Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate

Auteur : LilaCookies

Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 5 « On avance à rien dans c'canoë. »

Genre : UA, romance, humour, yaoi

Rating : T

Commentaires : Je pense que vous l'avez deviné : je renonce à publier toutes les semaines cette fic, je suis vraiment trop flemmarde et mon ordi est en grève les trois-quarts du temps…

Je viens de relire les quatre précédents chapitres et je me rends compte qu'il y a encore des fautes de frappes ou d'inattention… ça me déprime et je m'en excuse si ça a compliqué votre lecture.

Bonne lecture, j'espère que vous passerez un bon moment en compagnie de nos héros.

Une petite note : Je blablate dans mes commentaires mais je suis bien la seule, vous ne vous faites pas beaucoup entendre alors je ne sais pas trop ce qu'il se passe lorsque vous lisez un nouveau chapitre. Est-ce que cette fic vous plait, ou pas ? Des choses que vous aimez ou qui vous agacent ? Bref, tout ça pour dire qu'une petite review de temps en temps ça permet de savoir où on en est… Je mendie des retours ! ^^


Vendredi, 17H05, le directeur commercial passe la porte du travail avec une chemise bleue pâle entrouverte, les manches relevées au trois-quarts, un jeans, une paire de Converse noires. Bokuto Koutarou sait profiter avec élégance du Friday wear. Sans chichi, just casual.

Le Soleil de printemps se reflète sur les mèches argentées de sa chevelure, les oiseaux font « cui-cui », une vague de joie innocente l'envahit : « c'est le weekend ! ».

Comme chaque vendredi, il rejoint ses collègues au pub en face de leur lieu de travail.

Ses yeux mettent quelques secondes à s'habituer à la pénombre du lieu. Ils clignent et cherchent un regard familier…

Bingo !

- Hey Tetsurou ! Tu es seul ? On est en avance ?

- Non, juste à l'heure. Les autres sont en retard, comme d'hab… Ils ne respectent rien.

- Ha ha, tout se perd ma bonne dame ! Mais, ça nous donne l'occasion d'avoir une bière d'avance sur eux !

Sur un clin d'œil Koutarou joint le geste à la parole et commande deux pintes de blonde avec le sourire d'un enfant le matin de Noël.

Il s'assoit au comptoir au côté de son collègue :

- Qui vient ce soir ?

- Tout le monde.

- Tout le monde ? Qui ça tout le monde ?

Un « Tss » d'agacement.

- Le monde qui compte : toi, moi, Tooru, Sawa, Suga. Hajime ne peut pas ce soir.

- Koushi ? Ce soir ? T'es sûr ?

- Oui.

- Il vient vraiment ?

Un deuxième « Tss » siffle entre les dents du directeur financier.

- Oui.

- Alors que Daichi vient ?

Ce coup-ci, Kuroo marque un temps d'arrêt et hausse un sourcil :

- Tu as noté ça, toi ?

Koutarou ne relève pas le ton vexatoire de la remarque.

- Il ne vient jamais les vendredis où Daichi est là. Je ne suis ni aveugle, ni demeuré !

- Tu es directeur commercial…

Un sourire taquin…

…un regard indigné.

- Enfoiré !

- Moi aussi je t'aime…

- Bâtard !

- Tant de mots d'amour… Cesse, je ne peux en supporter d'avantage !

Le financier porte sa main au front dans un geste théâtral. Koutarou se déride face au show de son collègue.

- Je crois qu'Oikawa lui a dit que Sawa ne serait pas là.

- Ah ? Pourquoi ? Il ne va pas être content, non ?

Kuroo hausse les épaules avec nonchalance.

- Qui sait…

Le directeur commercial passe sa main dans ses cheveux, ça l'aide à réfléchir. Ils sont presque entièrement gris bien qu'il n'ait pas encore trente-cinq ans mais ses cheveux étaient déjà argentés à dix-huit. Il n'en n'a jamais fait un complexe tant que ceux-ci sont parfaitement coiffés et maitrisés. C'est le cas.

Il fronce les sourcils :

- C'est la première fois que je vois quelqu'un ne pas s'entendre avec le chef ! Je me demande ce qu'il lui reproche ?

Tetsourou avale sa bière de travers et étouffe un rire en toussotant.

- Je trouvais ça bizarre aussi…

- Hein ? Daichi a fait quelque chose de mal ?

Kuroo tente de reprendre contenance. Il aurait dû s'en douter, son ami est bien trop innocent, bien trop franc pour déceler les subtilités du « Je t'aime, je te fuis. » de Koushi.

- Non, je trouvais bizarre que tu aies compris.

- Hein ? Compris quoi ?

- Rien visiblement !

- Connard !

- Je t'aime toujours autant.

Les yeux mordorés lancent des éclairs à deux yeux noisette qui s'en amusent.

Le directeur financier secoue la tête, son collègue et ami est si perspicace lorsqu'il s'agit de négocier avec leurs clients mais si tarte pour tout le reste.

- Allez vient, on va s'assoir à notre table !

Le directeur commercial, le directeur marketing, le directeur financier : tous les trois attablés comme à un spectacle, face à un directeur des ressources humaines mués et un PDG mal à l'aise, bien loin de sa traditionnelle assurance.

Tooru semble particulièrement apprécier le spectacle, Testsurou feint l'indifférence, tandis que Koutarou penche la tête sur le côté pour tenter de comprendre le froid jeté sur un début de soirée pourtant prometteur.

- Je suis content que tu sois là Suga ! Je crois que c'est la première fois que nous sommes réunis un vendredi soir.

...Pas de réponse, tant pis.

Le pauvre PDG en fait un peu trop face au mutisme de Koushi.

« Rame, rame. Rameurs, ramez. »

Le DRH arbore un sourire forcé et fusille du regard, avec un certain talent, le directeur marketing. Celui-ci s'en fout : un sourire détendu et entendu aux lèvres.

Téméraire et résolu à désamorcer la situation, Sawamura réalise une autre tentative avec une mine des plus chaleureuses :

- Des plans pour ce weekend ?

Un haussement d'épaules, toujours pas un regard.

« On avance à rien dans c'canoë. »

Koushi soupire, ouvre la bouche… enfin il va parler :

- J'ai oublié mon téléphone portable au bureau, je vais aller le chercher.

- Ah ? C'est ça qui te tracasse ?

Sugawara se lève d'un bond et prend la direction de la sortie presqu'en courant.

Le PDG dévisage avec sérieux ses trois directeurs :

- Ok les gars. Que se passe-t-il ?

Tooru relève avec innocence la question :

- Hum ?

« Là-haut, on t'mène en bateau »

- Oikawa ! Il a clairement un problème avec moi. Je me fais des idées ?

Un mur de silence.

- S'est-il confié à l'un d'entre vous ?

Daichi respire pour garder son calme.

- Je ne vous demande pas de trahir ses secrets, je voudrais juste comprendre ! Tout se passait bien au début et maintenant on dirait que travailler avec moi l'insupporte ?

Tandis que la finance et le marketing continuent de faire silence, le commercial prend pitié de son chef :

- Et bien, tu as peut-être fait quelque chose qui l'a mis mal à l'aise ?

- C'est ce que je pense mais je ne vois pas quoi. C'est la première fois que ça m'arrive !

- Tu as essayé de lui en parler ?

- Evidemment mais il esquive en permanence…

Bokuto, à court d'idées recommence à pencher sa tête sur le côté.

Daichi regarde dépitée la place vide à ses côtés :

- Vous croyez qu'il va revenir ?

Tooru pince ses lèvres et fait un « non » de la tête. Son plan ne s'est pas passé comme il le prévoyait : le DRH a lâchement fui !

Le chef serre les points, sa patience, mise à rude épreuve, finie par céder :

- Ok j'y vais ! A lundi.

Sur ce Sawamura se lève lui aussi d'un bond et quitte le pub sans plus de cérémonie.

Koutarou reste interdit :

- Il s'est barré ?

Oikawa semble amusé :

- On dirait bien…

Kuroo boit d'une traite sa troisième bière :

- Merci Tooru… Tu parles d'un after-work de merde ! Vous ne respectez vraiment rien…

Daichi s'est mis à courir dès sa sortie.

Il n'aime pas les non-dits, il aime que tout le monde pose ses couilles –ou ses ovaires- sur la table. Il aime travailler en toute transparence. Il aime le « parler vrai ».

Le PDG pensait avoir trouvé en Sugawara Koushi un binôme parfait pour manager les équipes. Il est sympathique mais direct, chaleureux, intelligent, compréhensif mais exigeant. Le genre de personne avec qui on a naturellement envie de passer du temps… sauf s'il vous fuit.

Il sent une certaine frustration monter en lui : il va mettre un terme à cette situation immédiatement.

- Koushi !

Comme il le pensait il le retrouve dans le parking souterrain, prêt à prendre la route.

Le DRH se retourne surpris en entendant son nom.

- J'ai besoin de te parler.

- Je n'ai pas le temps, une urgence m'attend.

Le récalcitrant a répondu calmement mais Daichi remarque le léger tremblement des mains qui serrent un peu trop les clefs de voiture.

- Je vois bien qu'il y a un problème. On ne peut pas continuer comme ça !

Tout en parlant, Daichi continue de s'approcher de l'animal en fuite, doucement mais sûrement.

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

- Je suis sûr que si… Es-tu mal à l'aise en ma présence ?

- Tu te fais des idées.

Koushi tente de rentrer dans sa voiture mais le PDG arrive enfin à sa hauteur et ferme doucement la porte. Le DRH se retrouve le dos collé à sa voiture, le nez à trente centimètres de son interlocuteur. Daichi est un peu plus grand que Koushi et ses yeux bruns essaient tant bien que mal de sonder deux yeux chocolat qui cherchent à s'échapper.

- Tu n'arrives même pas à me regarder, que se passe-t-il ?

Silence radio… Le plus petit des deux est blanc comme un linge.

- Koushi, parle-moi. Je t'ai engagé il y a un an parce que j'ai apprécié ta franchise et ton naturel. Je me suis trompé ?

Une lueur de défi s'allume chez le directeur des ressources humaines. Cette situation n'est pas tenable :

- Tu veux de la franchise ?

Ce changement de comportement surprend un peu Daichi, il hoche lentement mais fermement la tête.

- Tu me plais.

- Hein ?

Suga soupire, rosit légèrement et plante ses yeux dans ceux de son patron avec audace :

- Tu me plais !


J'avoue, c'est mal de terminer ce chapitre comme ça… Merci d'être encore là !

On se retrouve bientôt pour voir ce qui s'est passé dans le bar après que ces deux-là soient partis.