on verra bien ce que ça donne. Je me suis dit que ça ne collait pas avec mon interprétation de Sirius, le côté guimauve, en effet ! Potion de sevrage magique ? C'ets une idée à creuser, j'en parlerai à mes supérieurs dans mon service à Ste Mangouste. Sirius ? Faire de l'effet à Lutha ? Nooooon, voyons !
Ha ha, je verrais bien John se faire dépecer par les chats-garous, mais non ^^. L'air songeur c'est qu'il ajoute un élément inconnu (et d'ailleurs un peu mal vu) au personnage mystérieux de Zephyr. Pour le reste, j'aime laisser planer le mystère sur tout Jonathan histoire de vous faire rager ^^. J'admire ton plaidoyer de la Grèce, au passage. Très bien construit et de solides arguments ! Tu peux t'abstenir de regarder le film Eragon, si tu veux vraiment connaître, lis le livre, l'adaptation a été un massacre ^^. Et non, pas avant -". A dans un mois ;p

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Stilandra Black - Ha ha, merci, ça me fait plaisir, je crois que ce chapitre a été très apprécié en général :D. Et non, ce ne sera pas pour celui-là que Sirius prend conscience. Peut-être le prochain ? :p J'avoue que le Comité m'a éclaté :D. Oui leur relation est mignonne (et oui ils te tueraient) mais bon, on va faire bouger tout ça, hein ? xD. Si tu as attendu patiemment 1 mois, désolée pour l'impatience des 7 jours de plus ;p. A bientôt !

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yoh-nee - Pas de fanfic aussi bien sur les maraudeurs ? Waouh ^^ (On ne sait jamais mais si tu ne connais pas Parfois les Serdaigles aussi sont courageux, je te la conseille fortement !). Pas couverte de compliments ? Snif ! Mais euuuuuh ! bah Montague n'en vaut pas la peine ^^. Et puis certains s'en sont chargés :D. J'espère qu'en effet, ça continue avec ce chapitre à aller de plus en plus ! A pluch' ! (et stop les jeux de mooooooooots xD)

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Hely Sappho - Hello ! Merci du compliment, ça fait plaisir :). J'espère que celui-là aussi t'a plu, à défaut de te surprendre ;). Et je n'ai pas souvent la grippe, j'ai juste enchaîné avec le plus gros rhume de ma vie, j'ai dû avoir deux ou trois autres rhumes, une sinusite, une gastro, actuellement le rhume des foins et... AAAAAAAAAH MON SYSTÈME IMMUNITAIRE EST NUUUUL ! xD (c'est surtout le manque de sommeil, mais je le vis bien donc no souci, je me plains juste pour me faire chouchouter en vrai ^^) A bientôt ? ;)

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nyfa - Chalut ! merci, ça me fait plaisir :D (comme ça je suis à la hauteur de vos attentes). Finir ensemble ? Mais non voyons, c'ets bien plus drôle comme ça voyoooooons ;p. Compte-sur moi :)

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PoissonRougeN1 - Ha ha la folie créatrice a fini comme d'hab dans un document à écrire dans mon dossier fanfic, je sens que quand je m'y attaquerai y aura du taf ! Merc pour ta critique extrêmement constructive ;p
*s'en va en sifflotant de façon morbide*

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AnkaaBlack - Saluuuut ! Non, je ne t'en veux pas, je comprends parfaitement, ayant moi-même arrêté d'écrire pendant des mois, une fois ^^". Je suis contente que tu suives toujours :D et j'aurais adoré te voir danser comme un poulet sur ta table de jardin (vraiment vraiment beaucoup xD). Non, c'ets bien une Sirius/OC, je suis pas sadique à ce point (juste ce qu'il faut ^^). John..., John va se glisser dans la vie avec aisance et puis on verra bien pour le reste xD. Merci en tout cas, et contente de te faire rire comme ça :D. J'espère que ce chapitre aura été aussi drôle que les autres. Au plaisir de lire de temps à autre une review d'Ankaachtarbée ! ^^

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TheFanne - Te troue l'estomac ? Carrément ? xD J'adore cette review complètement décousue ^^. Et oui, je commence à savoir que tu l'adores ;p. Au prochain chapitre ? xD

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Lehanna - Salut ! Contente que ça te plaise, même si de toute évidence, cette fic a déclenché beuacoup de problèmes "pathologiques" chez toi ;p. J'ai fait ce que j'ai pu pour boucler vite ce chapitre, mais bon... partiels obligent, je n'ai pas tout mon temps. En tout cas merci =) et peut-être au plaisir de lire une autre review ;D

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Guest (pour le chapitre 3) - Bon si tu as continué jusqu'ici pour voir cette réponse à ta review, c'est que ça t'aura plu, bah sinon,, tant pis, je ne peux pas faire l'unanimité ! xD (heureusement, ma tête ne s'en remettrait pas ^^) je n'ai pas cherché l'effet de surprise en apprenant que Lutha était un chat-garou, ce n'était pas censé être un élément de suspense, donc si ce n'est pas le cas, et bien c'est... normal xD

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maluna - Coucou ! :) Contente que cette fic t'ait donné envie de la lire, même si ce n'est pas ta partie préférée de l'univers HP, ça me fait très plaisir :). Je voudrais bien réduire mes délais, mais, comme je l'ai expliqué à de nombreuses reprises (^^), mes études restent prioritaires. Cela dit, je peux au moins fournir la garantie que cette histoire ira jusqu'au bout et que je m'efforce de tenir mes délais, et, quand c'est possible, de les raccourcir ^^ (et je jure que j'essaye de faire des efforts xD. Sur ce, à bientôt ? ;p

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Alex - Helloooo ! :D Merci pour cette dose de motivation ;). Je suis contente de te permettre de t'évader un peu grâce à cette fanfic et suis flattée qu'elle soit sujette à tes relectures :). Voilà donc un chapitre du plus pour te changer les idées si tu as envie de taper tout le monde ;). A pluche !

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Winomilo - Ha ha ! Tu as parfaitement raison ! A défaut d'en avoir des constructives, ça me fait toujours plaisir de voir des lecteurs (ices) qui sortent de l'ombre pour me dire juste qu'ils apprécient et qu'ils sont là :D. Donc merci et j'espère que tu continueras à apprécier cette histoire ;)

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Dedellia - Aaaaaah se délecter de mes chapitres... J'en ai encore la tête qui enfle (ah non, ça c'est le rhume des foins -_-). Ha ha, oui, ça aurait commencé à devenir lourd avec un Sirius ignorant. Il faut bien qu'il puisse mettre sa petite cervelle à contribution et avoir quelques atouts en main, c'est plus pratique. Hé oui, heureusement que Johnathan est toujours là ! :D Pour le walkman, je n'ai encore moi-même pas arrêté mes idées alors je peux te dire en toute franchise que tu verras bien xD. Oui, pour les fautes, je suis d'ailleurs désolée et j'ai essayé de faire plus d'efforts en passant par word cette fois et sans compter uniquement sur ma cervelle de piaf xD.
Mon prénom est bien dans le lot de ceux que tu m'as proposés xD. Je dirais juste qu'aux dernières nouvelles, c'est l'un des prénoms les plus portés en France (1 fille / 45).
Pour le nombre de chapitres restants, je l'estime entre 10 et 20 donc on va dire 15 mais ça dépendra de mon inspiration et mes envies xD.
Voilà donc le prochain chapitre, j'espère que tu l'apprécies ;D. A pluche !

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OrnithorynquementMoi - Yo ! Oui oui tu fais bien partie de ces habitués mentionnés la dernière fois :D. Toute la fic d'un coup ? Même moi je ne le fais pas (du coup des fois j'oublie ce que j'ai écrit ^^"). Oui, Sirius sait, ça va être drôle xD. Ha ha, ç lui a pas plu au petit Sirius, hein ? Et ben tant pis pour lui parce que ses amis sont bien décidés à lui mettre le nez dans sa m*** ^^. Je suis super contente que tu me dises que le personnage de Lutha tient toujours la route, c'est l'essentiel ! Float est toujours fort génial ;p. cette appologie de ma fic m'a fait rougir jusqu'aux oreilles (pour de vrai xD) et je te remercie vraiment, ça me fait très très plaisir ! Et voilà, j'ai écrit la suite aussi vite que possible donc cadeau ! ;) (et je n'aime pas les bananes, na :p)