Bonjour à toutes et à tous !

Merci à Cassye pour sa review, ainsi qu'aux lecteurs anonymes. Vous êtes de plus en plus nombreux à venir sur cette fiction, et j'en suis contente. N'hésitez pas, à l'occasion, à me partager votre avis !
Le plan de cette histoire est entièrement finalisé, et j'ai terminé ce jour le dernier chapitre de l'Acte 1, soit le premier tiers ! Il me reste encore une longue route devant moi toutefois.
Dans ce chapitre : un peu de "rapprochement" entre nos personnages (est-ce le bon terme ? Au début de l'aventure, les compagnons s'envoient surtout des fions...), et quelques bribes du passif de Nymuë.

Réponse aux reviews :

Cassye : Merci à toi pour ton commentaire ! Pour ce qui concerne comment l'équipe va s'émulsionner, tu devrais avoir un début de réponse ici, bien que les choses vont évoluer progressivement. Et oui, c'est dommage pour Gayle, c'est un personnage que j'aime beaucoup aussi ! J'aurais trouvé dommage de ne pas lui accorder ses grands moments lors de cette histoire, et rien qu'avec nos quatre protagonistes, on est sur du 60 chapitres au minimum. Mais on ne l'oublie pas !

Je vous souhaite à tous une bonne lecture !


Chapitre 03 :

Fleur des neiges

Après avoir récupéré Lae'zel, le groupe termina de fouiller les environs du Nautiloïd. Ils ne trouvèrent nulle traces d'autres passagers ; si certains avaient survécu, ils ne s'étaient pas attardés. Alors qu'ils quittaient la plage, le Soleil commença sa longue descente et les ombres les enveloppèrent.

"Nous devrions monter le camp pour la nuit, suggéra Ombrecoeur. Il n'est pas prudent d'explorer des lieux inconnus au cœur de l'obscurité.

- Peur du noir ? ironisa Astarion. Des prédateurs nocturnes ?

- Oh, j'ai bon espoir qu'ils vous trouvent plus appétissant que moi…

- Hors de question de s'arrêter, rugit Lae'zel. Vous pensez que les flagelleurs mentaux, eux, se reposent ? Qu'ils ne vont pas lancer leurs troupes à notre recherche ? Que le parasite gigotant dans nos têtes connaît la fatigue ?

- Ce que je dis, siffla la prêtresse, c'est que soigner nos larves ne sera plus un problème si nous nous faisons égorger au détour d'un chemin. Nous savons dans quelle direction sont partis les tieffelins, nous avons donc une idée approximative de leur emplacement. Autant reprendre des forces et s'y rendre dès demain.

- Et si vous vous transformez au cours de la nuit ? Sachez que je n'aurai aucune hésitation à mettre fin à vos jours.

- Quel plaisir de voir que nous partageons au moins une opinion !

- Ça suffit, soupira Nymuë. A vous chamailler ainsi, vous êtes celles risquant de signaler notre position à des kilomètres à la ronde.

- Que décidez-vous ?" lui demanda Ombrecoeur.

L'elfe noire lui adressa un regard stupéfait. Oh, parce que c'était elle qui décidait maintenant ? Comme c'était pratique. Allez commander une équipe pareille ! Elle dévisagea tour à tour la guerrière githyanki aussi immobile qu'une statue, la prêtresse aux mains fermement posées sur ses hanches, et l'elfe en pleine admiration de sa manucure. Peut-être… Peut-être qu'une pause se révélait effectivement nécessaire. Pas tant pour regagner leurs forces, en réalité, que pour apaiser les tensions. Ils ne survivraient pas longtemps s'ils étaient incapables de prendre la plus simple des décisions ensemble.

" Je vote pour le feu de camp, choisit-elle. Trouvons un endroit couvert et éloigné de la route, et installons-nous pour la nuit."

Lae'zel émit un bruit de gorge irrité, tandis qu'Ombrecoeur hochait la tête avec satisfaction. Rapidement, ils trouvèrent une vieille ruine au niveau des falaises leur offrant un toit et une bonne vue d'ensemble sur les alentours. Un puits, encore rempli d'une eau claire et saine, leur permit de faire un brin de toilette. Avec plaisir, Nymuë essuya le sang s'étant accumulé au cours des dernières heures.

Avec curiosité, elle jeta un œil à son reflet dans le seau. Une peau bleue, azure, qu'on lui avait souvent décrite comme étant plus pâle que pour la plupart de ses congénères. Sûrement dû à une vie entièrement menée à la surface, au contact du Soleil ! Des cheveux blancs, coupés courts, au niveau des épaules. Des yeux gris, un autre indice de son existence hors des Tréfonds Obscurs. Pour le moment, ils étaient plissés, préoccupés. Combien de temps encore ce visage serait-il sien ? Avant qu'il ne se distordre, remplacé par des tentacules mauves, et que ses mèches tombent par poignées… Elle secoua la tête. Ils devaient trouver un remède, il ne pouvait en être autrement. L'autre alternative lui donnait envie de s'enfuir en hurlant.

Abandonnant ses sombres pensées, Nymuë préféra s'atteler à monter sa tente. Elle vit Astarion, tout près d'elle, observer son baluchon d'un air perplexe.

" Vous n'avez jamais campé ? lui demanda-t-elle.

" Je préfère les tavernes, répondit-il. S'allonger directement sur le sol pour dormir c'est… une nouveauté, me concernant."

Patiemment, elle lui expliqua comment agencer son abri. Si l'elfe lui adressa tout d'abord un regard outré - il ne s'attendait tout de même pas à ce qu'elle fasse le travail à sa place, si ? - il finit par s'exécuter bon gré mal gré. Derrière eux, Ombrecoeur et Lae'zel rassemblaient des branches et des vivres.

Ils s'installèrent autour du feu de camp, et se nourrirent de viande séchée et d'un peu d'eau. Astarion refusa la nourriture d'un geste de la main, indiquant qu'il n'avait guère faim après les événements d'aujourd'hui.

" Si vos jambes refusent de vous porter par la suite, rétorqua Lae'zel, nous vous abandonneront purement et simplement. Je ne perdrai pas de temps à vous trimballer.

- C'est bien dommage, soupira l'elfe, vous feriez une magnifique mule.

- Vous nous avez dit venir de Baldur's Gate, Astarion, intervînt rapidement Nymuë avant que la githyanki n'ait l'idée de saisir son arme. C'est également là où j'habite.

- Vraiment ? Nous n'évoluons clairement pas dans les mêmes sphères."

Autant pour elle. Elle aurait dû laisser le champ libre à Lae'zel.

" Vous ne semblez pas à l'aise au grand air, poursuivit Ombrecoeur. Quelle est votre fonction dans la cité ?

- Oh, je suis magistrat, répondit-il en jouant avec sa dague. Il n'y a pas grand-chose à en dire, c'est un travail tellement épuisant…"

Nymuë fronça le nez : magistrat ? Si Astarion versait dans la politique, alors elle voulait bien prétendre être comtesse de Waterdeep. Revan lui avait fait apprendre le nom de tous les patriarches de la cité, jusqu'à ce qu'elle puisse les réciter même en plein sommeil. Le travail de son tuteur nécessitait la plus grande discrétion, et lorsqu'il emmenait Nymuë avec lui, il voulait être sûr qu'elle n'agace pas la mauvaise personne. Et puis… depuis quand un homme de lettres jouait du poignard comme il le faisait ? Mais soit, chacun ses secrets. Ce n'était pas comme s'ils devaient être amis pour voyager ensemble.

" Et vous, Nymuë ? demanda la prêtresse. Que faites-vous à Baldur's Gate ?

- J'ai été artiste itinérante pendant longtemps, lança l'elfe noire. Je me suis rendue à Baldur's Gate lors de mon adolescence, et ai enchaîné plusieurs petits emplois par-ci, par-là, histoire de mettre de l'argent de côté."

Le parfait équilibre, songea-t-elle. Ni entièrement faux, ni entièrement vrai.

" Vous n'avez pas d'instrument, remarqua Astarion. Les artistes ratés sont légions…

- Autant que les politiciens véreux, roucoula-t-elle. Je n'ai pas pratiqué mon art depuis longtemps. Je n'en ai pas eu l'occasion."

Ses mains se crispèrent sur ses genoux. Des images défilèrent dans son esprit : des chapiteaux colorés, une foule en colère, des yeux verts remplis de larmes… Elle soupira. Ces souvenirs, elle les avait vus et revus. Il ne servait à rien de déterrer le passé.

" Quel est le drôle d'objet que vous transportez avec vous ?" demanda-t-elle plutôt à Ombrecoeur.

La prêtresse se raidit instantanément :

" Il n'y a rien à en dire. Rien qui vous concerne, du moins. Contentez-vous d'oublier son existence.

- Probablement un poudrier, pour pouvoir enfariner son joli nez, siffla Lae'zel.

- Je parlerais bien du vôtre, de nez, mais il est inexistant. Ce que je peux vous dire, continua Ombrecoeur en tournant le dos à la githyanki, c'est que je cherche moi aussi à rejoindre Baldur's Gate. J'ai des contacts là-bas, que je dois retrouver le plus vite possible.

- Je suppose, Lae'zel, que vous n'êtes guère encline à nous en dire plus sur vous ? s'enquit Nymuë. J'avais déjà entendu parler des githyanki, mais n'en avais jamais vu avant aujourd'hui.

- Tchk. Pas étonnant. Ils vous auraient découpé du nombril au menton.

- Charmant." chuchota Astarion.

Le reste du repas se passa en silence. Nymuë songea à la dernière fois qu'elle avait campé dans ces conditions, à même le sol et avec le ciel pour unique témoin. Ça lui paraissait être dans une autre vie. Tout était tellement différent à l'époque. Elle était différente ; ses compagnons, aussi…

L'elfe noire souhaita une bonne nuit à ses camarades avant de se diriger vers sa tente. Lae'zel semblait déterminée à prendre le premier tour de garde. Ombrecoeur s'était isolée dans un coin, à genoux : elle paraissait presque en prière. Quant à Astarion, il s'était tout simplement volatilisé. "Espérons seulement qu'il ne tue personne en chemin", pensa Nymuë. Elle s'allongea sur sa couchette, tout en se remémorant les événements de la journée. Qui eut-crû qu'à l'aube de sa nouvelle vie, elle se retrouverait dans un tel pétrin ? En compagnie de parfaits lunatiques, qui plus est. Elle ferma les yeux, espérant de toutes ses forces que son parasite ne viendrait pas la troubler lors de son sommeil.

A la place, ce furent ses souvenirs qui la visitèrent.


La cacophonie extérieure était assourdissante. Ce soir encore, le chapiteau avait été plein.

" Un succès ! applaudissait Dame Seri. Un immense succès ! Je suis fière de vous, mes enfants. Brindille, la prochaine fois n'ait pas l'air aussi maussade. Je veux dire, pas plus que d'habitude. Aktas, c'est incroyable qu'avec deux cerveaux tu aies oublié la moitié de ton numéro. Fais un effort, tu veux ?"

Elle déambula parmi eux, corrigeant telle ou telle erreur. Dame Seri avait toujours été pointilleuse sur leur représentation. Cela dit, leur fantasmagorie était le cœur même du cirque La Belle Etoile. Le clou du spectacle ; ce pourquoi, qu'il vente ou qu'il neige, les gradins étaient toujours remplis.

Le Freak Show. Oh, bien sûr, ce n'était pas comme ça que Dame Seri appelait son attraction fétiche. "La Parade Exotique" sonnait tellement mieux ! Un regroupement d'individus étranges, irréguliers, anormaux. De quoi distraire les communs fatigués de leur labeur quotidien. Les soustraire, le temps d'une nuit, à leurs problèmes en trouvant une catharsis. Car celui qui croule sous les dettes du matin jusqu'au soir ne devient-il pas roi lorsqu'il observe évoluer sur les planches plus ridicule que lui ? Celle qui bat ses enfants n'a-t-elle pas bonne conscience lorsque le rideau se lève sur d'authentiques monstres ?

Ces gens si aimables, si respectables. Qui les remettraient en cause face à un orc à deux têtes, ou un Kobold vêtu comme un aristocrate ? Et puis, bien sûr, il y avait elle. La drow. Le joyau de sa couronne, lui avait une fois susurré Dame Seri en la serrant contre son cœur. Des créatures tellement rares à trouver à la surface ! A la fois craintes, et détestées. "Oh ma toute belle, avait-elle murmuré en l'aidant à natter ses cheveux blancs, si tu savais combien ils paieront pour te haïr."

"Mais je n'ai pas envie d'être haïe", avait répondu Nymuë, une fois, alors qu'elle n'était qu'une enfant. Une fois, seulement. Dame Seri avait aussitôt suspendu ses gestes, son sourire s'était figé. "Je ne pourrai pas simplement jouer de ma musique ?" avait-elle continué. "Et qui viendrait pour ça, jolie idiote ?".

Nymuë connaissait les conditions de sa naissance. Dame Seri les lui avait souvent contés. " Une elfe noire, avait-elle clamé, ayant décidé de débarquer sous mon chapiteau ! Elle a ruiné toute la représentation. Je l'aurai bien chassée et renvoyée dans la fosse d'où elle venait, mais mon bon cœur a encore eu raison de moi. Et comme si cela n'était pas suffisant, voilà qu'elle meurt en couches et nous laisse un marmot sur les bras. Nous autres, artistes itinérants, n'élevons guère d'enfants. Je ne suis pas nourrice ! Mais Rivlo, feu mon mari, avait le nez fin. Une drow, si ça ne te tue pas, alors ça vaut de l'argent ! C'est ce qu'il m'a sagement conseillé. Et toi, ma chérie, tu valais trop chère pour t'abandonner dans le premier fossé venu."

Qui avait été sa mère et d'où venait-elle, c'étaient des questions que Nymuë avait cessé de se poser depuis longtemps. Avant de mourir, elle n'avait laissé ni nom, ni explications. Juste un pendentif représentant une araignée, un grand "A" entre ses huits pattes. La première lettre de son prénom ? Un cadeau d'un être cher ? Elle n'en avait aucune idée. Parfois, elle rêvait que sa génitrice soit tombée sur autre chose que ces troubadours. Parfois, elle se disait qu'il aurait mieux fallut que Dame Séri lui préfère le premier fossé venu. Mais le fait est qu'elle aimait jouer de la musique. Lorsque son archet glissait sur les cordes, elle sentait son existence s'échapper elle-aussi. Comme si elle fondait, quittait sa peau, et laissait la place à une autre Nymuë. Une plus libre.

La jeune femme enleva ses lentilles rouges, qu'elle déposa sur sa coiffeuse. Un autre cadeau de Dame Séri ; il était important, selon elle, que les spectateurs voient en Nymuë ce pourquoi ils avaient payé. Et ils avaient vidé leur bourse pour une drow. Ce qui veut donc dire, lui avait déclaré la patronne du cirque, qu'elle devait avoir les yeux rouges propres à son espèce. Il arrivait que, de temps à autre, certains elfes noirs naissent sans le signe de Lolth, la déesse vénérée au cœur des Tréfonds Obscurs ; mais qui paierait pour ça ?

Près d'elle, Brindille retirait avec difficulté les détritus s'étant accrochés à ses écailles. Il arrivait fréquemment au public de les vilipender, à un moment ou un autre de leur représentation. " Ca fait partie du numéro" affirmait catégoriquement Dame Séri. Elle engageait même des crieurs, parfois, afin d'encourager une audience trop timide.

Nymuë avait essayé de partir, bien sûr. Avait tenté plusieurs fois de se rebeller contre son sort. Dame Séri ne l'avait ni punie, ni mise aux fers, ni même affamée. Non, à chaque fois, elle la retenait avec une simple question : "Et pour aller où, trésor ?". Quel sort attendait une elfe noire en dehors de ce chapiteau ? Qui la recueillerait, aurait pitié d'elle ? Nymuë avait cru, au départ, qu'il devait bien exister des endroits où les réactions à son égard seraient bienveillantes. Qu'en dehors du contexte de La Belle Etoile, elle pouvait être acceptée et intégrée. Elle s'était enfuie, un soir, et s'était rendue au village voisin. Dame Séri avait tort, "La Parade Exotique" n'était pas la meilleure situation à laquelle elle pouvait prétendre.

Elle était rentrée le lendemain, les bras et le visage en sang. Les habitants, à sa simple vue, s'étaient armés de pierres et de fourches. Aktas l'avait soulevée dans ses bras massifs sans efforts, et l'avait conduite dans la tente principale. Là, Dame Séri l'avait étreinte : "Je t'avais dit, mon ange, que le monde extérieur était cruel. Il ne te voit pas comme moi je te vois.". Nymuë n'avait plus jamais tenté de s'échapper.

Un bruit de chevaux la tira de ses pensées moroses. Dame Séri cessa aussitôt de virevolter parmi eux pour se rendre à l'extérieur. Une roulotte était arrêtée au milieu du cirque, conduite par Tim, le coursier personnel de La Belle Etoile.

" Oh-oh ! s'exclama Dame Séri avec délice. Dis moi que j'ai fait une bonne affaire, mon Tim. Si une fois encore je me retrouve avec une gobeline à qui on a collé de fausses ailes, je ne réponds plus de rien.

- Pas cette fois, ma dame ! répondit Tim avec un sourire édenté. J'ai vérifié moi-même. Cette fée, c'est une vraie !

- Montre la moi. Les enfants ! cria-t-elle ensuite en direction de la tente des artistes. Venez accueillir notre nouvelle recrue."

Les portes de la roulotte s'ouvrirent alors que Tim déchargeait sans douceur son contenu. L'arrivante avait la taille d'une enfant de huit ans, le visage rond, et les traits délicats. Ses grands yeux verts jetaient autour d'elle un regard désespéré. Elle marchait avec difficulté, comme si ce n'était pas son habitude, et ses doigts tripotaient nerveusement une mèche de cheveux roux sales et mal coiffés.

Mais ce qui attirait indéniablement l'attention, c'était la paire d'ailes gigantesques dans son dos. Presque aussi grandes qu'elle, elles étaient recouvertes de motifs évoquant ceux de papillons. Ses couleurs, mélange d'émeraude et de doré, la faisaient resplendir. La boue de sa tignasse, l'angoisse de son expression, tous ces détails disparaissaient.

" Bouge !" grogna Tim, en la poussant sans ménagement.

La petite fée tomba aussitôt à terre, aux pieds de Dame Séri. Celle-ci lui saisit le menton et l'examina sous toutes les coutures :

" Oui, elle conviendra. Elle fera un merveilleux membre de "La Parade Exotique". Pas vrai, mes amours ? Ce n'est pas tous les jours que l'on croise une authentique habitante de Faerie. Comment t'appelles-tu, ma colombe ?"

L'enfant se dégagea, terrifiée, et se précipita en direction de la tente. Brindille et Aktas firent un pas de côté, mais Nymuë n'eut pas le réflexe de bouger. Comme au ralenti, elle vit la petite créature s'agripper à sa taille, tremblante comme une feuille. Dame Séri émit un claquement de langue agacé :

" Et bien, en voilà des manières ! Est-ce comme ça que tu remercies ceux qui te donnent un foyer, jeune fille ? Aurai-je fait une erreur en t'arrachant au marché noir ? Tu préférerais y retourner, peut-être ?"

La petite gémit, et secoua la tête. Doucement, Nymuë s'accroupit et se plaça à sa hauteur. Deux prunelles vertes rencontrèrent les siennes, et la dévisagèrent avec curiosité. Avec hésitation, la fée leva une main et posa un doigt sur sa peau bleutée.

" C'est joli, ça, souffla-t-elle.

- Comment tu t'appelles ?" demanda à son tour l'elfe noire.

Le reste de la troupe s'était rassemblé autour d'elles. L'enfant continuait son examen, observant avec ravissement l'éclat des bougies sur son épiderme azur. Son regard finit par croiser le sien, et elle lui offrit un sourire timide :

" Moi, c'est Elyon. Et toi, tu es une fleur des neiges."


Notes de fin :

Et voici un peu plus de contexte sur le passif de Nymuë, même si nous aurons l'occasion d'y revenir... Sachez que j'imagine Dame Séri comme la mère Gothel, dans le dessin animé Raiponce !
Pour ce qui concerne l'introduction, toute la partie se situant dans les Tréfonds Obscurs : en plus de m'inspirer de ce que je connais de Donjons et Dragons, j'ai recueillit mes informations de La légende de Drizzt, une sage d'ouvrages écrit par R.A. Salvatore sur un elfe noir cherchant à échapper à sa condition. A termes, il connaît de nombreuses aventures à la surface. Ce personnage est contemporain des événèments de Baldur's Gate 3, il est d'ailleurs mentionné par certains textes ! Et si vous avez vu la partie de jeu de rôle jouée par les voice acteurs du jeu, il y fait une apparition.

Autre note, sur cette phrase : "Si Astarion versait dans la politique, alors elle voulait bien prétendre être comtesse de Waterdeep". Il s'agit d'un petit easter egg de moi à moi, une référence à un de mes anciens personnages de jeu de rôle, Saphire Duprée, qui était effectivement une comtesse de Waterdeep.

Je vous dit à la semaine prochaine pour le prochain chapitre, n'hésitez pas à me partager votre avis d'ici là !