Chapitre 17.
Hermione devina l'absence d'élèves dans cette partie du château.
Snape était donc seul dans sa salle au moment où elle y pénétra, non sans avoir toqué et avoir entendu sa voix de baryton lui répondre.
Lorsqu'il la vit, le sorcier se raidit, mais il tenta d'adopter une position neutre, son visage se détendant en une expression passible. Il s'apprêta à lui demander ce qu'elle lui voulait, mais elle lui coupa la parole sans même qu'il n'ait eu l'occasion de prononcer un seul mot.
« Comment est-ce que vous avez pu faire ça ? »
Sa voix était dénuée d'émotion, ou alors surtout teintée d'une incompréhension profonde, ce qui était chose rare chez Hermione.
« Vous avez envoyé un courrier au ministère, commença-t-elle. Informé la directrice de votre décision, attendu deux semaines sans me dire quoi que ce soit. »
Hermione ferma la porte et s'avança à une distance raisonnable.
« Pourquoi ?! »
Snape leva les yeux au ciel. Et Hermione n'avait qu'une envie une fois encore : celle de tout casser dans cette fichue pièce. Elle était en colère, blessée, et perdue. Elle qui avait fait son possible pour l'éviter tout ce temps, pour instaurer une distance malgré son amertume, voilà qu'il lui faisait payer ! Mais pour quelle raison au juste ? Pire encore, il semblait si… si détaché de la situation ! Snape ouvrit la bouche, mais une fois encore, Hermione reprit la parole avant lui.
« Et ne me parlez pas d'intégrité, ne me parlez pas de devoir ou d'impartialité. Nous savons tous les deux que vous n'êtes en rien quelqu'un qui s'encombre avec ce genre de protocoles alors dites le moi : qu'est-ce que je vous ai fais ? siffla-t-elle en pointant son index vers lui, les dents serrées.
_ Vous n'avez rien fais, dit-il avec calme.
_ Dans ce cas, répondez-moi !
_ Vous avez rendu la situation impossible ! »
Hermione leva un sourcil, complètement outrée par ses propos. Il ne leur restait qu'à peine quelques semaines avant qu'elle s'en aille une bonne fois pour toute de cette école. Et Snape le savait pertinemment, tout comme il connaissait ses ambitions pour poursuivre ses études loin, très loin d'ici ! Personne n'était étranger à ses aspirations. Hermione s'était d'ailleurs empressée depuis quelques jours à informer tout le corps professoral qu'elle avait été retenue pour un apprentissage à Beauxbatons, alors que lui voulait-il au juste ?! Etait-ce si invivable d'attendre ces quelques dernières semaines de se décharger de sa présence si importune ?
« Je pars à plus de 1000 kilomètres de vous, vous ne pouviez donc plus attendre ?!
_ Non ! cria-t-il soudain. »
Hermione afficha un air surpris et resta plantée là, face à lui, comme si son corps entier ne lui obéissait plus.
Snape quant à lui, eut le sentiment d'imploser pour la dernière fois. Il fallait qu'il soit clair, qu'il la congédie, qu'il lui fasse comprendre qu'il ne voulait… ne pouvait plus la voir en peinture.
« Vous croyez vraiment que mettre une telle distance entre vous et moi arrangera quoi que ce soit ? Mais vous êtes d'une naïveté sans nom ! siffla-t-il, ses yeux injectés de rage. »
Hermione ouvrit un peu la bouche, ne sachant que répondre. Elle s'attendait à des explications, mais loin de celles-ci. Alors oui, c'était peut-être idiot de sa part mais elle avait véritablement pensé qu'en changeant de pays, ils allaient pouvoir oublier toute cette histoire.
« C'était peut être le cas avant, mais maintenant, tout a changé. Peut-être pensez-vous que je suis un professeur sans principe et pourtant, j'en ai bien plus que ce que vous pouvez imaginer. Maintenant, je vous repose la question. Croyez-vous véritablement qu'il y ait un seul mètre carré sur cette fichue planète qui vous permettrait de vous tenir suffisamment loin de moi pour m'ôter tout ce qui m'obsède chez vous actuellement ? »
Hermione ne bougea pas de sa position alors que lui, gardait son regard planté dans le sien, noir d'envie, noir de colère aussi, de ressentiment, de ce besoin de la rejeter loin de lui comme de la posséder.
« Je pense à vous jour après jour, et nuit après nuit. »
Snape fit un pas, puis deux vers elle. C'était là tout ce qu'il pouvait redouter.
Ce besoin. Cette chose envers elle qu'il ne contrôlait plus depuis ce dernier incident où il avait cru la perdre. Il se sentait consumé de l'intérieur par ce feu ardent, qu'il avait pourtant tellement tenté d'éteindre. Mais c'était avant de goûter à ses lèvres pour la première fois.
« Vous êtes dans ma tête, chuchota-t-il, dans mon champ de vision, dans mon corps, sans jamais que cela ne cesse. »
Hermione sentit son regard se perdre sur son visage alors qu'elle dû lever un peu le sien afin de ne pas perdre le contact.
« Professeur, murmura-t-elle.
_ Vous voyez, lui dit-il d'un ton tout aussi bas. »
Son visage s'approcha, jouant de son souffle, sa bouche suivant la sienne sans jamais la toucher alors que déjà, Hermione avait oublié ce pour quoi elle était venue lui hurler dessus.
« C'est pour cette raison que je ne peux plus tenir ce rôle, lui glissa-t-il d'une voix si grave qu'elle provoqua des frissons chez la jeune femme.
_ Je vous assure… je ne voulais pas de ça, lui avoua-t-elle, prenant une grande inspiration et se sentant transportée par sa proximité. »
Ce fut soudain comme s'ils se perdaient à nouveau l'un dans l'autre.
« Moi non plus, lui murmura-t-il. Mais je deviens dingue. Et toutes… toutes mes résolutions, tous mes efforts pour… survivre s'envolent en votre présence. »
Snape prit une inspiration avant de fermer les yeux et de s'éloigner. Ce n'est qu'alors que Hermione reprit le souffle qu'elle avait retenu, les yeux brillants.
« Que pensez-vous qu'il se passera si on reste une seconde de plus dans cette situation ? »
La jeune femme déglutit, tandis que Snape se retourna, dos à elle, passant une main nerveuse dans ses cheveux avant de lui refaire face à une distance plus raisonnable.
« Je serais coincé, à vous enseigner, m'efforcer de ne rien laisser paraître. Je continuerais à me torturer l'existence, à passer chaque foutue journée à vous vouloir, chaque nuit à rêver de vous. Jusqu'à ce qu'on me découvre, jusqu'à ce que tout votre travail soit réduit à néant et que l'enfer continue. Que sera votre vie s'il court que votre diplôme s'est obtenu de cette façon ? Que sera la mienne si on venait à apprendre mes… sentiments, articula-t-il difficilement. Vous ne voulez pas de ça, pas plus que moi. Et votre amitié avec Potter… Vous ne voulez pas de cela pour lui non plus. »
Hermione cligna ses yeux vers lui, un regard brillant d'émotions. Pourquoi fallait-il qu'il ait raison ?
« Alors… parvint-elle à articuler au prix de nombreux efforts. Cela signifie que jamais nous ne…
_ Jamais, la coupa-t-il. »
Snape soutint son regard alors que ce dernier mot raisonnait encore dans la pièce. Hermione était essoufflée. Elle avait chaud… Non. Pire encore. Elle brûlait, elle aussi.
Elle le réalisait juste maintenant, à quel point c'était dévastateur, presque effrayant. Snape vit ce basculement dans son regard, cette réalisation qui l'avait lui-même frappé de plein fouet lorsqu'il avait quitté l'infirmerie.
Il ne lui avait fallu qu'un regard de sa part avant qu'il ne se rende compte de cette chose dangereuse qui avait pris place en lui, et qui n'avait rien à voir avec le lien.
Hermione fit un pas en avant. Severus fit un pas de plus vers elle.
« Je vais partir maintenant, dit-il d'un ton si bas qu'on ne pouvait qu'à peine entendre ses paroles. »
Il réalisa qu'elle ne l'écoutait plus.
Son regard s'était perdu sur ses lèvres et à son tour, il sentit son self control foutre le camp lorsque, d'un geste automatique, elle passa sa langue sur les siennes. Alors il céda malgré lui à cet appel et d'un même geste, ils se ruèrent l'un sur l'autre comme s'il n'existait plus rien d'autre d'important à leurs yeux.
Hermione gémit contre sa bouche alors que sa langue rencontra la sienne une nouvelle fois. Elle n'était plus rien d'autre qu'un brasier. Pour la première fois de son existence, Hermione ne parvenait plus à réfléchir, ni à penser.
Passionnée, elle s'appuya contre lui plus encore, et prit la grande main du potionniste pour la glisser sur son corps et la poser sur son sein.
Lui, grogna contre elle, hésitant un instant avant de lui mordre la bouche et de serrer sa main, lui arrachant de la gorge un son délectable.
« Granger, partez, chuchota-t-il contre sa bouche. »
Hermione se contenta de secouer négativement la tête avant de l'embrasser de nouveau. L'air lui manquait et pourtant, elle ne pouvait détacher ses lèvres des siennes. Avec langueur, elle passa ses paumes sur son torse et fit courir ses doigts près de ses épaules avant que, d'un frottement de tissu, sa longue cape ne tombe sur le sol.
Sans pouvoir s'en empêcher, il glissa sa main dans le creux de ses reins. Hermione intensifia plus encore ce baiser déjà si impudique en montant sa jambe contre lui. Ils ne pouvaient pas être dans une position si obscène qu'actuellement. Mais leurs cerveaux et leurs corps avaient décidés de ne plus les obéir. D'une série de gestes légers, il pressa ainsi en cadence son corps contre le sien.
Ce n'est qu'à cet instant qu'elle stoppa son baiser, gardant sa bouche à proximité de la sienne et aspirant son air comme si elle suffoquait.
Il ouvrit péniblement les paupières et réalisa qu'ils étaient d'ores et déjà en nage, rouge d'une passion dévorante.
« Hermione, répéta-t-il en plusieurs complaintes. On ne peut pas.
_ Je sais… »
Ses gestes pourtant, trahissaient tout le contraire.
Hermione se laissa porter, entourant ses jambes autour de sa taille. D'un geste du bras, Snape dégagea le contenu de la grande table ronde trônant au fond de sa salle de classe, deux chaudrons en cuivre tombant en fracas sur le sol aussi bien que les parchemins venaient de s'éparpiller aux quatre vents.
Hermione soupira lorsqu'il l'y allongea, son regard s'ouvrant pour devenir fiévreux.
« Vous voulez… être indépendante, construire votre vie, sans personne, faire valoir votre mérite, continua-t-il.
_ Laissez-moi prendre le risque… Laissez-moi… »
Il gémit en inspirant l'odeur de son parfum, le nez niché dans son cou. Puis, la bouche de Snape se perdit vite dans sa gorge, son cou et il remonta, son bassin butant contre le sien avec qu'il venait de s'insinuer entre ses jambes.
« Arrêtez de me supplier, susurra-t-il à son oreille. Arrêtez ça. »
Le souffle d'Hermione se mua en complainte alors qu'elle tirait elle-même sur son chemisier, faisant sauter un bouton. Elle avait si chaud.
Snape, aussi essoufflée, l'arrêta d'un geste. Il riva son regard dans le sien. Il eut une seconde d'hésitation, mais, face aux pupilles dévorantes de la jeune femme, il céda et ôta avec une lenteur précise le second bouton de son chemisier.
Hermione se laissa couler contre la table, ne cachant en rien le trouble qu'il lui communiquait. Elle était soulagée qu'il ait cédé à cet appel. Jamais elle n'aurait survécu s'il l'avait planté là, dans cet état.
Le troisième bouton sauta, laissant apercevoir la couleur chair de sa brassière en dentelle, qui cachait si peu de choses.
« Severus, gémit-elle en un souffle. »
Il ne s'arrêta pas. Pire encore, ses mouvements s'accélèrent et la texture de sa main chaude frôlant sa peau ressemblait à une caresse, si délectable. Hermione baissa les yeux sur ses doigts, déboutonnant son chemisier jusqu'au bout, glissant les pans de part et d'autre pour accéder à son ventre.
« C'est une mauvaise idée Granger. une si mauvaise idée… »
Elle retrouva le courage de le fixer de nouveau. D'un geste, Hermione prit sa main et la glissa sous son pantalon étroit.
Snape sentit son souffle se couper lorsqu'il entra en contact avec le bord de sa culotte. Il ignorait sa texture. Qu'elle soit en coton ou en soie n'avait aucune importance.
Elle l'entraina à insinuer ses doigts encore plus en dessous de ce sous vêtement, à même sa peau.
Lorsqu'il s'exécuta, Hermione se redressa sur ses coudes et gémit.
Elle resplendissait d'un éclat indescriptible. Sa poigne le guidait toujours dans ses gestes et Snape s'accrocha à la table avant de céder totalement et d'explorer les contours de sa chair.
Les ongles de la jeune femme serrèrent le plat de sa main, juste un peu alors que ses pupilles éclatantes continuaient de le fixer.
Snape pressa ses doigts entre ses plis, avant de remonter et de tourner autour de son clitoris, sans jamais le toucher. Ce geste la fit se cambrer, alors que sa respiration haletait. Elle l'admirait, avec toute cette fascination, ce… vice.
Hermione se mordit de nouveau la lèvre inférieure et il accentua sa prise sur sa chatte, prenant plus appui encore sur la table qui manqua de trembler. Ses gestes étaient lents, et si profonds.
Vite, elle tournoya ses hanches en rythme avec ses mouvements avant qu'il ne la pénètre légèrement. C'est à cet instant qu'elle dû rassembler tout son flegme pour ne pas interrompre le contact visuel.
Il fallait qu'ils s'assurent de ne pas être en plein rêve et de garder ce contact avec la réalité.
Hermione s'accrocha à son cou, se redressant plus encore contre lui et rapprochant ainsi sa poitrine. Il n'eut ainsi qu'à se baisser pour embrasser son décolleté. Ses délicieux tétons pointaient sous sa brassière, et elle sentit sa langue les parcourir, lui envoyant de délicieux courants électriques dans tout le corps.
Hermione eut un mouvement lascif des hanches, accentuant la possession de ses doigts en elle alors qu'elle gémissait sans aucune retenue.
Snape crut devenir dingue. Sa peau avait le gout du sel et quelques mèches de ses cheveux frisottés commençaient à coller sur son front. Elle avait les joues rouges, et la peau fraiche. Merlin, il se sentait si coupable d'agir de cette façon, et à la fois, si bien… Une sorte de frustration se mêlait à ce plaisir, lui s'imaginant la posséder réellement avec toute cette hargne.
Plus les secondes s'égrainaient, plus la fureur et l'avidité prenaient le pas sur la douceur. Hermione s'accrocha avec désespoir à ses épaules alors qu'elle ne retenait plus aucun son de sa gorge.
La main experte du potionniste frottait avec un délice indescriptible contre son bouton alors que ses doigts la parcouraient maintenant sans plus aucune cérémonie. Elle hurlait son prénom, le suppliant de ne pas s'arrêter, surtout pas.
Mais il n'en avait aucune intention.
Pire encore, Snape se délectait de ce pouvoir, alors qu'il affichait un léger rictus empreint d'une sorte de fierté en l'admirant pendant qu'elle prenait le pied de sa vie.
Hermione retint soudain son poignet avant de le serrer. Un cri se bloqua dans sa gorge alors que son regard s'embrumait sous un orgasme fulgurant.
Il se figea en elle, ses yeux trahissant la même émotion que la sienne, comme s'il la rejoignait à sa façon au point culminant de son plaisir.
Transpirants et à bout de souffle, il resta ainsi de longues secondes. Il la contemplait, comme le ferait un peintre devant un tableau, divin, éblouissant, presque céleste. Puis, il se retira avec lenteur d'elle. Hermione sentit encore sa présence pulser, et les dernières réminiscences de sa jouissance la faire sursauter.
Son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien.
Elle était trempée et encore sensible, mais elle attendait, troublée avant qu'il ne pose ses lèvres sur les siennes avec une légèreté insoupçonnée. Sa bouche tremblait un peu sur la sienne.
Hermione se détacha de son baiser avec douceur. Il la fixa alors qu'elle caressait sa lèvre de son pouce.
C'était comme vivre un instant en dehors du temps.
Soudain, le son de la cloche de Poudlard les firent pourtant sortir de leur torpeur. En un geste, Hermione se redressa, cette fois d'un air paniqué.
Elle reboutonna rapidement son chemisier avant de remonter son pantalon à un niveau plus convenable. Quant à ses cheveux emmêlés, elle y passa une main maladroite, mais elle eut tout de même l'impression que ce qu'ils venaient de faire était écrit sur sa tête.
Quand elle se tourna en silence vers Snape, il avait jeté sa cape sur son siège et était appuyé sur le bord d'un des bureaux, déstabilisé. Le bordel était encore amassé sur le sol.
Hermione leva une main pour la poser sur son dos, hésita, puis, finit par le faire. il se tourna d'un geste et lui saisit le poignet, comme pour lui interdire tout contact. Dans son mouvement, elle se retrouva de nouveau à quelques centimètres de lui, tout en sentant que ce désir ne s'était toujours pas tari, bien au contraire…
« Nous en parlerons plus tard, gronda-t-il d'une voix dure. »
Elle déglutit.
Les joues de la jeune femme étaient empourprées, et elle était toujours aussi dingue, sur le point de le supplier de s'envoyer en l'air. Mais c'était impossible. Et c'était comme si la réalité venait de le frapper.
Elle devait s'en aller, lui laisser de l'espace, à elle, à lui.
Mais il était hors de questions que quiconque la croise dans cet état. Alors, lorsqu'il la lâcha, elle se hâta à partir de sa salle de classe. Elle croisa Harry et Ron plusieurs mètres plus loin, mais ne prêta pas attention à eux et s'enfuit vers le coté opposé, vers un endroit plus neutre et le plus éloigné possible des cachots pour retrouver son souffle.
Ce n'est qu'à cet instant qu'elle réalisa qu'il avait raison.
1000 kilomètres ne suffiraient pas.
xXx
Hermione remuait nerveusement sa cuisse alors qu'elle était assise, penchée sur un manuel ouvert qu'elle ne lisait pas.
Elle était partie se réfugier dans la bibliothèque, déserte, comme le lui avait autorisé McGonagall.
Elle avait beau se repasser la scène dans sa tête encore et encore, Hermione ne comprenait pas comment ça avait pu dégénérer à ce point. Ou alors, elle se voilait la face… Ce qui était fort probable.
Elle s'attendait à ce qu'il soit de nouveau infect avec elle, qu'ils se crêpent le chignon une fois de plus avant de lui donner des explications bancales qui ne lui suffiraient pas. Elle avait même naïvement pensé qu'elle aurait pu le faire changer d'avis.
Mais jamais Hermione n'aurait songé qu'en allant le voir, il la conforterait dans son choix. Sans compter qu'il finisse par dire de telles choses… Elle en rougissait encore.
Il lui avait dit qu'elle l'obsédait, qu'il avait envie d'elle, qu'il ne survivrait plus à aucun cours en sa présence. Et désormais, elle vivait le même tourment.
Hermione croisa les jambes en soupirant. Son corps lui hurlait un besoin primaire qu'elle n'avait jamais jugé nécessaire d'assouvir à ce point jusqu'à maintenant. Il lui semblait qu'elle pourrait mourir pour qu'il fasse d'elle tout ce qu'il voulait.
A ces pensées, Hermione se cacha le visage dans les mains. Elle devenait dingue.
Mais il fallait avouer que l'évidence les avaient frappé à partir de l'instant où ils s'étaient embrassés. Ou peut-être que cela datait d'encore bien avant, lorsqu'elle avait fait le choix de dormir contre lui cette nuit là, dans l'infirmerie. Quoiqu'il en soit, Hermione n'arrivait pas à réfléchir.
Elle tremblait, rien que d'imaginer contacter un autre professeur pour lui donner les cours de potion manquants. La moindre insinuation en rapport avec Snape la rendait totalement à fleur de peau. Depuis qu'ils avaient été bien plus intimes, son derme était en feu.
D'un geste vif, Hermione se leva. Elle se sentait incapable de prendre une douche, incapable de toucher quoi ni qui que ce soit. C'était comme si elle avait mis cet instant en suspens et qu'elle restait dans un état semi conscient. La cloche sonna l'heure de la fin des classes, et elle n'aurait pas pu être plus frustrée par cela.
Harry, Ron ou encore Ginny chercheraient forcément à la trouver pour demander des explications sur son absence en cours de potions. Ce château était bien trop grands et surpeuplé pour espérer éviter qui que ce soit. Alors, Hermione fit aller son cerveau à toute vitesse. Elle devait être seule, elle devait ne croiser personne dans cet état ou tout finirait par se savoir.
D'un geste précipité, Hermione ne trouva que le passage secret vers la sorcière borgne à emprunter pour fuir. C'était l'endroit le plus proche de celui dans lequel elle marchait et qu'à cela ne tienne, si elle croisait qui que ce soit, elle irait se planquer dans la réserve de chez Honeydukes.
xXx
Quelle idée de lui avoir suggéré qu'ils en reparleraient ?!
Snape n'avait envie que d'une chose : se terrer dans son antre et ne plus jamais en sortir. Qu'avait-il fait ?
Il avait envie de se maudire.
Avant l'arrivée de ses élèves, il avait eu tout juste le temps de lancer un sort histoire de ranger tout le bazar qu'ils avaient fichus, mais dans sa tête, rien n'était en ordre.
Il savait que ce qu'il avait fait pour l'éloigner de lui était une mesure radicale, mais tout ce qui était sortie de sa bouche était malheureusement vrai.
Depuis ces dernières semaines, Hermione l'obsédait.
Il n'arrivait plus à faire classe sans se sentir nerveux, et la qualité de son enseignement se faisait ressentir. Ses étudiants ne devaient pas avoir remarqué, mais lui, si, et c'était bien là tout le problème. Il lui était devenu impossible de demander de travaux quelconque autour d'un chaudron, au risque de devoir passer devant le sien et faire une immense connerie. Alors il avait enchaîné les cours théoriques, les yeux rivés sur des manuels, agrémentés de contrôles écrits pour avoir la paix. Seulement, le programme lui imposait d'apprendre à ces têtes de mules, bien plus que des leçons récitées d'un ton monotone.
Snape savait pertinemment que l'apprentissage des potions n'était rien sans l'expérience. Alors, il n'avait trouvé que cette solution. La fuite. Tout en misant tout sur les capacités hors normes de Granger pour s'en sortir sans dommage pour ses ASPICS. Après tout, il restait si peu de cours.
Et pourtant, alors que sa décision avait occupé toutes ses pensées depuis qu'il l'avait mise à exécution, Snape ne se sentait pas mieux pour autant.
Qu'est-ce qui lui était passé par la tête quand il avait perdu tous ses moyens en lui dévoilant les tenants et aboutissants de tout ce bordel ?! Il avait avoué une de ses… faiblesses, sans doute la pire.
Il avait eu plus de dix ans pour se préparer à accueillir le fils de Lily, pour perfectionner son sens de la maîtrise, pour se créer une carapace indétectable. Mais concernant Hermione, c'était bien trop tôt, avec des sentiments aussi différents que surpuissants. Maintenant, plus jamais il ne pourrait regarder Minerva en face après ce qu'il avait fait…
Snape attendit la fin de sa classe avec une impatience non feinte. Il devait trouver Granger, s'expliquer, lui dire qu'ils devaient tout oublier, que c'était une folie passagère, peut-être l'effet secondaire de son expérience à la mort moi le noeud. Mais Snape en avait marre, devait-il l'avouer, de tout mettre sur le dos de la magie.
Il se devait être franc, au moins envers lui-même. Il n'avait pas une seule fois pensé à la Hermione du passé. Pas une seule. Elle l'attirait, par son physique, par son intellect, par sa façon de penser et d'être. Et plus il apprenait à la connaître, pire c'était.
Il y avait eu cette succession de contacts physiques, ces petites choses qu'il avait appris sur elle comme la façon dont elle buvait son thé ou ses envies de petits biscuits au beurre sans arrêt. Hermione était intelligente, elle était différente, et dégageait quelque chose d'unique. Elle était en vérité, bien plus que l'image qu'il s'en était fait, l'associant par erreur à Potter. Elle n'avait rien de lui. Ils étaient amis, sans n'avoir rien en commun.
Snape pesta tout haut.
Pourquoi avait-il fallu qu'une telle merde tombe sur lui ? N'aurait-il pas pu craquer pour une prostitué de l'allée des embrumes ?!
Lorsqu'il se retrouva enfin seul, Snape insulta le monde entier. Il cogita un petit moment, avant de se décider à se rendre dans la grande salle et de s'accorder du temps pour réfléchir à tout ça, ne pas agir de manière impulsive.
Seulement, lorsqu'il monta, il tomba sur la silhouette de cette vieille bique de Minerva et se sentait franchement peu enclin à lui faire face, du moins, pas tout de suite. Pas après ce qu'il avait fait à peine une heure plus tôt à son élève chérie. Dire qu'il avait remué ciel et terre pour éloigner Hermione de lui avant de finir par lui sauter dessus à peine la situation éclaircie.
Merde, s'il accordait un seul mot à Minerva maintenant, il finirait par cracher le morceau il en était certain. Alors, sans réfléchir, Snape se déroba derrière un passage dont il n'avait pris connaissance qu'après la guerre.
xXx
Hermione s'était assise à même le sol, les fesses gelées par le carrelage. Elle avait la tête posée dans ses mains et les yeux clos pour mieux réfléchir à la situation. Elle ne voyait aucune issue.
Soudain, des pas se précipitèrent vers elle. D'un geste vif, elle se leva, mais manqua de s'évanouir tant elle avait été rapide.
« Dites-moi que c'est une plaisanterie, entendit-elle murmurer. »
Cette voix basse, ce ton sombre.
Hermione était encore appuyée contre le mur lorsqu'elle dévisagea la silhouette de Snape.
