09/05/15 - 17/07/15

Je dois dire que c'est toujours motivant de se lancer dans l'écriture du nouveau chapitre direct après la publication du dernier, parce qu'on a les premières reviews enthousiastes et je me dis "Wow, non seulement ils viennent le lire dès qu'il sort, mais en plus, ils le trouvent cool" et ça me donne vraiment envie de me donner à fond pour le suivant :D. Donc je vais pas plus vous faire patienter et je vais écrire un petit peu avant de me lancer dans mes révisions du jour ^^

Pfiouuuu et ben entre les révisions, les partiels et le stage direct après, j'ai pas eu un moment de répit. Je profite d'une soirée un peu plus tranquille pour essayer de boucler ce chapitre pas trop en retard ^^ (bon, avec le stage qui me prend tout mon temps, c'est raté, désolée)

PS Désolée pour le délai très long. Un enchaînement de circonstrances m'a un peu empêchée d'écrire mais je ne vous oubliais pas ;)

PPS Je trouve le chapitre un peu plat mais je vous en fais un du tonnerre pour le prochain ;D

Bonne lecture =)


- C'est à cette heure-ci que tu rentres ? Je t'ai attendue la moitié de la nuit !

Le ton indigné de Jonathan ne faisait que cacher son soulagement et Lutha le savait très bien. Pour couper court à ce comportement qui ne lui ressemblait pas, elle leva la main avec un sourire.

- Je suis tombée sur Black, désolée.

- Ah.

Son ami revint aussitôt à une expression plus familière.

- Et bien tu me raconteras votre conversation demain. Et la raison pour laquelle tu as les cheveux en pétard. Je vais me coucher. Bonne nuit !

Il disparut dans l'escalier qui menait aux dortoirs des garçons. Avec une moue amusée devant le fait qu'il l'eût attendue uniquement pour lui dire ces quelques mots, elle regagna le sien et se glissa avec délices sous sa couette.

.

ooo

.

La plume de Lily traçait très lentement une ligne noire au milieu de son parchemin vierge sur lequel elle était censée rédiger son devoir de potions. Peu concentrée, elle avait le regard un peu absent posé sur le biceps gonflé de James qui faisait un bras de fer avec son meilleur ami. Le jeune homme était étonnamment musclé pour un attrapeur, mais pas assez pour vaincre son batteur. Au bout de longues secondes d'acharnement, son bras commença à plier et finit par s'écraser violemment sur la table. Il poussa un grognement de douleur et jeta un regard noir à Sirius qui arborait un sourire triomphant.

- Que veux-tu, James, tu as moins de force qu'un cognard enragé, le nargua-t-il.

- Je saurai te le rappeler la prochaine fois que tu te fais frapper, rétorqua le jeune homme, vexé, en désignant son nez.

Aussitôt, l'autre se renfrogna et Lily observa les deux garçons se lancer des regards noirs que démentaient leurs sourires amusés.

- Tu as avancé, Lily ?

Elle sursauta violemment et croisa le regard curieux de Remus. Celui-ci travaillait sur le même devoir qu'elle. Enfin... apparemment, il avait déjà couvert un demi parchemin, contrairement à elle. Elle effaça le trait d'encre qu'elle avait inconsciemment dessiné en plein milieu et se secoua pour se concentrer sur son travail.

- Non, mais je vais m'y mettre. D'autant plus que Slughorn a bien insisté en nous disant que quatre-vingts pourcents du temps, il y avait au moins une question là-dessus dans la partie théorique.

James poussa un gémissement plaintif en se tournant vers sa petite amie.

- Lily, s'il-te-plaît, tu ne voudrais pas te détendre un peu ? Le premier examen est pile dans un mois, ce n'est pas la peine de les mentionner dans chacune de tes phrases. s'il-te-plaît ?

Il arbora une petite moue dont il avait déjà pu tester les effets et tous observèrent avec intérêt la jolie rousse hésiter en le regardant.

- Non, désolée, James, c'est juste que ça me stresse un petit peu. Et puis, ajouta-t-elle d'une voix grinçante, ce n'est pas à la portée de tout le monde de décrocher un Effort Exceptionnel sans réviser, ou un Optimal avec une heure de révisions.

Elle faisait allusion à l'année des BUSEs, durant laquelle c'était à peu près le rythme de travail que Sirius et James avait observé, et aucun des deux ne jugea prudent de lui répondre. Ils se lancèrent donc dans un concours d'insultes "sophistiquées" pendant qu'elle se plongeait dans son travail. Mary et Peter, quant à eux, discutaient du journal posé entre eux.

- Analphabète boiteux pustuleux !

- Feuille de papier toilette collée sous la semelle de Servilus !

Lily grimaça mais s'abstint de commenter.

- Vous ne croyez pas que vous avez passé l'âge de ce jeu depuis... cinq ans ? Fit en revanche remarquer Remus.

- Non, lui répondirent-ils en chœur, tourné l'un vers l'autre.

- Hybride dégénéré croisé entre un troll et une vache laitière !

- Veracrasse dégoul... ah ! Dégage, sac à puces !

- Sac à puces ? Releva Remus en redressant à nouveau la tête. Ce n'est pas exceptionnel, celle-là.

- Mais non, c'est un chat !

Ils l'observèrent fixer d'un œil noir le petit chat tigré qui s'approchait d'eux. Il fit de grands gestes pour l'éloigner et l'animal cracha dans sa direction, indigné.

- Je croyais que Noisette t'avait guérie de ton aversion pour les chats, fit remarquer James d'un ton moqueur.

- Noisette ? Reprit Lily, perplexe.

- Une chatte qui vient nous voir de temps en temps. D'ailleurs, ça fait un moment qu'on ne l'a pas vue, répondit Remus d'une voix pensive en levant les yeux au ciel devant la crise de leur ami. Elle a pris Sirius en affection, en tout cas.

- Elle va revenir, affirma celui-ci avec un sourire satisfait, après avoir chassé l'autre animal.

- Tu sais, se moqua James, c'est un chat, ça ne s'attache pas et du moment qu'elle trouve à manger et des câlins ailleurs, je pense qu'elle nous oublie complètement.

La jolie rouquine observa le sang-pur avec curiosité. Il affichait un air amusé et distant, comme s'il souriait à une plaisanterie personnelle, et elle se demanda ce qui pouvait bien se tramer dans ce cerveau, aussi détraqué que celui de son petit ami. Probablement quelque chose qui allait encore faire tourner en bourrique tous les enseignants et les préfets. Réalisant qu'elle était incapable de travailler à l'heure actuelle, elle se résigna à reboucher son encrier et posa sa plume avant de se tourner entièrement vers Remus.

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- Dis-moi, Remus, après tout, les Serdaigles sont censés être intelligents et avoir envie d'apprendre, alors comment tes amis organisent-ils leur planning de révisions ?

Sirius releva vivement la tête avec une expression intriguée et attendit la réponse. Le loup-garou hésita un instant en songeant aux trois Serdaigles avec lesquels il avait un peu travaillé.

- Et bien, euh... leur amie, Lucy, relit et recopie toutes ses notes de cours deux fois. Elle fait trois cours par semaine, de ce qu'elle m'a dit. Et, euh... John et Lutha... comment dire... ils n'ont pas vraiment de planning. Je crois qu'ils improvisent, en fait. D'ailleurs, la plupart du temps, Lutha ne révise pas, d'ailleurs. Elle lit, ou elle distrait Jonathan.

Un air sceptique et déprimé se peignit sur le visage de la Gryffondor.

- Sérieusement ?

- Euh... oui. Mais l'ambiance qu'ils créent est bien plus calme et propice au travail, par contre, et je crois que la plupart des autres s'organisent mieux que ça, ce qui explique leurs notes, ajouta-t-il précipitamment en la voyant observer son propre agenda avec dégoût.

- Personnellement, je ne suis pas surpris, fit remarquer Patmol avec un sourire en coin.

- Ah non ?

- Non, vu l'attitude de Layos en cours, elle n'est vraiment pas dans le moule de l'élève studieuse.

- Enfin, elle l'est plus que toi, le corrigea le lycanthrope avec amusement.

- D'un autre côté, ce n'est pas dur. Sirius et moi devons fournir moins de travail à nous deux que le plus fainéant des élèves après nous.

- Et bien tu ne devrais pas t'en vanter, James ! Grommela Mary en se détournant quelques secondes de Peter.

La discussion s'arrêta dons là et Remus observa la dernière à avoir pris la parole. La jeune préfète-en-chef semblait complètement remise du refus de son affection. Le début avait été difficile, et même après avoir commencé à passer outre, elle était restée tendue en sa présence. Mais apparemment, elle était complètement passée à autre chose et il était content de pouvoir profiter de sa tranquillité relative tout en n'ayant pas à se soucier d'un problème supplémentaire. Il avait d'excellents amis depuis des années, il s'en était fait deux autres plus récemment, et cela lui suffisait amplement. L'amour, ce n'était pas fait pour lui, ce serait bien trop compliqué. Même ses amis avaient décidé d'abandonner le débat, précisant toutefois qu'ils le reprendraient si l'occasion survenait. Pour l'instant, le sujet n'avait pas vraiment eu lieu d'être, puisque le loup-garou n'avait une idée que purement théorique de ce qu'était ce sentiment.
Il regarda distraitement James et Lily en se demandant s'ils étaient un modèle classique ou non et décida qu'ils l'étaient, si on ne prenait pas en compte le temps qu'il leur avait fallu. Il s'étaient tourné autour pendant des années, même si au début, c'était surtout James qui tournait autour de Lily. Mary, quant à elle, avait apparemment eu des sentiments pour lui depuis très longtemps aussi, mais elle n'en avait jamais rien dit avant d'être confronté à la jalousie avec Lutha. C'était une drôle d'idée de s'imaginer avec la chat-garou. Ils n'allaient pas du tout ensemble. Il trouvait beaucoup plus logique le fait qu'elle se soit entichée de Sirius. Cela arrivait à beaucoup de filles, mais la plupart n'étaient attirées que par son physique avantageux et sa capacité à faire des bêtises et à jouer les "bad boy", comme aurait dit sa mère. Lutha n'avait à son avis rien contre le physique de Sirius, mais ses sentiments étaient nés de l'acharnement du jeune homme sur sa personne. Bien qu'il ne comprît pas très bien ce qu'il y avait d'aphrodisiaque dans les joutes orales, de toute évidence, cela faisait de l'effet sur la petite Grecque.
Il resta pensif un instant. Si c'était le cas, avait-elle déjà été attirée par son ami John ? Non, sans doute pas. Après tout, elle était au départ elle aussi partie dans l'optique de refuser tout sentiment. Mais seulement avec les sorciers, réalisa-t-il soudain.

- Tu m'as l'air bien concentré, Lunard, se moqua Sirius en le tirant de ses pensées. Tu es encore en train de refaire le monde dans ta tête ?

- Non, à vrai dire, je me demandais si Lutha avait ou avait déjà eu un copain en Grèce. Enfin, quelqu'un de chez elle, quoi...

Il se demanda si Jonathan ne déteignait pas sur lui en se sentant satisfait devant l'expression soudain désemparée de son ami.

- Comment ? Mais... elle ne semble pas... elle n'avait aucune lettre autre que celles de ce Zephyr. Et puis ça ne semble pas être la joie pour elle, là-bas.

Il lui fit les gros yeux comme pour ajouter "toi et moi savons très bien qu'elle n'est pas acceptée parmi sa communauté". Il avait pourtant les sourcils froncés et une moue contrariée qui montrait bien qu'il n'avait pas un seul instant envisagé le problème, et, de toute évidence, cela ne lui plaisait pas du tout.

- Ça ne veut peut-être rien dire. Tu n'auras qu'à lui demander ça, la prochaine fois, sourit le loup-garou.

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Sirius continua de dévisager son ami avec suspicion. Celui-ci savait-il quelque chose qu'il ignorait ? Il n'avait eu aucun mal à penser que Layos pourrait être attirée par Remus, ou Float. Il n'avait pas envisagé une seule seconde les autres connaissances qu'elle devait avoir dans son pays. Il reporta les yeux sur le ciel bleu que laissait voir les fenêtres. Il devait admettre que cette idée le dérangeait un peu trop. Remus avait raison. Il poserait la question à la jeune fille. D'ailleurs...

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Patmol sortit la Carte de son sac et James leva les yeux au ciel, amusé malgré lui. Après tout, n'avait-il pas lui-même suivi les allées et venues de Lily de nombreuses fois. Lorsqu'il en avait fait la remarque à son meilleur ami, toutefois, celui-ci l'avait royalement ignoré. Vérifiant que personne en dehors de l'un d'eux ne le vît faire, il consulta la Carte et un sourcil sceptique se haussa sur son front. James se rapprocha de lui, curieux.

- Quoi ?

- Regarde.

L'attrapeur se pencha et suivit du regard le doigt de son ami qui pointait une petite étiquette indiquant le nom de "Lutha Layos". Celle-ci était parfaitement immobile au niveau de la cachette du tableau au cadavre, comme ils l'appelaient entre eux.

- Étrange. Qu'est-ce qu'elle fait là ?

- Excellente question.

- C'était la première fois qu'elle voyait cette cachette ?

- Affirmatif. En tout cas, c'est ce qu'elle m'a dit.

- Il n'y a aucune lumière naturelle et c'est très exigu. Qu'est-ce qu'elle peut bien y faire ? Tu crois qu'elle se cache de quelqu'un ?

Sirius haussa les épaules.

- C'est ce que je vais découvrir. De toute façon, j'avais envie de me dégourdi les jambes. Tu veux venir ?

- Tu tiens vraiment à ce que je vienne ? Sourit James en retour, moqueur.

Il obtint pour seule réponse un froncement de sourcils.

- Je peux la prendre ou vous en avez besoin ?

- Prends-la. On ne va probablement pas bouger de la journée.

- Merci.

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Sirius adressa un signe à la cantonade et sortir de la salle commune d'un pas tranquille. A peine avait-il parcouru quelques mètres qu'un bruit de pas précipités derrière lui se fit entendre. Il se retourna, curieux. il n'y avait personne. Perplexe, il haussa les épaules et reprit sa route. De nouveau, il lui sembla entendre quelqu'un marcher derrière lui, mais plus discrètement, cette fois. Qui pouvait bien le suivre ? Il aurait bien consulté à nouveau la Carte, mais il ne voulait pas risquer de la faire découvrir par qui que ce fût. Il lui restait deux solutions. Semer cette personne dans le château, ce qui, avec sa connaissance de tous les raccourcis et passages secrets, serait un jeu d'enfant. Ou bien la surprendre sur le fait et la confronter. Il préférait de loin cette idée, afin que cela ne se reproduisît plus. Il accéléra le pas et tourna aléatoirement dans quelques couloirs avant de se cacher brusquement derrière une armure après un virage de plus. Il eut une moue surprise en voyant une jolie rousse de quatrième année débouler dans le couloir, l'air un peu essoufflé. Il jaillit de sa cachette immédiatement et croisa son regard affolé. Elle n'avait apparemment pas envisagé ce scénario.

- Qu'est-ce que tu me veux ? Lança-t-il d'un ton peu amène.

Elle rougit et il leva les yeux au ciel. Ce genre de manège l'exaspérait. Depuis quand exactement ? Il s'en serait moqué il y a peu ou cela l'aurait flatté. A présent, il trouvait cela agaçant et particulièrement invasif. La fille qui le suivait était toutefois plus courageuse qu'elle n'en avait l'air, ce qui, étant une Gryffondor, n'était peut-être pas si surprenant. Elle releva le nez et le regarda droit dans les yeux.

- Je voulais vérifier si les rumeurs étaient vraies.

Il haussa un sourcil, la curiosité effaçant son irritation.

- Les rumeurs ?

- Oui. Les rumeurs.

- Quelles rumeurs ?

Elle regarda autour d'elle, embarrassée, comme si elle espérait que quelqu'un allait la tirer de ce mauvais pas, puis elle le fixa à nouveau farouchement dans les yeux.

- Des filles disent que tu n'es plus libre.

- Comment ça, plus libre ? Demanda-t-il avec lenteur, commençant à voir le problème.

- Elles disent que tu as une petite amie, ou en tout cas que tu... as quelqu'un en vue.

Il fronça les sourcils.

- Pourquoi y a-t-il ces rumeurs sur moi ?

- Parce que... tu ne sors plus avec aucune fille depuis des mois.

Il aurait pu se dire que cette conversation était probablement très embarrassante pour elle, mais il était préoccupé par l'absurdité de tout cela. Ses affaires étaient ses affaires. N'était-il vraiment sorti avec aucune fille depuis tout ce temps ? Il ne s'en était même pas rendu compte. Pourtant, cela lui manquait en général.

- Et en quoi est-ce l'affaire de ces... filles ?

Elle le dévisagea avec un scepticisme frôlant l'incrédulité.

- Et bien celles qui s'intéressent à toi se posent des questions. Elles veulent savoir si... si tu... es toujours libre. Pour savoir si ça vaut la peine de... t'aborder.

- Ah.

Il se sentait bête. C'était sans doute logique mais cela ne lui était pas venu à l'esprit que toutes les filles qui lui demandaient de sortir avec lui s'interrogeaient sas doute avant sur sa disponibilité. A la réflexion, il est vrai qu'il n'était probablement pas très agréable d'essuyer un refus et il était donc plutôt normal qu'elles agissent ainsi. Cependant, ce n'était pas vraiment ce qui le dérangeait dans toute cette histoire. Certes, il était moins disponible, très probablement parce que c'était l'année de se ASPICs, mais cela ne voulait en aucun cas dire qu'il n'était plus libre. C'était absurde.

- Et pourquoi ne le serais-je plus ?

La gamine de quatorze ans le jaugea sérieusement.

- Et bien... à cause de cette fille... La Serdaigle.

Il se figea, sur la défensive. Il n'y avait pas vraiment de doute possible quant à l'identité exacte de "la Serdaigle" en question. Certes, il avait envisagé depuis longtemps la possibilité que certains se posassent la question, mais il n'y avait plus songé depuis longtemps. Il lui semblait que leurs rapports étaient suffisamment chaotiques et agressifs pour que personne de sain d'esprit ne songeât à cette éventualité. Il se sentait passablement irrité de se savoir espionné de la sorte, et plus encore en sachant qu'il y avait des retombées possibles sur Layos si les rumeurs prenaient trop d'ampleur.

- Il n'y a rien de tel, et quand bien même ce serait le cas, il me semble qu'il y a mieux à faire pour des adolescentes en mal d'amour que de se poser des questions sur ma vie privée , lâcha-t-il d'un ton sec.

Elle rougit de nouveau, mais c'était de colère, cette fois. Visiblement, il l'avait vexée, mais il n'en avait cure.

- Pour qui tu te prends ?!

Il lui répondit froidement.

- Pour quelqu'un harcelé au point d'être suivi et d'avoir le risque de me retrouver avec un filtre d'amour dans mes boissons. Ça me semble suffisant pour m'énerver un peu contre les filles idiotes qui ne me connaissent même pas et qui se montrent aussi irrespectueuse de mon intimité. C'est ma vie, elle ne regarde que moi.

Elle devint encore plus rouge, si c'était possible, et il se fit la réflexion que décidément, les joues rouges n'allaient pas à la plupart des filles, contrairement à ce qu'en disaient ses amis.

- Tu n'as qu'à l'assumer un peu, ta vie ! Si tu étais vraiment avec cette fille, les autres ne te courraient plus après puisque ça te dérange depuis que tu la connais ! Avant ça ne te gênait pas de pouvoir asseoir ton petit orgueil grâce aux filles qui s'intéressaient à toi !

Il écarquilla les yeux. Qui était cette fille qui se permettait de lui parler sur ce ton ?! Comment cette gamine qu'il ne connaissait même pas osait-elle ?! Furieux, il ouvrit la bouche pour l'envoyer promener, mais elle lui coupa l'herbe sous le pied d'une voix que la colère mêlée d'embarras faisait trembler.

- Laisse tomber. Je n'aurais pas dû te suivre, je l'admets. Au moins, tu peux être sûr que je suis guérie de toi, vu ton attitude.

Elle tourna vivement les talons et s'en fut sous son regard ébahi. Rageur, il donna un coup de pied dans le premier mur qui lui fit face. Bien mal lui en prit. Jurant d'une voix sifflante, il reprit sa route en boitillant un peu.

Il ne savait plus trop ce qu'il avait envie de faire, mais ses pas le menèrent naturellement vers sa première destination. Arrivé dans le couloir du tableau au cadavre, il regarda soigneusement autour de lui, mais, par ce temps, la plupart des élèves étaient dehors, à moins de réviser dans leurs salles communes ou à la bibliothèque. Il s'approcha tout doucement de la cachette et tendit le bras pour chatouiller les pieds de la dépouille lorsque le tableau s'entrouvrit de lui-même de l'intérieur. La voix de Lutha Layos, reconnaissable entre mille, s'éleva depuis le fond obscur du renfoncement :

- Qu'est-ce que tu veux, Black ?

Il haussa un sourcil, impressionné, et s'adossa au mur juste à côté de l'ouverture.

- Comment as-tu su que c'était moi ?

- Si tu me dis comment tu m'as trouvée, je te répondrai peut-être.

Il secoua la tête. Il n'aimait pas lui parler sans la voir. Il ne pouvait pas jauger ses réactions grâce à ses expressions faciales, de cette façon.

- Ce n'est pas grave, tu m'as reconnu à l'odeur, je suppose, de toute façon.

- Et toi, tu as dû me localiser grâce à votre espèce de Carte qui a l'air si fabuleuse.

Il accusa le coup en silence. Il n'appréciait pas tellement l'idée que quiconque autre qu'un Maraudeur connût la Carte.

- Tu ne m'as pas dit pourquoi tu venais me déranger, Black, reprit-elle d'une voix qu'un long bâillement vint déformer.

Il haussa les épaules, oubliant qu'elle non plus ne le voyait pas, et répondit lui-même par une question.

- On dirait que tu apprécies que je t'ai fait découvrir cette cachette ?

Elle ne répondit pas immédiatement et il faillit ouvrir grand le tableau pour l'observer.

- A vrai dire, si j'avais su que tu me trouverais ainsi, je serais sans doute restée dans ma salle commune, mais elle était un peu trop bruyante pour que j'en aie envie.

Il sourit.

- Tu n'es pas avec Float ?

- Je ne suis pas mariée avec lui, que je sache.

Il haussa un sourcil, surpris par la rapidité avec laquelle elle avait répondu. Il adopta une voix moqueuse pour lui répondre :

- Ça ne t'a jamais tenté ?

- Pas vraiment, non...

La réponse avait été encore plus rapide que la précédente, sur un ton légèrement amusé. Il se sentit étrangement satisfait et mit cela sur le compte de la facilité avec laquelle elle lui répondait. Il lui sembla bien entendre la voix de James en lâchant un "mais bien sûr" sarcastique, mais il l'ignora, estimant cet avis non pertinent. Il se demanda comment continuer la conversation. De toute évidence, elle n'était pas d'une humeur exceptionnelle. Il lui aurait bien demandé s'il s'agissait de ses problèmes féminins, mais de ce qu'il avait pu constater, les filles, n'appréciaient pas outre mesure ce type de réflexion, considérant comme insultant qu'on leur demande si elles avaient une bonne raison d'être de mauvaise humeur.

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La jeune chat-garou, assise en position fœtale, les bras autour des jambes, attendit la question suivante de Black. Celle-ci ne tarda guère.

- D'ailleurs, comme je ne t'ai jamais posé de questions à ce sujet, il est grand temps de commencer.

Elle resta immobile, attentive et mal à l'aise. Une très légère tension, presque imperceptible, perçait à travers la voix du Gryffondor. Réalisait-il qu'il était sur un terrain glissant ?

- Pas de fiancé ou de petit ami en vue, en Grèce ?

Elle eut une pensée fugitive pour les plans de Teneös à son égard et grimaça.

- Non, répondit-elle d'une voix plutôt sèche.

Il n'enchaîna pas immédiatement et elle serra les dents en se demandant ce qui pouvait bien se tramer dans la cervelle de cet imbécile.

- Et par le passé ? Demanda-t-il d'un ton joyeux.

Elle aurait dû s'y attendre. Le visage de Mikos lui traversa l'esprit. Le rejet amer et méprisant qu'elle avait essuyé la fit grincer des dents. Sa réaction fut impulsive. Après tout, la situation lui donnait la désagréable impression de pouvoir se répéter.

- Mêle-toi de tes affaires !

Il y eut un silence hésitant, puis la porte de sa cachette s'ouvrit en grand et le visage perplexe de Black lui fit face, sourcils froncés. Elle plissa les yeux, aveuglée par la luminosité. Le Gryffondor jeta un coup d'œil au livre et au coussin posés à côté d'elle.

- Allez, sors de là, Layos.

Il lui adressa un sourire en coin et elle se révolta en sentant son cœur se mettre à battre plus vite. Elle ne bougea pas d'un centimètre, se contentant de le fixer d'un œil noir, qu'il ne voyait de toute façon probablement pas.

- Je m'excuserais bien d'avoir été indiscret, mais ce ne serait pas sincère.

Elle poussa un long soupir. Elle était fatiguée de résister et ne savait plus quelle attitude adopter.

- Qu'est-ce que tu fais là, Black ?

Il sembla surpris par la question.

- Et bien je te cherchais, c'est évident, non ?

- Pourquoi ?

- Parce qu'à moins de te chercher, je ne t'aurais pas trouvée.

Elle sourit malgré elle.

- Pas pourquoi c'est évident, mollusque décérébré. Pourquoi me cherchais-tu ?

Il eut un large sourire et ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son ne sortit de ses lèvres. Il se figea en fronçant les sourcils. Elle attendit quelques secondes, mais il finit par changer complètement de sujet, la désarçonnant :

- Tu savais que la rumeur courait que je suis avec toi ?

Elle haussa un sourcil. Il en était surpris ? Elle choisit de répondre à côté en attendant de voir ce qu'il avait en tête.

- Je ne savais pas que tous tes faits et gestes étaient sujet à rumeur. Voilà qui ne doit pas arranger la taille de ton ego. Quoiqu'il en soit, ce n'est pas une rumeur : tu es avec moi, à l'heure actuelle.

Il le sentit agacé par sa réponse. Il ne semblait pas très serein, contrairement à l'habitude. Il ne le montra pas, toutefois, et se contenta de lever les yeux au ciel en souriant.

- Tu ne peux pas te faire passer pour quelqu'un de stupide après avoir fait tellement d'efforts pour te montrer supérieure aux autres, Layos.

Elle éclata de rire et en fut la première surprise.

- Alors, cette rumeur ? Reprit-il lorsqu'elle eut cessé.

- Oui, je le savais. Je te signale que c'est ce qui m'a le plus énervée, depuis le départ. Quand on veut avoir la paix, passer pour la "cible" du Ô combien grand Sirius Black n'est pas vraiment l'idéal. De plus, je te rappelle que c'est toi qui est à la base de tout ça avec ton petit stratagème stupide avec Sara Prewett en début d'année, répondit-elle avec aigreur.

Il eut le bon goût de paraître embarrassé. Elle le laissa quelques instants avant de reprendre :

- Pourquoi ça te frappe maintenant ?

Il haussa les épaules.

- Tu ne voudrais pas sortir de là ? Il serait dommage que quelqu'un découvre la cachette en passant et en nous voyant comme ça.

- Tu n'as qu'à t'en aller, rétorqua-t-elle sans enthousiasme.

Il pencha la tête sur le ôté et elle fut soudain traversée par la vision du gros chien noir dont il prenait l'apparence.

-Si tu ne sors pas, si quelqu'un vient, je serai sans doute obligée de nous enfermer tous les deux là-dedans. Ça ne nous a pas réussi la première fois, non ?

Elle se sentit rougir et, maugréant pour la forme, s'extirpa souplement de la cachette, les pieds devant. Le jeune homme n'avait pas bougé et elle se retrouve si près de lui qu'elle entendait sans difficulté son cœur battre. Sans mot dire, elle le contourna habilement et recula de trois pas prudents pour lui faire face. Il arborait un grand sourire en la regardant.

- C'est bien parce que je ne veux pas risquer d'être surprise dans une situation encore plus douteuse que toutes les rumeurs qui courent...

- Est-ce si difficile d'admettre que tu as simplement envie de passer un moment avec moi normalement ?

Elle sourit. La réponse évidente qui lui venait était que, étrangement, oui, c'était beaucoup plus facile à admettre en son for intérieur qu'à haute voix. Mais cette réponse ne franchit pas la barrière de ses lèvres.

- Tu appelles ça "normalement" de passer mon temps à t'insulter en espérant que tu vas finir par comprendre et cesser de revenir ?

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Sirius sourit. Le ton de Layos revenait progressivement au sarcasme amusé qu'elle pratiquait d'ordinaire. De toute évidence, la conversation lui rendait sa bonne humeur. Il se demanda ce qui la tracassait avant qu'il n'arrive. Il referma soigneusement la cachette en rabattant le tableau et invita la petite Serdaigle à bouger. Elle adopta une allure tranquille sur laquelle il se cala sans y penser.

- Pour quelqu'un qui ne veut pas me voir, tu ne fais pas beaucoup d'efforts pour m'éviter, fit-il remarquer aimablement.

- Je te signale que j'étais cachée avant que tu ne débarques.

- Dans une cachette que je t'ai montrée.

- A ma défense, je n'en connais pas énormément, et, en plus, je ne vois pas à quoi ça servirait que je me cache de toi puisque tu as les moyens de me retrouver.

Il fronça les sourcils, se rappelant de ce problème.

- Je peux savoir comment tu as découvert ce... détail ?

- Déduction principalement. Je connais peu de... mmh... d'animaux capables de pister... quelqu'un comme moi. Et puis quelques allusions dans vos conversations avec tes amis. Vous n'êtes pas aussi discrets que vous le pensez.

Il ne répondit rien. Le fait qu'elle le sût n'était pas si important et il se doutait plus ou moins de ce qu'il en était réellement. Afin d'éviter un examen trop approfondi du sujet, il détourna la conversation.

- Dis-moi, ma petite Layos...

- Au risque de me répéter une énième fois, je ne suis pas ta petite Layos.

- Puisque vous appréciez Remus, toi et Float, pourquoi ne passez-vous jamais de temps avec nous ? C'est toujours à lui de venir vous voir et j'ai comme l'idée que si nous l'accompagnions, nous ne serions pas les bienvenus.

- Tu penses que ça a du chien de parler de toi au "nous" de majesté, Black ?

Il cilla et chercha à croiser son regard mais elle continuait d'avancer paisiblement en regardant devant elle. Un sourire carnassier s'étala alors sur les lèvres du Gryffondor.

- Je parlais de James, Peter et moi, bien sûr. Et Lily et Mary. En somme, notre petite meute.

Il surprit le coup d'œil rieur qu'elle lui lança avec satisfaction.

- Si vous n'êtes pas les bienvenus, ça ne nous donne pas envie non plus de vous fréquenter en nous imposant nous-mêmes votre compagnie. Seul un loup a un assez bon instinct de survie pour tenir le niveau contre des aigles.

-Il me semble qu'un lion, ça doit être pas mal aussi.

Elle eut un petit haussement d'épaule méprisant.

- Évidemment. Un lion est un félin, c'est de loin supérieur à tout le reste.

- Donc vous pourriez venir nous voir.

- Je n'ai pas dit ça.

- Vous ne pourriez pas ?

Une lueur d'irritation amusée traversa le regard de la jeune fille.

- Je n'ai pas dit ça non plus.

- Tu en es où de tes révisions pour les ASPICs ?

Elle lui jeta un coup d'œil, désarçonnée par le changement brusque de conversation.

- Quelles révisions ?

- Oh, je ne sais pas... Relire tes cours en vue des examens dans un mois. Tout le programme de sixième et septième année est évalué. Tu ne risques pas de manquer de temps ?

- Premièrement, il s'agit de lire, non de relire. Et ensuite, je ne vois pas ce que ça peut t'apporter de savoir ça, sourit-elle.

Ils croisèrent un groupe de cinquièmes années et s'écartèrent instinctivement de deux pas. Plusieurs d'entre eux les suivirent d'un regard inquisiteur jusqu'à ce qu'ils soient hors de vue. Sirius se racla la gorge, mal à l'aise, avant de reprendre le fil :

- Simple curiosité. Remus nous a dit que tu n'étais pas une grande travailleuse et je tenais à vérifier ses dires.

- De ce que je sais, tu n'es pas non plus le plus assidu des élèves.

Il sourit, amusé.

- C'est une question de talent.

Un air blasé lui répondit.

- Comment ta tête arrive-t-elle encore à passer les portes, Black ?

Il rit. Combien de fois cette réplique lui avait-elle été adressée de la part de Remus. Elle visait en général aussi bien James que lui, d'ailleurs. Il tendit la main vers la tête de Layos. Il savait qu'elle l'avait vu, mais elle ne fit aucun geste l'éviter et il lui ébouriffa les cheveux. Il trouvait ce geste tellement naturel qu'il ne voyait pas comment il avait pu y résister avant.

- Occupe-toi donc de ta propre tête décoiffée, toi qui as reproché ce défaut à James en début d'année.

Elle allait lui répondre vertement, lorsqu'une nouvelle ombre se profila en face d'eux. Le bras du sang-pur retomba mollement contre son corps sous l'œil perçant de son petit frère. Plus petit que lui, il arborait de façon impeccable son uniforme. Il ne ralentit pas en les croisant, mais il les dévisagea longuement d'un air froid. Sirius lui renvoya un regard aussi neutre que possible malgré son malaise. Pour la première fois, ce n'était ni pour son frère ni pour lui-même qu'il se sentait mal en le voyant. Il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à la petite Grecque et camoufla difficilement sa surprise. Elle affectait une curiosité toute innocente qui ne lui ressemblait pas, tout en suivant Regulus des yeux sans vraiment le regarder en face. Elle n'abandonna cette expression naïve qu'une fois qu'il eut disparu au bout du couloir, pour adopter aussitôt un air préoccupé.

- Dis-moi, Black... Ton frère a-t-il pour habitude de confirmer ou d'infirmer les rumeurs ?

- Pas que je sache, mais... Les Serpentards ne sont pas connus pour tenir leurs promesses. Si l'un d'eux...

Elle ne parut pas surprise outre mesure et hocha sombrement la tête. Il se demandait si Regulus était à ce point corrompu mais il espérait de tout cœur que non. Il ne voulait pas que ses ennuis de famille retombent sur la chat-garou. Elle classa apparemment l'événement et ils continuèrent quelques minutes leur étrange promenade en échangeant des sarcasmes remplis d'expressions animalières. Alors que son malaise commençait à se dissiper, il sursauta lorsqu'elle lui annonça soudain d'un ton allègre :

- Te voilà de retour à ta salle commune ! Tu n'es plus perdu, tu peux donc retrouver tes amis. Ne me remercie pas, tout le plaisir était pour moi.

Il resta désemparé un instant face au large sourire moqueur qu'elle lui adressait. Il avait tellement l'habitude de ce trajet qu'il n'avait même pas réalisé où elle le conduisait. Il finit par se reprendre et sourit à son tour.

- Va pour cette fois, ma petite Layos, mais c'est bien parce que je ne l'ai pas vu venir.

Elle haussa un sourcil dans une expression dont il commençait à avoir l'habitude et elle se dressa sur la pointe des pieds.

- Et ça, Black, c'est ma petite vengeance.

Il n'eut pas le temps de réagir devant la vivacité dont elle fit preuve. La main de la Serdaigle fusa et s'agita dans ses cheveux en les décoiffant efficacement. Seul James osait lui faire ce genre de plaisanterie, même Remus et Peter ne s'y risquaient pas tant il tenait à sa coiffure impeccable. Il poussa un grondement mécontent et saisit vivement le poignet de la jeune fille. Elle tenta un peu de résister et il fut surpris de devoir forcer pour ramener son bras devant lui. Il croisa son regard rieur. Elle n'était même plus moqueuse mais semblait simplement contente de s'amuser. Il avait une petite boule au fond de la gorge à la fois agréable et désagréable.

- Lutha...

Elle sursauta et récupéra immédiatement son poignet en lui appliquant une torsion vive, avant de reculer d'un pas. Elle camouflait son embarras sous un visage méfiant mais il le perçut aisément. Il sentait sa tête étrangement vide, pourtant tout lui paraissait facile à comprendre.

- Qui t'a permis de m'appeler par mon prénom, Black ? Tenta-t-elle dune voix qu'elle voulait sèche mais qui tremblait légèrement.

Il ne répondit pas et reposa la question qu'il lui avait posée un peu plus tôt.

- Toi et Float, vous vous joindrez à nous, à l'occasion ?

Elle le dévisagea avec une petite moue crispée, comme si elle ne voulait pas lui donner de réponse, mais elle finit par marmonner :

- Ouais. A l'occasion. Seulement pour voir Remus sans le forcer à vous quitter. Parce que c'est un ami, lui.

Elle avait pris de l'assurance à chaque ajout à sa réponse et elle finit par le regarder à nouveau d'un œil sûr.

- Fais bien attention à toi si tu ne veux pas avoir de nouveau quelque chose de cassé, Black.

Elle fit demi-tour sans attendre sa réponse et il se surprit à sourire tout seul dans le couloir en la regardant s'éloigner sans se retourner. Lorsqu'il se décida à entrer dans sa salle commune, ses amis n'avaient pas bougé. Cornedrue le regarda tandis qu'il s'asseyait à côté de lui et camoufla son sourire, avant de se pencher vers lui.

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- Alors, que faisait-elle là bas ?

Sirius fronça les sourcils d'un air perplexe.

- Là-bas ?

- Et bien... Dans la cachette.

- Ah.

L'attrapeur réprima un fou rire en observant son ami et espéra sincèrement qu'il ne ressemblait pas ça dans ces moments-là. Patmol avait un air absent accompagné d'un léger sourire, ce qui ne lui conférait pas un air extrêmement intelligent.

- Elle dormait ou elle lisait ou elle s'isolait pour être de mauvaise humeur. Ou les trois. Je n'ai pas réussi à déterminer. Je pense qu'elle avait envie d'être seule, finit-il par répondre d'un air pensif.

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Lily écoutait d'une oreille la conversation des deux garçons, et, une fois de plus, elle retint la question qui lui brûlait les lèvres. A savoir pourquoi Sirius ne se décidait-il pas à sortir avec la petite Grecque. Elle en avait parlé à James, mais il n'était pas très bavard sur le sujet. Il avait simplement laissé entendre qu'il valait mieux ne pas aborder le sujet avec son ami si l'on ne voulait pas risquer l'un de ses pics de mauvaise humeur légendaires. Il devenait pourtant évident que le sang-pur en pinçait pour elle. Tous ses amis le savaient et il ne semblait pas chercher spécialement à cacher les nombreuses fois où il allait la rejoindre. Elle s'était même demandé s'ils n'étaient pas déjà ensemble, mais James l'avait détrompée sans hésiter. La jolie rousse se demandait si Layos était comme elle auparavant, dans le déni, mais ce serait surprenant, étant donné qu'elle était celle qui lui avait fait la leçon en début d'année. Mais si aucun des deux ne niait ce qu'ils ressentaient, pourquoi la situation ne changeait-elle pas ?

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La petite amie de James s'approcha d'eux et posa la main sur l'épaule de l'attrapeur. Sirius se tut aussitôt. S'il avait appris à la connaître et à l'apprécier, il n'était pas prêt pour autant à lui parler de lui.

- Pourquoi ne proposerait-on pas à Layos et son ami de réviser ou de passer du temps libre avec nous ? Remus les apprécie et il me semble que toi aussi.

Il la dévisagea, hésitant. Elle ne semblait pas avoir d'arrière pensée, mais il avait du mal à se confier à quiconque n'étant pas James, ou éventuellement Remus ou Peter. Mais Lu... Layos ayant accepté son invitation, il allait sans doute se dévoiler un peu plus devant la jeune fille et son amie. Il se demanda jusqu'où il était prêt à aller. Il préférait éviter de réfléchir à ce dont il avait envie et il se laissait guider par ses instincts du moment, mais il lui faudrait bien se rendre à l'évidence à un moment ou un autre. Il secoua la tête pour chasser ces pensées.

- C'est déjà fait. Ils viendront peut-être avec nous de temps en temps.

Le loup-garou releva un œil surpris pour les regarder. Une fois de plus, Sirius se demanda à quel point il était ami avec la chat-garou et les sujets dont ils parlaient. Il avait l'air plutôt étonné d'apprendre qu'il avait convaincu la petite Serdaigle de venir les voir. Il avait hâte de voir ce que pourraient donner ces moments en commun. En présence de ses deux amis et de lui-même, elle serait sûrement beaucoup plus facilement abordable.

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- John ? John ?! Eh ! John !

- Mmh ?

Le grand blond redressa la tête d'un air distrait. Sa meilleure amie se tenait debout face à lui, avec cette expression à moitié amusée, à moitié exaspérée qu'elle maîtrisait si bien.

- Qu'est-ce que tu veux, Lutha ?

- J'aurais besoin de ton cerveau de petit génie.

- Petit ? Releva-t-il, un brin sceptique, pour l'agacer.

Elle l'ignora, se contentant d'un petit sourire en coin.

- On va marcher dans le parc ?

Il acquiesça et se leva en rassemblant ses affaires. IL était en train de faire semblant de lire, mais, en réalité, il laissait ses pensées vagabonder. Ce genre de moment était fréquent et il n'hésitait pas à s'interrompre si besoin il y avait. Or il la sentait légèrement tendue et se demandait ce qui pouvait bien se passer. Il était rare qu'elle lui demandât aussi franchement de l'aider à résoudre ses problèmes. Ils sortirent côte à côte et bavardèrent allègrement à propos de l'esclavage dans les couloirs. Une fois sur la pelouse du parc, ils se trouvèrent un banc isolé et s'installèrent comme à leur habitude, allongés chacun d'un côté anti-parallèlement. Le ciel était d'un gris clair que perçait régulièrement le soleil.

- Alors ?

- Admettons que tu sois un sang-pur. Si tu croisais ton frère aîné qui, hypothétiquement, déshonore la famille, accompagné d'une fille un peu atypique qu'un groupe de tes "amis" sangs-purs a attaquée récemment, apparemment pour un motif plus que valable selon vos valeurs, que ferais-tu ?

Il releva légèrement la tête pour l'observer. Elle fixait résolument le ciel mais il pouvait sans peine déchiffrer la tension de ses traits et voir ses sourcils blancs joliment froncés. Même si elle avait gardé une voix neutre, elle était inquiète. Il se pencha sur le problème. Il préférait être honnête avec elle. Il était peu probable que le petit frère de Black continue longtemps d'ignorer le fait qu'elle était une chat-garou. En revanche, prévoir quelle serait sa réaction était plus difficile à faire.

- J'essaierais à tout prix de savoir qui est cette fille et ce qu'il en est. Et il y aurait un risque que je prévienne mes parents selon ce que j'apprendrais. Pour Black... tout dépend s'il a complètement renié son grand frère ou non. J'espère que ce n'est pas le cas. Mais je n'en mettrais pas ma main au feu. Ton Gryffondor semble n'avoir plus aucun lien avec lui. Quel serait le risque vis-à-vis de ta famille ?

Elle soupira longuement en continuant de regarder le ciel.

- Si les sangs-purs commencent à s'agiter et que j'ai des ennuis plus ou moins importants, je suppose que Luthen en entendra parler et enquêtera sérieusement. Il est très efficace en peu de temps. Il n'aura aucun mal à entendre parler des rumeurs sur un sang-pur et une chat-garou. Il tirera des conclusions hâtives et la sécurité de Black... disons que je ne tiens vraiment pas à ce que ma famille se doute de... mon penchant pour lui. Tu crois qu'il y a un moyen d'empêcher Black Junior de s'intéresser au problème ?

John reposa la tête sur le banc en se frottant la barbe pensivement. Y avait-il en effet un moyen ? Il en doutait sérieusement. Le petit Regulus Black était complètement embrigadé dans les idéologies intégristes de sa famille, et il ne voyait pas comment il était possible d'éviter les ennuis. Il fallait espérer qu'il ait encore un petit semblant d'affection pour son grand frère et qu'il réalise qu'il serait en danger s'il parlait de Lutha à sa famille.

- J'aimerais t'aider, mais contre quelqu'un qui a le cerveau lavé comme lui, je n'ai aucune solution qui puisse se mettre en œuvre en moins d'un mois. Tu pourrais écrire à ton frère, tu crois ?

Elle émit un petit ricanement dans lequel le mépris suintait.

- Ça aurait l'effet inverse à celui voulu. Il serait persuadé que je dis ça pour cacher la vérité et partirait du principe que je mens. Alexandre comprendrait probablement mieux la situation mais le mettre dans la confidence est absolument exclu tant qu'il ne sait rien. Enfin... vu comme les choses se présentent, je n'ai qu'à attendre la fin de l'année. Black devrait être en sécurité une fois que je n'aurais plus aucun contact avec lui.

Une pointe d'amertume résonnait dans sa voix et la colère, pourtant si rare chez lui, s'éveilla dans le ventre de Jonathan. Il ne supportait pas de voir la vie de sa meilleure amie, sa seule amie, tourner ainsi. Il se leva un peu brusquement sous son regard curieux.

- J'ai à faire. On se retrouve tout à l'heure.

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La chat-garou observa son ami tandis qu'il s'éloignait d'un pas décidé. Elle se demandait quelle mouche pouvait bien l'avoir piqué. Il avait pourtant affirmé n'avoir aucune solution à son problème ? En avait-il finalement trouvé une ? Si c'était le cas, il lui en aurait probablement parlé. A moins qu'il eût su qu'elle ne lui plairait pas. Dans ce cas, elle préférait sans doute n'en rien savoir. Elle poussa un long soupir. Sa vie lui échappait complètement depuis quelques semaines. Black avait pris une place monstrueuse dans sa vie et il commençait à s'en rendre compte. Elle ne voyait pas comment l'empêcher de le réaliser et n'était même pas sûre d'en avoir envie. Si, dans une optique purement hypothétique, elle le laissait l'approcher d'encore plus près, avait-elle envie de savoir ce qui pourrait se passer ? Elle n'avait aucune envie d'essuyer un nouveau rejet, même pour des raisons moins douloureuses que celui qu'elle avait déjà expérimenté par le passé.

Pour la deuxième fois de la journée, le visage de Mikos lui revint en mémoire. Ce chat-garou était un solitaire, du genre de ceux que l'on comparait aux chats de gouttière. Il ne l'avait jamais insultée, ni elle, ni Zephyr. Il passait son temps à se prélasser avec un livre à la main. A l'aube de sa quatorzième année, elle avait passé des heures à l'espionner de loin. Il avait son âge. Il était beau et le savait. Un jour, elle avait rassemblé le peu de courage qu'elle avait et était allée lui parler. Elle se rappellerait toute sa vie de l'expression qu'il avait alors arborée. Aurait-elle été un tas de déchets à ses pieds qu'il ne l'aurait pas fixée autrement. Il lui avait clairement fait comprendre que d'après lui, elle ne devrait même pas exister et que si elle avait un minimum de considération pour l'espèce des chats-garous, elle se supprimerait elle-même. Son cœur d'adolescente amoureuse s'était brisé et le cynisme avait définitivement effacé les dernières traces de rêveries romantiques qu'elle aurait pu avoir.

Ces rêveries ne semblaient toutefois pas complètement anéanties, puisqu'elle sentait son cœur faire des envolées quand Black lui passait la main dans les cheveux. Elle se mit à rire toute seule. Du genre de rire que personne n'avait envie d'entendre. Dans le meilleur des cas, si tout allait pour le mieux pour elle, Black serait en sérieux danger vis-à-vis de sa famille. Elle ferma les yeux alors que le soleil se décidait à se montrer avec plus d'insistance. Dormir plutôt que penser à tout cela lui ferait du bien. Elle passa la main derrière ses oreilles, comme un vieux réflexe, puis se laissa doucement glisser dans un état de somnolence tranquille.

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- Mr Rogue, miss Layos ? Où en est donc votre potion ?

La chat-garou regarda successivement son binôme et la mixture. Celle-ci avait une couleur parfaite, comme toujours. Le Serpentard avait vraiment un talent inné que peu de gens pourraient un jour égaler. Il avait le visage fermé et il ne fit pas mine d'avoir entendu l'enseignant. Ce fut donc elle qui répondit d'une voix distraite que tout allait bien. Cela faisait une heure et demi que Rogue ne lui avait adressé pour toute parole que des instructions liées à leur préparation. Certes, ils n'étaient bavards ni l'un ni l'autre mais il ne l'avait même pas saluée en début de cours. De plus, il avait semblé renfrogné exclusivement contre elle.

- Vous pouvez laisser reposer vos potions un quart d'heure, à présent, et la dernière phase commencera, annonça Slughorn d'un ton gourmand. Je vous laisse une pause pour ceux qui en sont là.

La petite Serdaigle releva la tête pour observer Lucy. Celle-ci continuait de mélanger sa mixture, apparemment loin du résultat souhaité. Elle n'irait donc pas discuter avec elle. Quant à son voisin, il avait ostensiblement sorti un livre et plongé le nez dedans, mais ses yeux restaient fixés férocement sur la première ligne. Elle soupira et posa les mains à plat sur la table.

- Bon, Rogue, je ne compte pas passer nos derniers cours dans cette ambiance alors crache le morceau. Qu'est-ce qu'il y a ?

Les petits yeux noirs froids et intelligents du Serpentard se posèrent sur elle avec colère. Il n'hésita pas longtemps avec de lâcher d'une voix très basse.

- Je te croyais intelligente, Layos. Au fil de nos discussions, et de par tes origines, je pensais que tu avais assez de cervelle pour ne pas tomber dans les bras d'un imbécile comme Black.

Lutha sentit son cœur se glacer. De par ses origines ? Tous les Serpentards étaient-ils au courant ? Même un solitaire comme Rogue ?

- Qu'est-ce que tu racontes ? Rétorqua-t-elle de sa voix la plus froide possible.

- Ne me prends pas pour quelqu'un de stupide. J'ai deviné facilement que Lupin était un loup-garou, tu ne croyais pas que je n'allais pas me rendre compte de ce que tu étais ? Je le sais depuis deux ans, maintenant. Curieusement, ça t'a rendu plus sympathique à mes yeux. Enfin maintenant je vois que tu es aussi aveuglément stupide que les autres.

La jeune fille se demanda si Black déteignait complètement sur elle quand l'envie de noyer Rogue dans son chaudron la traversa. Au lieu de faire cela, elle respira profondément et lui décocha son plus beau regard de dédain.

- Et moi je te croyais assez intelligent pour ne pas te fier aux rumeurs. Mais de toute évidence, ce n'est pas le cas.

Il ne répondit rien, mais son teint avait pris une couleur encore plus cireuse que d'ordinaire. Il laissa passer quelques minutes durant lesquelles Lutha broya énergiquement des racines de gingembre.

- Excuse-moi, finit-il par grogner d'une voix grinçante. Black me sort tellement par les yeux que... j'ai jugé trop vite.

J'agitai la main. Je n'avais pas vraiment mauvaise conscience de faire ça. Je tenais à ce que mes derniers cours de potion se passent bien et je ne voyais pas comment convaincre Rogue que Black n'était peut-être pas seulement un abruti. Lui mentir en prétendant que je voyais toujours le Gryffondor comme un jouet ne me posait par conséquent pas le moindre problème. Il sembla hésiter un instant, puis il finit par ajouter, la voix toujours aussi basse :

- En tout cas, tu as des ennuis chez nous, en ce moment. Regulus Black est persuadé que tu es avec son frère et il cherche pourquoi Montague t'a attaquée. Pour l'instant, je ne crois pas qu'il sache la vérité, mais cela risque de ne pas tarder. Nous avons bien travaillé ensemble et je te respecte, je te dois bien ça.

Elle ne montra aucune réaction. Elle détestait vraiment que son secret si bien gardé toutes ces années finisse par sortir au grand jour. Mais elle n'était pas vraiment surprise par ce qu'il lui apprenait. Elle avait soudain terriblement envie que l'année s'achève, tout en redoutant son dernier retour chez elle.

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Deux longues journées de routine s'écoulèrent sans qu'apparemment la situation ne progresse du côté des Serpentards. En revanche, le délai raisonnable pour la réapparition de Noisette fut dépassé et c'est avec un sourire moqueur que Jonathan vit s'éloigner sa meilleure amie dans les couloirs afin de rendre visite aux Gryffondors.

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- Il n'en est pas question, Remus ! Pleine lune ou pas, tu pars avec nous ! Tu nous fais confiance pour te retenir, depuis le temps, non ?

James et Sirius échangèrent un regard en voyant l'air coupable de leur ami.

- Si rien n'est arrivé dans une école, rien n'arrivera dans la nature, asséna Peter en grignotant des Dragées surprises de Bertie Crochue.

- Queudver a raison ! S'exclama l'attrapeur, et son meilleur ami sourit.

La discussion s'achevait irrémédiablement de la même façon lorsque la lycanthropie de Lunard était en cause. S'il y avait bien un seul sujet sur lequel il n'avait pas le dernier mot, c'était bien celui-là. Et c'était heureux.

Un bruit sourd contre la porte les fit brutalement tous sursauter et ils se tournèrent d'un bloc vers l'entrée de leur dortoir. Sous leurs yeux, le bruit se répéta et la poignée s'abaissa, puis la porte s'ouvrit en grinçant et une petite tête noire et poilue fit prudemment son entrée. Sirius regarda le chat s'avancer lentement vers eux en souriant.

- Tu vois, je t'avais dit qu'elle reviendrait nous voir, Cornedrue, lança-t-il joyeusement avant de se pencher pour attraper Noisette. Il ne l'avait jamais fait, mais, comme il s'en doutait, elle se laissa faire sans protester, lui griffant simplement un peu le poignet en voulant jouer.

- Tu commences à savoir t'y prendre avec les chats, plaisanta Remus.

Le sang-pur ne put s'empêcher de sourire. Si le loup-garou avait su... la voix de Peter interrompit ses pensées :

- On la fait, cette partie de Volcanus, alors ?

Les deux autres hochèrent la tête et tous s'assirent en tailleur à même le sol tandis que Queudver sortait le plateau de jeu. Ils jouèrent pendant deux heures tandis que Noisette somnolait, roulée en boule à côté de lui. Il n'arrivait pas à se concentrer sur la partie. Elle lui avait manqué. Certes, elle ne parlait pas, mais il s'était habitué à la petite boule de chaleur qu'elle formait contre lui quand il la câlinait était attachante. Ironie du sort, elle avait été là lorsque Layos avait fait défection. C'était le moment où il avait vraiment commencé à la trouver indispensable. Ce petit tas de poils doux, chaud et ronronnant était irrésistible et il avait du mal à imaginer devoir s'en passer une fois l'année finie.

- Patmol ! Youhou, c'est à toi de jouer !

Il sursauta et tenta de se concentrer, mais c'était peine perdue. Il était dans une situation lamentable et si la victoire n'était pas encore sûre entre Remus et Peter, pour lui, elle était inenvisageable. Bon joueur étant donné son implication dans le jeu ce jour-là, il joua les derniers coups avec entrain, commentant sans hésiter ceux de ses amis, jusqu'à ce que le loup-garou finisse par tous les écraser. Il refusa la revanche que demandait Peter en déclarant qu'à cette heure-ci, ils devraient tous se coucher car, après tout, les examens n'étaient plus si loin.

Ils se levèrent et Noisette s'étira longuement en plantant ses griffes dans la moquette rouge qui recouvrait le sol, avant de s'avancer vers la porte. Sirius l'attrapa alors et lui gratta les oreilles en murmurant :

- Ah non, hein... Tu n'es pas venue me voir tout ce temps, tu ne vas pas t'éclipser maintenant, si ? Qui va rester avec moi pendant que je lis ?

Elle se tortilla une ou deux fois pour lui échapper avant de décider que cela n'en valait sans doute pas la peine. Elle s'assit au bout du lit et le Gryffondor la fixa un instant avant de sortir le short qui lui servait de pyjama. Plus rapides que lui puisqu'ils avaient décidé de dormir, les trois autres garçons ne tardèrent pas à refermer leurs rideaux en lui souhaitant tour à tour une bonne nuit. Il se changea rapidement et s'allongea avec l'un de ses romans préférés avant de gratter le matelas à côté de lui. Noisette ne fut pas longue à réagir et vint s'installer contre son flanc. Il posa la main sur la fourrure de son dos avec une sensation de bien-être agréable, puis il se mit à lire.

Une demi-heure plus tard, il referma doucement son livre et le posa sur sa table de chevet avant de se tourner sur le flanc pour observer l'animal qui dormait contre lui. Il hésita un instant mais ne put résister au sentiment de triomphe qui chauffait dans son ventre. Passant délicatement ses doigts dans les poils de Noisette, il souffla à mi-voix.

- Alors, tu pensais vraiment que je ne découvrirais pas que tu ne fais qu'un avec Noisette, Lutha ?

Comme une ultime confirmation, s'il en avait vraiment besoin, la chat-garou ronronna puissamment lorsqu'il prononça son nom, mais elle ne bougea pas. Il sourit une fois de plus dans le noir. Mieux valait pour l'instant laisser les choses telles quelles, mais il pourrait utiliser cet avantage lorsque le moment se présenterait. Et cela ne tarderait sans doute pas. Ce qu'il n'aurait pour rien au monde reconnu en public, pas même devant James.

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Ce fut duuuuuuuuuuuuur ! Oh la la, je suis désolée, j'ai cru que je n'arriverais jamais à boucler ce chapitre ! J'ai enchaîné révisions, examens, stage, tomber amoureuse et vacances actives, bref, je suis un peu paumée mais je ne vous ai pas oubliés un seul instant, promis !

Je vais enchaîner direct les RaR mais je vous promets que le prochain chapitre arrivera plus vite, normalement, j'ai du temps en août pour écrire :D. Donc on va dire qu'il vient dans un mois avec le délai normal.

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BibiCool360 - Merci beaucoup, j'espère que ce chapitre t'a plu aussi, même si perso, c'est pas mon préféré, mais le prochain devrait être cool :D

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yoh-nee - Merci beaucoup, ça me fait super plaisir ! :D J'ai perdu ma fiche avec les expressions animales mais dès que je la retrouve, d'ici le prochain chapitre, ça va saigner !
Moi aussi je trouve un peu ça frustrant, mais c'est génial quand même. Ne sois pas jalouse pour l'écriture, j'écris depuis maintenant dix ans et si tu voyais es premiers textes, tu rirais ^^. Mais merci, ça me touche :) (et crois-moi, ça viendra, ça vient avec la pratique ;)

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nyfa - Merci beaucoup ! ;D

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betouni - Ha ha, contente que tu te sois fait plaisir, moi j'aime toujours autant les écrire alors ça me va :D. Je te remercie pour ces compliments qui me vont droit au cœur et j'espère que tu apprécieras jusqu'à la fin ;)

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Maluna - xD Désolée de t'avoir fait poireauter, et encore plus pour celui-là, mais je suis contente que ça t'ai rendu ouverte aux SB/OC parce que sirius est vraiment un super perso à manier, plein de possibilités et assez riche et intéressant finalement. Merci pour ta review et à bientôt ;)

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PoissonRougeN1 - Blagues sur les chiens au prochain chapitre, ma vieille ;p. Je vais m'amuser, je sens ^^. A très bientôt en direct :p

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MMSSR - Merci merci, ça me fait plaisir :D. J'ai vérifié pour le nombre de frères et sœurs, et comme j'ai listé Lutha dedans, je pense que tu l'as comptée, d'où le total de neuf, mais elle en a bien huit et on ne compte pas Zephyr, qui est "seulement" son ami. Bref, le compte est bon ^^

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zuutt - J'avais aussi adoré ce chapitre ^^. La réponse pour la période de l'année est dans ce chapitre, et, s'il ne se passait rien avec la famille de Lutha, il aurait été superflu d'en parler ^^. Bref, tu découvriras la fin dans les chapitres à venir ;p

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Hely Sappho - Merci pour ta review et comme je ne spoile pas ma propre histoire, je te dirai qu tu verras bien ce qu'elle choisira, mais moi, je le sais xD. merci pour mon système immun, au fait ^^

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EmmaUneLectrice - Salut à toi etmerci pour cette review qui me fait plaisir. L'originalité c'est vraiment le compliment qui me touche le plus :). Pour ce qui est du secret de Noisette, on peut dire que tu es servie ^^. Le délai de mes chapitres est normalement plus court si ça t'inquiète, mais j'espère que tu vas continuer à apprécier cette histoire jusqu'à la fin :D

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Stilandra Black - J'espère que tu en as eu, de la patience, parce qu'il a été long à venir, dis donc ^^. Non en effet, c'était pas encore pour celui-là, mais si c'est pas le prochain, je vois mal comment je pourrais encore reporter ça vu l'évolution, mis bon, c'est le but :D. Merci pour le passé de Lutha, je l'ai vraiment travaillé en y réfléchissant donc je suis contente que ça plaise :). Bref, j'espère que tu te fais toujours autant plaisir en lisant mes bêtises et à la prochaine ? ;)

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Dedellia - Et non, ce n'est pas l'un de ceux-là, il était dans les autres, mais bon, tu auras assez de chapitres pour le trouver ^^. J'espère que tu vas continuer à te délecter avec la suite et que moi je pourrai continuer à me délecter de tes reviews ;). A bientôt :D

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bellarkeBB - Coucou ! ^^ Contente de te conter parmi mes nouvelles lectrices, alors ! Je suis super contente que tu trouves l'ambiance bien faite, ça me fait plaisir ! Oui j'aime bien les faire parler de leurs passés, c'est mignon tout plein. Et non, j'ai aucune honte à torturer mes lecteurs, bien au contraire, c'est plutôt amusant :p. En tout cas merci encore et à la prochaine, j'espère ;D

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HortenseDK - Salut ! :D Tu as tout lu d'un coup ? chapeau ! ça a dû te prendre un bout de temps ! Tes compliments me vont droit au coeur, ça me fait vraiment plaisir quand on me dit ce qui est bien dans ma fic, ça me permet de toujours m'améliorer :). J'espère que tu vas continuer à aimer et au plaisir d'avoir de nouveau une review de toi.

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gaby - Salut ! :) Merci beaucoup, ça me fait plaisir qu'elle te plaise et je suis contente qu'elle se démarque un peu. J'espère que tu continueras à l'apprécier ! :D

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readgirl22 - Quand tu seras parvenue jusqu'ici, si tu lis ces réponses, j'espère que ça t'aura plu et que les petits fours t'ont plu :D

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Guest - Naon naon, je vous oublie pas, promis, j'ai pensé à vous tous les jours, j'avais juste ni le temps ni l'inspiration pour boucler le chapitre.