25/12/15 - 23/05/16

Bonne lecture :)

Rien d'autre à dire, tout est à la fin (je vous ai assez fait patienter ^^)


Regulus eut un haut-le-cœur. Les paroles agressives de son frère aîné résonnaient encore à ses oreilles. Il ne comprenait pas comment ce frère qu'il avait autrefois admiré pouvait s'être fourvoyé à ce point. On lui dirait que le passe-temps de Sirius était de se rouler dans des détritus, il n'aurait pas une vision différente de la vie de son frère. Comment pouvait-il supporter de fréquenter la lie de l'humanité ?! Ne réalisait-il pas à quel point il lui était supérieur ? Il souillait sa personne et son nom, et, par extension, toute sa famille, en la côtoyant. Et cela, Regulus ne pouvait le supporter. Il leur fallait purifier leurs rangs, et non détruire encore un peu plus le noble patrimoine riche en sorcellerie. il repensa à sa courte entrevue avec l'animal qu'était Lutha Layos. La jeune fille n'avait fait montre d'aucun remords, au contraire. Elle lui avait paru ambitieuse, orgueilleuse et provocatrice. Il était hors de question qu'il laissât son frère tomber entre les mains de ce monstre. Quoi qu'il eût dit à celui-ci, il n'était toutefois pas prêt à s'en prendre à lui. Et il avait une idée assez claire de ce qui arriverait si c'était elle qu'il attaquait. L'heure n'était pas à ce genre de conflit. Il ne savait donc que faire pour sauver son aîné. Ses parents risquaient de ne pas montrer autant de compassion envers Sirius que lui ; il ne pouvait donc se risquer à leur en parler. Quant à ses amis... il doutait de réellement pouvoir leur faire confiance.
Il se prit la tête entre les mains. Il devait convaincre l'un ou l'autre de renoncer. La partie lui semblait perdue d'avance avec Sirius, qui refusait catégoriquement le dialogue. Son frère était en rébellion ouverte avec la famille depuis des années. Mais il se méfiait de la discussion avec la chat-garou. Il devait pourtant essayer ! Il retournerait la voir et finirait par obtenir gain de cause. Après tout, elle n'avait pas vraiment montré de signe d'énervement et elle paraissait abordable sur le plan de la négociation. Il fallait juste qu'il réussît à se montrer plus malin qu'elle.

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Jonathan, lassé par les révisions, se laissait aller à lire un bon roman au coin du feu, comme il était toujours appréciable de le faire de temps à autre pour un Serdaigle. Bien que cela lui parût trop proche d'une généralisation, il devait admettre que ceux qui n'appréciaient guère la lecture étaient rares dans cette maison. Le repas n'était pas terminé depuis longtemps et la salle commune était remplie. L'instinct et l'habitude lui permirent toutefois de repérer la tête blanche dans la masse lorsque Lutha franchit d'un pas vif la porte d'entrée. Elle regarda autour d'elle, le repéra rapidement et se dirigea vers lui, l'air un peu sonné.

- Que fais-tu là ? S'étonna-t-il en levant les yeux de son livre lorsqu'elle arriva devant lui. Tu n'étais pas censé être allée te promener ?

Lutha hocha la tête. C'était en effet ce qu'elle avait dit en le quittant juste après le dîner. Elle avait le souffle court et ce n'était probablement pas dû à un effort sportif. Il haussa un sourcil curieux en la dévisageant. Il n'aurait su dire quoi, mais il percevait que quelque chose avait changé. Il ne l'avait jamais vue ainsi.

- Dois-je remettre ma soirée de lecture au coin du feu à plus tard pour une discussion d'importance capitale ? Demanda-t-il donc d'un ton paisible.

Elle sourit nerveusement.

- Je dois reconnaître que j'apprécierais le geste, acquiesça-t-elle.

Il ferma son livre et se leva sur le champ sans chercher à masquer l'étincelle de curiosité qui luisait dans ses yeux.

- Viens. Il n'y a encore personne dans mon dortoir, aux dernières nouvelles.

Elle le suivit dans les escaliers et ils s'assirent face à face en tailleur sur le lit du jeune homme. Celui-ci fixa son amie en attendant qu'elle lui expliquât la situation. Elle tentait visiblement de retrouver son calme. Jonathan attendit donc patiemment en l'observant. Elle ouvrit plusieurs fois la bouche pour amorcer la discussion, sans succès, et finit par réussir à déclarer abruptement :

- C'est à propose de Sirius. De Black.

- Je ne peux pas dire que je ne m'en doutais pas, se contenta de lâcher Jonathan avec un brin de sarcasme. Que se passe-t-il ?

Elle secoua la tête avec une expression étrange qui fusionnait l'exaspération et l'amusement.

- Je te la fais en bref ? Son abruti de petit frère est allé lui parler, il a pété les plombs, il est parti dans la forêt où je l'attendais, et il a... admirablement retourné la situation.

- Tu l'attendais ? Releva-t-il, moqueur.

Elle agita la main pour lui dire de laisser tomber.

- Son frère m'avait déjà menacé et je me doutais qu'il lui parlerait également. Je... sais ce que ça peut faire, alors... Bref, l'essentiel n'est pas là.

- Retourné la situation ? Reprit-il donc, devinant que c'était là que se cachait la clé.

Lutha rougit alors plus intensément qu'elle n'avait jamais rougi. Elle regarda autour d'elle comme pour chercher une échappatoire. Elle lui donnait soudain l'impression de regretter cette discussion. Sans doute était-il arrivé quelque chose qui la gênait vraiment. Il écarquilla un instant les yeux en la dévisageant. Elle ne cessait de passer la langue sur ses lèvres. Il ne pensait pas devoir chercher très loin la raison de ce geste inconscient.

- Non ?! C'est arrivé ?! S'exclama-t-il, y croyant à moitié.

Il s'attendait certes à ce que la situation continuât à évoluer, mais il ne pensait pas qu'un tel retournement surviendrait si brusquement. Il pensait la volonté de Lutha un peu plus ferme mais il avait sous-estimé l'influence des sentiments sur sa raison, apparemment. Il n'avait donc aucune idée de la manière dont cela s'était produit et comment elle avait bien pu réagir.

- Qu'as-tu fait ? Et que vas-tu faire, maintenant ? Tu as pris la fuite ?

Elle soupira, conservant sa couleur de tomate mûre.

- Oui c'est arrivé. Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire et non, je n'ai pas pris la fuite. Enfin... pas vraiment... Je ne sais pas trop ce qu'il en est, en réalité.

Il la dévisagea avec un amusement teinté de curiosité. De toute évidence, elle trouvait plus embarrassant d'aborder ce sujet que d'évoquer simplement ses sentiments.

- Si tu veux mon avis, il va falloir que tu me racontes ce qui s'est passé sans omettre de détail. Et je te promets que je ne rirai pas, pas plus que je ne chercherai à te mettre mal à l'aise, déclara-t-il d'une voix assez douce.

Elle hocha la tête. Elle le savait sans doute déjà. Elle prit son temps avant de se lancer, mais elle finit par lui expliquer ce qui s'était passé exactement. Elle lui narra à mi-voix les sensations qu'elle avait éprouvées. Lorsqu'elle se tut, son récit achevé, il poussa un léger soupir. Il n'aurait pas imaginé la chose si intense. Mais il n'était jamais tombé amoureux et ne connaissait que la théorie. Lutha fournissait un sujet d'études assez passionnant, il devait l'admettre. Il lui adressa un sourire en coin.

- Ma vieille, si cette année ne te fait pas tourner schizophrène, je pense que c'est que tu as un mental d'acier. Ou un cœur de pierre, à toi de voir.

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Elle esquissa un pauvre sourire. Se vider de ses émotions lui avait fait du bien, mais l'avait curieusement épuisée. Une sensation étrange s'agitait en elle et elle sentait que ce n'était pas à John qu'elle aurait dû s'ouvrir de ce qu'elle avait ressenti.

- Donc, reprit-il avec douceur, que vas-tu faire ?

- J'imagine que...

Elle s'interrompit. Servait-il encore à quelque chose qu'elle prît ce genre de décision ? De toute façon, elle n'arrivait à tenir aucune de ses résolutions lorsque Black était dans les parages. Il pouvait lui faire faire n'importe quoi, son cœur répondrait avant sa cervelle, avec lui. Cette réflexion la fit rire et elle sentit le poids d'une prise de décision disparaître de ses épaules. Arès tout, à quoi bon s'en soucier, au vu de l'état des choses ? Il serait bien temps de clarifier les choses, ainsi que son esprit, d'ici quelques semaines ! Elle n'avait pas vraiment de solution pour échapper à ce qui arrivait, de toute façon.

- Oui ?

Jonathan la dévisageait avec une moue moqueuse, comme s'il devinait en grande partie ses réflexions. Elle lui adressa un sourire et s'exprima d'une voix ferme :

- Je ne vais rien faire, tout simplement. Je vais... laisser Black mener la danse, pour une fois.

Il haussa un sourcil amusé.

- Pour une fois ?

Elle lui tira la langue.

- Pour une fois, volontairement, si tu préfères.

- Je préfère, la nargua-t-il avant de prendre un air pensif. Je pense que c'est une sage décision, vu la situation. Ça te permettra de pouvoir garder une longueur d'avance au lieu de te laisser surprendre par des événements que tu n'auras pas su contrôler.

Elle grinça des dents et se leva en lui tirant à nouveau la langue.

- Noisette est de sortie ? Se moqua-t-il.

- Non, pas ce soir, je pense. J'ai besoin de me reposer et de ne pas le voir, je pense... Et puis je ne suis pas sûre de vouloir savoir ce qu'il va dire de ce qu'il s'est passé à ses amis.

John éclata de rire et secoua la main pour la saluer quand elle commença à s'éloigner.

- Bonne nuit alors ! Et... bonne chance pour t'endormir !

- Petit con ! Siffla-t-elle avant de s'asseoir sur la rambarde pour se laisser glisser dans les escaliers.

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La porte s'ouvrit à la volée, faisant sursauter Remus comme un diable. Concentré sur la lecture d'une formule complexe, il n'avait pas entendu les pas précipités dans les escaliers. La main sur son cœur, il adressa un regard courroucé à Sirius. Il changea cependant rapidement d'attitude en observant son ami. Celui-ci était parti fou furieux après une discussion avec son frère cadet, il avait probablement croisé Lutha sur son chemin, et il revenait avec un air agité et triomphant. Voilà qui était plutôt intrigant et Remus avait très envie de savoir le fin mot de l'histoire. Sirius jeta un coup d'œil circulaire dans le dortoir avant de se retourner vers lui.

- Où est Cornedrue ?

Le loup-garou haussa un sourcil. Apparemment, il ne serait pas le premier à connaître la cause de cette agitation. Il n'en était pas vraiment surpris, mais sa curiosité s'en trouva renforcée.

- Dans un coin quelque part avec Lily. Ils voulaient être tranquilles. Tu veux voir sur la Carte ?

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Sirius hésita un instant. La règle de ne pas déranger son meilleur ami dans ses moments d'intimité trottait dans son esprit, mais ce qu'il avait à raconter lui semblait d'une importance capitale. Il aurait pu attendre le retour de James, mais il ne s'en sentait pas capable.

- Vas-y, montre !

Lunard sortit la Carte et prononça la formule, révélant Poudlard. Ils ne tardèrent pas à repérer leur ami, dans une salle de classe voisine de la tour de Gryffondor.

- J'y vais ! Je reviens !

Le jeune homme sortit aussi promptement qu'il était venu. Il se sentait fébrile. La sensation de Lutha lui rendant son baiser brûlait encore en lui. Il n'avait pas réellement envisagé cette solution, persuadé qu'elle prendrait la fuite sans hésiter. Son inclinaison pour lui devait être plus forte que ce qu'il avait estimé. Il avait pensé qu'il lui plaisait simplement, mais de toute évidence, c'était plus profond que cela. Ce qui le perturbait un peu, c'était que réaliser cela ne le dérangeait pas plus que ça. Lui qui avait toujours essayé d'éviter les relations avec des filles trop amoureuses, ce qui, en passant, n'était pas facile quand on était lui, il trouvait étrangement agréable d'envisager que la chat-garou ressente vraiment quelque chose pour lui. Il préférait ne pas vraiment s'attarder sur la question. Il ne se sentait pas prêt à assumer les conclusions que cela aurait pu amener.

Arrivé devant la porte de la salle où se trouvait son ami, il hésita à nouveau, puis il toqua résolument. Un petit cri de surprise accompagné d'un grognement se firent entendre. La voix de James retentit, méfiante :

- Oui ?

- Je suis vraiment désolé de vous interrompre, mais je dois absolument te parler.

Seul le silence lui répondit, puis, une demi-minute plus tard, la porte s'ouvrit sur un James Potter et une Lily Evans un peu décoiffés. Ils arboraient le même air un peu blasé et curieux.

- Euh... seul à seul, si possible, ajouta Sirius en jetant un coup d'œil embarrassé à la jolie rouquine.

Avec une expression résignée mais pas vraiment étonnée, elle prit la direction de la salle commune, les laissant entre eux. Il se retourna vers James qui attendait en le dévisageant, amusé. Visiblement, il avait décidé de ne pas s'agacer de l'interruption et attendait avec curiosité. Ils rentrèrent dans la salle de classe en refermant la porte.

- De quoi s'agit-il ? Ça va mieux ? Tu n'avais pas l'air dans ton assiette, tout à l'heure. C'est Layos qui t'a remonté le moral comme ça ?

Le Gryffondor ne put empêcher un large sourire de s'étaler sur son visage. Le même se dessina alors sur celui de Cornedrue.

- Apparemment, j'ai touché plus que juste. Que s'est-il passé ?

- Et bien... Tu te rappelles quand je t'ai dit que je pensais lui plaire ?

Un rire moqueur échappa à son meilleur ami.

- Oui, je me souviens de quelque chose dans ce goût-là. Alors ? C'est vérifié ?

- Amplement.

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James éclata de rire. Lui-même n'avait pas vraiment douté de cette affirmation, mais de toute évidence, ce n'était pas le cas de Sirius. Il voyait cela comme une preuve ultime de l'implication sentimentale de son ami, d'ordinaire peu enclin à douter de son "charme légendaire".

- Et comment en as-tu eu la preuve, alors ?

Il eut le droit au bref récit de ce qui s'était passé ce soir-là, incluant la discussion avec Regulus. Il eut cependant l'impression que son ami passait sous silence certains détails. Mais ne lui avait-il pas dit que Layos avait un secret qui ne dépendait pas de lui ?

- Et elle s'est enfuie ?

- Oui.

- Mais elle t'a quand même embrassé.

- Oui !

L'attrapeur rit. Sirius était complètement fébrile et ne savait apparemment pas vraiment quoi faire pour décharger son énergie. Il avait l'impression de se voir quelques mois auparavant. Sauf que pour Patmol, son meilleur ami n'avait pas cherché à casser l'ambiance en détestant la fille qui lui plaisait, songea-t-il ironiquement, mais il retint de lui en faire la réflexion. Il ne pensait pas que son ami ait encore vraiment accepté la manière dont il voyait Layos. Et la comparaison avec lui et Lily risquerait de braquer son ami.

- Comment tu crois que ça va se passer maintenant ? Se contenta-t-il donc de demander.

Les sourcils de Sirius se froncèrent brusquement, comme s'il venait de penser à quelque chose.

- Je...

Il semblait hésiter.

- Sirius ?

- Je crois que j'ai besoin de tout te raconter mais je ne sais pas si je peux. J'ai confiance en toi, bien sûr, mais... c'est dangereux pour Lutha.

James attendit. Il n'était pas en droit d'exiger de savoir, même s'il en avait très envie. Apparemment, son ami s'était fourré dans de sacrés problèmes en choisissant cette fille, mais il ne parvenait pas vraiment à en être surpris. Tête brûlée Sirius était et tête brûlée il resterait probablement. Il sembla finalement se décider.

- Il y a quelque chose qu'il faut que tu saches à propos d'elle. La raison pour laquelle elle se comporte comme elle le fait, pourquoi elle est si solitaire, pourquoi des Serpentards l'ont agressée et pourquoi mon frère tient absolument à ce que je ne la fréquente pas. Et pourquoi elle aussi a tenté de maintenir la distance aussi... agressivement.

- Je t'écoute.

La curiosité de James était piquée au vif, à présent. Il ne voyait absolument pas ce que son ami allait pouvoir lui dire après cette tirade. Mais de toute évidence, Layos n'était pas "ordinaire".

- Lutha Layos... est un chat-garou, lâcha finalement Sirius dans un souffle.

Ahuri, Cornedrue le dévisagea, attendant presque un démenti ou la preuve que Sirius lui faisait une farce. Mais l'air sérieux qu'il arborait acheva de le convaincre. De plus, tout semblait logique une fois cela dit. Et cela expliquait une réflexion que son père lui avait faite après avoir rencontré Jonathan Float et Lutha Layos à la fête du nouvel an. Il lui avait conseillé de ne pas se mêler des affaires de la jeune fille, mais James n'avait pas eu le courage de passer le message à son ami, celui-ci étant tellement obsédé par la Serdaigle. Avant qu'il n'ait pu répondre quoi que ce soit, Patmol reprit la parole :

- Tous les préjugés des familles de sangs-purs à propos d'eux et la façon dont on les voit en cours... ça ne lui correspond pas. Elle est traitée comme une paria chez les siens parce qu'elle a des pouvoirs magiques, d'après ce que j'ai pu comprendre. Je pense qu'on peut faire le parallèle entre sa situation familiale et la mienne, j'imagine. En tout cas, elle mérite sa chance. Mais... je crois qu'elle est terrorisée par sa famille, son père d'après ce que j'ai compris. Elle ne m'a pas dit grand-chose, mais j'ai compris tout seul certaines choses à travers ses réponses éparses. Je ne sais pas si elle arrivera à échapper à leur emprise. Elle a peur. Pour elle. Et... pour moi aussi, je crois.

James resta un instant silencieux, le temps d'assimiler ce que Sirius venait de lui raconter. Les raisons pour lesquelles Layos lui faisait cet effet apparaissaient à présent clairement dans son esprit. En plus de l'apprécier comme il aurait pu apprécier une amie, il se reconnaissait en elle et cela faisait sans doute toute la différence.

- Ça veut dire que vous ne pouvez pas vous afficher ? Je veux dire, s'il y a suite à ce qu'il s'est passé ce soir...

Son ami hocha la tête.

- Que comptes-tu faire ? Pour elle, je veux dire.

La voix de Sirius était ferme et son regard décisif lorsqu'il répondit :

- Je veux l'aider. Je veux qu'elle soit libre de ses choix. Je sais qu'elle veut échapper à leur emprise. Je... Je veux qu'elle choisisse... un autre camp... je veux...

L'attrapeur sourit avec un mélange de compassion et de tendresse à son meilleur ami.

- Tu veux qu'elle te choisisse, n'est-ce pas ?

Sirius hocha la tête lentement, réalisant ce qu'il souhaitait. Il prit la parole à voix basse :

- Je ne suis pas prêt à reconnaître quoi que ce soit, avant que tu ne le demandes. Mais je veux faire ça. Pour elle.

James acquiesça et passa un bras autour de ses épaules.

- Je vais t'aider. On va tous t'aider si on le peut.

- Merci.

- C'est normal, sourit-il en retour. Mais, ajouta-t-il, moqueur, tu me dois une soirée en tête à tête avec Lily.

Ils éclatèrent de rire et rentrèrent au dortoir ensemble, bras dessus bras dessous. Remus les y attendait de pied ferme.

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- Alors ? Que s'est-il passé avec Lutha ? Les interpella-t-il dès qu'ils eurent fermé la port du dortoir derrière eux.

Il les vit échanger un regard amusé et surpris.

- Nous t'avons connu plus subtil, Lunard, se moqua James.

Le loup-garou leva les yeux au ciel.

- A quoi bon ? Deux de mes amis sont impliqués et je veux savoir ce qu'il en est.

Le sang-pur s'avança vers lui et le dévisagea avec curiosité.

- Remus, réponds-moi en toute franchise : savais-tu que Lutha éprouvait quelque chose pour moi ?

Le loup-garou fronça les sourcils. Son ami tentait-il de lui faire avouer alors que lui-même ne le savait pas ? Comme s'il lisait dans ses pensées, Sirius le rassura en levant les mains en geste défensif.

- Quoi que tu me dises, je le sais, de toute façon. Layos m'a embrassé.

Remus poussa une exclamation de surprise. Aux dernières nouvelles, Lutha n'aurait certainement pas amorcé elle-même le premier pas.

- Elle t'a embrassé ?

- Disons en tout cas qu'elle ne m'a pas repoussé, si tu préfères, se corrigea Sirius.

Le lycanthrope soupira. Il ne savait pas s'il devait se réjouir pour ses amis ou s'inquiéter pour eux.

- Oui, je le savais, répondit-il à la première question de Patmol. Ce n'était pas difficile à deviner, quand on la connaît.

Sirius baissa la voix pour déclarer doucement :

- J'ai mis James au courant de la situation. Complètement. Et ne me regarde pas avec cet air de reproche, tu sais que James ne dira rien.

Remus soupira à nouveau.

- Lutha est inquiète. Beaucoup de monde est déjà au courant. Elle a peur.

- Je sais. Lunard, j'ai besoin de savoir. M'aideras-tu ? Tu sais ce que je veux.

Le jeune homme hésita. Oui, il savait bien ce que Sirius voulait. Il le savait probablement même mieux que lui, mais Lutha lui faisait confiance et il ne pouvait pas trahir sa confiance au profit de celle de Sirius.

- Je ne sais pas ce que je peux faire, et je ne trahirai pas les choses qu'elle pourrait me dire. Cela dit, elle ne me parle pas beaucoup. C'est à Jonathan qu'elle se confie. Ce que je eux te proposer, c'est que nous les intégrions à notre groupe. Les choses ont déjà commencé à se faire. Devenez amis avec John et Lutha n'aura plus de raisons de se montrer distante. Si c'est par elle que vous approchez, elle ne peut pas se laisser faire. Je crois qu'elle se pense surveillée. Bien sûr, il y a peu de chances que quiconque soit dupe, mais à ses yeux, la différence comptera. Cela dit, il ne reste pas beaucoup de temps. Mais je crois que ce ne sera pas difficile.

Le sang-pur eut un large sourire.

- Merci Remus ! C'est une très bonne idée ! Je savais que je pouvais compter sur toi ! Je savais que je pouvais compter sur vous deux !

- Compter sur eux pourquoi ?

Ils se retournèrent tous trois d'un bloc vers la porte. Peter les regardait tour à tour d'un air soupçonneux et un peu jaloux

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- Vous avez fait quoi ?!

Jonathan posa une main apaisante sur le bras de Lutha, mais celle-ci se dégagea en se remettant à faire les cent pas face à Remus.

- Passe que John ait deviné ma nature. Passe aussi que tu l'ai découverte accidentellement. Passe enfin que Si... Black l'ait également deviné. Mais que vous l'ayez dit à Potter et Pettigrow ?! Je pensais que je pouvais te faire confiance, Remus !

Le Gryffondor semblait très mal à l'aise et malheureux de se retrouver dans cette situation. John prit sa défense :

- Lutha, toi et moi savons que ce n'est probablement pas Remus qui voulait parler mais Black. Et ces quatre-là savent garder un secret, non ? Après tout, ils ont caché la nature de Remus toutes ces années, pourquoi pas la tienne ?

La jeune fille passa une main dans ses cheveux, très agitée.

- Là n'est pas la question ! Je ne peux pas me permettre qu'autant de monde soit au courant ! C'est dangereux ! Pour vous ! Je... Ok pour Potter parce que de toute façon, lui et Black donneraient leur vie l'un pour l'autre, même si ça ne ma plaît pas. Mais Pettigrow n'avait rien demandé, lui ! Vous l'avez mis en danger de façon irresponsable et inconsidérée !

Le grand Serdaigle soupira. L'énervement faisait exagérer son amie.

- Lutha. Ça suffit. Ils ne font que le savoir. Le seul qui est véritablement en danger dans tout ça, c'est Black. Et toi et moi savons que tu ne voulais pas que les autres le sachent parce qu'ils le soutiendraient probablement pour l'influence qu'il essaie d'avoir sur toi.

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Remus ouvrit de grands yeux. Il n'aurait pas osé affirmer une telle chose et il pensait Jonathan plus prudent. La chat-garou jeta un long regard noir à son meilleur ami sans plus se préoccuper de lui. Cela prouvait assez bien qu'elle ne lui en voulait pas vraiment mais que c'était bien la vérité que venait d'énoncer John qui la dérangeait.

- Jonathan, murmura-t-elle d'une voix à peine audible. Tu sais ce qu'il en est. Tu es le seul à le savoir. Ne me laisse pas seule alors que tu es le seul à me comprendre et à me soutenir.

Le lycanthrope se sentit soudain très embarrassé d'assister à cette scène. Il se sentait de trop entre les deux Serdaigles. Ils partageaient quelque chose que partageaient James et Sirius, Mary et Lily, et de nombreux autres duos d'amis, mais lui n'y avait pas sa place. Cette confiance les reliait tous les deux et les faisaient se soutenir quelque soient leurs décisions.

Lutha se racla la gorge et il se permit de les regarder à nouveau. Les yeux de Jonathan brillaient plus que d'ordinaire et les sourcils de la jeune fille étaient de nouveau froncés de mécontentement. Elle se retourna vers lui.

- Remus, je sais que ce n'est pas ta faute mais... je suis en colère tout de même.

Elle sortit de la salle en claquant la porte derrière elle.

- Et bien... Soupira Jonathan. Elle ne l'a pas bien pris, je crois.

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La carte ne quittait quasiment plus Sirius, au grand dam de ses amis, cependant, ils s'étaient mis d'accord sur le fait qu'il en aurait sans doute besoin pour parvenir à ses fins. Le jeune homme gardait un œil sur le parchemin tout en grignotant des noisettes grillées. Il en croqua une dernière, fourra le sachet dans son sac, fit disparaître la carte et rangea le parchemin dans sa poche avant de sauter de son rebord de fenêtre pour atterrir en souplesse sur le sol avant de se mettre en marche d'un pas vif.

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Lutha sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine. Elle ne savait que penser. Elle savait que John lui avait promis de la soutenir quelque soit son choix et ils savaient tous deux qu'il aurait sans doute aimer la voir faire un autre choix, mais elle n'avait pas envie de le voir. Avait-elle le droit d'exiger de lui qu'il se contentât d'être là sans donner son avis ? Cela ne paraissait pas très juste. Elle aurait aimé y réfléchir au calme, mais elle ne parvenait pas à chasser sa colère. Elle n'aurait pas dû s'en prendre à Remus, bien entendu. C'était Sirius le fautif. Ce n'était pas tout à fait exact. Mais elle préférait se dire cela que d'envisager que la responsabilité lui incombait. Elle n'aurait pas pensé que les choses risquaient d'avancer vite pour le peu de temps qu'il restait avant la fin de l'année. Une part d'elle en voulait à Black pour avoir révélé son secret. Il l'avait deviné, comme John, et cela en avait fait quelqu'un de spécial à ses yeux.

Une main se referma sur son bras et elle se sentit happée sans avoir le temps de résister. Elle poussa un glapissement et trébucha à moitié sur un seau tandis que la porte d'un placard à balais se refermait derrière elle. Ses pupilles se dilatèrent et sa vision s'éclaircit.

- Ce sortilège est vraiment très efficace contre toi. Finite !

Les odeurs du placard, des différents objets et de Sirius Black redevinrent perceptibles. Un délicieux mélange de noisette, de shampoing à l'abricot et de déodorant masculin firent frissonner Lutha.

- Black, siffla-t-elle d'une voix furieuse. Comment oses-tu...

La main du Gryffondor lâcha son bras pour venir agripper sa nuque. Il l'embrassa avec une fougue avide. Elle répondit sans même y penser. Mais sa raison rattrapa ses sens bien vite. Tirant sa baguette de sa poche, elle le repoussa fermement en appuyant son bras sur son torse et brandit son arme entre eux. Elle se sentait fiévreuse et fébrile et cela l'énervait encore plus. Elle avait envie de le frapper pour lui donner tant envie d'être dans ses bras. Il la fixait dans la pénombre, sourcils froncés.

- Qu'est-ce t'a pris ?! Gronda-t-elle, essoufflée.

- J'en avais envie, répliqua-t-il sans une hésitation.

Elle serra le poing, faisant craquer ses os sans le vouloir, et ses narines se pincèrent.

- Et bien tu devrais songer à ne pas faire sans réfléchir tout ce dont tu as envie, Black !

- Sirius.

- Quoi ?

- Je m'appelle Sirius, Lutha.

Elle resta sans voix un instant, désemparée.

- Et toi, poursuivit-il, tu devrais au contraire songer à faire plus souvent ce dont tu as envie.

L'envie de le frapper devenait aussi irrésistible que celle de l'embrasser et Lutha se força à respirer calmement pour refréner l'une comme l'autre. Elle avait de bonnes raisons d'être en colère contre lui et il ne les lui ferait pas oublier aussi facilement.

- Qu'est-ce qui t'a pris de dire la vérité à Potter et Pettigrow ?!

Sans doute ne la voyait-il pas aussi bien qu'elle le voyait, mais il savait cela. Il eut l'air un peu triste.

- Je suis désolé de l'avoir fait. J'avais besoin de partager ça avec mes amis. Notre... situation est trop compliquée pour que je garde ça pour moi.

- Tu aurais pu en parler à Remus ! Les autres n'avaient pas besoin de savoir !

Elle savait que c'était faux, mais elle avait besoin de faire sortir sa colère d'une façon ou d'une autre.

- Remus a ses propres problèmes et tu le sais. J'aurais pu ne rien dire, c'est vrai. Mais ils ne diront rien à personne et n'ont aucune intention de te nuire ou de faire quoi que ce soit qui puisse amener l'attention de ta famille sur eux un jour. Ça aussi, tu le sais. Il n'y a pas de bonne raison pour te mettre dans un état pareil. Pour moi, c'était important qu'ils sachent.

- Afin qu'ils puissent t'aider à foutre la pagaille dans ma vie ?! Siffla-t-elle, venimeuse.

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Sirius écarquilla légèrement les yeux. Il commençait à comprendre. Il s'en voulait de mettre la jeune fille dans des états pareils, mais, d'un autre côté, sans passer par là, il ne parviendrait pas à l'aider. Elle ne savait plus où elle en était et la peur de ce qu'elle risquait d'affronter en fonction de ses choix se manifestait sous la forme de cette colère.

- Frappe-moi, Lutha.

Bien qu'il ne la vit pas très bien, il vit quand même ses yeux s'ouvrir de surprise.

- Quoi ?

- Il vaut mieux que ce soit moi plutôt que Float, Remus, ou quiconque qui subisse ta colère. Et puis... pour être honnête, tu as l'air d'en avoir envie depuis un moment. J'apprécierais juste que tu ne me casses pas le nez une seconde fois.

Il sourit malgré lui en y repensant. Cela lui semblait tellement loin maintenant. La chat-garou le fixait, l'air abasourdi. Il la vit serrer les dents. Sans doute lui en voulait-elle encore plus de lui proposer, mais il ne voyait pas quoi faire d'autre. Il ne faisait qu'utiliser une technique que lui et James avait développée lors de certaines colères. Parfois, se défouler physiquement était juste ce dont on avait besoin. Elle leva lentement les mains devant elle et les regarda, comme pour se demander si elles étaient capables de cela. Et ses bras se refermèrent soudain sur lui. Il sentit sa main gauche agripper son épaule et sa main droite remonta dans ses cheveux, plantant ses ongles dans son crâne. Elle le tira vers elle et l'embrassa avec la même fougue qu'il avait lui-même manifestée un peu avant. Lorsqu'ils se séparèrent, il l'avait rarement vue aussi échevelée. Il la saisit par le poignet alors qu'elle allait ouvrir la porte pour filer.

- Tu ne t'enfuiras pas à chaque fois.

Contre toute attente, elle se ravisa et sourit et s'assit sur un seau retourné. Il l'imita en la lâchant, curieux.

- Non, c'est vrai, finit-elle par répondre. Apparemment, je ne peux pas t'échapper, puisque tu as moyen de me retrouver partout dans le château. Je ne vois donc pas l'intérêt de te fuir.

Il la dévisagea, perplexe.

- Tu n'es plus en colère ? Juste comme ça ?

Elle sourit à nouveau.

- Et bien, en plus de ne pas pouvoir te fuir, je ne pense pas pouvoir te résister. Et la colère n'est pas un très bon moyen de raisonner.

Il eut un sourire satisfait sans pouvoir le réprimer.

- Black, soupira-t-elle. Comment fais-tu pour avoir un ego aussi surdimensionné ?

- Je suis génial, rétorqua-t-il avec un sourire en coin. Comment ne pas prendre la grosse tête ?

Elle ne répondit rien, et il supposa qu'elle avait simplement levé les yeux au ciel en souriant.

- Donc... tu ne vas pas me fuir ?

- J'imagine que non.

Il eut un large sourire.

- Mais que les choses soient claires. Même si j'accepte de t'appeler Sirius et que je supporte ta présence, ça ne veut pas dire pour autant que je pense du bien du toi. Pour moi, tu es toujours une paramécie égocentrique doublé d'un sens de l'humour douteux et d'un mauvais esprit pour les métaphores.

Il éclata de rire.

- Ça me va, ma petite Layos.

Il l'attira à lui et lui embrassa le front.

- Ne sors pas tout de suite, au cas où quelqu'un me verrait, lança-t-il avant de retourner à la lumière du jour.

.

Restée seule, Lutha laissa tomber sa tête dans ses mains en riant malgré elle.

- Et bien, je suppose que par la force des choses, je suis plus ou moins la petite amie du légendaire Sirius Black...

.

ooo

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Le lendemain, lorsque la chat-garou entra dans la classe de défense contre les forces du mal, celle-ci était déjà pleine.

- Et bien, puisque mademoiselle Layos nous fait l'honneur de sa présence, nous allons pouvoir commencer le cours, lâcha l'enseignant en lui jetant un regard acide.

Elle gagna sa place à côté de Sirius et celui-ci lui adressa un sourire en coin. Elle ne le lui rendit guère et sortit ses affaires avant de tourner un regard morne vers le professeur. Elle n'eut pas à attendre deux minutes.

- Pourquoi ne porte-tu pas ta jupe d'uniforme mais un pantacourt ? Ça t'oblige à garder ta robe par dessus tout le temps, non ?

Elle le regarda comme s'il était stupide en se retenant de sourire.

- Dis-moi... As-tu déjà porté une jupe, Black ?

Il haussa les sourcils.

- Non. Et si c'était le cas, je ne l'avouerais probablement pas devant toi.

- Et bien essaye et tu auras ta réponse. Et dis à Potter de m'envoyer la photo. J'adorerais voir ça.

- Ne me mets pas au défi de le faire parce que je le ferai, ricana-t-il doucement. Plus sérieusement, la plupart des filles aiment porter des robes ou des jupes. Lily, par exemple.

Lutha ne répondit pas tout de suite. Était-elle vraiment en train d'avoir cette conversation avec Sirius ? Elle avait l'habitude de ses questions sans queue ni tête mais elle n'avait pas vraiment envie de se lancer dans un débat sur les vêtements féminins. Il semblait pourtant qu'elle y soit contrainte.

- C'est faux. la plupart des filles en portent uniquement parce que ça les rend attirantes, ou en tout cas le croient-elles. Les filles comme Evans qui aiment vraiment ça sont rares et très bizarres...

- Les robes rendent les filles jolies, c'est vrai, rétorqua-t-il, amusé. Tu étais très bien dans ta robe au nouvel an.

Elle réussit à ne pas rougir en se rappelant d'où venait cette fameuse robe et haussa les épaules.

- Ce n'est pas confortable ni pratique. Je te demande pourquoi tu fais toujours un nœud de cravate lâche, quand tu daignes la nouer ?

- Tu pourrais. Tu n'es pas curieuse ? Tu ne m'as posé que très peu de questions. Il n'y a pas des choses que tu as envie de savoir ?

Elle retint un sourire. Trop facile.

- Oh si... Par exemple, je me demande pourquoi est-ce que le sort s'acharne sur moi ainsi avec toi. Si Dieu existait, ça fait longtemps que tu te serais pris la foudre pendant un match de quidditch.

- Mais qui te dit que ce n'est pas arrivé ? Tu ne viens jamais aux matchs. Pourquoi ?

Décidément, il avait l'art de retourner les questions. Et il lui reprochait de ne pas lui en poser ? Lui-même en avait tellement qu'il ne lui restait plus tellement de temps de parole.

- Pourquoi viendrais-je ? Je n'ai aucun ami parmi les joueurs et je n'aime pas particulièrement regarder ça.

- Samedi prochain, c'est le dernier match. Gryffondor contre Serdaigle. Maintenant, tu connais quelqu'un parmi les joueurs. Viens.

- Non.

Elle le dévisagea. Il avait un sourire têtu et semblait convaincu qu'il aurait son accord. Elle ne tenait absolument pas à aller s'ennuyer toute une matinée à regarder voler des sportifs après des balles. Les leçons de vol de première année lui avaient laissé un souvenir horrible. De plus, le stade était toujours bondé et bruyant et elle profitait toujours de ces moments pour passer un moment tranquille avec Jonathan.

- Float viendra, lui, affirma d'ailleurs le Gryffondor.

- Ça m'étonnerait.

- On parie ?

Soupçonneuse, elle se retourna pour jeter un coup d'œil discret à John. Elle écarquilla les yeux. Il n'était pas à côté de Lucy. C'était Potter qui lui tenait lieu de voisin et ils semblaient tous deux engagés dans une discussion animée chuchotée. Elle regarda à nouveau Sirius. Il arborait un air satisfait.

- Tu es vraiment un emmerdeur. Cela dit, j'ai encore des doutes sur le fait que Potter puisse le convaincre.

- On verra bien... Sourit-il en retour.

- Admettons que je vienne. Qu'est-ce que j'y gagne ?

- Un entretien privé avec un joueur de ton choix de l'équipe gagnante ?

Elle haussa un sourcil.

- Je ne connais pas les joueurs de Serdaigle et je ne suis pas sûre d'être du genre à apprécier les athlètes.

- Pas de mauvais esprit, jeune fille. Avec James comme attrapeur, Serdaigle n'a aucune chance.

Elle ne répondit rien et fit mine de regarder son cours. Elle sentait la présence de Spare derrière eux et elle espérait que Sirius comprendrait le message. Ce ne fut malheureusement pas le cas.

- Et pour être tout à fait honnête, je me défends comme batteur. Nous allons donc écraser votre équipe, samedi, et ce serait bien que tu viennes voir ça.

L'enseignant se racla la gorge, faisant sursauter le Gryffondor.

- Bien que je pense que tout le monde est en effet très intéressé par le résultat du match de ce samedi, monsieur Black, ce n'est sans doute pas une raison pour en disserter pendant mon cours. Je crois que miss Layos aimerait suivre son cours en paix, du moins est-ce l'impression qu'elle m'a donné dès que je me suis approchée suffisamment pour écouter ce que vous lui racontiez de si passionnant. Je vous prierai donc de vous concentrer. Cinq points de moins pour Gryffondor.

L'enseignant retourna à son bureau en gardant un œil sur eux et ils jugèrent plus prudent de s'en tenir là. La jeune fille passa donc le reste du cours à observer son voisin discrètement. A présent qu'elle avait goûté à ses étreintes, elle en avait envie fréquemment en le regardant.

Lorsque la cloche sonna, il ne s'attarda pas et se contenta de lui glisser un morceau de parchemin avant de rejoindre ses amis pour quitter la salle. Elle regarda le papier alors que John le rejoignait.

"Venez travailler avec nous dans la salle attenante à la salle de métamorphoses de deuxième année."

- C'est une bonne idée. James m'en a parlé, commenta son ami en lisant par dessus son épaule.

- "James" ?! Seigneur, John ! C'est de Potter dont tu parles ?

Le grand blond sourit.

- Je crois bien, oui. Il est beaucoup plus intelligent qu'il n'y paraît : ce cours était très instructif. J'espère que tu as pris des notes, parce que je n'ai pas suivi une seule minute.

Elle lui retourna un regard blasé pour toute réponse et il haussa les épaules avec fatalisme.

- Une chance qu'on voit les Gryffondors ce soir, ils pourront nous passer leurs notes.

- Ou on pourrait demander celles d'Elisabeth... Tenta-t-elle sans espoir.

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ooo

.

Le soir venu, Jonathan et Lutha se rendirent dans la salle que mentionnait le mot de Sirius. Ce fut Remus qui les accueillit.

- Les autres ne sont pas encore là. Vous m'avez un jour montré votre petit coin du château... Voici le nôtre.

Il eut un large geste du bras pour désigner l'ensemble. Deux canapés et trois fauteuils entouraient une table basse et plus loin, une grande table entourée de chaises droites se dressait devant une cheminée. Des bannières de Gryffondors avaient été suspendues un peu partout. Remus prit place dans un canapé, John dans un fauteuil et Lutha sur l'autre canapé, où elle se roula en boule comme un chat en frissonnant.

- Il y a des couvertures ? Il fait froid, ici.

Le loup-garou se leva et lui donna un plaid rouge et or dans lequel elle s'enroula, emmitouflant soigneusement ses pieds.

- Que comptez-vous réviser ?

- Sortilèges, répondit Jonathan en sortant divers objets de son sac (dont une tasse, une théière, un canard en plastique, un jeu de cartes et une brosse à dents) pour les disposer devant lui.

- Lutha ?

- Rien du tout. Je ne suis pas venue travailler.

Elle sortit de son sac un énorme livre. Remus se pencha en avant et elle lui montra la couverture avec un sourire ironique. Il renonça; le livre était en grec.

- C'est un roman de fantaisie que j'aime beaucoup, se contenta-t-elle de déclarer avant de se plonger dedans.

.

- Alors, Lily ? On n'est pas attentive en métamorphoses ? On fait les yeux doux au premier de la classe ?

- Hin hin, Sirius, très drôle. Tu peux parler, vu ton attitude en DCFM ce matin.

- Les enfants, on arrive, plaisanta Mary en poussant la porte de leur salle de révision.

Elles et Lily s'arrêtèrent sur le seuil et s'entre-regardèrent, surprises. Elles ignoraient la venue des Serdaigles.

- Ah, vous avez pu venir ! S'exclama James avec un sourire.

Il alla s'installer à côté de Jonathan en étudiant avec intérêt la brosse à dents, devenue brosse avec des dents, du jeune homme, qui essayait de le mordre. Lily haussa les épaules et fit signe à Mary. Toutes deux allèrent s'installer sur la table. Peter les suivit et Remus les rejoignit, les deux jeunes filles étant plus aptes à créer une ambiance de travail que le turbulent duo. Quant à Sirius, il alla tout naturellement prendre la place à côté de Lutha, qui ne réagit pas. Il passa un bras sur le dossier du canapé, derrière son dos, et sortit de l'autre main son manuel de divination.

- Tu veux savoir ce que te réserve l'avenir, Black ? Si tu veux, j'ai des infos quant à ton avenir immédiat, l'interpella Lutha d'une voix suffisamment basse pour que ceux assis à table ne les entendissent pas.

Il releva les yeux du livre sans avoir eu le temps d'en lire une seule ligne et sourit à sa voisine, prêt à encaisser et répondre.

- Vas-y, je suis curieux.

- Primo, tu vas sortir immédiatement de mon espace vital, sinon, il va t'arriver quelque chose de fâcheux. Secundo, tu risques d'échouer à l'examen de divination si tu révises comme ça.

Il suivit son regard en examinant son livre. Il avait pris celui-ci à l'envers. Il le remit dans le bon sens sans faire montre du moindre embarras.

- Et quant à ta première prédiction, je suis curieux de voir ça, rétorqua-t-il avec une moue sarcastique.

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Lutha hésita. Elle n'avait pas vraiment envie qu'il prît ses distances. Elle jeta un œil vers Potter et Jonathan. Ils semblaient déjà absorbés dans leur discussion et n'avaient donc pas suivi la leur, en toute apparence. Elle regarda donc à nouveau Sirius, prête à lui répondre. Sa voix s'éteignit dans sa gorge. Il s'était penché vers elle.

- Tu n'as aucune envie que je te laisse tranquille, Lutha, souffla-t-il, moqueur.

Elle le repoussa fermement d'une dizaine de centimètres, à une distance, qui, si elle n'était pas encore respectable, pouvait au moins laisser la place au doute pour les spectateurs.

- J'apprécierai un peu de discrétion de ta part, si ce n'est pas trop demander pour un m'as-tu-vu Gryffondor aux tendances canines.

Il haussa un sourcil.

- Il n'y a que des personnes de confiance, ici.

Elle jeta un œil vers les deux filles de Gryffondor. Elle n'avait aucune raison de se fier à elles, pas plus que de s'en défier.

- Je t'ai apporté un livre, annonça Sirius, coupant court à la conversation.

Elle se pencha pour saisir l'ouvrage qu'il lui tendait avec curiosité.

.

ooo

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- Le couvre-feu est dépassé, s'inquiéta John, apparemment peu désireux de récolter une retenue si peu de temps avant les examens.

Lily et Mary étaient retournées à la tour de Gryffondor une heure auparavant, mais le Serdaigle avait poursuivi la discussion entamée avec James, Remus et Peter et n'avait pas vu le temps passer.

- Vous ne devriez pas avoir de problème pour éviter les ennuis, non ? Demanda James en jetant un regard interrogateur Lutha.

Celle-ci fronça les sourcils et Sirius le maudit intérieurement. Voilà le genre d'allusion qu'elle ne voulait surtout pas entendre. Il intervint en tendant la carte à James.

- Tu devrais raccompagner Float chez les Serdaigles. Vu que Lutha a découvert seule l'existence de la carte, je pense qu'il sait de quoi il s'agit, inutile de lui cacher. Remus, tu rentres avec Peter ? Vous n'aurez pas de problème ?

Le loup-garou sourit.

- Je sais encore me débrouiller pour trouver des chemins sûrs.

Le sang-pur se retourna alors vers Lutha. Elle le fixait, les poings sur les hanches. Il leva les mains en signe de paix.

- Du calme, je ne te retiendrai pas longtemps.

Les deux Serdaigles échangèrent quelques mots à voix basse, puis tous se rangèrent aux décisions de Sirius. Chaque groupe s'éloigna dans une direction opposée, le laissant en tête à tête avec la chat-garou.

- Qu'est-ce que tu voulais ? Lui demanda-t-elle en haussant les sourcils.

Il la dévisagea avec attention. Ils n'étaient pas très loin d'une torche, et les mouvements des flammes jetaient des ombres sur la peau sombre de la jeune fille. Ses yeux d'ambre brillaient dans le noir. Ses pupilles étaient extrêmement dilatées, lui offrant sa vision nocturne si performante. Ses cheveux avaient un peu repoussé et tombaient en désordre devant ses yeux et sur sa nuque. Le contraste entre leur blancheur et sa peau avait quelque chose de magique. Dès le début, il l'avait trouvée assez mignonne, sinon, il n'aurait sans doute pas essayé de lui parler, mais, à présent, il se surprenait à apprécier chaque détail de son physique et la manière dont ils s'agençaient pour décrire ses différentes moues. Il se rapprocha d'un pas et elle la tête pour continuer à le regarder. Elle était si petite !

- Je souhaitais te dire bonne nuit d'une façon convenable, souffla-t-il en se rapprochant encore.

Elle se raidit soudain et le repoussa violemment avec une force qu'il ne lui soupçonnait pas. Elle l'avait ramené à une distance "raisonnable". Il sentit un mélange de colère et d'incompréhension monter dans sa poitrine, mais celui-ci disparut de lui-même dès qu'il croisa son regard affolé.

- Ton frère, articula-t-elle très bas.

Il regarda autour d'eux et ne vit rien qui leur permettrait de s'échapper. A sa grande surprise, elle le poussa alors derrière une statue et lui appliqua un sortilège de Désillusion qui lui fit froid dans le dos. Elle lui fit signe de se taire et se retourna juste à temps alors que Regulus apparaissait dans le couloir. Sirius dévisagea son frère. Il tenait sa baguette devant lui et avait l'air méfiant0

- Je te cherchais, Layos, annonça-t-il d'une voix suintante de mépris.

- A cette heure-ci ?

Le Gryffondor frissonna. Cette voix sans âme était celle qu'elle lui avait réservée des semaines durant au début de l'année.

- Je ne souhaite pas être vu avec quelqu'un comme toi. Cependant, certaines choses doivent être dites.

- Je pensais que tout avait été dit, rétorqua-t-elle, glaciale.

- Je ne crois pas que mon message soit passé, d'après ce que j'ai entendu dire.

Le sang de Sirius se glaça. Il avait pourtant essayer d'éviter que quiconque ne vît quelque chose de compromettant pour elle ou pour lui.

- Je ne sais pas d'où tu tiens tes sources, mais tu es mal informé, Black, répliqua Lutha d'une voix égale. Il me semblait t'avoir déjà dit clairement que c'était fort peu probable.

- Et bien tu ne m'en voudras pas de ne pas me fier à la parole d'un animal comme toi.

Sirius se retint de grogner. Il avait une furieuse envie d'étriper son petit frère pour ses derniers mots.

- Abrégeons, Black, je n'ai aucune envie de discuter avec toi. As-tu quelque chose d'autre que tes menaces ridicules de la dernière fois à me dire ?

Le Serpentard plissa les yeux.

- Tu as vu juste la dernière fois. Je ne pourrais pas m'en prendre à vous deux à la fois et je préférerais laisser ma famille en dehors de cela. Cependant, je suis sûr que les sorciers ne seraient pas les seuls à désapprouver une telle relation.

- Tu serais prêt à risquer la vie de ton frère pour une relation inexistante qui a autant de chance d'arriver que Serdaigle de gagner le prochain match de quidditch ?

Dans sa colère, Sirius ne put s'empêcher de sourire dans le noir. Cette fille était vraiment un as.

- Je serai prêt à orchestrer ta disparition si jamais j'ai la moindre preuve qu'une telle relation existe.

- Et bien dans ce cas, inutile d'aller plus loin, puisque cela ne risque pas d'arriver, mentit la jeune fille avec froideur.

Regulus la fixa quelques secondes sans répondre et tourna les talons pour s'éloigner sans un mot. Sirius attendit d'être certain qu'il était vraiment parti avant de sortir de sa cachette. Il s'appliqua lui-même le contre-sort qui le rendit à nouveau parfaitement visible. Luth leva vers lui un regard sombre et indéchiffrable.

- Je t'ai déjà mentionné le fait que mon frère est un horrible petit crétin stupide ?

- Oh, je l'avais deviné par moi-même. Il se croit beaucoup plus subtil qu'il ne l'est, non ?

- Je suppose. Je lui mettrais bien mon poing sur la figure.

Elle eut un léger sourire. De toute évidence, l'idée la séduisait également.

- Il va falloir être très prudent, Sirius.

- J'en ai conscience. Mais ne t'inquiète pas, ajouta-t-il avec un sourire moqueur. Je suis l'homme de la situation.

Elle répliqua vertement et ils se chamaillèrent pendant cinq minutes avant d'être interrompus par la voix de James Potter.

- Les enfant, il est temps de retourner se coucher. Bonne nuit Layos, je te l'enlève.

- Pas de problème, Potter. Il avait du mal à se décider à partir tout seul.

Sirius leva les yeux au ciel et embrassa la jeune fille sous le sourire moqueur de son meilleur ami.

- Bonne nuit.

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ooo

.

La semaine se déroula à peu près de la même façon que le lundi, les deux Serdaigles rejoignant quasiment tous les soirs les Gryffondors dans leur salle. Les examens commençant à se faire inquiétants, ils révisèrent beaucoup. Lutha et Sirius se voyaient donc le soir et discutaient pendant leurs cours de défense contre les forces du mal, ainsi qu'occasionnellement dans des placards à balais au détour des couloirs. Ils se contentaient de discuter plus ou moins aimablement de sujets d'intérêt communs ou de se lancer des piques. Sirius avait bien tenté de poser des questions plus personnelles à la chat-garou, mais elle n'avait répondu à aucune. Apparemment, seul Jonathan avait eu droit à ses réponses sur elle. Ils ne parlaient pas de l'avenir ou du sens de leur relation, chacun ne sachant pas ce que l'autre y voyait, mais ils appréciaient les moments volés qu'ils pouvaient passer ensemble.

Jonathan, lui, s'était lié assez vite avec James. Il connaissait déjà Remus, bien sûr, et il étudiait Peter avec intérêt. Lily et Mary étaient également souvent avec eux, mais elles révisaient la plupart du temps. Elles avaient toutefois fait sa connaissance et appréciaient son humour, plus fin que celui des Gryffondors et probablement plus proche du leur.

Lorsque vint le samedi matin, Lutha écouta ses camarades de dortoir sortir en discutant avec enthousiasme et se retourna avec délice dans sa couette pour profiter d'une grasse matinée amplement méritée. Celle-ci fut cependant écourtée par le son persistant d'un bec de hibou frappant sa fenêtre à répétition. De très mauvaise humeur, elle sortit de sous ses draps pour aller ouvrir au volatile. Il s'agissait d'un magnifique hibou grand duc noir, si l'on appréciait les piafs. Elle détacha la lettre qu'il lui tendait et il fila sans demander son reste, son instincs d'oiseau l'incitant à la fuir. Elle s'apprêtait à se recoucher immédiatement pour lire la lettre plus tard, mais elle reconnut l'écriture de Sirius et soupira longuement. Elle décacheta le pli. Il ne contenait qu'un bref mot et une rosette aux couleurs de Gryffondor.

Viens voir le match, s'il-te-plaît. Jonathan t'attend dans votre salle commune.

Sirius.

Elle poussa un grognement mécontent. Elle ne voulait vraiment pas aller voir ce damné match ! Elle soupira. Elle n'avait plus tellement le choix. Elle allait devoir prendre le vent et regarder un spectacle qui la rendrait malade pour satisfaire les caprices de cet abruti, simplement parce qu'elle l'aimait. Elle se releva de mauvaise grâce et enfila un gros pull directement sur son débardeur de pyjama, épinglant la rosette de Gryffondor sur l'intérieur du pull. Elle prit un poncho aux couleurs de Serdaigle et son écharpe, puis elle se décida à descendre. Comme annoncé, Jonathan l'attendait bien dans la salle commune, assis sur un fauteuil devant une fenêtre.

- Ah, te voilà ! On devrait se dépêcher. On va être en retard.

- John... Tu veux vraiment assister à ce match ?

Il la regarda en souriant.

- James m'a convaincu. Et puis, c'est l'occasion ou jamais, non ? Ce ne sera jamais que le deuxième match de l'école que je vais voir de toute ma scolarité.

Elle haussa un sourcil, amusée.

- Tu es allé au premier ?

- Curiosité, répondit-il sur le même ton.

- Et ben...

Elle le suivit jusqu'au terrain de quidditch. Celui-ci était déjà bondé, bien évidemment.

- Les garçons de mon dortoir nous ont gardé des places, monnayant service, annonça John en la guidant à travers les gradins.

C'était vrai et ils s'installèrent à des places de choix qui leur offraient une bonne vue sur le centre du stade. Comme si elles avaient attendu ce moment, les équipes pénétrèrent à ce moment sur le terrain. Lutha se pencha et compta distraitement les joueurs.

- Il y en a sept par équipe ?

John se retourna vers elle.

- Lutha...

- Quoi ?

- Tu ne connais pas les règles du quidditch ?!

Elle haussa les épaules.

- Pourquoi les connaîtrais-je ?

Le professeur de vol, arbitre du match, envoya une balle rouge en l'air et libéra trois autres balles qui s'éloignèrent à toute vitesse. La chat-garou plissa les yeux.

- Ils ne sont pas tous équipés pareil. Pourquoi a-t-il une batte ?

John eut un rire malgré lui et expliqua brièvement en quoi consistait le jeu à son ami. Il n'était lui-même pas un féru de quidditch, mais tout sorcier se respectant se devait de connaître les bases du sport.

- Donc le batteur protège les joueurs de son équipe et attaque ceux de l'équipe adverse ?

- C'est ça.

La jeune fille leva les yeux pour essayer de suivre le match, prêtant une oreille distraite aux commentaires dispensés par un Poufsouffle dont la voix avait tendance à dérailler. Suivre les joueurs des yeux lui donnait mal à la tête et la rendait malade. Elle décida donc de ne pas continuer et se contenta de fixer Black. Il bougeait déjà bien assez pour qu'elle tentât d'observer les treize autres joueurs. Il y avait une certaine élégance à être sur un balai quand on savait voler, songea-t-elle. Elle commençait fermement à s'ennuyer quand John lui donna un léger coup de coude.

- Regard Potter.

Elle suivit son doigt et vit que le Gryffondor s'était mis à foncer dans une direction. Ses yeux vifs de félin se plissèrent pour discerner ce qu'il poursuivait et elle distingua l'éclat doré de la balle que Jonathan avait appelée Vif d'or. L'attrapeur de Serdaigle tentait vainement de rattraper son adversaire, mais, de toute évidence, il était moins doué. Ce fut l'affaire de quelques secondes, et, d'un coup, des hurlements retentirent dans tout le stade tandis que les gradins commençaient à se vider, les élèves de précipitant sur le terrain pour acclamer les joueurs. Les gradins des Serdaigles étaient plutôt calmes toutefois. Tous semblaient déçus. Ils se rendirent quand même sur la pelouse pour accueillir leur équipe. John et Lutha restèrent sagement sur les gradins pour observer le directeur remettre en personne une grande coupe d'or à James Potter, que ses joueurs hissèrent sur leurs épaules en chantant.

Au bout d'un quart d'heure, les joueurs de Gryffondor parvinrent à se dégager des élèves de leur maison, promettant d'être à la fête le soir, afin de gagner leur vestiaires pour se changer. Jonathan se leva alors.

- On y va ?

Lutha regarda d'un œil distrait la foule qui rentrait au château. Quasiment personne ne pouvait les voir, de là.

- Je te rejoindrai.

Le Serdaigle esquissa un sourire amusé et commença à descendre l'escalier. Lorsqu'il jeta un regard en arrière, il vit un chat s'éloigner agilement.

.

- C'était vraiment superbe ! Magnifique ! Je ne sais pas comment on va faire sans toi, l'an prochain, Potter !

- Merci, Hélène ! Je suis sûr que tu trouveras un attrapeur digne de ce nom, ne t'inquiète pas !

- Il faudra aussi un batteur, pour remplacer ton fou furieux d'ami.

Sirius éclata de rire en entrant, une serviette autour du coup pour essuyer ses cheveux mouillés.

- Moi, je suis fou furieux ?

- Tu as vu comment tu as envoyé ce cognard sur Kettler ? Oui, tu es un malade, Black, mais je suppose que c'est ce qui fait de toi un si bon batteur.

- Ça et une bonne dose de muscle, commenta Megan en pinçant le biceps du jeune homme.

- Allez, rentrez vous faire acclamer, vous l'avez bien mérité ! S'exclama James en faisant signe à ses joueurs de sortir. On vous rejoint à la fête ce soir !

Les deux garçons restèrent seuls.

- Vas-y, James, sourit Sirius. Je dois encore me sécher les cheveux et tu sais que ça prend du temps. Je te rejoins dans notre salle. Les autres doivent déjà y être.

L'attrapeur hocha la tête et lui adressa un clin d'œil en sortant. Il savait que son ami se dépêcherait. Après tout, Lutha Layos avait assisté au match, selon sa demande, et il aurait sans doute envie de lui demander son avis, en espérant qu'elle serait là.

.

C'était ce que se disait Sirius en épongeant soigneusement ses cheveux lorsque la porte du vestiaire s'ouvrit.

- Je t'ai dit de ne pas m'attendre, espèce de tête de mule, s'exclama-t-il.

- Pourtant, on m'avait promis un tête à tête avec l'un des joueurs victorieux...

Il fit volte-face. Ce n'était pas James qui se tenait dans l'encadrement de la porte, mais Lutha Layos, habillée aux couleurs de sa maison. Elle s'assit sur un banc en enlevant son écharpe.

- Il fait chaud, dans vos vestiaires. Les gradins devraient être chauffés comme ça.

Sirius nota qu'elle l'observait du coin de l'œil, les joues légèrement rouges. Il portait sa chemise encore ouverte et ses cheveux mouillés tombaient sur la serviette sur ses épaules. Il s'avança vers elle tranquillement et s'assit sur un banc en face.

- Alors, qu'as-tu pensé du match ?

Elle haussa un sourcil.

- Je n'ai pas vraiment suivi. Si je ne voulais pas venir, c'est que ça me rend malade de voir des gens voler. Mais je sais que vous avez gagné et John m'a expliqué les règles. Tu... as besoin d'aide avec ça ?

Sirius avait commencé à démêler ses cheveux, ce qui était généralement l'étape la plus longue pour obtenir la belle crinière qu'il aimait arborer avec fierté. Il semblait cependant que le vent avait créé quelques nœuds coriaces. Il hésita. Personne ne touchait à ses cheveux à part lui. Il finit cependant par tendre la brosse à la petite Serdaigle qui se leva et vint derrière lui pour l'aider à les coiffer. Ses gestes étaient doux et mesurés. Elle tenaient les cheveux à la racine pour ne pas lui faire mal quand elle rencontrait un nœud.

- Avec mes boucles, avant, c'était l'enfer, se justifia-t-elle en surprenant son regard étonné.

Il se laissa faire un moment. Il n'avait plus de nœuds depuis quelques minutes, mais le contact de ses mains dans ses cheveux était agréable. Elle cessa soudain et retira son poncho pour le jeter sur son écharpe. Il se retourna à demi. Elle portait un épais pull informe violet foncé qui lui tombait jusqu'à mi-cuisses. Elle était vraiment tout prêt.

- Oui ?

Il se retourna complètement vers elle et l'attrapa par les hanches en se levant de son banc. Elle recula, intimidée, et il la suivit jusqu'au mur. Il se pencha sur elle et l'embrasse lentement. Pour une fois, le temps ne leur était pas compté et ils n'avaient pas besoin de surveiller les alentours. Tout le monde était rentré au château et le stade comme les vestiaires étaient déserts. Elle lui rendit son baiser avec la même ardeur et il sentit ses mains descendre sur sa taille et se glisser sur sa peau sous les pans ouverts de sa chemise. Il laissa lui-même ses propres mains s'aventurer sous le pull de la jeune fille. Ses doigts effleurèrent la rosette de Gryffondor qu'elle avait épinglée contre son cœur. Il lui adressa un sourire narquois.

- J'ignorais que tu étais une sentimentale, Layos.

- C'est vrai que ça aurait été discret de l'arborer au milieu de tous les autres Serdaigles, répliqua-t-elle, cinglante. Moins que de la porter sur ton pyjama, c'est vrai, se moqua-t-il.

- Ferme-la et embrasse-moi, Black, grogna-t-elle.

Il rit.

- Si c'est toi qui le demandes...

Il la souleva par les hanches pour mettre son visage à la même hauteur que le sien et elle passa les jambes autour de sa taille en riant à son tour.

- Lutha, souffla-t-il en l'embrassant au creux de l'oreille.

- Mmh ?

- J'ai très env...

- Il y a quelqu'un ici ?!

La voix, forte et autoritaire, appartenait au professeur Balayette, le professeur de vol. Ils sursautèrent brusquement et Sirius lâcha la Serdaigle qui atterrit souplement.

- Cache-toi, vite ! Chuchota-t-il en la poussant dans une cabine de douche en pouffant de rire.

L'enseignant entra das les vestiaires tandis que Sirius se rebraillait en vitesse.

- Ah, monsieur Black. Je dois fermer les vestiaires. Vous en avez encore pour longtemps ?

- Deux minutes, monsieur. Ça... excusez-moi, mais, ça vous dérangerez de m'attendre dehors ?

- Non, bien sûr. Mais dépêchez-vous, Black.

- Oui, monsieur.

Il sortit et Sirius rouvrit la porte de la cabine de douche. Lutha le fixa d'un air stoïque.

- Suis-moi, je vais te faire sortir par derrière.

Il déverrouilla la porte arrière, d'ordinaire tout le temps fermée, et la poussa dehors en riant.

- Retrouve-moi dans notre salle. Les autres seront déjà là.

Elle hocha la tête et fila. le Gryffondor récupéra alors rapidement ses affaires, ferma la porte et rejoignit le professeur Balayette devant l'entrée.

- C'est tout bon, Black ?

- Oui, monsieur.

- Parfait. Alors rentrez vite au château.

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Le sortilège qu'avait lancé l'enseignant pour fermer la porte ne fit pas effet plus de cinq minutes. Une fois certain que plus personne n'était là, Regulus sortit de sa cachette. Il était venu là pour tenter à nouveau de parler à son frère, mais, de toute évidence, c'était à présent inutile. Il se pencha et ramassa l'écharpe aux couleurs de Serdaigle que l'immonde chat-garou avait oublié.

- Je ne crois pas que cette relation soit "inexistante", mais il est vrai qu'il est peu probable qu'elle arrive, après tout... puisqu'elle est déjà là, Layos.

ooooo

ooo

ooooo

WAOUH ! Tout ce temps sans écriiire, c'était loooong ! Bon, pour vous aussi, j'imagine -". Je suis vraiment désolée. Je sais que je me répète, mais je suis à une période phare niveau études, et puis j'ai aussi passé beaucoup de temps avec mon copain, et, pour me remettre à écrire, il a fllu que je sois à Oxford, en stage, donc sans travail à faire le soir, ni distraction à portée, et dans l'ambiance anglaise de HP ^^

Enfin bref, vous l'aurez compris, c'est pas de la tarte pour écrire en ce moment. Mais je m'accroche, et j'ai déjà en tête le fil conducteur et qq extraits des prochains chapitres. Et sur ce, comme il est 5h du mat (on ne change pas une équipe qui gagne -"), je vous écris vite fait bien fait mes réponses à vos supers reviews et remercie également tous les followers, les favoris et les lecteurs qui ne commentent pas (voir du monde sur mes stats même après des mois d'absence, ça me fait chaud au coeur)

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nyfa - Ouiiiiii ! ça m'a toute surexcitée aussi, d'écrire ça ! Merci et j'espère que la suite des événements te plaira autant :D

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Jean-Roger - Ah, merci pour le compliment :) Et pas de spoil, je dirai rien, même sous la torture, mouhahaha, tu verras si tu continues à lire ;p (mais je promets que vous vous ennuierez pas xD)

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yoh-nee - Merci :). Pour être honnête, j'adore le personnage de Regulus, mais pour moi, il vire de bord un peu plus tard et donc, dans mon histoire, c'est encore un sale petit morveux de sang-pur. Mais à l'occasion, j'écrirai bien sur lui, oui :). Merci pour tes encouragements et je fais de mon mieux pour pas vous abandonner :)

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MMSSR - Ha ha, ça résume bien ce que je pense de mon chapitre ! C'est l'un de ceux dont je suis le plus fière. Cela dit, j'aime bien celui-ci aussi. C'est dur d'écrire plus romantique que relation à couteaux tirés mais je m'en sors xD. Merci et à bientôt ;)

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Stilandra Black - Merciiii, ça me fait plaisir ! J'espère que t'es pas trop déçue d'avoir eu faux ^^. Non, Lutha n'évite pas Sirius, et si, John l'a su tout de suite, mais en t'inquiète pas, ce ne sera pas toujours aussi facile ! xD Oui, j'aime bcp Lutha en petite sadique :D. Merci pour tes encouragements, ça me fait plaisir ;). A bientôt !

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bellarkeBB - ha ha, je crois que "enfin" est le mot le plus présent dans les review de ce chapitre ! ^^ Merci pour tes compliments, ça me va droit au coeur ! J'avais fait un effort, pour Noël, oui, et désolée pour l'attente depuis :D. Waouh, je suis contente que tu l'aimes au point de la relire plusieurs fois, je fais ça aussi avec mes favorites, mais pas avec la mienne,c'est curieux xD. Merci en tout cas et à bientôt, j'espère :)

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Loupiiote - Ha ha, oui, je comprends que tu n'attendes plus trop les chapitres ! C'est devenu dur d'écrire, mais il y en aura jusqu'à la fin, promis :D. Merci pour tes compliments sur mes personnages, j'y suis aussi très attachée :). Et merci pour tes encouragements, c'est vraiment gentil :D. A bientôt :D

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betouni - Waouh ! Depuis le temps que tu me suis, malgré mes hauts et mes bas et mes mois d'attente, je t'admire et franchement, ça me touche que tu sois aussi fidèle ! Rarement un chapitre sans une review de toi, si je ne m'abuse, et je trouve ça vraiment super encourageant :D. Et tes cmpliments me font super plaisir, alors promis, je me dépenserai pour que ce soit de la qualité jusqu'au bout :D

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AnkaaBlack - :D Primo, sache que ta review me fait super plaisir. Je suis vraiment flattée et je trouve trop cool d'avoir des fans aussi enthousiastes, c'est très motivant pour la fic comme pour le reste de ma vie quand ça va pas ! ^^ Et j'adore les compliments sur mes concours de répartie, au fait, parce que je passe vraiment du temps à y réfléchir et à revenir dessus pour avoir les meilleures formulations, donc ça me touche ! Et John, c'est mon petit chéri, j'avoue que je m'y suis beaucoup attachée, et je crois qu'il me ressemble pas mal, peut-être plus que Lutha ^^. Pour répondre à tes questions, 1) J'estime la longueur de la fix à une 40aine de chapitre, en gros, je pense (+/-5, quoi). 2) je peux pas répondre, ce serait du spoil et je suis contre, sauf pour ma meilleure amie qui connaît déjà la fin xD, mais je promets que ce sera bien et cool :D. Et pour la suite de ta review... sache que je suis vraiment touchée, et je fais des efforts pour être à la hauteur de vos attentes et pas décevoir celles qui me suivent depuis longtemps, déjà. Donc ça me va droit au coeur et merci pour cette super review ! J'espère que la suite continuera de te plaire et promis, je n'abandonne pas ;). (c'est juste un peu long xD). A pluche !

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TheFanne - Ha ha, j'adore tes reviews délirantes, elles me font toujours autant rire. C'est un peu trop décousu et il est trop tard pour que je réponde en détail à tout mais en gros, merci beaucoup, je suis super contente que tu aimes ma fic :D. Et continue tes reviews, elles sont assez motivantes niveau déjantage ^^. A très bientôt, j'espère :D

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blue - Salut, et merci de me laisser cette review :D. ça me fait très plaisir ! Pour le retour de Noisette, je crois pouvoir stimer que tu seras servie au prochain chapitre, mais quand, comment, où, pourquoi, tu verras bien ^^. Je n'aime pas trop dévoiler la fin alors je vais juste te dire que tu verras et que j'espère que ça te plaira ;). Merci encore et j'espère que tu aimeras jusqu'à la fin :).

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Dedellia - Ha ha, oui, c'est bien ça, mon prénom :p. Bien joué :D. Vous saurez en temps voulu comment il a deviné pour Noisette, mais promis, vous vous direz "ah mais ouiiii" ^^. Contente de voir que tu me suis toujours et j'espère que ce chapitre t'aura autant plu que les précédents ! A bientôt ;)

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Machurida - Salut ! xD Merci pour tes 2 reviews, ça fait plaisir ! :D DEUX JOURS ?! Tu n'as mis que DEUX jours pour lire tout ça ?! xD Je suis impressionnée (et un pu dégoûtée aussi, mais ça me fait toujours ça quand qqun lit des heures de travail et me demande la suite, cela dit, je comprends, je fais pareil avec mes amis qui écrivent ^^). Merci pour les compliments, c'est vraiment sympa. Pour ta dernière question, je répondrai comme aux autres : je ne veux pas spoiler ma propre histoire alors tu verras, mais promis, ce sera aussi cool que le début :D. En espérant que ça continue à te plaire ! A bientôt !

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Gaby - Aha ! La suite est arrivée avant 6 mois ! (bon, ok, 5 c'est pas terrible non plus, mais tout de même ! xD) Je suis vraiment contente que ça te plaise et que tu t'accroches (et merci de me permettre d'avoir une vie, tout le monde n'est pas aussi indulgent -"). Ton compliment sur mon écriture me touche beaucoup (d'ailleurs j'ai mal aux joues à force de sourire comme une démente en le relisant :D). Tu sauras sans doute au prochain chapitre pour Noisette, dsl de te faire attendre, mais tu pourras me dire ce que tu pensais ;). Merci encore en tout cas et j'espère que tu continueras à aimer ! :D (et oui, mes exams se sont bien passés, au fait :D) A pluche ;)

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Hely Sappho - Salut ! Je ne crois pas avoir déjà vu de review de toi, non, mais c'ets quand même pas impossible (j'avoue ne pas retenir tous les pseudos étranges que je vois passer (y en a des vraiment bizarres ^^)). Merci, c'est vraiment sympa et ça me fait chaud au coeur. Jespère que tu apprécieras où ça va, la fin est déjà claire dans ma tête depuis 2 ans xD.

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Pommeverte46 - Si jamais tu es rendue jusqu'à ce chapitre, voici la répons eà ta rview récente sur mon ch.4 :D. Juste... je ne vois pas trp quoi répondre à ça ^^. J'aime chiens et chats, donc bon... xD mais merci pour avoir laissé une review et même si je me rappelle plus ce qu'il se passe dans ce chapitre, je suppose que tu as laissé cette review parce que tu t'amusais de la guerre entre Sirius et Lutha, donc merci ^^.

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TchococxD - Ha ha, merci pour cette reviex, c'est motivant. J'espère que ton cerveau a tenu durant ces 5 looooongs mois et que la suite est à ton goût ! :D