Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate
Auteur : LilaCookies
Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 6 "Un baby-sitter con comme une huître"
Genre : UA, romance, humour, yaoi
Rating : T
Commentaires : Mille mercis à tous celles/ceux qui ont pris le temps de laisser une review, ça me motive et ça rempli mon petit cœur d'allégresse !
Comme promis, nous retrouvons nos protagonistes dans le pub où nous les avions laissés, bonne lecture !
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Une brume caressante comme du coton l'enveloppe, ses joues sont brûlantes, un tranquille sourire est déposé sur ses lèvres.
Il est seul à sa table, il n'arrive pas à terminer son dernier verre pourtant vissé dans sa main. Il sait qu'il a abusé, il sent un torrent éthylique courir avidement dans ses veines. Oh oui, le dragon coule dans son corps, et rien d'autre n'a d'importance! Il savoure la détente, la douce folie qui lui fait penser que tout va bien dans sa chemise grise froissée.
« I'm too sexy for my shirt, too sexy for my shirt. »
Tetsurou Kuroo a l'alcool orgueilleux et cynique à souhait. Il termine cette soirée seul, avec la sourde promesse que la bande d'enfoirés qui lui serre de collègues va payer très cher de lui avoir gâché son moment préféré de la semaine : l'afterwork du vendredi soir.
Les yeux mi-clos il observe les gens dans le bar avec une moue méprisante. Une heure du matin, ça discute, ça danse, ça rit… Le directeur financier se sent tout à coup comme Dieu observant les insignifiantes petites fourmis qui s'agitent. Non, la mégalomanie n'est pas un symptôme de l'alcool…
Il soupire, il s'ennuie : cette soiréeest un échec.
Il a perdu de vue Tooru depuis une bonne demi-heure. Kuroo est presque sûr qu'il est quelque part en train d'explorer la bouche -et plus si affinité- de la jolie brune qui lui faisait de grands sourires.
Quant à Koutarou, il l'a tout simplement abandonné là sur sa chaise. La taquinerie de trop l'a fait fuir, les poings serrés, les yeux lançant des éclairs. Il s'amuse un peu plus loin avec des gars de la boîte qui osent squatter le bar des chefs.
« Ces jeunes ne respectent vraiment plus rien… »
Tetsurou les regarde rire à une plaisanterie du directeur commercial : « il est tellement sociable ce con, s'en est rageant ». Il respire la joie de vivre et il entraîne tout le monde autour de lui, ils le regardent, ils lui sourient, ils l'admirent. Contrairement à Kuroo, il a l'alcool joyeux.
Après quelques instants à les regarder sans grand intérêt, il remarque qu'il y a aussi une autre personne, plus en retrait, qui écoute tranquillement la joyeuse bande.
Kuroo a le cœur qui bat un peu trop fort sans qu'il n'ait bougé. La jalousie vient le mordre sans crier gare. Il sent le feu lui monter aux joues. Une bouffée de panique l'envahit et son cerveau fait route vers la colère.
Ça lui parait soudain évident : « je vais lui faire ravaler son sourire de Ken ! »
…
- Hep là ! Tu fais quoi idiot ?!
Un bras musclé l'intercepte avant qu'il atteigne son but et le force à se rassoir à sa place.
Son adversaire est un peu plus petit que lui mais ses bras sont solides, par ailleurs il est complètement saoul. Il se débat en vain :
- Dégage !
L'intercepteur le maintient sans ménagement à sa place.
-Lâche-moi !
- Reste assis, je te lâcherai.
Le ton est sans appel. La tête lui tourne, il se ratatine sur sa chaise. La pression se relâche. L'homme s'assoit en face de lui et deux petits iris noirs le détaillent :
- T'es bourré mec…
Kuroo rapproche sa tête du gêneur qui ne bronche pas :
- Mais t'es qui toi ?
- Ton baby-sitter visiblement… Ton ange gardien pour ce soir certainement.
Le directeur financier écarquille ses yeux comme s'il voyait son collègue pour la première fois :
- Haji ?
Ding, ding, ding, la lumière est montée au premier étage.
- Je peux vraiment pas vous laisser seuls tous les trois… Merde, il est une heure du mat !
Kuroo note les cheveux noirs en bataille du directeur des achats, le pantalon de jogging, le vieux sweat gris chiné et surtout la mine enfarinée :
- Tu sors du lit ?!
- Bravo Sherlock!
- T'avais pas un rendez-vous galant ?
Son collègue se renfrogne :
- On a fini tôt.
Hajime Iwaizumi n'est pas du genre à se confier, encore moins à un Tetsurou beurré comme un p'tit Lu.
Ses quelques mots laissent tout de même sous-entendre un : « plan foireux, end of story. »
- Je vois... Ça ne me dit pas ce que tu fous là ?
- Je t'empêche de faire de la merde.
- Tss… Et si j'ai envie d'en faire de la merde ? Si j'ai pas envie d'être sage ?
Kuroo prend un air coquin qui donne envie au directeur des achats de lui donner une paire de baffe, et une paire c'est deux. Oui, en plein milieu de la nuit Hajime ne connaît plus le concept de compassion.
- Premièrement, t'es jamais sage, bourré ou pas.
- Certes.
- Mais, toi et moi, on sait que tu aurais regretté demain ce que tu t'apprêtais à faire, quand ta gueule de bois te submergera.
Il fait « non » de la tête.
- Cogner son meilleur ami pour un crush, c'est pas une bonne idée.
Kuroo serre les dents et tique au mot « crush », il ne s'agit pas exactement de ça… Il reconnaît tout de même sa bêtise et fait « oui » de la tête.
- Mais où sont Suga et Sawa ? Je comptais sur eux pour vous garder vivants.
- Ils sont partis joué à cache-cache…
- Hein ? Ils vous ont laissé tous les trois sans chaperon ?
- Hajime, nous sommes des adultes, on peut se gérer.
- Vraiment ? On en a effectivement la preuve flagrante ce soir...
- La question est plutôt, toi, qu'est-ce que tu fous là ?
Le directeur des achats soupire, las. Il aurait préféré ne pas avoir à admettre la raison de sa présence :
- Oikawa m'a appelé, complètement défoncé… Il est où ?
Kuroo s'apprête à hausser les épaules en signe d'ignorance lorsque le directeur marketing entre dans son champ de vision. Hajime suit son regard.
- Je vais le massacrer…
La baby-sitter ne lâche plus des yeux Tooru. Il danse collé-serré avec une grande brune, lentement, lascivement, ses yeux embués par l'alcool fixent intensément sa partenaire.
La scène est sensuelle, érotique, parfaitement étudiée pour faire bander.
- Ne rentre pas dans son jeu…
- Ce connard m'appelle complètement bourré en pleine nuit et me fait son show, putain, il me gave.
- Tu sais pourquoi il fait ça.
- C'était il y a un an… Il devrait déjà être passé à autre chose depuis.
- Et toi ?
- Ça ne te regarde pas.
- Je comprends toujours pas pourquoi tu l'as largué et continues, pourtant, à venir à son secours. C'est un peu tordu, non ?
- Je suis pas d'humeur.
- Tu es masochiste en fait!
Kuroo sourit avec perversion mimant des coups de fouet sur Hajime.
- Faut que je trouve un pigeon pour te ramener et que j'embarque mon imbécile d'ex-copain quand il aura terminé son show.
- Mec, t'es con comme une huître…
…
- Hey vient par là toi !
D'un ton ferme et autoritaire Hajime arrête un grand blond qui passe -innocemment- par là.
- Tu travailles bien avec cet imbécile ?
Le directeur des achats pointe du doigt l'épave assise en face de lui.
- Jamais vu !
Le jeune homme fait mine de repartir mais Tetsurou le retient par la manche :
- Kei, mon cœur se brise devant tant de froideur…
Iwaizumi met un nom sur le visage qu'il a reconnu : Tsukishima Kei, l'ombre de Kuroo à la finance.
- Kuroo arrête ton cirque ! Tsukishima peux-tu le raccompagner chez lui ? Cet idiot ne peut pas rentrer seul et je dois m'occuper d'un autre déchet.
Le grand blond renifle avec dédain :
- On ne peut pas le laisser crever là ?
- C'est très tentant, mais non.
- C'est de l'abus de pouvoir.
Le directeur des achats s'agace de la résistance du financier et raille :
- Libre à toi de demander une augmentation pour « service rendu à la nation » en attendant merci d'embarquer le paquet.
Le directeur financier choisit –très mal- ce moment-là pour jouer les pingres :
- Faut pas déconner, je compte pas augmenter qui que ce soit !
- Je pourrais te laisser rentrer seul... Avec un peu de chance tu te prendras un bus et j'aurais ton job.
Tetsurou prend un air peiné :
- Jeune Padawan, tu es tellement cruel…
Hajime esquisse un sourire de pitié envers Kei qui, résigné, saisit par le bras son chef et l'entraîne, non sans mal, vers la sortie.
Le directeur des achats procède de la même façon et demande à un petit roux de ramener Koutarou, sain et sauf, chez lui.
Le plus dur reste à venir…
Son ex-copain est toujours sur la piste de danse enlacé avec la jeune femme. Iwaizumi se rapproche du couple :
- Oikawa, je te ramène..
Le châtain ne le regarde pas et le congédie :
- Finalement je reste, tu peux partir.
Hajime prend un ton patient :
- Dépêche-toi de dire au-revoir à ton amie, on y va.
- Non.
La belle brune, silencieuse jusqu'alors, commence à s'agacer du gêneur :
- Il vous dit qu'il reste. Merci de nous laisser tranquilles !
La jeune femme resserre un peu plus sa prise autour du cou du directeur marketing qui ronronne.
- Madame vous êtes sans doute une personne charmante mais vous êtes saoule et mon ami également, je vous recommande d'aller vous coucher.
La dite « Madame » ne l'entend visiblement pas de cette oreille et commence à s'énerver, elle lâche Tooru qui savoure avec un sourire satisfait la scène :
- De quoi je me mêle ?!
- Madame, je cherche à vous aider. Cet énergumène couche avec une personne différente chaque soir et leur refile, entre autres, des morpions. Ne vous laissez pas berner par son sourire d'ange…
La jeune femme, sous le choc, s'écarte vivement d'Oikawa. Hajime en profite pour tirer son ancien compagnon et le conduit sans cérémonie vers la sortie.
- Iwa, cher Iwa pourquoi es-tu Iwa ? Renie ton père et abdique ton nom ; ou, si tu ne le veux pas, jure de m'aimer…
- Tooru, tu me fais chier. Je te préviens, c'est la dernière fois !
…
…
J'espère que cette suite vous aura fait plaisir. Merci de l'avoir lu, à bientôt!
