Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate

Auteur : LilaCookies

Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 2 "Mister Sunshine et les Télétubbies"

Genre : UA, romance, humour, yaoi

Rating : T

Commentaires : J'ai réussi ! Une semaine après le deuxième chapitre ! Youpi me.

Un nouveau chapitre, de nouveaux personnages.

Bonne lecture !


...

Brun, des cheveux courts, soyeux et ordonnés, un sourire confiant. Un costume gris impeccable qui vient orner des épaules larges et solides. Une chemise blanche immaculée.

« Merde, il a décidé de jouer avec mes nerfs. »

Manœuvre d'évitement : on tourne à droite et on attend sagement, en tendant l'oreille, que l'intrus quitte son bureau sans nous voir.

Depuis un an, Sugawara Koushi est un poilu dans les tranchées et il devient fou.

Ça lui apprendra à passer un entretien d'embauche avec 39° de fièvre.

En temps normal il se serait rendu compte que ça n'allait pas le faire.

En temps normal, il aurait été raisonnable, il aurait refusé le poste, fin de l'histoire.

Mais il délirait à moitié ce jour-là. Il n'avait pas vu les abdominaux si bien dessinés sous la chemise blanche, les yeux francs et sauvages, cette irrésistible assurance.

Et… cette alliance.

Voilà comment on se retrouvait à travailler pour un homme dangereusement canon, marié et hétérosexuel.

Il ne pouvait pas se le permettre. Etre directeur des ressources humaines, c'est être serein, calme. Pas d'avoir envie de se taper son boss.

Koushi ne mélange jamais vie perso et pro. Règle de base, règle de survie.

Il a donc tenté la tactique « je relativise » : tout va bien, je vais réussir à passer outre, ce ne sont que des abdominaux après tout, et les Télétubbies se tiennent innocemment par la main.

Mais le DRH avait commis une grave erreur : il ne s'agissait pas que de la plastique parfaite de son PDG. Son chef était cool.

Du genre que tout le monde aime.

Du genre que lui aime…

Attentionné, humble, drôle avec un je-ne-sais-quoi de fougue. Le genre de leader qu'on a envie d'aduler et de nommer dictateur de ses pensées et führer de son corps.

Koushi était donc passé à la méthode « je l'évite comme la peste ». En dehors de leur réunion hebdomadaire, il envoie des mails, il descend à la salle de pause du troisième étage pour ne pas le croiser, il ne mange plus à la cantine.

Tout un programme…

Mais cela demande beaucoup d'énergie pour peu de résultats… Fantasmer sur son chef le perturbe au moins autant que d'être auprès de lui.

Les Télétubbies ont le feu aux joues.

Alors il est là, comme un con, à attendre que son PDG sorte de son bureau.

- Bonjour Suga.

Perdu dans ses pensées, le susnommé sursaute.

Un peu au-dessus de lui, deux yeux noisette l'observent avec une pointe d'ironie.

- Bonjour Tooru.

Après quelques secondes, Koushi réalise que la main du directeur marketing est tendue vers lui. Il s'en saisit avec un sourire désolé.

Il ne manquait plus que lui !

- Es-tu à la recherche de quelque chose ?

- Hein ? Non, je suis en pause.

Son interlocuteur fronce légèrement ses sourcils châtains.

- Au milieu du couloir ?

- Oui.

Suga trouverait bien une excuse bidon mais son cerveau est en pilote automatique priant pour que leur PDG n'entende pas la conversation depuis le bureau. Tooru peut être très bruyant.

- Y a-t-il de l'orage dans la tête de Mister Sunshine ?

Le DRH jette un rapide coup d'œil vers son bureau et se force à sourire. Il maîtrise son rôle de « Mister Sunshine » jusqu'au bout des ongles.

Trop tard, l'autre a aperçu le coup d'œil :

- Je vois. Daichi est dans ton bureau.

Ce n'est pas une question. Tooru est observateur et a déjà noté le manège de son collègue.

Ce n'est pas la première fois qu'il le chope en flagrant délit « mon boss me retourne la tête ».

Tooru sait.

Koushi sait que Tooru sait.

Mais rien n'a été dit ouvertement.

Deux stratèges face à face.

C'est pour cela qu'ils ne sont pas particulièrement copains. Une partie d'échecs se joue à chacune de leur discussion.

Vivifiant certes, épuisant sûrement.

Nouvelle manœuvre d'évitement :

- Je vais à la salle de pause.

- Je faisais de même, je peux t'accompagner ?

Comment refuser sans être grossier ? Le directeur marketing a cette façon de s'inviter et de s'imposer avec naturel. Koushi hoche la tête et reprend contenance.

Le DRH descend bien évidemment au troisième étage. Tooru n'élève pas d'objections et se contente d'un regard entendu.

Ils cheminent en silence jusqu'à une immense salle parsemée de fauteuils design et colorés : « Ramène ta fraise » se prend pour Google dans ses salles de pause.

Sans un mot échangé, ils s'assoient sur un confortable canapé bleu. Suga, éloigné du danger, sourit à nouveau avec bienveillance.

- Tu n'es pas toujours obligé d'être gentil et serein.

- C'est mon deuxième prénom.

Son collègue rit franchement.

- Que comptes-tu faire ?

Il n'y va vraiment pas par quatre chemins. Koushi feint de ne pas comprendre :

- A quel propos ?

Oikawa Tooru n'est pas homme à se laisse duper, ni à abandonner. Il insiste, il tape où ça fait mal, jusqu'à ce que la vérité éclate. C'est agaçant.

Il a décidé d'être agaçant :

- Le désir ardent de laisser une morsure sur les fesses de notre PDG ?

Le DRH reste digne mais ses yeux clignent trois fois avant d'enregistrer l'info. Son sourire est toujours là, mais ses yeux lancent des éclairs :

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

Sourire carnassier contre sourire carnassier.

- Oh vraiment ? Il me semblait que tu le trouves appétissant... au point de mordre dans ses deux pèches, de l'emmener sur ton cheval blanc et de tout lui faire, sauf de te conduire comme un prince charmant !

Le DRH fait les yeux ronds, le bougre a presque réussit à le choquer. Presque.

Clairement démasqué il se domine toutefois. Après tout, il est calme, méthodique, intelligent.

Mais l'évidence est là : il n'est plus rien de tout ça auprès de Daichi. Il devient con comme un ado perturbé par ses hormones.

Il répond sur le ton le plus glacial à sa disposition :

- En quoi cela te concerne ?

Les traits fins de Tooru font mine d'être peinés :

- Je ne cherchais pas à être intrusif. Je pensais que tu te sentirais mieux d'en parler.

- Tu es intrusif et tu le sais.

Echec et mat.

Deux sourires qui s'échangent. Suga s'adoucit :

- Mais, je crois que toi aussi tu portes ta croix.

Une ombre passe sur le visage de son interlocuteur.

- Je ne suis pas le seul à être observateur ou suis-je si transparent ?

- Sans doute un peu des deux. Comment as-tu fait pour surmonter votre séparation ?

Tooru est bien conscient que le DRH est dangereusement en train d'inverser les rôles. Il s'est laissé prendre au jeu.

Pour ne pas s'étaler sur ses sentiments, il répond sobrement :

- On a essayé, il n'a pas aimé. Que puis-je y faire ?

Koushi hoche la tête, il n'a rien à ajouter, l'autre en profite :

- Mais ta situation est tout à fait différente !

Nouveau revirement, les nerfs de Suga son à vif.

- En quoi ? C'est mon chef, hétérosexuel et marié par-dessus le pompon !

Tooru sourit de toutes ses dents, enfin il admet.

- Concernant les deux premiers points je te concède qu'ils peuvent constituer des obstacles non négligeables. En revanche, Daichi n'est pas marié, il est divorcé.

Suga regarde le directeur marketing comme un enfant qui a mal appris sa leçon :

- Il a une alliance.

- Oui.

Le DRH commence à se demander si son collègue est bête ou s'il le fait exprès.

- On ne porte pas d'alliance à moins d'être marié.

- Ce n'est pas son alliance.

Tooru prend un malin plaisir à jouer avec son interlocuteur, il prend son temps pour dénouer l'énigme.

- Ce n'est pas l'alliance de son mariage, c'est celle de son père qu'il porte depuis sa mort. Tadam !

Le directeur marketing est vraiment théâtral.

- Non, pas tadam ! Il m'a parlé plusieurs de sa femme et de leur fille. Il n'a jamais mentionné un quelconque divorce.

- Lui as-tu demandé ?

- Non, mais…

« Oh putain ! » Koushi se refait le film de leurs discussions. Un fol espoir vient électriser sa colonne vertébrale.

- Comment le sais-tu ?

- Ce n'est pas un secret, c'est de notoriété publique. Tu dois être le seul de la boîte à ne pas être au courant…

Suga est énervé, perturbé, se noie dans une piscine pleine de chlore.

Tooru savoure clairement un autre « Tadam » dans sa tête. Il vient de se trouver un nouveau projet, Testsurou va être jaloux.


...

Merci d'avoir ce deuxième chapitre jusqu'au bout. Ces premiers chapitres placent Akaashi et Suga dans une situation semblable à voir si l'épilogue sera le même.