Chapitre Premier: Awaking


Rappel : l'intrigue du Seigneur des Anneaux se déroule au Troisième Âge.

Avertissement :

1) Cette histoire est fortement axée sur l'intrigue du Seigneur des Anneaux, mais une romance établie existe en arrière-plan. Celle-ci concerne Maedhros et Fingon. Ces deux personnages étant liés par le sang à un certain niveau, je préfère prévenir à l'avance car ce n'est pas du goût de tout le monde, bien que ce couple soit apprécié dans le fandom.

2) Je n'ai pas encore de bêta.

3) J'ai inclus une sorte d'index à la fin du chapitre pour ceux/celles qui en auraient besoin, compte-tenu la différence de popularité entre Le Seigneur des Anneaux et Le Silmarillion.

Disclaimer : cette histoire appartient à SpaceWall, qui m'a donné la permission de la traduire, et l'univers est la propriété de J. R. R. Tolkien & Co.


Maedhros réalisa très rapidement trois choses essentielles. La clarté remarquable de son esprit lui vint en premier. Peut-être était-il plus clair qu'il l'avait été de toute sa vie. Sa fëa lui semblait complète et pleine de vie. La dernière fois qu'il s'était senti si entier, son grand-père était encore de ce monde et il ignorait tout des complications qui s'abattraient bientôt sur lui. Ses barrières mentales, elles également, étaient sans défauts, naturelles, comme elles ne l'avaient plus été depuis bien des années. Ce fut alors qu'une seconde illumination le frappa: il n'y voyait rien. Lorsqu'il tâta autour de lui pour tenter de déterminer où il se trouvait, une montée de panique le traversa: faisait-il trop sombre pour qu'il y voie quelque chose ou sa vision lui avait-elle été arrachée? Il sentit la pierre dure du sol sous ses mains et cela suffit à entraîner une troisième réalisation. Il se releva promptement et se cogna la tête sur le toit de la grotte. Le monde se mit à tourner frénétiquement et Maedhros s'effondra.

Tant mieux: s'il était mort, il ne se serait certainement pas cogné la tête. Il n'y avait pas de raison pour que les Cavernes de Mandos ne s'accommodent pas d'une personne de sa taille. Mais d'un autre côté, s'il était bien en vie, pour quelle raison était-il en possession de ses deux mains? Il avait plongé au fin fond du monde, s'était cogné la tête et puis… quoi d'autre encore? Il avait fait repousser l'un de ses membres? Peut-être était-ce ce à quoi ressemblait un retour parmi les vivants. D'un autre côté, il ne revêtait pas les robes grises qu'on trouvait sur lesdits revenants. À vrai dire, il semblait à peu près porter ce qu'il avait enfilé le jour de sa mort. Ou du moins, le jour où il avait échoué à trépasser. Des bottes, des braies, une tunique et une cotte de mailles. Aucun ceinturon ni d'épée en vue, toutefois. Mais cela faisait sens… il devait les avoir égarés durant la bataille… Ou peut-être n'avait-il pas porté de ceinturon du tout. Qu'était l'intérêt de pouvoir rengainer son épée pour quelqu'un qui n'avait d'autre choix que de s'en servir? Puis, il y avait l'affaire du Serment. Il semblait s'être totalement évaporé de son esprit et la question étaitde savoir pourquoi… Ses actions l'honoraient-ils ou y avait-il une autre raison ? Peut-être même qu'être ramené à la vie suffisait à l'en défaire. La présence de sa main était certainement une preuve raisonnable de son retour à la vie, même si cela n'expliquait rien du reste.

– Arda! fit Maedhros, envers personne en particulier.

Ou peut-être justement était-ce dirigé à l'attention de quelqu'un de tout particulier.

– Námo? Que cela signifie-t-il?

Telle une réplique, un tambourinement dévorant résonna. Maedhros fouilla le sol et les parois et rompit un morceau de roche plus ou moins tranchant. Il le tint l'espace d'une seconde dans sa main gauche, puis le passa à sa main droite, avant qu'il n'y revienne finalement. Il s'agissait là d'un problème qu'il pourrait régler plus tard. Ravalant son désarroi, il se mit à ramper en direction de la cacophonie. Il y avait quelque chose qui clochait à l'entendre. Une chose venant de l'Ennemi. Néanmoins, il s'agissait également du seul guide dont il disposait, et étant donné que Fingon n'était pas là pour le délivrer à dos d'aigle, Maedhros se devrait d'être son propre sauveur, cette fois-ci. Il devint rapidement clair qu'il montait. Il se faufila à travers les tunnels, incapable de se relever, son dangereux caillou toujours dans la main gauche. Puis, quelque chose de fondamental changea. Un cliquetis sous les tambours, telles des serres raclant la pierre, approchant de Maedhros à grande vitesse. Il tomba au sol et une petite armée d'Orques se dispersa tout autour de lui. Il tenta de ne pas respirer, de ne pas humer leur odeur et d'écouter la vague passer. Pieds et griffes s'enfoncèrent dans son dos, et il ne bougea pas, ne sursauta pas. Quelque chose avait dû fort les apeurer pour que pas un seul d'entre eux ne s'arrête pour l'achever.

Une fois les Orques furent-ils passés, Maedhros se releva de moitié et continua de tituber vers l'avant. Il y avait de la lumière à la fin du tunnel et enfin suffisamment d'espace pour qu'il puisse se redresser. Et des cadavres. Des Nains, portant des signifiants de clans ou de Maisons qui ne lui disaient rien. Priant qu'Aulë de lui pardonner, il déroba une épée à la dépouille d'un d'entre eux. Elle était trop courte pour Maedhros, mais c'était toujours mieux qu'un roc ne tranchant qu'à moitié.

Finalement, il déboucha du tunnel dans une large caverne sectionnée d'un pont de pierre, Maedhros réalisa à nouveau dans une succession rapide plusieurs choses en même temps. Un Balrog se tenait en face de lui. Debout sur le pont, un homme au visage buriné vêtu de robes grisâtres s'apprêtait à l'affronter, précédé d'une bonne demi-douzaine d'êtres - un Elfe, un Nain, deux Puînés adultes et quatre enfants. Maedhros leva son épée, tout à fait prêt à mourir de nouveau, lorsqu'il se sentit frapper d'une terrible vague de puissance, et ainsi, le vieux Puîné se révéla être un Maia. Il portait une épée ñoldorine, mais Maedhros ne la reconnut pas. Une puissance, non seulement approchant le sauvage pouvoir des Maiar, mais également quelque chose de plus contrôlé, quelque chose de plus ñoldorin, se manifesta autour de lui tel un manteau. Il parla alors, mais ses mots parurent étranges aux oreilles de Maedhros et il lui fallut un temps d'adaptation à la langue. Le Balrog se dressa de toute sa taille, et accompagnés d'une nouvelle flopée de cris, les deux hommes accoururent pour rejoindre le combat. Mais ils n'eurent pas encore rattrapé le Maia que celui-ci frappa de son bâton le pont, le brisant en deux. Maedhros, craignant pour la vie des membres du reste du groupe, et de toute évidence pour la sienne - un Balrog étant une créature dotée d'ailes, bien que très lourdes -, avorta un mouvement vers la bataille. Toutefois, il apparut que ce Balrog était moins rusé que la plupart des siens, puisqu'il ne tenta pas même de prendre son envol. Au contraire, il s'enfonça dans les profondeurs auxquelles Maedhros venait tout juste d'échapper. Puis au dernier moment, démontrant un tant soit peu d'intelligence, riposta contre le Maia et l'emporta vers le fond avec lui.

Les survivants se précipitèrent, mais ils se firent trop lents. Ils s'attardèrent, et bien que l'un d'entre eux s'établit rapidement comme leur chef, ils ne progressaient pas suffisamment vite à son goût. Assurément, le Balrog s'en était allé, toutefois, les Orques reviendraient.

Maedhros les suivit, hors de vue et muet comme une tombe, à travers plusieurs autres tunnels, puis finalement, dans une grande salle. Il n'y avait aucun moyen de s'y dissimuler, et Maedhros aurait très vite pu devenir le nouvel ennemi s'il n'y avait pas eu une haie d'Orques à l'entrée. Leur commandant se prépara à engager le combat, toutefois Maedhros fit preuve de plus de rapidité, surtout avec une épée entre les mains. Un seul coup suffit pour trancher la tête du premier Orque, et le reste d'entre eux s'enfuirent, en proie à la peur. Le groupe sortit de la montagne, puis une fois eurent-ils dévalé suffisamment de marches pour pouvoir repérer le moindre Orque en approche, de concert, ils retournèrent leurs armes sur Maedhros.

– Je ne cherche pas d'ennuis, leur dit Maedhros, et ce fut à ce moment-là qu'il s'aperçut leur avoir parlé en quenya, la langue de ses jeunes années.

Étant donné que l'Elfe lui donnait plus un air de Teler ou de Sinda, cela n'annonçait rien de bon.

L'Elfe se tourna vers leur chef, qui haussa vaguement les épaules avant de dire, dans un quenya des premiers jours hésitant:

– Je parle également sindarin, que tu le saches.

Maedhros résista à l'envie de le remettre à sa place. Il reprit en sindarin.

– Qu'importe la langue, tant qu'il ne s'agit pas du noir parler, c'est toujours une douce musique pour mes oreilles. Je ne vous veux aucun mal.

– Je ne lui fais pas confiance, dit le Sinda, en langue commune.

Maedhros ne savait pas comment il pouvait connaître cette langue, mais c'était le cas. Et sa dénomination, d'autant plus. Quand avait-il appris une telle chose?

L'aure Elfe retourna au sindarin et s'exprima :

– Comment être certain de pouvoir vous faire confiance?

– La langue commune ne m'est pas inconnue, les avertit Maedhros en tentant de ne pas montrer son inquiétude. Et pour ce qui est de prouver mon honnêteté, je ne sais si j'y suis apte. Je ne connais rien des raisons qui m'ont amenée ici, ni ce qu'ici est vraiment. Je me suis réveillé il y a quelques heures à peine, tels les premiers Elfes.

Le Sinda et le chef échangèrent à nouveau un regard. Puis ce dernier effectua quelques gestes vagues de la main et le Sinda acquiesça.

– Haut et fort ! s'énerva le Nain. Que diable vous arrive-t-il?

– Je peux bien me boucher les oreilles et fredonner, si cela vous sied mieux, offrit Maedhros.

– Pourriez-vous cesser vos chamailleries? s'agaça l'un des enfants.

Tous se tournèrent pour le regarder.

– Gandalf est mort et vous vous tenez tous là à vous quereller tels des enfants.

Le chef s'agenouilla à ses côtés.

– Pardonne-nous, Frodo, commença-t-il, et son instinct protecteur sembla l'enjoindre à éloigner les autres de Maedhros.

L'Elfe et le Nain ne bougèrent pas d'un pouce, arc et hache solidement axés sur lui. Ça n'aurait pas été bien compliqué de les désarmer tous deux. La fatigue marquait leurs traits et il n'apparaissait pas qu'ils aient déjà combattu ensemble. Il aurait été ainsi aisé de les faire trébucher l'un sur l'autre, mais comme Maedhros le découvrit bien vite, jubilant de tout son être, il n'en aurait pas besoin. Aucune force au monde ne pouvait l'y forcer. Son esprit lui appartenait.

– Je vais déposer mon arme, à présent, déclara Maedhros en langue commune.

Les yeux anxieux de ses gardiens suivirent le chemin que fit sa main jusqu'au sol.

– Qui êtes-vous ? demanda le Sinda.

Il y avait quelque chose de familier chez lui, dans sa conduite, dans sa cadence.

– Gaelon, répliqua Maedhros.

Il s'agissait là d'une réponse des plus mensongères, mais l'idée l'amusait et cela faisait longtemps qu'il n'avait pas reçu de nouvel epessë.

– Ce n'est en rien un nom quenya et le tien en aucune mesure, commenta l'Elfe, l'air toujours aussi soupçonneux.

– J'en conviens, mais dans ma jeunesse, il était considéré de mauvais goût de ne pas déférer son nom dans le langage de nos hôtes. Les fils de Fëanor eux-mêmes s'y sont tenus, répondit Maedhros, prenant un malin plaisir devant les circonstances.

Le Sinda secoua la tête, irrité, et le Nain demanda:

– Que signifie donc «Gaelon» pour que cela soit si inconvenant?

– Cela veut dire «pale» et «scintillant», telle la couleur du clair de lune. Malheureusement, il ne s'agit pas là d'une très bonne description de ma personne. Cela conviendrait mieux à quelqu'un à la chevelure claire, mais soyez pourtant assuré que lorsque je ne suis pas couvert par plusieurs couches de poussière minière, je n'ai pas si sombre allure. En effet, un nom plus adéquat ferait référence à mes cheveux.

En guise de démonstration, Maedhros poussa une mèche sur le devant de son visage. Le tout était détaché, mais plus ordonné que ça ne l'avait été depuis des siècles. Et ils le resteraient. Après tout, Maedhros avait à présent deux mains pour s'en assurer.

– Toutefois, chez les miens, fit l'autre Elfe, la plupart des noms faisant référence à une chevelure rouge ont déjà été assignés à Maedhros le Fratricide. Ainsi, ton nom inapproprié est-il certainement plus chanceux.

– Il faut l'espérer, répondit Maedhros avec une étincelle d'allégresse. À présent, avant que je ne présume être la seule créature nommée d'Arda, à vous de vous présenter!

– Gimli, fils de Gloín, pour vous servir, fit la Nain.

Agitant toujours sa hache dans sa direction, il ne s'inclina pas.

– Gaelon, fils de personne, au vôtre et à celui de votre famille, s'inclina Maedhros, comme le faisaient les nains; jusqu'à la ceinture.

Ils se tournèrent tous deux vers le Sinda.

– Legolas Thranduillion, dit-il comme si son propre nom le dérangeait.

Celui de Thranduil ne disait rien à Maedhros, mais on ne pouvait pas en dire de même pour le Nain qui grimaça.

– Le fils ne doit pas avoir à répondre des actes du père, leur dit Maedhros. Il serait judicieux de profiter de l'opportunité pour apprendre à vous connaître avant que celle-ci ne se présente d'elle-même. Quoi qu'il en soit, l'un d'entre vous devrait aller informer le jeune seigneur qui se trouve là-bas de ce qui vient d'être délivré.

Débattant silencieusement, ce fut Legolas qui fut envoyé. Maedhros et Gimli, pour leur part, s'asseyèrent tous deux, se lorgnant mutuellement.

– Étaient-ce les vôtres, là-dedans? demanda Maedhros, mais d'après le chagrin perceptible sur le visage du nain, la réponse lui paraissait suffisamment claire.

– Des cousins et d'autres, aye. Pas de frères, de sœurs ou de fils, mais je n'en ai jamais eu en premier lieu, aussi il m'aurait été difficile d'en perdre.

– Je vous aurais bien dit comprendre votre peine, mais je doute que ce soit le cas de quiconque au moment présent. Donc à la place, je dirai que Mahal veille sur tous ses enfants et qu'il les emmène dans ses Cavernes lorsque leur temps est venu. Et je dirai que j'ai moi aussi perdu des cousins, il fut un temps. La blessure n'a toujours pas guéri.

Le nain marmonna quelque chose en khuzdul. Une prière peut-être.

– Les Elfes comptent-ils de si proches liens? demanda-t-il, après un battement.

Il semblait qu'il souhaitait être distrait du sujet en question, sentiment que Maedhros connaissait certes bien.

– Certains. Les grandes familles n'ont jamais été communes chez les miens, et le sont de moins en moins alors que les années passent. Mais là où je suis né, il n'était pas si étrange d'avoir trois à quatre enfants par famille. Évidemment, puisque nous vivons si longtemps, tout le monde finit lié à tout le monde à un moment ou un autre. À l'heure actuelle… (Une pensée lui vint alors.) À propos, quelle est cette heure?

Gimli lui donna l'année. La politesse de sa réponse n'atténua pas l'impact. Il était plus que probable que toutes les personnes qui avaient un jour compté pour lui soient mortes, à l'heure actuelle. Et si elles ne l'étaient pas, elles étaient à présent plus vieilles que lui de plusieurs millénaires.

– Qui porte la couronne? demanda Maedhros, un moyen suffisant subtil de quémander des nouvelles de sa famille.

– Thranduil, répondit le nain, ce qui devait être vrai, mais il ne s'agissait pas de la réponse qu'il attendait.

Néanmoins, cela expliquait pour quelle raison Legolas lui semblait si familier. Il avait ce petit quelque chose de royal à la Teleri-Sindar. Comme Finrod. Comme ceux qu'ils avaient massacrés à Doriath.

– Non, je voulais dire le roi de mon peuple. Le Haut-Roi des Noldor.

– Il n'y a plus eu de Haut-Roi depuis le Deuxième Âge, l'informa le chef en joignant les deux groupes pour ne plus en former qu'un.

Il se tourna vers le nain.

– Je m'excuse, Gimli, mais nous ne pouvons nous attarder. Il fera bientôt sombre et les Orques ne nous laisseront pas le temps de faire notre deuil.

– Quelle direction prendrons-nous? le questionna Gimli.

Le chef pointa une vaste forêt dorée au loin.

– La Lothlórien, dit-il.

– Excellent, se fâcha Gimli. Chez la Sorcière en personne.

Il partit en trombe à peu près dans la direction qu'avait désignée l'autre.

– Qu'est-il arrivé à Gil-Galad? lui demanda Maedhros, aussi naturellement que possible.

– Il est tombé lors d'une bataille contre Sauron, expliqua le chef, puis semblant réfléchir, il reprit: Mes condoléances. Le connaissiez-vous ?

– En quelque sorte, murmura Maedhros. Je connaissais sa famille. Mais s'il n'y a plus de Hauts-Rois, je suppose qu'ils doivent tous s'en être allés, eux aussi.

Le chef tendit à Maedhros son épée. N'ayant pas de ceinture à laquelle l'accrocher, Maedhros la passa simplement dans sa main droite.

– Ils ne sont pas tous partis. De ceux qui sont restés, il n'y avait simplement personne désirant la couronne. Seigneur Elrond et Dame Galadriel peuvent tous deux retracer leur lignée jusqu'à Finwë lui-même.

En proie à l'allégresse, Maedhros résista à l'envie de lever le poing en l'air. La situation était funèbre. Mais Elrond avait survécu. Elrond avait survécu. C'était de suffisamment bonnes nouvelles pour qu'il en pleure presque des larmes de joie. À la place, il demanda:

– Et votre lignée, jusqu'à qui pouvez-vous la retracer?

Puisqu'il était évident que ce mortel avait une sorte de statut. Cet homme ne pouvait démontrer une autorité si innée sans être doté d'une noble condition.

– Nulle part en particulier, fit l'homme. Je me nomme Aragorn, si cela veut dire quoi que ce soit pour vous.

Ce n'était pas le cas, mais la diversion était évidente. Comme Maedhros lui-même, il avait éludé le nom de son géniteur.

– Cela signifie autant que vous saviez que cela voudrait dire pour moi, Messire. Et de vos compagnons, il y a le jeune Frodo, si j'ai bien compris, et le Maia se nommait Gandalf. Qui sont les autres?

Aragorn, fils de quelqu'un, dénia nommer le reste de ses compagnons et lui expliquer ce qu'était un Hobbit. Celui qu'on nommait Frodo semblait particulièrement bouleversé par la mort du Maia, et ne parla ainsi point à Maedhros. Les siens se rassemblèrent autour de lui, et après quelque temps, Aragorn s'approcha également. Cela ne laissait à Maedhros que l'autre homme, Boromir, fils de Denethor pour seule compagnie. Il était très loin de faire aussi bonne impression que ses compagnons. Il disposait d'un niveau d'égotisme dont Maedhros avait une sainte horreur chez les rois et seigneurs, en plus d'être de moindre noblesse qu'Aragorn. Cela étant dit, il était bien plus informatif que ses compagnons. Si instructif, en fait, que Legolas dut revenir vers lui à plusieurs reprises pour le faire taire.

Avec toutes les informations qu'il avait récoltées, Maedhros finit par comprendre l'origine du rassemblement de ce groupe hétéroclite. Ils exécutaient une quête des plus classiques, de type: retrouver/détruire un artefact d'importance pour l'Ennemi. (Duquel, Maedhros n'en était pas encore bien sûr.) Elrond en était le commanditaire et le Maia avait été leur chef.

Ils passèrent à côté de ce qu'ils appelèrent le Lac du Miroir, et s'y arrêtèrent, pour une question de religion ou de dévotion, afin que Gimli puisse présenter ses hommages. La vue était splendide, bien entendue, mais bien qu'il l'apprécia, Maedhros ne pouvait s'empêcher de prier pour qu'ils pressent le pas. Gimli, en dépit de sa réticence à parvenir à destination, prit la tête de la Compagnie. Il semblait connaître l'endroit mieux que les autres, du moins en savait-il l'histoire. Et ce n'était guère étonnant. Même s'il posait pour la première fois un pied dans cette région, ces terres appartenaient autrefois aux siens. Personne ne pouvait lui reprocher son enthousiasme.

Lorsque les mortels parvinrent finalement à discerner la forêt, ils marquèrent de nouveau une pause. La Lothlórien, ainsi que la nommait Legolas, et compte-tenu la révérence dont il infusait ce seul nom, il devina que son père ne devait pas en être le souverain.

Quelques minutes passèrent et la conversation s'éteignit d'elle-même. Les neuf compagnons reprirent péniblement la marche tandis que le ciel s'assombrissait. Sans surprise, les Hobbits commencèrent à traîner le pas. Ils devaient avancer de trois pas à chacun de ceux de Maedhros, et ils étaient loin de posséder la force des Elfes. Attentif, Aragorn appela à la halte.

– Boromir, venez! Nous allons les porter, s'exclama-t-il et alors qu'il s'apprêtait à s'y livrer, Maedhros intervint.

– Ça n'a aucun sens. Je suis plus ou moins désarmé et je ne transporte rien. Avec votre permission, maître Hobbit, je me propose à vous porter. Ou alors, donnez-moi une bonne épée. Sans vouloir offenser le savoir-faire des Nains, je suis plutôt grand même pour les miens, et cette lame ne fait pas la longueur de mon avant-bras.

Une délibération silencieuse s'opéra et en fin de compte, Maedhros se retrouva à porter celui qu'on nommait Sam, tandis qu'Aragorn s'occupait de Frodo. Il y avait, semble-t-il, anguille sous roche en ce qui concerne leur attitude envers Frodo. Peut-être étaient-ils tout simplement inquiets à son égard. Il paraissait certainement être celui qui fatiguait le plus rapidement et sa santé le préoccupait déjà après une si courte fréquentation. Ses soupçons s'intensifièrent lorsqu'ils effectuèrent un autre arrêt. N'ayant aucun talent culinaire et encore moins de dons relatifs à la guérison, il ne se proposa pour aucune des tâches en question. Il s'affaira cependant à extraire autant qu'il le put la crasse et la poussière des mines et de la route qui emmêlaient ses cheveux. Penché sur le lit de la rivière comme il l'était, il n'intercepta que quelques bribes. Ce, jusqu'à ce que Aragorn tienne à la lumière la cotte de mailles et qu'alors toute la Compagnie se fige, comme hypnotisée. Maedhros comprit, en contextualisant, que le métal avait retenu un coup d'une puissance extraordinaire et sauvé son propriétaire. (Si ce n'était pour quelques bleus, mais ce genre de choses ne pouvaient être évitées.) Cela combiné à la beauté de l'objet lui laissait à penser que son père aurait payer le prix fort pour pouvoir travailler dessus.

Ils partagèrent leurs rations avec Maedhros dans l'obscurité grandissante et reprirent leur chemin. Ils étaient à présent si épuisés que la parole ne leur venait plus aisément. Frodo et Gimli se replièrent à l'arrière tandis que Legolas, qui était toujours en émerveillement devant le Bois, même au crépuscule, prit la tête du groupe. Maedhros, qui n'évitait pas volontairement le Sinda, commença à s'inquiéter à son propos. S'il y avait quelqu'un qui était en mesure de deviner sa véritable identité, ce serait Legolas. Ou Aragorn, qui semblait en connaître davantage sur l'histoire elfique qu'un Elfe lambda. Maedhros pouvait fort bien respecter cette intelligence, mais son inquiétude grossissait d'heure en heure.

Tout aussi préoccupé, mais moins raisonnable que Maedhros, était Boromir. Il se montrait récalcitrant à pénétrer le Bois et s'attarda, comme l'avait fait Gimli, sur la magie noire qui entourait sa légende. Maedhros, qui pouvait sentir la magie ambiante en question n'aurait pas pu être davantage en désaccord. Il avait goûté aux sorts les plus noirs, et celle-ci n'avait rien à voir avec ceux-là. À vrai dire, ça ressemblait plus aux protections dont Melian avait doté Doriath qui, même si elles avaient été plus puissantes, était tout aussi pure. Et contrairement à l'Anneau de Melian, Maedhros ne retrouvait pas à sa frontière une barrière parfaitement infranchissable. Bien que l'idée l'ait tracassée lorsque Aragorn avait affirmé que le mal esquivait la Lothlórien à tout prix, aucune force ne parut retenir son passage et il fut autorisé à poursuivre sa route.

Tout en sonnant faux, cette magie lui parut familière. Tel le portrait d'un être cher, mais dans sa forme inachevée, avant que les traits ne révèlent le visage connu. Méfiant, Maedhros étendit son esprit pour venir la toucher. Qui qu'en soit à l'origine et quel qu'elle soit, elle lui rappelait quelque peu Celebrimbor. Ce n'était pas lui, évidemment. Celebrimbor était mort… devait l'être s'il n'apparaissait pas sur la liste des derniers enfants de Finwe d'Aragorn, et de toute manière, cette énergie était davantage une imitation de son essence que l'Elfe lui-même.

Ils traversèrent le Bois dans l'obscurité, Maedhros et Legolas se servant avidement de leur vue elfique pour se guider, eux-mêmes et leurs compagnons. Comme Gimli au Lac, Legolas s'arrêta pour rendre hommage à un mythe de renom et chanta une chanson. Maedhros ne la connaissait pas, mais il songea que Maglor aurait été capable de la reprendre après quelques vers, fier comme un geai de son talent. Maedhros n'était pas son frère et n'avait pas son don.

Après leur escale, il ne lui fallut qu'une poignée de minutes pour se rendre compte qu'ils étaient suivis. Leurs poursuivants étaient très bons, toutefois Maedhros était habitué à être traqué. Ceux-là se déplaçaient en hauteur, dans les arbres. et portaient chacun au moins un arc. Compte tenu qu'ils étaient à présent en position délicate, bien que toujours en nombre supérieur, Maedhros trouva prudent de profiter de cette chance pour confier sa courte épée à Legolas. Il l'avait récupéré lorsqu'ils s'étaient arrêtés pour manger et il était soulagé de s'en débarrasser de nouveau.

– On les appelle les Galadhrim, expliqua Legolas à la Compagnie en s'étalant toujours plus sur les vertus de la Lothlórien.

Pour quelqu'un qui n'y avait jamais mis les pieds, il lui paraissait un tantinet trop nostalgique. Maedhros, quant à lui, considérait que c'était une bonne amélioration après Himring. Quoi que, au moment même, il aurait tout donné pour se coucher quelque part avec une bonne ingénierie ñoldorine. Des murs. Un lit. De l'eau bien chaude.

Gimli, Boromir et les Hobbits parurent se résigner à l'idée de dormir dans un arbre pour la nuit. Mais il fallait dire qu'ils n'avaient pas conscience de la proximité de leurs hôtes. Et à vrai dire, aucun d'entre eux ne sembla les remarquer avant que Legolas ne se tente à l'escalade d'un arbre et qu'un de leurs observateurs l'arrête net.

Maedhros leva rapidement les mains au-dessus de sa tête en geste de reddition. Legolas, plaqué contre l'arbre, en fit de même. L'un de leurs traqueurs les examina tour à tour, puis les salua avec un fort accent dans un dialecte du sindarin. Il pensa entendre ce qui ressemblait à une forte influence nandorin. Et une pincée de quenya, peut-être. Ce n'était pas très difficile à deviner, du moins pas lorsque vous aviez été élevé par le plus grand et le plus obsessif des linguistes.

– Ils respirent si fort qu'on pourrait les tirer dans le noir, s'exclama leur chef, désinvolte.

Maedhros, qui n'avait jamais éprouvé les menaces, réagit aussitôt.

– Et si vous l'aviez fait, nous aurions eu preuve de votre lâcheté, à ne pas daigner faire face à des voyageurs éprouvés sur terrain équitable.

L'Elfe rit.

– Je ne vous veux aucun mal, ni à vous ni à vos compagnons. Nous pouvions reconnaître notre parenté à celui-là, même de loin, dit-il en pointant Legolas. Mais il est évident que nous ne la partageons pas avec vous.

– Dans une langue commune, si possible? se hasarda Maedhros.

D'après son expérience, ce genre d'Elfes se servaient souvent de langues plus obscures devant des étrangers.

– Si vous pouviez tous les deux monter avec le Porteur de l'Anneau, ce serait fort apprécié, continua l'Elfe dans une version accentuée de la langue commune.

Maedhros, qui était incertain de la qualité de son accueil, mais trop curieux pour émettre quelques objections, obtempéra. Ensemble et à l'aide d'une échelle, ils parvinrent à faire grimper Frodo jusque dans l'arbre. Après quoi Legolas sauta de branche en branche, tandis que Maedhros, propre à ses racines ñoldorine, dut requérir son aide. Pour être honnête, il n'avait pas eu le nombre de mains requises à une telle activité depuis plusieurs siècles et était toujours en phase d'adaptation. Sam, qui semblait affolé à l'idée d'être laissé au sol, les suivit de près, ce qui en fit un étrange groupe de sept, Elfes comme Hobbits, perchés sur les branches.

Le traqueur de tête qui semblait être le seul à parler des langues d'origines mortelles, se présenta comme étant Haldir, et ses frères, respectivement, Orophin et Rúmil.

– Comme le linguiste, déclara Maedhros, en sindarin à l'intention de Rúmil.

– Exactement! s'exclama ce dernier et, ayant la rare joie de rencontrer quelqu'un d'assez âgé pour connaître son homonyme, il enjoignit Maedhros à s'éloigner pour discuter.

– Tiens donc, un Elfe Sylvain qui parle sindarin nommé d'après un Noldo qui parle quenya. Vos parents doivent avoir une sacrée histoire à raconter.

Rúmil, qui avait sûrement peu d'occasions de converser avec un étranger se lança dans une longue exposition d'un grand-père Teler qui avait travaillé en étroite collaboration avec Rúmil, avant de suivre l'armée de Finarfin en Beleriand et de tomber sous le charme d'une guerrière sylvaine. Maedhros, qui avait toujours eu un faible pour les romances qui évoluaient au milieu des champs de bataille, trouva son histoire particulièrement charmante. En retour, il lui fit part de la querelle éternelle qui animait Rúmil et son père, bien sans mentionner le nom de ce dernier.

– Le Nain devra le faire les yeux bandés, finit par annoncer Haldir, et pour l'étranger, qu'on lui attache aussi les mains avant que nous ne reprenions…

– C'est tout à fait injuste, l'interrompit Frodo.

Maedhros, reportant son attention sur la conversation, intervint:

– C'est d'accord. Passerons-nous la nuit ici?

Et effectivement, c'est bien ce qu'ils firent. Les Galadhrim furent particulièrement accommodants et leur offrirent rations et couvertures, ainsi qu'un lacet pour les cheveux de Maedhros. Haldir affichait sa méfiance sans voilure, mais s'étant noué d'amitié avec Rúmil, il ne se sentit pas plus incommodé que cela.

– Vous vous êtes réveillé dans la mine, et… rien d'autre ne vous revient? le questionna Orophin en lui adressant un regard dubitatif.

Maedhros claqua des doigts de sa main droite, chose qu'il n'avait jamais aussi bien maîtrisée de l'autre.

– Exact. À un moment, j'étais certainement sur le point de mourir et le suivant, j'étais complètement guéri. Fëa et hröa.

– Comme c'est étrange, marmonna Rúmil. Le parallèle le plus évident auquel je puis penser serait Glorfindel, mais lui a fait toute la route depuis Aman.

– Peut-être étiez-vous tout simplement inconscient? suggéra Orophin.

– Durant deux Âges entiers, et j'aurais changé de continent et entièrement fait repousser l'un de mes membres? fit remarquer Maedhros.

Les frères échangèrent un regard. Dans leur manière d'interagir, ils lui rappelaient Curufin, Caranthir et Celegorm.

– Le Valar a ses raisons, aussi étranges puissent-elles être, commenta Haldir.

Il observait le Bois et prêtait peu d'attention à leur conversation.

– Les Orques oseront-ils approcher de la frontière? lui demanda Maedhros afin de changer de sujet et Haldir haussa les épaules.

– Legolas me dit que vous avez éliminé leur commandant, donc c'est une possibilité. Mais ils ne la passeront pas. Il n'est pas loin le temps où un millier d'Elfes bien armés les aurait pris en chasse à la moindre rumeur de leur présence dans la région.

– Et aujourd'hui, il n'y a plus que vous, en conclut Maedhros.

– Et aujourd'hui, il n'y a plus que nous, pour tout le bien que cela fasse.

Haldir se releva.

– Nous devrions poursuivre notre patrouille et les éloigner de la bordure. Je doute qu'ils prennent le risque de la franchir, mais si je me trompe… (Il jeta un regard sur les mortels et Legolas.) Eh bien, vous êtes parvenus jusque-là, après tout.

– Je pourrais vous accompagner, proposa Maedhros, mais Rúmil secoua la tête.

– Reposez-vous, Gaelon. Vous pourriez avoir besoin de toutes vos forces l'aube venue.

Maedhros, esquinté, entreprit de ne pas de rejoindre ses compagnons nouvellement acquis et préféra se lover sous une des couvertures. Pour la toute première fois depuis ses jeunes années, il dormit profondément, cette nuit-là.


Index :

Fëa: désigne l'âme.

Hröa: désigne le corps.

Cavernes de Mandos : là où séjournent les âmes des Elfes morts, qui peuvent en sortir au bout d'un certain temps pour reprendre forme physique.

Arda: la Terre.

Le Serment : après qu'on lui ait dérobé ses joyaux, le père de Maedhros fit le serment qu'ils ne laisseraient rien ni personne les empêcher lui et ses fils d'acquérir de nouveau lesdits joyaux. Ils en sacrifièrent par centaine pour les regagner. Il y eut ainsi plusieurs massacres parmi les Elfes, ce qui explique pourquoi on appelle Maedhros «Le Fratricide». Le Serment les a lentement mais sûrement fait chuter dans la folie.

Puînés : les Hommes, c'est ainsi qu'une partie des Elfes les appelaient.

Noldo(r) : peuple elfique dirigé à l'origine par Finwë (cf. Personnages).

ñoldorin(e) : tout ce qui se rapporte aux Noldor (adj).

quenya : la langue des Noldor.

Teler(i) : peuple elfique.

Sinda(r) : peuple elfique.

sindarin : langue elfique la plus commune, parlée par une bonne partie des Elfes en Terre du Milieu (nc). Également tout ce qui se rapporte aux Sindar (adj).

noir parler : langue officielle du Mordor.

epessë : traduction littérale = surnom.

khuzdul : langue des Nains.

Doriath : royaume elfique du Premier Âge, n'existant plus au moment de l'intrigue. Maedhros et ses frères ont participé à le détruire dans leur quête des joyaux.

Himring : forteresse de Maedhros au Premier Âge.

nandorin : langue elfique.

Sylvain(s) : peuple elfique.

Vala(r) : esprit de premier rang, divinité.

Maia(r) : esprits de second rang, au service du Valar (exemple : Gandalf/Sauron).

Aman : continent presque inaccessible aux mortels où vivent les Elfes et le Valar.


Personnages :


Avertissement : un personnage a généralement plusieurs noms. Que ce soit car celui-ci change selon la langue parlée ou que ce soit attribué à un surnom ou à un titre. Je vais essayer d'être le plus clair possible.


Finwë : premier roi des Noldor et père de Fëanor.

Fëanor : orfèvre, guerrier, grand inventeur et linguiste, il s'agit d'un des fils de Finwë. Il a lui-même sept fils, dont :

- - Maedhros/Gaelon : il s'agit du premier fils de Fëanor. Il est très grand et a une longue tignasse rousse. Il s'est fait enlever par l'Ennemi dès son arrivée en Terre du Milieu et a perdu une main lorsque Fingon, son cousin, est venu le délivrer. Il a régné sur le nord de Beleriand (un territoire qui a été englouti à partir du Deuxième Âge, donc qui n'est pas sur la plupart des cartes) durant plusieurs siècles pour le protéger de l'Ennemi (Orques, Balrogs, Dragons, etc.). Il a énormément souffert et a perdu presque tous ses frères dans sa quête des joyaux (sauf son frère Maglor). Il a participé aux Trois Massacres qui ont déchiré les Elfes (noldor VS teleri & noldor VS sindar). Il a élevé Elrond et son frère jumeau avec Maglor. Il est mort en se suicidant, l'un des joyaux nouvellement acquis en main.

- - Maglor : seul rescapé de la quête des joyaux. On dit qu'il a disparu à la fin du Premier Âge, et personne ne sait s'il est encore en vie.

- - Curufin

- - - - Celebrimbor : fils de Curufin, maître forgeron et créateur des Trois Anneaux elfiques.

- - Caranthir

- - Celegorm

Námo : divinité responsable du jugement des esprits de tous les Elfes morts.

Aulë/Mahal : divinité à l'origine des Nains.

Finrod : frère de Galadriel. Décédé lors du Premier Âge.

Gil-Galad : dernier Haut-Roi des Noldor. Il tomba à la fin du Deuxième Âge.

Glorfindel : guerrier Elfe décédé au Premier Âge, réincarné par Námoet renvoyé en Terre du Milieu. Il est au service d'Elrond.


Note de l'auteur.e :

En ce qui concerne les noms: La blague sur le nom Gaelon est obscure et c'est certainement le genre de choses que seul le fils d'un linguiste trouverait drôle. Maedhros est la version sindarin de Maitimo Russandol (d'autres noms pour Maedhros), mais si son nom était le sindarin «Maidhros», il aurait une signification similaire à celle du Gaelon (pâle et scintillant).

En ce qui concerne les langues: Maedhros parle couramment le quenya et le sindarin, et ce depuis son arrivée en Beleriand. Le changement du sindarin du Premier Âge au Troisième Âge est en grande partie une question de prononciation. Il a probablement un accent vraiment bizarre, mais qui s'en souciera? De plus, je souligne que Maedhros a hérité de certains des dons de son père en matière de langues et a probablement passé beaucoup de temps en Beleriand à apprendre toutes sortes de dialectes étranges durant ses heures de négociation avec ses voisins.

Que Maedhros parle la langue commune me facilite la vie, mais il y aura peut-être une explication à cette étrangeté dans les chapitres à venir.