Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate

Auteur : LilaCookies

Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 8 "Coquillages et crustacées"

Genre : UA, romance, humour, yaoi

Rating : T

Commentaires : Mon projet initial était de faire des OS bien distincts les uns des autres qui pouvaient se lire séparément. Mais je suis tombé dans le piège de me laisser emporter par les premières histoires mises en place. Je me retrouve avec des idées que je ne suis pas sûre de pouvoir caser au fil des chapitres, c'est un peu frustrant !

Trêve de bavardage, nous retrouvons Akaashi et Bokuto dans ce chapitre. Bonne lecture.


Akaashi s'apprête à assister et à animer sa première réunion conjointement avec son chef : « définition du tarif général ».

Une longue après-midi s'annonce avec des débats plus ou moins pertinents entre la finance, le marketing, le commerce et les achats.

Keiji a préparé le plus possible cette réunion pour éviter des discussions inutiles mais, il y en aura, chaque service pensant détenir la Sainte Vérité.

Le contrôleur de gestion a besoin d'un café, il a besoin d'être performant, il a besoin de ne pas s'attarder sur les yeux dorés d'un certain directeur commercial.

« Pourquoi faut-il qu'il soit là celui-là ?! »

Il bosse sur ce dossier depuis son arrivée. Son chef, ce cher sociopathe, a dit : « les enjeux sont importants », ce qui équivaut à « gères ou tu es viré ».

Oui, il a appris à décoder.

Sa présentation doit donc dire pour lui : « je le vaux bien » mieux qu'un shampooing L'Oréal.

Pour l'occasion, il a moulé sa longue silhouette d'un costume bleu sombre et d'une cravate bordeaux. Il paraît que ça met ses yeux bleu-nuit en valeur.

Non, il ne cherche pas à être bien habillé pour plaire, Keiji est juste professionnel.

Il est largement en avance mais la machine à café est déjà cernée par les trois comptes clef : Hinata, Nishinoya et Tanaka.

La troupe de bruyants ne va pas l'aider à se détendre. Il ne les connaît pas encore très bien mais il les entend depuis son bureau.

- Hello Keiji ! Tu veux un café ?

Sans attendre de réponse Tanaka, avec familiarité, lui fait couler un café court et noir.

Nishinoya semble percevoir la tension du jeune homme :

- Pas trop stressé ?

- Je connais le dossier.

- Ce n'est jamais easy de faire face au Tryptique.

Cette manie des commerciaux de parler franglais avec des codes…

- Le tryptique ?

Hinata lui répond :

- Dir co, directeur marketing, DAF. Les bras armés de la société, quoi.

Tanaka précise :

- Ils ne sont jamais d'accord sur rien.

Nishinoya ajoute avec un clin d'œil entendu :

- C'est pour ça que c'est toi qui anime la réunion et pas ton chef.

- Tu sers de Suisse.

- Zone neutre.

- Tampon.

« Je suis un tampon suisse. Voilà qui est merveilleux. »

- Vous n'incluez pas le directeur des achats ?

- Non car, lui, n'est pas aussi… comment dire ?

Hinata se gratte le menton pour trouver le mot adéquat.

- Disons que…

Devant sa difficulté à exprimer son avis sans filtre, Nishinoya vient à son secours :

- Ce n'est pas un emmerdeur comme les trois autres ! Il est exigeant mais du moment qu'un projet est bien conçu, il est là pour t'aider, pas pour t'enfoncer.

Keiji hausse un sourcil se demandant s'il n'est pas en train de se faire bizuter, ils lui annoncent ça avec un bien trop grand sourire.

« Trio infernal. »

- Chercheriez-vous à me faire flipper ?

Nishinoya a des étoiles pleins les yeux, il répond dans un sourire :

- Bien sûr que non !

Ils ont le sourire jusqu'aux dents.

« On dirait une bande de bébés requins. »

- Vous trouvez que Bokuto est un emmerdeur ?

Akaashi a demandé cela d'une voix égale mais il se frappe mentalement d'avoir posé la question.

Nishinoya le fixe intensément et répond dans un sourire énigmatique :

- Disons qu'il a un côté Mister Jekyll et Mister Hyde.

Tanaka ajoute -sans d'avantage d'éclaircissements :

- Tu auras peut-être l'occasion de l'apprécier par toi-même en réunion !

- Ha ha, allez, détends-toi, tu vas assurer !

Une tape amicale vient clôturer le sujet –sans doute un peu trop énergique. Il étouffe un « Aïe » et souffle un coup.

- Mais oui, Kuroo ne te laisserait pas intervenir s'il ne t'en croyait pas capable !

Le contrôleur de gestion est moyennement convaincu par cette remarque, son chef pourrait aussi faire cela par pur sadisme.

L'équipe de supporters lui sourit avec entrain. Hinata, lève son pouce :

- Tu vas y arriver !

La confiance accordée semble sincère mais la troupe est vraiment trop dynamique pour lui.

Il avale d'un trait son café brulant et s'excuse -ou plutôt s'échappe :

- Je vais préparer la salle.

- Avez-vous des questions ou des remarques ?

La présentation de Keiji est terminée, il n'a presque pas été interrompu pendant. C'est plutôt bon signe, non ?

Il balaie la salle du regard. Oikawa sourit avec bienveillance :

- Merci Keiji pour ta présentation. Globalement, comme toujours, le service financier a fait un très bon travail.

Le duo de la finance hoche la tête mais n'est pas dupe : le « mais » arrive juste après.

- Toutefois je m'interroge sincèrement sur la pertinence du tarif des innovations… Je crains que votre proposition nous amène à un prix de vente bien trop élevé pour nos consommateurs. On va droit dans le mur.

Et « bim » prend ça dans ta face, avec le sourire en plus !

Akaashi ouvre la bouche pour lui répondre : son chef a bien entendu anticipé cette réaction et sa réponse est déjà toute prête.

Malheureusement il n'en n'a pas le temps, que Bokuto enchaîne :

- J'ajouterais que ce tarif risque de limiter la marge de nos clients. Je ne vois pas comment aller vendre nos innos à ce prix-là ! Soyons réalistes deux minutes : les distributeurs n'accepteront pas de les référencer !

Kuroo, affalé sur sa chaise, devance son collègue et répond avec provocation :

- Mais vous avez raison : bradons nos produits ! Tout ira bien quand nous aurons fait faillite.

Bokuto s'enflamme :

- Si les produits ne sont pas en rayon, évidemment que l'on va à la faillite !

Et ça continue, encore et encore… Voilà ce que l'on appelle un pugilat à coup de sourires hypocrites : « Je t'emmerde bien amicalement. »

Les trois directeurs se lancent des piques sans jamais élever la voix, tandis que blasé, le directeur des achats, Iwaizumi quitte la salle de réunion sans que personne ne le note.

Akaashi le regarde avec envie mais il ne peut pas quitter le débat qu'il est supposé animer. Il se sent soudain de trop et devient spectateur de sa propre réunion.

Le jeune homme se perd alors dans une contemplation –qu'il espère discrète- du directeur commercial qui explique avec fougue son point de vue : sa chemise est relevée sur ses bras, ses mains s'animent beaucoup pour parler, ses yeux mordorés pétillent, on sent que tout son corps est engagé dans la discussion. Son corps… Il note que sa peau a pris un léger hâle depuis vendredi, sans doute est-il sorti au grand air, torse nu, sur la plage abandonnée… coquillages et crustacées…

« Oh putain, ce gars est tellement sexy. »

Keiji a soudain l'attention d'un enfant de trois ans à qui l'on parlerait de politique devant un magasin de bonbons.

- Qu'en penses-tu Keiji ?

Evidemment…

Son chef le sort avec brutalité de sa rêverie éveillée, tous les regards sont braqués sur lui.

Pris en flag de reluquage intensif, le jeune homme tente de rester de marbre. Il ne peut décemment pas leur dire : « Désolé les gars je n'écoutais pas. »

Il va falloir la jouer finement. Il fait mine de réfléchir à la question pour se laisser du temps. Son chef a les bras croisés et un petit sourire satisfait, il attend sans doute qu'Akaashi confirme ses dires, le contrôleur de gestion répond donc posément :

- Je suis de ton avis, Kuroo.

- Très bien, c'est décidé alors !

La réunion est terminée sans aucune explication. Le directeur financier et le directement marketing quittent la salle mais Bokuto s'avance vers le jeune animateur :

- Chez toi ou chez moi ?

Le directeur commercial l'observe le plus sérieusement du monde. Akaashi avale sa salive de travers abasourdi.

- Comment ?

- Ça ne te dérange pas si on fait ça demain à 18H ? Je suis en rendez-vous client avant.

Le cerveau s'est barré. Il a disparu, Keiji ne sait pas où, et il se trouve bien incapable de répondre.

Koutarou pose une main sur l'épaule de son collègue, visiblement inquiet :

- Akaashi tu vas bien ?

Ce contact a pour effet de mettre le feu aux joues du contrôleur de gestion et de lui mettre un bon coup d'adrénaline dans les veines, il s'écarte et se ressaisit :

- Oui, j'ai juste chaud.

Le commercial le rassure avec un sourire :

- Ce genre de réunion n'est pas facile à mener, tu t'en es très bien sorti pour une première fois ! Félicitations !

- Merci.

- Je te laisse te remettre, tu m'appelles en fin de journée pour que l'on convienne du rendez-vous ?

- Euh, ok.

Il est fort improbable qu'il s'agisse d'un rendez-vous romantique et pourtant Keiji a le palpitant qui bat à cent à l'heure et l'imagination qui galope tel un mustang.

Son cerveau revient peu à peu à la vie : Kuroo a sans doute proposé qu'ils se retrouvent pour discuter du tarif, mais pourquoi juste tous les deux ?

Il a l'impression étrange que son chef, ce connard, l'a fait exprès.

Pendant ce temps-là, deux mères marieuses débriefent tranquillement de leurs petits jeux respectifs autour de la machine à café :

- Ta manœuvre n'est pas discrète…

- Parce que celle de vendredi dernier était un exemple en la matière ?

Deux sourires d'intrigants s'échangent.

- Et bien, ça ne s'est pas passé comme je le voulais mais je suis sûr que ça portera ses fruits.

Le grand brun serre ses mâchoires :

- Tooru, tu as gâché mon afterwork, c'est impardonnable.

Le châtain croise les bras sur son torse :

- Tetsourou, quel mauvais joueur tu fais ! Ce sont mes talents d'entremetteur que tu jalouses ?

- Tu aimerais bien. Crois-tu que notre DRH a apprécié ton intervention ?

- J'en suis persuadé.

- Mon ami, sais-tu ce que tu es ?

Le directeur marketing le regarde goguenard :

- Mais, je t'en prie, fais-moi profiter de ta science.

- Tu es un addict aux drames. Peut-être devrais-tu te contenter de Netlfix ?

Ils sont calmes, plein d'humour mais ils aiment tous deux appuyer là où ça fait mal, l'air de rien sur le ton d'une plaisanterie tu te prends un scud sans avoir rien demandé.

Oikawa adore ce jeu, il réplique :

- Toi, en revanche, tes motivations sont tout sauf altruiste.

- Qu'est-ce que tu en sais ?

Tooru marque une pause, bien satisfait de lui-même, son prochain coup est déjà prêt :

- Tu as raison : que sais-je de ton insondable cœur de pierre ?

Il sourit avant d'enchaîner, un air innocent peint sur son visage :

- Au fait, Bokuto et Kenma sont allés à la plage ensemble ce weekend. Tu as dû remarquer son teint halé. Il ne te l'a pas dit ?

Sans qu'aucun mot ne soit prononcé, Oikawa entend clairement un « merde » raisonner dans la tête de Tetsourou.

- Pour ce que ça m'intéresse…

- Tu es vert de jalousie mon pauvre ami !


Qu'en avez-vous pensé ? Je sais, je le demande à chaque fois mais votre opinion m'intéresse toujours autant (qu'elle soit positive ou non)! En tout cas j'espère que vous avez passé un bon moment. A bientôt pour la suite.