Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate
Auteur : LilaCookies
Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 9 "On prend sa pelle et on creuse"
Genre : UA, romance, humour, yaoi
Rating : T
Commentaires : Enfin la suite, désolée pour cette longue attente mais l'inspiration m'a manquée pendant un moment, il n'est pas facile de maintenir le registre de l'humour à chaque chapitre tout en avançant dans la narration. J'espère réussir à garder un certains fil conducteur sans tourner en rond...
C'est vraiment ambitieux –pour moi en tout cas- de réaliser une fiction avec plusieurs chapitres. J'admire celles et ceux qui arrivent à en écrire des dizaines, avez-vous une recette magique ?
Merci pour vos reviews et votre soutien, c'est toujours un plaisir de recevoir vos mots, n'hésitez pas à vous enregistrer (pour les guests) pour que je puisse vous répondre en MP.
Bonne lecture !
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Oikawa va rarement en rendez-vous avec les clients, c'est le rôle du commerce pas du marketing. Toutefois, un gros enjeu se joue autour du lancement des innovations et son savoir-faire est aujourd'hui requis.
Ça ne le dérange pas, il aime quand son savoir-faire est requis.
Dans la voiture, en route pour la réunion, Koutarou conduit et le briefe sur le client en même temps :
- Comme tu le sais, Shiratorizawa, est notre plus gros client. Nos jus de fruits fonctionnent bien dans leurs magasins urbains, si nos nouveaux produits plaisent à l'acheteur, jackpot !
Tooru sourit face à l'enthousiasme du directeur commercial. Il déborde d'énergie, on voit qu'il aime ça : le commerce, la négociation, les défis à relever, c'est son dada et tout son corps semble dire : « hu hu en avant ! ».
- D'où ma présence…
- Yep ! Il doit sortir de là fan de nos jus !
- J'ai mis mon costume noir et ma cravate émeraude, évidemment qu'il sera fan.
La tête ornée de cheveux gris et noirs se penchent légèrement sur la droite :
- Hum ?
Le directeur marketing lui dit dans un clin d'œil :
- Tu ne me trouves pas canon dans ce costume ?
- Ha ha, et bien, je ne suis pas sûr que ton physique avantageux suffise, notre client est des plus sérieux, genre super sérieux, aussi sérieux qu'une crise cardiaque. Il vient d'arriver dans la boîte, il a à cœur de faire ses preuves et ne la jouera sans doute pas en mode détendu…
- Ok, je vois, ne t'inquiète pas ma présentation est plus que prête et mon charme fera le reste.
- J'y compte bien !
- Vraiment ? Tu ne serais tout de même pas en train de me prostituer pour vendre nos produits ?
- Je suis peiné que tu le prennes ainsi.
- Oh oui tu as l'air !
Sur ce, Tooru préfère laisser Koutarou se concentrer sur sa conduite et se tait. Le directeur commercial a non seulement une conduite bien trop sportive à son goût mais aussi une fâcheuse tendance à parler avec les mains…
…
Bokuto roule si vite qu'ils arrivent avec vingt minutes d'avance dans les locaux de Shiratorizawa. Oikawa a bien appuyé une dizaine de fois sur la pédale imaginaire.
Sachant qu'aucun acheteur ne les reçoit jamais à l'heure, ils en ont minimum pour trente bonnes minutes à poireauter dans la salle d'attente.
Tooru saisit son portable pour passer le temps :
- Je vois que le point avec Akaashi s'est bien passé ?
- Hum ?
- Il vient de nous envoyer par mail les prix de ventes retravaillés.
- Ah ? Oui, nous sommes arrivés à un compromis satisfaisants.
- Très satisfaisant ?
Son vis-à-vis ne relève pas le sous-entendu :
- Et bien, je te laisse en juger.
Oikawa regarde son ordinateur, puis son collègue, puis son ordinateur, puis son collègue à nouveau. Celui-ci ne se rend pas compte de son petit manège.
Le directeur marketing à l'air d'une poule saoule qui cherche ses graines.
« Et merdre, je ne peux plus me concentrer. »
Tooru sait très bien que « caser Koutarou pour qu'il ne s'approche pas de Kenma» n'est pas son projet mais la curiosité est en train de le rendre fou : Tetsurou a-t-il pris de l'avance sur lui ? Il cède à la tentation…
- Akaashi semble efficace, qu'en penses-tu ?
- Tout à fait !
Le curieux est peu satisfait par cette réponse des plus courtes, il prend sa pelle et creuse :
- Je ne le connais pas encore très bien mais il me semble un brin renfermé et sérieux, c'était comment de travailler avec lui ?
Le directeur commercial relève la tête, la penche et réfléchit quelques secondes.
Son ami cache un sourire : « ce qu'il peut ressembler à un hibou quand il fait ça ! »
- Et bien, c'est vrai qu'il est assez réservé mais je ne dirais pas renfermé. C'est très facile et agréable de travailler avec lui.
On creuse encore…
- Ah oui ? Vos caractères opposés m'auraient fait penser le contraire…
Le visage surpris, attentionné, à l'écoute… Tooru se lancerait des Oscars à travers la gueule s'il le pouvait, quel acteur il est !
- C'est peut-être pour ça que ça a bien fonctionné entre nous sur ce projet, on a été complémentaire !
- Oui, et les contraires s'attirent.
- Parfaitement ! Enfin, professionnellement parlant…
- Seulement professionnellement ?
- Je suis trop vieux pour lui !
Oikawa hausse un sourcil face à la réponse :
- Il n'a qu'un an de moins que Kozume.
Encore une tête qui se penche.
- Hein ? Quel est le rapport ?!
- Vous êtes sortis plusieurs fois ensemble ces derniers mois.
Son interlocuteur semble paniquer :
- Hein ?! Y'a des rumeurs qui courent à ce sujet ?
« Elle court, elle court la rumeur, la rumeur du père Tooru… »
- Qu'est-ce que ça peut faire ?
- Bah déjà, je ne veux pas passer pour un dragueur au boulot !
Tooru sourit :
- On s'y fait.
- Ha ha, oui mais toi tu le portes bien, je ne crois pas que ça m'irait !
Le chercheur de trésor recentre le débat :
- Donc Kenma et toi ?
- Ah bah non, on est juste des amis, et puis je sais très bien comment Kuroo le prendrait sinon.
Sous ses airs de gars qui ne comprend rien aux sentiments des autres, il capte quand même deux, trois trucs. C'est pour ça que Oikawa l'aime bien, c'est toujours une bonne surprise de discuter avec lui !
Et, c'est tellement condescendant de sa part de penser ça…
Il s'en fout, il savoure ses pensées : « je suis tellement plus fort que Kuroo… ».
…
Un homme grand et large d'épaules les accueille dans le bureau. Tooru note qu'il dépasse légèrement Koutarou -qui n'est pourtant pas nain- lorsqu'ils se serrent la main. Les yeux marron, en amande, du client se figent lorsqu'ils aperçoivent Oikawa derrière Bokuto :
- Monsieur Ushijima, je vous présente notre directeur marketing : Oikawa Tooru.
Silence de mort.
« Lui ?! »
- Tooru.
- Wakatoshi.
Le directeur commercial les regarde à tour de rôle éberlué : son client fixe intensément son collègue, le charme d'Oikawa fonctionne un peu trop bien là...
C'est la première fois qu'il voit son collègue aussi décontenancé. Il ajoute inutilement pour briser le silence :
- Vous vous connaissez déjà ?
Ushijima répond sans lâcher des yeux le directeur marketing :
- Nous avons fait nos études ensemble.
Tooru, un sourire crispé aux lèvres, demeure toujours silencieux. Ils se serrent avec raideur la main. Le client retient une seconde de trop la paluche de son fournisseur.
Bokuto qui voit son RDV démarrer en sucette –oui, il y a des choses qui partent en cacahuètes dès le début- reste un instant interdit. Il analyse rapidement le merdier incompréhensible dans lequel il est : son directeur marketing est soudainement muet et son client le regarde comme un lion dans la savane. Pour sauver la situation il annonce l'objet de la réunion et tous les trois s'assoient enfin.
Le directeur commercial commence à parler tout seul. Il rame dans la vase et au bout de quelques minutes décident de mettre les pieds dans le plat :
- Je ne sais pas ce qu'il y a entre vous, mais je vous propose que nous soyons deux secondes professionnelles. Quoi que vous ayez à vous dire –ou non- faites-le après.
Il les regarde à tour de rôle :
- Poursuivons-nous ce rendez-vous ?
Tooru est surpris par la manœuvre de son collègue, il ne pensait pas qu'il pouvait faire preuve d'autant d'autorité et il sait ce qu'il fait. Le châtain reprend ses esprits, comme un gamin pris en faute et hoche la tête, tout comme le client.
Satisfait Koutarou reprend son ton plein d'entrain et déroule sa préparation.
…
- Monsieur Ushijima, merci de nous avoir reçus. Je vous fais ma proposition par écrit dans la semaine. Tooru, je t'attends sur le parking.
Sans plus de cérémonie il laisse les deux « connaissances » dans le bureau.
- Il y a bien longtemps...
- Wakatoshi, c'est une surprise de te trouver là.
- Pour moi aussi.
- Comment vas-tu ?
- Bien.
- Comment va Hajime ?
Tooru se force à sourire et à répondre :
- Très bien.
L'autre, toujours de marbre, énonce :
- Vous n'êtes plus ensemble.
Wakatoshi a toujours été très observateur, surtout lorsqu'il s'agit de Tooru. Le directeur marketing répond de mauvaises grâces :
- Effectivement.
- J'en suis désolé.
Le châtain ricane :
- Non, tu ne l'es pas.
- Sans doute pas mais ça ne me fait pas plaisir pour autant, je ne veux que ton bonheur. Je n'ai toujours voulu que ton bonheur…
Son honnêteté désarmante fait un peu mal à Tooru. Il l'aurait bien traité de connard mais il sait qu'Ushijima pense chaque mot.
Le client le fixe toujours intensément mais d'humeur égale :
- Je n'ai pas changé de numéros de téléphone.
Tooru sent la culpabilité pointer le bout de son nez.
« Putain, pourquoi faut-il qu'il le retrouve là celui-là ?»
- J'ai souvent voulu t'appeler…
- Tu ne l'as pas fait.
- Je n'avais pas envie de me justifier.
Le grand le regarde sans animosité :
- C'est égoïste.
- Je suis égoïste. Tu l'as toujours su.
- Oui. Sors avec moi.
Tooru, pris au dépourvu, manque de s'étouffer.
- Tu es masochiste ?!
- Je t'ai tellement aimé que mes draps s'en souviennent.
Oikawa le regarde un instant avec des yeux ronds, surpris, puis, éclate de rire. Toujours aussi direct et inattendu, il n'a pas changé :
- D'où tu me sors cette réplique ?!
Wakatoshi reste d'abord figé, se repasse dans la tête ce qu'il vient de dire puis sourit devant l'hilarité de son ancien amant. Il est maladroit mais beau joueur.
La tension redescend. Le directeur marketing décide d'être transparent -comme il ne l'est jamais- avec Ushijima :
- Je préfère être honnête avec toi, c'est Hajime qui m'a quitté. Je n'ai pas tourné la page.
- Ah. Je vois.
Son interlocuteur reste sobre même si la déception se lie dans son regard. Une pointe de ténacité est pourtant bien là lorsqu'il ajoute :
- Si ça change, appelle-moi.
- Ça me fait bizarrement plaisir de te revoir.
- J'ai imaginé un grand nombre de fois ces retrouvailles.
Le directeur marketing ne relève pas, aucune envie que ça s'éternise ou devienne compliqué :
- Mon collègue m'attend, je devrais y aller.
Ils se quittent dans un regard, Tooru réalise qu'il est en nage. Quel stress ! Les ex devraient être parqués sur une île, histoire que l'on n'est plus jamais à les recroiser.
…
Koutarou l'attend sagement sur le parking, un café à la main :
- Tu peux m'expliquer ?
Il ne perd pas de temps mais ne semble pas fâché.
- Nous étions amis à la fac, c'est devenu un peu plus, je n'étais pas amoureux, j'ai rencontré Hajime, je l'ai quitté. Peux-tu garder cet évènement pour toi?
- Bien sûr ! Allez, on rentre au bercail !
Bokuto ne juge pas, pas de remarques, pas de commentaires. Son collègue lui est reconnaissant mais pas au point de le laisser conduire pour le retour, il se saisit des clefs :
- J'aime la vie, c'est moi qui conduis !
…
…
J'ai l'impression que c'est le bazar dans ce chapitre, j'ai peut-être essayé d'y fourrer trop de choses ? En tout cas, merci d'être encore là, à bientôt -dans un temps plus court je l'espère !
