Chapitre 15.

« Monsieur Shacklebolt ! »

L'ancien auror grinça des dents en entendant son nom sortir de la sorte de la gorge de Percy Weasley qui faisait toujours de son mieux, voire pire encore pour être un bon élément dans ses rangs… Sans doute un peu trop, depuis la fin de la guerre et sa réconciliation avec sa famille. Ce garçon semblait faire des pieds et des mains avec le protocole, histoire de peut-être rattraper ce qu'on disait de lui à propos de Pius Thicknesse. Bien que Kingsley ait soutenu cette décision de terrasser cet ancien ministre soumis au sort de l'imperium, il comprenait tout de même que le jeune Weasley cherche à se refaire une réputation auprès du ministère et ne lui tenait souvent pas rigueur de sa rigidité.

« Percy, soupira le sorcier. Je vous ai déjà dis de m'appeler Kingsley.

_ Désolé Monsieur, reprit Percy sans se rendre compte de sa bévue. Nous avons fait un appel général. C'était long, mais il semblerait que deux personnes manquent. C'est le professeur Snape et Hermione Granger.

_ Quoi ?! rebondit Minerva, piquée au vif.

_ Ses élèves nous ont fait part d'un incident. Ils n'étaient pas dans les cachots durant l'explosion. »

xXx

Hermione avait réussi à se calmer, visiblement mieux que Snape qui peinait davantage à s'en remettre. Tout comme lui, elle ne savait pas franchement comment s'y prendre, d'autant plus qu'il parvenait extrêmement bien à cacher son jeu. Elle ne percevait son stress qu'à son regard et les battements de son coeur se percutant contre sa poitrine, rendant sa respiration un poil plus vive que d'habitude.

« C'est comme quand on se retire une écharde, chuchota-t-elle en une tentative maladroite de le rassurer.

_ Je ne dirais pas ça comme ça. »

Non, en effet. L'analogie était nulle.

Retirer une écharde de son doigt était un soulagement. Couper ce lien avait été comme une torture, comme la perte de quelque chose. En fait, ça ressemblait peut-être d'avantage à l'éclosion d'une carie, où la douleur est désagréable, mais où on ne peut à la fois s'empêcher d'appuyer comme un dératé sur sa dent alors que cela a l'effet inverse.

Oui. C'est exactement ça. Une douleur douce avec laquelle on s'accoutume.

« J'ai senti mon coeur… articula-t-il avant de s'abstenir d'en dire plus. »

Mais il n'en avait pas besoin. Hermione savait exactement de quoi il parlait.

C'était comme si son coeur s'était brisé à cet instant même, et n'importe quel chagrin d'amour n'aurait pu occasionner une souffrance pareille. Si Snape n'était pas si solide, il jurerait qu'il aurait pu en faire une attaque. Désormais, la douleur demeurait psychologique, comme s'il avait du se faire à l'idée de la perdre pour toujours.

Ce qui était désuet puisqu'elle était sous ses yeux. Certes sous cinq tonnes de pierres, la jambe transpercée par une barre de fer, supportant le poids de son corps pourtant peu massif, mais bel et bien là. Et elle l'observait avec un regard brillant d'émotion.

« Nous avons bien fait, affirma-t-il après une ou deux déglutitions.

_ Je sais… mais…

_ Voyons les choses sous le bon angle.

_ Je n'en reviens pas que ce soit vous qui me disiez ça, soupira Hermione, dépitée.

_ Le ciel ne risque plus de nous tomber sur la tête désormais, continua-t-il, imperturbable.

_ Oui, si nous décidons soudain de nous sauter dessus, ça signifie qu'on ne risque plus rien, quelle bénédiction, ironisa-t-elle. Pour autant, on reste coincés ici, sous ces décombres. »

Soudain, Hermione ne sut où elle se trouvait, ni vraiment ce qui lui arrivait alors qu'il semblerait que Snape, le grand Severus Snape vienne de coller littéralement sa bouche à la sienne. Machinalement, elle avait retenu son souffle, les yeux grands ouverts comme deux soucoupes. Il se détacha d'elle, non brutalement comme elle aurait pu s'attendre, mais avec une sorte de douceur quasi imperceptible.

« C'est confirmé, murmura-t-il. »

Hermione fronça les sourcils dans le vide. Snape s'imaginait qu'il avait agit comme un parfait crétin par simple pression sur le moment, et fut tenté de s'excuser, avant de voir sa moue. C'était comme si son geste avait soulevé une masse de questions.

« Quoi ? finit-il par demander, bel et bien inquiet au bout d'un certain temps.

_ Rien. »

Il en doutait fortement.

La connaissant assez pour dire qu'elle ne cracherait pas le morceau de si tôt, il tenta de la décrypter, en vain. Alors, il se mit à imaginer un tas de scénarios, la plupart incluant le fait que l'embrasser avec leur passé avait de nouveau éveillé quelque chose en elle, dans sa magie peut-être ?

Hermione se secoua la tête, s'apprêtant à dire quelque chose avant de sentir le sol vibrer.

Machinalement, Snape plongea de nouveau sur elle, comme s'il pouvait empêcher le monde de s'effondrer sur eux. Alors, sa vue devint noire et elle ne sentit plus que les bras chauds du potionniste au dessus de sa tête.

Pourtant, tout redevint calme au bout de quelques secondes à peine. Il n'y avait eu qu'une fine pellicule de poussière qui venait de se reformer dans leurs cheveux. Et Snape se ôta peu à peu de sa prise, alors que Hermione sentait son souffle s'éloigner du sien.

Il lui semblait que l'ombre de Snape planerait toujours au dessus d'elle de cette façon. Alors, elle trouva un certain réconfort dans cette situation franchement éprouvante.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? lui demanda-t-elle d'une voix basse.

_ Peut-être qu'ils nous cherchent. Et que ces idiots déplacent des pierres là haut.

_ Ils n'ont pas vraiment le choix de procéder de cette façon si c'est le cas. Ça ne fait pas d'eux des idiots.

_ Si vous le dites.

_ On pourrait faire un porte voix avec ma baguette et les appeler ? »

Snape plissa les yeux, puis concéda à ce que la jeune femme s'exécute. Ainsi, il se boucha les oreilles du mieux qu'il le put, mais malgré les appels d'Hermione et sa mise en garde sur leur situation précaire, ils n'obtinrent aucune réponse.

« Je crains que nous soyons là encore pour un temps, soupira-t-il.

_ J'ai faim, marmonna la jeune femme.

_ Et moi dont. Je rêve d'un fondant au chocolat, grogna Snape en trouvant un appui plus confortable. »

Hermione leva les sourcils avant de sourire, amusé. Et il le lui rendit sans s'en rendre compte.

xXx

« Vous avez entendu ? demanda un des aurors.

_ Ils sont à cet endroit, j'en suis certaine ! reprit le professeur McGonagall, pleine d'espoir.

_ Dans ce cas, nous allons devoir y aller vraiment doucement. Tout est empilé comme un château de cartes. Une mauvaise manipulation, et ils peuvent finir écrasés. »

Un choc clair apparu sur les traits de la sorcière, qui porta sa main à sa bouche pour retenir un petit cri d'horreur.

Bon sang, mais que leur avaient-ils pris de se rendre à cet endroit, à ce moment précis ? Elle se demanda un moment si ce n'était qu'une pure coïncidence, avant de balayer cette théorie d'un revers de main.

Bien sûr que ça l'était. Ils n'auraient jamais posé une bombe au sein même de l'école, et l'auraient encore moins activés au risque d'y laisser leur peau. Si son étudiante et son professeur s'étaient transformé en kamikazes, elle l'aurait deviné !

Néanmoins, après l'épisode Titanic, il fallait s'attendre à tout.

xXx

Sans le réaliser vraiment, Hermione et Snape s'étaient lancés dans des conversations futiles, échangeant autour d'une succession de leurs plats favoris, dérivant sur leurs lectures ou leurs loisirs. Cela permettait de passer le temps, et surtout, à Hermione d'oublier la douleur tout en repoussant la fatigue.

Le tremblement avait réveillé la blessure de sa jambe. Fort heureusement, cela n'avait rien déplacé… pour l'instant.

Mais la voix du potionniste continuait de raisonner en lui-même, comme un chuchotement alerte.

N'importe quoi pourrait tout faire chavirer, d'une seconde à l'autre. Rester dans cette situation, c'était comme marcher sur une corde raide. Mais ils n'avaient d'autres choix que de subir. Sa faim lui indiqua que cela faisait surement un long moment qu'ils étaient là. 48 heures, à peu de choses près sans doute.

Malgré ses efforts, Hermione grimaçait de plus en plus et il devinait pourquoi. Snape soupira. Il était rempli d'une sorte de rage sourde. Rester impuissant, ce n'était pas du tout dans ses habitudes. Pire encore : il trépignait.

« Arrêtez de gigoter, marmonna-t-elle. Ça empire les choses.

_ Qu'est-ce qui ne les empire pas, ironisa-t-il d'un ton amer.

_ Quand on discutait des tartes aux fraises faites par les elfes.

_ Je refuse de parler une seconde de plus de nourriture.

_ On n'a qu'à recommencer à se rouler des pelles, ça fera passer le temps. »

Quelle idiote. Elle avait dit ça sans réfléchir, dans le but de faire une sorte de blague bancale. Et elle le réalisa bien vite en sentant son malaise accompagné d'un silence pesant.

« Excusez-moi, je n'aurais pas du dire ça.

_ C'était pour tester que ma théorie était juste, se justifia-t-il de nouveau.

_ Remarquez, c'est après que vous ayez fait ça que le sol s'est mis à trembler. »

Snape se mordit l'intérieur de la joue.

Merde. Elle avait raison, encore.

Il laissa plusieurs minutes de silence s'installer, durant lesquelles il laissa ses pensées dériver.

« On a brisé le lien, reprit-il en se secouant la tête.

_ Peut-être pas entièrement.

_ Il est hors de questions que je fasse de nouveau cette expérience.

_ Moi non plus, se braqua-t-elle. »

Snape soupira de lassitude. Hermione quant à elle, déglutit en n'osant le regarder en face tout en lui jetant des sortes de coups d'oeil en biais. Merde, il aurait vraiment tué pour s'extraire de ce malaise en se barrant, comme il avait l'habitude de faire. Le destin avait été bien cruel d'imposer de force sa présence à ses côtés.

« Embrassez-moi, souffla-t-elle enfin, dérangée par ce silence. Nous serons fixés.

_ Vous avez perdu l'esprit, murmura-t-il à son encontre, sans manifester d'agressivité comme elle aurait pu s'y attendre.

_ On ne fera rien de pire que ce qu'on a déjà pu faire après tout…

_ Et s'il se passe encore une catastrophe ?

_ On a ma baguette, lâcha-t-elle sur un ton peu convainquant.

_ C'est risqué, reprit-il.

_ Bien. Alors ne faisons rien. »

Snape reposa sa tête sur elle, par fatigue de tenir encore et toujours dans cette même position. Son cerveau continuait de tourner à plein régime, lui et son foutu sens scientifique qui le poussait dans ses retranchements.

Il se hissa alors juste un peu et son visage se trouva à quelques centimètres de celui d'Hermione. Son nez frôlait presque le sien, l'odeur autour d'eux toujours aussi poussiéreuse le saturant. Il jeta un regard vers ses lèvres, et le coeur d'Hermione battit un peu plus vite.

Elle s'inquiéta un instant de savoir s'il l'avait senti, avant de reléguer cette préoccupation derrière elle. Quelle importance ?

Sans s'en rendre compte, elle retint son souffle.

Cette fois, il ne la prit pas par surprise lorsqu'il posa un baiser aussi léger que délicat sur ses lèvres, avant de se retirer sans s'attarder outre mesure.

Cela aurait pu ressembler à un battement d'ailes d'un papillon. Elle ignorait qu'il pouvait être si doux… que n'importe quel homme pouvait l'être d'ailleurs.

Ce n'est que quand elle ouvrit les paupières qu'elle réalisa les avoir fermer.

« Rien, finit-il par dire après une minute à attendre. »

A son tour, il tomba sur son regard, qui n'avait rien de ce qu'il n'avait jamais pu voir d'elle. Alors qu'il s'apprêtait à repartir dans un espèce de monologue sur l'origine de tout ce bazar, Snape se tut, figé.

Hermione sentait que son rythme cardiaque n'avait toujours pas diminué et il semblerait que lui aussi. Elle l'observait avec cette étincelle bien particulière, comme mue par une sorte de pulsion.

Ça n'avait pourtant aucun sens. Le lien était brisé.

Avec lenteur, Hermione n'eut qu'à monter un peu la tête pour se retrouver de nouveau dans la même position qu'auparavant. A son tour, elle s'approcha et colla sa bouche à celle du maître des potions, totalement paralysé.

Ses lèvres bougèrent contre les siennes avec délicatesse, et il tenta de lutter. Hermione fut même sur le point de s'éloigner et de se confondre en excuse.

Que lui avait-elle pris ?

Et pourtant, elle n'eut pas le coeur d'arrêter quoique ce soit lorsque Snape laissa échapper une longue expiration. Peu à peu, au fil des secondes, il se détendit et bougea à son tour. Timidement au début, puis, avec un peu plus d'hardiesse.

Hermione en profita pour passer sa main dans ses cheveux.

Leur texture était désagréable et elle fit même tomber dans son mouvement, un peu de poussière sur eux, sans que cela ne les dérange outre mesure. Hermione pressa ses doigts sur son crâne, juste un peu et Snape appuya plus encore son baiser.

Ce n'est que lorsqu'elle laissa échapper un gémissement involontaire qu'il s'interrompit.

Elle pouvait voir à quel point il était perdu dans son regard, et en toute franchise, Hermione ne pouvait pas donner plus d'explications rationnelles à ce qui était en train de se passer. Et pourtant, sans un mot, sans doute dicté lui aussi par une pulsion incontrôlable, il reprit possession de ses lèvres.

La timidité avait fait place à une sorte de passion surprenante. Alors que sa bouche se mit à suçoter sa lèvre inférieure avec une envie dévorante, elle gémit de nouveau. Mais cette fois, il ne se détacha pas d'elle. Pire encore, elle sentit sa paume libre courir le long de sa taille. Hermione accrocha ses deux mains autour de sa nuque, peut-être par crainte qu'il s'arrête. C'est ainsi qu'elle se risqua à le gouter, juste un peu. Snape sentit la langue de la jeune femme rouler sur ses lèvres désormais humides. Il la laissa faire, puis décida de la surprendre en faisant de même.

Ce n'est que lorsque Hermione posa sa main sur sa joue désormais râpeuse d'une légère barbe de deux jours à peine qu'ils se détachèrent l'un de l'autre.

Leurs deux regards l'un dans l'autre traduisaient beaucoup de choses.

Une perte de contrôle manifeste, une ivresse étrange, une émotion inavouable.

Snape déglutit le premier, vraisemblablement aussi déstabilisé qu'elle à ce sujet. Ils restèrent ainsi dans cette position de longues secondes, comme pétrifiés par ces sentiments qui étaient en train de les traverser au même instant.

« Rien, répéta-t-elle, un peu essoufflée. »

D'un geste de nouveau, ce fut cette fois dans un seul et même élan qu'ils se ruèrent sur la bouche de l'autre.

Comme s'ils ne s'étaient jamais arrêté, cette frénésie était de plus en plus forte. Cette fois, leurs langues se gouttèrent, mettant leur pudeur au placard une bonne fois pour toute.

D'un délicieux son commun, Snape fondit sur Hermione. C'était suave, passionné, fiévreux, mais aussi si lent et sensuel. Comme libérés d'un poids, ils ne n'arrêtèrent pas, ou peut-être quelques fois avant de reprendre comme si de rien n'était.

Qui aurait pu prédire qu'une chose aussi banale pouvait faire l'objet d'une telle addiction ? C'était justement ce que Hermione se demandait alors que Snape parcourait la peau de son cou, allant jusqu'à son oreille et lui faisant rouler ses yeux dans ses orbites.

xXx

Peu à peu, une large équipe de sorciers s'était dévoué à ôter les débris pierre par pierre. Mais c'était un travail aussi long que fastidieux.

Minerva surveillait l'avancée avec une anxiété terrible.

Ils les avaient entendu de très loin il y a de très très longues heures. Depuis, plus rien. Et la directrice se rongeait désormais les ongles jusqu'au sang.

Le ministre lui avait interdit d'intervenir dans leur recherche, mais ce fut plus fort qu'elle lorsque, d'un élan, elle se lança entre les pierres anguleuses détruites en un véritable champ de débris pour rejoindre la troupe d'une quinzaine d'aurors, affairés à dégager les lieux.

« Minerva ! se surprit Kingsley en stoppant son sortilège de lévitation. Retournez là bas, vous ne pouvez pas…

_ Et vous ne pouvez pas me demander de rester les bras croisés dans une situation pareille, accusa la directrice. Mon élève et un de mes professeurs sont bloqués là dessous ! Ecoutez moi. J'ai aidé à reconstruire ce château pierre après pierre, alors vous ne me laisserez pas sur le carreau. Ai-je été claire ? »

Kingsley soupira alors de dépit.

« Parfaitement claire, finit-il par marmonner.

_ Bien. »

Elle avait eu peur qu'il a renvoi encore sur les roses. Mais jamais elle ne l'aurait montré.

« Nous devons faire de notre mieux pour choisir méthodiquement chaque débris à soulever. Nous avons fait un schéma possible de la situation, là bas, indiqua le ministre pour lui montrer la suite des opérations. »

xXx

« On devrait peut-être… commença le sorcier, essoufflé.

_ Oui, répondit Hermione sans pour autant obéir à sa propre injonction. »

C'était plus fort que lui, qu'elle, qu'eux. Snape reprit son assaut, sans doute pour la troisième fois ou plus. Lorsque l'un se sentait le courage d'arrêter, l'autre baissait les armes de nouveau et cédait.

La pudeur définitivement mise au placard, Hermione pressa une fois encore sa main sur sa tête alors qu'il parcourait son cou, et chaque parcelle de sa peau, sa main s'attardant sur son flanc, et même plus bas encore, tout près de sa fesse. Machinalement, Hermione remonta la seule jambe qu'elle pouvait bouger plus haute et sentit les doigts du sorcier soutenir son mouvement en se plaçant juste derrière son genou.

Elle ne cachait plus ses gémissements, et rougit devant la sensation de renflement à peine perceptible vers son entrejambe. Chaque minute les amenaient plus loin, toujours plus. Peu à peu, il bougeait contre elle, entamant un mouvement aussi caractéristique qu'irrésistible. Hermione l'encouragea en se jetant à son cou, l'embrassant de nouveau passionnément.

Elle crevait de chaud, et une fine pellicule venait de se former sur sa peau, la rendant moite et salée.

Point positif : au moins, elle ne sentait plus aucune douleur dans sa jambe.

Snape se détacha d'elle de quelques millimètres, autant pour reprendre son souffle que ses esprits.

« Vous avez entendu ? demanda-t-il, la voix hachée par leurs ébats.

_ Non. »

Sans attendre, elle se jeta sur lui. Il aurait pu rire de son impétuosité dans d'autres circonstances. Malgré lui pourtant, il se laissa de nouveau emporter lorsqu'elle pressa encore une fois sa langue contre la sienne en un ballet absolument irrésistible, sans pudeur, ses mains contre son costume et jouant nerveusement avec les boutons de son pardessus. C'était si impudique et délicieux, d'autant plus lorsqu'elle mordilla sa lèvre, un léger sourire se dessinant sur ses traits.

xXx

Minerva était fatiguée.

Kingsley avait raison : ce travail était très long. Il lui proposa plusieurs fois d'aller se reposer. Cela faisait désormais plus de deux jours que les équipes se relayaient, jour et nuit.

Les cours avaient été interrompus, certains élèves étaient même rentrés chez eux plus tôt que prévu pour les petites vacances. Quelques professeurs avaient aidé, mais aucun n'étaient resté éveillé et actif aussi longtemps que la directrice.

D'autres membres du ministère avaient été repêchés pour enquêter sur les origines de l'explosion. De ce que Minerva avait entr'aperçu, cela serait venu d'une sorte de bombe artisanale posée par un mangemort durant la Grande Bataille et qui ne s'était jamais déclenché jusqu'alors.

Qu'est-ce qui avait provoqué l'enclenchement de son mécanisme ? Tous l'ignoraient, mais ce n'était pas vraiment la préoccupation de la directrice qui demeurait surtout à l'heure actuelle, effrayée de découvrir son collègue et la jeune Gryffondor sous ces débris, morts.

Car Dieu sait quand ils termineraient ce travail si fastidieux.

Alors qu'elle tentait de déloger une énième pierre, Minerva soupira et abandonna. Elle se retourna et marcha difficilement jusque Kingsley.

« Allez donc vous reposer Minerva, marmonna le sorcier.

_ Je crois que nous n'arriverons à rien avec ce procédé, l'ignora-t-elle en un soupir. Combien de temps peuvent-ils encore tenir là dessous ? On en aura pour des semaines à cette allure !

_ Nous avons étudié toutes les possibilités, finit-il par lui dire en abandonner sa tâche.

_ Et un réparo ? demanda-t-elle avec espoir.

_ Nous en avons déjà parlé. Les dégâts sont trop importants. »

Kingsley se retourna pour revenir à ses occupations. Minerva se pinça les lèvres et réfléchit de longues secondes avant de l'interpeller, alors qu'elle s'apprêtait à repartir.

« Kingsley. Vous souvenez-vous lorsque nous avons déployé le bouclier autour de l'école durant la guerre ? »

Le ministre fronça les sourcils, et se retourna de nouveau lentement pour la voir en face.

« Oui, dit-il avec prudence.

_ Ne croyez-vous pas que…

_ Minerva vous êtes un génie. »

La directrice sourit enfin, pour la première fois depuis la catastrophe.

Le ministre héla l'équipe sorcière toute entière autour d'eux, et proposa le projet à l'ensemble des aurors. Il fallait lancer le sortilège en même temps. Cela n'allait pas être chose aisée, et peut-être était-ce risqué compte tenu du fait que personne à sa connaissance n'avait jamais fait cela. Mais il valait mieux tout essayer, après tout.

xXx

« Granger… »

Sa protestation sonnait d'avantage comme une supplication.

« Quoi ? murmura-t-elle sans grande conviction, la voix trainante de plaisir.

_ Imaginez un peu qu'ils nous découvrent, lui glissa-t-il, alors que son souffle lui caressait la clavicule.

_On leur dira que vous me faisiez du bouche à bouche.

_ Du bouche à bouche ? »

Il en avait pouffé de rire, devait-il l'avouer et était même sur le point de lui demander de répéter. Mais ils furent sorti de leur bulle en une seconde à peine. Snape sentit de nouveau le sol sous eux vibrer, puis se dérober et elle hurla.