15/01/17 - 29/08/18

update rapide pour corriger qq fautes que j'ai repérées et parce que j'ai oublié la moitié des réponses aux reviews -"

ANNONCE :
Histoire de faire un peu de pub à un artiste peu connu qui galère, mais dont j'ai écouté en boucle une chanson en écrivant ce chapitre car elle m'inspirait en me faisant penser à Sirius (vous avez qu'à l'écouter, vous comprendrez (peut-être)) : In this time, de Toehider (très jolie chanson, et l'artiste est plutôt cool)

Bonne lecture ;)

PS: je reprends ce début de chapitre des mois (ans ^^") plus tard... Je suis un peu désolée, je suis en plein dans une thèse de physique fondamentale commencée en octobre 2017, donc je n'ai pas toujours le temps d'écrire, car c'est un boulot assez intense et j'ai du mal à faire tout ce que je voudrais faire sur mon temps libre. Mais je ne vous laisse pas tomber. Ça prend juste (beaucoup) plus de temps que prévu.


Remus repoussa ses notes avec un soupir de soulagement. Il avait fini de les relire et il ne pensait pas pouvoir faire mieux pour l'examen. Il pouvait à présent se détendre sans la moindre culpabilité. Il avait de toute façon travaillé bien plus que la plupart de ses compagnons. Seules Lily et Mary avaient établi un véritable programme de révisions pour les ASPICs et s'y étaient tenues. Satisfait, il rangea ses affaires, puis se cala en arrière sur sa chaise en regardant autour de lui pour observer ses amis. Il ne pourrait jamais trop les voir.
Il étaient confortablement installés dans la salle que les Maraudeurs s'étaient appropriée des années auparavant. Toutefois, à cette époque, ils n'étaient que quatre à y venir et la salle était alors bien plus grande que nécessaire. A présent, ils étaient huit et si la place ne manquait pas, la salle ne lui semblait plus aussi spacieuse qu'autrefois.
Cette augmentation d'effectif n'était pas plus mal, songea-t-il. Sans doute avaient-il beaucoup trop vécu repliés sur leur petit groupe les précédentes années de leur scolarité, ce qui n'était pas vraiment surprenant. Lui-même n'avait jamais recherché l'amitié des autres, de crainte d'être rejeté. Sirius entretenait une relation quasiment exclusive avec James et, même sans les deux autres, cela lui aurait sans doute suffi. Peter était trop heureux de les avoir trouvés et trop timide pour tenter d'approcher d'autres personnes. Quant à James, il était sans doute le plus extraverti, mais il avait toujours également eu la compagnie des joueurs de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, ce qui semblait suffire à son besoin de liens sociaux. L'amitié qui les unissait tous les quatre était unique et fantastique, mais cette exclusivité les avait parfois conduit à se comporter de façon égoïste par rapport à d'autres élèves de l'école.
A présent, ils côtoyaient tous les jours quatre autres personnes et le sérieux, le tact et la douceur apportés par les deux jeunes filles de Gryffondor, ainsi que la maturité intellectuelle et la culture diversifiée des deux Serdaigles ne nuisaient certainement pas à leur groupe. Même si bien sûr, c'était surtout leur âge et les circonstances changeantes de leurs vies qui avaient le plus d'impact sur eux, avoir d'autres amis avec leurs propres problèmes aidait grandement. Il regarda ce que faisaient lesdits amis autour de lui et ses propres réflexions le firent rire. Aucun d'entre eux n'était vraiment en train d'illustrer sa pensée sur la maturité; c'était même tout l'inverse.

Sur le tapis, Lily et Mary étaient plongées dans une partie de cartes plutôt animée avec James et Sirius. Remus n'en était pas tout à fait sûr, mais il aurait juré avoir vu Lily tricher à deux ou trois reprises, ce qui, apparemment, ne l'empêchait pas de perdre avec humeur, s'il en croyait son air renfrogné. Celle-ci n'aimait certainement pas perdre. Jonathan et Lutha, quant à eux, étaient engagés dans un vif échange de propos ineptes illustrés à grand renfort de gestes, comme eux seuls en avaient le secret. Il se tourna enfin vers Peter, assis en face de lui, qui avait lui aussi opté pour une séance de révisions de dernière minute. Il semblait angoisser bien plus que nécessaire pour l'examen du lendemain, étant donné les heures d'entraînement intensif que lui avaient fournies James. Pris d'un élan fraternel, il l'interpella :

- Ne t'inquiète pas, Queudver. Tu as beaucoup révisé, tu vas t'en sortir.

Son ami leva ses yeux humides vers lui et Remus lui sourit avec indulgence. Sans la remarque qu'il venait de lui faire, le jeune homme aurait sans doute passé des heures de plus à travailler. Peter n'avait jamais vraiment su comment gérer ses peurs. Il se mettait dans des états impossibles avec le stress des examens, et, en quelques occasions, les convocations chez McGonagall l'avaient rendu presque hystérique. L'autorité l'impressionnait. Remus se demandait comment Peter pouvait s'en sortir dans toutes ses angoisses. Si lui-même avait été ainsi, avec son état de loup-garou, il aurait craqué depuis bien longtemps. Heureusement pour Peter, comme pour lui, ils auraient toujours James et Sirius pour veiller sur eux. Les deux plus turbulents de la bande étaient toujours présents pour leurs amis, bien qu'en réalité, ce fût souvent eux qui les fourraient dans les pires ennuis.

- YAAAAAAHAA ! J'ai gaaagnéééééééé !

Le hurlement le fit sursauter, interrompant ses réflexions. À en juger d'ailleurs par les expressions respectives de Lutha et Jonathan, ils avaient eux aussi été surpris par le cri de Mary et la regardaient à présent avec amusement exécuter une petite danse de la victoire autour de la table, devant le regard grincheux des trois autres joueurs. La scène fit sourire le lycanthrope. La préfète croisa son regard et lui sourit brièvement en retour. Il ignorait si les sentiments de la jeune fille à son égard s'étaient éteints et il l'espérait, mais, quoiqu'il en fût, elle n'en laissait rien paraître et il devait reconnaître que sa présence apportait joie et dynamisme au groupe hétéroclite qu'ils formaient à présent. Dans une autre vie, sans doute aurait-il apprécié l'intérêt qu'elle lui avait porté, mais à quoi bon se poser la question. Loup-garou n'aurait jamais belle-amie, il n'était pas question d'envisager le contraire. Il s'estimait déjà chanceux d'avoir tous ces merveilleux amis.

Lily et James décidèrent que se consoler de leur défaite dans les bras l'un de l'autre était sans nul doute plus intéressant que d'exiger une revanche et Sirius partageait sans doute leur avis, mais lorsqu'il leva les yeux vers la petite Grecque avec un air quémandeur à moitié sérieux, elle se contenta de lui tirer la langue avec un air gamin. De toute évidence, si Remus pouvait en juger par son sourire en coin, il s'en contenta. Étudiant à nouveau ses amis, activité qu'il trouvait très amusante, il replongea dans ses réflexions précédemment interrompues.

Bien que cela durât déjà depuis quelques mois dans le cas de James, il était tout de même inhabituel que Sirius et lui soient ainsi investis dans des relations. Bien sûr, Patmol avait eu quelques conquêtes par le passé, mais aucune n'avait jamais été sérieuse. Quant à James, son amour inconditionnel et têtu pour Lily avait fermé la porte à toutes les autres possibilités dès le début de son adolescence. A présent, les deux meilleurs amis ayant chacun trouvé chaussure à leur pied, cela modifiait quelque peu l'équilibre de leur quatuor. Remus n'était toutefois pas inquiet. A force de se l'entendre répéter, il avait fini par comprendre et admettre que, quels que soient les événements qui surviendraient dans la vie de ses amis, ou la sienne, ils ne le laisseraient pas tomber et ils le laisseraient encore moins partir de lui-même.

- Tu refais le monde dans ta tête, mon petit Remus ?

Le jeune homme sursauta une fois de plus. Tout à ses pensées, il n'avait pas entendu la chat-garou s'approcher de lui. Mais peut-être n'avait-elle fait aucun bruit, après tout. Il avait déjà remarqué qu'elle en était parfaitement capable. Il se demanda si elle se rendait volontairement plus bruyante pour agir comme un humain normal en présence de gens ignorant son secret. Il n'avait jamais fait attention et se promit d'essayer de vérifier ce fait. Elle le fixait avec un petit air malicieux et un sourire en coin qu'il commençait à lui connaître. Il le lui rendit et elle tira une chaise pour s'asseoir, posant les pieds sur la table sans la moindre gêne. Remus regarda d'où elle venait et vit Sirius et Jonathan qui avaient commencé à discuter.

- Je suis surpris que tu laisses ces deux-là communiquer sans surveillance, releva-t-il d'un ton légèrement moqueur. Tu n'as pas peur de ce qu'ils pourraient se raconter dans ton dos ?

- Oh, je fais confiance à John, rétorqua-t-elle en se passant une main dans les cheveux, amusée.

- Tiens donc... Et pas à Sirius ?

Elle se retourna à moitié pour fixer avec facétie le sang-pur qui soulignait ses propos à grand renfort d'amples gestes.

- Non, finit-elle par conclure en revenant au lycanthrope. Lui n'a malheureusement pas peur de moi, ajouta-t-elle avec un sourire.

Il éclata de rire.

- Je dois admettre que, même si tu impressionnes sûrement Sirius par ta capacité à manier le sarcasme, il ne ne paraît guère redouter tes foudres. Mais cela dit, il a toujours été un peu masochiste. J'irais même jusqu'à dire suicidaire.

- Avec tout le temps que je passe à le supporter, du moins à essayer, je n'avais pas remarqué ce trait de caractère chez lui...

Remus humidifia son doigt et le plaça au-dessus de sa tête, sourcils froncés, comme pour identifier le sens du vent.

- Je détecte de l'ironie...

- Vraiment ? S'offusqua-t-elle en posant théâtralement une main sur son cœur. Tu vois vraiment le mal partout, mon pauvre Remus.

- Avec toi dans les parages, je crois qu'il vaut mieux être paré, conclut-il avec une grimace tragique, rentrant dans son jeu.

Elle grimaça, essuyant dans un geste exagéré une larme imaginaire.

- Et dire que je te prenais pour mon ami...

Il éclata de rire.

- Que dirais-tu d'une petite promenade pour profiter du coucher de soleil ? Enchaîna-t-elle en montrant la luminosité déclinante par la fenêtre. J'ai l'impression qu'ils sont partis pour discuter un bon moment. Depuis le temps que John voulait le cuisiner... Il a l'air de trouver ça fascinant que Sirius ait réussi à... enfin bref.

.

- Je dois admettre que je suis un peu impressionné. Lutha m'avait parlé de la Carte, mais je n'imaginais pas qu'elle était aussi performante. Quant à vos... efforts en métamorphose... En plus du temps passé à imaginer et mettre en œuvre tous les mauvais coups que vous avez réalisés pendant votre scolarité, et je me dois d'admettre que certains d'entre eux n'étaient pas trop mal pensés, quand avez-vous trouvé le temps de réaliser deux projets pareils ? Vous ne dormiez pas la nuit ?

Sirius dévisagea Jonathan un moment, à la fois flatté et méfiant. Le petit discours qu'il venait de lui tenir le faisait se gonfler d'orgueil, mais il ignorait s'il pouvait lui faire confiance. Il aurait eu tendance à penser qu'il valait mieux s'en abstenir. Vu ce qu'en disait Lutha, il soupçonnait le grand blond d'être un peu trop intelligent pour lui. D'un autre côté, le Serdaigle était déjà au courant de tous leurs secrets et Sirius ne pouvait s'empêcher de l'apprécier. Lorsque Lutha parlait de lui, même quand il s'agissait de le critiquer, la chaleur qui résonnait dans sa voix ne pouvait qu'inviter le Gryffondor à avoir envie de le connaître. Remus également parlait en termes plutôt flatteurs de Jonathan, quoiqu'il laissât entendre qu'il valait mieux partager un minimum d'informations avec lui si on ne souhaitait pas voir sa vie continuellement étudiée. Il finit toutefois par se décider à livrer une partie de l'histoire des Maraudeurs à son interlocuteur curieux.

- Ce que tu dois comprendre, c'est qu'à l'époque, nous étions prêts à tout les uns pour les autres. C'est toujours vrai, certes, mais à ce moment-là, la signification que ça a pris était phénoménale. C'était bien au-delà de tout autre objectif qu'on aurait pu se fixer. Lorsqu'on a compris, pour Remus, nous avons cherché le meilleur moyen de l'aider. James était persuadé qu'on pouvait faire quelque chose et il avait raison. C'est quelque chose d'incroyable chez James : pour lui, il y a toujours une solution quand la cause est juste. Mais il nous a fallu des années pour y arriver. Pour nous entraîner, il nous fallait des endroits où personne ne pouvait nous trouver et où nous pouvions étudier en paix. C'est Peter qui a eu l'idée des passages secrets. Nous savions qu'il en existait, bien sûr, mais nous n'avions pas pensé pouvoir en faire cet usage. James et Peter ayant autant de mémoire que des poissons rouges, la recherche de ces passages a abouti à la création d'une carte pour mémoriser nos trouvailles. De fil en aiguille, nous avons cartographié le château tout entier, ce que nous n'avons terminé qu'à la fin de l'année dernière. Il fallait chatouiller chaque tableau, tester chaque tapisserie. Les fantômes nous ont un peu aidés : ils deviennent vite bavards quand on leur demande de raconter des anecdotes de leur vie passée. Nous avions déjà évoqué l'idée de rendre notre carte magique, ne serait-ce que pour la camoufler aux yeux des autres, mais c'est Remus qui a trouvé le sortilège qu'il fallait pour détecter les gens, et qui nous a permis de la rendre si incroyable. Après, la protection magique de notre création n'était plus si difficile, comparé au reste de ce que nous avions fait.

.

Le Serdaigle hocha la tête, fasciné par le temps et les efforts que les quatre Gryffondors avaient investis dans ce projet. Tout comme Lutha, il admirait l'amitié qui les unissait. Il n'était pas sûr d'être capable comme eux de prendre de tels risques, même pour son unique amie. Après tout, ils avaient risqué leur liberté. Il était plus impressionné par l'exploit d'être devenus des animagi que par la réalisation de la Carte, mais il devait tout de même reconnaître que celle-ci était une merveille qu'il aurait adoré posséder durant sa scolarité. A présent, à cinq jours de leur départ définitif de l'école, il n'en voyait toutefois plus l'intérêt. Mais à qui allait-elle échoir, voilà une question qui l'intéressait.

- Qu'allez-vous faire de la carte, maintenant ?

Sirius se redressa, apparemment ravi qu'il la lui ai posée.

- Nous nous sommes posé la même question, à vrai dire. Nous pensions au début la laisser à nos descendants, mais il nous a paru plus judicieux de... nous la faire confisquer.

- Vraiment ?

Jonathan attendit la suite, perplexe. De toute évidence, si son esprit comprenait aisément la plupart des raisonnements émotionnels qui motivaient les actions des gens, il n'avait pas développé un cerveau assez diabolique pour comprendre les mauvais coups d'un maraudeur.

- Oui. Si elle dort dans le bureau de Rusard, l'élève qui mettra un jour la main dessus sera notre successeur spirituel, et j'espère qu'il en fera baver autant que nous à tout le corps enseignant de Poudlard.

- Vous ne vous sentez pas coupables de laisser ça derrière vous après tout ce que vous leur avait déjà fait voir ?

Sirius parut méditer un instant sur la question, puis il haussa les épaules et avec un sourire éclatant, il répondit :

- Non. Il faut bien que McGonagall reste entraînée. Après nous, sinon, elle aurait l'impression de s'ennuyer, tu ne crois pas ?

- Je ne suis pas sûr qu'elle partage ton avis, pour être tout à fait honnête.

Sirius sourit. Il s'apprêtait à répondre quand ils furent interrompus par Remus et Lutha qui s'avançaient vers eux en riant, leurs sacs sur les épaules.

- Nous allons faire un tour dans le parc pour voir le coucher de soleil, annonça la chat-garou d'une voix enjouée. A tout à l'heure ! Soyez bien sages !

Les regards des deux Gryffondors se croisèrent. Sirius avait les sourcils froncés et sa bouche était pincée. De toute évidence, le jeune homme aurait préféré être à la place de son ami. Remus avait bien noté l'agacement évident de son ami et paraissait mal à l'aise. Il se laissa toutefois entraîner par la petite Grecque en dehors de la pièce sous le regard scrutateur de Sirius. Jonathan observa celui-ci un instant, curieux. Bien qu'il eût toujours observé ces réactions chez les autres, il avait toujours considéré la jalousie comme un sentiment complètement irrationnel et il avait du mal à la comprendre. Le jeune homme craignait-il que Lutha appréciât plus son amitié avec le loup-garou que la relation qu'elle avait avec lui ? Cela lui semblait absurde. Il décida toutefois d'en avoir le cœur net.

- Serais-tu jaloux de ton ami ?

Le batteur poussa un grognement qui pouvait passer aussi bien pour une affirmation que le contraire.

- Tu sais, Black, que tu n'as rien à craindre de Remus, non ?

Sirius se retourna pour le regarder dans les yeux, mécontent. Apparemment, il n'appréciait pas vraiment la question.

- Lutha et Remus sont amis. Ils font ce qu'ils veulent, finit-il par lâcher à mi-voix.

Renfrogné, il s'enfonça ensuite dans le dossier de son fauteuil et sembla se laisser aller à ses ruminations. Jonathan l'examina du coin de l'œil. La réponse précédente du batteur était sincère, il en était persuadé. De plus, il doutait que Sirius pût croire que Lutha lui préférait Remus. Tout d'abord parce que son ego devait sûrement l'assurer du contraire et ensuite car elle l'avait elle-même détrompé durant l'année à ce sujet. C'était donc du temps que son ami passait avec Lutha dont il devait être jaloux et non de leur relation. N'était-il simplement pas partageur ? Ou craignait-il de ne plus disposer de beaucoup de temps aux côtés de la chat-garou ?
Puisque son amie n'avait pas pu lui fournir elle-même une réponse quant à ce que le jeune homme éprouvait pour elle, il lui fallait l'apprendre par lui-même. Elle-même ne voulait pas la réponse à cette question, ce qui l'agaçait au plus au point, bien qu'il se soit juré de respecter ses choix. Mais il voulait savoir. Il avait du mal à sonder Sirius Black sur ce point. De toute évidence, le jeune homme tenait à Lutha et appréciait le temps passé avec elle. Mais à quel point ? Il avait bien essayé de soutirer l'information à James de façon subtile, mais, si l'attrapeur et lui s'étaient appréciés très vite, il avait compris qu'il n'apprendrait rien sur Sirius de la part de son meilleur ami. La relation de ces deux-là était aussi intime, si ce n'était plus, que celle qu'il partageait avec Lutha, et ils n'étaient pas même capables d'envisager de se trahir. Quoi qu'il en fût, Jonathan voulait connaître la vérité. D'elle tout pouvait dépendre. Jonathan prit une grande inspiration et posa alors l'une des questions les plus directes qu'il ait sans doute jamais posées.

- Tu l'aimes ?

.

En entendant le bruit du verre se briser, tous sursautèrent. Alarmé, James releva les yeux. Des éclats de verre parsemaient le sol aux pieds de Sirius et de sa main droite coulaient quelques gouttes de sang. Il avait une expression fermée. Ses sourcils noirs froncés, la ligne contractée de sa mâchoire, ses poings serrés, tout son corps reflétait un refus de communiquer. Sans un mot ni un regard pour personne, il se leva et sortit de la salle en claquant la porte derrière lui, laissant Jonathan seul et songeur. De toute évidence, celui-ci n'avait pas l'habitude d'être surpris. James lui jeta un regard accusateur et alla vers lui. Ce n'est pas parce qu'il l'appréciait qu'il serait indulgent si le Serdaigle avait blessé Sirius.

- Que lui as-tu dit ?

Jonathan le regarda à son tour. Il avait déjà repris contenance et arborait à présent un air pensif. Il n'avait pas l'air particulièrement inquiet de l'avertissement contenu dans la voix de James.

- Je lui ai demandé une chose à laquelle il ne voulait de toute évidence pas songer. A moins que... le fait que la question vienne de moi plutôt que de... Mais je crois qu'il s'en remettra. J'ai juste oublié de tenir compte du fait que les problèmes ne venaient pas que d'un côté dans cette affaire. Tu devrais aller lui parler. Il est probablement en ébullition.

Le Serdaigle se leva ensuite pour aller se planter devant une fenêtre avec un air songeur. Désarçonné par son attitude, l'attrapeur ne rétorqua rien et sortit à son tour, bien décidé à trouver son ami.

.

ooo

.

- J'ai l'impression que ça dérange Sirius qu'on passe du temps juste tout les deux, marmonna Remus une fois qu'ils furent dans le parc.

Surprise, Lutha se tourna à moitié vers lui tout en continuant de marcher.

- Quoi ? Pourquoi ça le dérangerait ? C'est tout de même grâce au fait qu'on se connaisse que... Enfin, il doit être content que nous soyons amis, non ?

Remus eut un petit rire.

- De toute évidence, il ne voit pas toujours les choses comme ça.

La petite Serdaigle fronça les sourcils.

- Il me semblait avoir été claire avec lui sur ce sujet, il y a longtemps. Ne le prends pas mal, Remus, mais nous n'irions pas du tout ensemble. Tu es bien trop gentil pour moi. Il le sait, non ?

Le jeune homme éclata de rire, amusé. Il comprenait à la perfection ce qu'elle voulait dire. Il était bien moins retors qu'elle, ce qui, en revanche, n'était pas le cas de Sirius. Cela dit, ce dernier n'était probablement jaloux que du temps qu'ils passaient ensemble et ne craignait pas vraiment autre chose.

- Aucun risque que je ne le prenne mal. Mais bon... Sirius a du mal quand on lui prend ce qu'il a. Tu as bien vu ce que ça donnait : tu es celle qui l'a vu juste après qu'il ait appris que James sortait avec Lily. Et dans ton cas... c'est la première fois qu'il est perdu comme ça. Je crois qu'il ne sait pas pour combien de temps il t'aura et s'il t'a vraiment, alors ça le rend encore plus possessif. Quand tu n'es pas avec lui, il lui arrive de... de te chercher sur la carte. Sans doute voudrait-il que tu sois avec lui tout le temps. Et comme tu es plutôt indépendante...

Elle resta silencieuse un moment. Visiblement, ses paroles l'avaient tourmentée plus qu'il ne le pensait. Il regrettait un peu d'avoir avoué que Sirius l'espionnait avec la carte, mais c'était fait. Lutha gardait un visage de marbre comme elle savait si bien faire, mais son regard étaient orageux. Remus comprenait mieux ce que Sirius voulait dire en parlant de masque qu'elle abordait. Il comprenait également que la fréquentation de son ami mettait cette capacité de dissimulation à rude épreuve chez la jeune fille. Pour le meilleur et pour le pire, Sirius éveillait chez elle des passions qu'elle ne parvenait pas à maîtriser.

- Je ne suis pas à lui, finit-elle par déclarer d'un ton vif qui le surprit. Je ne suis pas son jouet et je prends mes propres décisions sur ce que je veux faire de mon temps. Quelque soit le jeu qu'il ait décidé de jouer avec moi, le fait que j'ai des sentiments pour lui ne lui donne pas le droit de décider pour moi, ni de contrôler tous mes faits et gestes.

Remus fronça les sourcils en la dévisageant. Elle avait une expression fermée. Il ressentit un léger pincement au cœur. S'il avait été Jonathan, elle se serait confiée sans hésiter, il en était persuadé. Il ne comprenait pas vraiment ce qu'elle avait voulu dire et n'osait pas la questionner. Mais il était sûr d'une chose.

- Je ne crois pas que ce soit un j...

- Je n'ai pas envie de continuer à parler de ça, Remus, le coupa-t-elle d'un ton sec.

Interdit, il ne répondit rien. Il n'osait pas continuer de peur de la braquer. De plus, il était un peu vexé par cette rebuffade. Après un court silence, elle reprit plus doucement :

- Désolée. Je suis nerveuse en ce moment. C'est la fin de l'année, ça me met les nerfs en boule.

Il lui fit un geste de la main pour signifier que ça n'avait pas d'importance, mais alors qu'ils reprenaient leur promenade en silence, il se mit à l'épier du coin de l'œil tout en marchant. Il n'avait pas vraiment réfléchi à la question, mais il avait naïvement pensé que, la jeune fille aimant son ami et à présent qu'ils étaient ensemble, Lutha allait rester avec Sirius à leur départ de l'école. Il se morigéna en silence. Cette idée était idiote. La situation de la chat-garou était compliquée et quelque soit sa décision quant à son avenir, si elle était déjà prise, elle ne devait pas se sentir sereine. Pour elle, aucun choix n'était le bon. Cela lui rappelait sa propre situation et pourquoi il n'avait jamais envisagé de tomber amoureux. Il enviait James et Lily et la vie "simple" qui s'ouvrait devant eux. Certes, ils vivraient dans une période non sûre et Lily serait en danger tant que ces fanatiques anti-nés-moldus seraient en liberté, mais ils s'aimaient et avaient le soutien de leurs amis et leurs familles. Ce n'était pas le cas de Sirius et Lutha. Et dans son propre cas, c'était toute la société magique qu'il avait à dos. En plus, songea-t-il, bien que Lutha eût avoué des semaines auparavant qu'elle aimait effectivement Sirius, cela ne voulait pas dire qu'elle éprouvait de profonds sentiments à son égard. Il se demanda s'ils avaient abordé le sujet avec Sirius, mais à son avis, c'était peu probable.

.

ooo

.

- Rentre sans moi, je passe manger un morceau avant de venir me coucher.

- Tu as encore faim ?! Ventre sur patte ! S'exclama John en secouant la tête d'un air amusé, sortant de ses pensée pour l'observer.

Lutha haussa les épaules sans lui rendre son sourire. Elle était de mauvaise humeur. Sa soirée l'avait contrariée et elle avait décidé qu'un repas supplémentaire effacerait ses tracas plus efficacement que n'importe quoi d'autre. Sa conversation avec Remus, l'absence de Sirius au retour de leur promenade et le fait que Jonathan soit resté muet et songeur l'avait irritée. Elle adressa un vague signe de main à son ami qui continuait à lui sourire en entrant dans leur salle commune. D'un pas tranquille, mais l'oreille aux aguets au cas où, elle commença sa descente vers les cuisines.

Lorsqu'elle atteignit le couloir dans lequel se trouvait l'entrée des cuisines, elle s'arrêta, surprise. James Potter en sortait tout juste. Il croisa son regard, apparemment peu étonné de la voir ici. Il devait l'avoir vu arriver sur la carte. Il lui adressa alors un sourire un peu étrange, plein d'espoir et presque ému. En passant à côté d'elle, il lui posa une main sur l'épaule avant de s'éloigner sans mot dire. Perplexe et mal à l'aise, elle attendit qu'il ait disparu avant de s'approcher du tableau du panier de fruits. Elle chatouilla la poire et entra dans la cuisine. Sirius l'attendait, assis devant une coupe de glace à la noisette couverte d'une montagne de chantilly déjà bien entamée, la Carte dépliée devant lui.

Elle se figea, interdite. Ses yeux étaient rouges et fatigués. Il avait de toute évidence pleuré. Le regard dans lequel il l'enveloppa était toutefois dépourvu de peine et empli de chaleur. Elle sentit son cœur se serrer d'émotion et son irritation s'envola comme si elle n'avait jamais existé. Elle avait du mal à ne pas laisser ses espoirs s'emballer lorsqu'il lui adressait ce genre de regard. Elle s'approcha de lui doucement et ses doigts effleurèrent sa joue, rendue légèrement collante par le sel. Elle se demanda ce qui l'avait mis dans cet état.

- Ce n'est tout de même pas le fait que je sois allée me promener avec Remus qui... ? Ne put-elle s'empêcher de lui demander.

Il fronça les sourcils, semblant se demander de quoi elle parlait, et finit par répondre d'une voix perplexe :

- Non. Je n'ai aucun problème avec Remus.

Puis il enchaîna, légèrement tendu :

- Float... Float ne t'a rien dit ?

Elle le dévisagea avec surprise. Voilà peut-être qui expliquait l'attitude étrange de son ami. Mais qu'avait-il pu dire qui pût remuer à ce point Sirius ? De ce qu'elle avait pu constater, le Gryffondor était plus prompt à la colère qu'au chagrin.

- John ?! Non. Mais ce soir, il était... A quel propos aurait-il dû me dire quelque chose ?

.

Ce fut avec soulagement que Sirius lui fit signe de laisser tomber. Avoir parlé à James ne signifiait pas qu'il se sentait prêt à parler à Lutha. Surtout considérant l'attitude qu'elle adoptait à chaque fois que la question de l'avenir était abordée. Mais elle n'avait pas l'air prêt de lâcher le morceau.

- Jonathan t'a dit quelque chose ? Insista-t-elle, irritée. Il s'est bien gardé de me dire qu'il t'avait... voilà pourquoi il était bizarre... le petit sournois... Ce... ce n'est pas à propos de... ta famille ?

Il haussa les sourcils. Venant de sa part, la critique semblait un peu hypocrite. Elle dut le réaliser car ses joues prirent une teinte rouge intéressante.

- Non, ne t'inquiète pas, finit-il par répondre. Il n'y a rien de grave.

Elle sembla se résigner mais il se doutait qu'elle n'allait pas complètement abandonner. Il décida de changer lui-même le sujet par sécurité :

- Tu es venue manger ?

La question parut l'enthousiasmer, car elle se redressa aussitôt. Au moins bénéficierait-il d'un temps de répit. Probablement jusqu'à ce qu'elle aille poser directement la question à son ami. A ce moment-là... Qu'allait-lui dire Float, sachant qu'il n'avait pas répondu à sa question ?

- Oui, je meurs de faim !

Presque instantanément, des elfes de maison apparurent de divers coins, s'empressant auprès d'elle pour lui donner une gaufre, du chocolat, du lait et de la chantilly. L'excitation qui se lisait dans ses yeux fit rire le jeune homme.

- Je vois que tu es aussi connue que moi, ici.

Elle ne lui répondit rien, se contentant de s'empiffrer. Il profita de cet instant de répit pour l'observer. Ses yeux d'ambres brillaient de plaisir tandis qu'elle engouffrait d'énormes bouchées de chocolat. Les boucles blanches de ses cheveux courts retombaient sur la peau cuivrée de sa nuque. Pour une fois, elle ne portait pas son énorme poncho de laine violet, mais un simple haut à manches longues portant le logo des Stones. Il pouvait admirer la courbe de ses épaules, son cou, sa poitrine, sa taille. Il la dévorait des yeux. Objectivement, il savait qu'il existait des filles bien plus belles qu'elle, mais il n'aurait pas voulu être face à quelqu'un d'autre. Elle avait cette manière de se tenir, qu'il attribuait à présent à sa nature féline, qu'il trouvait irrésistible. Sa tête qui se penchait sur le côté lorsqu'elle observait quelque chose, ses yeux qui s'arrondissaient, tout en elle criait ce qu'elle était et cela rajoutait à son côté humain un charme étrange auquel il s'était vite habitué. Depuis la nuit qu'elle avait passée avec lui, il avait l'impression d'avoir conscience de sa présence d'une façon nouvelle et différente.

- Sirius ?

Elle le fixait avec un air interrogateur, les joues légèrement teintées. Sans doute la fixait-il depuis un peu trop longtemps pour que cela parût innocent. Cédant à son impulsion, il l'attira à lui pour l'embrasser. Elle l'arrêta brusquement, un tourbillon d'émotions s'agitant dans ses yeux. Interdit, il la scruta. Elle respirait plus vivement et semblait sur le point de dire quelque chose.

.

Le regard interrogateur, Sirius semblait attendre une explication. Comment aurait-elle lui dire que sa précédente conversation avec Remus l'avait profondément remuée ? Bien qu'elle eût affirmé à son meilleur ami ne pas vouloir savoir ce que le sang-pur ressentait à son égard et qu'elle fût persuadée qu'il finirait de toute façon par se lasser, une petite part d'elle ne semblait pas vouloir accepter cette éventualité et voulait demander au jeune homme pourquoi il partageait cette relation avec elle.
Mais à quoi bon le faire si ce n'était pour souffrir plus, quelle que soit sa réponse ? Consciente que son silence devenait suspect, elle inventa la première excuse qui lui passait par la tête.

- Le chocolat. Donne-moi une seconde.

.

Sirius soupira. Cette allergie n'avait jamais été aussi agaçante que depuis peu. Il faut dire que la jeune fille aurait eu du mal à se passer de cet aliment. Il attendit qu'elle enlève toute trace de chocolat de ses lèvres en l'observant de dos. Elle lui avait paru troublée mais il n'en comprenait guère la raison. Depuis que durait leur relation, elle avait habilement évité tous les risques de discussion sérieuse et avait choisi de profiter de l'instant présent. Il avait pensé qu'elle refusait tout bonnement de se poser la question de "l'après" mais était-ce vraiment qu'elle refusait de se la poser ? Ou ne souhaitait-elle simplement pas se la poser avec lui ? Si c'était le cas, voilà qui ne faciliterait pas les choses. Ne lui laissant guère le temps de s'attarder sur ces sombres pensées, elle se glissa dans ses bras avec souplesse pour reprendre là où ils s'étaient arrêtés.

.

ooo

.

- John !

Le Serdaigle sursauta, chose qui ne lui arrivait pas si souvent. Il releva les yeux de son livre pour se retrouver face à une Lutha apparemment prête à lui sauter à la gorge. Elle avait dû arriver extrêmement discrètement, car il l'avait guettée un bon moment sans la voir.

- Quoi ? Que se passe-t-il ?

- Qu'est-ce que tu as dit à Sirius ?

Elle avait la voix sifflante et les yeux plissés. Pendant un bref instant, il visualisa un chat crachant et faisant le dos rond. De toute évidence, elle avait eu vent de son incartade auprès du Gryffondor. Il avait espéré qu'elle ne le verrait que le lendemain. Il doutait toutefois sérieusement que Sirius ait explicité le sujet. Il était même surpris qu'il l'ait abordé. A moins qu'il n'ait craint que... Oui, ça devait être ça. Il avait peut-être cru qu'il lui avait posé cette question afin d'en rapporter la réponse à son amie. Auquel cas...

- Jonathan ! Si tu as tant de pensées qui te traversent la tête, fais-toi donc un plaisir de me les partager, grogna son amie, semblant à deux doigts de l'étriper.

Le jeune homme leva les deux mains ouvertes pour la calmer, ce qui n'eut d'ailleurs pas le moindre effet.

- Du calme. Pourquoi cette question ? Qu'est-ce qui te fait croire que je lui ai dit quelque chose ?

Elle lui jeta un regard si glaçant qu'il se sentit frissonner malgré lui.

- Ne joue pas à ce petit jeu-là avec moi. Tu lui as dit quelque chose qui...

Elle acheva plus bas d'une voix sourde :

- ...qui l'a fait pleurer. Qu'est-ce que tu lui as dit ?

Jonathan ne répondit pas tout de suite, se laissant le temps de réfléchir. Il avait plutôt imaginé que le Gryffondor piquerait l'une de ses fameuses colères. Il était d'ailleurs parti furieux après sa question. Mais voilà qui était plutôt bon signe. Relevant les yeux sur son amie, il réalisa qu'elle allait exploser s'il ne lui répondait pas immédiatement.
Il aurait aimé lui dire la vérité mais, pour une fois, il avait peur des conséquences de celle-ci. Une part de son esprit comprenait enfin la raison des mensonges des gens. Il avait trahi la confiance de la seule amie qu'il ait jamais eue, ou en tout cas, la seule qu'il ait jamais voulu garder. Elle avait clairement déclaré de ne pas vouloir savoir et il avait ignoré sa volonté en espérant interférer dans ses décisions. Il la regarda droit dans les yeux et lui mentit avec aplomb :

- Je lui ai demandé si son frère te vendrait à leur parents s'il apprenait que ce qu'il en est de votre relation.

Elle ouvrit de grands yeux, scandalisée. Selon lui, s'il avait réellement posé cette question à Sirius, celui-ci se serait éventuellement mis en colère, voire aurait seulement répondu avec amertume, mais la colère du jeune homme envers son frère était encore trop grande à son avis pour qu'il pleure pour lui. Cela dit, il espérait que Lutha le croirait, étant donné qu'elle n'était pas très objective en ce qui concernait le Gryffondor.

- John, tu es vraiment... Tu as beau être un génie pour comprendre les réactions des gens, ta curiosité malsaine laisse transparaître un côté sans cœur absolument révoltant.

Il encaissa sans broncher. Pour le mensonge qu'il venait de lui dire, il estimait que c'était mérité. Sèchement, elle remit son sac sur son épaule et s'éloigna après lui avoir souhaité une bonne nuit d'une voix qui laissait entendre qu'elle ne souhaitait pas du tout qu'il passât une bonne nuit mais espérait plutôt qu'il se fît agresser par un millier de vipères furieuses.

.

ooo

.

- Sirius ?

- Oui ?

- Je suis désolée pour ce que Jonathan t'a demandé.

Le sang de Sirius ne fit qu'un tour. Ça y était. Elle avait soutiré à son ami la raison de son état de la veille. Alarmé, il examina la jeune fille qui le regardait d'un air compatissant. Compatissant ?

- Parfois, il essaie tellement de percer les gens à jour qu'il peut blesser en voulant satisfaire sa curiosité. N'hésite pas à le remettre à sa place si c'est le cas. Il a un peu trop tendance à se croire au-dessus des relations humaines.

Le jeune homme hocha la tête, complètement perdu. Quoique le Serdaigle ait raconté à son amie, ce n'était certainement pas la vérité. Il ne s'attendait pas à cela. Il n'aurait jamais imaginé qu'il pût lui mentir. Lutha lui avait elle-même dit qu'elle était toujours parfaitement sincère quand elle parlait à Jonathan. Celui-ci ne lui rendait-il donc pas la pareille ? Il se rappela la tirade que lui avait sortie le garçon au nouvel an. Après tout, il est vrai qu'il semblait essayer d'intervenir dans la vie de son amie sans que celle-ci ne s'en aperçût. Mais dans quel but ? Que souhaitait-il réellement ? Réalisant soudain que Lutha attendait une réponse, il improvisa maladroitement :

- Ce n'est pas grave, tu sais. J'en ai vu de pire... et puis, il m'a offert un moment seul avec mon petit James chéri, n'est-ce pas tout ce qui compte ?

Il l'observa éclater de rire en poussant un soupir de soulagement. Il n'était pas passé loin de la catastrophe. Lorsque les autres les rejoignirent, il lança un regard assassin au meilleur ami de la chat-garou, qui se contenta de lui renvoyer un sourire amusé. Décidément, il n'arrivait pas à le cerner.

.

ooo

.

Allongé dans l'herbe avec les Maraudeurs, Lily, Mary et les deux Serdaigles, Sirius observait pensivement Lutha qui finissait de relire le roman qu'il lui avait offert, des semaines auparavant. Elle enroulait distraitement une mèche de cheveux indisciplinée autour de son index tandis que ses yeux sautaient d'une ligne à l'autre.
Bien qu'ils agissent tous comme les jours précédents depuis que les examens des septième années étaient finis, ce jour-ci, l'ambiance semblait plus pesante. Le fait de quitter définitivement Poudlard le lendemain teintait d'appréhension et de mélancolie l'humeur de chacun, pour une raison ou une autre. Sirius lui-même ne savait pas vraiment ce que l'avenir lui réservait. La petite Grecque était un peu tendue depuis le matin, ce qui l'inquiétait un peu. Il croisa le regard insondable de Jonathan, qui l'observait sans vraiment s'en cacher. Ils n'avaient pas rediscuté seul à seul depuis la question indiscrète du Serdaigle, mais il sentait souvent son regard peser sur lui, comme s'il cherchait à le transpercer. Il échangea un coup d'œil avec James, qui lui adressa une mimique d'encouragement. Il se décida finalement et se décala dans l'herbe pour s'approcher de la jolie chat-garou, qui leva le nez de son livre avec un air curieux.

- Lutha ?

- Oui ?

- Pourrais-je te demander une faveur ?

La méfiance s'inscrivit immédiatement dans son regard et le jeune homme sentit son cœur se serrer face à cette réaction. Il trouvait que l'attitude de la jeune fille ne présageait décidément rien de bon.

- Ça dépend. De quoi s'agit-il ?

- Est-ce que tu accepterais de m'accorder ta soirée ?

Elle haussa un sourcil intrigué. Il parlait suffisamment bas pour que les autres n'entendent pas, à part peut-être Remus. Mais si celui-ci les écoutait, il n'en montrait rien. De toute façon, il savait ce que Sirius projetait. Lutha ne semblait pas tant surprise par la demande mais plutôt intriguée.

- N'avais-tu pas prévu de passer la soirée avec tes amis ?

Il hocha la tête. En effet, c'était ce qui avait initialement été prévu. Une dernière soirée afin de clore en beauté ces sept années de maraudage communes. Mais ils en avaient décidé autrement la veille au soir, tous les quatre réunis dans le dortoir qui avaient vu tant de plans machiavéliques naître. Après une discussion très sérieuse quant à ce qui allait se passer, Remus avait fait une réflexion qui avait été unanimement approuvée. Quitter Poudlard devait être un début et non une fin car ils allaient rester soudés. Il lui fit part de ces pensées qui lui tirèrent un léger sourire. Il aurait juré qu'elle était attendrie. Elle reprit un air plus sérieux pour le fixer avec attention et murmura :

- Et que comptes-tu faire, ce soir ?

Il nota, non sans une certaine satisfaction, qu'à la curiosité s'était ajoutée une touche d'enthousiasme. La perspective de passer la soirée ensemble ne semblait certainement pas déplaire à la chat-garou. Il ne comptait toutefois pas lui révéler dans l'immédiat ce qu'il avait prévu.

- Tu verras. Retrouve-moi près du Saule Cogneur, dans le parc, à huit heures et demie. J'imagine que brûler le couvre-feu ne devrait pas te poser problème ?

Elle hocha la tête, les yeux brillants d'impatience. Elle avait l'air d'une parfaite maraudeuse quand elle avait cette expression. Incapable de résister, il se pencha vers elle et l'embrassa, oublieux du fait qu'ils étaient au beau milieu du parc, mais elle ne chercha pas à se dégager. Il n'interrompit le baiser qu'en entendant un raclement de gorge amusé de Lily. Il se rendit compte qu'ils s'étaient embrassés un peu plus longtemps que la décence ne l'autorisait. Lutha se détourna et se cacha derrière son livre, les joues d'une intéressante teinte rouge vif. Mary et Peter regardaient ailleurs, embarrassés. James avait un air franchement goguenard. Jonathan avait les sourcils haussés avec intérêt et Remus comme Lily souriaient avec amusement. Malgré toute l'affection qu'il éprouvait pour ses amis, Sirius eut soudainement envie de se retrouver seule avec la petite Grecque. Ses hormones se rappelaient souvent à son bon souvenir depuis qu'il côtoyait en continu la jeune fille. Il allait lui proposer de s'éclipser avec lui, mais James lui lança une pique d'un ton moqueur :

- Et dire qu'au début de l'année vous ne pouviez pas vous voir en peinture...

Piqué au vif, Sirius oublia ses plans pour rétorquer vivement :

- C'est pas un peu l'épouvantard qui pousse mémé à Sainte-Mangouste avant les bœufs ? Rappelle-moi comment ça se passait entre Lily et toi, jusqu'à l'hiver dernier ?

L'intéressée devint de la même couleur que ses cheveux, mais l'attrapeur ne se laissa pas démonter.

- Moi au moins, j'ai assumé dès le début le fait d'avoir des s... de vouloir sortir avec elle.

Un long silence s'ensuivit. Sirius fusilla James du regard, qui eut le bon goût de paraître penaud. Il jeta un coup d'œil à Lutha avec appréhension. Elle ne le regardait pas et semblait avoir un échange silencieux avec Jonathan tant ils se fixaient intensément. Puis elle se leva un peu brusquement et annonça qu'elle devait aller boucler sa malle car elle n'aurait sans doute guère le temps de le faire le soir même. Elle n'accorda qu'un bref regard sans expression à Sirius. Avait-elle deviné ce que James s'apprêtait à dire ? Jonathan, en tout cas, avait l'air d'avoir parfaitement saisi. Aussitôt que Lutha s'était éloigné, il avait reporté son attention sur le sang-pur avec une expression extrêmement satisfaite. Le Gryffondor se détourna, mal à l'aise.

.

ooo

.

- Dépêchez-vous, le banquet commence à dix-huit heures. Je ne voudrais pas manquer notre dernier festin ! S'exclama Lily d'une voix surexcitée avant de filer en direction de la tour de Gryffondor.

James la regarda s'éloigner avec un petit sourire rêveur. Le matin même, il avait enfin osé lui demander si elle voulait bien s'installer avec lui à Londres. Et sa réponse le faisait planer depuis lors.

- Attention Cornedrue, tu baves, le railla Sirius en lui adressant une grimace moqueuse.

Affectant d'être vexé, l'attrapeur salua Jonathan dignement et s'éloigna à la suite de la jolie rouquine. Son meilleur ami ne tarda guère à le suivre, ainsi que Remus, Peter et Mary. James était soulagé que Sirius ne lui ait pas tenu rigueur de sa gaffe de l'après-midi. Il avait accepté avec raideur ses excuses murmurées et avait ensuite passé l'éponge sur l'événement. Sirius était peut-être prompt à la colère, mais il n'était pas rancunier.

Un fois dans le dortoir, ils remirent leurs robes d'uniforme pour le banquet. Sirius conserva en revanche une paire de jean et un T-shirt moldus sous sa robe de sorcier.

- Je n'arrive toujours pas à réaliser que c'est la dernière nuit que nous allons passer dans ce dortoir, soupira Peter en embrassant la pièce d'un regard mélancolique.

James se tourna vers lui, stoppant ses efforts pour aplatir ses cheveux. Remus et Sirius s'étaient également immobilisés. Ce dortoir avait vu la naissance de leur amitié, leurs plus mémorables batailles de polochon, la plupart des réunions du Comité des Maraudeurs, des heures de discussion passées à refaire le monde, la démonstration devant Remus de leurs transformations en animagi et les premières ébauches jusqu'à la finition de la carte. Il avait été le cocon de leur fantastique amitié. Un endroit sûr où tout pouvait être dit ou fait sans être jugé. Un endroit où rien du monde extérieur ne les menaçait.

L'attrapeur se rapprocha de son ami et lui donna une accolade amicale. Puis d'une voix rauque, il murmura:

- Moi non plus. Mais ce n'est qu'un lieu. Ce qui compte, c'est nous. Nous devrions aller au festin.

Peter acquiesça sans perdre son air triste, qui flottait également sur le visage des autres.

.

ooo

.

Lorsque John arriva dans la salle commune des Serdaigles, il se retrouva à contre courant des nombreux élèves qui se dirigeaient déjà vers la Grande Salle. Il s'approcha de la cheminée. Lutha, sous sa forme de chat, était roulée en boule dans un fauteuil. Il claqua les doigts près de ses oreilles et elle dressa son museau vers lui avec un air endormi.

- Allons dans mon dortoir, il n'y aura personne, murmura-t-il avant de la prendre dans ses bras.

Elle se laissa faire, et, sitôt dans le dortoir, elle sauta au sol en reprenant forme humaine.

- Je croyais que tu finissais ta valise ?

- Oh, c'est ce que j'ai fait, répondit-elle dans un bâillement. Puis vu qu'il était tard et que je ne suis pas sûre de beaucoup dormir cette nuit, je me suis accordé une petite sieste.

- Ah tu ne penses pas dormir beaucoup ? Releva-t-il avec amusement.

Elle lui tira la langue en rosissant légèrement.

- D'après ce que j'ai appris, les maraudeurs ne vont finalement pas passer la soirée ensemble. Cela aurait-il un rapport avec ce que t'a chuchoté Sirius cet après-midi ?

.

Lutha soupira. A quoi bon le lui cacher ? Il allait de toute façon l'apprendre rapidement.

- Il m'a demandé de le rejoindre ce soir pour une raison mystérieuse.

Il eut l'air amusé et se pencha dans sa valise pour farfouiller à la recherche de son uniforme.

- Que vas-tu mettre pour ton "rendez-vous" ?

- Tu crois que je dois mettre quelque chose de spécial ? Il n'a rien précisé mais, étant donné que je suis censée le retrouver dehors, j'ai des doutes.

Le grand blond se redressa, se frottant pensivement la barbe, tandis qu'elle attendait sa réponse avec intérêt. Aussi curieux que cela parût, elle lui faisant entièrement confiance sur les avis qu'il pourrait potentiellement avoir sur les rendez-vous galants.

- Mmh... Je ne sais pas. Tu as peut-être raison. Mais dans le doute, je mettrais quand même quelque chose de plus seyant.

Elle fit la moue et s'examina. Elle portait un pantalon noir accompagné d'un T-shirt violet sombre auquel venait s'ajouter sa volumineuse écharpe en laine aux couleurs de Serdaigle.

- Pourquoi ? Tu ne trouves pas que c'est seyant, ça ?

Il lui jeta un regard condescendant, amusé.

- Non, décréta-t-il d'un ton sans appel. Attends, je te note ce que tu dois mettre, de mémoire, parce que je ne peux pas accéder à ton dortoir... c'est vraiment injuste cette histoire... quoique je comprenne l'idée de base des fondateurs... mais quand même... Voilà ! Tu vas mettre ça !

Elle leva les yeux au ciel mais partit silencieusement pour s'exécuter. Après tout, plaire physiquement à Sirius était un objectif tout à fait acceptable. Même si ça impliquait de défaire la valise qu'elle avait terminée une demi-heure auparavant.

.

- Tu sais ce que vous allez faire ?

Lily secoua négativement la tête avec un sourire excité.

- Il m'a dit que de prévoir de quoi avoir chaud, c'est tout. Je ne sais pas trop ce qu'il a en tête, mais il avait l'air content de lui.

Mary fit une petite moue pensive en observant son amie farfouiller dans sa malle pour chercher quoi mettre sous son uniforme. Lorsqu'elle eut trouvé quelque chose qui lui convenait, elle commença à se changer.

- Et toi, que comptes-tu faire ? Tu vas te joindre à Remus, Peter et Jonathan ?

La préfète entortilla une mèche de cheveux autour de son doigt. Elle n'en savait encore trop rien. Bien qu'elle eût renoncé à une relation avec son homologue masculin, elle sentait encore quelque fois son cœur chavirer pour lui. Aussi, lorsqu'il lui avait aimablement proposé de se joindre à lui et son ami pour une sortie clandestine aux Trois Balais, elle n'avait su quoi lui répondre.

- Peut-être. Je risque sûrement de décider au dernier moment.

Lily lui fit un clin d'œil.

- Tu devrais y aller, tu t'amuserais beaucoup.

.

La Grande Salle était entièrement décorée aux couleurs de Gryffondor. Les Poufsouffles avaient été bien prêts de rafler la coupe, mais la victoire de la coupe de Quidditch avait fait basculer la balance en faveur des Gryffondors, et le professeur McGonagall rayonnait, assise à la droite du directeur. Le festin fut somptueux, comme d'ordinaire. Lorsque Dumbledore se leva pour faire son habituel discours de clôture d'année, Lutha et Jonathan échangèrent un regard. Pour une fois, le discours sur l'avenir les concernerait directement.

- Mes chers élèves. Une nouvelle année s'achève. Vous avez toutes les vacances pour oublier ce que vous avez appris, avant de revenir dans deux mois tout réapprendre. Pour ceux qui achèvent leur temps dans cette école, rappelez-vous que Poudlard sera toujours une maison pour vous et que ce que vous avez pu y apprendre, que ce soit dans le programme ou non, vous servira toutes vos vies. N'oubliez pas les valeurs qui vous ont rapprochés dans cette école. Restez unis dans l'adversité, car des temps sombres vous attendent. Cherchez toujours dans votre cœur la vérité et chérissez vos amis et vos proches. Bonne chance. Et je vous conseille maintenant tous d'aller au lit, acheva-t-il avec un sourire bienveillant.

En sortant de la salle, les deux Serdaigles croisèrent leurs amis Gryffondors qui sortaient également. Sirius lança un regard interrogateur à Lutha, auquel elle répondit par un hochement de tête, avant de s'éloigner sans un mot avec son meilleur ami vers la tour de Serdaigle.

.

ooo

.

- Alors ?

Lutha et Jonathan étaient assis dans des fauteuils près d'une fenêtre et sirotaient un chocolat chaud. La chat-garou haussa un sourcil.

- Alors quoi ?

- Tu es vraiment décidée ?

Elle leva les yeux au ciel. Même si elle comprenait pourquoi il lui reposait régulièrement la question, cela ne facilitait guère les choses.

- Est-il vraiment nécessaire de ramener cette conversation sur le tapis une fois de plus, John ?

Il esquissa un sourire mélancolique.

- On ne sait jamais. Tu vas me manquer terriblement, tu sais ? Les soirées au coin du feu avec toi... à boire du chocolat et à critiquer le monde entier.

La jeune fille sentit sa poitrine se comprimer. La réciproque était vraie également. Impulsivement, elle se pencha et l'étreignit. Après un instant de surprise, il lui rendit son étreinte avec une force qu'elle ne lui soupçonnait pas. Ils discutèrent avec elle jusqu'à ce que l'heure de son rendez-vous avec Sirius approche, lui-même devant rejoindre Peter et Remus à peu près en même temps. Leur conversation ne dévia pas de leurs discussions habituelles. Après tout, que pouvaient-ils se dire de spécial qu'ils ne s'étaient déjà dit ?

.

ooo

.

Les quatre maraudeurs étaient restés à discuter dans le dortoir un petit moment, puis ils étaient redescendus dans la salle commune. Peter et Remus eurent la bonne surprise de voir que Mary les attendait, assise aux côtés de Lily, sa cape d'extérieur soigneusement pliée sur ses genoux.

- Bon. C'est bien parce que c'est le dernier soir que j'abandonne mon rôle de préfète, plaisanta-t-elle. Et aussi parce que je suis bien curieuse de savoir comment on va se rendre à Pré-au-Lard sans déclencher les alarmes magiques du château.

Remus eut un petit rire.

- Attends donc de voir. James, Sirius, n'hésitez pas à nous rejoindre plus tard si le cœur vous en dit. Après tout, plus on est de fous, plus on rit. Et puis Mme Rosmerta ne se formalisera pas d'une ou deux têtes de plus n'étant pas censées être dans son établissement. Je crois qu'elle a abandonné l'idée de nous faire la leçon depuis longtemps.

Ils adressèrent un signe aux autres en leur souhaitant une bonne soirée et partirent dans les couloir du château, se fiant aux sens de Remus, la carte ayant été abandonnée aux mains de Rusard le matin même, comme le prévoyait leur plan. Ils devaient retrouver Jonathan sur le chemin. Sirius et James échangèrent une brève accolade puis James sortit à son tour, accompagné de Lily. Sirius les regarda disparaître par le trou du portrait. Il savait que son ami avait prévu d'emmener Lily voler au-dessus du château et du lac noir avant de s'installer sur les toits pour regarder les étoiles. L'attrapeur avait déjà emporté sur place une couverture en prévision. Et lui... il jeta un œil à sa montre et se dit qu'il était temps d'y aller s'il ne voulait pas être en retard. D'autant plus qu'il n'avait plus la carte pour être sûr de ne croiser aucun professeur ni Rusard.

Se méfiant à chaque intersection, il fit quelques détours par prudence, même si la veille des vacances, les professeurs ne semblaient pas se soucier particulièrement du respect du couvre-feu. Il finit par rejoindre le parc et il s'installa dans l'herbe à une distance respectueuse du Saule Cogneur. Il attendit un bon quart d'heure et il commençait à s'inquiéter lorsqu'il sentit soudain une boule de fourrure se frotter contre ses jambes. Il sursauta et vit Noisette qui l'observait, la tête penchée sur le côté avec un petit air comique. Avec une petite boule de chaleur au creux du ventre, il grattouilla le menton du chat qui se mit à ronronner intensément. Il s'attendait à ce qu'elle reprît forme humaine mais elle n'en fit rien et bondit souplement sur ses épaules, ses longues moustaches blanches lui chatouillant le cou. Il sentait les petites griffes se planter dans son cou alors qu'elle se stabilisait.

- Et bien, se moqua-t-il à mi-voix. Si on m'avait dit un jour que je sortirai avec une fille à moustache.

Elle lui mordilla l'oreille en réponse et il remarqua une fois de plus à quel point les crocs des chats étaient pointus. Une lueur amusée dans le regard, il se concentra soudain pour effectuer sa propre transformation et après un "pop" sonore, devint le gros chien noir qui avait une fois effrayé Noisette.
La chat-garou sauta au sol et posa ses yeux d'ambre sur lui, l'étudiant avec attention. S'il avait déjà vu l'attitude du chat sous l'apparence humaine de Lutha, cette fois, ce fut l'inverse. Le regard intense qu'elle lui adressait n'avait rien de félin. Après un court instant, elle finit par baisser la tête et vint se frotter dans ses jambes en recommençant à ronronner. Étrangement, elle lui paraissait encore plus petite ainsi. Il fallait dire que sa forme de chien faisait facilement trois fois la taille du chat noir et blanc qu'était Lutha.

.

Il commença à s'approcher du saule cogneur en gambadant gaiement. Méfiante, Noisette s'assit dignement et le suivit de ses pupilles de chat dilatées par la nuit alors qu'il folâtrait en évitant habilement les assauts de l'arbre. Et soudain, l'arbre s'immobilisa parfaitement, comme pétrifié. Le regard joueur, Sirius tourna la tête vers le chat. Celle-ci acheva tranquillement de se nettoyer l'oreille avant de s'approcher avec toute la nonchalance de son espèce. Elle aurait juré avoir vu les yeux du chien rouler dans leurs orbites mais elle n'accéléra pas pour autant. Leur petit jeu l'amusait beaucoup. Les attitudes respectives des animaux qu'ils incarnaient illustraient à la perfection les rôles qu'ils avaient souvent pris au cours de leurs joutes orales. Comme en démonstration de sa pensée, Sirius envahit son espace vital sans préavis, la langue pendouillante avec un drôle de sourire de chien. Il la guida jusqu'à un creux dans les racines de l'arbre et disparut soudain à l'intérieur. Le pelage légèrement hérissé, elle s'approcha avec méfiance et se retrouva soudain dans un couloir souterrain dont elle ignorait l'existence et qui était à peine assez large pour qu'ils tiennent de front. Ils avancèrent de quelques mètres puis Sirius s'arrêta. Perplexe, elle l'observa. Il lui renvoya un regard de défi et plia les pattes avant, comme prêt à s'élancer. Elle comprit en un instant et son orgueil s'enflamma soudain. Pas question qu'un membre de l'espèce canine, même un humain transformé, la batte à la course ! A l'instant où il partit, elle bondit, étirant son corps souple de félin avec conviction pour distancer son adversaire. Elle y parvint sans trop de mal, la race de chien dans laquelle Sirius se métamorphosait n'étant pas spécialement rapide.
Lorsqu'elle parvint à la sortie du tunnel, elle était en revanche épuisée par la course et son ouïe lui indiquait qu'il n'était pas loin derrière elle. Après tout, les chats n'étaient pas faits pour un effort prolongé. Elle adopta tout de même une posture parfaitement digne et entreprit de s'inspecter les griffes pour accueillir le perdant. Il déboula comme un fou, apparemment encore plein d'énergie à revendre. Il ne se laissa pas tromper par son attitude et il réitéra son sourire de chien en courbant l'échine, comme pour lui offrir de monter sur son dos. Elle n'hésita pas longtemps et s'effondra sur les larges épaules poilues. Haletant, mais d'un pas tranquille, il reprit son chemin et elle se décida à regarder où elle se trouvait.
Ils étaient apparemment dans une vieille maison en bois dont une bonne partie des meubles étaient fracassés ou couverts de griffures. Elle réalisa avec un temps de retard qu'il s'agissait du lieu qui voyait les transformations de Remus chaque mois. Lorsque Sirius émergea de la maison dans l'air tiède de la nuit, elle eut besoin d'un autre moment avant de reconnaître l'endroit où elle se trouvait. Il faut dire qu'elle avait été moins souvent à Pré-au-Lard que la plupart de ses camarades. Sirius ne traversa pas la grande rue comme elle s'y attendait, mais il partit plutôt en direction des montagnes auxquelles s'adossait le village. Au bout d'un moment, Lutha sauta à nouveau au sol pour découvrir le chemin par elle-même. Cette promenade silencieuse dans la nuit en compagnie de Sirius lui rappelait les nombreuses heures passées à explorer la nature avec Zéphyr. Elle se sentait bien et elle se mit à ronronner sans le vouloir.

.

En entendant Noisette se mettre soudain à vrombir, Sirius tourna la tête avec curiosité pour l'observer. Il réalisa une fois de plus que s'il s'incarnait en chien et en gagnait des sens plus aiguisés, Lutha était un véritable chat. Enfin, un chat-garou. Ses oreilles bougeaient sans cesse, s'orientant délicatement au moindre son. Sa truffe frémissait en humant l'air et ses yeux étaient grand ouverts de curiosité, les iris noirs mangeant tout l'espace de ses yeux, réduisant l'ambre habituel de son regard à deux minces anneaux. Il sourit intérieurement. La transformation entre l'attitude de mépris félin qu'elle arborait auparavant et sa curiosité enfantine actuelle était le parallèle parfait pour souligner la différence entre son masque cynique et la jeune fille pleine d'humour qu'il avait découverte cachée dessous. Elle releva les yeux vers lui, comme sentant son regard, et pencha la tête sur le côté. Il inclina la sienne et frotta son museau sur son front avant de se retourner pour se remettre en route. L'endroit où il l'emmenait n'était plus très loin. La petite montagne regorgeait de grottes et c'était au hasard d'une promenade que Remus et Peter avait découvert une caverne qui donnait sur le lac et le château de Poudlard. La vue y était splendide. Ils y avaient pique-niqué plus d'une fois. Il ne savait pas pourquoi cet endroit lui était venu en tête lorsqu'il avait décidé de passer la soirée avec la jeune fille, mais il avait refusé toutes les autres suggestions de James, Remus, Peter et même de Jonathan.
Après un dernier virage, ils y furent soudain. Silencieusement, il s'assit sur le sol de pierre lisse et regarda le château, un mélange de chaleur et de tristesse tournoyant dans son ventre, comme à chaque fois qu'il réalisait qu'il s'agissait de sa maison. Il sentit Noisette s'asseoir contre lui et la queue du félin vint s'enrouler autour de lui alors qu'elle appuyait sa gorge ronronnante contre son poitrail.

Ils restèrent ainsi un moment puis, avec douceur, Sirius s'écarta et reprit forme humaine. D'un geste nonchalant et sans prononcer la moindre formule, il fit apparaître un large coussin moelleux et s'allongea, les bras croisés derrière la tête, les jambes relevées et croisées. Noisette vint aussitôt se lover contre son flanc et il posa la main sur sa douce fourrure chaude. Il ressentit alors une sensation très étrange. Il avait déjà observé la transformation de Lutha à plusieurs reprises et il était toujours fasciné par la manière dont les contours de sa forme chatoyaient alors, mais il n'avait jamais perçu son contact à cet instant. C'était comme si la surface de sa peau se transformaient en mousse ou en vapeur avant de se remodeler différemment. En une fraction de seconde, ce fut le corps de Lutha qui était serré contre son flanc. Il passa un bras sous son cou et elle vint loger sa tête dans le creux de son épaule. D'une voix très basse, elle murmura :

- Voir le château comme ça, pour lui dire adieu, c'était...

Elle n'acheva pas sa phrase, mais elle n'en avait pas besoin. Il ne l'avait jamais si bien comprise qu'en cet instant. Comme pour lui, elle était chez elle à Poudlard. Il referma son autre bras sur elle et la sentit relâcher lentement son souffle. Puis elle eut un petit rire.

- Si on m'avait dit que je dirais ça au début de cette année, j'aurais ri, mais... merci de m'avoir amenée ici et... pour tout. J'ai beaucoup de respect pour ce que tu es capable de faire pour les autres.

Sirius sourit à la nuit. C'était la première fois qu'elle lui disait clairement qu'elle était contente de son acharnement. Il le savait, bien sûr, mais le savoir et l'entendre de sa bouche étaient deux choses très différentes.

- Merci à toi, souffla-t-il en réponse avec amusement.

Il ne précisa pas pourquoi mais il espérait qu'elle comprenait. Elle prit une longue inspiration qu'elle relâcha ensuite en se serrant un peu plus contre lui. Son souffle lui chatouilla le cou et un frisson remonta le long de son dos. Il sentit sa main se poser délicatement sur son ventre et ses doigts pianotèrent un instant entre les boutons de sa chemise, effleurant son nombril. Il bascula sur le flanc pour lui faire face. Baignée par la lumière de la demi-lune, elle riva ses yeux dans les siens et il reconnût sans peine la faim qui y brûlait. L'appréhension, le désir et quelque chose de plus sauvage se partageaient les traits de son visage. Il inclina lentement la tête vers elle. Ce fut elle qui posa ses lèvres sur les siennes. Il referma son étreinte sur elle.

.

ooo

.

- Je ne devrais pas vous servir ces bièraubeurres, soupira Mme Rosmerta sans vraiment de conviction en déposant les quatre bouteilles sur la table.

Remus lui adressa un sourire éclatant et elle laissa échapper un petit rire en s'éloignant. Le loup-garou fit passer les bouteilles à ses compagnons. Marie avait les joues rosies par l'excitation de l'escapade et le trajet et il se surprit à la dévisager avec mélancolie. Il secoua la tête pour chasser ces pensées et préféra se tourner vers Jonathan. Ce dernier portait comme toujours un regard vif et curieux autour de lui. Son léger sourire laissait penser qu'il était heureux d'être là.

- Ah, j'aurais aimé trinquer avec Lutha, dit-il avec amusement. Mais je suppose que nous ne faisons pas le poids face au charme légendaire de Sirius...

- Je me demande ce qu'ils font tous, lâcha Peter avec curiosité.

Remus surprit un haussement de sourcils de Marie suivi d'un échange de regards accompagné d'un sourire en coin à l'adresse du Serdaigle. Le sourire de celui-ci s'élargit . De toute évidence, ces deux-là avaient leur idée sur ce que pouvaient bien faire les deux couples. A cette pensée, le loup-garou se sentit rosir et il se donna une contenance en plongeant dans sa bièraubeurre. Il ne sut pas si Jonathan eut pitié de lui ou s'il avait simplement décidé de ne pas rester sur ce sujet, mais il les entraîna dans une autre direction :

- Alors, vu que nous sommes tous les quatre au bar en train de boire et que nous allons sans doute refaire le monde après quelques verres, si on entrait dans le vif du sujet ?

- Le vif du sujet ? Releva Marie. Et qu'est-ce que c'est donc ?

John sourit.

- Oh, plein de choses. Etes-vous prêts à prendre les paris sur la viabilité de nos couples d'amis ? Qu'est-ce que vous allez faire l'année prochaine ? Que ressentez-vous à l'idée de quitter Poudlard ? Est-ce que vous aller vous engager dans la guerre, d'un côté comme de l'autre ? Toutes ces sortes de choses dont on peut discuter autour d'un verre.

En dévisageant le jeune homme, Remus réalisa soudain ce que Lutha voulait dire en évoquant le fait que Jonathan se posait en observateur impassible et parfois insensible. Il avait énuméré ses questions sans vraiment de délicatesse. Les réponses l'intéresseraient de toute évidence, mais il n'était pas sûr que leur contenu lui ferait ressentir quoi que ce soit. Tel était apparemment le fléau de Jonathan Float. Etre capable de comprendre le fonctionnement des autres sans pouvoir éprouver d'empathie. Mais il n'était pas comme ça avec Lutha, n'est-ce pas ?
Marie avait décidé de prendre le taureau par les cornes et de répondre avec humour aux questions posées. Tout en l'écoutant, John tourna les yeux vers Remus, comme percevant ses pensées.

Un peu plus tard dans la soirée, ils eurent la surprise d'être rejoints par James et Lily. Leurs tenues étaient froissées et les cheveux de Lily éparpillés sur ses épaules, mais personne ne suggéra que ce désordre avait une origine autre que le vol en balai. Alors que Marie et Peter faisaient un résumé du débat actuel aux deux tourtereaux, Remus alla au comptoir récupérer une nouvelle tournée. Le tabouret à côté de lui fut tiré et il se tourna pour voir Jonathan s'asseoir paisiblement à côté de lui.

- Tu essaies de me jauger, Remus ? Attaqua le Serdaigle de but en blanc, un léger sourire sur les lèvres.

Si Remus avait bu moins de bièraubeurres, sans doute aurait-il été moins direct.

- Je me demandais si tu agissais en simple observateur pour tout le monde, ou si tu tenais le rôle de véritable ami pour Lutha au moins.

Le sourire ne s'effaça pas des lèvres de Jonathan, mais il n'était plus dans ses yeux. Le loup-garou eut soudain l'impression que son regard le transperçait, comme pour chercher à savoir ce qu'il pensait. La folle idée que le garçon était peut-être un Legilimens lui traversa soudain l'esprit.

- Que veux-tu dire par là, Remus ? Tu doutes de mon amitié envers Lutha ? Ou envers toi ?

- Ce n'est pas la même. La notre est beaucoup plus récente et j'ai déjà de formidables amis sur qui me reposer en cas de besoin. Mais pour Lutha... ce que je me demande, c'est... et si elle prenait de mauvaises décisions, est-ce que tu la remettrais dans le droit chemin ?

.

Si Remus avait eu l'esprit plus clair et si Jonathan avait été moins impassible, le loup-garou aurait peut-être pu percevoir l'émoi qu'il provoquait chez le Serdaigle. Combien de fois ne s'était-il pas déjà posé cette question ? Il avait bien sûr une réponse toute faite, qu'il offrit à Remus, mais il n'était pas sûr de cette réponse. Il n'en était plus sûr, en tout cas.

- Si je lui fais confiance en tant qu'ami, et crois-moi, je lui fais confiance plus qu'à n'importe qui sur Terre, alors je dois également avoir confiance en elle pour les choix qu'elle fait.

Remus hocha la tête, pensif. Apparemment, John venait de lui donner matière à réfléchir. Mais le Serdaigle ne se sentit pas satisfait. Une part de lui aurait aimé que Remus soit capable de lui démontrer qu'il avait tort. A mesure que la soirée s'écoulait, ses pensées s'assombrissaient, et il fut finalement soulagé quand Lily suggéra qu'ils rentrent tous bénéficier de quelques heures de sommeil avant le voyage du lendemain.

Ils firent le trajet de retour en riant et en échangeant des idioties, tous un peu éméchés. Remus, en tête, menait le groupe en utilisant son ouïe pour surveiller les alentours. Ils arrivèrent à la tour des Serdaigles sans encombre et Jonathan salua ses camarades de la main avant de s'éloigner lorsque James l'interpella et fit quelques pas vers lui. D'une voix étonnamment claire étant donné le nombre de boissons fortes qu'il avait ingurgitées, il déclara :

- Remus m'a parlé de votre histoire de choix et d'amitié et... tu as tort.

John resta interdit. La voix de James n'était pas assuré mais son regard l'était.

- La confiance, c'est important, mais parfois... il faut accepter le risque que tes amis te détestent et... dire la vérité... ou prendre pour eux une décision s'il le faut.

Pétrifié, Jonathan ne répondit rien. Il était pour une rare fois déstabilisé. L'attrapeur n'avait pas d'argument élaboré pour appuyer son propos et il n'aurait de toute façon sans doute pas été capable de le formuler correctement, mais il avait son avis tranché à donner. Jonathan l'avait longuement observé, et pas seulement les derniers mois, et il pouvait facilement se convaincre que James était le meilleur ami que quelqu'un puisse souhaiter. Ce qui donnait un poids non négligeable à ses paroles.

- Pense à ce qu'on a fait pour Remus... il n'aurait jamais accepté si on lui avait demandé, ajouta l'attrapeur avant de lui donner une tape sur l'épaule.

Puis il fit demi-tour et rejoignit les autres Gryffondors qui l'attendaient. En les regardant s'éloigner, John se demanda si James se doutait de quelque chose et lui avait parlé dans ce but, montrant une fois de plus sa dévotion à l'égard de son ami. En rentrant dans sa salle commune, le jeune homme se prépara mentalement à une nuit blanche. Il avait de quoi réfléchir.

.

ooo

.

Sirius observa Lutha le plus longtemps possible avant de la réveiller. Roulée en boule sous la couverture qu'il avait fait apparaître plus tôt, elle dormait paisiblement. Sa respiration était légèrement vibrante, comme si elle ronronnait pendant son sommeil. Ses boucles blanches s'étalaient en désordre sur le coussin et il avait une folle envie de passer et de repasser la main dedans. Finalement, il dût se résigner et il posa la main sur son épaule pour la remuer doucement. Elle ouvrit des yeux ambrés embués de sommeil. I lui adressa un sourire éclatant.

.

Lutha ouvrit les yeux pour découvrir le charmant visage souriant de Sirius. Il était encadré d'un rideau de cheveux noirs dont les pointes retombaient sur ses clavicules. Elle se rappela les baisers qu'elle y avait déposés et sourit doucement.

- Il faut y aller, annonça le jeune homme. Le soleil est en train de se lever.

Elle hocha la tête et entreprit de repasser ses vêtements de la veille, se rappelant avec un sourire que c'était John qui les avaient choisis. Elle n'était pas sûre qu'ils aient changé quelque chose, mais elle prendrait tout de même soin de le remercier.

Ils se mirent en route sans un mot. De façon tout à fait naturelle, Sirius prit sa main dans la sienne en exhibant une fois de plus son sourire ridiculement large. Une fois devant les portes du château, il souffla :

- Il vaut mieux qu'on se sépare ici. Tu as moins de chances de te faire pincer, seule. Moi si je me fais attraper, bah... qu'est-ce que McGonagall pourra bien me faire ?

Il rit en lui adressant un clin d'œil, puis il se pencha vers elle pour embrasser son front avec légèreté. Il sentait la sueur et Lutha réalisa soudain qu'elle trouvait cette odeur agréable après avoir dormi contre lui.

- A tout à l'heure, murmura-t-il avant de se glisser dans le château.

Elle se métamorphosa et rentra au petit trot à sa salle commune. Elle eut la surprise de tomber sur Jonathan qui semblait méditer devant la cheminée. Elle se sentait fébrile et avait tout à la fois envie de lui parler et de simplement aller se rouler sous sa couette en l'ignorant. Elle s'approcha toutefois de lui.

- Tu ne m'attendais pas, tout de même, s'inquiéta-t-elle.

Il sursauta en l'entendant et pivota vers elle. Il la balaya rapidement du regard de la tête aux pieds et un sourire goguenard vint s'étaler sur son visage. Il s'abstint soute fois de tout commentaire.

- Non. Je réfléchissais à quelque chose, c'est tout. Tu as passé une bonne nuit ?

Elle lui tira la langue.

- Oui. Très. Je vais d'ailleurs la terminer.

Il parut amusé de la brièveté de sa réponse. Il s'en contenterait. Elle n'était pas Zéphyr, qui racontait ses histoires dans les moindres détails.

.

ooo

.

Le groupe composé des six Gryffondors et des deux Serdaigles était un peu à l'étroit dans le compartiment du train. Ils s'étaient entassés à huit, mais ils avaient stocké toutes leurs valises dans le compartiment voisin sur une suggestion de Lutha. Lily lui avait d'ailleurs demandé où était son chat, ce à quoi elle avait répondu avec aplomb que ce n'était pas son chat mais un chat de l'école qui avait toujours agi comme s'il était le sien, d'où la confusion. Sa réponse avait tiré des sourires à plus de la moitié des autres jeunes. Le début du voyage fut assez silencieux, car ils avaient tous peu dormi et le mal de crâne venait s'ajouter pour certains.

Au bout de deux heures environ, Lily proposa un jeu de cartes, qui fut accepté presque à l'unanimité, Marie et James préférant continuer de dormir. Il finirent toutefois par se joindre à eux car dormir était devenu impossible avec les défis que se lançaient Lily et Sirius. L'attrapeur les observa avec un sourire. Cela avait pris du temps, mais son meilleur ami avait fini par bien s'entendre avec la femme de sa vie. L'influence de Lutha avait dû aider en ce sens. En tout cas, leurs caractères emportés les rendaient très amusants à observer lorsqu'ils se chamaillaient, et James était heureux d'être d'une nature plus souple que Sirius en voyant la mauvaise foi à laquelle ce dernier parvenait à pousser Lily. Il se demandait à quoi ressembleraient les disputes de couple de son ami et de la chat-garou quand ils en auraient. A son humble avis, mieux vaudrait dans ces cas-là ne pas prendre parti et attendre que la tempête passe.

.

Lutha et Jonathan échangèrent un énième regard. Elle gardait nerveusement un œil sur l'heure et elle sentait bien que cela ne passait pas inaperçu auprès de Sirius. Elle finit par se lever. Il réagit aussitôt en fronçant les sourcils d'un air interrogateur. Elle lui adressa un sourire moqueur.

- Je vais aux toilettes.

Elle ouvrit la porte du compartiment et se retourna une dernière fois pour tous les observer. Elle avait fini par s'attacher à l'exubérance de Marie et la timidité de Peter. James et Lily... elle devait admettre qu'elle les aimait bien aussi. Et Remus... et surtout Sirius... Elle le regarda aussi longtemps qu'elle le pouvait puis elle croisa le regard de Jonathan qui la fixait avec une mine impassible. Ce que ses traits ne disaient pas, elle le lut dans ses yeux. Avec un sourire, elle leur adressa un clin d'œil et referma la porte derrière elle.

.

ooo

.

- On refait une partie ?

- On arrive dans deux minutes, annonça Lily avec un regard d'excuse pour Peter en rangeant les cartes.

Sirius sursauta. Perdu dans ses pensées une bonne parti du voyage, il n'avait pas du tout surveillé l'heure.

- Lutha est toujours aux toilettes ? Demanda James. Ça fait bien cinq minutes, non ?

Quelque chose dans le ton de son ami lui fit lever les yeux. Leurs regards se croisèrent. Celui de James était soucieux et il désigna Jonathan d'un discret signe de tête. Ce dernier regardait d'un air morose par la fenêtre sans sembler se préoccuper de quoi que ce soit. Un sentiment d'angoisse saisit Sirius et il revit le regard que Lutha avait posé sur lui avant de quitter le compartiment quelques minutes plus tôt. Alors que le train s'arrêtait dans des sifflements et des nuages de vapeur, James bondit vers la porte du compartiment et jeta un œil dans le compartiment voisin. Le couloir commençait déjà à se remplir du chaos des élèves se préparant à sortir du train.

- Ses affaires ne sont plus là ! C'est comme si...

Sirius sentit son cœur s'arrêter. Les portes du train allaient s'ouvrir d'une seconde à l'autre et le quai étaient bondé de monde.

- Elle... elle est partie ! S'exclama-t-il, abasourdi.

Jonathan se détourna enfin de la fenêtre et se redressa pour fixer Sirius droit dans les yeux. La déception se lisait sur son visage.

- Elle est partie ? Répéta plus fermement Sirius en sentant une colère sous-jacente enfler en lui.

Les traits du Serdaigle reprirent leur habituelle neutralité.

- Oui.

ooooo

ooo

ooooo

OUF ! Il est 3h du matin et je bosse demain mais... J'AI ENFIN FINI CE P*** DE CHAPITRE QUI M'AURA PRIS DEUX ANs ET DEMI A ECRIRE !

Vous n'imaginez pas le nombre de fois où j'ai relu le début et corrigé des phrases des centaines de fois. LA fin a plus été écrite dans une frénésie ce soir grâce à la visite de ma meilleure amie (on a toutes les deux écrit nos fanfics respectives, héhé)

Bref, je l'ai déja dit mais je me répète, je viendrai à bout de cette histoire, ne vous inquiétez pas. Mais sans doute pas avant l'année scolaire prochaine (je finis ma thèse en septembre dans un an ^^).

J'espère que vous aurez aimé de chapitre et si je me sens d'humeur prochainement, vous aurez en bonus la scène censurée publiée comme une fanfic à part de rating plus élevé ;D

.

yoh-nee - Ha ha merci, ça fait plaisir ! Et moi comme d'hab j'ai écrit ce dernier chapitre au détriment de mon boulot aussi (demain matin ça va être dur ^^). En tout cas tu as ta réponse sur le choix de Lutha -". Et merci, j'ai improvisé cette scène mignonne et j'avoue que j'en étais très fière :D

Merci pour la deuxième review (j'ai eu beaucoup de 2ème review, ça se voit que j'ai vraiment traîné pour sortir ce chapitre ^^"). Merci de ta patience et fidélité car je sais que c'est pas facile de suivre une histoire dont on attend la suite un paquet de temps !

.

Cad - Hum ! "J'ai failli vous faire attendre" ? Et ben je crois que là j'ai battu un record d'attente ! ^^" Merci pour le compliment ! Pour moi, la cohérence des personnages est le point le plus important d'une histoire alors je suis contente que ça plaise ;)

.

Stilandra Black - Coucou ! Ta fidélité me fait toujours plaisir ! :D Non, ne débattons pas de Regulus, en plus en vrai je l'aime bien (même si c'est un petit con ^^). Non, ils ne sont pas prudents... c'est la folie de la jeunesse xD. Pour ce qui est de défier son père, j'imagine que tu verras ce qu'il en est par la suite (je dis j'imagine mais je sais très bien ce qui va se passer ensuite alors... ^^"). Oui, le James de mon histoire a beaucoup de succès. C'est le perso préféré de mon chéri. En même temps, il lui ressemble. J'aime bien l'idée d'un James très attentionné envers ses amis. C'est un type bien malgré ses erreurs de jeunesse (je pète des câbles contre les gens qui ne l'aiment pas, oui oui !). Et pour ta question sur jusqu'où l'histoire va durer, tu le découvriras par toi-même, mais je ne pense pas qu'il reste me plus de 5 chapitres max si tu veux un ordre d'idée.

.

Adama-chan - Ha ha merci pour ce commentaire plein de positif (que j'ai lu en écoutant une musique épique xD). Je suis contente de voir que j'ai des qui s'accrochent depuis des années, ça m'encourage énormément ! Je suis plutôt une fan du canon, donc bon (même si Sirius. a quand même bien eu une vie de merde...) mais tu verras bien par toi-même ce que je comptes faire ;) A la prochaine !

.

Chloris - Ok ok la prochaine fois j'écris la réponse à ta review à part parce que me faire ça à 3h du mat, c'est pas cool xD
Super contente de te revoir, en tout cas ! J'avoue que même ce chapitre, j'ai pas fait plus de 20 mois d'attente ^^". Cette raison est en effet pourrie mais étant moi-même une grande adepte de la flemme, je comprends out à fait ^^
Ha, donc je dois remercier la technologie pour ton retour ? Cool, vu que mon chéri est informaticien xD
Master 2 ouais. Enfin 3è année de thèse maintenant ^^
7ème mari ? Ouah ! L'est bien classé !
Alors je pense pas que Gallina aurait apprécié la présence de Lutha à ses obsèques. Après tout, c'est la plus grande honte de sa vie, cette gamine ^^"

Désolée pour le cliché, mais je l'ai fait finalement ^^. Lutha est comme ça, c'est la vie. Enfin bon... elle part pas parce que c'est trop dangereux, mais chut ! La suite au prochain chapitre !
Une des premières semaines de ma relation avec mon conjoint, il m'a dit "la communication, c'est hyper important". Depuis je fais des efforts et mes personnages aussi xD.
Je pense aussi que Lutha niera jusqu'à la mort la marque d'affection ^^
Merci pour le compliment sur la guimauve subtile, je suppose xD Et que de flatteries ! Ma tête ne va plus passer les portes... Ouf, j'ai pas de portes dans mon appart !
J'ai adoré ta review (je l'ai relue plusieurs fois !) et je suis désolée de ne pas laisser une réponse à la hauteur mais je travaille demain et on approche de 4h du matin ^^'. Alors juste merci pour tout et la fidélité et les délires et les parenthèses (surtout les parenthèses !) 3 A une prochaine j'espère ;)

.

bellarkeBB - Ha ha merci ! Hélas, tout le monde ne peut pas être gentil, sinon l'histoire serait chiante ^^. Bon, au final, la plus désagréable, après relecture de ma fic... bah c'est Lutha xD. Ah oui j'aime beacoup ces deux fics aussi. Faut que je les relise un de ces 4 ! Merci pour le courage, ça va me servir pour la rédaction de la thèse ^^

.

Poisson Rouge 1 - Ha ha merci de grossir mes stats de review en plus des messages facebook ;) Contente que ça t'ait plu ! ;) A vendredi peut-être :p

.

Dedellia - Je me suis d'abord dit... d'où elle connaît mon prénom et puis après... ma mémoire est revenue au galop xD (bah quoi il est 4h du mat !). Je suis en effet flattée ^^. J'avoue que je ne lis plus du tout de fanfic pour cause du travail, perso ^^. Désolée, j'ai raté le défi de 6 mois ou moins, sauf si on mutliplie par 4 ! Je fais une thèse en physique fondamentale et après ça, je pense que j'arrête la recherche pour devenir prof ou programmeuse xD (mais bon, à 8 ans d'études, j'en ai marre xD). J'espère que tu t'en sors pour les études de ton côté, j'ai moi même tenté médecine dans ma folle jeunesse ^^.

.

Fannyfique 'nyfa - Dur à écrire le pseudo ^^. Merci pour cette review toute mignonne ;). J'espère que celui-ci t'aura plu aussi !

.

clemhood1437 - Je ne sais pas si tu auras continué ta lecture jusque là mais... merci pour la review en tout cas et j'avoue que la débilité de cette blague me fait me bidonner à chaque fois ^^"

.

Charly Belmont - Oui oui, comme je le répète souvent, je compte bien terminer cette histoire. Ca prend juste du temps :) Merci d'apprécier mon travail, en tout cas !

.

blue - Merci de ta review ;) Il reste moins de cinq chapitres, mais le nombre dépendra de comment je vais développer. Des fois l'inspiration me fait rajouter un chapitre entier alors je ne sais pas encore précisément :)

.

AmeliaPotter - Merci, je suis contente que ça t'ai plu. Comme tu as pu le voir si tu lis les intros et conclu de chapitre, j'ai une vie chargée à côté de ça, donc je ne peux pas écrire autant que je le voudrais. mais la suite viendra un jour, c'est sûr :D

.

lune patronus - Ha ha ! Que d'enthousiasme ! Après deux ans et demi, voici la suite. J'ai hélas une vie à gérer à côté, donc c'est pas toujours rapide ^^
Merci pour la deuxième review (ou alors c'est deux personnes avec le même pseudo, va savoir ^^). Aaaaaah je suis trop flattée, ça fait trop plaisir, trop de compliments, aaaaargh ! Merci encore et à la prochaine ;)

.

Lucy Grenne - Pour le "quand", voilà la réponse. J'ai mis très longtemps à pondre ce chapitre, et le suivant ne viendra sans doute pas avant un an (fin de ma thèse). Et il reste max 5 chapitres, mais c'est une estimation :)

.

dicaprisun - Si tu as eu du mal à te remttre dans le bain, je crains que ce ne soit pire cette fois ^^. Merci pour le compliment, ça fait toujours plaisir ! J'espère réussir à les garder intéressants, c'est ma grande hantise de les rendre niais et chiants ^^". Merci pour le courage, je le prends, ça me servira ;) Au plaisir de relire une de tes reviews ;)
J'adore l'amitié entre James et Sirius aussi, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire ! Et John est aussi mon chouchou ;D

.

- Ha ha ! Merci pour cette review enthousiaste (j'adore les points d'exclamations ;D) Désolée, le chapitre a en effet tardé, mais j'espère qu'il te plaira ;)

.

Guest - Oui oui, je le dis souvent, mais je comprends que les lecteurs doutent, je compte finir cette histoire. Mais je compte aussi réussir ma vie et finir mes études à côté, d'où les délais ^^" C'est pas facile. Mais je suis très contente d'accrocher du public enthousiasmé comme toi, ça me motive vraiment ;). Le compliment sur l'originalité va faire exploser mon orgueil, merci :D. J'espère que ce chapitre t'aura plu également !

.

Maxine Black 21 - Waouh ! "géniale" en majuscules détachées, je prends le compliment très à coeur ! Contente que tu ais pris le temps de mettre une review, c'est l'une de mes motivations principales (en plus de mes amies qui lisent ma fic et me menacent (je déconne... enfin presque)). Je suis très sensible aux compliments sur mes personnages alors merci :D. Je me répète (avec un sourcil haussé d'amusement) : oui oui je vais finir ma fic, après ma thèse sans doute (plus que 1 an). Désolée de causer des addictions avec mon style d'écriture (oh la la ma tête enfle). Je vais essayer de glisser des fautes la prochaine fois pour te faciliter la vie ;p. Merci encore pour ta review, ça me fait très plaisir ;)

Ha ha une deuxième review ?! Que je suis contente (j'adore les reviews ^^) ! Je suis très heureuse et toujours étonnée de voir que mon histoire plaît autant (oui oui j'ai un syndrome de manque de confiance en moi, un tout petit peu, pas comme Sirius, quoi). Merci pour les compliments sur mes personnages (encore ! ^^). Je te laisse libre d'interpréter Regulus à ta guise, c'est tout l'intérêt de la lecture. Mais personnellement, c'est un personnage que j'aime beaucoup et je me suis bien amusée à l'écrire version petit con dans sa jeunesse. Je ne suis pas morte (et non), j'ai en effet trop à faire, mais je n'abandonne pas les lecteurs, ne vous inquiétez pas :D Si je dois la finir à 100 ans, je la finirai à 100 ans (mais j'espère quand même faire plus vite que ça xD)

.

La sœur du Poisson Rouge - J'ai beaucoup ri en voyant ta review ;). Je pense que ta soeur t'aura transmis l'info de la sortie de ce chapitre (elle a été la première à en être informée à 4h du mat par sms xD. Je suis très contente que ça te plase et j'espère que ça continuera de te plaire :D A la prochaine ;)

.

Memie Memie - Merci pour cette review, ça me fait très plaisir ! J'adore qu'on me dise qu'on "dévore" mon histoire. Ma vanité s'en trouve explosée au plus au point ^^. J'espère que la suite te plaira toujours :)

ooooo

ooo

ooooo

BREF je vous promets rien avant un an vu que j'entame la dernière année de thèse mais après ça j'essaye de mettre le paquet, promis. Selon mon état mental, on verra si j'écris à Noël mais rien n'est moins sûr. Je vous aime, chers ! Merci de me suiiiiiivre !