Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate

Auteur : LilaCookies

Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 3 "L'espion et le psychopathe"

Genre : UA, romance, humour, yaoi

Rating : T

Commentaires : Un ordinateur mort plus tard, je publie enfin le troisième chapitre !

Sans plus attendre : Bonne lecture !


Un coup d'œil en bas à droite de l'écran : 21H07.

Keiji relève la tête de son ordinateur et étend ses longues jambes moulées dans un chino bleu canard. Il étire ses bras puis réajuste sa chemise dans son pantalon.

Il enregistre son tableau Excel et soupire de satisfaction. Trois jours à compiler et analyser des performances produit par produit : Keiji est épuisé mais a le sentiment du devoir accompli.

Il savoure un instant la quiétude de l'open space. L'endroit est désert et silencieux à l'exception du bureau de son boss qu'il entend pianoter sur son clavier.

« Mon boss, ce cinglé. »

« Mon boss qui me demande de créer des analyses en trois jours alors qu'il faut normalement des semaines pour les mener. »

« Mon boss, ce sadique. »

Il lui en voudrait bien. Mais, l'air de rien Kuroo Tetsurou est lui aussi un bourreau de travail. Et même, un bourreau tout court.

Il est performant et à les mêmes exigences pour lui-même que pour son équipe. Sa nonchalance cache un psychopathe présent de 8H à 21H00 tous les jours, minimum.

Keiji s'objecte mentalement : sauf le vendredi. Kuroo ne déconne pas avec le vendredi : c'est Friday wear et « tout le monde se casse à 17H00 tapante. »

Akaashi encaisse bien le rythme infernal imposé par son supérieur, il prend son pied au travail à défaut de le prendre ailleurs. Deux ans de célibat obligent.

- Tu as terminé ?

- Oui.

- Terminé de chez terminé ? Complet ? Irréprochable ?

« Irréprochable » le mot préféré de son chef. Akaashi est sûr de lui, il en a chié, il n'a pas beaucoup dormi mais le dossier est nickel.

- Oui.

- Je suis impressionné…

Le directeur financier est exigeant mais pas avare de compliments. C'est déjà ça.

- Je suis bon.

En toute sobriété. Pas de fausse modestie, Keiji sait pourquoi il a été engagé : il excelle. Point.

- Parfait, je vois de quoi tu es capable et ça me plaît. Je pensais que tu mettrais la semaine !

- Hein ? Vous m'avez dit, et je vous cite : si ce dossier n'est pas bouclé en trois jours ta période d'essai sera prolongée.

- C'était pour te motiver !

« Définitivement, mon boss est un putain de sadique. »

Le contrôleur de gestion relève le plus calmement possible :

- J'avais une semaine ?

- Et bien, tu es le premier à réussir à me faire ce genre d'analyse en trois jours.

- C'était un test ?

- Si on veut… Si tu avais mis plus d'une semaine j'aurais effectivement prolongé ta période d'essai, d'avantage tu aurais été remercié.

De grandes lettres lumineuses s'allument comme celles d'un night-club au-dessus de Kuroo : P-S-Y-C-H-O-P-A-T-H-E.

- Je vois. Je suppose que mon poste connait un certain turn-over ?

Son chef lui sourit avec malice :

- Ah ? Qu'est ce qui te fait dire ça ?

- Une intuition…

- La golden team mérite l'excellence !

Il est sérieux… Akaashi hausserait bien un sourcil s'il se souciait des délires de son chef. Surtout, ne pas nourrir ses névroses.

Il se contente d'un demi-sourire poli et tourne les talons avec un « A demain ! ».

Il saisit à la hâte son caban noir et son attaché-case –accessoire indispensable pour avoir l'air sérieux quand on travaille avec des chiffres. Il file sans demander son reste pour retrouver son lit. Il est crevé.

Poche gauche, poche droite. On refouille sans conviction l'attaché-case.

« Merdre, mes clefs ».

Et un aller-retour gratuit pour « Je-suis-très-fatigué-Keiji ».

Le jeune homme espère que son boss a décampé entre temps. Pas envie de taper un brin de cosette.

Raté.

Des voix lui parviennent depuis le bureau de son chef. La porte est semi ouverte. Il essaie de passer discrètement devant.

Il y a la voix de Kuroo, ok. Il y a aussi une voix joyeuse, profonde, envoutante…

« Dieu me déteste. »

L'autre voix c'est celle de Bokuto, le directeur commercial.

Son crush. Il aimerait qu'il en soit autrement mais ce gars lui fait tourner la tête.

Son crush, donc sans doute hétéro. Akaashi a le don pour crusher sur des mecs inaccessibles.

Bref, deux années de solitude plus tard, la confiance en soi est au plus bas.

En attendant, il reste hypnotisé devant le bureau à écouter aux portes. Il se sent con et miteux mais son cœur bat trop fort pour l'ignorer.

- …plus gros client. Il s'est montré très réceptif aux nouveaux produits. Je pense que la présentation de la semaine prochaine achèvera de le convaincre.

Bokuto semble toujours si enthousiaste lorsqu'il parle de son travail.

Keiji se met à penser malgré lui : « ça nous fait déjà un point commun… »

- Certes, les équipes d'Oikawa ont fait un travail remarquable, mais surtout, ne lui répète pas ce que je viens de dire !

Le contrôleur de gestion indiscret entend le rire tonitruant du directeur commercial résonner dans le bureau.

- Ha, ha, tu crains qu'il continue d'exploser tes budgets ?

- Il en est capable. Je cite : « mon génie n'a aucune limite… surtout pas financière. »

Akaashi ne connaît pas bien le directeur marketing, mais le voit très bien prononcer ces mots.

Un nouvel éclat de rire.

- A part ca comment se débrouille ta nouvelle recrue ?

- Ca t'intéresse ?

Keiji retient son souffle.

- C'est la troisième personne que tu recrutes cette année…

La réponse est décevante.

- Il vient tout juste de partir et je dois dire qu'il est des plus performant…

- Kuuro, il est vingt et une heure passée, tu abuses !

- Quel hypocrite tu fais ! J'ai vu le plus jeune de ton équipe partir il y a seulement trente minutes.

- Non mais c'est complètement différent là ! Le petit, je dois le pousser vers la sortie pour le faire décoller ! C'est un vrai acharné.

- Mouais.

- Ton dernier contrôleur est parti en burn out après seulement quatre mois ! Daichi ne te laissera plus engagé personne si tu foires cette fois.

- Tu devrais savoir que je suis sans compromis.

- C'est bien ce qui me fait peur !

Les deux directeurs quittent définitivement le cadre du travail et commencent à planifier leur weekend.

Keiji se rend compte que ces deux là sont beaucoup plus proches qu'il ne le pensait.

« A quel point sont-ils proches ? »

Une pointe de jalousie illégitime l'étreint et le pousse enfin à quitter son spot d'espionnage pour aller chercher les fameuses clefs dans son bureau.


...

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