Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate

Auteur : LilaCookies

Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 4 "Le concierge a besoin d'un café."

Genre : UA, romance, humour, yaoi

Rating : T

Commentaires : Merci pour votre patience et bonne lecture !


Oikawa Tooru connaît « Ramène ta fraise » sur le bout des doigts. Soldat de la première garde, fidèle depuis dix ans, il a éprouvé toutes les bonnes combines.

Il en connaît une qui vaut de l'or… il sait où dégoter le meilleur café.

Ce café est aussi dur à obtenir que le Saint Graal car le meilleur breuvage de la boîte est celui du chef. Il faut donc agir avec finesse pour en profiter.

Le Big Boss ne prend pas gentiment son café à la machine comme tout le monde. Monsieur a une cafetière personnelle, celle qu'il a rapportée d'Italie suite à son voyage de noce.

Le chef sait que son café est le meilleur et il jouit de ce privilège avec une pointe de machiavélisme.

C'est un gars bien mais il ne doute pas que son café est un élixir divin, il le distribue donc avec parcimonie, soit pour récompenser, soit pour réconforter.

Il faut ruser pour en avoir plus. La cafetière est directement dans son bureau, juste derrière lui, aucun moyen d'y avoir accès sans son accord.

Mais, Tooru est rusé.

Il sait… Il sait qu'il y a une autre personne excepté le chef, qui a, depuis peu, du café à volonté : l'assistante du chef…

La clef du paradis.

- Bonjour Hitoka.

Une petite blonde décroche sa tête de son ordinateur en sursautant, visiblement absorbée par son travail.

- Euh, bonjour Monsieur Oikawa.

Il sourit de toutes ses dents avec une douceur feinte digne d'une peinture de Michel-Ange.

- Tooru suffit. Comment vas-tu aujourd'hui ?

La jeune femme rougit et baisse la tête avant de répondre :

- Bien, merci.

L'assistante du chef est loin d'être bête mais elle est jeune et manque de confiance en elle, quelques mots bien placés et Tooru sait qu'il obtiendra ce qu'il est venu chercher, surtout que le chef est en réunion. Il n'est pas venu les mains dans les poches, il a consulté l'agenda avant.

Le directeur marketing sourit un peu plus, ultra-bright, ultra-confiant.

- C'est une nouvelle barrette ?

Hitoka tripote le papillon vert qui orne son carré blond et remet en place une mèche de cheveux imaginaire, intimidée.

- Oui. Vous avez remarqué ?

- Elle est très jolie et te va très bien !

La jeune femme rougit un peu plus et murmure un « merci » inaudible.

Oikawa flirte avec la ligne jaune de ce qu'il peut dire, et ne pas dire à une jeune collègue de vingt-deux ans. Mais, que ne ferait-il pas pour un café ?

Il avance rapidement le pion suivant :

- Oh, tu as fait du café ?

L'air innocent, tout ça, tout ça, il le mérite bien.

- Euh oui, je m'en suis fait un en arrivant. Monsieur Sawamura n'était pas dans son bureau mais il m'a dit que je pouvais… Mais j'aurais peut-être dû attendre qu'il arrive ? Il va peut-être penser que je suis sans-gêne…

L'assistante du chef est un brin parano. Tooru ne la laisse pas s'emballer d'avantage et lui décoche un sourire rassurant :

- Hitoka, tout va bien, je suis sûr que si Daichi t'a dit que tu pouvais te servir, il le pensait.

- Ah… Oui.

- Moi, je n'ai pas eu le temps de m'en faire un ce matin…On a tellement de travail en ce moment…

Prendre un air triste, désespéré, tout ça, tout ça.

On joue le rôle de sa vie pour un café. On se voit déjà avec une statuette entre les mains.

- Et bien...

- Je suis si fatigué… si fatigué…

Les yeux pleins de désespoir, on ferait pleurer un sociopathe.

- Je peux sans doute vous en faire un ? Je ne pense pas que Monsieur Sawamura refuserait…

« Si tu savais… »

- Tu ferais ça ?

- Oui, bien sûr.

Victory !

- Merci, tu es adorable.

La voix pleine de reconnaissance, on se damnerait pour un café. On s'en fout. Le café c'est la vie.

La petite blonde s'éclipse dans le bureau du chef.

Quelques minutes passent, et elle revient enfin avec la précieuse boisson chaude.

On s'en saisit, on est heureux, la matinée débute bien et sans trop d'efforts.

- Yachi, as-tu bien mon numéro ?

Une femme spectaculaire interrompt le petit manège de Tooru : perchée sur des escarpins noirs et moulée dans un tailleur tout aussi noir, son allure est aussi éblouissante qu'implacable.

- Hein, euh… oui ?

- Très bien, appelle-moi ce soir que l'on prépare la plainte pour harcèlement.

De petites lunettes rondes laissent apparaître un regard bleu sombre qui toise Tooru. Celui-ci sourit avec beaucoup moins de candeur :

- Kiyoko… il y a bien longtemps que je ne t'ai vu dans ces bureaux.

Ils se jaugent un instant avant de se claquer deux bises avec des sourires entendus.

- Euh, j'ai des photocopies à faire… Je reviens dans cinq minutes…

La fin de la phrase est à peine audible, la petite blonde s'échappe de son bureau pour se rendre au bout du couloir.

- Bravo tu as fait peur à notre Hitoka.

- Tu vas vraiment te ramasser une plainte à force.

- Je ne fais que gentiment discuter.

- Tu te prostitues pour du café.

Simple constat.

- Je vois. Tu nous observes depuis un moment ?

- Suffisamment.

- C'est très mal d'écouter aux portes !

Kiyoko Shimizu hausse un sourcil qui dit : rien à prouver, rien à se faire pardonner.

Cette femme est le genre de personne qui sait exactement où elle va et pourquoi elle y va.

Aimable et redoutable.

Aimée et redoutée.

Oikawa sourit en coin, il revoit « l'ex-femme du chef » avec plaisir. Tooru a eu le temps, en dix ans, d'observer le couple qu'elle avait formé avec Daichi : de la genèse à la fin. Il pourrait écrire un bouquin.

Séparés depuis presque deux ans et divorcés depuis un an, ils semblent être redevenus ce qu'ils auraient toujours dû être : des amis.

Elle sort un lapin jaune, moche et rabougris. Le doudou a visiblement fait la guerre de 40.

- La petite a oublié son doudou dans la voiture ce matin, comme elle dort chez Daichi cette semaine, je fais un saut rapidos.

Super-maman sur des escarpins de quinze centimètres.

- Daichi est en réunion. Ils ne te l'ont pas dit à l'accueil ?

- Si, mais je préfère le déposer moi-même dans le bureau, c'est une précieuse cargaison !

Tooru ne creuse pas plus loin mais cette histoire de doudou le chiffonne.

Kiyoko est avocate. Elle travaille beaucoup. Il est 9H30. Elle ne devrait pas être là. Ça aurait pu attendre sa pause déjeuner de midi…

Ils se regardent, elle sait qu'il se pose des questions. Elle le surnomme le « fouille-caca » dans sa tête. Oui, « caca » car on apprend à ne plus dire de gros-mots quand on a un enfant. Elle a sorti trop rapidement le doudou pour justifier sa présence et elle se frappe mentalement pour cette erreur.

Deux sourires d'hypocrites se font face.

Le directeur fronce les sourcils et ne peut s'empêcher de céder à la tentation avec provocation :

- Ne me dit pas que vous remettez le couvert !?

Son air ahuri a dû vexer son interlocutrice car elle lui répond froide comme le carrelage des WC :

- Petit un, ça ne te regarde absolument pas ! Et petit deux, je ne vois pas ce que ça aurait de terrible !

- Parce que coucher avec son meilleur pote ça ne fonctionne qu'un temps ?

Un autre que Tooru Oikawa ce serait dit qu'il allait trop loin avec une femme qu'il n'a pas vu depuis des mois. Un autre se serait aussi mêlé de ses affaires.

Mais, Tooru est trop observateur pour son propre bien. Et, sans doute un peu concierge d'immeuble sur les bords.

...

La jeune femme n'a pas le temps de répliquer qu'ils sont interrompus :

- Oikawa Tooru, c'est MON café qu'il y a dans la tasse ?

Et merde… Daichi est sorti de sa réunion sans crier gare. Ce n'est jamais bon signé lorsque le nom et le prénom viennent à la suite.

Le chef embrasse sur la joue son ex-femme et fusille du regard son directeur marketing.

Oikawa note qu'il ne semble pas surpris, donc il l'attendait…

- Bien sûr que non !

Gueule d'ange, le visage de l'innocence...

- C'est toi qui paie la tournée ce soir et je me sens d'humeur à boire du champagne…

Le ton est sans appel, ce café va lui coûter cher au sens propre.

Attendez…

- Ce soir ? Tu viens quand même ?

- Pourquoi je ne viendrais pas ?

- Kana n'est pas avec toi ?

Daichi fronce les sourcils.

- Non, pas avant dimanche. A moins que ça ait changé, Kiyoko ?

La jeune femme fait un « non » de la tête et lance un regard assassin au directeur marketing. Tooru lui répond avec un sourire narquois : « grillée jusqu'à la moelle baby ».

- Au fait, j'ai proposé à Koushi de se joindre à notre rituel.

- Et il a accepté ?

Tooru fait « oui » de la tête.

- Je lui ai déjà proposé plusieurs fois et il n'a jamais accepté.

- Que veux-tu… N'est pas moi qui veut, personne ne résiste à mon charme !

- Mouais… Ce serait bien d'éviter les histoires de cul au travail.

Tooru arbore un sourire un coin qui dit : « mais bien sûr mon ptit chat ! »

- Jaloux ?

Daichi lève les yeux au ciel. Il ne répond pas. Il était là quand Tooru s'est brûlé les ailes avec une liaison tout sauf professionnelle. Le chaos des relations amoureuses au travail, très peu pour lui.

- Sur ce, j'ai du travail, mon parton est un vrai bourreau ! Kiyoko, ce fut un plaisir comme toujours.

Mielleux à souhait, elle lui rend son sourire d'hypocrite.

Il jette un dernier coup d'œil vers son chef qui fait entrer son ex-femme dans son bureau.

Il écouterait bien à la porte pour savoir ce qu'elle fait là mais il a plus de classe que ça.

Sauf quand il s'agit de café…


Chapitre de transition, on n'avance pas côté cœur mais ça me permet d'introduire la touche féminine à l'histoire. J'espère que ce chapitre vous aura donné le sourire, merci de l'avoir lu ! On se retrouve dans un bar pour la prochain.